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 22e Rgt de marche de volontaires étrangers (RMVE)

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avz94
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MessageSujet: Re: 22e Rgt de marche de volontaires étrangers (RMVE)   Sam 8 Nov 2014 - 1:44

Bonsoir,

voici la suite :

"Le quadrillage de points d'appui paraissait avoir donné de bons résultats. Cependant, malgré la belle résistance que la 19ème DI oppose à l'attaque allemande, le Général FRERE pense que son dispositif va manquer de solidité parce que sur l'axe Péronne-Roye, il est, en certains points fortement entamé, et si notre résistance parvenait à se poursuivre sur cette position, ne faudrait-il pas redouter un mouvement d'encerclement venant de l'ouest à travers la plaine du Santerre ? L'attention du général s'est donc portée sur Roye et la ligne de l'Avre où rien n'est encore cohérent. Il faudrait étoffer l'action de la 47ème DI à Roye, car renforcer la première position en faisant avancer cette division, et la 7ème DIC qui est à l'ouest de Noyon, le Général FRERE considère qu'il ne faut pas y songer. Pour durer, c'est sur la deuxième position qu'on doit faire bloc, et le Général BESSON partage cette idée. Il s'agit donc de ramener sur la deuxième position les unités qui se sont battues sur la première, à l'exception des 19ème et 29ème Divisions qui ont le plus souffert et passeront en réserve. Dès lors, comment garnir cette deuxième position ? La 47ème DI occupe Roye et ses abords en liaison à l'est avec la 3ème DLI et la 23ème DI mais que ramènera-t-on sur l'Avre entre Montdidier et Ailly-sur-Noye ? Que restera-t-il de la 7ème DINA après deux jours de combats ?
 Le repli ne peut s'effectuer que dans la nuit du 6 au 7 juin. Il faut qu'il soit préparé en temps utile. Donc, dans la matinée du 6 juin, le Général BESSON a averti les commandant de corps d'armée par une "instruction personnelle et secrète" réglant les mouvements à préparer pour se porter sur la deuxième position lorsque l'ordre en sera donné.
 Cette décision va avoir de graves conséquences car les commandants de corps d'armée sachant qu'on envisage un repli, n'entreprendront à peu près rien pour venir en aide aux divisions qui combattent en première ligne, ils réserveront, pour la bataille du lendemain, les moyens dont ils disposent, et lorsque le Général Weygand sera averti de la décision prise par le 3ème Groupe d'Armées, il sera trop tard pour remédier aux inconvénients qu'elle présente. Les troupes qui combattent en première ligne seront épuisées leur capacité de résistance touchera à sa fin, la 19ème DI devant Péronne, la 16ème DI au sud d'Amiens, la 5ème DIC sur le plateau d'Hornoy, seront dans un état d'anéantissement à peu près total, et d'autres auront déjà commencé des mouvements de repli.
 A l'aube du 6 juin, malgré les pertes de la veille, magrè le manque d'eau et de ravitaillement, malgré les bombardements, la volonté de résistance du 22ème RMVE n'a pas faibli, seul le manque de munitions se fait sentir d'une façon inquiétante.
 Coupés des échelons supérieurs du commandement et sans grand espoir de renfort, les bataillons du 22ème ont resserré leur dispositif. C'était le seul moyen de maintenir la cohésion de leur éléments.
 Le 1er Bataillon qui avait perdu la veille, en tués, blessés ou disparus, la moitié de son effectif, a concentré sa défense à Fresnes, autour du PC qui est au Château.
 Le 2ème Bataillon tient toujours la route Fresnes-Misery et une section de la 5ème Compagnie, celle du Lieutenant SIMIANOFF, est encore dans un petit bois au nord de cette route.
 Le 3ème Bataillon qui avait regroupé, le 5 juin au soir, les 10ème et 11ème Compagnie au nord du cimetière de Misery n'a pas modifié son dispositif, les reste de la 9ème Compagnie complètent la défense vers l'ouest.
 Dès le lever du jour, l'attaque a repris au nord de Misery. L'infanterie allemande s'est avancée en criant: " cessez le feu, rendez-vous", ce qui provoqua un effet de surprise et un peu de flottement à la 10ème Compagnie qui s'est vite ressaisie, et remise en confiance par les cadres, stoppa l'attaque et obligea les assaillants à regagner leur base de départ. une nouvelle tentative, une heure plus tard, ne réussit pas mieux. un engin blindé qui appuyait l'infanterie ayant été atteint par un canon de 25 du bataillon, les autres chars n'insistèrent pas, mais l'artillerie intervint alors. Elle mit hors combat le personnel et les 4 pièces de la section de mitrailleuses de 20. Au sud de Mazancourt une bombe d'avion tombant sur un élément de tranchée de la 5ème Compagnie, tua ou blessa l'effectif d'un groupe de combat.
 Vers 10 heures, les Allemands qui s'étaient renforcés au nord de Fresnes, lancèrent une nouvelle attaque après une préparation d'artillerie qui alluma des incendies, détruisit le clocher de Fresnes et augmenta nos pertes en hommes.
 Des chars restaient à distance, l'un d'eux sauta sur une mine. L'infanterie s'infiltra prudemment, mais nous étions obligés de ménager nos munitions. Le lot de grenades était épuisé, les armes automatiques ne tiraient qu'à intervalles très espacés. Vers 13 heures, dix chars arrivant par le sud, mitraillèrent le château faisant volet en éclats les portes et fenêtres et lorsque les fantassins allemands se précipitèrent dans les pièces ils se trouvèrent en présence d'hommes désarmés n'ayant plus de cartouches.
 L'historique du 22ème RMVE rédigé par le Commandant HERMANN, pendant sa captivité à l'oflag IV D, indique la chute de Fresnes le 6 juin à 13h30; C'est à ce document qu'il faut se reporter pour connaître d'une façon précise ce que furent les derniers moments de la résistance à Mazancourt et à Marchélepot.
 Poursuivant son idée de réduire successivement les villages en allant de l'ouest vers l'est, l'ennemi, dit le commandant HERMANN, s'organisa dans Fresnes avant d'attaquer MAZANCOURT, où à partir de 14h30, la résistance du 2ème Bataillon touchait à sa fin. il ne restait plus que quelques cartouches de fusil. Aucun ravitaillement n'était possible et les voitures à munitions du TC avaient été détruites par des bombes d'avions. Quand les Allemands entrèrent à Mazancourt, ils furent étonnés du faible effectif qui les avait tenus si longtemps en échec. il était 15 heures.
 Marchélepot, au cours de la matinée avait été abordé par l'ouest. un bataillon d'infanterie débarquant de voitures blindées s'était déployé aussitôt et s'avança vers le village. Le 22ème n'avait, pour s'opposer, à cette attaque, que ses armes automatiques. On laissa les Allemands s'approcher et lorsqu'on fut certain qu'ils entraient dans la zone balayée par nos feux, les deux FM du peloton motocycliste du 22ème et les armes automatiques de la Compagnie du Génie, servies par le Lieutenant ROUCH et l'Adjudant NOUAILLES, les arrêtèrent sur la côte au delà de la voie ferré qu'ils ne purent atteindre.
 Vers midi, un lieutenant du Génie, fait prisonnier le matin à Fonchette, se présenta au PC du commandant HERMANN. il était envoyé porteur d'un message déclarant que si le village n'était pas rendu après un délai d'une heure, il serait détruit par l'artillerie et l'aviation et les prisonniers seraient fusillés. Le commandant répondit qu'il devait résister sur place et tenir coûte que coûte. Les Allemands d'ailleurs prévoyaient cette réponse.
 un heure plus tard des obus de 105 tombèrent sur les maisons pendant que des avions bombardaient et mitraillaient et que des chars se mettaient en mouvement. Nos canons ouvrirent le feu. Le Sergent WEBER, de la CRE, détrusit un char et, comme les fois précédentes, les autres engins blindés se mirent à l'abri des crêtes pour tirer sur les lisières plutôt que de pénétrer dans les rues où ils craignaient l'intervention des Espagnols, n'ignorant pas le numéro du régiment qui occupait Marchélepot.
 Une batterie de minenwerfer qui cherchait à prendre position dans un champ de blé à 800 mètres, dut y renoncer, le Sergent AHEON ayant fait sauter un caisson de munitions par le tir du canon de 25.
 Vers 14h30, une nouvelle attaque tourna cette fois en faveur des Allemands. Par le petit ravin situé entre le cimetière et la voie ferrée, des groupes ennemis s'infiltrèrent et débordèrent la barricade ouest.
 A 15 heures, la barricade sud-ouest tomba à son tour; l'ennemi prit pied dans cette partie du village puis atteignit la voie ferrée qu'une fraction seulement dépassa. Le FM du peloton moto et de la section de pionniers de l'Adjudant TERRACHER et les mitrailleuses du Lieutenant ROUCH empêchèrent les Allemands d'aborder le PC.
 Ce fut alors un combat de rues autour de l'église et vers l'entrée nord, cette dernière défendue par de véritables démons qui lançaient leurs grenades debout sur les barricades jusqu'au moment où ils étaient abattus par le feu de l'ennemi.
 La fin approchait. Les Allemands pénétraient dans les jardins, la paille des granges flambait. Quelques légionnaires qui avaient gardé leur dernière cartouche, se suicidèrent plutôt que de tomber aux mains des Allemands.
 La lutte continuait à la lisière est, mais la 5ème Compagnie prise à revers et n'ayant plus de munitions, dut se rendre, comme l'expliqua au Capitaine STORME, le Capitaine MOYESCENKO qu'un officier allemand avait pris avec lui pour faire le tour du village.
 A 17h15, Marchélepot était occupé totalement. Le commandant du bataillon allemand se présenta au grade à vous au commandant HERMANN, le salua, le félicita pour la belle défense de Marchélepot, mais lui déclara que si un coup de feu était tiré sur ses hommes, il le considérerait comme responsable.
 Dans Misery, depuis la prise de Mazancourt, la situation était devenue intenable. En accord avec la Capitaine SIMONIN, du 11/112, le Capitaine de FRANCLIEU avait concentré la défense dans le parc du château où le regroupement s'était effectué avec difficulté.
 Les munitions s'épuisaient, les pertes augmentaient, le Capitaine de FRANCLIEU, blessé, remit le commandement au Capitaine adjudant major MILHET. Les Allemands garnissaient le talus de la voie ferrée sans toutefois donner l'assaut préférant agiter des drapeaux blancs pour inviter le 3ème Bataillon à se rendre, mais la lutte continuait.
 Cependant toute résistance devint vaine, faute de munitions. A 18h30, le 3ème Bataillon du 22ème RMVE et les éléments du 112 RIA, qui avaient participé avec lui à la défense de Misery, durent cesser le combat.
 Il n'en est pas moins vrai que pendant deux jours, le 22ème RMVE a résisté héroïquement, et malgré la violence des bombardements d'artillerie et d'aviation, malgré la supériorité numérique et matérielle de ses adversaires, il a réussi à se maintenir dans les localités dont il avait la garde, il n'a cédé que faute de munitions."

Cordialement
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dupuydumazeldan
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MessageSujet: Re: 22e Rgt de marche de volontaires étrangers (RMVE)   Dim 8 Nov 2015 - 0:25

Bonsoir.

En effet,il ne faut pas confondre. Les C.T.E puis G.T.E, ou figuraient beaucoup d'espagnols de classes parfois âgées, travaillaient dans les mines, les exploitations forestières et les fortifications. Les R.M.V.E étaient recrutés dans les mêmes camps mais étaient composés d hommes aptes à faire campagne, c'est-a-dire plus jeunes.

La Légion chercha à développer le recrutement des R.M.V.E en laissant les premières recrues en évidence autour des camps afin qu elles expliquent à leurs compagnons l'amélioration de leurs conditions de vie.

Cordialement.
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