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 Historique du 33ème RICMS

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dhouliez
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MessageSujet: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 19:55

HISTORIQUE DU 33ème RIC puis 33ème RICMS

Un travail de R. Scherer


PRESENTATION DU 33° RIC/RICMS


Le 33° RIC a été constitué à Rochefort-sur-Mer au cours de la mobilisation de 1914 et dissout le 28 avril 1919. Il est reconstitué le 2 septembre 1939 à Montauban par le 179° CMIC (centre de mobilisation d’infanterie coloniale).
Il sera transformé en 33° RICMS (Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais) le 1 mai 1940. Il sera dissous le 1° août 1940.

En mai 1940, le 33° RICMS est une unité de la 7° DIC (division d’infanterie coloniale).
Cette division est composée des :  
 7° RIC (Bordeaux) ;
 33° RICMS (Montauban) ;
 57° RICMS (Pamiers) ;  
 32° RACMM (Agen) et 232° RALCMM (Auch) ;  
 77° GRDI (Montauban) ;
 Génie : 77/1 et 77/2 compagnies de sapeurs mineurs ;
 Santé : 77° GSD (groupe sanitaire divisionnaire) ;
 Intendance : 77/17 GEDIC (groupe d’exploitation divisionnaire d’infanterie coloniale) ;
 Train : 77/17 compagnie hippomobile du train.

La 7° DIC est une unité de série A, mobilisée dans la 17° région militaire de Toulouse. Le commandant en est le général Noiret.
Le 3 juin, le 4° RIC, détaché de la 8° DIC, sera affectée à la 7° DIC. Le 14 juin, elle sera aussi renforcée par le 17° BATS (Bataillon Autonome de Tirailleurs Sénégalais) et le 15 juin par le 487° RPS (Régiment de Pionniers Sénégalais).

L’effectif théorique du régiment (type nord-est) est le suivant :
 3105 hommes dont 84 officiers, 363 sous officiers et 2658 hommes de troupe ;
 48 mitrailleuses, 113 FM, 9 mortiers de 60, 8 mortiers de 81, 12 canons de 25 AC, 146 lance grenades VB ;
 287 chevaux, 140 bicyclettes, 42 motos ;
 9 chenillettes UE, 6 véhicules de liaison, 39 camionnettes, 5 camions ;
 105 voiturettes, 12 avant-trains, 73 voitures hippomobiles.
En annexe est présenté l’encadrement du 33° RICMS au 1° mai 1940.

LA DROLE DE GUERRE

De la mobilisation à décembre 1940 : secteur fortifié de Montmédy


De la mi-septembre à la mi-novembre, le régiment, avec l’ensemble de la division, est positionné dans les Ardennes, plus précisément dans le sous-secteur de la tête de pont de Montmédy (secteur fortifié de Montmédy), sous la responsabilité du 18° corps d’armée.

 12 septembre : embarquement à Montauban.
 13 septembre : arrivé à Sedan-Carignan.
 15 septembre : le régiment est affecté à la 7° Division d’Infanterie Coloniale.
 16 septembre : mouvement sur Baâlon à une dizaine de kilomètres au sud-ouest des forts du Chénois et de Thonnelle.
 17 septembre : mouvement vers la région de Juvigny-sur-Loison et installation des cantonnements.
 30 septembre : occupation de la ligne  d’arrêt  de  la  Position de  résistance  du  secteur  « Tête  de  Pont  de  Montmédy » (TPM) . Le général de  Division  Noiret, commandant la 7° DIC a le  commandement de la TPM.  Le lieutenant-colonel  Crapon, chef de corps du 33° RICMS commande le sous-secteur Est de Bazeilles-sur-Othain. L’adjoint est le capitaine Leve du I/155° RIF.

 Jusqu’au 27 novembre : travaux d’organisation de la position. Il est à signaler quelques raids d’avions ennemis.

 27 octobre : inspection du général d’Armée Billotte des troupes coloniales.
 27  novembre : relève par la 3° DIC et transfert dans la région de Beaufremont. Cette localité est dans le département des Vosges, entre Neufchateau et Vittel.
 3 décembre : fin du transfert et installation.
 Jusqu’à la fin décembre, le régiment est au repos.

Il est à noter le décès de Carrère Jean-Marie le 20 décembre 1940 à Neufchateau. Il était affecté à la section de commandement du II/33° RIC.

De janvier à fin février 1940 : secteur défensif de la Sarre

A la fin décembre, la division est positionnée de nouveau sur la ligne Maginot pour renforcer le secteur défensif de la Sarre, sous la responsabilité du 20° corps d’armée (4° armée).

Le 4 octobre 1939, le secteur défensif de la Sarre s’étend vers l’ouest et prend sous sa responsabilité le secteur Sarre Ouest. Ce secteur Sarre Ouest est ensuite subdivisé en deux parties:
 secteur Ouest (sous-secteur de Saint-Jean Rohrbach) aux ordres du général commandant la 11° DI ;
 secteur Sarre (sous-secteurs de Kappelkinger et de Sarralbe) aux ordres du général commandant le Secteur Défensif de la Sarre (SDS). Ce secteur Sarre sera ultérieurement renommé secteur Centre.

Le 27 décembre, la 7° DIC commence son transfert pour rejoindre secteur défensif de la Sarre. Il est terminé le 31 décembre à 11h00. Dans un premier temps, le 33° RIC est en seconde ligne, cantonné dans la région de Keskastel. Cette localité se trouve au nord du département du Bas-Rhin, à quelques kilomètres au sud de Sarreguemines qui est sur la frontière franco-allemande. Le 33° RIC a pour mission d’occuper et d’organiser le sous-secteur assigné. Il est intégré au Détachement d’Actions Retardatrices du 20° corps d’armée, en avant de la ligne Maginot, au niveau de la frontière franco-allemande. Cette affectation s’est traduite par de nombreuses patrouilles et des tirs d’artillerie. Le 3 mars, la 7° DIC quittera le SDS.

Les faits marquants sont les suivants :
 2 janvier : le secteur Centre passe sous le commandement de la 7° DIC commandée par le général Noiret. Le 33° RIC occupe le  secteur des Forêts avec le poste de commandement à Keskastel.
 21 janvier : mouvement pour relever le 7° RIC au niveau de Sarreguemines. La relève est terminée le 23 janvier dans la nuit.
 24 janvier : le lieutenant-colonel Crapon du 33° RIC prend le commandement du groupement Est du Détachement d’Actions Retardatrices du Centre (DARC). Le DARC est commandé par le colonel Benard, commandant l’infanterie divisionnaire de la 7° DIC. Le poste de commandement du 33° RIC est transféré à Sarreguemines.
 22 février 1940 : Barthe Edmond, de la 6° compagnie du II/33° RIC, décède à l’hôpital d'évacuation primaire de Saint-Jean-de-Bassel (Moselle).
 29 février : au cours d’une patrouille en territoire ennemi, le médecin-capitaine Castex disparaît en traversant la Bliess à la nage.

Des journalistes viennent à plusieurs reprises visiter le sous-secteur.
Au cours de cette période, sont cités :
 à  l’ordre du corps d’armée : le médecin- capitaine  Castex ;
 à l’ordre  de  la  division :  le chef de bataillon Tremoulet, le médecin-lieutenant Bernard et le sous-lieutenant Le Gorgeu (9° compagnie) ;
 à l’ordre de la brigade : le sous-lieutenant Jeze (1° compagnie) ;
 à l’ordre du régiment : le capitaine Sie (état-major) et le lieutenant Beautes (CDT).
Le séjour, tant à Keskastel qu’à Sarreguemines a été marqué par un froid rigoureux avec des minima de -28° C, gênant les mouvements et les opérations. Pendant cette période, la division perd une cinquantaine d’hommes, essentiellement à cause des intempéries. Cet hiver rigoureux a aussi perturbé l’activité des trains automobiles et hippomobiles.

Le 15 mars, le Secteur Défensif de la Sarre est modifié et devient le Secteur Fortifié de la Sarre, comprenant les sous-secteurs de :
 Saint-Jean Rohrbach (174°  RIF) ;
 Kappelkinger (41° RMIC) ;
 Sarralbe (51° RMIC) ;
 Kalhausen ( 133° RIF).

Du 3 mars au 14 mai : la 7° DIC en réserve du GQG

Du 3 au 5 mars, la 7° DIC est relevée par la 87° Division d’Infanterie d’Afrique. Le 33° RIC est remplacé par le  9° Régiment de Zouaves du lieutenant-colonel Tasse. Après la relève, la 7° DIC est placée en réserve du Grand Quartier Général.

Jusqu’à la bataille de France, la principale activité de la division est l’entraînement et l’instruction des renforts, conformément aux directives du lieutenant–colonel Turquin, commandant de l’infanterie divisionnaire de la 7° DIC. Depuis la mobilisation, les Grandes Unités et les régiments coloniaux ont bénéficié d'appréciables délais de mise en condition et d'instruction. Mais ces délais ont été mis à profit de façon inégale, selon les situations différentes dans lesquelles les uns et les autres ont été placés, mais aussi et surtout, selon la valeur des chefs.

Dans l'ensemble les unités sont prêtes à combattre. Néanmoins, leur organisation, l'insuffisance de leurs moyens antichars et antiaériens, la modicité de leurs transmissions radio, les déficiences en moyens de transport, l'instruction qu'elles ont reçu et l'entraînement auquel elles ont été soumises les rendent à l'évidence peu aptes à des missions exigeant de trop grands et trop fréquents déplacements. Mais cette situation n'est pas particulière aux formations coloniales et s'étend à la plus grande partie de l'armée française.

Par exemple, les Batteries Divisionnaires Anti Chars (BDAC) n'arriveront que très tardivement. La 3° DIC n'aura la sienne que le 3 mai, la 5° DIC le 9, la 1° DIC le 10 mai. Les batteries anti-aériennes divisionnaires n'arriveront que pendant la bataille. Le 19 mai pour la 1° DIC, le 27 mai pour les 4° et 5° DIC et le 28 mai pour la 7° DIC.
Pour les troupes coloniales, l'amalgame qui vient d'être réalisé, s'il a, dans quelques-unes des formations concernées, un peu entamé la cohésion acquise au cours des mois précédents, a permis d’apporter un sang jeune et une vitalité. Ce rajeunissement va s'avérer bénéfique lors des futurs engagements.

Il est à noter les événements suivants :
 Le 10 mars, après un séjour à Sarralbe, le régiment embarque à Sarre-Union pour la région de Bourmont. Cette localité est située dans le département de la Haute-Marne, à 40 km à l'est de Chaumont.
 Le 11 mars, le  régiment a terminé son déplacement. Son poste de commandement est à Vrécourt.
 La 7° DIC installe le 11 mars son poste de commandement à Bourmont, localité en limite des départements de la Haute-Marne et des Vosges

 A la mi-avril, comme les autres divisions coloniales, la 7° DIC est réorganisée avec l’amalgame des effectifs de l’infanterie et de l’artillerie des unités mobilisées en septembre 1939 et des renforts venus depuis les colonies. Elle reçoit 6 bataillons de tirailleurs sénégalais pour les 33° et 57° RIC. A cette occasion, le 1° mai, ces deux régiments sont renommés RICMS (Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais). Le 7° RIC n’est pas modifié. Egalement, les 32° et 232° RAC sont étoffés avec l’arrivée d’un millier de malgaches et renommés mixtes malgaches (RACMM).
 Ainsi des effectifs de réservistes français de métropole sont-ils rendus disponibles pour des unités métropolitaines.

Durant cette période, sont cités pour le régiment :
 à l’ordre de l’armée : le sous-lieutenant Le Gorgeu (9° compagnie) ;
 à l’ordre du corps d’armée : le sous-lieutenant Guilcher (6° compagnie) qui quittera le régiment avant le 1° mai.


Dernière édition par dhouliez le Mar 30 Sep 2014 - 20:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 20:06

Du 14 au 20 mai : le transfert sur la Somme

Devant la percée allemande sur la Meuse, le commandement français tente de créer un nouveau front sur les rives sud de la Somme et de l'Aisne à partir du 15 mai. Le front est constitué par des unités provenant des réserves et retirées des armées tenant la ligne Maginot. En juin, le front sera aussi renforcé par les DLI (Divisions Légères d’Infanterie).

Dès le 14 mai, la 7° DIC est mise en alerte et préparée pour un transfert vers l’ouest. A partir du 18 mai, la division est transférée sur le front de la Somme en cours de constitution. Elle est plus précisément envoyée vers Amiens.

Le 20 mai, les premiers convois de la division sont débarqués au sud d’Amiens, au niveau de la vallée de la Celle. Les points de débarquement sont Loeuilly, Conty et Croissy, à une vingtaine de kilomètres d’Amiens. La division n’est pas encore couverte sur sa gauche. Sur la droite, la 4° DIC est aussi en approche sur Amiens. La 7° DIC intègre le 10° corps d'armée de la 7° armée sur le front de la Somme. La division va se battre sur cette ligne du 20 au 31 mai 1940. La 7° armée est soutenu par les groupes de chasse I/4 (Curtiss H-75), et I/8 (Bloch 152). L’observation est réalisée par le GR I/35 (Potez 63.11).

Le rôle de la 7° DIC est d’organiser un front sur une longueur d’environ 30 km entre Poix et Ailly-sur-Noye. A sa droite la 4° DIC est en cours de mise en place. A sa gauche, il est prévu l’arrivée de la 5° DIC. 

Le 33° RICMS est transféré sur la Somme par voie ferrée le 20 mai en 6 rames :   
 1° élément à Bourmont à 7h19 ;
 2° élément à Neufchâteau à 7h37 ;
 3° élément à Bourmont à 12h19 ;
 4° élément à Neufchâteau à 15h37 ;
 5° élément à Lamarche à 17h04 ;
 6° élément à Lamarche à 22h04.
Ce voyage en chemin de fer se déroule par beau temps, sans alertes aériennes.

Ce même jour, le XIX AK motorisé du général Heinz Guderian occupe Amiens et progresse vers Abbeville, sur la Somme. La 7. Panzer Division  du général Erwin Rommel atteint les hauteurs stratégiques autour d'Arras.
La 1. Panzer Division du général Friedrich Kirchner occupe Amiens. La ville d’Amiens était faiblement défendue, principalement par le 28° Régiment Régional qui est une troupe de territoriaux renforcée par deux sections de FT (8 engins). L’armée allemande crée dans la foulée une tête de pont au sud de la Somme. La ville d’Amiens était aussi défendue par des troupes anglaises, en l’occurrence un bataillon territorial, le 7° bataillon du Royal Sussex Régiment. Sur 581 hommes, 132 sont morts et 165 ont été faits prisonniers lors de ces combats.

A 19h00, la 2. Panzer Division occupe Abbeville. A 20h00, l'un de ses escadrons atteint la côte de la Manche à Noyelles-sur-Mer, à environ 13 km au nord-ouest d'Abbeville.
Dans la nuit du 20 au 21 mai 1940, sur la rive droite de la Somme, les Allemands créent ainsi dans les lignes alliées un couloir d'une trentaine de kilomètres de large. A la suite du XIX corps, c’est le XIV AK qui organise le front de la Somme, avec les 2. ID, 29. ID et 13. ID, toutes motorisées.

L’armée allemande constitue six têtes de pont sur la rive sud de la Somme, à Péronne, Amiens, Corbie, Picquigny, Abbeville et Saint-Valéry-sur-Somme.

LES COMBATS D’AMIENS

Les 21 et 22 mai : regroupement au sud d’Amiens

La division est en cours de regroupement au sud d’Amiens, couverte par le GRDI 77 et la BDAC (Batterie Divisionnaire Anti-Chars).

Le 21 mai, le GRDI 77 s’organise défensivement à Tilloy-les-Conty pour couvrir l’arrivée du reste de la division. A cause de la mobilité des troupes allemandes devant Amiens, le GRDI 77 doit réaliser le 22 mai un coup de main sur Bouson pour ramener une section de la BDAC. Le GRDI 77 est au contact des troupes allemandes au niveau de Saleux et de Dury.

Sur  sa gauche, la division est en contact avec la 5° DIC en cours de débarquement. Néanmoins, devant l’agressivité des troupes allemandes, la zone des débarquements des unités de la division est déplacée plus au sud, au niveau de Beauvais, ce qui ralentit la mise en place de la division ainsi que celle du 33° RICMS.

Le  21 mai, le 33° RICMS est en cours de transfert par voie ferrée. A 18h30, le train transportant l’Etat-major du régiment est attaqué par la Luftwaffe à hauteur de l’aérodrome de Bruyères entre les gares de Bruyères et de Bauran. Le train n’est pas atteint mais la voie ferrée est coupée à l’avant et à l’arrière du convoi. Les réparations nécessitent un arrêt de 7 heures environ.
Le 21 mai 1940, le Potez 63.11 n°203 du GR II/55 en mission de reconnaissance à basse altitude, est abattu par la Flak dans la banlieue d'Amiens. L'équipage, composé du lieutenant  Germain (observateur / chef de bord), du sergent-chef Dubois (pilote) et du sergent Pierre (mitrailleur), n'y survit pas.

Le 22 mai, l’ensemble des unités de la division a terminé son transfert mais le front n’est pas organisé. Les troupes sont seulement en approche  avec seulement de simples couvertures vers Amiens. Ce jour, le 33° RICMS débarque dans la région de Creil à partir  de  12h00. Il rejoint ensuite la région de Crèvecoeur. La division reçoit l’ordre de progresser sur l’axe Rossignol - Amiens et le contact avec des unités allemandes est pris à Hébécourt. De violents combats ont lieu pour la reprise du Bois Impérial et de là, la division poursuit en direction du village de Dury.

Les 23 et 24 mai : tentatives de reprise d’Amiens

La division reçoit l’ordre de reprendre Amiens qui est occupée par la 29. Infanterie Division Motorisée allemande du XIV AK.
Ce sera le premier engagement de la 7° DIC. Néanmoins, la division n’ayant pas terminé son regroupement, l’attaque sera effectuée initialement avec seulement les troupes suivantes : GRDI 77, peloton moto du 57° RICMS,  I/7° RIC et un escadron du 7° Cuirassiers (Somua) avec l’appui de 2 batteries du 32° RAC. Pendant cette action, rejoindront les II/57° RICMS, III/57° RICMS et le III/33° RICMS.

Le III/33° RICMS est en second échelon et il n’est pas directement engagé.

L’attaque est commencée vers 13h00, suivant l’axe de la RN 1. Les troupes démarrent leur progression à environ 4 km au nord d’Esserteaux.
Cette progression parvient difficilement sur une ligne Vers sur Selles, Dury et Saint-Fuscien en raison d’une forte résistance allemande. L’attaque étant stoppée, le III/33° RICMS s’installe pour la nuit sur la ligne Hébécourt – Saint-Sauflieu.
Cette attaque sera poursuivie dans la nuit du 23 mai jusqu’au matin du 24 mai sans grand résultat. La résistance allemande est vive à Hébécourt et à Dury. La ligne Vers sur Celle – Dury – Saint Fuscien est néanmoins atteinte.

Le 24 mai, une soixantaine d’avions ennemis bombardent à 8h30 la zone occupée par le régiment. Il est à déplorer de nombreuses victimes, en particulier au II/33° RICMS et à la CDT. L’effet moral est important sur les troupes, surtout sénégalaises. De plus, il est à noter l’absence de DCA et de chasse française lors de ce raid.

L’ensemble de la division étant regroupé à part le régiment d’artillerie lourde, le commandement prescrit donc le matin à la 7° DIC de reprendre l’attaque de la veille pour reprendre les ponts sur la Somme à Amiens. Il s’agit d’ouvrir la route à la 4° DCR. Il est organisé 3 groupements pour cette action dont 2 concernent le 33° RICMS :
 Groupement Ouest sous le commandement du lieutenant-colonel Crapon : I/33° en 1° échelon et II/33° RICMS en réserve. Positionné sur  la rive droite de la Selle, il est engagé à partir de la ligne tenue par le bataillon Ferruchi du 57° RICMS, c'est-à-dire la hauteur 104. Il progresse jusqu’à la ligne Vers sur Selles – Dury sur laquelle il s’installe la nuit.
 Groupement Est : le III/33° RICMS est mis à  la  disposition  du  colonel  Dauphin  du 57° RICMS, commandant  ce  groupement.
Cette attaque, débutée à 17h00, ne permet que de reprendre le village de Dury. Il faut noter une préparation et un soutien d’artillerie insuffisants ainsi que la présence de l’aviation de bombardement allemande.

L’ennemi, qui tient la sortie nord de Dury, contre-attaque. Cette action est stoppée mais les pertes françaises sont importantes. A la tombée du jour, les localités de Dury et de Vers sur Selles sont occupées ainsi que la route Dury - Saint-Fuscien. Pendant la nuit, des accrochages confus ont lieu sur l’ensemble du terrain. A  24h00, le II/7° RIC est mis à la disposition du lieutenant-colonel Crapon qui  l’engage en premier échelon à la droite du dispositif.

Il faut noter que pour cet engagement, les cadres et les hommes sont fatigués après avoir passé 52 heures en chemin de fer et avoir  parcouru 40 à 60  kilomètres  à  pied pour rejoindre le front . De plus, les trains de combat n’ayant pu suivre, les roulantes ne sont pas arrivées.

Ces attaques n’ont pas donné les résultats attendus mais ont fatigué les troupes.
Il est à noter les disparus suivants à Saint Sauflieu : les soldats Benattar, Bimier Pierre, Ouvrard Marcel, le tirailleur Somkita Ouedraogo et le caporal Viguier Henri.
Le tirailleur Diotigui Mali est tombé à Vers sur Selles.

Le 25 mai : le 33° RICMS se réorganise

Les troupes sont maintenues sur la ligne atteinte la veille et passent la journée à se réorganiser. Le moral n’est pas au beau fixe suite aux échecs des journées précédentes.
L’aviation allemande bombarde les positions. Le lieutenant Weiss du GC I/4 abat un Dornier 17. Le GC I/8 est crédité de 2 Do 17 détruits plus un probable.



Front le 25 mai 1940

Le soldat Thibault Eugène est décédé ce jour.

Le 26 mai : préparation pour la troisième attaque

Au matin, les troupes organisent la position. Mais le 10° Corps d’Armée renouvelle sa demande pour la reprise d’Amiens. La 7° DIC va donc être engagée une troisième fois en quatre jours. Cette nouvelle action sera effectuée en deux phases :
 D’abord le 26 mai en début de soirée, 3 bataillons appuyés par un groupe du 32° RAC doivent prendre Saleux et Salouel.
 Ensuite, dans la matinée du 27 mai, avec l’ensemble de la division, le but est de s’emparer des faubourgs sud de la ville d’Amiens de Salouel à la Boutillerie.

Pour la 1° phase, à 18h00, le général  de  division  donne  verbalement  l’ordre  de  reprendre la  progression au I/33° RICMS pour atteindre Saleux. Cette action doit permettre la création d’une base de départ à hauteur de Saleux pour la seconde phase de l’attaque. Cette action doit être soutenue par un bombardement aérien et un soutien par l’artillerie.

A 19h00 arrivent  huit  bombardiers  français dont un est immédiatement abattu par la Flak. Cinq minutes après, un second  bombardier est atteint et les six autres rejoignent leurs bases, poursuivis par la chasse allemande.

L’artillerie ayant tiré une centaine de coups (75mm), l’attaque est déclenchée.

Le I/33° RICMS progresse d’environ 800 mètres mais cette action est devancée à 21h30 par une attaque allemande de Saleux en direction de Vers-sur-Celle. L’action allemande est bloquée rapidement mais elle a empêchée l’offensive française de se développer. Le général commandant la 7° DIC, en accord avec le général commandant le corps d'armée, décide que l'attaque reprendra le lendemain à 10h00 pour permettre à l'infanterie d'atteindre de nouvelles bases de départ et reconnaître son terrain d'action. Cette reconnaissance ne pourra pas être exécutée.

Pour cette action, le 19° BCC est engagé ainsi que la 345° Compagnie Autonome, affectée au bataillon. A 18h00, il quitte la région nord de Baconel pour rejoindre la première destination, la lisière sud du Bois de Catillon. A 22h30, devant l’échec de l’attaque française, les compagnies du 19° BCC quittent leur position d'attente de Fleury-Contre et rejoignent leur position de départ à 4h00.
Lors de l’attaque de Saleux, les tirailleurs Moussague Traore et Sambou Tounkara ainsi que le caporal Yeke ont été tués.


Le 27 mai : les derniers combats devant Amiens

L’attaque est maintenue pour l’ensemble de la division sur un front d’une dizaine de kilomètres avec l’appui du 19° BCC (17 chars D2) et du 7° Cuirassiers (8 Somua). L’attaque commence à 10h00 après une brève préparation d’artillerie. Ce sont les chars qui doivent percer pour permettre l’avancée de l’infanterie.

L’action des chars du 19° BCC se déroule en deux mouvements :
 Première phase : en partant du bois au nord-est de Vers sur Selles, la mission est de neutraliser et de nettoyer la crête nord de la Charmille par rabattement au nord (axe d'attaque oblique). Dispositif du bataillon : 2° compagnie en tête, 3° compagnie en deuxième échelon avec la section de la 345° compagnie. Le départ est à 10h00.
 Deuxième phase : en partant du thalweg sud de la Charmille, la mission est de permettre à l'infanterie d'atteindre l'asile d'aliénés d'Amiens. Dispositif du bataillon : 3° compagnie à gauche, 2° compagnie à droite avec une section de la 345° compagnie. Le poste de commandement du 19° BCC est au nord de Fleury.

A 10h00, la 2° compagnie débouche suivie par la 3° compagnie. A 10h10, elles abordent les premiers éléments ennemis. Les chars progressent et dépassent les résistances allemandes. Ils atteignent les faubourgs d’Amiens mais l’infanterie, n’a pas pu suivre, clouée au sol par le feu ennemi. Quelques chars dépassent la Charmille. Après avoir nettoyé la crête, les chars de la 3° compagnie reviennent sur Dury. L’aviation allemande intervient pour bloquer l’offensive française mais une intervention de la chasse française repousse le raid allemand. L'infanterie n'a pas dépassé la ligne Dury - côte 155. Les chars repartent et attaquent la côte 110, qui est atteinte par des éléments du I/7° RIC.

Les chars sont pris à partie par des canons antichars et par des avions allemands. Les chars de l'adjudant-chef Gouvernant, du sergent Villemain, du sous-lieutenant Cavarrot et du capitaine Baise sont entièrement détruits.

Lorsque les chars se replient, l'infanterie abandonne la côte 110 aux cris de " Voilà les chars allemands " et tous les éléments refluent vers l'arrière. Malgré les efforts du commandant du 19° BCC, c'est le repli, en particulier pour du I/7° RIC. Un chef de bataillon du 7° RIC demande même le tir de l'artillerie, sur le bois Impérial où sont les chars de la 3° compagnie ainsi que des éléments du GRDI 77.
Malgré la résistance allemande, Sarouel, les côtes 110 (1 km au nord de Dury) et 102 (1.5 km au nord de Saint-Fuscien) sont atteintes. A 14h00, une contre attaque rejette les troupes françaises jusqu’à Dury et Saint-Fuscien. A 16h00, le corps d’armée annule l’opération.

L'attaque est arrêtée à 17h00. Le 19° BCC se regroupe au bois Impérial. A 22h00, il quitte la position de ralliement pour Fleury.
Le bilan de l'opération est négatif. Les chars ont atteint les faubourgs d’Amiens mais l’infanterie a été bloquée par les tirs allemands. Pour le 19° BCC, les pertes sont de trois équipages tués (dont deux chefs de section et un capitaine commandant), et sept chars détruits plus trois autres indisponibles dans l’immédiat.

L’objectif final n’a pas été atteint et les troupes doivent se replier sur les positions de départ. Pour le I/33° RICMS, 9 officiers et un tiers de l’effectif sont perdus.

Ce jour, les pertes suivantes sont à déplorer :
A Saleux :
 Alessandri Noël : adjudant-chef ;
 Gisselbrecht Jean : lieutenant (3° compagnie);
 Noumoutié Koné : tirailleur ;
 Reginensi François : capitaine (3° compagnie) ;
 Soho Benoît : sergent ;
 Toussaint Jacques : sergent ;
 Zantigui Samaké : tirailleur.
A Vers-sur-Selles :
 Bigault Marcel : soldat ;
 Fabedi Samake : tirailleur ;
 Ninkinabila : tirailleur ;
 Tavert Paul : lieutenant (2° compagnie).
Ces trois attaques ont épuisé en quelques jours la 7° DIC contre un adversaire mordant qui s’est renforcé plus vite en quelques jours que les unités françaises.
Les troupes au sol ne sont pas soutenues directement par l’armée de l’air mais néanmoins elle est présente sur le front de la Somme.
 
Aux environ de la localité de Le Quesnel (Somme), au cours d’une mission de protection de deux Potez 63.11 du GR I/35, 9 avions de chasse du GC I/8 sont surpris par un groupe de Me 109 profitant du soleil pour arriver dans leur dos.
Le caporal-chef Kralik, né le 16 juin 1916 à Aranice en Tchécoslovaquie, pilote ce  jour-là le Bloch n° 555. Il est abattu par le Hauptmann Molders dont c’est la vingtième victoire. L’avion explose en vol, le pilote tchèque ne survit pas et sera retrouvé carbonisé.

Un autre Bloch 152 de ce groupe, le n° 236, piloté par l’adjudant Castel, au cours du même combat est descendu en flammes. Le pilote, grièvement blessé (le nez traversé par une balle) et sérieusement brûlé aux mains et au visage, réussit à se détacher et saute en parachute.
Sauvé, il est hospitalisé par la suite à Montpellier. En revanche, un chasseur allemand est probablement détruit par le lieutenant Restoux.

Du 28 mai au 31 mai : le 33° RICMS sur la défensive

Les troupes organisent défensivement le terrain. Il faut noter des actions de la part de l’aviation allemande ainsi que tirs de mortiers et canons de campagne. Le 28 mai, à 21h00, une contre-attaque locale de l’ennemi est repoussée. A  22h00, le II/33° relève  en première ligne le I/33° RICMS qui se porte sur la 2° position.

Les pertes suivantes sont à noter :
 Jeze Charles le 28 mai : sous-lieutenant à la 1° compagnie (Vers sur Selles) ;
 Mafa Diarra le 29 mai : tirailleur (Saleux) ;
 Mounique Léon le 28 mai (Bacouel sur Selle).

Même si l’intervention de l’aviation française parait faible aux yeux des troupes, elle effectue ses missions dans des conditions difficiles.
Le 30 mai, trois Breguet 693 du GBA I/51 décollent du terrain de Pithiviers - Bléville, vers 15h30. Ils se joignent à cinq autres appareils du G.B.A II/51 (4 Breguet 693 et 1 Potez 633). Leur mission est de bombarder au nord de la Somme les sorties d’Abbeville, d’Amiens et de Corbie. Cette mission est interceptée par la chasse ennemie. Le Breguet 693 n° 74 du GBA I/51 est abattu en flammes par 5 Me 109.
L’appareil s’écrase à Rollot (9 km au sud-est de Montdidier) et le pilote, le capitaine Allopeau meurt carbonisé aux commandes de son avion alors que le mitrailleur, le sergent-chef Eugène est grièvement blessé.
Deux appareils du GBA II/51 seront descendus dans cette opération : un Breguet 693 à Dury et le Potez 633 à Sacy - le - Grand (Oise).

Le 31, en attendant la relève en soirée par la 16° DI, les troupes continuent l’organisation de la position.
Un avion de chasse  français est aperçu à 13h30 et il est pris à partie par la DCA ennemie.

Des accrochages avec les troupes allemandes ont lieu et à Hébécourt, les pertes suivantes sont à noter :
 Charbanne Charles : sergent ;
 Lelann Yves : caporal-chef.

A 21h00, le 29° RI de la 16° DI relève le 33° RICMS qui est dirigé aux environ de Poix.

Dans la soirée, une mission périlleuse est confiée à quatre équipages de Leo 451 du GB I/11.
Ils ont reçu la mission de bombarder les entrées nord-est d’Amiens sans protection de chasse. Ils s’attendent à trouver une force opposition tant de la Flak que de la chasse allemande et aucun des quatre appareils ne rentrera.
Les Messerschmitt 109 abattront le premier (n° 30) à Sains en Amiénois (Somme), le deuxième (n° 116) à Grattepanche (Somme), le troisième (n° 133) à Ressons-sur-Matz (Oise) non sans avoir abattu un Me 109 pour ce dernier.
Le dernier Leo 451 (n° 56) s’écrase au Plessier-Rozainvillers (Somme), à 16 km au nord-est de Montdidier. Les quatre membres d’équipage sont tués : le sous-lieutenant Debrocq (commandant), l’adjudant-chef Allaire (pilote), l’adjudant Blanquart (canonnier) et le sergent-chef Thouron (radio - mitrailleur).
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 20:57

LES COMBATS SUR LE CANAL DE LA SAMBRE A L’OISE

Les 1 et 2 juin : transfert à Ribécourt

La 7° DIC est relevée et mise en réserve pour la 7° armée. Elle est positionnée en arrière du 24° corps d’armée qui aligne les 3° DLI, 23° DI et 87° DIA en première ligne.
La division est regroupée dans la région de Lassigny et de Noyon. Sa mission est d’organiser une seconde position de résistance au sud de Noyon et sur le canal du Nord, face au nord-est, en arrière du front tenu par la 7° armée.

Le 1° juin, la division est renforcée par le 4° RIC. Au cours de l’hiver, ce régiment avait été en Alsace avec la 4° DIC. Ensuite, il est affecté à la 8° DIC stationnée sur le front des Alpes. Il est commandé par le lieutenant-colonel Jouannet. Après un pénible voyage de trois jours et trois nuits en chemin de fer, il débarque le 3 juin à Chiry-Ourscamp et à Ribécourt. Il subit un bombardement au cours du déplacement qui suit son arrivée.

Le 33° RICMS est embarqué en camions et transporté pendant la nuit du 1° au 2 juin dans la région de Ribécourt, dans l’Oise, au nord de Compiègne. Le poste de commandement du 33° RICMS est à Ribécourt.

Les hommes, exténués par l’effort qu’ils viennent de fournir au sud d’Amiens passent la journée du 2 juin au repos dans leurs cantonnements. Les combats d’Amiens ont entamé la valeur des unités, surtout pour l’infanterie. Les pertes peuvent être estimées à 25% de l’effectif initial. Les cadres effectuent la reconnaissance des nouvelles positions que les unités doivent occuper à partir du 3 juin.

Les 3 et 4 juin : installation du 33° RICMS

A partir du 3 juin, la 7° DIC organise une position en bretelle sur la rive ouest du Canal du nord et l’Oise de Campagne à Ribécourt face au nord-est. Elle doit aussi aménager défensivement la forêt de Carlepont au sud de Pontoise-les-Noyon.

L’activité aérienne adverse est intense. Les appareils de reconnaissance s’efforcent sans arrêt de déterminer nos mouvements et nos installations, les bombardiers continuent sans cesse les harcèlements. Le 4° RIC est pris à partie lors de son approche sur Lassigny.

Dans la soirée du 3 juin, le 33° RICMS occupe donc un sous-secteur organisé de la façon suivante :
 Le I/33° est chargé de la défense du quartier du Mont Renaud. Le poste de commandement est à Passel.
 Le II/33° du quartier de Suzoy. Le poste de commandement est à Suzoy.
 Le III/33° du quartier de Larbroye. Le poste de commandement est à Bives le Franc.
 Le poste de commandement du régiment est à Ville.

Le II/33° est en liaison à sa gauche avec le 7° RIC qui tient le sous-secteur de Campagne à Porquericourt inclus. Le III/33° est en liaison à sa droite avec le 57° RICMS qui occupe le sous-secteur de Chiry - Ourscamp à Ribécourt. En raison de l’étendue du front à défendre, l’organisation des positions est entreprise sans délai.

Ce jour, la Luftwaffe réalise l’opération Paula qui vise la région parisienne. Elle engage 500 avions qui bombardent 13 bases de l’Armée de l’Air, 22 centres ferroviaires et 15 usines de la région parisienne. Les avions allemands passent en trois vagues successives. La chasse française abat 26 avions, mais perd 33 appareils dont 16 au sol. Le résultat des bombardements est faible car les cibles ferroviaires ne sont gênées que 24 heures au maximum, et les usines n’accusent que des dégâts mineurs. C’est le moral des parisiens qui est le plus touché avec 906 blessés et 254 tués.

La journée du 4 juin est utilisée pour organiser défensivement les positions. La présence de l’aviation allemande est importante avec des bombardements. L’aviation française n’est pas aperçue par les troupes au sol.

Le 4 juin, le dispositif réalisé par la 7° DIC est le suivant :  
 sous-secteur du 7° RIC (ouest) : de Campagne à Porquericourt inclus ;
 sous-secteur du 33° RICMS (centre) : de Porquericourt à Chiry-Ourscamp exclus ;
 sous-secteur du 57° RICMS (est) : de Chiry-Ourscamp à Ribécourt. Il a relevé le 52° BMM (bataillon de mitrailleurs motorisés) de Ribécourt à Pont-1’Evêque.

Les 5 et 6 juin : opération Fall Rot

Au matin du 5 juin, la 7° DIC est intégrée dans le dispositif suivant :
 en première ligne : 29° DI, 23° DLI, 23° DI et 87° DIA ;
 en seconde ligne : 47° DI et 7° DIC.
Sur l’Oise la liaison à droite est réalisée avec le GRCA 25, lui-même en contact sur sa gauche avec la 87° DIA.

L'attaque allemande (opération Fall Rot) débute le 5 juin 1940 à 4h30 par de violents bombardements terrestres et aériens.
Puis quatre corps d'armée allemands, V AK et XXXXIV AK (6° armée du général von Reichenau) et XVIII AK et XXXXII AK (9° armée du général Strauß) du Heeresgruppe B (général von Bock), se lancent à l'assaut du canal tenu par les troupes françaises dont la 87° DIA, la 7° DI et la 28° DI Alpine.

La 87° DIA appartient au 24° corps d’armée et les 7° DI et 28° DI Alpine sont affectées au 17° corps d’armée (6° armée du général Touchon).
Au nord de l'Oise, l'attaque ennemie est stoppée vers Tergnier par le 32° RI de la 23° DI, puis repoussée au soir. Au sud de l'Oise, les allemands ayant franchi le canal de l'Ailette à Bichancourt attaquent vers Varesnes et occupent la rive gauche de l'Oise face à Noyon.
 

Front le 5 juin 1940

Les assaillants parviennent à franchir le canal en plusieurs points au prix de lourdes pertes puis à contourner les premières lignes de défenses françaises qui résistent et ralentissent considérablement la progression allemande. Les combats sont particulièrement violents au nord dans le secteur de la 87° DIA, à la jonction avec la 23° DI, et au sud dans le secteur de la 28° DI Alpine, à la jonction avec la 7° DI. La 23° DI est face à la 263. ID du V AK.

L’effort ennemi s’accroît au cours de la journée. Malgré la résistance acharnée de la 87° DIA, l’adversaire progresse sur la rive gauche de l’Oise. En rive droite, la 23° DI est fortement attaquée. Son quartier général doit se replier sur Beaurains derrière le canal du Nord.

Comme les troupes allemandes franchissent l’Oise à Abbécourt (département de l’Aisne) et  traversent le canal de l’Ailette, l’alerte est donnée aux régiments de la 7° DIC et les emplacements de combat sont occupés. Le GRDI 77 reçoit une mission de protection contre les parachutistes et les attaques éventuelles sur le terrain de la Potière. Il doit aussi barrer la route de Fresnières à Lassigny. Le 4° RIC, qui devait relever le 33° RICMS, est maintenu en réserve divisionnaire. Il est cantonné à Lassigny et Thiescourt. A midi, le quartier général du 24° corps d’armée est bombardé. Devant la gravité de la situation, la 7° DIC est mise à la disposition du 24° Corps d’armée à 13h30.

Dans  la  journée,  les bombardements allemands sont nombreux sur Noyon et les environs. Vers  20h00,  l’ennemi  atteint  les  abords  immédiats  de  Sempigny,  du  canal  de  l’Oise  et  de Noyon. La  pression  se  relâche  à  partir  de  21  heures. Au sud de l'Oise, les allemands ayant franchi le canal de l'Ailette à Bichancourt attaquent vers Varesnes et occupent la rive gauche de l'Oise face à Noyon.

Pour la 7° DIC, à 4h30, une attaque aérienne allemande importante est signalée avec le bombardement de Noyon, Larbroye et Suzoy.

En journée, le II/4° RIC est mis à la disposition de la 23° DI qui subit la poussée venant de Saint-Quentin. Le 5 juin au soir, l'avancée allemande reste limitée. Néanmoins, les troupes allemandes ont atteint Pontoise lès Noyon dans le secteur de la 23° DI.
La nuit du 5 au 6 juin est relativement plus calme, mais l’offensive ennemie reprend avec le jour. Les blindés menacent Roye tenu par la 29° DI. Les positions de la 7° DIC sont traversées par les éléments des divisions de première ligne qui se replient et elles subissent de nombreux bombardements. La division soutient aussi les unités voisines. Le GRDI 77 est mis à la disposition de la 11° DI pour la défense de l’Oise de Compiègne à Ribécourt.

Le 6 juin, le 485. IR de la 263. ID franchit l'Oise entre Varesnes et Noyon. A 17h00, une contre-attaque du 25° GRCA et du 52° BMM (Bataillon de Mitrailleurs Motorisés) permet la réoccupation des points de passages. Le poste de commandement de la 23° DI se replie à Beaurains, au nord-ouest de Noyon. La progression allemande reste difficile mais le XXVIII AK, durement accroché à Pinon par le 130° RI (7° DI), réussit à s'enfoncer vers Soissons. La 290. ID atteint une ligne Vauxaillon - Vauxrezis – Pommiers à l'ouest de la ville et la 25. ID arrive devant Missy-sur-Aisne à l'est avant de franchir l'Aisne dans la soirée. Le 6 au soir, les deux divisions du 17° corps d’armée (7° DI et 28° DI) sont dès lors contraintes de se replier au sud de l'Aisne entraînant le repli de la 87° DIA très éprouvée.

Les unités de la 7° DIC continuent d’organiser défensivement les positions. Devant la pression ennemie qui s’accentue, le 33° RICMS reçoit l’ordre de faire sauter les ponts du canal. La proximité des troupes allemandes permet au 32° RAC d’effectuer des tirs. Ceux de la 6° batterie sont particulièrement efficaces.

L’aviation allemande est très active avec de nombreux bombardements. L’aviation française n’est pas présente sur le secteur du 33° RICMS et de la 7° DIC car elle est engagée sur Amiens avec les GC I/4 et GC I/8.

Le 7 juin : prise de contact avec l’armée allemande

Au cours de la nuit du 6 au 7 juin, du fait de l'avance des Panzers depuis Péronne en direction de Roye, la ville de Noyon est menacée par le nord. La 23° DI reçoit l'ordre de se replier sur la ligne Guiscard, Beaugies-sous-Bois, Mondescourt, Apilly avec le poste de commandement à Cuy, à l'ouest de Noyon.  Le II/4° RIC protège, durant toute la journée, le repli des éléments de la 23° DI se trouvant à l'est de Noyon.

Sur l'autre rive de l'Oise, le V AK qui attaque depuis La Fère est tenu un temps en échec devant Noyon par des contre-attaques françaises mais à l'aube du 7 juin, les 62. ID et 94. ID venant du nord et la 263. ID du sud-est resserrent l'étau sur Noyon. Les combats de rues opposent les fantassins allemands aux fantassins français jusqu'en début d'après-midi. La plupart des unités françaises parviennent à se replier.

Le rôle de la 7° DIC et en particulier des 7° RIC et 33° RICMS est de maintenir un front pour permettre le retrait des 3° DLI et 23° DI. Sur la rive gauche de l’Oise, la 87° DI est retirée du front, couverte par les 16° et 77° GRDI. Toutes les opérations se déroulent sous une forte activité de la Luftwaffe. L’infanterie allemande borde progressivement le canal. À 7h00, elle est à Porquericourt devant le 33° RICMS et à Sermaize tenu par le 7° RIC. Ce régiment défend jusqu’à la dernière minute le pont de Catigny, par où s’écoulent les colonnes de la 23° DI.

Le 33° RICMS, après le recul des divisions en première ligne, est donc au contact des troupes allemandes tout  le  long  du  canal  du  Nord  jusqu’au canal  de l’Oise.

A 9h00, une attaque sur Vauchelles, à l’ouest de Noyon, tenu par le II/33° est stoppée par les feux des armes automatiques et par l’appui des canons de 75 en direct du 32° RACMM. Après deux cents cinquante-trois coups tirés sans arrêt, une pièce de la 6° batterie éclate. Les troupes allemandes éprouvent des pertes mais elles s’infiltrent aux abords nord et sud de Noyon.
Le II/4° RIC combat durement pour couvrir le repli de la 23° DI. Il arrête l’ennemi à Salency, à l’est de Noyon. Il est accroché dans les fermes de Happlincourt, il s’y défend durant deux heures en une lutte désespérée à la grenade et à courte distance.
Pour assurer à son tour le repli du bataillon, la section de mitrailleuses du lieutenant Debray se sacrifie, elle épuise ses munitions. L’ennemi, ne pouvant l’aborder de front, l’encercle. Elle ne rejoindra pas le bataillon qui pourra se reformer à Thiescourt dans l’après-midi. De plus, la 2° compagnie du 1° Bataillon de Chars de Combat est engagée pour soutenir la 7° DIC ainsi que le 4° RIC, complètement engagé et en passe d’être débordé. La section du lieutenant Laporte reçoit mission de nettoyer le village d'Happlincourt, où elle est accueillie par un feu nourri d'armes automatiques.

Quant aux autres sections, engagées vers Noyon et sur la route de Roye, prises à partie, de face et de flanc, par de nombreux canons anti-chars, elles sont anéanties. Pas un char n'échappa au tir ennemi et pas un homme n'en revint, mais les troupes de la 7° DIC, en particulier le 7° RIC ainsi que des éléments du II/33° RICMS, purent décrocher et reporter leur ligne plus à l'ouest.
Quelques tentatives ennemies pour déboucher de la tranchée du Canal du Nord sont immédiatement arrêtées par nos tirs d’ infanterie. La pression allemande oblige les commandants de quartiers à faire sauter les ponts sur le canal du Nord à l’exception  du pont de Porquericourt.

Le soir, suite au repli de la 23° DI, Noyon tombe aux mains de la 263. ID allemande (V corps d’armée allemand). 
Ce jour, suite à ses blessures lors des combats d’Amiens, le soldat Bouissac René décède à Vraignes, dans la Somme.
L’aviation  allemande  est  très  active.  Elle  bombarde sans arrêt nos positions et les villages de l’arrière. Plus de deux cent cinquante avions allemands ont survolé le sous-secteur et ont  bombardé ou mitraillé les occupants. Néanmoins, l’effet produit  sur les Sénégalais est moins important qu’au début des combats.

Les troupes au sol affirment ne pas avoir vu l’aviation française. Pourtant elle engagée sur le secteur de Roye ainsi que sur Amiens où de violents combats ont lieu.
Le GR I/35, basé à Mantes a perdu au matin un appareil (Potez 63-11, n° 827) lors d’une mission de la progression des colonnes allemandes dans la région de Roye.
Face à la progression des troupes allemandes, le GB I/19 reçoit la mission de les bombarder. Cinq avions DB7 participent à cette mission. Ils se rendent sur l’objectif en vol groupé, avec l’appui de la chasse française (GC I/Cool. Ils attaquant leurs objectifs séparément vers 18h40, à une altitude de 1000 mètres, visant particulièrement les blindés allemands au Sud de Roye, à Villers-les-Roye, Saint-Aurin et Saint-Mard.

L’appareil DB7 n°33, touché par la Flak allemande située à Saint Mard, explose au sol.
A la même heure, trois Glenn-Martin du GB II/63 sont aperçus à quelques kilomètres bombardant Laucourt et Dancourt-Popincourt. Le Glenn-Martin n°26 explose en vol et se disloque autour de la ferme Bellevue le long de la N17.

Le 8 juin : le 33° RICMS en première ligne

Au cours de la nuit, les derniers détachements des 3° DLI et 23° DI décrochent. Les routes sont très encombrées, il n’y a pratiquement pas de régulation. L’ennemi se masse dans Noyon et renforce son attaque sur la 87° DIA. La 7° DIC est maintenant en première ligne après le recul des 3° DLI et 23° DI. Elle est confrontée au V AK (62. ID et 263.ID).

Devant le 7° RIC des formations allemandes se rassemblent. Des motocyclistes attaquent le pont de Sermaize à 4h00 mais ils sont repoussés. Suite à ce contact, le pont est détruit. A 7h00, d’autres unités allemandes débouchent des bois nord-est de Catigny, les feux nourris de nos points d’appui les arrêtent. A 10h00, le pont de Catigny est détruit. A Ecuvilly, les troupes allemandes sont repoussées par les tirs d’artillerie.
 

Front le 8 juin 1940

L’ennemi attaque aussi sur tout le front défendu par le 33° RICMS. Les points d’appui sont violemment bombardés et les mitrailleuses crépitent tout le long de la position. Les groupes d’assaut allemands s’infiltrent dans les intervalles trop larges et insuffisamment battus par nos feux, conséquence de la trop grande extension du front.

Néanmoins, les garnisons des points d’appui, même encerclées, résistent avec acharnement. Dans le quartier de Suzoy, tenu par le II/33°, une position avancée, isolée sur le canal du Nord, est submergée par l’ennemi après une forte résistance. Immédiatement, une contre-attaque exécutée avec fougue reconquiert la position et en chasse l’ennemi qui subit des pertes.

Dans le quartier du Mont Renaud, tenu par le I/33°, l’ennemi menace dangereusement Pont-l’évêque. Une contre-attaque repousse l’ennemi qui s’était avancé jusqu’au pont de la voie ferrée à l’ouest du village.

A la nuit, les Allemands cessent leurs attaques. En aucun point ils n’ont pu entamer la résistance des bataillons du 33° RICMS. A l’est, Soissons est pris par la 290. ID.

A 18h00, devant la pression allemande, le général Frère commandant la 7° armée, ordonne le repli derrière l’Oise pour espérer reconstituer un front cohérent. Le repli des troupes de la 7° armée est prévu par les ponts de Creil, Pont-Saint-Maxence, Verberie, La Croix-Saint-Ouen et Compiègne. Les passages de l’Oise sont gardés par des éléments du 24° RR (régiment régional).

Ces ponts doivent être tenu le plus longtemps possible pour permettre le repli d’un maximum d’unités. Pour réussir ce repli, le commandement de la 7° armée renforce cette défense en soirée avec des éléments détachés de la 42° DI, en l’occurrence le I/94° RI du commandant Bel et la 8° batterie du 61° RAD.

A 22h45, le 33° RICMS reçoit un ordre préparatoire de repli. Les éléments non indispensables au combat sont dirigés sur Montlognon, au sud de Baron, près de Senlis. Les unités au contact décrocheront avec l’appui du 1° BCC et sous la couverture de la 23° DI, qui barre la vallée de l’Oise de Compiègne à Choisy-au-Bac. Le quartier général de la division s’installe au château de la Brévière, situé sur la commune de Saint-Jean-aux-Bois, au milieu de la forêt de Compiègne.
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 22:19

LA RETRAITE

Le 9 juin : la traversé de l’Oise

A 2h00 du matin, le 33° RICMS reçoit l’ordre de se replier vers la forêt de Compiègne où il ira constituer à Saint Jean aux Bois, en pleine forêt, la réserve de la 7° DIC, toujours sous le commandement du 24° corps d’armée.

Le mouvement s’effectue par voie de terre sur l’itinéraire suivant : Ville, Cannectancourt, Orval, L’Ecouvillon, Elincourt Sainte marguerite, Vandelicourt, Vignemont, Antheuil Portes, Rémy, Canly et La Croix Saint Ouen au niveau de l’Oise.
L’étape est longue, environ 50 kilomètres, la chaleur est écrasante en journée et les routes sont encombrées par des colonnes de toutes armes. De plus, la Luftwaffe intervient sur les troupes en repli, en particulier l’après-midi aux approches des passages de l’Oise. Les uns après les autres, les ponts sur cette rivière sont détruits par l’armée française suite au contact avec les avant-gardes allemandes à la Croix-Saint-Ouen, à Verberie et à Pont-Sainte-Maxence. Quelques unités, isolées sur la rive droite de l’Oise et pressées de toutes parts par l’ennemi qui borde déjà la rivière, doivent détruire leur matériel lourd avant de gagner à la nage la rive amie. Cela prive désormais le régiment d’une partie de ses armes automatiques lourdes et diminue sensiblement sa capacité de résistance.
Au matin, la 7° DIC et la 3° DLI traversent l’Oise, la 23° DI protège le mouvement. A l’ouest, les 29° et 19° DI ont aussi franchi l’Oise sous la protection de la 47° DI.

Le repli de la 7° DIC est effectué sous la protection du GRDI 77 qui est positionné face au nord-est. La manœuvre est délicate car les troupes allemandes sont très actives. Sur la gauche, des éléments du 4° RIC sécurisent le flanc ouest de la division sur l’itinéraire Candor, Lassigny et Mareuil-la-Motte, en essayant de maintenir le contact avec la 47° DI.

Les éléments du 4° RIC sont engagés à Mareuil-la-Motte. Au cours du repli, le II/7° RIC (commandant Chatillon) en arrière garde de la division, est quasiment sacrifié ainsi qu’une partie du III/7° RIC (commandant Musso).
Ces combats permettent aux autres unités de la division d’atteindre l’Oise. Les 33° et 57° RICMS passent l’Oise à Croix- Saint-Ouen, ainsi que des éléments du 32° RACMM.

À 18h00, le GRDI 77 atteint Verberie. Ce passage est occupé depuis le 8 au soir par des éléments du I/94° RI et du 24° RR.
Le passage de l’Oise est protégé par le 25° GRCA, groupe de reconnaissance du 24° corps d’armée, au niveau de Verberie, où l’armée allemande menace de s’engouffrer. Au bout de deux jours de combats,  le 25° GRCA sera encerclé dans Verberie par des troupes qui ont franchi l’Oise à hauteur de Pont-Sainte-Maxence et à l’est de Verberie. L’essentiel du 25° GRCA parviendra cependant à briser l’encerclement en combattant.

A 17h00, le général Noiret de la 7° DIC prend le commandement du secteur et il envisage la relève des unités défendant l’Oise par des éléments de sa division qui traversent actuellement l’Oise. A 19h00, les premiers contacts avec les troupes allemandes se produisent. A 20h00, les dernières unités françaises franchissent l’Oise.

Le tirailleur Toba Guie décède ce jour.

Le 10 juin : le repli sur la ligne Chauvineau

Au cours de la nuit du 9 au 10, les unités du 33° RICMS font mouvement et rejoignent leurs points de stationnement dans la matinée du 10. Le  poste de commandement du régiment est transféré de la Croix Saint Ouen à Béthanie, maison de repos sise près du carrefour de Malassise, au centre de la forêt de Compiègne. Le I/33° stationne au carrefour du Bocage (au sud-est de St Jean aux Bois), le II/33° au carrefour Bourdon, le III/33°, la CDT et la CRE sont au carrefour de Malassise et au village de Malassise.

Pendant ce temps, les autres unités de la 7° DIC tiennent le front de l’Oise avec des éléments du 10° RR, du I/94° RI et du 25° GRCA. Sous cette protection, les autres unités de la 7° armée retraitent vers le sud.

La défense de l’Oise est assurée avec le dispositif suivant :
 sous-secteur sud de Compiègne : 57° RICMS ;
 sous-secteur Croix-Saint-Ouen : 4° RIC ;
 sous-secteur Verberie : 7° RIC (avec éléments du GRCA 25, I/94° RI et 52° BMM) ;
 en réserve à Saint-Jean-aux-Bois : 33° RICMS ;
 des groupements mixtes de 75 et de 155 des 32° RACMM et 232° RACLMM sont en appui des sous-secteurs.

Toute la journée, les unités de la 7° DIC sont engagées pour la défense de l’Oise. En cours de journée, la 7° DIC recevra l’ordre de repli sur la ligne Chauvineau, au niveau de Baron, à l’est de Senlis. La 7° DIC est confrontée à la 4. ID allemande (IV AK, 6° armée) qui a pour axe de progression Compiègne.

La ligne Chauvineau est un ensemble de fortifications dont la construction a débuté juste avant la Seconde Guerre mondiale, destiné à la défense de Paris. Cette ligne se déploie en arc de cercle autour de Paris, sur une longueur de 130 km. Étudiée dès 1931 mais commencée seulement en 1939, sa réalisation fut trop tardive et trop sommaire pour avoir un rôle important en 1940.

A 9h00, sous la pression adverse, le pont de Croix-Saint-Ouen saute. L’ennemi qui attaque dans cette direction vers 15h00 est repoussé. A 16h00, le 57° RICMS reçoit l’ordre de repli pour Baron et Versigny.

Le 7° RIC est fortement accroché toute la journée. Jusqu’à 21h00 l’ennemi est contenu avec l’aide d’une section de mitrailleuses du I/7° RIC. Le groupement d’artillerie Padovani cesse ses tirs, faute de munitions. A 21h00, l’ordre de repli est donné au 7° RIC. La batterie d’appui du 32° RACMM a pu se replier mais les restes du III/7° RIC sont capturés pris au cours de la retraite qui suit le repli.

Le 33° RICMS est regroupé dans la forêt de Compiègne entre le carrefour de Malassise et Saint-Jean-aux-Bois. Etant immédiatement disponible car en réserve divisionnaire, le régiment reçoit à 14h00 un ordre de repli vers la position fortifiée du Gouvernement Militaire de Paris (ligne Chauvineau). Il devra organiser la position défensivement en attendant les autres unités de la 7° DIC. Son installation sera protégée par les 2° et 3° bataillons du 4° RIC.

Les unités doivent être enlevées en camions à partir de 15h00 mais une seule section de transport (20 camions) est chargée de procéder à cet enlèvement par rotations successives. Une partie du III/33° (11° compagnie, fractions de la 10° compagnie et de la CA 3), la CDT et la CRE sont embarquées. Le reste du régiment attend le retour des camions. Mais vers 22h00, il est annoncé que gênée dans ses mouvements par l’encombrement des routes, la section de transport ne peut pas revenir.

Pour éviter d’être encerclées, les troupes restantes du régiment se mettent en marche. Les hommes portant à dos l’armement lourd, mitrailleuses et mortiers qu’ils ont réussi à conserver, car, en raison du transport prévu en camions, les échelons ont devancé les unités sur la route par Orrouy, Béthisy-Saint-Martin, Néry et Huleux. Les unités sont suivies de près par les allemands qui restent assez passifs.

Le régiment marche en direction de Baron qui lui a été assigné comme point de regroupement. Après les fatigues de l’étape précédente, ces 25 km faits en pleine nuit achèvent d’épuiser les hommes qui portent à dos l’armement lourd, mitrailleuses et mortiers qu’ils ont réussi à conserver. Le tirailleur Laye Diallo est mort cette journée.

Baron est sur la rivière Nonnette, à une dizaine de kilomètres à l’est de Senlis.

Après les derniers combats, le 7° RIC est réduit à son 1° bataillon. Ce dernier, avec les 57° RICMS et 4° RIC gagnent à pied la ligne Chauvineau organisée à l’avance, dénommée aussi ligne du Gouvernement militaire de Paris (GMP). Les routes sont toujours embouteillées et aucune régulation n’est réalisée. L’ordre du corps d’armée est de poursuivre la retraite jusqu’à la position du GMP.

Le 11 juin : installation sur la ligne Chauvineau

Au matin du 11, le détachement du III/33° non enlevé par les camions (9° compagnie, fractions de la 10° compagnie et de la CA 3, section de commandement du III/33°) est sur le point d’entrer dans le village de Rully, situé entre Verberie et Baron. Soudain, il est pris à partie par un feu nourri d’armes automatiques venant du village, bientôt suivi d’un bombardement d’artillerie sur la route et ses abords. Des éléments motorisés allemands, ont dépassé le détachement et occupent Rully.

Un violent combat s’engage malgré la fatigue. La 10° compagnie du lieutenant Bouan se déploie en tirailleurs et par bonds successifs arrive à hauteur de l’agglomération. Un caporal-chef sénégalais brandit son coupe-coupe, se redresse soudain, hurle dans sa langue un ordre à ses compatriotes et s’élance vers les premières maisons se trouvant devant lui. Il entraîne derrière lui tous ses camarades de sa compagnie qui pénètrent dans le village. Simultanément, la 9° compagnie du lieutenant Fall attaque aussi. Pendant que deux de ses sections débordent le village par l’est, les deux autres pénètrent hardiment dans les premières rues.

Après un corps à corps sanglant, dans les rues et dans les maisons, les tirailleurs des deux compagnies nettoient la localité de la plus grande partie de ses occupants, les survivants se terrant au fond des caves. Plusieurs voitures allemandes sont incendiées. Un mortier et une cuisine roulante sont récupérés tandis que les tirailleurs poursuivent avec leurs coupe-coupes les derniers allemands en fuite. Une mitrailleuse allemande installée dans le clocher est neutralisée par le sergent Vibert après quelques rafales de son fusil-mitrailleur.

Mais des renforts ennemis, transportés par camions, arrivent à l’entrée du village. La section Guigon est contre-attaquée par les des éléments allemands qui essayent de reprendre le village par le sud-ouest. La section fait face, bloque l’attaque mais le lieutenant Guigon est tué. Les munitions s’épuisant, il faut abandonner Rully pour rejoindre Baron, sous la protection de quelques fusils-mitrailleurs qui interdisent toute poursuite à l’ennemi.

La plupart des blessés peuvent être emmenés, dont un sous-lieutenant gravement atteint au ventre que l’aspirant Ibos réussit à faire évacuer vers Baron. Ce combat à Rully coûte cher au bataillon, le lieutenant Guigon de la 9° compagnie a été tué. Le lieutenant Fall, commandant la 9° compagnie, et plusieurs autres officiers ont été blessés. De nombreux tirailleurs ont disparu, morts, blessés ou faits prisonniers à Rully.

Mais le cran et l’acharnement avec lequel le combat fut conduit prouvent la valeur combative des cadres et de la troupe et démontrent qu’en dépit de la fatigue et de l’action démoralisante d’une retraite continue, les troupes ont conservé un esprit offensif.

A la fin de la matinée, le 33° RICMS est regroupé à Baron et aux alentours de cette localité. Le régiment reçoit la mission d’occuper, d’organiser et de défendre une position de résistance dont la lisière extérieure, face au nord, est jalonnée par le cours de la Nonnette, la lisière nord du village de Baron et la tranchée antichars à l’est du village. Cette tranchée ainsi que les casemates armées de canons qui en défendent les accès ont été établis depuis longtemps par les soins du Gouvernement Militaire de Paris. Une petite garnison composée d’éléments divers placée sous le commandement d’un capitaine, assure l’occupation d’un certain nombre de blocs bétonnés.

Au fur et à mesure de leur arrivée à Baron, les unités du 33° RICMS s’installent sur la position : le III/33° occupe le quartier du village, le II/33° le quartier à l’est de Baron et le  I/33° est placé en arrière, sur la ligne d’arrêt de la position de résistance, aux lisières nord des bois de Montlognon. Le poste de commandement du régiment est à Baron.

Dans le courant de l’après midi, le III/33° fait sept prisonniers et abat plusieurs motocyclistes allemands qui viennent buter dans les barricades de Baron. A 22h00, les allemands déclenchent sur Baron un tir d’artillerie. Les capitaines Sie (Etat Major) et Guintini (11° compagnie) sont blessés. Le lieutenant Godefroy (CRE) est tué.

Le capitaine Gras, commandant la CRE reçoit l’ordre de vérifier et de coordonner la défense contre les blindés du sous-secteur tenu par le régiment. Il dispose pour cela, en plus des engins régimentaires, des 4 canons de 47 de la batterie divisionnaire anti-chars et des 6 canons de 25 du sous-secteur.

Le quartier général de la 7° DIC s’installe le 11 juin à Montgé-en-Goële, puis à Eve, au sud de Nanteuil-le-Haudouin. Bien que l’ennemi ne soit pas très mordant, les avant-postes du GRDI 77 ne peuvent être mis en place. Les unités s’installent suivant un dispositif assez profond, entre la 47° DI (sur la gauche) et la 11° DI (sur la droite) selon le dispositif suivant :
 le 57° RICMS à l’est avec le 1° bataillon en deuxième ligne ;
 le 33° RICMS à l’ouest avec le 1° bataillon en deuxième ligne ;
 en arrière : 52° BMM, 7° RIC et I/4° RIC ;
  le I/32° RACMM en appui du sous-secteur est ;
  les II et III/32° RACMM en appui du sous-secteur ouest.

Le 232° RALCMM, installé en arrière pour un soutien sur tout le front de la division, n’a plus que 19 coups par pièce. L’installation de la division est protégée par les 2° et 3° bataillons du 4° RIC. Ils sont positionnés à Rozières, juste au nord de Baron et de Versigny, en superposition ou en avant d'éléments occupant les ouvrages légers de la ligne Chauvineau.

Les 2° et 3° bataillons du 4° RIC soutiennent le choc de l'ennemi devant Rozières et dans les bois environnants, jusqu'à épuisement des munitions. Ils y subirent des pertes sévères dont le chef du 3° bataillon, son état-major et la moitié de son effectif qui furent faits prisonniers. Le 2° bataillon ayant pu se replier à l'abri des bétons fut ravitaillé par son voisin de droite, le 26° RI (11° DI). Après de durs combats, soutenu par le 32° RACMM, Rozières est repris par les troupes françaises en soirée.

Dans l'après-midi, le I/4° RIC, augmenté des éléments restant du 3° bataillon, occupe une ligne d'arrêt aux lisières nord du bois de Montlognon, à l’est de Baron, tenu par le 33° RICMS.

Le 12 juin : les combats sur la ligne Chauvineau

La nuit du 11 au 12 juin est calme, troublée seulement par quelques tirs de harcèlement. La matinée  se déroule sans incident et le régiment  s’organise  sur  le  terrain pour parfaire son organisation, rechercher les liaisons et remettre de l’ordre dans les unités. L’artillerie allemande effectue des tirs de réglage.

A 14 heures 30, après une violente préparation d’artillerie, accompagnée de bombardement et de mitraillages aériens, une violente attaque allemande est lancée sur tout le front. C’est la 33° ID qui attaque. La 11° DI française est attaquée par la 4° ID. Les obus fumigènes aveuglent les observatoires. De plus, comme une partie de l’artillerie française venait d’effectuer des changements et que les liaisons téléphoniques ont été souvent coupées, son appui fut compromis.

Les troupes allemandes attaquent violemment le quartier est de Baron où la 5° compagnie et la section de commandement du II/33° sont installés défensivement, en liaison avec le 57° RICMS. Le combat se poursuit jusqu’à 17h00 sans que l’ennemi puisse entamer les positions.

À 17 heures 45, après une courte accalmie l’attaque reprend. Le 33° RICMS maintient son front, mais des infiltrations se produisent sur le front du II/57° RICMS. Ce bataillon perd ce jour-là 4 officiers, 183 hommes ou sous-officiers. La réserve divisionnaire contre-attaque et rétablit temporairement la situation. A 19h00, le calme se rétablit.

Néanmoins, suite au succès défensif, le moral des troupes est meilleur qu’auparavant, malgré les fatigues engendrées par les reculs successifs. Il est à déplorer le décès du soldat Cassagneau Georges à Baron.

Mais suite à la dégradation du front tenu par la 7° armée, le régiment reçoit à 20h00 un nouvel ordre de repli sur Lagny sur Marne. Le mouvement commence dès la tombée de la nuit selon l’itinéraire suivant : Baron, Montagny – Sainte-Félicité, Dammartin-en-Goële, Saint-Mard et Claye-Souilly. Cela représente environ 70 kilomètres.
Une compagnie du III/33° assure la sécurité du mouvement de repli.

Le 13 juin : la traversé de la Marne

A Claye - Souilly, le régiment s’installe comme suit :
 Le I/33°  à  Claye-Souilly (quartier de Montjay) ;
 Le III/33°  à  Villevaudé (au sud-ouest de Claye-Souilly) ;
 L’état Major et la CDT  à  Villevaudé ;
 Le II/33° et la CRE sont mis à la disposition du colonel commandant le 4° RIC pour assurer la défense des passages sur le canal de l’Ourcq, qui traverse Claye-Souilly.

Le 4° RIC a pour mission de protéger le pont de Claye-Souilly, sur le canal de l'Ourcq, durant l'écoulement de la division.

Dans la soirée, un nouvel ordre de repli vers le sud est donné au régiment pour Servon et Santeny. L’étape est d’environ 25 kilomètres. Le mouvement commence à 23h00 selon l’itinéraire suivant : Villevaudé, Pomponne, Vaires sur Marne, Noisiel, Lognes, Emerainville, Combault, Pontault-Combault, Lésigny et Servon.

Le 14 juin : la traversé de la Seine

En fin de matinée, le positionnement des unités est le suivant :
 Etat-major, CDT et CHR à Servon ;
 I/33° à Servon ;
 II/33° et III/33° à Santeny.

La CDT du capitaine Antonin n’avait pas été informée du repli mais elle est partie à temps pour échapper aux troupes allemandes. Elle rejoint le régiment sans encombre. A 12h30, le repli doit continuer. Les éléments à pied du régiment sont transportés par camions à Moigny-sur-Ecole, localité située à quarante-huit kilomètres au sud-est de Paris dans le département actuel de l'Essonne.

Les trains de combats font mouvement par convois hippomobiles. Les unités bivouaquent à l’arrivée dans les bois au nord de Moigny-sur-Ecole. L’Etat-major s’installe à la mairie du village. Le transfert par camions est long suite à l’encombrement des routes, chaque jour plus important. L’avance des armées allemandes provoque un exode général des populations civiles et les interminables convois de réfugiés gênent les mouvements des troupes.

Ce jour, la division est renforcée par le 17° BATS commandé par le chef de bataillon Orssaud. Cette unité a été mise sur pied au camp de Souge puis envoyé à Cesson (Seine et Marne) le 18 mai avant d’être affecté à la 7° DIC.

Du 14 au 16 juin, le GRDI 77 assure la couverture des embarquements de la 7° DIC. Cette unité passera la Loire à Chateauneuf et gagnera ensuite la Sologne.
Ce jour, le tirailleur Laha Makhan décède à Paris.

Le 15 juin : la traversé de la Loire

A 3h00, le régiment reçoit l’ordre de poursuivre le repli vers la Loire où l’Etat-major français a un dernier espoir de résistance. Les éléments à pied, c'est-à-dire les trois bataillons et les unités de soutien embarquent en chemin de fer à la gare de Maisse.

A cette occasion, la 7° DIC est mise sous la responsabilité du 1° corps d’armée, toujours dans le cadre de la 7° armée.

L’état-major, les trains automobiles et hippomobiles font mouvement par voie de terre. L’état-major s’installe à La Matholière, château au sud de Tigy. Cette commune est située dans le département du Loiret, au sud de la Loire, dans le canton de Jargeau.

Les éléments transportés par voie ferrée doivent en principe débarquer à Chateauneuf sur Loire. Un seul train suffit pour ce transfert mais les hommes doivent voyager debout, entassés dans des wagons sans toit.

A Chevilly, au nord d’Orléans, Dexet Pierre décède.

L’aviation allemande est toujours présente mais vers 18h00, le sous-lieutenant Thollon du GC I/8 abat un Ju 88 du 8/KG 4 au dessus de Jargeau. Malgré la retraite, l’aviation de chasse française continue le combat avec des moyens de plus en plus faibles.

Les 16 et 17 juin : la défense de la Loire

Le 16, à 4h00, les 3 bataillons, la CDT et la CRE débarquent à la gare des Aubrais – Orléans.
Sous le commandement du chef de bataillon Schneider, commandant le I/33°, les unités débarquées, à l’exception du I/33° RIC, font mouvement par la route sur Saint-Cyr-en-Val, en rive gauche de la Loire, au sud d’Orléans. C’est une étape d’environ 12 kilomètres. Les unités bivouaquent dans les bois environnants Saint-Cyr-sur-Val. La nuit, elles font mouvement en direction de Chérupeaux, sur la commune de Tigy, distante d’environ 25 kilomètres. Tigy est au sud de Châteauneuf-sur-Loire. Le mouvement est exécuté normalement malgré une fatigue importante qui commence à agir défavorablement sur le moral.

Le I/33° est utilisé par le commandement local pour être engagé devant Orléans. En effet, les troupes allemandes, en particulier la 33. ID, ont franchi la Loire dans la soirée à Orléans suite à une reconnaissance offensive audacieuse. Orléans est une ville désertée et bombardée à plusieurs reprises par l’aviation allemande. Les ponts routiers (Joffre et George-V) sont détruits pour empêcher la progression des Allemands vers le sud. Seul le pont de chemin de fer ou pont de Vierzon n'a pu être détruit.

La défense d'Orléans a été mal préparée et mal coordonnée. De Nevers au Maine, en passant par Gien, Sully sur Loire, Tours, Saumur, ont lieu des combats décousus qui verront les Allemands imposer leur volonté et franchir la Loire en de nombreux endroits.

Les troupes allemandes ont réussi à prendre les ponts sur la Loire la veille et le I/33° a pour missions de les contenir au sud du fleuve au niveau d’Orléans.

Le 16 juin, il est à noter les décès de Prioleau François à Châteauneuf-sur-Loire et de Bannes Marcel à Orléans.

Le 17, à 10h00, le II/33° s’établit sur la Loire, entre Sigloy et la lisière ouest des bois de Saint Benoît. A 11h00, le III/33° s’installe défensivement dans le village de Tigy, au sud de Sigloy. Le poste de commandement du régiment s’installe au château de Montisambert, au sud-est de Neuvy-en-Sullias. La localité de Sigloy est tenue par le 52° BMM (bataillon de mitrailleurs motorisés).

Châteauneuf-sur-Loire est occupée par le 57° RICMS et le 17° BATS. Cette ville constitue une tête de pont au nord de la Loire qui sera défendue avec opiniâtreté jusqu’au repli le 18 juin à 15h00. Le 4° RIC est installé aux « Vallées », à l’ouest de Sigloy.

Il est à noter le décès du tirailleur Yssifou Souma et du soldat Lagardère Alix.
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 22:21

LES DERNIERS COMBATS

Le 18 juin : repli sur le Beuvron

Un nouvel ordre de repli parvient au régiment dans l’après-midi pour Nouan-le-Fuzelier. Cette ville est située au cœur de la Sologne, sur la route nationale 20 entre Lamotte-Beuvron et Salbris, à une quarantaine de kilomètres au sud d'Orléans.

Le I/33° a été retiré de la défense au sud d’Orléans et il bivouaque à Saint-Cyr-sur-Val en attendant les camions de transport pour le repli.

L’itinéraire de repli est le suivant : Saint-Cyr-en-Val, Marcily-en-Vilette, Menestreau, Vouzon, La Motte-Beuvron et Nouan-le-Fuzelier. Cette étape est d’environ 40 kilomètres.

A 23h00, le II/33°, la CDT, la CRE et la CHR commencent aussi le mouvement sur Nouan-le-Fuzelier. En protection du décrochage, la 5° compagnie est laissée temporairement sur les rives de la Loire. Elle doit se replier le 19 juin à 1h00 du matin.

L’itinéraire de repli est le suivant : Tigy, Vannes-sur-Cosson, Sennely, Souvigny, Chaon, Les Hauts-Jarriers et Nouan-le-Fuzelier. Cette étape est aussi d’environ 40 kilomètres.

A 12h00, il est décidé de créer un groupement pour couvrir le repli de la division. Ce groupement, commandé par le colonel Turquin, commandant l’infanterie divisionnaire de la 7° DIC, est composé des III/33°, GRDI 77 et 17° BATS. La première position d’arrêt est la ligne La Motte-Beuvron – Chaon  sur la coupure du Beuvron.

Le 19 juin : la traversé du Cher sous la protection du groupement Turquin

Le décrochage de la 5° compagnie s’effectue dans de bonnes conditions malgré une pression allemande assez forte.

A 1h00 du matin, les unités du régiment sont à Vannes. A 7h00, elles sont à proximité de Vauilly où se trouve le poste de commandement du régiment et elles bivouaquent environ 1h30.

A 9h00, le mouvement de repli reprend vers Maisons Fort selon l’itinéraire suivant : Dampierre-en-Gracay, Nouan-le-Fuzelier, Salbris, Vierzon, Saint-Georges-sur-la-Prée, Maisons-Fort. L’étape est d’environ 55 kilomètres. C’est à Vierzon que le Cher est franchi sous la protection des 87° DIA et 2° DLIC.

Les  unités bivouaquent dans les bois aux alentours de Maisons-Fort, pendant que le poste de commandement du régiment s’établit dans cette propriété.

Le groupement Turquin doit défendre une ligne jalonnée par le canal de la Salbre et la route des Hauts-Jarriers à Pierrefitte-sur-Sauldre. Il est attaqué par un ennemi très entreprenant et il subit des pertes importantes. Submergées, les unités doivent décrocher sous la protection de la 11° compagnie qui est quasiment sacrifiée. Le combat cessera pour cette compagnie seulement à l’épuisement des munitions. Au cours du repli, le capitaine Morel de la 1° compagnie du 17° BATS a récupéré un canon de 47 mm qui allait être pris par les allemands.

Au soir, le BATS et les restes du III/33° occupent les lisières est et sud-est de Salbris. Une nouvelle attaque allemande avec des éléments motorisés a lieu. Ces derniers sont pris à partie par la 602° batterie anti chars qui renforce le groupement Turquin. Un combat d’infanterie s’ensuit et devant la pression allemande, les unités du groupement Turquin sont contraintes au repli vers Vierzon et le Cher. Au cours de ces combats, le groupement Turquin a perdu près de 200 hommes.

Le 20 juin : journée de répit

Les unités du régiment, à part le III/33° en arrière garde, sont au repos cette journée. Après ces journées de repli, les troupes sont fatiguées et leur moral peu élevé. Dans l’après-midi, le III/33° parvient à rejoindre le régiment.

Le III/33° est parvenu à Vierzon dans la matinée mais les ponts sur le Cher étaient détruits. Certains éléments ont passé le Cher plus à l’ouest aux ponts de Châtres-sur-Cher et de Thénoux, tenus par la 239° DLI, d’autres sont passés à la nage. C’est la 72 ID du XXXXIV AK qui poursuit les troupes françaises.

Le régiment doit continuer le repli vers le sud pour rejoindre Brion. Des camions sont promis mais sous la pression des troupes allemandes qui ont franchi le Cher à Châtres et à Mennetou, le régiment n’a pas le temps d’attendre les véhicules de transport.

Le mouvement est donc effectué à pied selon l’itinéraire suivant : Genouilly, Gracay, Vatan, Maison-Neuve et Brion.

Le 21 juin : reprise du repli

Dans le courant de l'après-midi, les unités du régiment arrivent à Brion et bivouaquent le long de la route de Brion à Villegongis, à 4 kilomètres au sud-ouest de Brion. La 6° compagnie assure, avec le GRDI 77, la sécurité du mouvement et du stationnement des unités.

Le repli doit encore se poursuivre vers Ingrandes pour le régiment. A 21h30, les camions pour le transport arrivent à Brion et à 22h30, l’embarquement des unités est terminé.

A 23h00, le transfert commence sauf pour les 9° et 10° compagnies par manque de camions.
Pendant que les unités françaises poursuivent le repli vers la Creuse, les troupes allemandes atteignent le Cher. C’est la 83 ID qui occupe Vierzon.

Le 22 juin : Ingrandes

A 5h00, les unités débarquent à Ingrandes. Cette commune est située dans le sud-ouest du département de l’Indre, à la limite avec le département de la Vienne.

Les unités du régiment font immédiatement mouvement par la route pour la région de Coubernard et de Saint-Aigny. Elles bivouaquent dans les bois aux alentours de la route reliant ces deux villages. Le poste de commandement du régiment s'établit au château de Rochefort.
Les 9° et 10° compagnies, que les camions sont allés rechercher dans la région de Brion, rejoignent le reste du bataillon.

A 21h00, le régiment reçoit un nouvel ordre de repli sur Saint-Claud. Le mouvement est réalisé par camions mais il est laborieux car le nombre de véhicules est insuffisant. Le transfert ne débute que le 23 juin à 1h30 du matin.

Ce jour, l’armistice est signé à 18h50 avec l’Allemagne. Celui avec l’Italie sera signé le 24 juin à 19h15.

L’armistice entrera en vigueur le 25 juin à 0h35.

23 juin : Saint Claud

Après avoir débarqué sur la route nationale 151 bis, près de Saint Claud, les unités embarquent à nouveau pour être emmenées dans la zone de stationnement du régiment.

Le stationnement est le suivant :
 Champagne-Mouton : état-major, CDT, CRE, CHR, II/33° et III/33° ;
 Château-Juyer et Vieux-Cerier : I/33°.

Pour la sécurité du stationnement, le I/33° établit un bouchon antichar à Vieux-Cerier et le II/33° en établi un devant Champagne-Mouton, sur la route menant à Ruffec et Confolens.

Les unités se reposent un peu mais les approvisionnements en vivres, particulièrement en pain, posent un problème assez difficile. Il est résolu par la réquisition des boulangers de Champagne Mouton.

24 juin : Firbeix, la fin du calvaire

A 14h00, le repli reprend pour Firbeix. Cette ville est en Dordogne, le long de la route nationale 21.
Le régiment est enlevé par camions sur le GC 28, entre les Trois-Chênes et le Grand-Madieu. Pour protéger le repli, le II/33° organise des bouchons, réduits chacun à un groupe de fusilliers-voltigeurs équipés d’une chenillette avec une remorque pour le transport.
 
Dans la soirée, les unités débarquent sur la route de Chalus à Firbeix et gagnent leurs cantonnements respectifs :
 Firbeix : Etat major, CDT, CRE ;
 Chareille : CHR ;
 Sud Firbeix : I/33° ;
 Paulhac : II/33° et III/33°.



EPILOGUE

Le 25 juin, l'armistice général entre la France, d'une part, l'Allemagne, et l'Italie, d’autre part, entre en vigueur à 0h35.
Les unités se reposent dans leurs cantonnements et le train hippomobile rejoint les unités.

Le 28 juin, à 10h00 se déroule une cérémonie religieuse en l'église de Firbeix, à la mémoire des morts du régiment.

Le 29, à 13h00, en présence du Général Weygand, une prise d’armes est organisée pour les troupes de la 7° armée à l’hippodrome de Pompadour (Corrèze). Il est procédé à des remises de décorations et à 17h00, a lieu à Dournazac la prise d’armes pour le 33° RICMS. A cette occasion, le chef de corps remet aux unités leurs fanions. Dournazac est située dans le département de la Haute-Vienne, non loin de Châlus.

Le 7 juillet, le régiment reçoit la visite du Prince Alioum Mamadou Kane, grand Marabout affecté au Grand Quartier Général.

Le 8 juillet, de 15h45 à 18h00, il est organisé une prise d’armes avec remise de décorations et défilé pour les troupes noires de la 7° DIC. Cette cérémonie se déroule aux environs du château de Brie, à environ 8 kilomètres à l’ouest de Châlus.

Lecture est faite de la citation décernée au 33° RICMS : « Régiment qui, sous les ordres de son chef, le Lieutenant-Colonel Crapon, a manifesté les plus beaux sentiments de sacrifice, soutenus par un haut esprit de corps. A maintenu l'intégrité de son front sous les feux les plus violents, malgré ses lourdes pertes et dans les situations les plus critiques, tant à Amiens, pendant la période du 24 au 31 mai 1940, qu'à Noyon le 8 juin où il sut se rétablir par d'énergiques contre-attaques. Le 9 juin à Rully s'est fait un passage en livrant des combats poussés jusqu'au corps à corps. Les 11 et 12 juin à Baron, attaqué sans arrêt, a conservé ou repris ses positions en avant de la ligne de résistance. ››

Le 16 juillet, une prise d'armes pour le régiment est réalisée à Firbeix de 16h00 à 17h30, avec remise de décorations. Le colonel fait ses adieux aux soldats qui vont être démobilisés et leur présente le drapeau pour la dernière fois.

Sur un effectif  d'environ 3100 hommes, le 33° RICMS a subi environ 1725 pertes. Cela représente la moitié de l’effectif avec environ 500 tués dont 183 sous-officiers et 42 officiers.

Pour la 7° DIC, au 5 mai, elle comptait 504 officiers, 1697 sous-officiers et 15745 hommes. A l’armistice, elle n’avait plus en ses rangs que 321 officiers, 780 sous-officiers et 6897 hommes de troupe. Les pertes sont donc d’environ la moitié de l’effectif initial.

Après les combats, d’autres hommes décédèrent des suites de blessures dont :
 Pasquet Eric : sergent (décédé le 28 septembre 1940 à Châteauroux) ;
 Abel Louis : sergent-chef (décédé le 6 juillet 1940) ;
 Alfa Mamoudou : tirailleur (décédé le 31 décembre 1940) ;
 Sadio Konaté : tirailleur (décédé le 4 juillet 1940).

Le 1 août, le régiment est dissous.
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dhouliez
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mar 30 Sep 2014 - 22:26

Annexe : encadrement du 33° RIC au 1° mai 1940

Chef de corps : lieutenant - colonel  Crapon.
Adjoint au chef de corps : chef de  bataillon Tremoulet.
  Etat major : capitaines Lartigues, Sie, lieutenants Dalle, Galan et Peyrolles.
 Médecin : capitaine Denaclara.
 Dentiste : lieutenant Rochette.
 Vétérinaire : lieutenant Chassaing.
  
Compagnie de commandement (CDT) : capitaine Antonin, lieutenants Vedeau, Beautes et sous-lieutenant Grosmangin.
Compagnie hors rang (CHR) : capitaine Thevenard, lieutenants Poncet, Darrot, Gegoue et Lourteau.            
Compagnie régimentaire d’engins (CRE) : capitaine Gras, lieutenants Godefroy (tué le 11 juin) et Delord.

Encadrement du  I/33° RICMS
 Chef de  bataillon Schneider.
 Lieutenant  Barbie.
 Capitaine Livrozet.
 Médecin : sous-lieutenant Dubarry. 
 1° compagnie : lieutenants Denat, Loupias, sous-lieutenants Riner et Jeze (tué le 28 mai).
 2° compagnie : lieutenants Tavert (tué le 27 mai), Gavillot, sous-lieutenants Gaudy et Galleazi.
 3° compagnie : capitaine Reginensi (tué le 27 mai), lieutenant Gisselbrecht (tué le 27 mai), sous-lieutenants Bonvin et Bourlon.
 CA 1 (compagnie d'accompagnement) : capitaine Mattei, lieutenants Outin, Paren et Var.


Encadrement du  II/33° RICMS
 Chef de Bataillon Amiel.
 Lieutenant   Gausserand.
 Capitaine Revire.
 Médecins : lieutenant Charbonnier et sous-lieutenant Brodeur.
 5° compagnie : capitaine Maitre, lieutenants  Bocquet, Mary et sous-lieutenant Muller.
 6° compagnie : capitaine Chanche, lieutenants Bichot, Chassaing et sous-lieutenant Le Gall.
 7° compagnie : lieutenants D’Herbes, Delpla, Issouline et sous-lieutenant Saoli. 
 CA 2 : capitaine Gayraud, lieutenants Touzeau, Roumieu, Rousset et sous-lieutenant Marsal.


Encadrement du III/33° RICMS
 Chef de bataillon Fouet puis chef de bataillon Gervaise.
 Lieutenant Lassalle.
 Capitaine Gancellieri.
 Médecin : lieutenant Perellon.
 9° compagnie : lieutenants Fall, Leroy, Favre et sous-lieutenant Le Gorgeu.
 10° compagnie : lieutenants Bouan, Lambertie et sous-lieutenants Ducamp et Balbin.
 11° compagnie : capitaine Guintini, lieutenants Alizart, Bohn et Guigon (puis 9° compagnie, tué le 11 juin).
 CA 3 : capitaine Padovani, lieutenants Berthet, Rey et sous-lieutenant Montosse.

Officiers ayant rejoint ultérieurement :
 Chef de Bataillon  Gervaise : commandement du III/33° RICMS en juin.
 Capitaine  Brune : commandement de la CDT.
 Lieutenant  Druart : adjoint au  Chef  de Corps.
 Lieutenant  Maury : chef  de section.
 Lieutenant Cote : chef de section.

---oOo---

Sources principales
 JMO reconstitué du 33° RICMS : http://fortchenois.e-monsite.com/
 Historique du 4° régiment d'infanterie coloniale : campagne de France 1939-1940, éditions Charles Lavauzelle (1941)
 Notice sur la 7° DIC dans la campagne de France (1939-1940)
 Pour les combats en Picardie : http://www.picardie-1939-1945.org/
 Pour l’aviation : www.cieldegloire
 JMO du 19° BCC et du 1° BCC : www.chars-francais
 Verberie – juin 40 : Erik Barbanson (Histomag n°88)
 Pour l’armée allemande : Lexikon der Wehrmacht
 Pour l’armée française : www.atf40.fr
 Pour les troupes coloniales : http://troupesdemarine.org
 Blitzkrieg à l’ouest : Jean-Paul Pallud (éditions Heimdal)
 La ligne Chauvineau : lignechauvineau.free.fr
 Pour les unités coloniales : http://troupesdemarine.org
 memorial-genweb.org ;
 Pour les combats sur la Loire : http://loiret3945.forumgratuit.org/forum
 Revue des Troupes Coloniales : février 1947

Remerciements
Mes remerciements à Jean-François Mouragues pour sa connaissance des troupes coloniales.
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RSCHERER
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mer 1 Oct 2014 - 19:06

Bonjour à tous,

en complément à cet essai, je recommande la visite du site suivant qui concerne les troupes d'infanterie de Marine :
http://troupesdemarine.org/traditions/histoire/fiches/p025627.htm
http://troupesdemarine.org/traditions/histoire/fiches/p025528.htm

Bonne lecture, cordialement

Rémy SCHERER
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Mer 1 Oct 2014 - 19:33

Bonsoir,

Un bien joli travail, merci à vous deux!

_________________
Cordialement
Eric Denis
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somme40
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Jeu 2 Oct 2014 - 14:43

Pour illustrer la partie samarienne... (si trop décalé avec le sujet, déplacer ou supprimer Wink)





Route de Saint Fuscien le 25 juin 40

(Archive Dept Somme)
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RSCHERER
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Jeu 2 Oct 2014 - 18:55

Bonjour,

je remercie Eric Denis pour son encouragement ainsi que Somme40 pour ses illustrations.

Il est vrai qu'une documentation iconographique est toujours la bienvenue pour un texte.

Merci encore, votre intérêt m'encourage à continuer.

Cordialement

Rémy SCHERER
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mouragues
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Lun 6 Oct 2014 - 22:21

Etat des effectifs de la 7e DIC ayant réussi à forcer regagner les cantonnements de la zone Sud

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dhouliez
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Lun 6 Oct 2014 - 22:41

Bonsoir,

Merci pour ce document.

Pour décoder :
Officiers : A : active, R : Réserve
Sous-officiers et troupe : E : Européens, I : Indigènes

Cordialement,

DH
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mouragues
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MessageSujet: Re: Historique du 33ème RICMS   Lun 6 Oct 2014 - 23:41

Oui désolé document original sources CHETOM Fréjus
Pour ceux qui résident dans le Sud il suffit simplement de prendre rendez-vous le personnel est formidable de gentillesse
cordialement

JFM
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Historique du 33ème RICMS
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