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 Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?

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Chevalier libre
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MessageSujet: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Lun 13 Jan 2014, 19:28

Je reposte ici sous une forme réédité un message que j'avais mis sur le forum 39-45.org (l'objet du message était plutôt de critiquer le fait que Frieser est trop bien estimé, voici une des raisons).

Je reprend l'argumentation de Éric van der Bergh, Victoire éclair, livre VI : http://www.victoire-eclair.com/victoire_eclair.html#li06

Bergh n'utilise que des documents (publiés par Jacobsen) et des citations de journaux (Halder, Jodl...). Il montre que les plans Fall Gelb (FG) I, II et III ne sont pas si idiot que ça. Frieser se contente de dire qu'ils sont mauvais, sans nous livrer de véritable analyse, on lui fait confiance car il nous donne bien peu de matière à réflexion. On peut se demander s'il n'a pas fait que simplement reprendre ce qu'a écrit Manstein dans ses mémoires : Manstein ne fait même pas de différence entre FG I et II, alors qu'elle est assez notable. En fait Frieser semble avoir repris toutes ce qu'ont pu dire Liddel Hart, Manstein, Guderian et leurs amis (Blumentritt, Hoth...) et en faire un livre cohérent. Il cite bien quelques cotes d'archives, mais on se demande s'il les a analysés ou juste mis là pour donner un semblant de crédibilité.

Ainsi Bergh détaille l'enchaînement qui a menée au plan final. Avant de commencer un résumé, je voudrais dire que Bergh note que tous les plans font état d'aller vite, sans perdre de temps, etc. À chaque fois il retrouve des éléments de la pensée de Clausewitz dans les plans. Ainsi le contournement est selon Clausewitz toujours considéré comme la solution la plus efficace : on le retrouve dans Fall Gelb I et IV. Mais que cela, toujours selon Clausewitz, ne doit en rien être considéré comme un trait de génie car vu de maintes et maintes fois ! Et justement parce que c'est la solution la plus efficace.

Premier plan : Fall Gelb I (19 octobre), qui vise une décision partielle (faute de mieux reconnait Hitler) avec la prise de la Belgique et la destruction de son armée (par un enveloppement) et en s'opposant à la venue des alliés. Ce plan est ainsi adapté à la situation des unités alliées d'alors telle que connue par les Allemands : en effet au départ les Français sont concentrés en Lorraine, pas grand chose pour s'opposer à une poussée allemande en Belgique.

Fall Gelb II (29 octobre) tient compte de la nouvelle donne. Cette fois plus d'enveloppement mais une poussée en profondeur (trois directions envisagées : nord (Ostende) ouest (Boulogne) sud ouest (Abbeville), et doit empêcher les Alliés venus à la rencontre des Allemands de former un front. Le plan doit être décisif. On mise sur la rapidité.

Le 31 Manstein envoie les fameux mémorandums où il y propose de tenter un enveloppement par le sud. Autrement dit le coup de faucille. Sauf que cette idée d'enveloppement est alors rendue obsolète aux yeux d'Halder par le nouveau dispositif allié. On se demande si Manstein est au courant du nouveau plan et la nouvelle situation, en tout cas ne semble pas en tenir compte, notamment lorsqu'il écrit que la plan II ne prévoit pas la décision. Réaliser un enveloppement à ce moment est alors incertain, car d'une les Alliés se sont renforcés, leurs points faibles (Sedan, 9e armée) n'ont semblent-ils pas clairement été décelés et de deux on est pas sûr qu'ils s'avancent en Belgique. Manstein se plaint dans ces lettres à ses supérieurs que le plan n'est pas décisif qu'on devrait plutôt pousser l'Angleterre à l'offensive par des attaques maritimes et aériennes. Ironique non ? Car c'est pour pouvoir la faire que Fall Gelb I devait s'emparer de la Belgique et du nord de la France !

En novembre, sans doute suite à une proposition de l'inspecteur des troupes motorisées (von Schell), Hitler prévoit alors l'intervention d'un corps blindé sur Sedan. Est ce que ça soulève des problèmes ? En tout cas Jodl y voit là une possibilité. Manstein ne parlait pas de Sedan. Problème, Fall Gelb II a désormais trois axes d'effort initiaux, Hitler ne veut choisir le centre de gravité (Schwerpunkt) qu'au cours de l'opération. Formellement déconseillé par Moltke, et Manstein s'en plaint à Halder, mais celui-ci le déplore autant que lui. Hitler rappelle d'ailleurs cette exigence en décembre.

En janvier c'est la fameuse histoire de Mechelen. Selon Bruno Chaix (Fallait-il entrer en Belgique ?, 2000) cela n'a pas eu d'influence car les Allemands connaissaient déjà les hypothèses Dyle et Escaut des Alliés. En revanche les Allemands en ont pensé que les Alliés seront confortés dans leur idée d'une attaque allemande par la plaine belge. La deuxième moitié de janvier, le temps est pourri, c'est le report sine die. Selon Chaix, ce report sine die c'est l'occasion d'effectuer de profonds changement que ne permettaient pas jusqu'alors les court-reports.

Ces changements sont décidés fin janvier lors de conférences : il ne s'agit plus de fixer le centre de gravité au cours de l'opération. Il ne semble pas encore avoir été décidé de où le fixer, mais en tout cas l'intérêt se porte au sud qui est encore renforcé. En tous cas ce centre de gravité devra être soigneusement camouflé, on prend des mesures pour assurer la surprise, dont on attend plus de résultats qu'une attaque en force. Fall Gelb III (31 janvier) est ainsi diffusé, il ressemble en grande partie à Fall Gelb II mais, si le centre de gravité n'est pas clairement désigné, tout porte à croire qu'il sera au sud.

Et Manstein dans tout ça ? Il a fait entre deux quelques propositions idiotes à propos de l'aviation, puis est nommé à la tête du XXXVIII. AK fin janvier. Il donne pour responsable de sa mutation Halder, ce que reprend sans réfléchir Frieser. Bergh remarque que le nom de Manstein figurait avant même Fall Gelb I dans la liste d'Halder pour les futurs commandants de corps d'armée. Et ses idées ? On a déjà vu qu'il n'a pas été attendu qu'Hitler intervienne pour envisager un effort vers le sud. Est-ce que Hitler a été mis au courant des idées de Manstein par Schmundt, début février ? Rien ne le prouve, Schmundt est mort des suites de l'attentat contre Hitler, et von Treskow l'autre témoin possible d'y avoir participé. Heureusement pourrait-on se dire, Frieser nous donne une citation du journal de Engel, Heeresadjutant de Hitler, disant (à l'entrée du 2 février 40) que Schmundt a rencontré Manstein en remarquant des idées concordant avec celle de Hitler mais sous une forme plus précise ! Oui sauf qu'en fait le journal d'Engel n'est pas fiable et semble avoir été écrit après guerre, et surtout concernant Manstein il a écrit de lui qu'il avait donné un ordre d'évacuation à Paulus de Stalingrad... Ordre dont on sait l'inexistence. Bref, pas fiable, spécialement concernant Manstein.

Début février, Kriegspiele qui mettent à nouveau en évidence la faiblesse de Sedan. Le 13, Hitler se décide : centre de gravité au sud, contre Sedan. Le 24, Fall Gelb IV est notifiée. Vous la connaissez.

Est ce une coïncidence que Manstein soit rencontre Hitler et que le plan soit changé peu de temps après, sous entendu l'un serait-il cause de l'autre ? Non, les deux ont en fait la même cause : le report sine die de fin janvier. Halder ne pouvait pas remplacer Manstein à la veille d'une offensive, ce qui n'est plus le cas en janvier. Cette nomination lui donne l'occasion de rencontrer Hitler le 17, mais rien ne prouve qu'il se soit passé quoique ce soit de particulier. Frieser le reconnait lui même : la décision de l'effort au sud, à Sedan, a déjà été prise le 13.

En résumé : rien ne prouve que les idées de Manstein soient remontées jusqu'à Hitler, mais de doute façon il n'y a pas besoin de Manstein pour expliquer l'évolution du plan allemand. L'idée du contournement, écrit Clausewitz, n'a pas à être considérée comme géniale.

Que penser de l'idée de Manstein d'assurer de manière offensive la défense du flanc sud, en envoyant une armée attaquer vers Rethel ? C'est une erreur qui est formellement déconseillé par Clausewitz ! On doit se concentrer sur l'attaque principale, réaliser une attaque secondaire divergente de celle-ci risque d'en absorber les moyens... Que serait-il arrivé à cette armée si elle s'était enfoncé vers le sud ? Même si on peut aujourd'hui douter (non sans quelque raison) du fait que les Français aient su monter une contre-offensive efficace contre cette armée, Manstein craignait pourtant une telle contre-offensive (jusqu'à 50 divisions !) qui l'avait poussé en automne à réclamer une armée supplémentaire... Bref cette armée aurait pu connaître un beau désastre et laisser de fait le flanc sud de l'offensive complètement ouvert.

Cette dernière idée aurait, selon Frieser, été reprise par Guderian lorsqu'il décide de lui même d'attaquer vers le sud le 14 mai. En fait, le plan Jaune prévoyait bien qu'une fois la tête de pont conquise par les unités blindées, celles-ci attaquent dans toutes les directions pour élargir la tête de pont en attendant que l'infanterie les relève... C'est exactement ce qui c'est passé : le XIX. AK a été remplacé par le XIV. ce 14 et a poursuivi vers l'ouest (sur ordre, contrairement encore à ce que chante Guderian), puis le XIV. a fait de même après avoir été remplacé par le VI. quelques jours plus tard...

À noter que dans ses mémoires Manstein dit que, fin mai 40, alors chef temporaire du XIV. AK qui défend Abbeville, il aurait proposé à son supérieur, Kluge, la permission de défendre offensivement la tête de pont... Là encore, la méchante hiérarchie aurait refusé, et voilà, à cause d'eux cette tête de pont est passée pas loin du désastre... c'est la version de Manstein. Très franchement, celui ci n'avait vraisemblablement pas conscience des moyens qui lui étaient alors opposés : 3 divisions blindées, sans compter l'infanterie... La plus grande contre-offensive des Alliés ! (voir Henri de Wailly, [i]La contre-offensive alliée blindée d'Abbeville[i]) Ces divisions se sont plantés l'une après l'autre sur une défense solide, notamment des 88 en arrière des positions, et en dernier recours les 10,5 de l'autre coté de la rive... Mais que serait-il arrivé à sa division si elle s'était étendue vers le sud, quittant sa position défensive ? Je n'ai pas beaucoup de doutes sur le résultat.

Bref si vous vous intéressez à la conception de Fall Gelb je vous pousse très vivement à lire attentivement le livre VI de Bergh. C'est peut-être un peu dur quand on a pas très bien pris les repères chronologiques de l'hiver 39-40 et le style est peut-être inhabituel mais Bergh a le mérite de faire de nombreuses citations ce qui permet de bien suivre son raisonnement. Personnellement j'ai mis un peu de temps à le digérer, étant habitué à la thèse habituelle, mais franchement ça vaut le coup de le lire. D'autres chapitres de son ouvrage méritent aussi un peu d'attention, mais c'est d'autres sujets.

Notez également, que comme Frieser auparavant, j'avais une bonne estime de Lemay, biographe de Manstein. Sauf que pour réfléchir un peu à ce que Bergh disait j'ai ressorti Frieser, Manstein et Lemay. Lemay a copié/collé des paragraphes entiers de Frieser, recopié les cartes de Manstein alors que celles-ci sont du n'importe quoi... Ça n'empêche que les deux livres conservent quelques intérêts à la lecture, encore que pour Frieser il ne reste à mes yeux pas grand chose : récit de Sedan (là encore si on prend ses précautions avec tout ce qui vient de Guderian), des erreurs françaises et ses cartes. Bon là je dévie de mon sujet inital.

Qu'en pensez vous, des objections à faire ?
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Lun 13 Jan 2014, 22:10

Chevalier Libre,

Post dense et intéressant.
Merci d'avoir attiré mon attention sur Victoire éclair. Je vais y jeter un oeil (ou plus).
Je suis toujours étonné par les vagues soulevées par Frieser et son livre. Je finirai par croire que l'on ne peut être que totalement conquis ou totalement opposant (pour un tas de raisons politiques, éthiques, stratégiques, tactiques...).
Personnellement, je l'ai lu voici déjà quelques années et il m'a laissé le souvenir d'un livre aussi intéressant, imparfait (e.a. sur les combats dans la région de Dinant-Philippeville), mais pas si dogmatique en fin de compte.

Manstein, quant à lui, est comme beaucoup de leaders (politiques ou militaires ou les deux) : il a une forte personnalité (d'où une partie de sa carrière), une très haute idée de ses capacités (et pour avoir fait ce qu'il a fait, il devait bien y avoir un peu de vrai), un ego surdimensionné et (comme d'autres généraux allemands) un besoin de justification et d'explication après-guerre... Hormis la dernière caractéristique spécifique aux Allemands post-1945, les Napoléon, Patton, De Gaulle, Montgomery, MacArthur, Churchill... n'auront pas d'autres comportement et se feront leur meilleur thuriféraire au travers de mémoires écrits a posteriori (of course), pas pour Patton évidemment.

Il faut être conscient que les plans "lumineux" et leur exécution géniale ont été avec la complexification des guerres et des armées, de moins en moins le fruit de stratèges isolés s'imposant aux autres!
Le tournant est probablement à placer dans les guerres de la Révolution française et de Napoléon. Tout stratège génial qu'il était, il a certainement en partie perdu le triptyque Quatre-Bras/Ligny/Waterloo parce qu'il n'avait pas son chef d'état-major habituel, Berthier, pour traduire ses intuitions en ordres précis.
Halder lui-même, un pur génie du travail d'état-major selon sa biographie, conquis au final par la marche dans les Ardennes, le franchissement dans la foulée de la Meuse et l'exploitation vers la Baie de Somme, mettra tout son talent d'organisateur à le faire réussir!

Frieser aime sans doute Manstein. Eric Van der Bergh un peu moins...
Ils n'ont rien inventé ou découvert sur les grandes évolutions de Fall Gelb. J'ai devant moi un article de Philippe Masson paru en 1978 dans le HS "Hitler et ses généraux" de Historia (du temps où chaque numéro était un petit livret au contenu autrement plus dense qu'aujourd'hui), article montrant très bien le déplacement progressif de l'effort principal de l'aile Nord (HG B) vers le Centre (HG A) et non le Sud (HG C), sous l'impulsion de plusieurs facteurs et acteurs dont Hitler. Avec une rencontre au final avec Manstein quand les grandes décisions sont effectivement prises.

Pour Clausewitz, j'ajouterai qu'il est un des penseurs militaires à avoir synthétisé dans un langage assez simple de grands principes de stratégie, vieux comme la guerre et donc encore actuels aujourd'hui, au contraire de ses textes de tactiques souvent démodés (et peu cités) parce que faisant référence aux armées et armes de son époque.
Ajoutons le fantastique coup de pub de la victoire allemande de 1870 et le voilà promu 2nd penseur militaire de tous les temps après Sun-tzu (également mis à toutes les sauces).

Dans ma formation militaire, j'ai appris qu'il y avait 3 grandes manoeuvres :
- Enveloppement par une aile avec destruction par encerclement ou prise en flanc du reste de l'ennemi (ex : Leuctres) un peu dans FG I.
- La percée au centre et le destruction des ailes par encerclement ou prise en flanc (ex : Ramillies). Fall Gelb IV est de ce type!
- Enveloppement par les deux ailes avec destruction par encerclement du centre (ex : Cannes) Le Plan Schlieffen en 1914!

Pour enfin en venir au contenu des Fall Gelb I et III (considérant qu'il est un II+) :

  • FG I est conçu peu de temps après la Pologne, à un moment où la WH et la LW exploitent les Lessons Learnt de la Pologne, montent en puissance, achèvent de déplacer leurs forces de l'Est vers l'Ouest, ne chiffrent pas encore la véritable force des Alliés et n'ont pas encore percé leurs plans et dispositifs. Il est donc prudent et cherche à acquérir des avantages pour la suite sans viser la victoire décisive. Il place cependant clairement un effort principal au Nord (plaine belge). S'il avait été appliqué en mai 40, il aurait pu aussi faire très mal aux Alliés entrant en Belgique. Le choc aurait été frontal, entre efforts principaux des adversaires, le combat aurait été très dur, sûrement plus coûteux qu'avec le plan retenu, mais la supériorité  tactique allemande et l'appui de la LW auraient certainement donné la victoire au camp germanique avec un Dunkerque pratiquement impossible pour des Alliés bousculés et serrés de près. Donc : pas génial mais pas mauvais.
  • FG III me laisse beaucoup plus perplexe pour sa dispersion des moyens-clefs (essentiellement les panzers) entre le Nord et le Centre en 3 masses semblables sans objectifs marqués (Sedan n'y change rien). Pas d'objectifs prédéterminés et pas d'effort principal = Contraire à tous les principes de l'art militaire.


Et tout militaire ajoutera que "dans une guerre, la première victime est toujours le plan initial!". On appelle la suite la conduite de la bataille et on la prépare en étudiant des alternatives (contingency plan).

Bonne soirée.
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 07:52

Bonjour à tous,  Very Happy 

Intéressant sujet !

Merci de l'avoir abordé...

Cordialement,

Thierry Moné

'
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 19:44

Bonsoir


Une question n'est pas abordée dans les posts ci-dessus, alors qu'elle est particulièrement maltraitée par Frieser : que veut Hitler en septembre 39 ?
Cet auteur dit après bien d'autres, et de la manière la plus catégorique, qu'il est surpris et désemparé qu'on lui fasse la guerre, au lieu de lui offrir la Pologne sur un plateau comme la Tchécoslovaquie.

Cela signifierait qu'il aurait oublié ou modifié de fond en comble le programme de Mein Kampf, qui prévoyait l'anéantissement de la France comme puissance militaire avant la conquête de l'"espace vital".

Si ce n'est pas le cas, et si sous couleur d'hésiter et de proposer la paix après la conquête de la Pologne il prépare une estocade contre la France, il serait logique qu'il suive de très près la préparation des plans, et fort peu vraisemblable qu'il ignore jusqu'en février les bisbilles entre Halder et Manstein.
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dhouliez
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 20:17

Et alors ? Vous en déduisez quoi par rapport à la question ?
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François Delpla
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 20:28

Je penche pour minorer le rôle de Manstein, en complétant l'analyse de Van den Bergh et sans pour autant revaloriser la part de Halder.

Il me semble aussi qu'il faut en finir avec l'explication des reports d'attaque par le mauvais temps, ou encore l'incident de Mechelen. Hitler n'a jamais eu l'intention d'attaquer avec le printemps, mais a fixé des jours J à répétition pour maintenir l'armée sous pression.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 20:40

Vous avez une preuve de ce que vous avancez ou ce sont vos impressions ?

Par ailleurs, si Hitler s'est intéressé de près aux échanges Manstein/OKH, comment pouvez-vous en conclure que de ce fait, l'importance de Manstein est moindre ? Ca veut juste dire qu'il n'avait pas besoin de le rencontrer pour prendre en compte son analyse...

Je vous demande bien entendu des faits, pas des considérations générales sur ce que vous supputez...
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 21:01

cela viendra, mais vous n'êtes pas dispensé de donner votre avis.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 21:07

Il existe des images du moment où Hitler apprend la réaction alliée à l'agression contre la Pologne (vues sur Arte en 2013, je pense).
Elles montrent clairement son désappointement!

Pour le livre "Victoire Eclair", j'ai trouvé des commentaires mitigés sur notre forum en http://atf40.forumculture.net/t1951-livre-en-ligne-1940-une-victoire-ecair-e-van-den-bergh

Pour Halder, selon François de Lannoy "Le Generaloberst Franz Halder" dans 39-45 N°271, je cite :

Citation :
Mais le 5 novembre, en raison de mauvaises conditions climatiques, Hitler décide de repousser l'opération au printemps...Halder va désormais se consacrer exclusivement à son travail et, paradoxalement, mettre son tout son professionnalisme au service d'un chef qu'il détestait au fond de lui...
Lors de la préparation de la campagne de France, Halder se montre d'abord opposé au plan Manstein...
Mais lorsqu'il se rend compte avec Brauchitsch que Hitler a décidé de se rallier au plan Manstein, il anticipe les ordres du Führer en renforçant la composante blindée du groupe d'armée "A" chargé de la percée. Après la guerre, il reconnaîtra d'ailleurs l'intuition de Hitler d'avoir adopté ce plan. Lors de l'offensive de mai-juin 1940, Halder s'oppose à plusieurs reprises à Hitler. Il lui reproche de freiner l'avance de l'aile gauche de son dispositif au profit de l'aile droite. Il ne saisit pas moins ses hésitations devant Dunkerque qui empêchent la destruction totale de l'armée britannique...
  
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 14 Jan 2014, 21:12

delpla a écrit:
cela viendra, mais vous n'êtes pas dispensé de donner votre avis

Oh ben pourtant, dans l'immédiat, je vais m'en dispenser... mais puisque vous avez donné votre avis, vous êtes censé l'étayer par des faits... C'est un peu la règle, voyez vous...
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 05:14

Faut-il en déduire que malgré ma fréquentation déjà longue vous adhérez encore, s'agissant du nazisme au positivisme basique du "pas de document pas de fait" ?

Les preuves d'une intention hitlérienne de craquer en 1939, à propos de la Pologne, l'allumette qu'il avait rangée soigneusement dans la boîte à Munich ? Mais elles surabondent ! Tous les faits et gestes du dictateur allemand à partir du discours de Sarrebrück, le 9 octobre 38 (où il se met à prétendre que le vrai point de vue anglais est celui des 30 conservateurs, dont Churchill, qui se sont abstenus sur les accords de Munich, et non des centaines qui les ont votés) plaident dans le sens du déclenchement intentionnel d'une guerre européenne en septembre 1939.

Il annonce à ses généraux en mai 39 qu'il ne faut précisément pas s'attendre à un nouveau Munich et que la Pologne sera bel et bien attaquée. Il sait pertinemment que la France devra alors déclarer la guerre, et l'Angleterre aussi.

Alors certes il y a des documents et des témoignages faisant état de son espoir qu'elle n'éclate pas et (beaucoup moins) de sa déception qu'elle le fasse, mais ils n'enlèvent rien AUX FAITS.

Il s'agit donc (entreprise encore rarement tentée) d'expliquer pourquoi il agit ainsi alors qu'en s'y prenant autrement il obtiendrait Dantzig sans casse. Le document clé me semble ici Mein Kampf, étayé par tout ce que son auteur fait entre 33 et 39 pour préparer militairement et diplomatiquement une guerre contre la France qui, si elle se passe comme il l'espère, obligera l'Angleterre elle-même à signer rapidement la paix.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 07:12

Citation :
Faut-il en déduire que malgré ma fréquentation déjà longue vous adhérez encore...
Pathétique.. et habituel...

Je vous demande de justifier, au cas où vous ne comprendriez pas, ce qui est en rapport avec le thème, c'est-à-dire :

1° le rôle de Manstein
2° les causes du report de l'offensive.

Le reste, c'est probablement fondamental, mais ce n'est pas le débat ici... c'est juste vous qui avez lu "Frieser" dans un message et qui en profitez pour en remettre une couche sur un de vos thèmes favoris.

Merci de ne pas chercher une nouvelle fois à détourner les fils sur lesquels vous estimez indispensable de nous révéler la Vérité. Ce n'est pas une simple demande.

Donc je répète :

Le plan Manstein et les reports d'offensive. Pas autre chose.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 10:52

François Delpla a écrit:
Bonsoir


Une question n'est pas abordée dans les posts ci-dessus, alors qu'elle est particulièrement maltraitée par Frieser : que veut Hitler en septembre 39 ?
Cet auteur dit après bien d'autres, et de la manière la plus catégorique, qu'il est surpris et désemparé qu'on lui fasse la guerre, au lieu de lui offrir la Pologne sur un plateau comme la Tchécoslovaquie.

Cela signifierait qu'il aurait oublié ou modifié de fond en comble le programme de Mein Kampf, qui prévoyait l'anéantissement de la France comme puissance militaire avant la conquête de l'"espace vital".

Si ce n'est pas le cas, et si sous couleur d'hésiter et de proposer la paix après la conquête de la Pologne il prépare une estocade contre la France, il serait logique qu'il suive de très près la préparation des plans, et fort peu vraisemblable qu'il ignore jusqu'en février les bisbilles entre Halder et Manstein.


@ dhouliez

Il semble que nous nous soyons mal compris.
Il ne s'agit pas de ramener ma Friese, mais de démentir la version de Frieser, précisément, sur le rôle de Manstein.

Selon KH F, en effet, Hitler est après la déclaration de guerre anglo-française comme un enfant qui a fait une grosse bêtise et ne sait que faire. Manstein lui remonte le moral et le prend par la main... pour, finalement, le voir trahir son plan, à Dunkerque et ailleurs.

Cela ne répond pas à tout mais, en tout cas, ne sort pas du sujet.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 12:16

Vous ne m'avez pas compris : le sujet n'est pas Frieser. Votre présentation, évidemment est caricaturale, mais comme vous ne savez pas parler de Frieser sans caricaturer, on s'en contentera...

Le rôle de Manstein est assez communément admis : vous le démentez sans apporter d'autre argument que "Hitler voulait la guerre" et "Frieser avait tort"...

Mais le lien entre "Hitler voulait la guerre" et "Le plan Manstein n'est pas de Manstein" n'est absolument pas étayé.

C'est ce qu'on vous demande...

Et dans ce cadre, que Hitler ait ou pas voulu la guerre est hors sujet. Votre message de ce matin 5h14 est ainsi intégralement hors sujet.


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Flahaut
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 18:14

Sources belges (le ROI) : l'incident de Mechlen irrite le fuhrer. La conséquence en est le renfort du GA Von Rundstedt PAR DES DIVISIONS BLINDEES venant du GA Von Beck et un déséquilibre des forces avec une aile gauche surpuissante. Von Rundstedt reparle du plan de Manstein (Gudérian appuie) et ce plan prévoyant un franchissement des Ardennes au but de "casser" le maillon faible des armées françaises est représenté à Hitler qui l'adopte
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Chevalier libre
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 20:23

Bonsoir cher tous, merci pour vos réponses et ces confrontations d'idées qui m'aident à avancer sur ce sujet qui me passionne Very Happy 

SiVielSto a écrit:

Personnellement, je l'ai lu voici déjà quelques années et il m'a laissé le souvenir d'un livre aussi intéressant, imparfait (e.a. sur les combats dans la région de Dinant-Philippeville), mais pas si dogmatique en fin de compte.
Il faudra peut-être discuter du reste du livre dans un autre sujet pour ne pas dévier du sujet initial, mais l'idée de l'ouvrage est que la victoire rapide à l'ouest l'est un peu par accident*, fruit d'un plan qui a été élaboré suite à « une manoeuvre clandestine » (Liddel Hart, cité par Frieser) et des initiatives indépendantes des exécutants qui avaient ce plan dans l'esprit et l'ont appliqués contre la frilosité de l'OKH.

* : outre d'autres facteurs (tactiques, erreurs des Alliés...) que Frieser explique bien

Citation :
Frieser aime sans doute Manstein. Eric Van der Bergh un peu moins...
Ils n'ont rien inventé ou découvert sur les grandes évolutions de Fall Gelb. J'ai devant moi un article de Philippe Masson paru en 1978 dans le HS "Hitler et ses généraux" de Historia (du temps où chaque numéro était un petit livret au contenu autrement plus dense qu'aujourd'hui), article montrant très bien le déplacement progressif de l'effort principal de l'aile Nord (HG B) vers le Centre (HG A) et non le Sud (HG C), sous l'impulsion de plusieurs facteurs et acteurs dont Hitler. Avec une rencontre au final avec Manstein quand les grandes décisions sont effectivement prises.
Frieser étaye la thèse vraisemblablement apporté par Liddell Hart dans The other side of the hill (1948), pour sa propre thèse reposant notamment sur l'idée d'un état-major pas particulièrement brillant. La preuve selon lui : les trois premiers plans sont pourris, voir de pire en pire, le quatrième est le bon, mais il est de Manstein. Certes, Halder, l'homme d'état-major méticuleux, contribuera à son succès par sa préparation minutieuse, mais pour autant de ne l'avait pas bien compris.

Bergh ne découvre rien en effet (encore que voir ci dessous pour FG III) mais relativise les jugements des auteurs pré-cités, qui bien souvent expédient d'un trait de plume ces précédents plans sans chercher à nous les faire comprendre, parce qu'ils ne les auraient pas compris eux-mêmes ? À mon avis ces auteurs ont des avis biaisés par celui de Manstein dans ses mémoires qui fait des critiques d'apparence assez convaincante avec une séduisante réflexion stratégique... Mais justement Manstein ne tient pas compte dans sa critique de l'OKH de ces facteurs dont Hitler.

Dans son livre VI Bergh montre surtout que le plan de mai 40 ne tiendrait rien de Manstein, que l'état-major de l'OKH est plus compétant que ce qui en est dit habituellement et que ce plan de mai 40 n'est pas aussi génial que certains le disent (Liddell Hart, Horne...) mais est finalement assez classique dans ses principes.

Citation :
Pour enfin en venir au contenu des Fall Gelb I et III (considérant qu'il est un II+) :

  • FG I est conçu peu de temps après la Pologne, à un moment où la WH et la LW exploitent les Lessons Learnt de la Pologne, montent en puissance, achèvent de déplacer leurs forces de l'Est vers l'Ouest, ne chiffrent pas encore la véritable force des Alliés et n'ont pas encore percé leurs plans et dispositifs. Il est donc prudent et cherche à acquérir des avantages pour la suite sans viser la victoire décisive. Il place cependant clairement un effort principal au Nord (plaine belge). S'il avait été appliqué en mai 40, il aurait pu aussi faire très mal aux Alliés entrant en Belgique. Le choc aurait été frontal, entre efforts principaux des adversaires, le combat aurait été très dur, sûrement plus coûteux qu'avec le plan retenu, mais la supériorité  tactique allemande et l'appui de la LW auraient certainement donné la victoire au camp germanique avec un Dunkerque pratiquement impossible pour des Alliés bousculés et serrés de près. Donc : pas génial mais pas mauvais.
  • FG III me laisse beaucoup plus perplexe pour sa dispersion des moyens-clefs (essentiellement les panzers) entre le Nord et le Centre en 3 masses semblables sans objectifs marqués (Sedan n'y change rien). Pas d'objectifs prédéterminés et pas d'effort principal = Contraire à tous les principes de l'art militaire.

Selon Bergh, FG I est adopté au moment où les Allemands pensent que les Alliés n'ont presque rien pour rentrer en Belgique car concentrés dans la Sarre. Ce qui est vrai en septembre, et de moins en moins au cours du mois d'octobre. FG I n'était pas destiné à attaquer (directement) les Alliés mais éliminer les Belges.

FG III n'est pas justement FG II selon Bergh. Il n'y est plus question de centre de gravité à fixer en cours de l'offensive, même si ce n'est pas dit explicitement. Bergh s'appuie sur une conférence du 20 janvier, je cite :

« « Pensées du Führer » (notées par Keitel) :

1.- Fondamentalement d’accord avec les buts fixés par Fall Gelb, et aussi avec la dissimulation obtenue de la formation du centre de gravité, en particulier de l’aile sud.
»

Bergh interprète par cette note qu'Hitler abandonne l'idée de former le centre de gravité au cours de l'opération et donc former le centre de gravité avant (et de le dissimuler), mais qu'il n'est pas encore décidé de où il le sera, même si on a déjà un penchant (« en particulier de l'aile sud »).

FG III sert de transition entre FG II et FG IV. C'est le 13 qu'Hitler se décide finalement.

Ah oui un point que j'ai oublié : Bergh dit également que la décision de Fall Gelb IV a également été rendu possible lorsqu'il y avait suffisamment d'infanterie pour défendre le long flanc sud, il n'y en avait pas assez en automne.

SiVielSto a écrit:

Pour Halder, selon François de Lannoy "Le Generaloberst Franz Halder" dans 39-45 N°271, je cite :

Citation :
Mais le 5 novembre, en raison de mauvaises conditions climatiques, Hitler décide de repousser l'opération au printemps...Halder va désormais se consacrer exclusivement à son travail et, paradoxalement, mettre son tout son professionnalisme au service d'un chef qu'il détestait au fond de lui...
Lors de la préparation de la campagne de France, Halder se montre d'abord opposé au plan Manstein...
Mais lorsqu'il se rend compte avec Brauchitsch que Hitler a décidé de se rallier au plan Manstein, il anticipe les ordres du Führer en renforçant la composante blindée du groupe d'armée "A" chargé de la percée. Après la guerre, il reconnaîtra d'ailleurs l'intuition de Hitler d'avoir adopté ce plan. Lors de l'offensive de mai-juin 1940, Halder s'oppose à plusieurs reprises à Hitler. Il lui reproche de freiner l'avance de l'aile gauche de son dispositif au profit de l'aile droite. Il ne saisit pas moins ses hésitations devant Dunkerque qui empêchent la destruction totale de l'armée britannique...
  
C'est justement la thèse classique apportée par Liddell Hart et reprise habituellement (Horne, Frieser, Lemay...). Mais pour Bergh si Halder est d'abord opposé aux idées de Manstein c'est que :
1) Le (nouveau) dispositif allié peut s'opposer à ce que Manstein propose le 31 octobre
2) L'idée d'une attaque secondaire vers le sud, pour défendre le flanc gauche, lui parait « une toute autre opération »
3) Halder et Brauchitsch ont les mains liés par la volonté d'Hitler de former le Schwerpunkt au cours de l'offensive seulement. Du reste, Halder se dit d'accord avec Manstein...

On peut également se demander si la faiblesse du secteur de la Meuse de Sedan était déjà perçue à ce moment là. Manstein n'en parle pas dans ses mémorandums et apparemment le premier à en parler serait von Schell (inspecteur des troupes motorisées et etc.). D'après Bergh, Manstein envisageait vraisemblablement de passer la Meuse autour de Givet.


Flahaut a écrit:
Sources belges (le ROI) :l'incident de Mechlen irrite le fuhrer.La conséquence en est le renfort du GA Von Rundstedt PAR DES DIVISIONS BLINDEES venant du GA Von Beck et un déséquilibre des forces avec una aile gauche surpuissante.Von Rundstedt reparle du plan de Manstein (Gudérian appuie) et ce plan prévoyant un franchissement des Ardennes au but de "casser" le maillon faible des armées françaises est représenté à Hitler qui l'adopte
Ancienne présentation des conséquences de l'incident, que défend Walter Warlimont (chef du bureau des opérations de l'OKW).

Mais désormais on (par exemple Frieser, Lemay, Bergh, Koeltz, Chaix...) reconnait que ce n'est pas cet incident qui a provoqué le changement de plan. L'argumentation est que :

  • D'abord les Allemands conservent FG II tel quel, espérant en l'appliquant rapidement devancer les contre-mesures belges.
  • Ensuite FG III est notifié par l'OKH le 30 janvier: d'un coté (Frieser) on estime que c'est FG II alors ça ne change rien, d'un autre coté (Chaix) c'est le report sine die (temps pourri en février et prévu pour mars-avril) qui permet de reprendre les plans en profondeur, d'un troisième coté (Bergh) ce n'est pas le même plan mais ce qui l'a changé ce sont les conférences décidant du centre de fixer le centre de gravité et miser sur la surprise.


L'influence de Mechelen a été selon Frieser de faire découvrir aux Allemands le dispositif allié qui avait été mis en alerte, leur intention d'entrer en Belgique ; au passage il faut remarquer que cette rentrée en Belgique est importante pour le succès de l'enveloppement « coup de faucille ». Certains considèrent que si le plan Schlieffen-Moltke de 1914 a échoué, c'est parce que Moltke a maintenu trop de forces en Alsace, empêchant les Français de s'y avancer, ce qui outre pour les Allemands de ne pas avoir mis plus de forces sur l'aile nord qui aurait donc été trop faible pour sa mission, aurait permis au Français de faire roquer leurs divisions d'est en ouest et d'obtenir une supériorité numérique assez nette sur la Marne. Ce serait donc en cela selon Frieser que l'incident de Mechelen est important : il assure les Allemands de l'entrée en Belgique des Alliés.

Cependant Chaix dit que les Allemands étaient déjà renseignés à ce moment là sur nos deux plans Escaut et Dyle. Pour lui, la conséquence aurait plutôt été que les Allemands pensent que les Alliés en ont été confortés dans leur vision d'un plan Allemand avec l'effort au nord. Sous entendu, cela a peut-être contribué à l'adoption d'un effort au sud ? Difficile à dire, mais ça a du intervenir aux cotés d'autres réflexions.

Une influence indirecte donc ? Pour ce qui est de l'influence directe, il y en a quand même : l'assaut aéroporté prévu contre Namur-Dinant est annulée (les opérations seront alors reportés contre la Hollande). Au fond les Allemands semblaient plus gênés par des révélations sur leurs opérations spéciales que sur leur axe d'effort principal qui était alors celui classique que les Alliés cherchent à parer, les Allemands le savent, ils connaissent les plans alliés. Si les Belges n'avaient pas le temps de prendre des contre-mesures, les Allemands pouvaient espérer percer rapidement leurs positions pour foncer vers l'ouest et arriver avec leurs divisions rapides sur la ligne Anvers-Namur avant que les Alliés ne s'y soient correctement installés et les vaincre dans un combat de rencontre auxquels ils ne sont pas préparés.

Cordialement, Smile

Et pardon de faire un peu long...
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 15 Jan 2014, 21:56

Pour Frieser, je sais que beaucoup y lisent la thèse de la victoire par accident. 
Moi pas (qui suis-je?). Déjà il y a un plan pour gagner alors... où est l'accident?

Pour ma liaison de FG III à FG II, je n'ai fait que reprendre (sans vérifier les cartes des différents FG, il est vrai) votre idée :

chevalier libre a écrit:
 Fall Gelb III (31 janvier) est ainsi diffusé, il ressemble en grande partie à Fall Gelb II mais, si le centre de gravité n'est pas clairement désigné, tout porte à croire qu'il sera au sud.

J'aurais (après consultation des cartes) dû lier FG I et FG II ensemble. Car eux se ressemblent vraiment. Pour FG III, rien ne me porte à croire que le centre de gravité sera (ou pourra être en pratique) au Sud. Je développe l'idée par la suite.

Chevalier libre a écrit:
Selon Bergh, FG I est adopté au moment où les Allemands pensent que les Alliés n'ont presque rien pour rentrer en Belgique car concentrés dans la Sarre. Ce qui est vrai en septembre, et de moins en moins au cours du mois d'octobre. FG I n'était pas destiné à attaquer (directement) les Alliés mais éliminer les Belges.

C'est ce que je pensais avoir dit 

SiVielSto a écrit:
 Il est donc prudent et cherche à acquérir des avantages pour la suite sans viser la victoire décisive. Il place cependant clairement un effort principal au Nord (plaine belge). S'il avait été appliqué en mai 40, il aurait pu aussi faire très mal aux Alliés entrant en Belgique. Le choc aurait été frontal, entre efforts principaux des adversaires, le combat aurait été très dur, sûrement plus coûteux qu'avec le plan retenu, mais la supériorité  tactique allemande et l'appui de la LW auraient certainement donné la victoire au camp germanique avec un Dunkerque pratiquement impossible pour des Alliés bousculés et serrés de près. 
Remarque : N'oubliez pas non plus l'arrivée très progressive de la BEF! Il n'y a pas que la France! Et pour 1914, il y a la Russie qui immobilise plus de troupes germaniques que l'Alsace... et l'Armée Belge qui attaque l'aile droite allemande deux fois en flanc depuis Antwerpen au moment de la Marne.

Mon attaque contre les Alliés entrant en Belgique est une hypothèse si FG I/II avait été appliqué en mai 40.

Vous ne m’enlèverez jamais de la tête qu'un plan (FG III) de cette ampleur sans centre gravité (ou effort principal) marqué est un bon plan! C'est de l'amateurisme.
Quant à dire que le but est de le camoufler... Camoufler et surprendre (manœuvre de déception) c'est le le b-a-ba de la stratégie et de la tactique. Quand on ne le camoufle pas, on appelle cela de la dissuasion.

FG III est un plan mal monté, résultat probable des concessions répétées à Hitler, concessions déplaçant effectivement l'effort principal du Nord vers ... nulle-part...

Un centre de gravité d'une aile (vous faites parler Keitel de celui de l'aile Sud) ne donne pas un centre de gravité à l'ensemble du plan! Et c'est celui-là qui compte!


FG III aurait peut-être été la meilleure chance des Alliés s'il avait été appliqué en mai 40...:
-6 PzDiv avec de l'infanterie (+2 PzD en Réserve) font face aux 1e et 7e Armées, à la BEF et l'Armée Belge au Nord du Sillon Sambre et Meuse. 
-2 Pz Div avec de l'infanterie font face à une partie du Groupement K belge, aux DLC françaises, aux 9e et 2e Armées.
Les réserves alliées devraient avoir plus de liberté que dans FG IV.

Pas de centre de gravité marqué! ==> pas de victoire ou victoire difficile!

Mais il y eut un FG IV...

Chevalier Libre a écrit:
Ah oui un point que j'ai oublié : Bergh dit également que la décision de Fall Gelb IV a également été rendu possible lorsqu'il y avait suffisamment d'infanterie pour défendre le long flanc sud, il n'y en avait pas assez en automne.

Pensez-vous que FG III sans infanterie aurait fonctionné? Fg III est plus exigeant que de couvrir le flanc Sud de FG IV. 
En effet dans FG IV, on peut estimer que la vitesse et la manœuvre vont en partie empêcher une contre-attaque  de grande ampleur du flanc Sud.

FG III impose beaucoup plus à l'infanterie allemande que FG IV :
-Elle devra porter aux côtés des panzers une partie importante du choc initial (la puissance des panzers est réduite par leur dispersion).
-Elle devra pouvoir faire face à des contre-attaques alliées plus nombreuses (plus de flancs car 3 axes), de plusieurs côtés et mieux organisées car l'offensive risque de se développer moins vite.
-Elle devra maintenir plus longtemps le rythme des panzers pour maintenir la pression sauf succès initial décisif (peu probable car les efforts sont dispersés).

Pour les réactions belges possibles après Mechelen,  la plus problématique pour les Allemands aurait été une rupture de la neutralité belge. 
Nous n'allions quand même pas franchir le Rhin en représailles!

Bien que "de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves !" disait un ancien envahisseur...
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Jeu 16 Jan 2014, 06:29

SiVielSto a écrit:

Bien que "de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves !" disait un ancien envahisseur...

Bonjour à tous, bonjour Olivier,  Very Happy 

Merci pour les développements en relation directe avec la question posée !

Cordialement,

Thierry Moné

PS. Je trouvais que le citation de César était un peu perdue dans le texte ; elle mérite d'être lue et relue...  pirat 

'
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avz94
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Lun 20 Jan 2014, 15:49

Bonjour

voici une étude de 1953, effectuée par le LCL LUGAND, sur les plans allemands. Pour cette étude il s'appuie sur les renseignements puisés dans le plan pris à Mechelen, les documents du procès de Nuremberg et l'album de Hitler qui donne la situation quotidienne des grandes unités allemandes sur le front ouest : 

Au 2 septembre 1939, rien n’est prêt du côté allemand, aucun plan n’est arrêté en vue de la lutte contre les alliés. Fidèle à sa doctrine d’action, lente et progressive, confiant en son étoile et dans le manque d’union et de fermeté des Franco-Britanniques, le chancelier n’a pas prévu qu’il lui serait immédiatement nécessaire de prendre des décisions à l’ouest.

L’attitude à tenir est définie par la directive n°1 du 31 août 1939 : « il importe qu’à l’ouest la responsabilité des hostilités retombe de façon très nette sur la Grande-Bretagne et la France. Au début on se contentera de réagir contre les petites violations de frontière. L’attention est tout spécialement attirée sur le fait que le Commandement Suprême des Forces Armées doit être averti sans aucun retard des violations de neutralité que pourraient commettre nos adversaires occidentaux. »  Il s’agit donc bien de garder une attitude de défensive active mais non agressive avec 25 divisions du 2ème catégorie.

L’idée directrice qui présida à la mise en place des unités rappelées de l’est, aussitôt après la mise hors combat de la Pologne fut la mise à l’abri du territoire du Reich et tout spécialement de la Ruhr contre toute offensive alliée. Pour cela un front solide et continu fut constitué le long de la frontière française à l’abri de la ligne Siegfried et une importante masse de manœuvre fut concentrée dans la vallée du Rhin et le Palatinat. Ce n’est que dans la deuxième quinzaine de septembre que le Führer envisage l’emploi de ces forces dans un but offensif en vue d’assurer un glacis aussi important que possible en avant du bassin de la Ruhr par la conquête des plaines hollandaises et belges où l’ennemi pouvait installer des aérodromes, puis afin d’organiser les territoires conquis en vue de mener une offensive aérienne et sous-marine contre la Grande-Bretagne pour détruire le potentiel industriel et les ports. Enfin, si les circonstances sont favorables, on en profitera pour détruire l’armée française.

Le 27 septembre 1939, Hitler prend la décision d’attaquer à l’ouest et prescrit de terminer les préparatifs pour le 12 novembre. Il estime en effet que le temps ne travaille pas pour l’Allemagne. La défaite de la Pologne a créé la possibilité de mener une guerre sur un front unique et la position de la Russie n’est pas sûre. Un seul moyen se présente à l’armée allemande pour mener une opération vraiment payante, c’est d’attaquer à travers la Hollande et la Belgique et Göring pousse à l’occupation de la Hollande pour des raisons de stratégie aérienne.

A la notification du Führer, le commandant en chef de l’armée répond en présentant un plan Schlieffen amélioré comportant l’action d’une masse de manœuvre agissant entre Venlo et Liège pour envelopper l’aile gauche française, nettoyer la côte de la mer du Nord et du Pas-de-Calais, passer la Seine entre Paris et Rouen. Cette opération se décomposait en deux temps : écrasement de l’aile française contre la côte puis redressement du dispositif vers le sud.

Le commandant suprême rejette ce plan en se basant sur deux remarques générales : l’aile gauche des français très renforcée a été poussée jusqu’à la mer du Nord et le réflexe de l’adversaire a toujours été de couvrir directement la direction de Paris. D’autre part, il se rend bien compte que l’initiative lui appartient et que ses troupes pourront disposer au moins d’une bonne demi-journée d’avance sur les mouvements des armées alliées. Enfin, l’armée allemande manque du matériel d’artillerie lourde nécessaire à l’attaque de la ligne Maginot et elle court le risque d’être prise à revers par une contre-attaque des armées alliées menée à travers la Belgique. Du plan Schlieffen il ne conservera que le but indiqué dans le Mémoire de 1905, c'est-à-dire la nécessité d’écraser l’armée française et, pour cela, de violer la neutralité belge. L’objectif initial est Abbeville. Sur mer, Hitler décide de temporiser pour ménager des possibilités d’entente avec la Grande-Bretagne.

Le 07 octobre 1939, Hitler prescrit la constitution du Groupe d’Armée B destiné à préparer l’invasion de la Hollande et du nord de la Belgique ; la conception s’élargit, et assuré d’une victoire foudroyante, le chancelier du Reich se dispose à violer la neutralité d’une nation dont le commerce avait facilité le ravitaillement du Reich impérial au cours de la première guerre mondiale.

Le 09 octobre 1939, le commandant suprême signe l’Instruction n°6 « pour la conduite de la guerre ». Au cas où les Occidentaux ne feraient rien pour mettre fin à l’état de guerre, l’Allemagne doit passer rapidement à l’offensive, car, si l’on attend trop longtemps, les Belges et les Hollandais passeront inévitablement dans le camp adverse ce qui ébranlera la confiance des autres Neutres et empêchera l’Italie de prendre une part active aux hostilités. Pour cela on préparera sur l’aile nord du front occidental une offensive violente et rapide à travers le territoire belgo-luxembourgeois et hollandais. Il s’agit de battre la plus grandes partie des forces alliées et de conquérir en Hollande, en Belgique et dans la France du nord le plus de place possible pour y établir des bases de guerre aéro-navale contre la Grande-Bretagne. Le premier avantage que l’on en tirera sera une protection plus efficace de la Ruhr. La date de l’attaque dépendra du moment où les unités blindées et motorisées seront prètes, et des prévisions météorologiques. L’aviation appuiera à fond l’action de l’armée par un appui immédiat et action contre les débarquements possibles de troupes anglaises en Belgique et en Hollande. L’armée de terre et l’aviation doivent être constamment prêtes à se porter au-devant d’une invasion franco-anglaise de la Belgique, le plus loin possible en territoire belges et hollandais.

Le 10 octobre 1939, le Führer développe son plan au cours d’une de ses conférences. L’offensive doit amener l’anéantissement de l’armée française. Le front d’attaque principal sera compris entre Nimègue et le Luxembourg, en négligeant la place forte de Liège. Les territoires hollandais, belges et luxembourgeois doivent être forcés au plus vite et les forces franco-anglaises qui s’opposeront à la manœuvre seront battue. Les fronts d’attaque doivent être assez larges pour interdire tout redressement des armées défaites. On ne devra pas se laisser arrêter par la résistance des places fortes et les villes seront contournées si elles ne gènent pas la suite des opérations. Les unités blindées ne doivent à aucun prix rester inemployées ou aller se perdre dans les interminables agglomérations belges. Leur mission essentielle est de procéder par des coups de béliers destinés à empêcher la stabilisation du front. Elles s’entr’aideront au mieux, attaquant par derrière les lignes fortifiées et se déplaçant suivant les circonstances. Elles devront déborder Anvers le plus vite possible pour couper la retraite à l’armée belge. La prise d’Anvers sera assurée par des unités de deuxième ligne. La plus grande attention doit être portée aux possibilités de contre-attaques ennemies et tout sera employé pour les briser, y compris les unités de DCA lourde.

L’aviation portera au maximum son action contre les communications et les transmissions ennemies pour rendre impossible l’action du commandement ; cette mission prime même l’action contre l’aviation ennemie. Lorsqu’il s’agira de briser la volonté de résistance ennemie, elle attaquera avant tout les positions de batteries, les concentrations d’infanterie, les colonnes en marche et les centres de résistance bien repérés. Le but essentiel est la destruction des forces de campagne et non des villes et des places fortes.

Afin de rapprocher au maximum la date de l’attaque, il faut que les divisions blindées soient prêtes le plus vite possible, quittes à ne pas être constituées conformément aux tableaux d’effectifs. Les troupes de forteresse seront intégrées dans les divisions d’infanterie à 6 bataillons (deux ou trois régiments) s’il le faut pour combler les pertes de la campagne de Pologne.

La condition essentielle du déclenchement de l’offensive est d’avoir un temps favorable à la progression des blindés et à l’action de l’aviation. Une fois les premières résistance brisées, le reste de la campagne peut se poursuivre par n’importe quel temps.

En exécution de ces directives le général von Brauchitsch lance le 29 octobre, son ordre d’opération hypothèse jaune. L’intention générale est de battre la plus grande partie de l’armée française et de ses alliés en Belgique et dans le nord de la France. L’attaque sera menée par les groupes d’Armées A et B pour anéantir les forces alliées au nord de la Somme. Les divisions d’attaque se rassemblent entre Gelder et Mettlach prêtes à passer au dispositif d’attaque en 6 nuits au plus. Le Groupe d’Armées C tiendra avec le minimum de forces les fortifications de son secteur ; un faux ordre d’attaque le concernant sera publié afin de tromper l’adversaire sur les intentions du commandement allemand.

Les 6ème et 4ème Armées sont subordonnées au Groupes d’armées B, les 18ème et 2ème Armées seront prêtes à être engagées sous ses ordres

 Les 12ème et 16ème Armées sont subordonnées au Groupe d’Armées A qui forme l’aile sud de l’offensive.

Les limites sud des Armées sont les suivantes :

-         6ème Armée : Gladbach (6°), mulheim (6°), Cologne (4°), Aix-la-Chapelle (6°), Lisières sud de Liège et Nivelles (4°) ;
-         4ème Armée : Rosbach-sur-Sieg (4°), cours de l’Ahr jusqu’à Antweiler inclus, Hillesheim (12°), Pronsfeld (12°), Houffalize (4°), Saint-Hubert (12°), Haybes (12°) ;
-         12ème Armée : Greuzhausen (16°), Bendorf (16°), Dickirch (12°), Florenville (16°), Garignan (16°) ;
-         16ème Armée : Lorch (16°), Gemunden (16°), Nonnweiler (16°), Mettlach (16°), Diesdorf (16°).

Le Groupe d’Armées B enfoncera les fortifications belges et portera un groupement d’attaque au nord de liège vers Bruxelles et un autre par le sud de Liège à l’ouest et au sud-ouest de Namur, puis agira suivant les circonstances vers l’ouest, le nord-ouest ou le sud-ouest.

Dès que la rupture des fortifications sera accomplie, les troupes blindées seront engagées avec la plus grande vigueur, celles du nord vers Gand, celles du sud vers Thuin pour disloquer l’ennemi et lui interdire la constitution d’un front. Ces unités seront groupées là où les conditions seront les plus favorables, quitte à changer d’Armée ou de Groupe d’Armées ; elles agiront indépendamment des unités d’infanterie.

Le territoire hollandais sera occupé à partir du troisième jour de l’offensive jusqu’à la ligne Grebbe, Meuse ; Les opérations ultérieures dépendront de l’attitude des Hollandais et de l’efficacité des inondations. Les îles de la Frise seront occupées à l’exception de Texel, qui fera l’objet de mesures ultérieures. L’opération sera effectuée par le Groupe d’Armées B.

 La 6ème Armée partant de la ligne Venlo-Aix-le-Chapelle s’emparera rapidement des ponts de la Meuse et protégera son flanc droit contre l’action des forces hollandaises ; elle enfoncera les fortifications de la frontière belge, sans s’y attarder. La défense d’Anvers devra être disloquée au plus vite et Liège encerclé par le nord.

 La 4ème Armée enlèvera sur un large front la ligne fortifiée belge entre Liège et Houffalize et attaquera de part et d’autre de Namur la ligne Nivelles-Chimay. Elle isolera Liège à l’est et au sud et complétera aussi rapidement que possible l’encerclement de la place. Namur devra être masquée par un faible détachement.

Le Groupe d’Armées A attaquera vers l’ouest par son aile droite et franchira la Meuse entre Fumay et Mouzon ; elle poussera le plus loin possible à travers la ligne fortifiée française en direction de Laon ; la gauche du Groupe d’Armées couvrira l’attaque au sud et au sud-ouest.

 Le Groupe d’Armées A constituera un groupement des forces blindées et motorisées qui se rassemblera dans la zone des clairières d’Arlon, Tintigny et Florenville. Ce groupement opérera en direction de Sedan et de la région à l’est de cette ville. Il détruira les forces mobiles ennemies jetées dans le sud de la Belgique, gagnera la rive ouest de la Meuse près de Sedan et créera les conditions favorables à la poursuite des opérations.

 La 12ème Armée traversera l’Our, enfoncera les fortifications de la frontière belge de part et d’autre de Bastogne et franchira la Meuse entre Fumay et Mouzon et poussera vers Laon.

 La 16ème Armée partira de la ligne Wallendorf, Mettlach et gagnera la ligne Mouzon, Longwy, Sierck et se reliera au sud de Mettlach à la 1ère Armée.

 Les troupes occupées aux travaux de fortifications continueront leur mission.

 Les unités d’attaque devront être rassemblées pour le 5 novembre de façon à être en état de passer à l’attaque en six nuits.

 Les forces aériennes s’efforceront d’arrêter les forces françaises dans la région de la frontière franco-belge par l’action des bombardiers.

 Cependant l’armée allemande est loin d’être prête et amalgamée ; elle dispose d’un noyau actif de qualité et supérieurement armé, dont le dynamisme est extraordinaire. Les cadres sont en nombre insuffisant et encore inexpérimentés. Enfin le temps continue à se montrer défavorable.

Le 31 octobre 1939, sous l’influence du général Manstein, le général von Rundstedt présente ses observations au plan que nous venons d’exposer :  il s’agit de battre la totalité des forces ennemies placées au nord de la Somme ; l’axe d’effort principal doit donc être choisi au centre. Pour cela il faut agir au sud de Liège, franchir la Meuse en amont de Namur et marcher sur Arras et Boulogne en coupant l’ennemi de la Somme. Peu après, Manstein consulte Gudérian pour savoir s’il est possible d’envisager l’emploi de forces blindées importante agissant vers Sedan pour prendre de flanc les troupes alliées engagées en Belgique après avoir percé la faible ligne défensive qui existe en cet endroit. Gudérian ayant approuvé cette conception hardie, Manstein présente son étude à von Rundstedt qui la transmet le 4 décembre à von Brauchitsch. Le plan fut mis de côté à l’O.K.H.

Mais entre temps, au cours d’une visite au Grand Quartier Général de Hitler, Manstein expose que la décision n’interviendra pas à l’ouest de la Meuse mais dans la région de Sedan-Charleville où existe un point faible dans les lignes de défense française. Il faut donc engager sur cette direction une importante force blindée ou il faut masser toutes les unités puissantes au centre. De ces rapports et de ces conversations Hitler ne retient qu’une chose c’est qu’il existe un point faible dans la région de Sedan.

Cependant, dès le 11 novembre, il ordonne la constitution d’un groupement blindé comprenant les 2ème et 10ème Division Blindées, la 1ère Division Motorisée, le Leibstandart Adolf Hitler et le régiment Grossdeutschland, qui sera engagé par la zone non boisée Arlon, Tintigny, Florenville en direction de Sedan. Sa mission est de battre les forces mobiles ennemies lancées au sud de la Belgique, gagner par surprise la rive gauche de la Meuse à Sedan et au sud-est pour créer les conditions favorables à la poursuite des opérations. Ce groupement sera sous les ordres du 19ème Corps d’Armée qui recevra des éléments d’artillerie lourde, du génie et des pontonniers.

 La 4ème Division blindée sera mise à la disposition du commandement de l’armée de terre dans la région Hanau-Aschaffenbourg.

 Le 15 novembre , Hitler précise les conditions d’occupation de la Hollande : la province de Groningue ne sera conquise que par des unités légères soutenues par des trains blindés. La ligne de la Grebbe sera masquée par des forces spéciales. Dans les territoires compris entre Meuse ou Waal et la frontière hollando-belge, un groupement spécial opérera sur l’aile nord de la 6ème Armée ; elle se couvrira sur la face sud de la forteresse hollande, mais n’occupera les îles de la Frise occidentale que sur ordre. Pour cela le 33ème Corps d’Armée, les 223ème et 208ème Divisions seront rapprochées avec la 1ère Division de Cavalerie de la frontière ouest dans la région de Munster.

 Mais la directive du 20 novembre 1939 vient modifier les instructions précédentes. Le Führer ordonne pour l’opération contre la Hollande aura lieu en même temps que l’offensive générale des autres armées. L’axe d’effort sera reporté du Groupe d’Armées B au Groupe d’Armées A si le dispositif ennemi, tel qu’il est connu, permet d’espérer un succès plus complet au sud. Il est prescrit que les unités seront maintenues en permanence dans l’état d’alerte initial. Au cours de la conférence du 23 janvier 1940, Hitler précise qu’il faut précéder les alliés en Belgique et, pour cela, attaquer au moment le plus favorable en violant la neutralité de la Belgique et de la Hollande.

Au cours des mois suivants, l’idée se précise peu à peu et le plan définitif prend forme. Il est connu par les débris des papiers pris aux aviateurs allemands tombés à Méchelen, le 10 janvier 1940.

Les territoires hollandais, belges et luxembourgeois seront envahis simultanément. La rupture des lignes de défense sera effectuée dans les conditions prévues dans les premières instructions. Le Groupe d’Armées B actionnera les 18ème et 6ème Armées qui progresseront le plus rapidement possible l’une en direction de la ligne de défense avancée de la Vesting Holland et de la côte du Zuiderzée, l’autre au contact des alliés d’Anvers à Namur en gagnant le maximum de terrain. L’axe d’effort principal du Groupe d’Armées passe par Maestricht et Mons. La 6ème Armée dispose d’un groupement blindé à 2 divisions, le 16ème Corps blindé, la 18ème Armée est appuyée par une seule division blindée.

Au Groupe d’Armée A, la 4ème Armée, contournant et masquant Liège par le sud, bordera au plus vite la Meuse de Namur à Dinant. Elle sera précédée par le 34ème Corps blindé à 2 divisions qui agira sur l’axe d’effort de l’armée ; il occupera les ponts d’Annevoie, Yvoir et Dinant que la division parachutiste aura préservés de la destruction et gardés jusqu’à l’arrivée des blindés. Cette armée sera suivie de la 2ème Armée.

La 12ème Armée se portera vers la Meuse de Dinant à Carignan. Elle sera précédée par deux corps blindés, le 12ème à deux divisions opérant au nord de Charleville et le 19ème à trois divisions agissant sur Sedan et à l’est.

La 16ème Armée envahira le Luxembourg et couvrira l’opération face au sud de Montmédy à Sierck.

L’alerte du 11 janvier 1940 a montré nettement les intentions du commandement français : groupement à l’aile gauche de l’Armée française du gros des forces de campagne, en particulier des meilleures divisions d’infanterie et des divisions motorisées en vue de s’opposer à l’enveloppement de cette aile par une manœuvre à la Schlieffen. Aussi la décision est-elle maintenant bien prise de renoncer Annibal pour s’inspirer d’Alexandre ; il n’est plus question d’envelopper l’armée française par une aile mais de rompre sont front et d’écraser l’aile principale en exploitant sur Amiens et le Pas-de-Calais ; et en se couvrant simplement sur la direction de Paris.

Le plan précédent sera maintenu en gros car, bien qu’il soit connu de l’ennemi, Hitler pense que les alliés ne supposeront pas qu’il puisse être appliqué malgré tout. Craignant que la seule division parachutiste qu’il possède ne tombe dans un piège et ne soit détruite inutilement, il ordonne, le 11 janvier 1940, que la 7ème division parachutiste étudiera, outre l’hypothèse nord (parachutage dans la tête de pont de Gand) et l’hypothèse sud (parachutage au nord de Dinant), son intervention à l’intérieur de la Vesting-Holland pour en désorganiser la défense, assurer la conservation des ponts nécessaires à l’avance des troupes de terre et permettre la liquidation rapide de cette poche avant qu’une aide efficace alliée ne lui soit parvenue.

Dès que la mise au point de l’invasion du Danemarck et de la Hollande fut terminée, la dernière main fut mise au plan jaune. La 7ème division parachutiste du général Student renforcée par la division aéroportée von Sponeck sera déposée en Hollande. Seules, la rapidité et la surprise assureront le succès de l’opération de franchissement de la Meuse à Dinant. Le groupement blindé von Kleist recevra l’appui du 8ème Corps d’Armée aérien qui comprendra la totalité des avions d’assaut. Le reste de la Lutfwaffe attaquera initialement par tous ses moyens disponibles les aérodromes du nord-est et de l’est de la France pour y détruire les appareils de chasse et de reconnaissance. Tout est donc prévu pour assurer le succès de la manœuvre.

Cordialement
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Lun 20 Jan 2014, 21:46

avz94,

Beau développement trop riche pour ce soir.
Je lis cela à tête reposée.

Merci
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mer 22 Jan 2014, 18:28

Bonjour à tous  Smile 

SiVielSto a écrit:
Pour Frieser, je sais que beaucoup y lisent la thèse de la victoire par accident. 
Moi pas (qui suis-je?). Déjà il y a un plan pour gagner alors... où est l'accident?
Au sens où le plan adopté n'aurait pas été celui de l'état-major (à l'origine de l'accident, Manstein), que la Generalität ne croyait pas cette victoire possible et n'avait pas compris ce plan, que c'est finalement les initiatives des exécutants (Guderian !) qui en ont permis l'exécution correcte.

Citation :
Pour ma liaison de FG III à FG II, je n'ai fait que reprendre (sans vérifier les cartes des différents FG, il est vrai) votre idée :

chevalier libre a écrit:
 Fall Gelb III (31 janvier) est ainsi diffusé, il ressemble en grande partie à Fall Gelb II mais, si le centre de gravité n'est pas clairement désigné, tout porte à croire qu'il sera au sud.

J'aurais (après consultation des cartes) dû lier FG I et FG II ensemble. Car eux se ressemblent vraiment. Pour FG III, rien ne me porte à croire que le centre de gravité sera (ou pourra être en pratique) au Sud. Je développe l'idée par la suite.
FG II et FG I sont différents : le I s'en prend surtout aux Belges avec l'attaque de front de la 6. Armee, flanqué au nord par la 2. Armee qui doit investir Anvers et empêcher une action depuis / empêcher un repli vers cette position, au sud la 4. Armee qui franchit la Meuse entre Namur et Liège pour prendre les forces qui font front à la 6. Armee à revers. Ensuite, ces forces se regroupent (notamment les blindés en Panzergruppe) pour poursuivre vers l'ouest.

FG II oublie l'idée d'envelopper les Belges. Désormais, il faut progresser résolument vers l'ouest pour empêcher la formation d'un front commun entre Belges et Alliés.

Sur un plan supérieur : FG I vise surtout une décision partielle avec des objectifs limités. FG II est plus ambitieux dans ses objectifs : il faut faire la décision.

FG III partage cet objectif. FG III est dans une certaine mesure dans la continuité de FG II : il reprend les modifications qui lui ont apporté (alourdissement vers le sud) mais l'idée d'un centre de gravité à former au cours de l'offensive n'y est plus.
SiVielSto a écrit:
Et pour 1914, il y a la Russie qui immobilise plus de troupes germaniques que l'Alsace... et l'Armée Belge qui attaque l'aile droite allemande deux fois en flanc depuis Antwerpen au moment de la Marne.
Excusez moi d'avoir parlé de Schlieffen, mais si je parlais d'une des (j'aurai du le préciser) causes avancée pour parler de son échec, il s'agissait ici surtout d'illustrer l'importance de l'avancée en Belgique des Alliés pour les Allemands. On peut rajouter encore bien d'autres explications pour l'échec du plan de 14 et proposer d'en invalider certaines mais ça serait hors-sujet Wink 

Citation :
Quant à dire que le but est de le camoufler... Camoufler et surprendre (manœuvre de déception) c'est le le b-a-ba de la stratégie et de la tactique. Quand on ne le camoufle pas, on appelle cela de la dissuasion.

FG III est un plan mal monté, résultat probable des concessions répétées à Hitler, concessions déplaçant effectivement l'effort principal du Nord vers ... nulle-part...

Un centre de gravité d'une aile (vous faites parler Keitel de celui de l'aile Sud) ne donne pas un centre de gravité à l'ensemble du plan! Et c'est celui-là qui compte!
(...)
-6 PzDiv avec de l'infanterie (+2 PzD en Réserve) font face aux 1e et 7e Armées, à la BEF et l'Armée Belge au Nord du Sillon Sambre et Meuse. 
-2 Pz Div avec de l'infanterie font face à une partie du Groupement K belge, aux DLC françaises, aux 9e et 2e Armées.
Les réserves alliées devraient avoir plus de liberté que dans FG IV.
Vous êtes sûr ? Il me semble qu'il y a 5 Panzer-Divisionen (3 à la 4. Armee et 2 à la 12. Armee) au sud de l'axe Liège-Namur. Sous cet axe il y a : 4. Armee (HGr B) + 12. Armee (HGr A) + 16. Armee (idem) + 2. Armee (réserve de l'OKH)

Le centre de gravité est moins marqué que sur FG IV mais quand même ! Oui il en sera sans doute moins efficace...
Mais il faut voir aussi qu'un front d'attaque plus large, s'il bouscule le front ennemi, rend la situation d'autant plus difficile à rétablir pour l'ennemi.

Et il y a sans doute un aspect transition dans FG III : apparemment les Allemands espèrent pouvoir attaquer en février, cela laisse-t-il le temps de revoir le plan (les concentrations) en profondeur ? Finalement le temps est pourri...

Si on insiste sur le camouflage, que son importance est augmentée, c'est qu'on compte de plus en plus sur le facteur surprise en déplaçant le centre de gravité au sud.

Cordialement,
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Dim 26 Jan 2014, 21:15

Bonsoir,

D'accord que l'objectif de FG II est plus ambitieux que celui de FG I mais les dispositifs sont proches.
Je serais curieux de voir le libellé précis de l'idée de manœuvre de FG I concernant Antwerpen (Anvers). La Belgique n'envisageait plus de puis longtemps de se replier dans un réduit national (la place fortifiée d'Antwerpen), au point que la ceinture de forts d'Antwerpen n'avait pas été rétablie après 1918. Ces forts étaient devenus des dépôts. Je doute que l'Allemagne l'ignorait en 1939/1940.

Pour FG III, les PzDiv sont réparties comme suit :
-HG B : 6e Armée {4 PzDiv(+ 1 en réserve avec 18e Armée)} + 4e Armée {2 PzDiv (+ 1 avec 2e Armée)} - objectifs : Flandre belge et Pas-de-Calais avec flanc-garde vers Hirson. Axe au Nord de Namur! Soit plaine belge
-HG A : 12e Armée {2 Pz Div} + 16e Armée (Inf) - Objectif : Aisne (Soissons) - Axe Ardennes belges.

Paradoxalement dans les cartes représentant la version de FG de janvier 40, la 9e Armée française n'apparaît pas... 

Je ferai aussi remarquer que certains semblent considérer FG III comme un plan transitoire inintéressant au point de l'omettre consciemment (ils en font mention sans le détailler) dans leurs études.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   Mar 28 Jan 2014, 19:15

SiVielSto a écrit:
Bonsoir,

D'accord que l'objectif de FG II est plus ambitieux que celui de FG I mais les dispositifs sont proches.
Je serais curieux de voir le libellé précis de l'idée de manœuvre de FG I concernant Antwerpen (Anvers). La Belgique n'envisageait plus de puis longtemps de se replier dans un réduit national (la place fortifiée d'Antwerpen), au point que la ceinture de forts d'Antwerpen n'avait pas été rétablie après 1918. Ces forts étaient devenus des dépôts. Je doute que l'Allemagne l'ignorait en 1939/1940.

Pour FG III, les PzDiv sont réparties comme suit :
-HG B : 6e Armée {4 PzDiv(+ 1 en réserve avec 18e Armée)} + 4e Armée {2 PzDiv (+ 1 avec 2e Armée)} - objectifs : Flandre belge et Pas-de-Calais avec flanc-garde vers Hirson. Axe au Nord de Namur! Soit plaine belge
Oui on est d'accord mais la 4e armée agit au sud de l'axe Liège - Namur. Ceci dit pour aller dans votre sens les Allemands semblent douter à ce moment là que les unités blindées de celle-ci soient capables de franchir la Meuse au sud de Namur après l'incident de Mechelen. Voir notamment journal d'Halder au 15 février : il parle désormais de faire traverser la 4. Armee à Huy (donc agir au nord de Namur). Mais il y a plusieurs choses du journal d'Halder en janvier-février que j'ai du mal à comprendre...


Il faudrait que je retourne à la bibliothèque nationale de france consulter voir copier carrément les oeuvres de Jacobsen pour avoir un peu plus de matière.

Tiens en resurvolant le journal d'Halder et pour relancer un peu le titre du topic. Parmi les commandants envisagées pour le « coin blindé » : Kleist bien sûr, mais aussi (et ça me surprend un peu) Manstein.
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MessageSujet: Re: Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?   

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Manstein était-il le véritable auteur du plan allemand de mai 40 ?
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