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 organisation des DCR selon De Gaulle

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vincent lahousse
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MessageSujet: organisation des DCR selon De Gaulle   Mer 16 Juil 2008 - 18:59

Bonjour,

Suite à une question de notre ami DerWanderer sur la liste de diffusion france1940 : "De Gaulle's Line Division", Quelqu'un pourrait-il détailler l'ordre de bataille des DCR tel que imaginées par De Gaulle et/ou l'état major pendant les années 1930?

J'ai souvenir d'avoir lu un article sur l'évolution des ordres de batailles envisagé par l'armée francaises pendant les années 1930. Mais je n'arrive pas à mettre la main dessus (sans doute un vieux Histoire de Guerre ou un livre emprunté à l'époque).

Cet article démontré la forte réduction en troupes de soutien de ce types d'unité entre le format envisagé à l'origine et ceux qui lui succédèrent (en autre, unité RECO, AA, ENG trés réduit).

merci d'avance
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: organisation des DCR selon De Gaulle   Ven 18 Juil 2008 - 9:58

Bonjour,

Pour l’ordre de bataille des DCR et son évolution pendant les années 1930 :



Au départ il s’inspire de la « division opérant en automobiles » étudiée par l’EMAT dans les années 1920 et expérimentée au sein de l’Armée du Rhin. Cette grande unité devait comprendre :

- un détachement de sûreté avec 3 escadrons d’AM

- 2 brigades à deux bataillons de chars ( 1 de chars B et 1 de chars légers), deux bataillons d’infanterie portée, un escadron d’AM, un groupe de canons automoteurs de 75 mm pour l’appui direct, une unité de transmissions avec 9 chars (FT 17 TSF), chacune.

Les éléments divisionnaires se composaient de :

- 1 bataillon de mitrailleurs motorisés

- 2 groupes de 155 C Mle 17 portés sur tracteurs pour l’action d’ensemble

- 1 unité du Génie

- 1 compagnie de transmissions TSF

Soit un total de :

- 2 bataillons de chars B (à l’époque prévus à 45 chars comme les D 1 et D 2)

- 2 bataillons de chars légers à 45 chars

- 4 bataillons d’infanterie portée

- 2 groupes de canons automoteurs

- 2 groupes d’artillerie portée de 155 C

- 5 escadrons d’automitrailleuses

Pour un effectif de 200 chars (y compris TSF), environ 60 AM et 48 canons ou obusiers.

Ce projet de « division opérant en automobiles » servira de base à la création des DLM.

Dans son livre « Vers l’Armée de métier » de 1934, CdG n’évoque pas un échelon inférieur à la brigade, il parle de 500 chars par division ce qui représente la « tendance » du moment (UK, URSS, All.). On en reviendra vite à des effectifs compris entre 200 et 300 chars, car une telle masse, et en fonction des possibilités de commandement « à la voix » (radio), est trop lourde pour un seul EM divisionnaire. Ce qui reste vrai aujourd’hui, même au sein du combat info centré.

Dans le programme d’armement de 1936, il est prévu les fabrications pour équiper 60 bataillons de chars dont 12 de B 1 et 48 de chars légers. Soit 1 bataillon de chars lourds pour 3 de chars légers. C’est l’application strictement réglementaire de l’emploi des chars par l’Infanterie française : 1 bataillon de chars de manœuvre d’ensemble (B 1) ouvre la voie à 3 bataillons de chars légers (chars d’accompagnement d’infanterie) qui accompagnent eux-mêmes 3 régiments d’infanterie (1 DI). En gros cela donne 1 compagnie de B pour 1 bataillon de chars légers et 1 régiment d’infanterie avec soutien d’artillerie et, éventuellement, d’avions « attaquant à la bombe et à la mitrailleuse ». Toutefois, et en ce milieu des années 1930, un « effet de mode » va bousculer ce bel ordonnancement : il s’agit de la création effective ou administrative de « divisions opérant en automobiles » avec les DLM en France, les PzDv en Allemagne et les divisions blindées en URSS. Pour répondre à cet « effet de mode », l’Infanterie va bousculer ses règlements d’emploi des chars en regroupant ses chars lourds (B 1) au sein de grandes unités. A l’origine on pense à créer un « poing blindé » avec les douze bataillons de chars B répartis entre deux grandes unités « opérant en automobiles », soit 6 bataillons par GU avec un total de 6 x 34 = 192 engins. Cette décision déstabilise complètement le règlement d’emploi des chars, laissant les chars légers livrés à eux-mêmes. On en mesurera toutes les conséquences en 1940. Toutefois, et en fonction des livraisons des matériels (très lentes pour le B 1, B 1bis avant 1939), le général Gamelin préconise la formation d’un groupement tactique d’expériences comprenant :

- 4 bataillons de chars B

- 2 bataillons de chasseurs portés

- 1 régiment d’artillerie TTT à 3 groupes de 105 mm C Mle 35 (ou 34 S)

En septembre 1939, le groupement est scindé en deux demi-brigades qui comprennent :

- 2 bataillons de chars B

- 2 bataillons de chars légers (H 39)

- 1 bataillon de chasseurs portés

- 1 régiment d’artillerie de 105 mm C Mle 35 à deux groupes

En janvier 1940, ces demi-brigades servent à la constitution des 1ère et 2ème divisions cuirassées mises à la disposition du GQG (en réserve du GQG) sans être affectées a priori à certaines armées comme pour les DLM (1ère et 7ème Aée). Elles sont gérées administrativement par le 1er groupement cuirassé et leur emploi est prévu par paires. Même si elles sont renforcées par une compagnie du Génie, une de transmissions, de compagnies de train automobile, les DCR doivent recevoir au moment de leur engagement des moyens fournis par l’Armée à laquelle elles sont mises à disposition : unités de reconnaissance (GRCA ou GRDI motorisés), infanterie, artillerie de DCA, artillerie de manœuvre d’ensemble, etc. En clair, ceci veut dire qu’au moment de l’action elles sont amalgamées au sein du dispositif général et doivent combattre avec des unités qu’elles ne connaissent pas et dont certaines (particulièrement l’infanterie) n’ont jamais manoeuvré avec des chars.

Ce sont les Armées à qui sont affectées les DCR qui pourvoient à leur ravitaillement particulièrement en carburant et en mùunitions. Ainsi, une DCR ne peut vivre et combattre qu’avec le soutien d’une Armée, elle n’est pas autonome comme une DLM.

La 3ème division cuirassée est mise sur pied le 6 avril 1940 sur le même type d’organisation que les deux précédentes. La 4ème division cuirassée sera mise sur pied le 15 mai avec des effectifs (théoriques) supérieurs dont (successivement):

- trois BCC dont 2 de B et 1 de D 2

- trois BCC de chars légers

- deux groupes de chars de cavalerie dont 1 de S 35 et un de H 39 (3ème Cuir.)

- un régiment de découverte (10ème Cuir.)

- un régiment d’infanterie portée (7ème RDP)

- un renfort en artillerie y compris antichar et antiaérienne

Les défauts de la formule initiale avaient été en partie corrigés avec la 4ème DCR mais trop tard.

Cordialement
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vincent lahousse
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MessageSujet: Re: organisation des DCR selon De Gaulle   Sam 19 Juil 2008 - 14:20

Merci de cette réponse rapide et détaillée.

Une force d'action de 500 chars, cela ne correspond-il pas en terme d'effectif aux corps de panzerdivisions? à 2 divisions à 200 panzers (mais avec beaucoup plus d'infanterie et de support) ?

Le 1er groupement cuirassé ne devait être qu'une unité administrative? N'aurait-il pas pu coordonner l'action de ses 2 DCR si elles étaient intervenue conjointement?

L'utilisation de chars légers dans les DCR était-elle permanente (tactique) ou juste une mesure visant à compenser les cadences de production insuffisantes de B1bis? Les retours d'expériences des combats auraient-il démontrer leur utilité au coté des chars lourds?



PS :en recherchant dans mes vielles revues, je suis tombé sur un article de "Histoire de Guerre" présentant l'évolution des divisions de cavalerie dans l'entre deux guerres, le pendant de cette réponse.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: organisation des DCR selon De Gaulle   Dim 20 Juil 2008 - 10:04

Absolument, la notion 500 chars (ou plutôt engins blindés de combat) correspond en moyenne à l’effectif d’un PzKp, car les Allemands, malgré leur supériorité manifeste en matière de communications radio, avaient fait, eux aussi, le constat qu’une telle masse était quasi ingérable par un EM divisionnaire, d’où la réduction à 250/300 chars par Pz Dv et la création de Corps d’Armée blindés (Etats-Majors de CA + importants que celui d’une division). Notons pour les Français le Corps de Cavalerie à deux DLM réunissant pas moins de 600 engins blindés de combat (AMC, AMR, AMD) sous un même commandement (Général Prioux) et le groupement cuirassé (Général Keller) fort de 300 chars puis 450 avec la 3ème DCR, voire 600 avec la 4ème DCR. A court terme (septembre 1940), les Français prévoyaient deux masses blindées : une première de cavalerie avec 4 DLM soit 1200 engins et une seconde d’infanterie avec 4 DCR soit 600 engins, au total 1800 engins blindés de combat. Ces grandes unités auraient été vraisemblablement réparties en 2 Corps de Cavalerie et deux groupements cuirassées (un deuxième fut effectivement créé le 24 mai commandé par le général Delestraint avec les 2ème et 4ème DCR) pour avoir « un jeu de manœuvre » plus souple. Pour les DCR, il ne fait pas de doute que les appuis auraient été fortement renforcés, l’organigramme de la 4ème DCR en est la preuve.

Au départ, le groupement cuirassé n’était qu’une unité administrative, c’était aux Armées d’organiser leur engagement (avec des officiers supérieurs qui généralement n’avaient aucune idée de l’emploi des DCR et les employaient comme « réservoir » de chars dans le cadre des règlements (voir ma première intervention). Fin mai, le général Delestraint essaya, hélas, sans succès de réunir les 4ème et 2ème DCR, pour contre-attaquer massivement sur la poche d’Abbeville en prenant cette fois le commandement des opérations. Le général Weygand n’avait-il pas dit que « les chars doivent combattre sous les ordres de leurs chefs ! ». Malgré cela, il ne fut pas suivit et les 2 DCR furent engagées successivement (sans compter la First Armoured), on sait ce qu’il en advînt. Pour les chars légers que ce soit dans les DLM ou les DCR, il faut regarder le règlement d’emploi des « engins d’accompagnement d’infanterie ». On a trop souvent écrit que l’emploi des chars légers dans les DLM et DCR était du aux lenteurs de fabrication des chars de manœuvre d’ensemble (faux pour le S 35, vrai pour le B 1). Mais c’est voir l’histoire par le petit bout de la lorgnette et ignorer les règlements d’emploi de l’époque. Les chars légers furent introduits pour accompagner l’infanterie portée (RDP dans les DLM, BCP dans les DCR), pour les RDP, les AMR 33/35 n’étaient que des engins de reconnaissance (voir sans être vu) et de liaison (estafette blindée) mais pas de combat comme les H 35/39. Dans les DLM, il était prévu, à partir de juillet/août 1940 de remplacer les H 35/39 des escadrons de combat par le S 40 mais celui-ci d’après les nouveaux critères définis par le programme Keller de fin 1939, passait à l’horizon 1941 dans la catégorie « char léger ». Les H 39 remplaçant comme aux 3ème et 4ème DLM les AMR dans les RDP (60 engins par unité). Le futur DAC 1 de Renault (le Somua de Billancourt), de 20 tonnes était le futur char léger de l’infanterie, on réinventait le char D 2. En fait, avant même le début des opérations actives, les chars légers R 35/40, H 35/39 et FCM 36 étaient condamnés par le programme Keller. Le Retex de mai/juin ne fit que confirmer cet état. Pour les DCR, il était effectivement prévu 4 bataillons de chars B par GU mais cela ne veut pas dire qu’ils auraient remplacé les deux bataillons de chars légers qui seraient certainement restés pour l’accompagnement d’infanterie (BCP). Les DCR, horizon 1941 auraient donc compté 136 chars B et 90 chars légers soit 226 engins, on en serait resté à la notion de 250/300 engins blindés de combat avec des groupements à 500/600 chars. Dans « Batailles », vous pourrez retrouver en deux parties mon étude sur le Corps de cavalerie. La première consacrée à son évolution depuis les années 1920 jusqu’au 10 mai 40, la seconde aux opérations actives. Cette dernière confirme qu’hélas, et en fonction de sa situation vraie, le CC aurait été incapable de répondre aux souhaits du général Gamelin le 15 mai 1940.
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