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 Hotchkiss Mle 1914; succession et essais

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gdg
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MessageSujet: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Mar 10 Juin 2008 - 19:41

Bonsoir,

En relisant l'ouvrage de Stéphane Ferrard sur l'armement de l'infanterie française 1919-1940, je pose la question quelques décennies plus tard.

La MAC en 7.5 devant succéder à la vénérable Hotchkiss est alors essayée en corps de troupe depuis février 1940. Dans le livre, la porte reste entrouverte... Il y a t il davantage d'informations concernant ces essais?

Hotchkiss a proposé un affut sur roues assez simple & ingénieux pour un montage de MAC 31 double. Là encore, il est suggéré que de tels affuts auraient pu atteindre certaines unités... Du nouveau concernant cette histoire?

Pour finir, il est vrai qu'on se butte la tête contre le mur quand on pense à cette obsession dans les années 20 et 30 du chargeur pour des mitrailleuses qui sont pourtant amenées à distribuer des dragées de façon prolongée (contrairement aux FM). Surtout si l'on opte pour une cadence accélérée en vue de faire de l'anti-aérien.

Ceci dit (parole d'un bleu qui n'a pas fait son service militaire!) j'ai toujours trouvé l'approvisionnement par bande rigide de 25 cartouches de la Hotchkiss plutôt pratique. Ca fera d'ailleurs le succès du Bofors. On a à la fois un mode d'approvisionnement plus facile à manier, qui permet un rechargement rapide voir un tir continu (or les limitations de la mitrailleuse évidemment). Pourquoi cette solution n'a t elle pas été reprise (ni par aucune autre armée de l'époque à ma connaissance)?
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Dim 15 Juin 2008 - 12:32

Bonsoir,

Merci de faire référence à mon ouvrage sur l’armement de l’infanterie française 1919-1940 édité en 1979 comme numéro hors série de la revue « La Gazette des Armes » Editions Argout-Paris. C’était il y a trente ans déjà……..

Pour la mitrailleuse type MAC de 7,5 mm (dite modèle 1936 A et B), les essais en corps de troupe réalisés à partir du début 1940 au Cours pratique de tir de l’infanterie et des chars à Grandville dans l’Aube le furent avec une présérie de 50 exemplaires (type A) qui équipèrent 11 sections à 4 mitrailleuses. En mai 1940, les fabrications n’étaient pas montées, les prototypes furent assemblés « à la lime » et les derniers furent livrés début avril 40. La MAC étant surchargé par ailleurs avec les fabrications du FM 24/29, la mitrailleuse Mle 31 chars et cavalerie, la MAC Mle 34 et M 39 aviation. A ce sujet, on lira THE livre de Claude Lombard « La manufacture d’armes de Châtellerault 1819-1968 » Editions Brissaud-Poitiers 1987. La MAC 36 était destinée au remplacement éventuel de la Hotchkiss Mle 14 mais avant, il fallait déterminer son mode d’alimentation (chargeur vertical, chargeur horizontal ou alimentation par bande avec maillons soit en toile, soit métalliques) après des essais tactiques. Le boîtier chargeur vertical n’avait pas la préférence car il rendait la mitrailleuse repérable et vulnérable lors du changement de boîtier qui obligeait le chargeur à se découvrir (on ne pouvait coucher l’arme sur le coté pour réapprovisionner comme on pouvait le faire avec le FM 24/29). Le boîtier tambour horizontal beaucoup plus discret n’avait pas non plus la faveur de l’Infanterie car, en cas de choc, les cartouches risquaient de ce mettre en travers entraînant des incidents de tir. Les maillons en toile étaient sensibles à l’humidité et s’altéraient lors de stockages prolongés. Les maillons métalliques, rejetés à plusieurs reprises car d’une fabrication délicate et « consommables » par rapport aux chargeurs, commençaient à revenir après la réalisation de maillons de bonne qualité pour la mitrailleuse MAC Mle 34 M 39 mais aussi avec la capture pendant la drôle de guerre de MG 34 allemandes.

Pour l’affût Hotchkiss avec jumelage de mitrailleuses de 7,5 mm modèle 1931, il fut effectivement mis en service dans les batteries de la DAT aux Armées. Le nombre de matériels mis en service m’est toujours inconnu.

En ce qui concerne les modes d’alimentation des armes automatiques il faut considérer deux fondamentaux :

- L’expérience de la guerre de 14/18 avait démontré l’impérieuse nécessité de protéger les munitions utilisées par les FM et les mitrailleuses des agents extérieurs (poussière, boue). Le boîtier chargeur apparut comme une bonne solution, un défaut toutefois : les lèvres de chargeurs étaient sensibles aux chocs d’où l’apparition de la musette spéciale modèle 1924 pouvant accueillir 6 chargeurs de FM 24/29 « dans un cocon ». L’alimentation par bandes de la mitrailleuse Mle 14 H pouvait permettre un tir en continue car chaque bande de 24 cartouches pouvait être agrafée à une autre, chaque caisse à munition contenait 12 bandes. L’équipe de pièce disposait de 6 caisses de bandes en première dotation. Toutefois, sous un bombardement les retombées d’agents extérieurs pouvaient enrayer l’arme par dépôt de terre et de petits cailloux sur les bandes. C’est pourquoi, et on le voit très souvent, sur les documents d’époque, une seule bande engagée est sur l’arme avec le chargeur qui se tient à coté, caisse fermée, et prêt à engager une nouvelle bande qu’il tient à la main. Il est beaucoup plus rare de voir une mitrailleuse Mle 14 H alimentée par plusieurs bandes agrafées les une aux autres et, dans ce cas, l’arme est souvent utilisée pour le tir CA. Enfin, les bandes métalliques étaient fragiles et, elles aussi, sensibles aux chocs.

- Pas plus que le FM, la mitrailleuse était conçue pour exécuter des tirs soutenus de longue duré, sauf la Vickers ou la Maxim à refroidissement par eau et encore, ça chauffait vite, avec émanation de vapeur d’eau marquant la position de la pièce (Coucou, on est là !). Il ne faut pas confondre cadence de tir théorique qui n’est qu’une notion purement technique et la cadence de tir instantanée qui est une réalité tactique. Plus la vitesse théorique est élevée, plus la cadence de tir instantanée (pratique) l’est. Mis à part l’engagement de masses d’infanterie comme chez les Français et les Russes dans les premières semaines de la guerre face à des mitrailleuses retranchées, l’infanterie en général apprit très vite à utiliser le terrain, n’offrant plus que des cibles fugaces aux armes automatiques qui devaient alors délivrer un maximum de projectiles en un minimum de temps. D’où la recherche de cadences de tir toujours plus élevées. Bénéficiant d’une alimentation en continue sur leurs mitrailleuses Vickers et Maxim, les mitrailleurs britanniques et allemands respectaient les consignes de tir (courtes rafales, rafales « longues ») alors que les français avaient nettement tendance au début « à poivrer » jusqu’à plus soif. L’alimentation par bandes ou par chargeurs était donc une sorte de limitation technique qui permettait à l’arme de refroidir un peu et surtout aux tireurs de mieux apprécier leurs cibles. Comme aurait put dire Michel Audiard «Ca calmait les ardeurs ! »

Bien cordialement

Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Lun 16 Juin 2008 - 17:11

Merci de ces éclaircissements.

Citation :
Mis
à part l’engagement de masses d’infanterie comme chez les Français et
les Russes dans les premières semaines de la guerre face à des
mitrailleuses retranchées, l’infanterie en général apprit très vite à
utiliser le terrain, n’offrant plus que des cibles fugaces aux armes
automatiques qui devaient alors délivrer un maximum de projectiles en
un minimum de temps. D’où la recherche de cadences de tir toujours plus
élevées. Bénéficiant d’une alimentation en continue sur leurs
mitrailleuses Vickers et Maxim, les mitrailleurs britanniques et
allemands respectaient les consignes de tir (courtes rafales, rafales «
longues ») alors que les français avaient nettement tendance au début «
à poivrer » jusqu’à plus soif. L’alimentation par bandes ou par
chargeurs était donc une sorte de limitation technique qui permettait à
l’arme de refroidir un peu et surtout aux tireurs de mieux apprécier
leurs cibles.

C'est ce genre de précisions qui font qu'un article ou un bouquin soit bon; on cerne mieux les limitations des matériels (ou doctrines) qui peuvent souvent paraître incohérentes et font souvent souvent défaut dans pas mal de sources. Du coup le cliché matériel vétuste-industriels/services techniques incompétents peut se colporter...

Citation :
Il
est beaucoup plus rare de voir une mitrailleuse Mle 14 H alimentée par
plusieurs bandes agrafées les une aux autres et, dans ce cas, l’arme
est souvent utilisée pour le tir CA.

C'est curieux, j'aurai pensé le contraire, la pesanteur aurait tendance à ne pas laisser les bandes dans l'axe (la bande faisant une abaque)...

Pour en finir, une ultime question: la MAC doit à terme remplacer toutes les mitrailleuses 8 mm (dont St Etienne Mle 1907 et Hotchkiss Mle 1914), avec une priorité évidente au remplacement des Hotchkiss.

Ceci dit, je présume que par défaut, les St Etienne (de défense de colonnes, d'artillerie, etc) auraient été remplacées par des Hotchkiss elle-mêmes déclassées? Ou bien on considère que l'introduction de la MAC s'effectuera à moyen terme (1941-43?) et que d'ici là, on aura trouvé une solution satisfaisante pour la défense CA des unités non-combattantes (du moins qui ne sont pas en première ligne)?

Bref (to make a long story short); la St Etienne entre-t-elle en compte dans le programme de remplacement des mitrailleuses d'infanterie?

Cordialement
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Lun 16 Juin 2008 - 18:41

Bonjour,

La réponse à cette dernière question se trouve dans les archives du 1er bureau concernant les programmes d'armement 40-43. Je cite ici la phrase correspondante :

"Le programme d'armement ci-joint à été établi sur les bases générales précedement définies. Pour chaque matériel on a été ainsi conduit aux conclusions ci-après :
[...] Remplacer d'abord par des Hotchkiss les mitrailleuses St Etienne et préparer le lancement de fabrication des mitrailleuse modernes"

Cordialement
Eric DENIS
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Lun 16 Juin 2008 - 19:56

Bonsoir,

J’aurais du ajouter que l’alimentation discontinue d’une arme automatique limitait aussi la consommation en munitions, grande préoccupation de tous les Etats Majors avant 1914 et même après. Le roi du Danemark n’avait-il pas refusé la mitrailleuse (type Maxim) au tournant du 20ème siècle, en affirmant « qu’elle ruinerait le Royaume ! », sous entendu par débauche de munitions.

Pour les bandes de cartouches agrafées, effectivement celles-ci étaient métalloplastiques et se déformaient sous l’effet de la pesanteur pour former un abaque. Dans ce cas, c’était la main de l’homme (chargeur) qui rattrapait la déformation. Autant dire que c’était « limite ». La Marine nationale avait d’ailleurs un système « tambour » pour l’alimentation en continue des bandes de 8 mm, une véritable « usine à gaz » embarquée qui n’a pas laissé que de bons souvenirs. C’est pourquoi le MN a préféré l’affût bitube Mle 28 DCAN (page 57 dans mon ouvrage) qui sera repris par l’ATF.

Pour les mitrailleuses en calibre 8 mm Mle 1886, il faut bien considérer que la priorité était le remplacement de toutes les armes au calibre 8 mm par celles au calibre 7,5 mm Mle 29. Mis à part le remplacement du FM Mle 15 par le FM Mle 24 puis 24/29 qui était prioritaire « car c’était l’arme autour de laquelle s’articulait le combat du groupe d’infanterie » puis des fusils en 7,5 mm (Mle 07/15 M 34, MAS 36) mais uniquement pour ces derniers à destination des « troupes de couverture », c'est-à-dire d’active, le remplacement des mitrailleuses venait « en deuxième urgence » pour l’infanterie. La « deuxième urgence » sous entendait que les fabrications ne pourraient être lancée qu’après le mobilisation comme par exemple, les pistolets-mitrailleurs. Deux mitrailleuses étaient prévues :

- La mitrailleuse de 7,5 mm Mle 36 MAC dont le système d’approvisionnement et l’affût n’étaient pas encore définis début 1940. Cette arme automatique avait une vocation antipersonnel et antiaérienne.

- La mitrailleuse de 9 mm Mle 37 MAC (7,5 mm surdimensionnée et non du type Parabellum) dont le système d’approvisionnement et l’affût n’étaient pas encore définis début 1940. Cette arme automatique avait un rôle antichar, antiaérien et antipersonnel.

Les fabrications de ces armes n’étant pas montée début 40, on peut penser que leur industrialisation n’aurait pu déboucher avant le premier semestre 1941. Elles auraient remplacé alors et progressivement, les armes automatiques en calibre 8 mm Mle 1886, celles-ci glissant vers les formations de l’intérieur et celles d’outre mer. L’arrêt des fabrications des cartouches de 8 mm aurait systématisé les armes en 7,5 mm Mle 29. Pour l’artillerie, et en 1940, la priorité était le remplacement du FM Mle 15 par le FM 24/29 (15000 exemplaires). Pour la « Saint Etienne » Mle 1907 MAS en service dans l’artillerie, son remplacement aurait été plus du domaine de la 9 mm Mle 37 MAC que la 7,5 mm Mle 36 MAC. Notons (chose peu connue) que la cadence de tir théorique de la mitrailleuse Mle 1907 était supérieure à celle du Mle 1914 (600 c/m contre 500).

Bien cordialement

Stéphane Ferrard

PS : J’avais pas lu l’intervention d’Eric, l’abandon de la mit. Mle 1907 était liée à l’arrêt des fabrications de pièces détachées.
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Mar 17 Juin 2008 - 17:49

Ok, tout ça est très clair. Merci à tous les deux.

Ca ne titille personne de pondre un pavé de 300 pages sur l'aspect industriel de la défense française entre 1919 et 1939? Ce genre d'information est souvent distillé au travers de chapitres trop courts ou via des articles très précis.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Mar 17 Juin 2008 - 19:32

Ca existe déjà, on en reparle lorsque je rentrerai de "mon terrain de jeux" favoris: Eurosatory.
Cordialement
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Mar 8 Juil 2008 - 15:50

Il existe le livre de Robert Frankenstein "Le prix du réarmement français 1935-1939" Publications de la Sorbonne Paris 1982. Cet ouvrage traite le problème sous l'angle financier mais contient de nombreuses information sur la restructuration de l'industrie française pendant cette période.
Cordialement
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MessageSujet: Re: Hotchkiss Mle 1914; succession et essais   Mar 8 Juil 2008 - 18:42

Stéphane Ferrard a écrit:
Il existe le livre de Robert Frankenstein "Le prix du réarmement français 1935-1939" Publications de la Sorbonne Paris 1982. Cet ouvrage traite le problème sous l'angle financier mais contient de nombreuses information sur la restructuration de l'industrie française pendant cette période.
Cordialement

C'est noté. Il s'agit apparemment d'un livre assez difficile à trouver, tout du moins sur Internet. J'irai faire un tour aux PUF, ça me rappellera mes études à la Sorbonne...
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