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 Historique de la 239e DLI

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dhouliez
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MessageSujet: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 12:15

Historique de la 239e Division Légère d'Infanterie
par R. Scherer


La situation fin mai et la création des Divisions Légères d’Infanterie

Fin mai, la situation des armées françaises est désespérée. Elles sont seules à poursuivre le combat. Les Hollandais ont capitulé le 15 mai et les Belges le 28. Dunkerque est tombée le 4 juin avec le rembarquement de la majeure partie des troupes anglaises.
L’armée française a perdu l’équivalent d’environ 30 divisions, dont les plus modernes. De plus, une dizaine d’unités doivent être totalement refondues suite aux précédents combats. Le général Weygand doit faire face à la seconde phase de la bataille avec des moyens limités.
Le commandement français tente de créer un nouveau front sur les rives sud de la Somme et de l'Aisne à partir du 15 mai. Le front est constitué par des unités provenant des réserves, retirées des armées tenant la ligne Maginot ou reconstituées tant bien que mal dans l’urgence comme la 239e DLI.
La 6e armée (général Touchon) puis la 7e armée (du général Frère) doivent créer une ligne de front le long de l'Aisne et de l'Ailette afin de s'opposer à l'extension vers le sud de la percée allemande.
Les Divisions Légères d’Infanterie sont des unités créées à partir de la fin mai. Une douzaine ont été mises sur pied. Les 32e DLI, 43e DLI, 53e DLI et 1e DLINA (Division Légère d’Infanterie Nord-Africaine) sont reconstituées à partir des unités d’origine à l’issue de la première phase de la bataille de France. Les autres, les 235e à 241e DLI ainsi que les 17e et 59e DLI sont des nouvelles unités constituées à partir des bataillons d’instructions des régiments précédemment détruits sur la Meuse ou dans le nord.
Par rapport aux unités « classiques », ces divisions ne comportent que deux régiments d’infanterie au lieu de trois et un seul régiment d’artillerie (canons de 75), au lieu de deux. Cette organisation explique le terme de « légère ». Il faut noter que le temps consacré à leur formation est très bref, à peine une dizaine de jour.
Au 9 juin 1940, l’armée française tient le dispositif suivant de l’ouest à l’est :

  • Groupe d’Armées n°3 : 10e armée en recul depuis la Somme qui couvre les bords de la Seine du Havre jusqu’à Pontoise. A sa droite, plus en avant, la 7e armée tente de bloquer la 6e armée allemande sur l’Oise. Enfin à droite, la 6e armée est alignée sur l’Aisne.
  • Groupe d’Armées n°4 : 4e armée avec à sa droite la 2e armée. Ces armées tiennent le front de la région de Rethel à celle de Montmédy, dans les Ardennes. La 240e DLI est affectée à ce groupe d’armées.
  • Groupe d’Armées n°2 : il est déployé derrière la ligne Maginot et les fortifications du Rhin avec les 3e, 5e et 8e armées.

Pour tenir ce front, Weygand prescrit une défense en profondeur, où les villages ou les points remarquables seront organisés en hérissons, où sera répartie l’artillerie divisionnaire, qui prendra sous ses feux croisés les pénétrations blindées. Le moral des combattants, ébranlés par les événements de mai, retrouve ses qualités de mordant et de ténacité, dès lors que ceux-ci se sentent commandés dans la bonne direction.

Formation de la 239e DLI : du 1er au 8 juin
 
La 239e DLI est créée le 1er juin 1940. Son organigramme est le suivant :

  • Commandant : général de brigade Dunoyer de Segonzac, commandant l’infanterie de la 5e division d'infanterie motorisée puis commandant de la 239e DLI du 05/06/40 au 01/07/40, date à laquelle il devient commandant de la subdivision de région de Limoges.
  • Commandant de l'Infanterie Divisionnaire : colonel Heliot (du 12/06/40 au 25/06/40).
  • Commandant de l’Artillerie Divisionnaire : lieutenant-colonel Aubry (du 12/06/40 au 25/06/40).
  • Chef d'Etat-major : chef d'escadron Fremiot (du 01/06/40 au 25/06/40).
  • 59e RI (type nord-est allégé, ex 147e RIF) : commandé par le lieutenant-colonel Pinaud à partir du 12 juin 1940. Le lieutenant-colonel Pinaud est l’ex-chef de corps du 147e RIF. Le 59e RI est formé le 5 juin avec du personnel d’active provenant du CMI 91 d’Angers, des I/147e et II/147e RIF, d’éléments du 11e BM (ex 55e DI) et du 246e RI (ex 71e DI). Il possède 2 bataillons et une 14e CDAC. Le 15 juin, il est renforcé par le XXI/3e RIA.
  • 138e RI : commandé par le colonel Noël. Il est mis sur pied le 5 juin 1940 à Marac, à côté de Rolampont, par le CMI 93 de Châteauroux. Il est du type nord-est avec du personnel de réserve A. Il comprend 3 bataillons issus du GUI 15 avec le 21e bataillon d’instruction du 8e Régiment de Zouaves et les 21e bataillons des 91e et 92e RI dissous le 5 juin
  • 325e RAD : commandé par le lieutenant-colonel De Blois (du 01/06/1940 au 25/06/1940). Il est de type tracté à deux groupes de canons de 75 mm et une SMA (Section de Munitions Automobile). Il dispose également d’une 10e BDAC. Il est mis sur pied le 3 juin par le COAA de Vernon, à partir du I/11e RA, d’éléments des 190e et 355e RA, et rattaché au 11e dépôt à Aubigny. Il rejoint la division le 9 juin 1940. Des éléments du 355e RALP dissous le 5 juin ainsi que du 211e RALD sont affectés au 325e RAD.
  • 2e Régiment Tchèque : le 6 juin, le 2e Régiment Tchèque (2e RT), commandé par le colonel Satoric, est acheminé au sud-est de Troyes, près de Montigny. Mis à la disposition de la 7e armée, le 2e RT est amené le 11 juin au matin vers Coulommiers pour garder les passages de la Marne entre l’Ourcq et La Ferté sous Jouarre, avec une section d’artillerie. Le 2e Régiment Tchèque est affecté à la 239e DLI le 12 juin.
  • 8e Groupe antichar (formé par l'école d'application d'artillerie de Fontainebleau).
  • Cavalerie : pas d’unité à la création mais 129e GRDI (type réduit) en renfort le 24 juin.
  • Compagnie de Sapeurs Mineurs 239/1
  • Compagnie mixte de Transmissions 239/84 à partir du 15 juin.
  • Compagnie automobile du Train 489/13.
  • Intendance : Groupe d’Exploitation Divisionnaire 239/11 à partir du 16 juin.
  • Groupe de Santé Divisionnaire 239 à partir du 10 juin.

Du 1er au 8 juin, la division est cantonnée dans la région de Rolampont dans la Haute-Marne, juste au nord de la ville de Langres. Le 138e RI occupe les cantonnements suivants :

  • Ier bataillon : poste de commandement à Beauchemin et unité à Saint-Martin (sud de Rolampont) ;
  • IIe bataillon : poste de commandement à Perrancey-les-Vieux-Moulins et unité à Vieux-Moulin (sud de Rolampont) ;
  • IIIe bataillon : poste de commandement à Leffonds et unité à Villiers-sur-Suize (ouest de Rolampont).

Le 59e RI est aussi cantonné dans la région de Rolampont.

L’opération Fall Rot

Les 5 et 6 juin : la résistance française

L'attaque allemande débute le 5 juin 1940 (opération Fall Rot) par de violents bombardements terrestres et aériens.
Puis quatre corps d'armée allemands, V. AK et XXXXIV. AK (6e armée du général von Reichenau) et XVIII. AK et XXXXII. AK (9e armée du général Strauß) du Heeresgruppe B (général von Bock), se lancent à l'assaut des positions françaises établies derrière le canal de l’Aisne et de l’Ailette. Les unités françaises concernées sont les 87e DIA, 7e DI et 28e DI Alpine. La 87e DIA appartient au 24e corps d’armée (7e armée du général Frère) et les 7e DI et 28e DI Alpine sont affectées au 17e corps d’armée (6e armée du général Touchon).
Les assaillants parviennent à franchir le canal en plusieurs points au prix de lourdes pertes puis à contourner les premières lignes de défenses françaises qui résistent, ralentissant considérablement la progression allemande. Les combats sont particulièrement violents au nord dans le secteur de la 87e DIA, à la jonction avec la 23e DI, et au sud dans le secteur de la 28e DI Alpine, à la jonction avec la 7e DI. La 23e DI est face à la 263. ID du V. AK.
Les allemands attaquent la 87e DIA à 4 heures. Au nord de l'Oise, l'attaque ennemie est stoppée vers Tergnier par le 32e RI de la 23e DI, puis repoussée au soir. Au sud de l'Oise, les allemands ayant franchi le canal de l'Ailette à Bichancourt attaquent vers Varesnes et occupent la rive gauche de l'Oise face à Noyon. Le 5 juin au soir, l'avancée allemande reste limitée. En certains points les Allemands ont été rejetés derrière le canal mais la 25. ID du XVIII. AK est parvenue à progresser par Chavignon vers le Chemin des Dames et La Malmaison.
Dans  la  journée,  les bombardements allemands sont nombreux sur Noyon et les environs. Vers  20h,  l’ennemi  atteint  les  abords  immédiats  de  Sempigny,  du  canal  de  l’Oise  et  de Noyon. La  pression  se  relâche  à  partir  de  21  heures. Au sud de l'Oise, les allemands ayant franchi le canal de l'Ailette à Bichancourt attaquent vers Varesnes et occupent la rive gauche de l'Oise face à Noyon.
Le 6 juin, le 485. IR de la 263. ID franchit l'Oise entre Varesnes et Noyon. A 17h, une contre-attaque du 25e GRCA et du 52e BMM (Bataillon de Mitrailleurs Motorisée) permet la réoccupation des points de passages. Le poste de commandement de la 23e DI se replie à Beaurains, au nord-ouest de Noyon. La progression allemande reste difficile mais le XXVIII. AK, durement accroché à Pinon par le 130e RI (7e DI), réussit à s'enfoncer vers Soissons. La 290. ID atteint une ligne Vauxaillon - Vauxrezis – Pommiers à l'ouest de la ville et la 25. ID arrive devant Missy-sur-Aisne à l'est avant de franchir l'Aisne dans la soirée. Le 6 au soir, les deux divisions du 17e CA (7e DI et 28e DI) sont dès lors contraintes de se replier au sud de l'Aisne entraînant le repli de la 87e DIA très éprouvée.

Du 7 au 9 juin : le recul des armées françaises

Au cours de la nuit du 6 au 7 juin, du fait de l'avance des Panzers depuis Péronne en direction de Roye, la ville de Noyon est menacée par le nord. La 23e DI reçoit l'ordre de se replier sur la ligne Guiscard, Beaugies-sous-Bois, Mondescourt, Apilly avec le poste de commandement à Cuy, à l'ouest de Noyon.
Sur l'autre rive de l'Oise, le V. AK qui attaque depuis La Fère est tenu un temps en échec devant Noyon par des contre-attaques françaises mais à l'aube du 7 juin, les 62. ID et 94. ID venant du nord et la 263. ID du sud-est resserrent l'étau sur Noyon. Les combats de rues opposent les fantassins allemands aux fantassins français jusqu'en début d'après-midi. La plupart des unités françaises parviennent à se replier. Noyon tombe aux mains du V. AK le 7 juin au soir. À droite, Soissons est pris par la 290. ID le 8 juin.
Malgré l’engagement de nouvelles unités comme la 7e DIC, le front français est contraint au recul. La 7e armée, débordée à l’est comme à l’ouest, est contrainte au recul. Elle va tenter de se rétablir au niveau de la ligne Chauvineau qu’elle atteint à partir du 10 juin.
 
La ligne Chauvineau

La ligne Chauvineau est un ensemble de fortifications dont la construction a débuté juste avant la Seconde Guerre mondiale, destiné à la défense de Paris. Cette ligne se déploie en arc de cercle autour de Paris, sur une longueur de 130 km. Étudiée dès 1931 mais commencée qu'en 1939, sa réalisation fut trop tardive et trop sommaire pour avoir un rôle significatif en 1940.


Dernière édition par dhouliez le Jeu 25 Déc 2014 - 22:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 12:44

L’engagement de la 239e DLI

Le 9 juin : affectation de la 239e DLI à la 7e armée

Dès 3h du matin, la division est alertée et à 8h30 arrive l’ordre écrit suivant : «Le mouvement prévu s’effectuera le 9 juin dans les premières heures de l’après-midi».

La division doit rejoindre Meaux pour renforcer l’aile droite de la 7e armée. Les unités sans moyen de transport doivent se rendre aux lieux d’embarquement à partir de midi. L’embarquement par voie ferrée prévu s’effectue aux environs de 19h.

L’itinéraire est le suivant : Arc-en-Barrois, Riaucourt, Chaumont, Bar-sur-Aube, Troyes, Nogent-sur-Seine et Meaux. Aucun survol d’avions n’est à signaler lors du transfert.

Le 10 juin : installation dans la région de Meaux

Le 10 juin, elle est positionnée à Meaux et affectée au 24e corps d’armée (7e armée). Son secteur est à l’extrémité est de la ligne Chauvineau.

Les premiers éléments du 138e RI arrivent à Trilport, dans le faubourg de Meaux vers 1h du matin. Le 59e RI est dirigé à Saint-Soupplets, au nord de Meaux.

Les unités se regroupent à l’abri des couverts et font une grande pause. La division s’installe défensivement derrière le canal de l’Ourcq : le 59e RI au nord au niveau de Varinfroy à Lizy-sur-Ourcq et le 138e RI au sud de Lizy-sur-Ourcq à la confluence avec la Marne, au niveau de Trilport. Le front est d’environ 15 kilomètres.

Il est à noter le décès du soldat Gabriel Orliac du 59e RI à Saint-Soupplets.

Certains villages en arrière de la position de la ligne Chauvineau dont May-en-Multien sont aménagés en point d’appui comme sur la ligne Weygand. En outre, il existe de nombreux emplacements de campagne habilement camouflés mais en partie inachevés.

Les premiers éléments allemands viennent au contact de la 41e DI vers Mareuil-sur-Ourcq, qui jouxte au nord la 239e DLI. L’ordre est donné par la 7e armée de faire sauter les ponts sur l’Ourcq de Mareuil à Lizy-sur-Ourcq.

Le 11 juin : la 239e DLI sur la ligne Chauvineau

Ce jour, tandis que Weygand prépare le regroupement des armées sur la ligne générale Caen – Tours – Loire moyenne – Dijon – Dôle, "pour conserver le plus grand nombre possible de grandes unités et couvrir le cœur du pays", les allemands franchissent la Basse Seine et prennent Reims.
La 239e DLI continue son installation défensive, n’étant pas encore au contact des troupes allemandes. Au nord, la division est en contact avec le 103e RI de la 41e DI au niveau de Neufchelles.

Le 9 juin, la 41e DI a été transférée de la 2e armée à la 6e armée (7e corps d’armée). Elle a fait mouvement par voie ferrée et par route vers la région ouest de Château-Thierry. Elle s’installe le 10 juin sur une ligne Neufchelles dans l’Oise et Bouresches dans l’Aisne le long du Clignon. C’est un affluent de l’Ourcq orienté ouest est au nord de la Marne qui rejoint l'Ourcq à Neufchelles. Son rôle est d’établir une ligne de défense pour recueillir les unités en recul de la 6e armée. Le 11, elle est en première ligne et elle subit une attaque allemande en son centre au niveau de Torcy et Bussières dans l’Aisne. Son groupe de reconnaissance est engagé à Etrepilly, Belleau, Torcy et Coupru. Vers midi, le 103e RI doit renoncer à défendre le passage du Clignon et se replier sur Crouy-sur-Ourcq.

Dans l’après-midi, la 41e DI reçoit l’ordre de repli au sud en direction de La Ferté sous Jouarre. Après le départ de la 41e DI, la 239e DLI est en contact au nord avec la 57e DI et plus particulièrement avec le 260e RI et le 62e GRDI.

Le 11 juin, le 2e Régiment Tchèque est affecté à la division. Cette unité prolonge le front de la division en rive gauche de la Marne de l’Ourcq à La Ferté sous Jouarre où la 41e DI est en cours d’installation, de la Ferté-sous-Jouarre à Nogent-l’Artaud.

Les combats de la 239e DLI

Le 12 juin : la 239e DLI en première ligne

La 239e DLI va être confrontée au XXXXIV. AK et plus particulièrement aux 72. ID, 83. ID et 98. ID. Elle est en ligne derrière l’Ourcq et la Marne. Le 59e RI subit des pertes à May-en-Multien, en voulant s’opposer au passage des troupes allemandes. Le 2e Régiment Tchèque est aussi engagé à La Ferté sous Jouarre.

La 72. ID a participé à l’opération Fall Rot. Elle a été engagée sur le canal de l’Oise à l’Aisne et a combattu au niveau du Chemin des Dames. Ensuite, elle s’est dirigée sur l’Ourcq et a traversé la Marne au niveau de Nanteuil-Les-Meaux. Ensuite, elle poursuivra les unités de la 7e armée française en franchissant la Seine et la Loire.

La 98. ID, comme la 72. ID, a été engagée  sur le canal de l’Oise à l’Aisne. Elle a franchi la Marne au niveau de la Ferté-sous-Jouarre. Ensuite, elle franchira la Seine à Fontaine-le-Port, la Loire à Sully-sur-Loire et finira la campagne sur le Cher et l’Indre.

La 83. ID (251. IR, 257. IR, 277. IR et 183. AR) du Generalmajor Kurt von der Chevallerie a suivi le même parcours. En fait, ces divisions seront opposées à la 7e armée française et à la 239e DLI jusqu’à la fin de la campagne. Elle atteindra le Cher à Vierzon.

A la fin de cette journée, le général Weygand, après avoir déclaré Paris ville ouverte, ordonne la retraite générale. Le front sur la Somme et l’Aisne est totalement rompu. Des divisions entières ont disparu des effectifs depuis le 5 juin.


Front le 12 juin 1940

Ce jour, Roger Plesant du 59e RI décède.

Le 13 juin : le repli derrière la Marne

Pour le 24e corps d’armée, il doit rejoindre la Seine au niveau de Champagne-sur-Seine. Le décrochage est réalisé sous la protection des 3e DLI et 239e DLI. Les autres unités du corps d’armée doivent s’installer défensivement derrière la Seine et conserver leur cohésion.

Dès les premières heures du jour, les observateurs signalent des mouvements de colonnes ennemies en direction de la Marne. Ce jour, la 239e DLI doit traverser la Marne au niveau de Germigny-l'Évêque, situé entre Meaux et Lizy-sur-Ourcq.
Le 10 juin, les familles de Germigny-l'Évêque encore présentes dans le village reçoivent l'ordre d'évacuer. Par leurs propres moyens, ils rejoignent Villecerf, lieu de recueil des réfugiés. A 19h, la localité est désertée mais elle sera pillée les 11 et 12 juin.
Le 13 juin, vers 3h, les unités de la 239e DLI installées derrière l’Ourcq, 59e RI et la majeure partie du 138e RI, se replient vers la Marne et la franchissent à Germigny-l'Évêque. L’artillerie allemande bombarde Germigny-l'Évêque et des soldats du 59e RI, en pleine retraite, sont touchés. Il est recensé 19 morts dont Mayer Jean-Louis (caporal-chef au 59e RI), Poncelet Alix, Henaux Édouard, Thierry Henri, Roger Boeur et Marcel Bohet (soldats au 59e RI).
A 11h30, la traversée est terminée et les troupes se dirigent vers Trilport tenu par le 138e RI. Du côté de Germigny-l'Évêque, deux arches du pont sont dynamitées à 13h. La troisième arche est aussi touchée par la violence de la détonation.
Les troupes allemandes de la 72. ID qui occupent Varreddes établissent une passerelle en bois et à 15h, les soldats allemands passent la Marne. Varreddes est en rive droite de la Marne, en face de Germigny-l'Évêque.
Vers 18h, les allemands bombardent Trilport où le I/138e RI a établi un centre de résistance. Les éléments allemands ayant franchi la Marne engagent le combat et le 138e RI déplore 4 blessés.

Sous la protection du 325e RAD qui tire en direction des troupes allemandes, les derniers éléments de la division se replient vers 23h. Le trajet prévu est : Trilport, Montceaux-Les-Meaux, Pierre-Levée et La Haute-Maison.
Lors de l’évacuation de Trilport, les troupes françaises font sauter le pont routier mais pas le pont du chemin de fer. Le pont routier sera reconstruit sous l'occupation car la N3 est d'une importance stratégique pour les occupants.
Le 2e RT subit des pertes au niveau de la Ferté-sous-Jouarre, attaqué par la 98. ID allemande.

Ce jour, l’aviation française est présente et réalise le maximum pour soutenir les troupes au sol. Il est à noter les missions suivantes :

GC I/1 (Châteauroux – MB. 152) : le matin, une patrouille double décolle à 7h00 pour une mission de couverture sur le secteur Dammartin - Betz – Lizy-sur-Ourcq. Elle aperçoit un Hs 126, qui lui échappe dans les nuages. L’après-midi, une autre mission est effectuée, avec la même mission.

GC III/2 (Auxerre – Curtiss H-75A) : de 7h30 à 8h45, une première mission est effectuée sur le secteur de La Ferté-sous-Jouarre – Montmirail - Dormans.
De 10h30 à 12h30, 17 appareils décollent pour une mission de destruction générale dans le secteur de La Ferté-sous-Jouarre – Montmirail- Dormans. Vers midi, ils aperçoivent 21 Ju 87 qui pilonnent les troupes françaises. Les Bf 109 et 110 d’escorte se ruent sur les appareils français. Les chasseurs français revendiquent un total d’avions abattus de 5 Ju 87 (3 sûrs, 2 probables), et 4 Bf 109. Cependant, le commandant Geille, abattu en flammes, doit sauter en parachute et atterrit gravement brûlé. L’adjudant Romey est mort, son corps a été retrouvé carbonisé dans l’épave de son avion, le lieutenant Dubreuil, touché, rentre au terrain et le lieutenant Lansoy, blessé, doit sauter en parachute.

GC I/3 (Pithiviers – D. 520) : 4 appareils décollent pour une mission de couverture sur Meaux. Aucune rencontre ne s’est produite.
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dhouliez
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 19:13

Le 14 juin : le recul vers la Seine

La 239e DLI est en  arrière garde avec la 3e DLI à l’ouest et des éléments de la 4e DLM (6e armée) à l’est. A l’arrière, la coupure de la Seine est en cours d’occupation défensive par les troupes françaises avec les 7e DINA, 87e DIA, 57e DI, 23eDI et 2e DLIC; du nord au sud. Ces unités, serviront à leur tour d’accueil et de soutien pour les unités en arrière garde dont la 239e DLI.

Le but de la 239e DLI est de rejoindre la 7e armée derrière la Seine au niveau de Champagne-sur-Seine sous la protection de la 87e DIA.

Le départ s’effectue dans de bonnes conditions. Après les unités de service et le 325e RAD, le 59e RI ouvre la marche suivi du 138e RI puis du 2e R Tchèque. A l’aube, la colonne du 138e RI arrive à Celle sur Morin d’où elle repart après 2 heures de repos. Le trajet est le suivant : Celle-sur-Morin, Bernay-Vilbert, Aubepierre Ozouer-le-Repos, Mormant, Champagne-sur-Seine et Montigny-sur-Loing, au sud de Fontainebleau. Il est à noter des accrochages au niveau de Beautheil.

A Celle-sur-Morin, les ponts sur le Morin sont détruits pour retarder la poursuite des troupes allemandes. Cette marche de près de 40 km est très fatigante et de nombreux traînards sont à déplorer.

Jusqu’à Mormant la marche s’effectue sans incident. Dans ce dernier village le détachement d’arrière-garde du 138e RI sous les ordres du capitaine Girardon et composé d’une section de fusiliers, d’un FM, d’un canon de 25, est pris à partie par des automitrailleuses allemandes. Le lieutenant Verot est blessé. Le capitaine Girardon fait établir des barrages sur les voies d’accès latérales afin de permettre au gros du régiment ainsi qu’aux autres unités de la division d’arriver au pont de Champagne-sur-Seine pour ne pas être surpris par les avant-gardes allemandes.
Ce secteur est sécurisé par la 87e DIA qui s’installe en matinée avec le dispositif suivant :
 Samois : 334e RI ;
 Vulaines : 18e RTA et 19e BATS ;
 Avon : 17e RTA ;
 Champagne-sur-Seine : 9e Zouaves.
Deux têtes de pont sont organisées à Vulaines et à Champagne-sur-Seine. La 87e DIA est en liaison au nord avec la 7e DINA au sud de Fontaine le Port et au sud avec la 23e DI. La 2e DLIC est en cours de débarquement plus à l’est vers Saint-Mammès.  
Devant l’ampleur du recul des armées françaises, l’état-major décide d’abandonner la ligne de la Seine et de reporter la défense au niveau de la Loire. En conséquence, la 239e DLI reçoit en soirée un ordre de continuer le repli et de rejoindre la gare Montigny-sur-Loing, au sud de Fontainebleau. La destination finale est la ville de Gien. A 21h30, les unités à pied de la division embarquent à Montigny-sur-Loing pour rejoindre la Loire par voie ferrée. Les trains hippomobiles rejoindront par la route. Dans la nuit du 14 au 15, les troupes françaises encore au nord de la Seine la franchissent sous la protection des divisions de recueil et de l’artillerie. Aussitôt, le génie  fait sauter les ponts.

Il est à noter des pertes comme le soldat Jacob Armand du 59e RI décédé à Fontainebleau.

Mais les principales pertes à déplorer sont le fait d’éléments qui n’ont pu rejoindre la gare de Montigny sur Loing à cause du long déplacement à pied.

La chasse française est faiblement engagée ce jour pour soutenir la 7e armée. Il est à noter  l’action du GC I/1 (les Vignots – MB. 152) avec deux patrouilles doubles (11 avions) qui  effectuent une mission de couverture de la Seine. Aucune rencontre avec la Luftwaffe n’est à signaler.
Le 15 juin : le repli vers la Loire

Le matin, l'ennemi étant signalé à Melun, le génie français fait sauter les ponts ferroviaires du Mée et du Pet-au-Diable vers 8h du matin. Le pont de Champagne sur Seine est aussi détruit à 15h45 après le passage du 2e régiment Tchécoslovaque suivi du repli du 9e Zouaves de la tête de pont. En fin de journée, c’est le pont de Valvins qui est détruit. Les Allemands ont atteint la rive droite et passent la Seine sur un pont de bateaux à Bois-le-Roi mais sont longtemps arrêtés par des mitrailleurs africains à l’emplacement du pont de Valvins. Fontaine-le-Port est atteint par la 98 ID.

La 239e DLI poursuit son transfert par train vers Gien. Le trajet par voie ferrée est le suivant : Montigny-sur-Loing, Nemours, Montargis, Gien. Ce trajet, malgré une distance relativement faible, est très long à cause de l’engorgement des lignes ferroviaires. Mais les convois hippomobiles, pris dans un exode massif, peinent à rejoindre Gien.

En début d'après-midi, les 87e DIA et 2e DLIC sont toujours positionnées sur la Seine pour couvrir le repli du 24e corps d’armée vers la Loire. Vers 15h00, la 98e ID allemande est signalée vers Fontaine-le-Port et à Héricy. Les têtes de pont de Vulaines et Champagne se replient et les ponts sont détruits. Vers 17h00, l'ennemi est au contact sur la Seine au niveau de Samois aux lisières nord de la forêt de Fontainebleau.

L’aviation française, avec des moyens de plus en plus réduits, intervient pour couvrir le repli des troupes derrière la Loire. C’est le GC I/1 qui intervient entre 8h30 et 13h30 avec 4 patrouilles simples pour couvrir des ponts de la Loire. D’autres missions sont effectuées à midi et à 19h.

Le 16 juin : la défense de la Loire à Gien

A Gien, deux ponts permettent la traversée de la Loire :

 Le viaduc ferroviaire au niveau de Poilly-lez-Gien en rive gauche. Il est bombardé le 15 juin 1940 par la Luftwaffe, afin de couper la retraite de l'armée française. Ce bombardement atteint aussi les vieux quartiers au pied du château qui sont détruits suite à un important incendie.

 Le Vieux Pont routier en amont du viaduc. Il est détruit le 17 juin à 20h15 mais un parapet reste intact. Le 17, à 20h, le dernier convoi militaire, constitué d’éléments de la 87e DIA, l’emprunte. Suite à la destruction du pont routier, des troupes françaises continuent à traverser la Loire par le parapet intact ou à la nage.

Gien : le 15 juin, la dernière arche du viaduc sur la rive droite avant la Loire s’effondre pendant le bombardement (La république du Centre, 26 juin 2012).

Après le premier raid aérien à 12h30, vers 23 heures, c'est un déluge de bombes incendiaires qui s'abat sur la ville. Gien est en grande partie en ruines : 422 immeubles sont totalement détruits et 921 partiellement. Le centre-ville brûlera pendant 3 jours et 3 nuits. Les églises Saint-Pierre et Saint-Louis sont détruites, mais le château est épargné par un orage providentiel. La cohue des réfugiés s'entasse sur les rives de la Loire.

Au matin du 16 juin, les bombardements sont entrecoupés de mitraillages.  Sur le pont et sur les quais, ce ne sont qu'encombrements, blocages et ralentissements.

Le 16, après un voyage long et pénible, les convois ferroviaires de la 239e DLI débarquent en gare de Gien le 16 juin entre 15h et 20h.

Immédiatement, les unités de la division sont dirigées en rive gauche de la Loire. La 239e DLI doit s’intercaler entre Gien défendue par la 23e DI et Sully-sur-Loire défendue par la 3e DLI.  Entre la 3e DLI et la 239e DLI s’intercale aussi la 57e DI. Toutes ces unités sont en cours d’installation.

Au moment où la colonne du 138e RI traverse le Vieux Pont sur la Loire vers 23h, elle est soumise à un raid aérien de la Luftwaffe. Le pont est de nouveau touché et une  pile est endommagée. Le pont est l’objet de quatre attaques successives mais il n’est pas encore coupé. Ce raid occasionne de nombreuses pertes, surtout pour les convois civils qui encombrent les rues de Gien.

La colonne du 138e RI s’arrête à 2 km environ du village de Saint-Gondon, au niveau du château de Dominuze. La colonne du 138e RI s’installe provisoirement  en attendant des ordres définitifs. Le 59e RI poursuit vers Saint-Gondon et le 2e RT plus à l’ouest.

Le poste de commandement du 138e RI s’établit au château de Dominuze. L’effectif du régiment s’est réduit à cause d’éléments qui n’ont pu rejoindre l’embarquement à Montigny-sur-Loing. Sur un effectif au de 2 440 hommes, il n’en reste que 850 le 16 juin.
La 23e DI est chargée de la défense de la Loire à Gien. Les premiers éléments de la division atteignent la ville dans la matinée du 16 juin. En soirée, le 32e RI s’installe en position défensive à l’ouest de Gien, prolongeant en rive droite les positions de la 239e DLI.
L'accès des ponts est défendu par des aménagements anti-chars sous les ponts SNCF de l'avenue de La République et de la route d'Orléans.

Le 17 juin : la 239e DLI en position défensive derrière la Loire

La 239e DLI s’installe en position défensive avec le dispositif suivant :
 A l’ouest : 2e RT à Lion-en-Sullias (château de la Ronce), au contact du 235e RI de la 57e DI ;
 Au centre : le 59e RI à Saint-Gondon
 A l’est : le 138e RI entre Saint-Gondon et Poilly-lez-Gien. Poilly-lez-Gien est tenu par le 32e RI de la 23e DI.
 Le poste de commandement divisionnaire est au lieu-dit La Huttière, sur la commune de Coullons au sud de Saint-Gondon.

Le front est d’environ 10 kilomètres, ce qui est très important pour une unité qui a déjà perdu beaucoup d’effectifs. Cette journée, la 239e DLI n’est pas directement confrontée aux troupes allemandes. Il est à noter des pertes dont le caporal Cournol Henri du 138e RI.

Sous la protection des 3e DLI et 23e DI qui tiennent les têtes de pont de Sully-sur-Loire et de Gien, les autres unités du 24e corps d’armée passent la Loire et tentent de se réorganiser comme la 2e DLIC et la 87e DIA.
A Gien, la 23e DI s’installe. Des tranchées sont creusées, les fenêtres des maisons du quai de Sully sont obstruées. Le poste de commandement divisionnaire s'installe à la Roche, celui du 32e RI à La Ruellée. Le 32e RI prend possession du viaduc et son 3e bataillon assure la garde du pont routier.  
L'accès des ponts est interdit à l'envahisseur par un rideau défensif. Des aménagements anti-chars sont édifiés sous les ponts SNCF de l'avenue de La République et de la route d'Orléans.
Dans l'après-midi du 17 juin, Gien est investi, la route de Briare est aux mains de l'ennemi. Les troupes françaises, retardées par les convois interminables de réfugiés auxquels elles sont mêlées, subissent les premiers assauts des troupes allemandes venant du nord. Les premiers accrochages ont lieu au nord de Gien, au niveau de La Gâcherie, de la Prise-d'Eau et de la Bosserie. A 18 h 30, les troupes allemandes sont aux portes de la ville.
Les soldats français, face à l'ennemi, le dos aux chariots, entament un combat sans espoir. On se bat par îlots mais les allemands se faufilent pour atteindre la ville et la Loire.
Les dernières unités françaises tentent de traverser la Loire comme le 9e RAC, des éléments de la 4e DLM, le 5e BCP et les quatre derniers chars de la compagnie de marche du 34e BCC. Deux chars sont à bout de souffle, l'un doit être détruit par son équipage, l'autre est pris en remorque. La marche est rendue encore plus lente par l'embouteillage des routes. Un char est engagé pour aider au décrochage d'un groupe d'artillerie qui a pris position afin de répondre au feu de l'artillerie ennemie.

Ce qui reste du 5e BCP franchit le pont routier à 19h00 heures. Le 17, à 20h, le dernier convoi militaire, constitué d’éléments de la 87e DIA, l’emprunte.

Le 19e BATS, débarqué à Sully-sur-Loire dans l’après-midi, ne peut franchir la Loire. Etant bloqué, il rejoint à pied Gien pour passer la Loire. Il est en arrière garde de la 87e DIA. Le 19e BATS est la dernière unité militaire à avoir franchi la Loire à Gien. Le pont a été franchi au pas de course, par groupes espaces de 50 mètres. Le bataillon arrive très fatigué dans les bois sur la route Poilly-lez-Gien - Coullons; où il cantonne dans la nuit du 17 au 18.

Les réfugiés vivent des instants horribles. A 20h, un bruit se colporte rapidement de bouche à oreille : « Ils vont faire sauter le pont » et, avec son cortège d'horreurs, une gigantesque bousculade se produit sur la Loire.
Il est 20h15, les sapeurs du 624e R Pionniers détruisent le pont routier sur l’ordre du commandant du 32e RI. A 22h, les allemands surviennent et ne peuvent se rendre maîtres du pont. Dans Gien, les combats continuent. Embusqués dans les maisons de la rue Génabie, des tirailleurs sénégalais du 19e BATS qui n’ont pu traverser la Loire avant la destruction du pont, se battent à la grenade et au coupe-coupe, puis traversent la Loire à la nage. Les réfugiés qui n'ont pu franchir le pont vivent des instants horribles.
Suite à la destruction du pont routier, les trois derniers chars de la compagnie du 34e BCC ne peuvent traverser la Loire. Leurs équipages, après en avoir lancé deux dans la Loire franchissent le fleuve utilisant le tablier du pont du viaduc.

La destruction du pont routier de Gien, à cause de la pression des troupes allemandes, isole des unités en rive droite et à Gien, dont les convois hippomobiles de la 239e DLI. Ils sont coupés de la division et seront fait prisonniers. Une importante partie du matériel (voiturettes, mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, mortier de 60) est perdue. Quelques hommes chargés de la conduite des convois réussissent tout de même à rejoindre la division en traversant la Loire à la nage.

Dans la nuit du 17 juin, des milliers de civils essaient de rejoindre le parapet pour passer le pont routier, une cohue essaie de traverser la Loire pour échapper aux troupes allemandes.
Depuis la coupure du pont routier, sous les mitraillages incessants, des milliers de personnes se précipitent, à l'aide de deux échelles, à l'assaut du viaduc coupé le 15 juin. A 0h10 le 18 juin, il est détruit à son tour, empêchant toute échappatoire pour les civils et militaires sur la rive nord du fleuve.
En rive gauche, le III/32e RI défend l’accès du pont routier dont un parapet est resté intact. Les troupes allemandes essaient pendant la nuit de traverser le pont, sans succès.

Gien après les combats

Le 18 juin : l’échec allemand devant la Loire.

L’avancée profonde des armées allemandes en France oblige les troupes françaises à abandonner la Loire comme ligne de défense. Le 24e corps d’armée prépare dans la journée le repli sur le Cher au niveau de Vierzon. Les 3e DLI, 57e DI, 239e DLI et 23e DI doivent tenir cette journée sur la Loire tandis que les 87e DIA et 2e DLIC continuent la retraite pour préparer une ligne de recueil sur le Cher. L’état-major du 24e corps d’armée se replie au sud du Cher.

Le général Von Reichenau, commandant la VI armée allemande, par l’ordre ne 14 du 18 juin à 8h00, a donné ses instructions à ses 3 commandants de corps : « Par ordre du Führer, la poursuite de l’adversaire en déroute doit être entreprise immédiatement, et avec la totalité des moyens. »

Le XXXXIV. AK a pour mission de créer une tête de pont sur la Loire. Sully sur Loire est investie par la 98. ID et Gien par la 83. ID. Il a aussi l’intention de franchir la Loire entre Arcole et Nevoy, en rive droite de la Loire, face à Saint-Gondon, secteur tenu par le 59e RI. Cette action est dévolue au colonel Sinzinger, commandant le IR 257 de la 83. ID, pour l’après-midi du 18 juin.

Toute la journée, la 5e compagnie du 32e RI, amenée en renfort du III/32e RI, commandée par le lieutenant Gaudriault et appuyée par un canon de 75, interdit à l’ennemi le passage de la Loire par le parapet du pont routier resté intact. Les troupes allemandes, essayant de déboucher de la tête de pont à Gien, sont repoussés les contre-attaques du 32e RI soutenu par quatre canons de 155 et deux de 75.

A l'extrémité sud du pont de Gien, au croisement de la D941 et la D951, une stèle en hommage du 32e RI a été érigée en mémoire des combats du 18 juin 1940. Elle commémore les combats pour la défense de la ville et du passage de la Loire par les Allemands. Il y eut plus de 300 morts recensés.

Dans la matinée la 239e DLI signale des éléments ennemis sur la rive droite de la Loire. Toute la journée, l’artillerie française, dont le 325e RAD, tire sur les objectifs en rive droite qui lui sont indiqués par les observatoires.

Les positions de la 239e DLI sont sommaires, suite au manque de temps et de matériel lourd. Une mitrailleuse Hotchkiss est installée dans un vaste trou, en bas du chemin de la ferme de la Chassenaudière. Une pièce antiaérienne est positionnée à la rue du Clou, en sortie est du village, une autre au début du Chemin des Plantes, à l’est de Saint-Gondon.

Les positions françaises sont repérées et photographiées par l’escadrille de reconnaissance 4(H)12. Il est prévu qu’elles soient d’abord bombardées par l’artillerie allemande. Le colonel Sinzinger décide de réaliser l’opération de franchissement à 16h00. Selon le plan d’attaque, le franchissement sera précédé d’une préparation d’artillerie sur les positions repérées de Saint-Gondon.

La rive sud de la Loire sera aussi battue par le tir des armes lourdes de l’infanterie: canons de 20 mm et de 37 mm antichars, mitrailleuses de 10 mm et mortiers de 81 mm. Puis l’infanterie traversera le fleuve en 4 vagues de 120 hommes chacune, espacées de 15 minutes pour permettre le retour des radeaux pneumatiques.

Le premier objectif est la côte 134 au nord-ouest de Saint-Gondon. Ensuite l’opération sera alimentée avec de nouvelles troupes de la 83. ID pour élargir la tête de pont.

A 15h58, très exactement, un tir d’artillerie s’abat sur Saint-Gondon, le château de l’Ormet est touché ainsi qu’une scierie. Le colonel Sinzinger donne ordre de porter son poste de commandement à hauteur de la Route Nationale 152, à la côte 151. Son objectif est d’atteindre Saint-Gondon et d’envoyer soin groupe de reconnaissance vers Argent-sur-Sauldre. Par la suite, il fut déclaré en mairie 40 points d'impacts dans le bourg.

Devant les résistances françaises, en particulier à Sully-sur-Loire et à Gien, la traversée de la Loire est annulée. Le détachement Sinzinger, qui devait franchir la Loire, est finalement employé à nettoyer le bois Béhague, au nord de Gien, dans lequel des isolés continuent le combat, dont des éléments de la 87e DIA.

A Lion-en-Sullias, les bombardements allemands causèrent des pertes dont Hersch Serge, du 2e RT.

Mais, à 17h arrive un ordre de repli pour la 239e DLI, la défense de la Loire est abandonnée par l’armée française. Le repli doit se poursuivre vers le Cher par l’itinéraire suivant : Argent-sur-Sauldre et Sainte-Montaine, dans le Cher.

Suite au repli des troupes françaises, vers 18h, les allemands franchissent la Loire à Gien en soirée. Rapidement, les troupes allemandes construiront un pont de bateaux en bois pour passer le pont le temps de la reconstruction du pont routier.

Pour l’anecdote, il faut noter que le 1er RT (Régiment Tchèque) a été affecté à la 23e DI le 13 juin. Les deux régiments tchèques de l’armée française sont donc voisins. Le 18 juin, à 21h05, le 189 IR (81. ID, XVIII. AK, 9. Armee) traverse la Loire à Gien et prend la route de Saint-Martin-sur-Ocre, en rive gauche de la Loire. Jusqu'à minuit la masse du régiment a traversé et formé une tête de pont. Les pertes de la traversée s'élèvent à 4 morts et blessés, dont un officier. Le 189. IR, doté d’armes tchèques, s’est retrouvé face au 1er RT. Quelques-uns des natifs des Sudètes reconnaissent même les noms de quelques officiers tchèques, du temps de leur service militaire dans l'armée tchèque. Certains soldats, principalement slovaques, ne sont pas mécontents d’être prisonniers, la guerre se terminant pour eux.

Le 18 juin à Sully-sur-Loire

En même temps, la ville de Sully-sur-Loire connaît un sort similaire à la ville de Gien.
Sully-sur-Loire est bombardée le 15 juin à 17h30. Cette attaque visant les ponts sur la Loire est infructueuse. Une seconde attaque, à 22h, n’atteint les ponts mais touche l’hospice. Le dimanche 16, une nouvelle attaque met le feu à la ville. Vers 11h30, d'autres bombes écrasent la ville, manquant la gare qui était visée mais tuant encore d'autres civils. L'église Saint-Ythier est sérieusement touchée. Les bombardements se poursuivent toute la soirée, presque sans interruption.
Le 17 juin, la circulation sur le pont routier est désormais strictement et réservée aux militaires. Dès 5h du matin, les civils empruntent le pont de chemin de fer, ultime passage, dans un défilé ininterrompu.
Les premiers accrochages avec les avant-gardes allemandes se produisent au milieu des civils qui supplient les soldats français de ne pas tirer. Néanmoins, les premières rafales sont et devant cette résistance, les allemands se retirent.
Le 18 juin, des parlementaires allemands de la 98. ID essayent d'obtenir la capitulation des troupes françaises. Le général Duchemin, commandant la 3e DLI, fait savoir qu'il avait mission d'interdire le passage de la Loire et qu'il l'interdirait. Il évacue la rive droite. À midi, heure limite de l'ultimatum, l'ennemi agite un drapeau blanc, espérant obtenir la reddition des troupes. Dès que le dernier homme du 141e RIA rejoint la rive gauche de la Loire, l'ordre de mise à feu des charges de démolition est donné. Il est 12h31 et le pont routier est détruit en s’écroulant dans la Loire.
Le pont de chemin de fer ne peut être détruit, faute d'explosifs suffisants. Dans Sully-sur-Loire, l'incendie allumé à la fois par les bombardements de l'aviation et de l'artillerie se développe, gagnant l'ensemble du centre-ville, dont l'anéantissement devait être quasi-total.
Les combats menés par la 3e DLI cessent le 18 juin dans la nuit, date à laquelle l'ordre de repli leur est donné afin d'échapper à l'encerclement. Puis les dernières troupes françaises en couverture décrochent dans la nuit du 18 juin à 23h30.
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 19:25

La retraite vers le sud-ouest

Le 19 juin : le repli sur le Cher

En matinée, la division atteint la Petite Sauldre et s’installe défensivement face au nord. Elle s’intercale la 57e DI à l'ouest et 23e DI à l'est.

Le 138e RI arrive à Souesmes, à une dizaine de kilomètres de Sainte-Montaine. Le trajet a été pénible et il y a eu de nombreux traînards. Le régiment s’installe défensivement derrière la Sauldre. Dans l’après-midi un détachement de motocyclistes allemands entre par surprise à Souesmes. Une grande partie du II/138e RI est capturée dont le commandant Thouard. Le capitaine David passant dans sa voiture de liaison subit le même sort ainsi que les capitaines Eble et Gauthier.

Les services de la division continuent le repli vers le Cher. L’artillerie se replie à 16h. A partir de 17h, les unités d’infanterie décrochent à leur tour. La 239e DLI doit s’installer entre Thénoux et Vierzon sur le Cher.

Le 138e RI qui devait embarquer en camions à un kilomètre au sud de Souesmes est obligé de rallier le lieu-dit Les Tanières, cinq kilomètres plus au sud. Il arrive à Thénioux à 23h30 sur le Cher, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Vierzon. L’effectif du 138e RI n’est plus que de 690 hommes.

Le 59e RI est transporté en camions tandis que le 2e RT doit effectuer le trajet à pied, talonné par les avant-gardes allemandes. L’arrivée se fait à partir de 23h.

Dans la journée, la ligne du Cher est occupée par les 2e DLIC et 87e DIA qui ont pour mission de recueillir les autres unités du 24e corps d’armée dont la 239e DLI.
A l’aube, la 87e DIA a commencé son mouvement vers le Cher. Son repli est couvert par le 17e RTA et le 87e GRDI. Dans la matinée, le Cher est franchi et la division occupe la rive sud à Mennetou-sur-Cher et à Méry-sur -Cher, en liaison avec la 2e DLIC à l’est.
Le dispositif réalisé au soir du 19 juin par la 87e DIA est le suivant :
 Mennetou-sur-Cher, Saint-Loup : 17e RTA ;
 Châtres-sur-Cher : 9e RZ (arrivé à 11h00) ;
 A l’ouest, Marais : contact avec le 41e RI  (19e DI).

En début d'après-midi, le secteur de la division est réduit à droite à Châtres-sur-Cher exclu en prévision de l’arrivée de la 239e DLI qui est introduite dans le dispositif.
La ville de Vierzon est un point de passage important pour les troupes françaises en retraite, ainsi que pour des milliers de réfugiés. Ainsi, on peut noter le passage du 33e RICMS de la 7e DIC.

Le poste de commandement du 24e corps d’armée est à Bourges.

Le 20 juin : la défense du Cher

Cette journée, la ligne du Cher doit être conservée jusqu’au soir pour couvrir le repli vers l’Indre des restes des troupes françaises. La 239e DLI est positionnée entre la 87e DIA et la 2e DLIC.

Le dispositif de la 239e DLI est le suivant :
 2e RT à Châtres-sur-Cher (défense du pont) ;
 59e RI à Thénioux ;
 138e RI entre Saint-Georges-sur-la-Prée (en face de Mery-sur-Cher en rive gauche) et Saint-Hilaire-de-Court (au sud de Vierzon).

Le poste de commandement divisionnaire est attaqué par la Luftwaffe à 9h. Des combats avec les avant-gardes allemandes se produisent à Châtres-sur-Seine et à Thénioux. Devant la menace allemande, le pont de Thénioux est détruit à 15h30. L’artillerie décroche à 16h. Le repli de l’infanterie est réalisé à partir de 17h, partiellement en camions, vers le sud-ouest, sous la protection d'un élément de couverture. Le 138e RI est embarqué en camions à 22h.

Comme la 239e DLI, la 87e DIA tient aussi la coupure du Cher jusqu'au soir en couverture du mouvement vers le sud-ouest du 24e corps d’armée. Les avant-gardes des troupes allemandes sont au contact vers 15h00 à Mennetou-sur-Cher. La 87e DIA décroche à partir de 20h00, couverte par le 87e GRDI sur l'axe Valençay - Graçay et par le 21e GRDI sur l'axe Valençay - Vatan. Le repli est effectué partie en camion, partie à pied.

Le 21 juin : repli sur la Creuse

Pendant que les unités françaises poursuivent le repli vers la Creuse, les troupes allemandes atteignent le Cher. C’est la 83. ID qui atteint Vierzon avec le dispositif suivant :
 IR 251 à Thénioux ;
 IR 257 à Vierzon ;
 IR 277 et AR 183 à Orcay et Nancay (nord de Vierzon) ;
 Pz.Jg.183 à La Ribeaudière (Theillay au nord de Vierzon).

En matinée, la 239e DLI atteint le département de l’Indre et s’installe derrière la Creuse au niveau de Le Blanc et de Ruffec à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Châteauroux.

Dans l’après-midi, le dispositif est le suivant :
 138e RI au Blanc ;
 59e RI à Ruffec ;
 2e RT à 5km au sud du Blanc.
La liaison est assurée à l’ouest avec la 7e DIC et à l’est avec la 87e DIA.

La 87e DIA se replie aussi vers l'Indre. Dans l'après-midi, la division se regroupe dans la région de Migné (Indre) sur la Creuse, sauf le 19e BATS resté au lieu-dit Grand-Chaventon-la Chapelle (Buzançais, à l’ouest de Châteauroux). Son poste de commandement divisionnaire s’installe à Migné.
A 21h30, sur ordre du corps d’armée, une partie du 9e Zouaves et les compagnies du Génie sont transportées à Ciron (Indre) pour occuper les ponts sur la Creuse et en préparer la destruction.
Les mouvements de repli sont toujours sous la menace des avant-gardes allemandes qui essayent de gêner les troupes françaises. Toute la journée, des escarmouches se produisent le long de la Creuse. Par exemple, le 20e GRDI (27e DI) est accroché le long d’une ligne nord – sud d’Anzeme (nord de Guéret), Le Theix et Saint-Sulpice-le-Guéretois (ouest de Guéret).

Le 22 juin : la Creuse : l’ultime action de résistance

La 239e DLI est utilisée pour tenir la coupure de la Creuse. A l’est, au niveau de La Rouère, elle est en contact avec la 87e DIA, plus exactement avec des éléments du 344e RI. Les ponts sont détruits en journée pour ralentir la pénétration allemande. Les éléments de la division se replient vers la Vienne, en direction de Chabanais, à 21h sous la protection d’un détachement de couverture maintenu jusqu’à 2h du matin le 23 juin.
L’armistice est signé par le général Huntziger, sur ordre du gouvernement français, ce 22 juin dans l’après-midi.

Le 23 juin : la fin du périple, la Vienne

La division rejoint la région de Roumazières et de Chabanais entre 8h et 11h. Le 59eRI s’installe à Roumazières et La Péruse; le 138e RI à Chabanais, le 325e RA à Montemboeuf. Il est à noter la présence du 316e RA à Mouzon, Lézignac-Durand et Cherves-Chatelard.

Le 2e RT, avec le 1er RT est à Nontron et à Thiviers, en Dordogne.

Le 24 juin : protection du repli du 24e corps d’armée

La division couvre face au nord et à l’ouest le repli du 24e corps d’armée qui retraite vers Périgueux. La division est rattachée au 1e corps d’armée à midi. Suite au repli de la 7e DIC, le 59e RI installe un détachement de sécurité à Fontafie car une colonne allemande est signalée.
Le 129e GRDI se trouve le 24 juin dans la région de Chasseneuil (Charente). Il prend contact avec la 239e DLI à Cherves-Châtelars (Charente). Il est à cette date, tardive, incorporé à la 239e DLI qui n’est pas dotée de groupe de reconnaissance.
Le périple des tchécoslovaques
L’annonce de la défaite est mal vécue par les tchécoslovaques, en particulier pour les tchèques. Le mot d’ordre est : ne pas tomber aux mains des allemands.
Le 23 juin, après avoir rendu l’armement lourd, les unités tchèques prennent le train pour Narbonne. Grâce à l’initiative personnelle du général Frère, commandant la 7e armée, des facilités sont accordées aux tchécoslovaques pour pouvoir s’embarquer et rejoindre l’Angleterre.
Le 24 juin, 11 405  tchécoslovaques  sont recensés. Sur 5 000 combattants, seulement 2 000 demeurent en unités constituées après le 21 juin, et 1 600 embarqueront à Sète. En tout, 4 044 militaires et 481 civils tchèques choisissent de quitter la France dont 160 à 180 Brigadistes et plus de 900 aviateurs.
Les derniers embarquements ont lieu à Sète le 27 juin grâce au paquebot égyptien « Rad el Farouk », en provenance de Gibraltar, afin de rejoindre l’Angleterre.
Ils avaient été précédés le 22 juin par les hommes restés au dépôt d’Agde. Les aviateurs sont embarqués à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) quelques jours plus tard.
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 19:27

Epilogue

Le 25 juin, la cessation des hostilités est officielle.

La 239e DLI est dissoute le 11 juillet. Les 59e et 138e RI sont dissous le 7 août. Le personnel d’active sert à former le 1e bataillon de Charente, futur II/26e RI de l’armée d’armistice.
D’autres éléments sont intégrés dans le groupe de travailleurs n° 174.

Le  325e RAD est dissous le 1er août.

Lancée dans la bataille sans avoir fini sa formation, la 239e DLI n’a pas pu exercer efficacement une action sur le sort de des armées françaises en plein recul. Son cas est malheureusement similaire à celui des autres divisions légères d’infanterie qui ont pesé bien peu dans la campagne de France.

Sources

Pour la ligne Chauvineau : http://lignechauvineau.free.fr/Combatjour.htm
Pour Germigny L’Evêque : http://www.germigny-leveque.org/historique.htm
Revue historique des armées ne4-1985 : L’armée tchécoslovaque en France 1939-1940 (Antoine Mares)
memorial-genweb.org ;
Pour l’armée française : ATF 40 ;
Pour l’armée allemande : Lexikon der Wehrmacht ;
Pour l’aviation française : http://www.cieldegloire.fr et http://forum.aviation-ancienne.fr
Pour le 138e RI : http://138regiment1418.pagesperso-orange.fr/Historique1940.htm;
Pour Gien : http://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/giennois/2012/06/26/juin-1940-la-terrible-bataille-de-gien_1205131.html
« Les combats de Gien 15-19 Juin 1940 » par Marcel Champault : http://loiret3945.forumgratuit.org
Photo Gien après les combats : http://www.vsd.fr/contenu-editorial/l-actualite/les-indiscrets/1696-france-juin-1940-photos-inedites-de-la-debacle-en-couleurs


Dernière édition par dhouliez le Jeu 25 Déc 2014 - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 24 Déc 2014 - 19:29

Le père Noël passe un peu avant l'heure : voici une nouvelle monographie réalisée par R.Scherer.
Merci à lui, bonne lecture et bon réveillon.

D. Houliez
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Dim 18 Jan 2015 - 7:19

Bonjour,

en complément, j'ai trouvé un site avec des photographies sur mai-juin 1940. Certaines concernent la ville de Gien qui a vu le passage de la 239° DLI.

Lien : https://www.flickr.com/photos/92580742@N04/8419813148/in/photostream/

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Lun 6 Juin 2016 - 14:53

Bonjour, 

je suis à la recherche d'informations plus précises sur le 325ème RA de Vernon sous le commandement du lieutenant colonel DE BLOIS. Mon père y a servi pendant les opérations de 39-40.

Merci de votre concours.
Roger FARHI
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mar 7 Juin 2016 - 6:56

Bonjour FARHI,

j'ai lu votre message mais malheureusement, pour l'instant, je n'ai pas vraiment d'informations plus précises sur le 325° RAD.

Pour initier cette recherche, il conviendrait peut-être de créer un sujet sur cette unité dans le dossier "artillerie" du forum.

Votre recherche sera alors plus visible.

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mar 7 Juin 2016 - 9:48

Bonjour, 

Je vous remercie pour votre réponse que je n'attendais pas de ci-tôt. C'est très aimable à vous. Je suis tout nouveau sur ce forum et manque encore d'expérience mais je vais essayer de suivre votre conseil. 

J'ai lu attentivement votre description des événements de la 239 ème DLI et j'ai appris déjà pas mal de choses. J'en sais déjà un peu plus. Un grand merci à vous.

Je dispose d'une photo de mon père avec son groupe, pensez-vous qu'il faille la mettre en ligne pour éventuellement recevoir des précisions ? 

Bien cordialement, 
Roger FARHI
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mar 7 Juin 2016 - 17:29

Bonjour FARHI,

je vous remercie de votre message et je pense que créer un sujet concernant le 325° RAD est judicieux, surtout si vous pouvez l'illustrer avec votre père.

Si j'obtiens des informations supplémentaires sur cette unité, je vous en ferai part.

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mar 7 Juin 2016 - 20:05

Merci Monsieur Scherer, très gentil à vous.

Bien a vous,
Roger FARHI
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Sam 22 Oct 2016 - 7:35

Bonjour à tous,
 
Juste ce message pour deux compléments concernant cet essai sur la 239° DLI.

Tout d’abord, la prévôté rattachée à cette unité, du 6 au 24 juin, est l’ex 2° section de prévôté d’étape de l’ex 9° armée.
 
Ensuite,  je remercie Loïc Lilian pour les informations concernant le XXI bataillon du 5° RI. C’était d’bord l’unité de garde du GQG à La Ferté sous Jouarre du 1° octobre 1939 au 17 mai 1940. Puis, l’unité a intégré la défense de la Marne. Le bataillon a été ensuite mis sous les ordres de la 239° DLI qui s’installe dans la région de Meaux le 10 juin 1940.
 
A La Ferté sous Jouarre était installé le 2° régiment d’infanterie tchèque, dépendant de la 239° DLI à partir du 12 juin. Le 2° RIT prolonge le front de la 239° DLI en rive gauche de la Marne de l’Ourcq à La Ferté sous Jouarre où la 41° DI était en cours d’installation, de la Ferté sous Jouarre à Nogent l’Artaud.

 
Cordialement
 
Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 239e DLI   Mer 6 Déc 2017 - 7:15

Bonjour à tous,

je me permets d'intervenir pour compléter l'ordre de bataille de la 239° DLI.

Grâce à Jean-François Althaus qui m'a fourni une copie du JMO du 316° RAP, j'ai donc repris ce document avec plus de détails, en cours de réécriture actuellement.

Pour l'instant, voici le nouvel organigramme.

La 239° DLI est créée le 1° juin 1940 avec :
 
Commandant : général de brigade Dunoyer de Segonzac, commandant l’infanterie de la 5° division d'infanterie motorisée puis commandant de la 239° DLI du 05/06/40 au 01/07/40, date à laquelle il devient commandant de la subdivision de région de Limoges.

Commandant de l'Infanterie Divisionnaire : colonel Heliot (du 12/06/40 au 25/06/40).

Commandant de l’Artillerie Divisionnaire : lieutenant colonel Aubry (du 12/06/40 au 25/06/40).

Chef d'Etat Major : chef d'escadron Fremiot (du 01/06/40 au 25/06/40).

59° RI (type nord-est allégé, ex 147° RIF): commandé par le lieutenant colonel Pinaud à partir du 12 juin 1940. Le lieutenant colonel Pinaud est l’ex chef de corps du 147° RIF. Le 59° RI est formé le 5 juin avec du personnel d’active provenant du CMI 91 d’Angers, des I/147° et II/147° RIF, d’éléments du 11° BM (ex 55° DI) et du 246° RI (ex 71° DI). Il possède 2 bataillons et une 14° BDAC. Le 15 juin, il est renforcé par le XXI/3° RIA.

138° RI : commandé par le colonel Noël. Il est mis sur pied le 5 juin 1940 à Marac, à coté de Rolampont, par le CMI 93 de Châteauroux. Il est du type nord-est avec du personnel de réserve A. Il comprend 3 bataillons issus du GUI 15 avec le 21° bataillon d’instruction du 8° Régiment de Zouaves et les 21° bataillons des 91° et 92° RI dissous le 5 juin.

325° RAD : commandé par le lieutenant-colonel De Blois (du 01/06/1940 au 25/06/1940). Il est de type tracté avec des canons de 75 mm. Il est mis sur pied le 3 juin par le CMA 40/11 à Aubigny à partir de deux groupes et d’une SMA (Section de Munitions Automobile). Il rejoint la division le 9 juin 1940. Des éléments du 355° RALP dissous le 5 juin ainsi que du 211° RALD sont affectés au 325° RAD. Le I/11° RAD reconstitué entre le 19 mai et le 6 juin dans l’Aube est renommé II/325° RAD.

316° RAP : chef d’escadron Aubry (nommé lieutenant-colonel le 1° juin 1940). Le 11 juin, les 1° et 2° groupes du 316° RAP sont mis à la disposition de la 239° DLI, auparavant affectés à la 57° DI.

VIII/306° RAP : rattaché à la 239° DLI le 17 juin (formé par l'école d'application d'artillerie de Fontainebleau).

2° Régiment Tchécoslovaque : le 6 juin, le 2° R Tchécoslovaque, commandé par le colonel Satoric, est acheminé au sud-est de Troyes, près de Montigny. Mis à la disposition de la 7° armée, le 2° RT est amené le 11 juin au matin vers Coulommiers pour garder les passages de la Marne entre l’Ourcq et La Ferté sous Jouarre, avec une section d’artillerie. Le 2° Régiment Tchécoslovaque est affecté à la 239° DLI le 12 juin (1° bataillon : commandant Wagner Otto).

Cavalerie : pas d’unité à la création mais 129° GRDI (type réduit) en renfort le 24 juin.

Compagnie de Sapeurs Mineurs 239/1

Compagnie mixte de Transmissions 239/84 à partir du 15 juin.

Compagnie automobile du Train 489/13.

Intendance : Groupe d’Exploitation Divisionnaire 239/11 à partir du 16 juin.

Groupe de Santé Divisionnaire 239 à partir du 10 juin.

Prévôté divisionnaire : ex 2° section de la prévôté d’étapes de l’ex 9° armée à partir du 6 juin.

Merci encore à Jean-François Althaus et n'hésitez pas à me faire part de toute remarque.

Cordialement

Rémy SCHERER
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