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 Doctrine d'emploi des unités blindées

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dhouliez
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Ven 7 Mar 2014 - 11:45

Bonjour,

Je crois que votre exposé gagnerait à s'appuyer davantage sur des faits et des documents. En l'occurrence, j'ai l'impression que certaines de vos affirmations relèvent du cliché.

Je ne connais pas la composition exacte de l'équipe qui a rédigé la notice provisoire à l'usage des unités de la division cuirassée, fin 38, mais elle a travaillé sous l'autorité de l'inspecteur des chars, je doute donc fortement qu'elle ait été composée des membres du conseil supérieur de la guerre... Il se dit même que De gaulle y a collaboré.

Je prendrais deux exemples ailleurs :
L'Instruction sur l'emploi tactique des Grandes Unités de 1936 a été rédigée sous la responsabilité du général Georges. L'équipe comprend, outre le général Pujo, chef d'état-major de l'armée de l'air, 9 généraux, 3 colonels, 1 lieutenant-colonel (transmissions) et un chef d'escadron. Parmi les généraux, 3 commandent des divisions. 

La commission qui a rédigé le Règlement de l'Infanterie de 1938, sous l'autorité du général Touchon, comprend un général, vice-président, 1 colonel, 7 lieutenant-colonels, 6 commandants, 1 capitaine.

D'autre part, un groupement d'expérimentation (ou d'instruction) des chars a bien existé à Nancy, pour mettre au point la constitution de la DCR.

Cordialement,

DH
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ambarequiem
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Sam 8 Mar 2014 - 10:07

Bonjour,

dhouliez a écrit:


Je crois que votre exposé gagnerait à s'appuyer davantage sur des faits et des documents. En l'occurrence, j'ai l'impression que certaines de vos affirmations relèvent du cliché.

Certainement, mais je ne suis pas chercheur, juste un fureteur, et à part le web, je n'ai pas de base documentaire.


dhouliez a écrit:

Je prendrais deux exemples ailleurs :
L'Instruction sur l'emploi tactique des Grandes Unités de 1936 a été rédigée sous la responsabilité du général Georges. L'équipe comprend, outre le général Pujo, chef d'état-major de l'armée de l'air, 9 généraux, 3 colonels, 1 lieutenant-colonel (transmissions) et un chef d'escadron. Parmi les généraux, 3 commandent des divisions.

Y-a-t-il parmi ces généraux les commandant de GU blindé de l'époque (Flavigny et Altmayer je crois)?

Le groupement d'expérimentation des chars avec le DMC ne donne pas satisfaction du côté des chars d'infanterie (d'après ce qu'en dit SiVielSto). Et expérimenter n'est pas manœuvrer ou entraîner des GU blindées au combat.

SiVielSto a écrit:
Le DMC en revanche est très critiqué par Weygand à l'issue des exercices. Les résultats de son engagement au profit d'une division d'infanterie ont été décevants. En réalité, le DMC a été sous-employé, voire ignoré " un corps étranger" par la division appuyée dont l'action s'est retrouvée "décousue et d'efficacité incertaine".

Il est d'ailleurs étrange que ces observations n'est pas conduit à l'endivisionnement des chars de combat de l'infanterie au sein des DIM.

En effet on peut avantageusement remplacer dès 1939 un RI dans les divisions motorisées par une brigade de char de combat (en répartissant un BCC de char moyen B et D2 par brigade). On obtient ainsi 6 GU blindées d'infanterie (que l'on pourrait rebaptiser Division de Combat Mécanique), et à terme (pour mai 40), au moins 2 GU avec le même nombre de char qu'une DCR mais déjà amalgamée en manoeuvrant ensemble depuis au moins une année, ainsi que 4 GU blindées avec un bataillon de char moyen. Avec les DLM cela aurait constitué une masse de 8 ou 9 GU blindées aptes à contre attaquer  et à repousser l'ennemi.

Cordialement

Rémy
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Mer 9 Avr 2014 - 22:05

françois vauvillier a écrit:
Bonsoir à tous,

À l'attention spéciale d'Olivier (SiVielSto), relativement à sa phrase :

"Je maintiens que l'approche RCT/Combat Command de la US Army est bien plus polyvalente que l'approche de l'ATF 40 avec des groupements de ce niveau basés sur fantassins et chars. "
——————

Afin de développer éventuellement, mais cette fois en toute connaissance de cause, voici ce qui est dit, plus complètement, page 158 de l'ouvrage d'Henry Dutailly, cité plus haut par mes soins.

Les " groupements de combat cuirassés " préconisés par le général Héring comprendront :

"outre la demi-brigade mixte proposée par le général Martin [c'est-à-dire à deux bataillons de chars B et un bataillon de chasseurs portés] :
-un élément de sûreté rapprochée et de reconnaissance à base de chars rapides ;
-des unités du génie et des transmissions ;
-une batterie de canons antichars automoteurs ;
-une batterie de DCA légère ;
-des éléments de dépannage et du train.
L'artillerie est regroupée au niveau de la division qui dispose d'une escadrille d'observation et de reconnaissance et d'unités des services ".

Je rappelle enfin que ce point de vue n'est pas du tout celui de l'EMA. C'est une vue personnelle du général Héring, membre du CSG, isolé dans la défense de sa conception, qui, selon Dutailly, " exprime une opposition irréductible au projet approuvé par le général Gamelin."

Henri Dutailly souligne d'ailleurs un peu plus haut le fait que les "groupements de combat cuirassés" préconisés par Héring en décembre 1938 " préfigurent les groupements blindés des divisions blindées de type américain ".

C'est une phrase qui, lorsque je l'ai lue voici plus de trente ans, m'a ouvert les yeux sur la face cachée de l'ATF 40, celle qui nous passionne tous ici et qui va à l'encontre absolu de toutes les idées reçues.

Bien cordialement à tous

François

Je viens de lire une synthèse de la carrière et des pensées du général Héring en matière de doctrine et je dois effectivement avouer qu'il aurait dû être plus écouté!
Malgré sa position intéressante (sorte de chaînon entre Pétain et De Gaulle), ses nombreuses relations avec des gradés prestigieux et ses fonctions de formateur de plusieurs générations d'officiers, il est assez étonnant que ses idées assez innovantes et ses méthodes de réflexions tactiques n'aient pas davantages influencé la doctrine et les procédures de l'ATF!
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Mer 9 Avr 2014 - 22:49

Comme fantassin "blindé" (par la suite mécanisé), je suis souvent surpris par l'opposition que beaucoup font entre les blindés (qu'ils soient de l'infanterie ou de la cavalerie) et les fantassins.

L'ATF40, il est vrai, a une approche "très guerre de positions" dans l'engagement de son infanterie. Celle-ci n'est engagée qu'après une préparation minutieuse des ses actions où l'impression générale est souvent le côté systématique, procédurier et lent.
Sachant qu'une bonne partie des chars français était, en 1940, soumise au bon vouloir des maîtres de l'infanterie et connaissant la défaite écrasante imposée par les Panzers à une ATF reposant sur l'action des divisions d'infanterie, il est, en effet, tentant de voir en celle-ci l'arme du passé (avec tous les défauts) et de donner toutes les qualités aux grandes unités autonomes de chars.

Ceci est une contre-vérité!
Jusqu'à l'enlisement de la fin 1914, toutes les armées font reposer une bonne partie de leurs victoires sur  la mobilité de leurs divisions d'infanterie et sur l'engagement rapide et décisif de leurs régiments de fantassins (appuyés essentiellement par l'artillerie, sans nier le rôle de la cavalerie).
Les divisions d'infanterie abattent alors des étapes journalières extrêmement éprouvantes où la rapidité est un élément-clef! Napoléon fait ainsi traverser la moitié de l'Europe à son armée (de fantassins) pour vaincre à Austerlitz!

Revenons à 1940. Les Panzerdivionen arrachent la décisions sur la Meuse avec leurs fantassins! Ces mêmes Schutzen suivent tantôt en camion, tantôt à pied, l'action des Panzers, prêts à les relever, les relayer ou les appuyer en fonction du terrain et de l'ennemi.
Les Infanterie-divisionen allemandes se paient, par ailleurs, des étapes dignes de leurs ancêtres de 1914, rivalisants parfois avec leurs voisins motorisés et/ou blindés...

Toute cette approche, finalement dans la droite lignée de l'infanterie dans la guerre de mouvement de toutes les époques, semble avoir été gommée dans l'ATF40, à l'exception des régiments de dragons portés des DLM et DLC (voire des escadrons de motocyclistes).
Là réside,certainement, une des grandes faiblesse de l'ATF 40 où d'une part l'emploi moderne des chars était loin d'être maîtrisé et où d'autre part, il existait une véritable trahison du passé de l'infanterie, transformée en une arme quasi inapte à la manoeuvre et au mouvement (en particulier offensif).

En créant les schnelle Truppen, les Allemands avaient intégré bien plus que la notion du caractère décisif des chars organisés en unités autonomes (ce qui est incontestable), ils avaient entièrement revu la doctrine d'emploi de toutes les composantes des forces terrestres dans une doctrine interarmes où l'infanterie, l'artillerie (pour qui un artilleur pourrait tenir un raisonnement très proche du mien sur base de la lenteur d'engagement de l'artillerie française), le génie, les transmissions, les reconnaissances, la logistique... (et les forces aériennes) avaient leur place et leur rôle dans un combat mobile et rapide.
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Lun 12 Mai 2014 - 1:05

Général Estienne a écrit:
À mon avis, l’intervention des chars mécaniques sur le champ de bataille apparaîtra à l’historien de l’avenir comme un événement aussi important que la poudre à canon. La carrière du char dans sa forme actuelle sera peu être brève, car le progrès va vite, mais aujourd’hui le char est sans conteste le plus puissant moyen de surprise, c’est à dire de victoire, si l’on en croit les grands capitaines.
Un corps motorisé de 20 000 hommes, susceptibles de couvrir des centaines de kilomètres par jour, prendra sur les lourdes armées du plus récent passé un formidable avantage. L’Angleterre l’a compris ; elle poursuit avec succès la réalisation d’une force à base de chars qui lui permettra d’intervenir sur le continent avec la même rapidité, la même supériorité que sur la mer…

… À l’exemple de la cavalerie qui a renoncé à charger, il faut que l’infanterie sacrifie un fleuron de sa couronne en laissant à d’autres, au canon dans la guerre de siège, au char dans tous les cas, la mission de conquérir la position qu’elle occupera ensuite, non sans difficultés peut-être, mais sans hécatombe.

L’infanterie garde son titre de reine des batailles parce que sa résistance statique permet seule de préparer la victoire, que seule, sa progression consacre définitivement…

…Une caractéristique essentielle des chars, c’est qu’ils restent toujours en réserve générale. Le commandant en chef les affecte temporairement à l’armée chargée d’une attaque, ou leur confie quelque mission jadis réservée à la cavalerie, prise de contact, poursuite, raid sur les derrières de l’ennemi…

… Chez les Anglais et chez nous, les attaques massives de chars sur un grand front ont toujours réussi ; leur préparation n’exige avec les divisions d’infanterie qu’une liaison par le haut, avant l’action. L’emploi des chars au cours de la retraite allemande a pu justifier une liaison permanente entre eux et l’infanterie, liaison qui s’impose évidemment dans les actions de détail, dans les guerres coloniales notamment. Mais si les chars alliés avaient possédé, au mois de septembre 1918, la vitesse et la résistance dont ils sont maintenant capables, ils auraient sans peine cueilli autant de lauriers que la cavalerie après Iéna.

L’artillerie d’assaut est, à mon avis, une arme indépendante sans la moindre analogie avec l’infanterie, dont elle diffère radicalement en paix aussi bien qu’en guerre, en station comme en marche, par son armement, par ses procédés de combat et par son organisation qui nécessite, à l’arrière, un puissant service de ravitaillement et d’entretien.

Le hasard de la carrière m’ayant permis d’assister, en proche témoin, à l’éclosion et au développement de l’aviation et ensuite des chars, j’ai été frappé par l’étonnante affinité technique et morale de ces deux armes nouvelles qui se complètent admirablement. Leur collaboration apparaît féconde dans la couverture des frontières, dans les reconnaissances, dans les raids et dans la poursuite ; nos amis anglais s’en sont si bien rendu compte qu’après la bataille d’Amiens ils ont affecté, en permanence, une escadrille spéciale au Tank Corps.


Préface du général Estienne à G. Murray Wilson, op. cit., p. 11.

Cette citation du père des chars est de l'immédiat après guerre, il est dommage qu'elle n'ait pas conduit au développement d'une arme autonome (comme le deviendra l'aviation autre arme développée par Estienne). Si la technique évolue, la discussion tactique semble toujours la même depuis le XVIIIe siècle : combattre par le feu ou par le choc. Au début du XXe siècle, le feu l'emporte de loin (et à la grande surprise des généraux français qui en ont sous-évalué les effets), alors la guerre se fige et devient un immense siège. On ressort des armes antiques (mines, massues, grenades...) mais on se trouve dans l'incapacité d'obtenir un succès décisif uniquement par le feu. En effet, Napoléon nous a appris que seul le mouvement permet la victoire décisive, et l'infanterie comme la cavalerie sont privées de mouvements par le feu. C'est moins une trahison au passé qu'une inaptitude totale de se mouvoir comme le montre la tactique de l'offensive à outrance. Le char de combat constitue un compromis qui permet une nouvelle mobilité (l'aviation aussi) et qui va apporter des succès décisifs lors de la contre offensive de 1918. Bien sûr ce succès repose sur une coopération de toutes les armes (qui est aussi un apport de Napoléon). Il faut aussi mentionner que les allemands réalisent une coopération interarmes qui leur permet une offensive puissante mais qu'il leur en manque peut-être une (les chars) pour transformer l'essai. 
En rattachant les chars de combats à l'infanterie pendant l'entre deux guerres, les généraux française attachent une arme mobile à une composante condamnée à l'immobilité (par le feu et par la doctrine), sans chercher à en faire l'amalgame (comme par exemple construire un VTT blindé ou un VCI).

Cordialement

Rémy
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Lun 12 Mai 2014 - 14:30

Rattacher le char à l'infanterie va donc lui conférer des propriétés propres à cette arme. Parce que l'infanterie est dispersée le long de la ligne de front, les chars seront dispersés. Parce que le principal ennemi de l'infanterie est la mitrailleuse, le char sera armé pour détruire la mitrailleuse. Parce que l'infanterie est peu mobile, le char sera lent et avec une autonomie limitée.
Il est intéressant de se demander ce qu'il aurait pu être si l'artillerie spéciale était devenue une branche de l'artillerie (je présume que les communications aurait étaient une préoccupation majeure, et la puissance de feu aurait été plus importante).
Ce que les français ne vont pas comprendre c'est que chaque arme a besoin de son véhicule blindé tout terrain pour pouvoir résister au feu de l'adversaire et porter l'offensive. Et par un raisonnement que je n'arrive pas à cerner, on va vouloir reprendre le combat en 1915 plutôt qu'en 1918.

Cordialement

Rémy
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Lun 12 Mai 2014 - 20:23

Le malheur de la France en 1940 n'est pas d'avoir placé ses chars sous la dépendance de l'infanterie au lieu de les laisser aux mains de l'artillerie :
-d'une part une bonne part des véhicules de combat blindés de type char appartenait à la Cavalerie (qui avait déjà une autre approche, bien plus globale et moderne).
-d'autre part, les chars appartiennent encore moins aux concepts d'emploi de l'artillerie, arme d'appui et non de manœuvre. 
-de surcroît, l'infanterie avait été jusqu'en 1914, l'arme de la manœuvre! Cette approche véritable de l'emploi de l'infanterie avait été oubliée (niée) par beaucoup de penseurs militaires obnubilés par les terrifiantes années de guerre de tranchées.

Le problème fut de ne pas créer à temps (le mouvement était lancé) soit une spécialité regroupant les forces mécanisées de toutes les armes avec une approche globale d'opérations mécanisées ou de développer la mécanisation dans chaque arme et d'engager ces moyens selon une doctrine globale.

Dans l'histoire des chars, il n'y eut pratiquement jamais de moment où ils purent vaincre seuls! En ce sens la vision du Général Estienne surestimait l'impact des chars seuls (un peu comme les pensées de Douhet en matière de bombardement stratégique).
La présence, la puissance, la mobilité des chars ne peuvent porter des coups décisifs que dans un tout inter-arme et même inter-force. 

Votre dernière phrase n'est d'ailleurs pas totalement exacte :
Citation :
Ce que les français ne vont pas comprendre c'est que chaque arme a besoin de son véhicule blindé tout terrain pour pouvoir résister au feu de l'adversaire et porter l'offensive. Et par un raisonnement que je n'arrive pas à cerner, on va vouloir reprendre le combat en 1915 plutôt qu'en 1918.

En 1940, dans l'ATF, il existe des BCP sur véhicules blindés chenillés et des projets intéressants d'artillerie automotrice sur chenille. Le mouvement était lancé.
Le problème fut l'apparition tardive ou encore limitée de ces moyens, un manque de coordination (problèmes des transmissions et entraînement à la coopération inter-arme insuffisant), un manque "d'ambitions doctrinales" (les troupes mécanisées ne sont pas considérées comme un facteur décisif à un niveau opératif mais tout au plus comme un outil tactique décisif) et un manque de compréhension ou de connaissance des caractéristiques et du normes d'engagement de ces nouvelles unités.
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Mar 13 Mai 2014 - 1:32

SiVielSto a écrit:
Le malheur de la France en 1940 n'est pas d'avoir placé ses chars sous la dépendance de l'infanterie au lieu de les laisser aux mains de l'artillerie :
-d'une part une bonne part des véhicules de combat blindés de type char appartenait à la Cavalerie (qui avait déjà une autre approche, bien plus globale et moderne).
-d'autre part, les chars appartiennent encore moins aux concepts d'emploi de l'artillerie, arme d'appui et non de manœuvre. 
-de surcroît, l'infanterie avait été jusqu'en 1914, l'arme de la manœuvre! Cette approche véritable de l'emploi de l'infanterie avait été oubliée (niée) par beaucoup de penseurs militaires obnubilés par les terrifiantes années de guerre de tranchées.

Mais le développement de l'artillerie spéciale montre que le char est d'abord conçu comme une arme de soutient. Son but premier est d'amener une pièce d'artillerie à travers les lignes ennemies. L'aide à la progression de l'infanterie est un "effet secondaire" désiré, mais rarement atteint. Les premières attaquent de char se sont arrêtées lorsque les chars ont été immobilisés par des obstacles infranchissables, et l'infanterie ne les a jamais rejoint.

Laisser les chars à l'artillerie aurait aussi permit le développement des doctrines de réserve blindée et d'emplois en masse qui sont aussi des caractéristiques de l'artillerie et aurait permis de développer l'arme blindée plus rapidement.

Les voitures de combats permettent à la cavalerie de retrouver une mobilité qui donne à nouveau un sens à son existence. Il est dans l'intérêt de l'arme de s'approprier cet outil rapidement. Les cavaliers vont d'ailleurs préférer des blindés pour lesquels la mobilité sera plus importante que la protection ou la puissance de feu. Sans cela, elle est condamnée à fusionner avec l'infanterie.

En se qui concerne l'infanterie dans la doctrine défensive, sa mission principale est d'occuper le terrain. Elle peut difficilement manœuvrer au contact de l'ennemi, cela se révèle coûteux en vies humaines. Le rôle que remplit l'infanterie est d'éliminer en détail les ennemis ayant traversé le barrage de feu de l'artillerie.
Lorsqu'on confie à l'infanterie les chars de combat, on lui confie une arme qui est définie depuis sa conception comme étant incapable d'occuper le terrain. Le travail a faire pour assurer la compatibilité de ces deux éléments est important, il est à peine engagé en 1940.

Cordialement

Rémy
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Mar 13 Mai 2014 - 7:47

Bonjour à tous,  Very Happy 

Je lis toujours avec un grand étonnement les arguments développés dans ce fil par ambarequiem...  Shocked 

La méthode employée par ambarequiem me fait penser à celle gentiment reprochée aux "Cavaliers" (lire Arme blindée - cavalerie) dans le cadre des traditions de popote. En substance, le Cavalier prendrait un air très assuré pour émettre des jugements tactiques sans appel, entraînant (ou tentant d'entraîner) l'adhésion de l'auditoire.  Laughing 

Napoléon, Estienne et les autres, ont quand même... bon dos !

Bonne continuation,

Thierry Moné

'
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ambarequiem
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MessageSujet: Re: Doctrine d'emploi des unités blindées   Jeu 15 Mai 2014 - 1:46

Bonjour à tous.

Rien dans mes écrits n'est sans appel, tout est discutable. Je ne suis ni militaire, ni historien spécialiste de la période (mais je suis cavalier donc je veux bien assumer l'air assuréSmile ). Je n'expose que le fruit de ma réflexion, basée sur la lecture d'articles de toutes nature (internet, presse et ouvrages de spécialistes).

Affecter les chars à l'infanterie à aussi permit à celle-ci d'émettre des spécification dans la conception des engins parmi lesquelles il y a la nécessité d'avoir un canon en casemate pour les tir d'embrasure (chose que je ne comprend pas puisqu'il me semble qu'un canon en tourelle peut avoir une hausse négative). Cela peut avoir ralenti le développement d'un char de bataille similaire au Sherman, alors que le premier modèle de ce type de char ( char moyen avec tourelle triplace et 75 mm, et avec mitrailleuse en caisse) à été construit dès 1917 (FCM 1A). En dégraissant le mammouth ( avec un char FCM de 40t, l'expression est appropriée) en fonction de l'évolution technologique, le char de bataille aurait pu participer au début du conflit. 

Il me viens aussi à l'esprit la situation de certaines section de chars affectées à des bataillons d'infanterie qui seront utilisés comme bunker déplaçables et qui verront leurs chars dispersé pour garder un pont, un QG ou un carrefour seul. L'infanterie va utiliser le char pour sa mission d'occupation du terrain avec un effet plus limité que si elle les avait utilisés en QRF de section entière pour repousser une incursion, surtout avec les chars deux hommes ou le tireur est au four et au moulin.

Cordialement

Rémy
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