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 Ecole militaire d'administration 1939 1940

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Crosnier
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MessageSujet: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Dim 10 Mai 2015 - 10:55

Bonjour

L'école militaire d'administration était avant la mobilisation en garnison à Vincennes.
A la mobilisation, il semblerait qu'elle ferme ses portes à Vincennes pour être "éparpillée".

Pour l'instant je n'ai trouvé qu'un centre d'instruction des élèves aspirants à BOUGUENAIS Séminaire de Couëts (Loire Atlantique).

Questions:
L'école militaire d'administration a t elle vraiment été  "éparpillée"
Si non, était elle en entier à BOUGUENAIS ??
Si oui, quels sont les autres lieux de stationnement???

Les renseignements complémentaires sur l'école pendant la période septembre 39 Juin 40 seront les bienvenues.

Cordialement
Crosnier
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Loïc Lilian
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MessageSujet: Ecole Militaire d'Administration   Mer 13 Mai 2015 - 2:59

bonsoir

...éparpillée...ici et là on apprend plutôt qu'elle s'est "repliée" à Bouguenais dans un cantonnement de fortune avec les 120 élèves du concours de 1939 (la Promotion "Varsovie") qui font un stage du 25 septembre 1939 au 20 janvier 1940, 4 mois pour assimiler un programme de 9 mois en temps de paix...

à chercher une source qui fait expressément appel à ce terme, on tombe sur wikipédia qui mentionne un "éparpillement" : 
durant cette guerre l'école sera fermée et la formation s'éparpillera à Cherchell-Médouina, Bouguenais, Marseille, Beyrouth, Néris-les-Bains, Casablanca

...sauf que, 
d'un - l'école n'est pas "fermée" mais transférée à Bouguenais, les Journaux Officiels des 17 et 20 septembre 1939 enjoignent 

§ Les jeunes gens seront mis en route par leur corps d'affectation sur le peloton d'élèves officiers d'administration de réserve des services de l'intendance et de santé au séminaire à Bouguenais, où ils devront se présenter le 22 septembre 1939 avant midi
§ Les intéressés devront être mis en route d'urgence sur l'école militaire d'administration à Bouguenais, séminaire de Couëts (Loire Inférieure), de façon à s'y présenter à la date la plus rapprochée possible du 22 septembre 1939

et de deux - l'éparpillement façon puzzle ne se vérifie pas à l'appui de cette présentation géographique équivoque : l'énumération des sept différentes localisations ne reflète pas un éparpillement de l'Ecole sur plusieurs sites, au moins en 1939-1940, sinon la migration de celle-ci au gré des vicissitudes de la guerre depuis les bords de la Loire (1939-1940) jusqu'aux hôtels thermaux du Bourbonnais (1943-1944) en passant par la cité Phocéenne (1941-1943), Cherchell Médouina Casablanca Beyrouth correspondant à des centres de formation d'aspirants d'administration ouverts durant la guerre tandis que l'Ecole subsistant en Métropole était "civilianisée"

Quant au Centre d'Instruction des Elèves-Aspirants qui s'ouvre au sein de l'Ecole à partir de janvier 1940 selon Lee Sharp
je suis allé consulter la correspondance de Marcel Arland écrivain mobilisé comme sergent de la 7ème Section de COMA à la Station Halte d'Abreuvage (SHA) de la gare de Langres qui a eu l'heureuse idée de se trouver à Bouguenais comme E.O.R dans un centre d'instruction d'aspirants à l'Ecole Militaire d'Administration à partir de février 1940 pour nous laisser un peu de matière sur le sujet

à peine nous étions arrivés que l'on nous faisait marcher, courir, stationner au garde-à-vous, etc, cela se fera chaque jour à côté des cours d'intendance. 
Nous sommes 400 par dortoirs de 50. Défense de sortir sinon l'après-midi du dimanche. J'aurais peut être accepté cette vie à 20 ans. Aujourd'hui* elle m'est très pénible. Un sentiment de dégradation.
(...)
une humidité constante, les capotes que nous mettons le soir sur nos lits sont humides le matin. Avec cela des cours où s'écrasent 600 élèves, des rassemblements, maniements d'armes. De sorte que je n'ai cessé d'être grippé et de vomir. Si l'on va au médecin la sortie du dimanche est supprimée. Je me croyais plus fort, je me croyais moins vieux
(...)
au séminaire-caserne la journée se passe en cours et en brimades militaires (défense de fumer, de lire, 4 jours d'arrêt à tout propos). Nous sommes 600.
pourtant je suis presque privilégié, je joue un peu un rôle de vedette. On me fait signer des livres (...) Malgré tout, nerveusement, je suis tout prés de la limite
(...) Beaucoup de choses intéressantes dans ce que j'apprends (par exemple la tactique de bataille) mais chaque matière réclamerait plusieurs mois et nous allons à la cadence de 50 à 60 pages par jour. (...) de plus en plus de travail et de manoeuvres miitaires

J'aurai peu appris, peu acquis à Bouguenais. Rien sur moi, et sur les autres plus en largeur qu'en profondeur. Toutefois j'ai constaté ceci, qui me fait plaisir : c'est qu'il n'est pas un seul de mes 650 camarades avec qui je ne puisse m'entendre (...) Parmi nous une quinzaine de curés, dont l'un, immonde de fausseté, la plupart des autres gentils, bons garçons (beaucoup, professeurs), un député, des ex-sous-préfets ou chefs de cabinets de préfet (peu sympathiques), des avocats, avoués, notaires, des professeurs, des fonctionnaires de ministères, un nègre, quelques chimistes, un gentilhomme campagnard

l'Aspirant Marcel Arland quitte l'école fin avril 1940 après avoir été désigné comme porte-drapeau de l'Ecole  - périlleux honneur! écrit-il
son affectation va éloigner providentiellement ce réserviste Haut-Marnais de la campagne de France qui va s'ouvrir, le 10 mai 1940 il embarque pour l'Intendance des Subsistances d'Alger où il sera démobilisé le 21 juillet

*né le 5 juillet 1899 l'auteur a plus de 40 ans 

Salutations
Loïc L.

à Bordeaux, Caserne Boudet fonctionne un Groupement Spécial de Préparation aux Ecoles d'E.O.R. de l'Intendance (Capitaine Lacoste)
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Crosnier
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MessageSujet: Re: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Dim 17 Mai 2015 - 16:01

Bonjour

Merci pour cette communication

Station halte d'abreuvage de la gare de Langres, voila encore une découverte parmi les multiples services mis en œuvre par l'intendance.

A la lecture de Marcel Allard, un petit malaise:
"Parmi nous une quinzaine de curés, dont l'un, immonde de fausseté, la plupart des autres gentils, bons garçons (beaucoup, professeurs), un député, des ex-sous-préfets ou chefs de cabinets de préfet (peu sympathiques), des avocats, avoués, notaires, des professeurs, des fonctionnaires de ministères, un nègre, quelques chimistes, un gentilhomme campagnard".
Quelle profession  exerce "notre nègre" (apparemment ni curé, ni sous préfet, ni avocats, ni avoués ...etc) ?????.
Cordialement
Crosnier
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Nicolas T.
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MessageSujet: Re: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Dim 17 Mai 2015 - 22:15

Bonsoir,

Le terme doit faire référence au negre d'un écrivain, et non à une personne de couleur.

Nicolas
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Loïc Lilian
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MessageSujet: Re: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Lun 18 Mai 2015 - 0:26

bonsoir

il s'agit bien d'un noir au sens littéral, probablement un citoyen Français mulâtre ou noir des Vieilles Colonies (Antilles Guyane Réunion Quatre Communes)
en France comme dans la propre république soeur afroaméricaine d'Haïti et en Afrique noire hommes politiques, écrivains, intellectuels d'expression française ont employé ce terme durant très longtemps sans renvoyer obligatoirement à la lourde connotation assez chargée de racisme, raison pour laquelle il a été abandonné dans notre langue au profit de noirs, le terme peut donc être aussi bien condescendant péjoratif que neutre

Marcel Arland ne l'évoque pas plus, rien d'étonnant ou d'inédit dans la présence de noirs et mulâtres dans les rangs des cadres de l'Armée Française ou ses Ecoles, ce n'était pas l'armée Etatsunienne, outre le cas connu de N'Tchoréré (Gabonais) en 1940, depuis la fin du XVIIIe siécle l'Armée Française avait déjà eu ses premiers généraux de couleur, on pourrait aussi citer le Général Dodds conquérant du Dahomey de Behanzin ou le Maréchal président Mac Mahon félicitant le major de promotion "nègre" de Saint Cyr...

Salutations
Loïc L.
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didier b
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MessageSujet: Re: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Lun 18 Mai 2015 - 9:16

Bonjour à tous,

le terme "nègre" n'était pas péjoratif à l'époque, il provient de l'espagnol negro/negra qui veut dire noir/noire dans cette langue.
L'Espagne fut, avec le Portugal, parmi les premiers découvreurs de l'Afrique de l'ouest, proximité géographique oblige.

Cordialement.
Didier
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Crosnier
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MessageSujet: Re: Ecole militaire d'administration 1939 1940   Lun 18 Mai 2015 - 17:18

Bonjour

Ce n'est pas le terme "Nègre" en lui même qui entraine le "petit malaise", c'est le fait qu'il se trouve au milieu d'une liste de professions (et pas comme "Nègre Littéraire").
J'aurais préféré:

"Parmi nous une quinzaine de curés, dont l'un, immonde de fausseté, la plupart des autres gentils, bons garçons (beaucoup, professeurs), un député, des ex-sous-préfets ou chefs de cabinets de préfet (peu sympathiques), des avocats, avoués, notaires dont un nègre, des professeurs, des fonctionnaires de ministères, quelques chimistes, un gentilhomme campagnard".

J'ai pris "notaire dont un nègre" comme exemple, parce que j'ai connu un ami antillais de mon père de la même promotion d'officier de réserve en 1938 (infanterie coloniale) qui était clerc de notaire (un des premiers de couleurs).
Certes le mot "Nègre" n'avait rien de péjoratif à une certaine époque, la preuve, cet ami l'employait beaucoup (même dans les année 1960, il se présentait comme le nègre de service dans les réunions..), mais n'en faisons pas un métier.
Cordialement
Crosnier
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