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 Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France

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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 18:55

16ème partie

1er juin

Les offres de paix faites par l’Allemagne sont rejetées ce matin par les Alliés. C’est le président du conseil lui-même qui m’en informe par téléphone. C’est ensuite le 4ème bureau qui m’adresse l’état de la production des principaux matériels produits au mois de mai. Par rapport aux premiers mois de l’année, on constate un net sursaut tant pour la production que pour les réceptions.



Chars et automitrailleuses de cavalerie

Chars B 1bis : 51 dont 35 à la 4ème DCR

Chars D 2 : 13

Chars R 40 : 60 châssis (ils sont en cours de transformation en automoteurs)

Chars H 39 : 122 avec canon de 37 mm SA 38 et ER 28, dont 90 à destination des deux bataillons de chars légers de la 4ème DCR et 30 à la 4ème DLM.

Somua 35 : 64, tous versés à la 4ème DLM

AMD 178 : 98 dont 40 sans tourelle mais qui vont être équipées de la nouvelle tourelle Renault à canon de 47 mm SA 35.



Chenillettes

Renault 37 : 480 (dont 50 en automoteurs de 25 mm)

TRC M 37 L : 34 (à destination 3ème et 4ème DCR)

VBCP M 38 L : 22 (à destination de la 3ème DCR)



Armes antichars

25 mm SA 34 et 37 : 357 dont 50 SA 37 montés en automoteurs sur chenillettes UE 37 et livrés par Renault.

47 mm SA 37 : 156

Mines antichars : 100 000

Grenades antichars Brandt : 1500 (tête de série)

Obus antichars de 75 mm 97/40 : 22 000

Obus antichars de 75 mm M 40 BM à charge creuse : 1200 (tête de série)



Etat des grandes unités au 1er juin 1940 :



Françaises

2 DCR + 2 autres en cours de formation et complément de matériel.

3 DLM + 1 autre en cours de formation et complément de matériel

7 divisions d’infanterie motorisée dont 2 affectées au corps de cavalerie, 2 aux 1er et 2ème groupement cuirassé et 3 à la disposition du GQG.

2 divisions légères d’infanterie motorisée formées à partir des éléments à cheval des DLC et des brigades de cavalerie dissoutes. A la disposition du GQG.

95 divisions d’infanterie du type normal dont 6 de forteresse

Total : 112 divisions



Britanniques :

1 division blindée en cours de rassemblement

13 divisions d’infanterie motorisée dont 3 de pionniers

Total : 14 divisions



Belges :

2 divisions de cavalerie

1 division de chasseurs ardennais

18 divisions d’infanterie dont 6 de série B

Total : 21 divisions



Polonaises

1 division d’infanterie de type normal

1 brigade blindée en cours de formation

Total : 1 division plus 1 brigade.



Total général : 148 divisions

A cette époque, les forces allemandes sur le front nord-est sont estimées à 120 divisions d’infanterie de type normal, 10 divisions d’infanterie motorisée et au moins 10 divisions blindées + 1 de cavalerie soit environ 141 grande unités. Un certain équilibre c’est donc établi sauf dans le domaine des grandes unités blindées. Alors que nous disposons que de 5 DLM et DCR « bonnes de guerre » les Allemands disposent de 10 Panzerdivisionen. Certes, nous disposons d’une DLM, de deux DCR et de la division blindée britannique en cours d’amalgame mais ces grandes unités ne seront pas bonnes de guerre avant la fin juin malgré tous les efforts que l’on y consacre. Ce n’est donc pas avant le début juillet que nous arriverons à une certaine parité en matière de grandes unités blindées, soit 9 alliées pour 10 allemandes, si d’ici là, leur nombre n’augmente pas. La multiplication des chasseurs de chars va nous permettre dans une certaine mesure de contre balancer notre infériorité. Celle-ci est appelée à durer car dans les mois qui viennent, la production chars va être réservée à la complète dotation des DLM en Somua et en chars B 1bis pour les DCR. Mais il faudra attendre le mois d’octobre pour que notre production atteigne 80 Somua et 100 B 1bis par mois. A partir de ce moment, nous pourrons alors former de nouveau de grandes unités blindées à partir du début 1941. Prévisions qui peuvent être à tout moment bousculées avec la reprise des opérations actives et les pertes qu’elles entraîneraient. Les britanniques se sont engagés à augmenter leur production de chars qui ne dépasse pas les 60 à 80 par mois. Ils comptent beaucoup sur leur nouveau char d’infanterie Mathilda II blindé à 80 mm et dont la valeur d’un bataillon est en réserve du BEF. Par contre, il ne faut pas attendre la formation d’une deuxième division blindée britannique avant au mieux le mois de novembre prochain. Rien à attendre du coté des Belges. Une mission est partie aux Etats-Unis pour s’informer sur les possibilités d’y faire construire le Somua à l’horizon 1941. Je dis au ministre Dautry qu’il faut laisser le Somua au profit d’une production « en masse » du G 1 puisque n’importe comment rien ne pourra être fait avant l’année prochaine. Le ministre prend note.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 18:57

Vingt deux jours d’attente 19 mai- 10 juin




17ème partie

2 juinVia le 2ème bureau, je reçois des renseignements sur le positionnement des Panzerdivisionen dont une partie a quitté la région de Maastricht pour glisser vers l’ouest au nord du canal Albert en direction d’Anvers. Une autre partie est dans la région de Liège. On ne signale aucune Panzerdivision à la frontière suisse. En Belgique occupée, la résistance s’organise et commence à nous fournir de précieuses informations par différents moyens. La situation est identique en Hollande où les services britanniques sont très actifs. Ces derniers commencent à mettre en place des agents parachutés équipés de postes de radio dans les pays et régions occupées. Depuis ce matin, on signale une reprise importante des vols de reconnaissance ennemis principalement entre Anvers et Namur et dans toute la profondeur du front Nord. Ainsi, la menace d’une offensive allemande contre le front de l’armée belge semble se confirmer. Je demande à ce que les travaux d’installation sur les différentes lignes de défense soient poussés avec la plus grande énergie. En début d’après midi, je reçois une note en allemand qui explique comment Hitler a fait arrêter l’offensive des Panzerdivisionen dans l’Ardenne. D’après cette note, la première source d’inquiétude a été le bombardement dès la nuit du 10 au 11 mai des colonnes entre Verviers et Luxembourg. Hitler a immédiatement pensé que l’Allemagne était victime d’un ou plusieurs traîtres qui avaient donné aux Alliés les plans de l’offensive à travers l’Ardenne. Ces bombardements nocturnes finirent par angoisser le Chancelier qui a traité la chasse de nuit allemande « d’incapable ». Le 13 mai, Hitler est « accablé » à l’annonce de la capture du général Guderian qui avait été un des principaux artisans de l’offensive. Il constate avec effroi l’augmentation des pertes liées aux bombardements nocturnes alliés mais aussi à l’artillerie française « très nombreuse et active dont les tirs d’une précision remarquable accablent nos colonnes qui, souvent, doivent se disperser sous un déluge d’obus. » L’attaque générale sur la Meuse pour le 13 mai doit être reportée car les Français tiennent en force le front entre Namur et Sedan et on signale d’importantes forces blindées françaises en arrière de ce front. » L’échec des attaques du 14 mai et l’action de l’aviation alliée « très active » font dire à Hitler au soir du 14 mai « Nous avons été trahis, l’effet de surprise ne joue plus, d’ailleurs, il n’a jamais joué. Si, demain, nous n’arrivons pas à passer la Meuse, il faudra nous retirer de l’Ardenne. On ne peut pas laisser nos Panzers sous le feu démoniaque de l’artillerie française plus longtemps. » En apprenant le franchissement de la Meuse de Dinant dans la nuit du 14 au 15, Hitler reprend confiance. Informé en soirée que ses troupes ont été rejetées à la Meuse par « une masse de chars français supérieurs en nombre et en qualité » il entre dans une colère épique qui ne fait qu’amplifier lorsqu’on lui annonce la disparition du général Rommel chef de la 7ème Panzerdivision. Dès lors, il décide d’arrêter l’offensive et de retirer ses divisions blindées de l’Ardenne car «… les pertes en hommes et matériel augmentent à chaque instant. Nous perdons sans arrêt des chars écrasés par l’artillerie française. Pour éviter les obus ennemis nos chars font des ronds, voila, nos chars font des ronds devant l’ennemi sans tirer un coup de canon et en se faisant démolir ! » Toutefois, l’annonce de la prise de Monthermé et de la presqu’îles d’Iges le font revenir sur sa décision. Il y voit un signe du destin… Mais le lendemain, 16 mai, lorsqu’il apprend la reprise de Monthermé « par des nègres fanatisés » puis, surtout, la contre attaque du 1er groupement cuirassé « Précédés par des attaques aériennes massives, puis par un barrage roulant d’artillerie, d’énormes chars français insensibles aux obus de nos canons antichars ont surgi. Nos propres chars ont été écrasés par cette masse d’engins et nous avons dû nous replier dans la presqu’îles d’Iges sous une un déluge d’obus ennemis.» Là, s’en est trop pour Hitler qui décide le repli immédiat de toutes les Panzerdivisionen de l’Ardenne et l’arrêt provisoire de l’offensive à l’Ouest. « Nous avons lamentablement échoué à cause de traîtres qui seront retrouvés et châtiés. » Une grave crise s’établit alors au sein du Haut Commandement allemands, les tenants de la guerre éclair sont mis à l’index « pour avoir laisser l’armée allemande s’engager dans un cul de sac et avoir méprisé l’ennemi au point de croire que celui-ci resterait sans réaction face à notre offensive. »
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 18:59

Vingt deux jours d’attente 19 mai- 10 juin




18ème partie

3 juin

Ce matin à l’aube l’aviation allemande a lancée une grande offensive aérienne contre la région parisienne. De nombreuses usines ont été bombardées, Renault et Citroën en particulier. C’est au moins 600 bombardiers qui ont participé à cette action. Toutefois, notre chasse qui était sur ses gardes a pu décoller à temps et a dispersé plusieurs formations ennemies. En fin de matinée, nos chasseurs ne revendiquent pas moins de 90 victoire dont une soixantaine de bombardiers. Deux d’entres eux sont d’ailleurs venus s’écraser juste à coté de la Ferté sous Jouarre après avoir été abattus par les D 520 du GC 2/7, un autre a été abattu par le groupe de 94 mm CA qui protège le GQG. La DCA de Reims dont les tirs sont dirigés par un radar mobile revendique pas moins de 11 bombardiers abattus et 5 endommagés. Il y a des pertes dans la population civile avec 1034 morts et 3456 blessés. Toutefois, les dégâts aux infrastructures semblent limités. Renault indique que le grand hall de construction du char B Ibis a été touché et que 2 chars y ont été détruits tandis que 3 autres ont été endommagés. Mais, la production ne sera pas stoppée et reviendra à son niveau normal d’ici 72 heures. Que veut dire cette attaque ? Est-ce le début d’une vaste offensive aérienne visant à détruire notre potentiel industriel ? En fonction des pertes enregistrées aujourd’hui par l’ennemi, ce dernier ne pourrait renouveler très longtemps ce genre d’action au risque de voir son potentiel aérien s’affaiblir rapidement. Est-ce une action ponctuelle destinée à remonter le moral de la population allemande qui, dit-on, est en baisse depuis l’échec dans les Ardennes et devant la perspective d’une guerre longue à l’Ouest ? La presse allemande présentera cette offensive comme une action de représailles suite aux bombardements français sur la Rhur. En fait, ce sont les Wellington du Bomber Command qui, effectivement, chaque nuit vont bombarder la grande zone industrielle allemande. Mais la presse d’outre Rhin insiste sur le fait que la Luftwaffe intervient quand et où elle le veut dans le ciel ennemi, le frappant au cœur et faisant un véritable massacre de chasseurs alliés. A l’évidence, Hitler veut prouver à son peuple et au monde que l’Allemagne est une puissance redoutable dont la victoire ne peut faire de doute. Dans l’après midi avec le général Georges, nous réglons les modalités de transfert immédiat à l’armée belge de 15 000 mines antichars et de 150 canons de 25 mm AC ainsi que de 250 000 obus explosifs de 75 mm M 97.



4 juinDans la nuit, 11 Farman 222 sont allés bombarder des usines berlinoises en représailles au bombardement de la région parisienne d’hier. Toutefois, les bombardiers allemands sont revenus en force ce matin. Encore une fois, des victimes, essentiellement civiles, des dégâts limités et une soixantaine d’appareils ennemis abattus par notre chasse. La batterie de 90 de marine du Bourget s’illustre en abattant à elle seule 4 bombardiers allemands dont un s’écrase sur la piste bétonnée. Deux autres sont abattus par des MB 152 du GC 1/9. Par contre, 6 Amiot 354 sont détruits ou gravement endommagés, ils étaient en attente de livraison. Mais aujourd’hui, la Luftwaffe a envoyé une centaine de bombardiers sur Marseille. Là aussi, les dégâts sont limitées et il y a des victimes dans la population civile. Par contre l’effet psychologique semble certain car de nombreuses familles commencent à quitter les grandes agglomérations par crainte des bombardements aériens et d’attaque aux gaz. Je note que jusqu’ici les Allemands n’ont pas encore utilisé l’arme chimique. Crainte de représailles ? La presse allemande se déchaîne : « La Luftwaffe maîtresse du ciel a de nouveau bombardé des objectifs stratégiques à Paris mais aussi à Marseille, la chasse française fuit devant nos escadres. Les pilotes préfèrent se parachuter plutôt que d’affronter nos mitrailleuses.» Ces attaques aériennes ont donc le double but de rassurer le peuple allemand sur la puissance de la Luftwaffe et de jeter le trouble dans la population française afin de déstabiliser le gouvernement. Ce soir, un député dont la demeure de Passy a été endommagée par une bombe interpellera le gouvernement en hurlant : « Mais que fait donc notre chasse dont on nous rabat les oreilles et qui est incapable de s’opposer efficacement aux bombardiers allemands qui semblent voler dans le ciel de France en toute impunité ! » Edouard Daladier répond en citant le chiffre des victoires obtenues en 48 heures par nos chasseurs et notre DCA. Il cite l’action de la batterie de 90 Marine du Bourget. Mais cela ne semble pas vouloir calmer un certain nombre de députés qui réclament la démission du Ministre de l’Air, et la constitution d’une commission d’enquête. Ce soir, je dîne avec Paul Reynaud, Edouard Daladier et le général Vuillemin. Bien entendu, le principal sujet de conversation porte sur l’offensive aérienne allemande. A Paul Reynaud qui me demande mon avis sur les buts de ces bombardements, je réponds : « Les Allemands savent parfaitement que même, tous moyens réunis, les Alliés ne peuvent lancer de représailles aériennes massives. Donc, ils utilisent à fond leur supériorité en bombardiers et en chasse pour nous viser au cœur et s’attaquer au moral de la population. Accessoirement, ils essaient d’amoindrir notre potentiel industriel. Mais leur priorité est de créer une crise politique en France en ravivant les divisions. Cette offensive aérienne est le prélude à une offensive terrestre majeure. » Le général Vuillemin confirme qu’en 48 heures près de 150 appareils allemands ont été abattus notre propres pertes étant de 37 chasseurs et 9 pilotes tués. Quatre cent dix sept aviateurs allemands ont été capturés. Le général s’interroge sur la capacité de la Luftwaffe à durer dans ce genre d’offensive surtout que la plupart des pertes allemandes concernent des bombardiers. Le général s’inquiète aussi du fait qu’avec la reprise des opérations aériennes actives, les groupes équipés de MS 406 vont connaître une usure rapide. A son avis, seuls les D 520, Curtiss H 75 et MB 152 doivent être employés à la lutte contre ces bombardements.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 19:00

Vingt deux jours d’attente 19 mai- 10 juin




19ème partie



Les groupes de MS 406 doivent être conservés en réserve dans l’attente de la grande offensive terrestre allemande « où ils ne pourront qu’être consommés en quelques jours ». Paul Reynaud nous dit qu’il va demander dès demain aux britanniques un renforcement de leur chasse sur le continent mais précise : « Je vais faire cette démarche sans grand espoir car depuis que l’aviation allemande est en Hollande, ils redoutent des raids aériens contre leur île. » Avant de rentrer à la Ferté, je dis à Edouard Daladier et Paul Reynaud : « La réponse à l’offensive aérienne allemande est avant tout politique car c’est la cohérence de la Nation qui est en péril. La réponse militaire, sans être secondaire, ne peut être qu’une partie de notre stratégie. L’aviation allemande s’attaque aux forces morales de la France. C’est une première dans l’Histoire. »



5 juin

Nouvelle offensive aérienne sur Paris ce matin à l’aube avec environ 300 bombardiers escortés par autant de chasseurs. Nos chasseurs décollent sur alerte et se concentrent suivant les ordres au-dessus de Paris « pour montrer les cocardes » Une centaine de bombardiers et autant de chasseurs allemands qui abordent Paris par l’est sont interceptés par 5 groupes de MB 152 chargés des bombardiers et 3 groupes de D 520 en couverture soit environ 150 chasseurs. Surpris par cette tactique inattendue car notre chasse défend Paris bien avant la ville et jamais à sa verticale, les bombardiers allemands larguent leurs bombes au hasard sur l’agglomération afin de fuir plus vite. Beaucoup de bombardiers allemands larguent leurs bombes dans la Seine qui bientôt sera recouverte de milliers de poissons morts. Les canons de 20 mm des MB 152 dont les fusées n’éclatent plus au simple contact de la carlingue font des ravages dans les escadrilles allemandes. Dix sept bombardiers allemands vont s’écraser sur la ville même dont un sur le pont Alexandre III et un autre sur le Champ de Mars. Quatre tombent sur le 16ème arrondissement, 5 sur le 15ème, 3 autres sur le bois de Boulogne, le reste sur les 14ème, 15ème et 11ème arrondissement. Quatre cents bombes sont tombées sur Paris principalement dans les 9ème et 18ème arrondissement. Au total, une trentaine de bombardiers et une vingtaine de chasseurs allemands sont abattues sous les yeux de nombreux parisiens qui, inconscients du danger assistent aux combats aériens depuis leur balcon. Certains prennent des photos, d’autres filment! Heureusement, avec l’alerte aérienne, la plupart des habitants a gagné les abris et les pertes humaines relativement limitées avec 67 morts et 357 blessés, par contre les dégâts aux immeubles et bâtiments publics sont importants, ainsi le pont Alexandre III est très endommagé. Dès la fin de l’alerte, les parisiens viennent en foule regarder les épaves des avions allemands. Celui du Champ de Mars dont la carcasse gît à une cinquantaine de mètres d’un des pieds de la Tour Eiffel attire une foule nombreuse et sa photo fera le tour du monde. La Police aidée par la Gendarmerie traque les aviateurs allemands qui se sont parachutés afin de leur éviter d’être lynchés par la foule. Une autre vague de même importance a bombardé les centres industriels du nord ouest de Paris où les dégâts sont importants chez Peugeot et Gnôme & Rhône. Enfin une troisième vague a pris pour cible les établissements Delahaye et Panhard au sud de Paris. Là aussi les dégâts sont importants. Chez Panhard les ateliers de construction de l’AMD 178 ont été atteints et une vingtaine de véhicules neufs sont détruits. Toutefois, ce bombardement de Paris le 5 juin va avoir des conséquences considérables. La presse américaine titre : « Les barbares attaquent la ville lumière sans défense (sic) ». Le Vatican s’élève contre : « Cette atteinte aux valeurs morales chrétiennes ». La Stampa titre même : « Bombarder Paris, c’est bombarder Rome. Pas un italien ne peut approuver cet acte qui n’est certainement qu’une erreur. » En Grande Bretagne, la presse se déchaîne contre : « ces barbares qui ont voulu raser la ville lumière sans y parvenir, heureusement, grâce aux courageux chasseurs français qui ont abattus plus de 200 bombardiers nazis au-dessus de la capitale. » Ce qui est pour le moins exagéré. La presse française n’a pas de mot pour « qualifier l’inqualifiable ». La presse allemande elle-même, très embarrassée, considère que les plus gros dégâts infligés à la capitale ne sont le fait que des français eux-mêmes dont les obus de DCA sont retombés sur les immeubles faute de fusées d’auto destruction « qui, fabriquées par des nègres ne fonctionnent pas ». Elle affirme aussi que le pont Alexandre 3 a été détruit par un chasseur Morane abattu par un Heinkel 111 et qui s’est écrasé contre lui avec ses bombes (sic). En début de soirée, le ministre de l’intérieur, Monsieur Mandel, m’adresse copie d’une note sur la situation de la capitale : « Faute d’avoir rompu l’avant, l’ennemi cherche à rompre l’arrière. Contrairement à leur attente, les Allemands avec leurs bombardements de ce matin sur Paris, ont galvanisé la population contre eux. Le fait que de très nombreux parisiens aient pu voir de leurs propres yeux nos chasseurs à cocardes abattre nombre d’avions ennemis dans des combats, souvent aux ras des toits, a prouvé à tous que nous étions défendus. Pour la population, les bombardements aériens allemands ne sont que la réédition de ceux de la grosse Bertha en 1918. Mais contrairement à cette époque où les parisiens ne pouvaient que subir, l’intervention de notre chasse a prouvé que nous étions en mesure de régir aujourd’hui. « Ils ne passeront pas » est repris dans tous les quartiers y compris populaires. Le moral de la population est bon et chacun de se féliciter de la défense passive en particulier dans le métro. »
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 19:03

Vingt deux jours d’attente 19 mai- 10 juin




20ème partie



6 juin

Calme plat aujourd’hui. L’aviation allemande est restée au nid. Est-ce le calme qui précède la tempête ? Gestion des affaires courantes.



7 juin

Je suis à Saumur, au camp de Fontevrault où la 4ème DLM termine sa formation. Tous les cavaliers qui en font partie sont issus des ex-DLC. Ces braves gens là, ont une revanche à prendre. Allons, le moral est bon !



8 juin

Les indices sur une très prochaine offensive de grande envergure allemande en Belgique nous arrivent de plus en plus nombreux. Une note du 2ème bureau indique que l’effort principal sera effectué sur le front de l’armée belge avec attaques de diversion sur Namur et tout le front de la 1ère armée et du BEF. Des sources provenant de la Belgique occupée confirment d’importants mouvements de troupes entre Anvers et Namur. Les Britanniques indiquent que la rupture du front sera assurée par une brève mais très puissante préparation d’artillerie avec ensuite un assaut de l’infanterie appuyée par des chars. L’exploitation des succès initiaux sera assurée par les divisions blindées couvertes par l’aviation d’assaut. Dès le début d’après midi, je fais alerter toutes les armées y compris celles qui font face à la Suisse et à l’Italie car sur le front des Alpes, les troupes italiennes se renforcent depuis ce matin. Je fais prescrire au Corps de Cavalerie de se porter cette nuit de la région de Charleroi à celle de Zottegem entre Escaut et Gendre « Pour être en mesure de déboucher en masse contre une force mécanique ayant réussi à percer le front allié au nord ou à l’est. » Je fais aussi prescrire au 1er groupement cuirassé de se porter sur la région de Charleroi en soutien de la 1ère Armée ou du BEF suivant les besoins. A 18 heures, j’ai une conversation au téléphone avec le général Van Overstraeten. Ensemble, nous examinons la situation :

« Il faut vous attendre à une très puissante offensive contre votre front entre Anvers et Malines sous les 48 heures qui viennent. La jonction entre votre armée et le BEF dans la région de Malines est certainement menacée. Si Malines tombe, Anvers tombera car les Allemands privilégient les manœuvres d’enveloppement par les ailes. »

Le général Van Overstraeten : « Je suis pleinement d’accord avec vous et surtout le roi. Notre deuxième position est prête depuis hier mais si, sur le front d’Anvers à Malines, nous sommes enfoncés que ferez vous ? »

- « Le corps de cavalerie va se porter cette nuit même entre Escaut et Gendre pour contre attaquer au cas où justement, vous seriez enfoncés. »

- « Vos blindés pourront-ils contre attaquer pour rétablir une situation locale compromise ? »

- « Non, il est hors de question de les engager dans une crise locale où ils ne pourraient que se disperser. Pour les problèmes locaux, vous avez vos chasseurs de chars. »

- « Nous n’en aurons pas assez, pouvez-vous nous en envoyer ? »

- « Hélas non, ils ne sortent en série que depuis 8 jours, nos premiers besoins sont à peine couverts. Avez-vous fait poser les mines antichars ? »

- « Oui, mais faute de temps, la plupart sont simplement posées sur le sol et ne résisteront pas à une importante préparation d’artillerie. »

- - « Il faut absolument que vous teniez le plus longtemps possible sur la 1ère position. Je donne l’ordre de la résistance sur place à outrance. »

- « Mais si nous sommes tournés ? »

- « Formez vous en points d’appui en attendant que le Corps de Cavalerie vienne vous dégager. »

- « Ah, votre cavalerie mécanique va donc bien nous appuyer ? »

- « Oui, mais en masse »

- « Je comprends mais je pense que pour nous ça va être très dur. »

- « Ca va être dur pour tout le monde mais comptez sur moi pour ne pas abandonner votre vaillante armée ! »« Monsieur le généralissime, j’en prends bonne note et je vous remercie au nom du Roi. »
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 25 Mar 2008 - 19:06

Vingt deux jours d’attente 19 mai- 10 juin




21ème partie

9 juin

Une très importante note du 2ème bureau m’indique que l’offensive allemande entre Anvers et Louvain démarrera demain 10 juin heure H 05 h 15 min. Effort principal sur le front de l’armée belge surtout à la jointure des armées belges et britanniques. Un puissant tir de préparation d’artillerie commencera à 04 h 45 min. L’aviation allemande exécutera une préparation dans toute la profondeur de notre dispositif en Belgique à partir de la même heure. Aussi incroyable que cela paraisse, ces renseignements ont été obtenus via un déserteur allemand, polonais d’origine enrôlé de force dans une unité de transmissions. Est-ce un bluff, destiné à nous déstabiliser ou un coup de chance ? Je prends le parti d’opter pour le coup de chance. Immédiatement, j’alerte les alliés. En première mesure, je demande que l’on effectue sur l’ensemble du front, une contre préparation d’artillerie à partir de 04 h 30 min. D’Anvers à la Suisse, les Allemands vont avoir une sacrée surprise. L’action de l’artillerie sera doublée par un bombardement aérien nocturne et massif franco-britannique en avant des positions belges de Malines. La chasse alliée sera en l’air à 04 h 30 pour couvrir la Belgique et la DCA se tiendra prête à ouvrir le feu à partir de la même heure. D’autre part, je demande que les unités en lignes ouvrent le feu avec toutes leurs armes collectives à partir de 05 h 5 min. Paul Reynaud et Edouard Daladier ainsi que le général Vuillemin et l’amiral Darlan viennent déjeuner à la Ferté sous Jouarre. Paul Reynaud me demande mon avis sur cette offensive allemande annoncée. Je lui réponds que les Allemands occupants toute la Hollande et la moitié de la Belgique, aucun de leurs mouvements ne peut échapper à nos agents et aux résistants. Nous savons ainsi quelles sont les concentrations qu’ils effectuent et l’endroit où ils le font. Ces renseignements sont recoupés avec nos vols de reconnaissance et les écoutes radio. C’est ainsi que nous avons détecté la concentration de 4 divisions blindées dans le secteur belge devant Malines qui, à ne pas douter, sera l’axe d’effort principal d’effort de l’ennemi. « Ils vont essayer de nous battre par le détail, je pense en isolant d’abord l’armée belge des gros alliés puis le BEF et enfin les 1ère et 9ème armée. Toutefois, si l’occasion s’offre à eux, ils passeront à la phase exploitation en fonçant entre Escaut et Sambre. Là, ils se heurteront au Corps de Cavalerie et au 1er Groupement Cuirassé. Le Corps de Cavalerie a pour mission d’agir au profit de l’armée belge et du BEF tandis que le 1er Groupement Cuirassé doit agir au profit de la 1ère armée pour lui éviter d’être tournée. Bien sûr, ces dispositions prises a priori pourront être modifiées en fonction de la situation. » Conclus-je.-« Les dispositions de contre préparation que vous avez prises, risquent de désorienter l’ennemi. » me dit Edouard Daladier. Je lui réponds : « C’est certain, mais la puissance de l’attaque va être telle que nous risquons d’être enfoncés quand même. L’important, c’est d’empêcher leurs divisions blindées de pouvoir exploiter un succès initial. Il ne faut donc plus colmater mais contre attaquer immédiatement, être très agressif pour prendre l’ascendant moral sur l’ennemi qui n’aime guère voir ses plans contrariés. » Ensuite, le général Vuillemin fait un exposé sur la situation de l’armée de l’air « bien meilleure que le 10 mai mais encore insuffisante face à la puissance de l’adversaire ». Il insiste particulièrement sur les groupes de chasse équipés de MS 406 encore trop nombreux à ce jour. Les livraisons accélérées des D 520 et MB 152 ne permettront pas de faire face aux pertes pendant la bataille qui s’annonce et de transformer rapidement les groupes de MS 406. Le général compte beaucoup sur l’arrivée des premiers VG 33 dans la deuxième quinzaine de juin mais ceux-ci ne permettront que la transformation d’un seul groupe pour le 30 juin et de deux au maximum en juillet. Ce n’est donc pas avant le mois d’août que les MS 406 seront retirés du front nord est. Pour le bombardement de nuit, les Amiot 350 ont remplacé les MB 210 à bout de souffle et sont maintenant équipés de leurs viseurs définitifs. Le bombardement de jour a accru ses effectifs grâce aux sorties des Léo 45 et l’arrivée de nouveaux équipages. Dans les groupes, les incidents au décollage ont largement diminué grâce au passage d’instructeurs spécialistes du Léo 45. Mais pour le général Vuillemin, c’est l’aviation d’assaut qui a le plus progressé. Elle dispose aujourd’hui de groupes de Bréguet 693, de Glenn Martin 167 F et de Boston DB 7. Cette dernière s’est renforcée avec l’arrivée des quatre escadrilles de bombardement en piqué de l’Aéronavale mise à sa disposition par l’Amiral Darlan. L’Amiral prend alors la parole pour nous confirmer qu’il vient de renforcer les moyens en mer du Nord pour couvrir Anvers en liaison étroite avec la Royal Navy. La réunion se termine à 16 heures. Jusqu’à 18 heures j’examine avec les généraux Georges et Doumenc, les derniers préparatifs de notre contre préparation avant d’aller faire une promenade à cheval dans les bois pour me détendre. A 09 h 30 je me couche, mon ordonnance me réveillera à 03 heures demain. Dans les jours qui viennent, nous ne dormirons certainement pas beaucoup. (à suivre)
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mer 26 Mar 2008 - 23:04

Merci Louis!
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Ven 4 Avr 2008 - 18:29

La grande bataille du Nord
10 juin-5 Juillet 1940


1ère partie

10 juinLorsque mon ordonnance vient me réveiller à 03 h 30 min, je suis déjà debout. Si j’ai très bien dormi, mon réveil biologique a fonctionné de manière parfaite. Je rejoins vers 04 h, le général Georges et le général Doumenc au mess pour un petit déjeuner copieux. La journée va être rude. Nous prenons ensemble connaissance des derniers rapports en provenance du front. D’Anvers à Namur l’ennemi a développé cette nuit une grande activité de patrouilles, effectuant des coups de main, y compris sur la Meuse et en direction de la Ferté. A l’heure qu’il est, notre bombardement de nuit, renforcé par les Wellington du Bomber Command, vole en direction de la région de Malines. L’artillerie à longue portée belge va marquer l’objectif, une concentration d’environ 1000 chars allemands soit l’équivalent de 4 Panzerdivisionen, mais où sont les autres ? L’aiguille de la pendule marque bientôt 04 h 30 min. Les téléscripteurs de la salle de transmissions se mettent à crépiter. Sur l’ensemble du front, d’Anvers à la Suisse, l’artillerie vient d’ouvrir le feu pour 15 minutes. La consommation d’obus va être importante aussi, toutes les pièces qui tirent des munitions dites « rares » ne participent pas à cette action (105 mm court modèle 35 et Schneider et 105 mm long modèle 1936). Elles ne s’engageront qu’au moment de l’assaut ennemi. Peu de temps après, le général Vuillemin nous annonce que la chasse a pris l’air et que le bombardement de nuit est en pleine action à l’est de Malines. A 04 h 45 minutes, malgré nos tirs de contre préparation, l’artillerie allemande ouvre le feu d’Anvers à Namur, particulièrement entre Malines et Louvain. Ainsi, il se confirme que l’ennemi cherche la rupture du front à la jointure des armées belges et britanniques. La place d’Anvers subit le feu de l’artillerie de grosse destruction allemande qui s’en prend aux ouvrages fortifiés. Dans le ciel, les escadres de la Luftwaffe apparaissent en nombre, Bruxelles est bombardée ainsi qu’Anvers et de nombreuses villes belges suivant un axe est-ouest. Il semble que notre adversaire veut envelopper toute l’armée belge, y compris sa deuxième ligne de défense. Partout, le tir de l’artillerie allemande est intense mais paraît avoir été quelque peu désorganisé par notre contre préparation. S’engagent alors de violents duels d’artillerie. Il est 05 h 05 min. lorsque sur l’ensemble du front d’Anvers à la Suisse, notre infanterie ouvre le feu sur les positions allemandes, les mortiers et mitrailleuses sont particulièrement mis à contribution. Enfin, comme prévu, l’attaque allemande débouche à 05 h 15 min. sous les feux conjugués de notre artillerie et de notre infanterie. Immédiatement, la pression ennemie s’exerce essentiellement entre Louvain et Malines mais Anvers est aussi fortement pressée. Cette fois, les Allemands attaquent avec de l’infanterie et un fort soutien d’artillerie et de minenwerfer. A 06 h, le commandement belge nous annonce que sur tout son front, les assauts sont contenus « l’infanterie allemande avançant en rangs serrés et en bras de chemise ». Peu de temps après, le BEF nous informe que des SS ont investis la moitié de la ville de Louvain où se déroulent de très violents combats au corps à corps. Sur le front de la 1ère armée, les attaques paraissent de moindre importance, aucune grande unité n’ayant engagé ses réserves. Sur la Meuse, les Allemands se contentent de répondre de manière sporadique à nos tirs d’artillerie comme sur tout le reste du front. Il est 07h 45 min lorsque le commandement belge nous annonce que Malines est débordée par deux puissantes formations de chars soutenues par de nombreuses escadrilles de bombardement en piqué. Il est en tout autant dans la région d’Edegem au sud d’Anvers. Les Belges qui mènent un combat sans esprit de recul craignent d’être enfoncés à tout moment et réclament l’appui de notre aviation et du Corps de Cavalerie. Dans un premier temps, c’est la chasse britannique qui intervient au profit de l’armée belge et du BEF. Des reconnaissances aériennes menées sous forte escorte nous confirment en fin de matinée que Malines est débordée au nord par de puissantes formations de chars. Les forces belges qui défendent Malines et Edegem commencent à se former en hérissons, les intervalles sont battus par des chasseurs de chars. L’engagement du Corps de Cavalerie semble devoir s’imposer. J’en parle au téléphone avec le général Prioux qui se déclare partisan de l’engagement du groupement Duchesne et qui tient à garder « à sa main » les trois DLM pour contre attaquer en masse. Vers midi, notre bombardement tactique attaque les formations blindées allemandes dans la région de Malines. Cette attaque est massive et l’escorte est assurée par les groupes de chasse de la 1ère division aérienne. A 13 heures, le BEF nous informe que la partie de Louvain occupée par l’ennemi depuis ce matin a été reconquise par une puissante attaque appuyée par des chars lourds. Suite à notre bombardement, l’offensive ennemie devant Malines semble marquer le pas. En dehors de ce secteur, les positions de l’armée belge tiennent bon, y compris à Anvers toujours bombardée par l’artillerie lourde ennemie et Edegem. Sur le front du BEF, partout l’offensive allemande a été contenue. Dans la soirée, le général Billotte me confirme que la résistance de l’armée belge a été remarquable et que les unités encerclées forment des hérissons. Il pense que l’arrivée ce soir du groupement Duchesne avec ses chasseurs de chars dans la région de Malines permettra de renforcer les unités belges. Le général se déclare partisan d’un engagement immédiat du Corps de Cavalerie, « avant que la marée emporte tout ». Ce serait, effectivement, la réédition de Dinant. Sur le front de la 1ère armée, les attaques ennemies menées sans grande conviction sont toutes bloquées. Mis à part le secteur de Malines, nulle part l’ennemi a réussi à forcer notre ligne principale de résistance entre Anvers et Namur. Toutefois, l’état major belge nous demande l’arrivée d’urgence du Corps de Cavalerie « seul capable de rejeter les chars ennemis ». Je l’informe que les avant-gardes du Corps de Cavalerie sont en marche pour venir épauler l’armée belge. Dans la nuit, le groupement Duchesne prend position en arrière de Malines avec ses batteries de chasseurs de chars et ses bataillons de mitrailleurs. Sa mission est de couvrir le flanc gauche du BEF et d’empêcher la prise à revers de la deuxième position de l’armée belge en cas de rupture du front à Malines. C’est aussi barré la route de Bruxelles qui n’est qu’à une vingtaine de kilomètres et qui a déjà été évacuée en grande partie par ses habitants. Toute la journée, l’armée de l’air a disputé le ciel à la Luftwaffe au dessus de la Belgique mais aussi la zone Lille-Roubaix où les bombardiers ennemis ont été très actifs. L’usine Five-Lille qui construit les chars Somua a été bombardée ainsi que l’usine Potez. Apparemment, les dégâts sont limités. Notre chasse revendique 47 victoires pour la perte de 17 appareils et de 4 pilotes tués et 8 blessés. Le bombardement de nuit reprend sa mission de la nuit dernière sur le secteur de Malines.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Ven 4 Avr 2008 - 18:30

2ème partie

11 juinMalgré nos bombardements d’artillerie et aériens de la nuit, l’ennemi qui a réorganisé son dispositif, reprend son offensive dès l’aube. Le secteur nord de Malines est particulièrement pressé tandis qu’au sud le groupement Duchesne bloque les premières tentatives d’incursion des chars allemands. Mais sur le front compris entre Malines et Anvers tenu par l’armée belge, l’adversaire enfonce les défenses belges à Edegem en direction de Schelle. Pas moins de 4 Panzerdivisionen participent à cette action. Dès lors, les mauvaises nouvelles ne vont cesser d’arriver. Vers 09 h, l’état major belge nous annonce que plusieurs centaines de chars allemands ont percé au nord de Malines et foncent vers Willebroek menaçant d’enveloppement tout le secteur tenu par l’armée belge entre le nord de Malines et Edegem. Pour soulager l’armée belge le général Vuillemin engage le bombardement tactique et le bombardement de jour sur les axes de pénétration de l’ennemi. Le Bomber Command se joint à l’action. A midi, l’état major belge nous fait part de son intention de se replier sur la deuxième position « en l’absence du Corps de Cavalerie promis ». Ce serait donc l’abandon de la place d’Anvers et du dernier lambeau de territoire hollandais encore libre : la Zélande. Je lui réponds immédiatement de ne rien en faire et je lui annonce l’arrivée du Corps de Cavalerie dans la région d’Alost pour le 12 juin à l’aube et qui aura pour mission de contre attaquer en direction de la ligne Willebrock /Malines. A 13 heures, je demande au Corps de Cavalerie d’envoyer sans tarder ses reconnaissances au nord est d’Alost en direction de Willebroek, et de mettre en route ses gros pour Alost dès la nuit tombée « pour être en mesure de contre attaquer l’ennemi qui a enfoncé la LPR belge entre Malines et Edegem. » Une poche de 15 km de large vient de se créer dans le front belge. Pendant ce temps deux DI britanniques et deux françaises prennent position à l’ouest de Malines pour couvrir Bruxelles. En milieu d’après midi, notre aviation confirme que les Allemands sont à Temse et signale de très violents combats autour de Willebroek. Elle annonce par ailleurs le repli général de l’armée belge en direction de la deuxième position qui est maintenue jusqu’à Malines grâce à l’action du groupement Duchesne. Cela est strictement contraire à mes ordres. Immédiatement, j’appelle le général Van Overstraeten. Celui-ci me répond qu’en l’absence du Corps de Cavalerie le 11 au matin pour soutenir l’armée belge, cette dernière est contrainte au repli sur la deuxième position. Par ailleurs, il déclare avoir devant lui au moins 8 à 9 Panzerdivisionen, une masse que ses chasseurs de chars trop peu nombreux ne peuvent contenir. En accord avec le Roi, il organise une résistance « à outrance » sur la ligne Malines, Willebroek, Hamme, Temse, Anvers pour permettre le décrochage des unités qui tiennent la Zélande et la région flamande. Je le somme de n’en rien faire. « Ordre du Roi en accord avec Londres » me déclare t-il brutalement. Je suis stupéfait car en pleine bataille, le gouvernement belge déclenche une crise au niveau du haut commandement allié et, certainement, une crise politique. Je raccroche sèchement avant d’appeler Paul Reynaud qui est déjà au courant de la situation. « Churchill va me rappeler dans 30 minutes, il est, paraît-il, furieux, que les Belges s’apprêtent à évacuer Anvers sur votre ordre ». « Je n’ai jamais donner un tel ordre ! Bien au contraire, les belges me disent qu’ils agissent en accord avec Londres !» grondais-je dans le téléphone. A 16 heures 30 min. un compte rendu d’une reconnaissance aérienne nous annonce que d’importantes colonnes de chars viennent d’apparaître dans la région de Lierre. Serait-ce le deuxième échelon des Panzerdivisionen ? Dans ce cas, que va faire l’ennemi ? Renforcer le premier échelon qui repousse une armée belge qui se replie, je l’espère, en ordre vers sa deuxième position ? Je vois mal les Allemands engager la totalité de leurs divisions blindées pour conquérir un territoire large de 40 km au maximum et profond d’à peine plus de 100 km. A moins que l’ennemi ait décidé d’agir en deux temps avec en premier lieu, une offensive est ouest pour s’assurer la place d’Anvers et de pouvoir lancer des attaques maritimes contre l’Angleterre mais aussi détruire l’armée belge. En second lieu, de passer sans attendre à l’attaque de notre deuxième position entre l’Escaut et la Sambre avant que celle-ci ne soit tout à fait prête à recevoir le choc. Il faut donc renforcer la deuxième position, principalement entre Gand et Malines, l’armée belge occupant le secteur entre Ostende et Gand exclu.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Sam 5 Avr 2008 - 19:03

3ème partie

12 juin

Dès l’aube, les colonnes allemandes se remettent en marche sur quatre axes d’effort. Au nord d’Anvers, des unités motorisées allemandes ont passé l’estuaire et marchent sur Saint Nicolas. Au sud d’Anvers, au moins 2 Panzerdivisionen sont devant Saint Nicolas formée en hérisson et qui forme avec Temse et Hamme, le nœud de résistance à outrance de l’armée belge. Toutefois, les derniers éléments belges et hollandais qui défendent encore Anvers sont menacés d’encerclement à brève échéance. Les Belges nous demandent un ravitaillement par air dès la nuit du 12 au 13 juin de leurs hérissons. Débouchant de Schelle, une masse de blindés fait route en direction de Dendermonde/ Buggenhout, c'est-à-dire en direction de la ligne Wetteren/Willebroek tenu par des éléments belges et les reconnaissance du Corps de Cavalerie qui à l’aube, s’est regroupé dans la région d’Alost, prêt à contre attaquer en masse. Mais c’est sur la ligne Willebroek/Malines que les combats sont d’une grande intensité. Deux divisions britanniques soutenues par le groupement Duchesne barrent la route de Bruxelles face à l’assaut estimé à 3 Panzerdivisionen appuyées par une nombreuse infanterie et une puissante artillerie. Le groupement Duchesne nous confirme que : « les chasseurs de chars Laffly se montrent redoutables contre les chars lourds ennemis qui sont leurs cibles préférée tandis que les 25 sur chenillette traquent les chars légers. De nombreuses attaques ennemies ont ainsi été bloquées avant d’être écrasées sous le feu de l’admirable artillerie britannique. » Le 8ème CA mis à la disposition de l’armée belge et qui retraite, avec mon accord, de la région nord d’Anvers en direction de Gand doit couvrir son flanc gauche face à l’apparition d’éléments blindés légers allemands qui se sont infiltrés entre les hérissons belges. Plus à l’ouest, les éléments belges et hollandais, qui tenait le front de Zélande, retraitent sans autre difficulté vers la seconde position. Sur le reste du front entre Malines et Namur, les Allemands ne lancent pas d’attaques mais essaient de s’infiltrer entre les points d’appui britanniques et français. A 08 h, le général Prioux me téléphone pour me faire part de son opinion sur la situation : « La seconde position entre Wetteren et Asse est faiblement tenue par quelques unités belges. Comme mes reconnaissances me confirment l’arrivée devant moi d’une masse d’un millier de chars ennemis, je vous propose d’adopter une position défensive en tenant cette ligne avec les Dragons portés des 2ème et 3ème DLM en gardant tous les chars Somua et la 1ère DLM en réserve. J’aurais ainsi une masse de 300 Somua au lieu d’en avoir 3 fois 100. Seule une contre attaque massive pourra mettre en échec le débouché des chars allemands. Les Somua seront appuyés par l’ensemble des autres éléments de la 1ère DLM et de toute l’artillerie automotrice du corps. Je garde mes 2 divisions motorisées pour garder mes flancs. Enfin, je suis certain que je suis face à l’axe d’effort principal de l’ennemi qui va essayer de nous bousculer pour s’ouvrir la route entre Escaut et Sambre. » Effectivement, l’idée du général Prioux est séduisante et correspond au règlement d’emploi des DLM dans la défensive. Son idée de regrouper tous ses Somua peut nous donner la supériorité locale en évitant de nous laisser fixer. Toutefois, je lui dit : « Mon général, il me semble qu’il serait préférable de vous ménager un maximum de moyens de contre attaque massive en tenant le front Wetteren/Asse avec vos deux divisions motorisées et vos bataillons de mitrailleurs, formés en points d’appui et d’assurer vos flancs avec les Dragons portés. Les points d’appui pourraient être soutenus dans les intervalles par les chasseurs de chars des DLM et vos unités de reconnaissance. Le général Prioux me dit alors que l’infanterie motorisée n’a de motorisé que ses trains de combat et que l’infanterie dépend des rames du Train. « Si nous devons décrocher, nous perdrons cette infanterie.» m’assure t-il. J’en conviens, mais je lui confirme mon souci de ne pas dissocier les DLM. Il me demande alors le retour du groupement Duchesne mais en fonction de la pression exercée par l’ennemi entre Willebroek et Malines cela me semble impossible pour l’instant. En fait, depuis cet après-midi, j’envisage une offensive massive du Corps de Cavalerie sur l’axe Alost/ Willebroek puis, si les combats nous sont favorables, en direction d’Anvers pour reconquérir notre 1ère position et encercler toutes les forces allemandes qui se trouvent en Zélande et en région flamande. C’est gros, mais c’est jouable car nous risquons de surprendre l’ennemi qui, depuis plus d’un mois est habitué à nous voir adopter une position défensive avec des contre attaques puissantes certes, mais limitées. Dans la soirée, le 2ème bureau me fait parvenir un message du général Hoppner qui commande le 16ème Panzer Korps chargé de l’attaque entre Willebroek et Malines qui a été intercepté et déchiffré : « Depuis le 11 juin, après avoir forcé le front belge le 10, nos panzern se heurtent à une résistance acharnée des troupes britanniques établies sur une deuxième positon. Formés en point d’appui et disposant de nombreuses armes antichars, les anglais sont appuyés par de nombreux chasseurs de chars qui utilisent la même tactique que devant Hannut des 11 au 15 mai dernier. De ce fait, nos pertes en chars sont très élevées. La 4ème Panzerdivision a perdu en 72 heures de combat 17 chars Pz I, 32 Pz II, 21 Pz III et 9 Pz IV soit 79 chars plus une cinquantaine d’endommagés dont la plupart a du être évacuée. La 3ème Panzerdivision a perdu : 15 Pz I, 36 Pz II, 29 Pz III et 11 Pz IV soit 91 chars plus une soixantaine d’endommagés. En fait le 16ème Panzer Korps a perdu depuis le 10 juin pratiquement 50% de son potentiel offensif. Ces pertes sont liées à :

- L’emploi par les Anglais de chasseurs de chars puissants et très rapides qui, de ce fait, échappent à notre riposte et de mines antichars (15% des pertes).

- Les tirs de concentration parfaitement ajustés de l’artillerie anglaise

- Des bombardements aériens répétitifs au point que la FlaK est à court de munitions.

Aussi, dès demain, nous reprendrons l’attaque du saillant de Bruxelles avec l’infanterie et l’artillerie pour permettre à nos Panzerdivisionen de se réorganiser. Je demande des chars de remplacement, principalement du type III et IV. »Ce message est pour moi édifiant car le général Hoppner reconnaît qu’au bout de 3 jours de combats, son corps blindé a perdu la moitié de son potentiel chars. Il semble ignorer que les chasseurs de chars sont français et non anglais, il n’y a donc pas eu de prisonnier. Par ailleurs, il parle du « saillant de Bruxelles » qui s’est formé après le retrait de l’armée belge de sa première position et qui se matérialise ce soir par la ligne Wavre, Louvain, Malines, Asse. On peut donc s’attendre dès demain à une puissante attaque contre ce saillant, tandis qu’entre Asse et Wetteren, d’autres Panzerdivisionen vont essayer de bousculer notre Corps de Cavalerie pour faire tomber Bruxelles qui a subi aujourd’hui de nombreux bombardements. A 20 heures, le Roi des belges me demande si j’ai l’intention de défendre la capitale dont il craint la destruction. Je lui réponds qu’à cette heure, les Allemands se trouvant à 15/20 km de Bruxelles, il ne peut être question d’évacuer pour l’instant le saillant qui fait partie de notre 2ème position. Je lui adresse en même temps, le message du général Hoppner. Immédiatement après, Paul Reynaud m’appelle pour me dire que «l’ imbroglio » créé par les belges et les hollandais qui ont quitté la première position sans mon ordre est réglé. Après une réunion entre la Reine de Hollande, le Roi de Belgique, Winston Churchill et lui-même, j’ai été confirmé dans mon commandement. Nous faisons ensuite le tour de la situation et j’assure le président du Conseil de mon intention de maintenir l’intégrité de la seconde position. Je lui confirme que j’attends pour demain matin une très forte pression de l’ennemi entre Wetteren, Willebroek et Namur.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Dim 6 Avr 2008 - 16:51

4ème partie

13 juin

Comme il fallait s’y attendre, l’ennemi lance à l’aube une puissante offensive de la mer jusqu’à Namur. Partout, tant sur le front des armées belge, britannique et française après une violente mais brève préparation d’artillerie, l’infanterie allemande accompagnée de chars monte à l’assaut de nos positions. La pression est particulièrement forte entre Wetteren et Asse, ainsi que sur le front de la 1ère armée entre Wavre et Namur. A l’évidence, l’ennemi cherche à résorber la « verrue » de Bruxelles et à encercler le BEF pour l’obliger à capituler en rase campagne. Ce serait pour les Allemands une victoire militaire mais surtout politique en annonçant au monde la capitulation de l’armée britannique et la prise de Bruxelles. Heureusement, encore une fois et comme sur la Meuse, nos réserves blindées se trouvent directement sur l’axe d’effort ennemi. Le Corps de Cavalerie est au sud d’Alost et le 1re Groupement cuirassé dans la région d’Ottignies en arrière de Wavre, prêt à prêter main forte. Dans la matinée, les centres de résistance franco-belges établis sur la ligne Wetteren, Dendermonde, Willebroek, Malines sont débordés par l’offensive ennemie mais tiennent fermement. Entre Alost et Asse, les GRDI des 11ème et 15ème DIM, prêtent main forte aux unités de chasseurs de chars qui tiennent les intervalles. Entre Willebroek et Louvain, le BEF est fortement pressé tandis que Bruxelles est la victime d’importants bombardements aériens heureusement atténués par l’action très efficace des Hurricanes de la RAF mais aussi de ceux de 2 escadrilles belges. Entre Wavre et Namur la 1ère armée est, elle aussi, très fortement pressée mais repousse tous les assauts au cours de la matinée infligeant à l’ennemi de lourdes pertes, principalement sur le front de la 5ème DI marocaine fortement soutenue par l’artillerie de manœuvre d’ensemble. Sur le front de l’armée belge, la pression est aussi très forte, la ville de Gand « la Venise du Nord » est violemment bombardée par la Luftwaffe. A midi, le roi des Belges, inquiet pour sa capitale, nous demande l’évacuation de la ville. A Paul Reynaud qui me transmet la demande je réponds qu’il n’y a pas lieu, le BEF tenant fermement ses positions entre Willebroek et Louvain et que le Corps de Cavalerie s’apprête à lancer une puissante contre offensive entre Alost et Asse pour le 14 au matin afin de dégager nos points d’appui entre Wetteren et Willebroek. Je lui dit que j’envisage, si l’opération se déroule bien, de pousser sur la place d’Anvers dont la garnison résiste toujours pour prendre au piège les forces allemandes qui se trouvent en Zélande et en région Flamande mais à la condition que le BEF maintienne ses positions entre Willebroek et Malines. Ainsi Bruxelles serait dégagée et nous rétablirions notre première position. A ces mots, Paul Reynaud s’engage à dissuader le Roi réalisant parfaitement que si nous évacuions Bruxelles, nous serions alors obligés de gagner notre 3ème position, c'est-à-dire d’abandonner la plus grande partie de la Belgique aux Allemands. A 13 heures, j’envoie au général Prioux l’ordre de contre attaquer, dès le 14 à l’aube, sur l’axe Alost/Willebroek et, un fois cet objectif atteint, de pousser au plus vite sur Anvers si la situation est favorable. A cet ordre, le général Prioux me répond : « C’est un travail de cavalier, nous serons à la hauteur ». Ainsi, dès demain matin, nous passerons à la contre offensive tant attendue du moins sur cette partie du front. Toutefois, je m’inquiète de l’état d’avancement de l’installation des 3ème et 4ème positions ainsi que de celle installée sur la Somme. En effet, si nous réussissons, c’est une vingtaine de divisions allemandes dont 4 blindées qui seront prises au piège en région flamande. Par contre, si le Corps de Cavalerie venait à connaître un sort contraire, nous n’aurions plus guère de moyens, mis à part le 1ère groupement cuirassé qui reste en arrière de la 1ère armée, pour nous opposer à une nouvelle offensive allemande. Toutefois, j’ai bon espoir dans cette offensive qui est plutôt une contre attaque d’envergure car elle a de fortes chances de surprendre un ennemi qui, depuis le 10 mai, est habitué à une position défensive de notre part. Le débouché de nos trois DLM plus une quatrième en réserve, accompagnées de deux divisions d’infanterie motorisées et puissamment appuyées par l’artillerie et l’aviation risque de le déconcerter. Ainsi, le Corps de Cavalerie se confirme comme un moyen souple et puissant qui peut être mis en œuvre sur l’heure, nous sommes loin des mois de préparation pour lancer une offensive pendant la Grande Guerre. En accord avec le général Georges et le général Billotte, nous poussons dès cette nuit la 7ème armée dans la région de Courtrai/Audenarde pour soutenir l’offensive du Corps de Cavalerie mais aussi soutenir l’armée belge en cas de besoin. De plus, en cas d’échec, la 7ème Armée pourra tenir la rocade de Wetteren car, si nous échouons, nous seront amenés fatalement à nous replier sur notre 3ème position. Je prévois alors de faire passer la moitié du BEF, entièrement motorisé, en réserve pour former avec les restes des DLM, les DCR et une partie de nos DIM une grande réserve mécanisée et motorisée pour mener des contre offensives massives. Bien entendu j’en informe le général Van Overstraeten qui se déclare plutôt surpris de ma volonté d’offensive. Je lui réponds qu’il faut savoir saisir les occasions comme sur la Marne en 1914. Le général me confirme que l’armée belge tient toutes ses positions malgré la pression allemande et il se réjouit de ma décision « qui va relâcher la pression sur l’armée belge dont les réserves commencent à s’épuiser.» Lorsque je lui apprends que la 7ème armée Giraud commencera à s’installer dès le lendemain dans la région de Courtrai/Audenarde, pour le soutenir, il laisse échapper un soupir de soulagement. Mais, c’est le général Gort qui va se montrer le plus enthousiasme à l’idée de cette offensive surprise. « Enfin –me dit-il- on va leur rentrer dedans ! Je commençais à désespérer… » Je lui réponds comme au général Van Overstraeten qu’il faut savoir saisir les occasions et c’est lui qui me répond « comme sur la Marne en 1914 ! ». Le général Gort me propose de lancer dès le lendemain matin « un coup de main » en direction d’Anvers avec une division en réserve et un bataillon de chars lourds Mathilda II « qui ont foutu la pâtée aux boches à Louvain ». Il me confirme aussi que le groupement Duchesne fait un excellent travail « trouant les chars allemands comme des passoires ! » Les britanniques ont surnommés nos chasseurs de chars « Creasy killers »…Je demande au général si son coup de main pourra être monté pour demain à 05h 15. Il me répond en riant qu’en apprenant la nouvelle sa division ne va pas gagner sa position de départ au pas mais en courant ! Au soir, partout l’offensive allemande a été contenue aux prix de pertes sensibles à la 1ère armée et les Allemands ont poussé des pointes blindées jusqu’aux positions des 11ème et 15ème DIM ainsi que devant la 26ème DI. L’artillerie les a dispersées pour la plupart. Mais ce ne sont que des avant-gardes. Les points d’appui encerclés tiennent encore et certains ont pu être ravitaillés grâce aux chenillettes. La place d’Anvers continue à se battre malgré les bombardements intensifs mais sa capacité de résistance paraît limitée. Pourvu que nous puissions les rejoindre ! A 21 heures, le général Vuillemin vient dîner et me confirmer que toute l’aviation d’assaut, ainsi que la 1ère division de chasse, sera à la disposition du Corps de Cavalerie tant que celui-ci l’estimera nécessaire. Il en profite pour me faire un point sur la situation de l’armée de l’air. Pour la chasse, les livraisons de chasseurs D 520 et MB 152 qui ont dépassées toutes les prévisions, permettent d’une part de faire face aux pertes mais aussi de commencer à remplacer les MS 406 qui sont « à bout de souffle ». Il attend un premier groupe de VG 33 pour la fin du mois. Pour le bombardement, l’usure de la bataille ne permet plus d’envisager, pour l’instant, la création d’unités nouvelles mais le nombre d’appareils disponibles se maintient de façon convenable. Une première série de bombardiers légers MB 175 doit être livrée sous peu, ce qui donnera au bombardement d’assaut un « punch » supplémentaire. Le général préconise aussi la création d’une aviation de transport afin de pouvoir ravitailler par parachute les points d’appui ou « hérissons » qui se multiplient actuellement. Il propose d’adjoindre aux avions de transport des avions éclaireurs pour que « le ravitaillement ne tombe pas dans les lignes allemandes ». Comme d’habitude nous nous quittons amicalement mais en sachant que la journée du lendemain sera éprouvante.
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BRH
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Lun 7 Avr 2008 - 10:19

Très brillant, vraiment ! On s'y croirait. Il nous a juste manqué le "grand homme".. "on ne ne fait rien sans de Grands Hommes et ceux-ci le sont pour l'avoir voulu !" Charles de Gaulle.

Félicitations.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Lun 7 Avr 2008 - 19:30

Merci pour vore commentaire qui me va droit au coeur, rassurez-vous, l'heure du "Connétable" arrive......
Cordialement
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 8 Avr 2008 - 14:19

5ème partie

14 juin

Je me lève à 04h 15 et, avec les généraux Georges et Doumenc, nous sommes à 05 h dans la salle des opérations du GQG. Dans la nuit, on a installé de grandes cartes murales de la région allant de Wetteren à Willebroek. Les derniers rapports des 11ème et 15ème DIM signalent des tentatives d’infiltrations ennemies et confirment qu’en avant de la position, nos hérissons tiennent encore à l’exception de celui d’Opwijk qui serait tombé avant minuit mais sans certitude. A 05 h 10, le général Prioux m’appelle pour me dire que le Corps de Cavalerie va déboucher à 05h 30 entre Alost et Asse, soit un front d’une dizaine de kilomètres. Les éléments d’attaque sont constitués en groupements de combat, tandis que la 4ème DLM formera réserve de Corps d’armée. « Mes cavaliers sont enthousiastes et tous veulent être à Anvers ce soir (…..). Nos escadrilles de bombardiers qui commencent à passer au dessus de leurs têtes sont saluées par des ovations. Les fantassins des 11ème et 15ème DIM se regroupent près des colonnes du Train dont les personnels ont une attitude de combattants. Nous déboucherons en colonnes de la LPR à 06 h pour foncer sur Willebroek. Les 1ère et 2ème DLM seront chargées de cette action, la 3ème DLM sera en flanc garde à l’ouest sur l’axe Wetteren/Dendermonde avant d’être relevée en fin de matinée par la 15ème DIM renforcée de bataillons de mitrailleurs motorisés, la 11ème DIM couvrant le front Dendermonde/Hamme où un hérisson belge résiste toujours. La couverture du flanc ouest sera terminée au plus tard vers 15 heures. A l’est, le GRDI de la 26ème DI va lancer une action coup de main en direction d’Opwijk qui serait tombé cette nuit. La 4ème DLM est maintenue en réserve mais ses personnels qui ont une revanche à prendre « piaffent d’impatience ». A 05h 30, le général Gort m’annonce que la 7ème division d’infanterie britannique est partie à l’assaut accompagnée par des chars Mathilda et soutenue par toute l’artillerie disponible. Une partie des automoteurs du groupement Duchesne assure les flancs garde. Mais l’ennemi ne reste pas inactif et il reprend son offensive de la Manche à Namur. Dès 05h 30, la 1ère armée est fortement pressée et le général Blanchard envisage de retirer la 5ème DI marocaine qui « n’a que trop donné », l’engagement du 1er groupement cuirassé n’est plus qu’une question d’heures. Sur tout son front, le BEF subit de très violents bombardements aériens et d’artillerie tandis que l’infanterie allemande, soutenue par des chars, avance en bras de chemise et en hurlant « Heil Hitler ! » Situation identique sur le front belge. Aussi à 06h 15, je donne ordre à la 7ème armée de mettre à la disposition des belges un groupement de GRDI renforcé de batteries de chasseurs de chars. Au même moment, arrive un message du général Prioux qui précise que les groupements des 3 DLM ont dépassé les positions des 11ème et 15ème DIM et s’avancent à vive allure vers les hérissons établis devant la LPR. « Les boches semblent complètement déconcertés et leurs éléments légers qui battaient la campagne foutent le camp ! » Attendons de tomber sur les gros…..

Le Corps de Cavalerie a, devant lui, au moins 4 Panzerdivisionen dont nous ignorons le taux d’usure. Espérons qu’il soit le même que celui du Corps Hoppner ! A 07h 15, le Corps de Cavalerie nous informe que la 3ère DLM a rejoint les hérissons belges de Gijzegem, Wieze et Herdersem. Les 1ère et 2ème DLM ont rejoint de leur coté les hérissons français de Baadegem et Mazenzelle. Par contre, l’action entreprise par le GRDI de la 26ème DI a échoué, avec de fortes pertes, pour rejoindre le hérisson de Opwijk. La 26ème DI signale l’existence de chars lourds ennemis dans le secteur. A partir de 07h 30, les Stukas attaquent en piqué les formations du Corps de Cavalerie qui riposte avec ses canons de DCA tandis que nos chasseurs s’efforcent de contenir l’offensive aérienne ennemie. A 08 h, la 1ère armée me demande l’autorisation de se replier sur sa deuxième position. Je dis au général Blanchard de ne rien en faire car « nous avançons sur Anvers » et je lui recommande de lancer une contre offensive avec le 1er groupement cuirassé qui est « mis à sa disposition pour 48 heures mais en restant aux ordres exclusifs du général Delestraint qui devra me rendre compte directement de son action. » Il est 10 h, lorsque le général Prioux m’informe que les 1ère et 2ème DLM sont aux prises avec une importante masse de chars allemands dans la région de Buggenhout et que ses pertes commencent à augmenter de manière significative. « J’ai au moins perdu 30 Somua ! » Je lui conseille de ne pas se laisser fixer et de « faire glisser la 2ème DLM en direction de Willebroek pour soutenir l’offensive anglaise qui progresse en direction de Niel, soit à une quinzaine de kilomètres d’Anvers ». En réponse, le général Prioux me dit : « Je vais être obligé d’engager la 4ème DLM. Forte pression sur ma droite, la 15ème DIM à peine arriver doit faire face à des attaques de chars lourds. » A 10h 30, nouveau message du général Prioux : « La 1ère DLM a perdu 50% de ses Somua mais les allemands semblent se retirer. La 2ème DLM progresse sans grande difficulté en direction de Willebroek. La 3ème DLM arrive pour soutenir la 15ème DIM et la 4ème DLM est au centre de mon dispositif. Combats très durs mais il semblerait que nous commencions à prendre le dessus sur l’ennemi. La tenue des cavaliers est remarquable et nous faisons tout pour récupérer nos chars endommagés, voire même détruits. » A 10 h 30, le général Gort m’informe que son offensive s’est arrêtée à 2 km de Niel avec de fortes pertes. Je lui demande de maintenir sa position en attendant l’arrivée de la 2ème DLM qui va « foncer » sur Anvers. Quelque minutes plus tard, le général Van Overstraeten porte à ma connaissance que l’armée belge « ne pourra plus longtemps tenir sa deuxième position car les munitions viennent à manquer ». Je confie alors au 4ème bureau, en liaison avec son homologue belge de pourvoir au ravitaillement des divisions belges en ligne si, il existe encore des stocks de munitions spécifiques à l’intérieur de la Belgique non occupée. A 11 h, il se confirme que la 15ème DI subit de très violentes attaques à base de bombardiers en piqué et de chars « au moins cinq cents ! » dit le rapport. La 3ème DLM soutient la 15ème DIM pour délivrer ses hérissons encerclés mais en cela, elle se disperse. Nous sommes sur la corde et il va falloir engager la 4ème DLM qui n’est pas encore bonne de guerre. A ma demande, on me fournit les chiffres de production du char Somua pour ce mois de juin. Trente six seront livrés au 30 juin est la réponse. Ainsi, nos pertes connues de ce matin sont égales à un mois de production ! Nous allons nous user rapidement, aussi faut-il forcer la décision….A midi, le général Prioux me fait un état de la situation : Si la résistance allemande s’affirme devant lui, les attaques massives semblent perdre en puissance. Bien qu’éprouvée, la 15ème DIM, grâce au renfort de la 3ème DLM a maintenu son front. La 11ème DIM n’a guère été inquiété, ce qui permet à la 1ère DLM de reprendre sa progression après un très violent combat contre les chars ennemis qui ont maintenant disparu. La 2ème DLM vient d’arriver à Willebroek qu’elle déborde par l’ouest pour rejoindre les éléments britanniques qui se trouvent en pointe à une quinzaine de kilomètres d’Anvers seulement. « Si nous avons de la chance, nous serons à Anvers ce soir ! » Me déclare le général Prioux. A partir de 13 heures, le général Van Overstraeten me signale que les allemands ont arrêté leur offensive devant son front, ce qui est également vrai devant le front nord-ouest du Corps de Cavalerie. Seule la pression ennemie reste forte sur le front du BEF entre Malines et Wavre ainsi que sur le front de la 1ère armée entre Wavre et Namur. L’engagement du 1er groupement cuirassé est prévu dans le secteur de la 5ème DI marocaine pour ce soir 17 h. Ainsi, l’ennemi, sentant venir la menace d’encerclement, relâche ses efforts à l’ouest du front pour les maintenir à l’est. Il est vrai que si le Corps de Cavalerie rejoint Anvers, nous lui fermeront la porte et plus d’une vingtaine de ses divisions sera prise au piège ne pouvant plus être ravitaillée que par le bras de mer qui alimente Anvers. Que vont faire les Allemands ? Tenter de rompre l’étau qui se referme en forçant le verrou d’Anvers avec au moins 6 Panzerdivisionen en tête, ou du moins ce qu’il en reste. Ou vont-ils tenter une évacuation par le bras de mer, c'est-à-dire abandonner le matériel de plus de vingt divisions ou presque ? Je penche plutôt vers une action en force sur Anvers, ce que laisse supposer d’ailleurs l’arrêt brutal de leurs offensives en région flamande. Si, ils tentent de se dégager de ce « piège », nos DLM ne pourront les en empêcher. Je suis très inquiet sur l’avenir de « mon cher outil » qui pour moi, porte en germe, une puissante arme blindée française. A 14 h 15, la 2ème DLM est sur l’axe Niel-Rumst mais ses unités de reconnaissance se heurtent à une forte défense antichar que seule l’artillerie et l’aviation peuvent réduire. La 1ère DLM qui tente de marcher en direction de Hamme, gros point d’appui belge, se heurte elle aussi à une très forte défense antichar que les automoteurs d’artillerie s’attachent à détruire. A la même heure, le GQG Air m’informe qu’il se prépare à intervenir au profit du 1er groupement cuirassé et que, de ce fait, il ne pourra plus appuyer le Corps de Cavalerie avant demain matin. La 3ème DLM en cours de regroupement sera en mesure de soutenir la 2ème DLM en début de soirée, tandis que la 1ère DLM qui se remet des durs combats de la matinée a ses têtes de colonne à Buggenhout. La 4ème DLM est en avant d’Alost. Depuis ce matin, nos DLM on avancé d’une vingtaine de kilomètres pour l’aile droite et d’une dizaine pour l’aile gauche. Le général Prioux à 15 heures me donne une première approximation de la situation : depuis ce matin, le Corps de Cavalerie à fait environ deux mille prisonniers et a relevé sur le terrain 1800 tués ennemis. Plus de deux cents chars allemands sont restés sur le terrain ainsi qu’environ 500 véhicules divers et une centaine de canons, la plupart antichars. Pour sa part le Corps de Cavalerie a perdu une soixantaine de Somua « dont 40% sont récupérables sous 48 heures » principalement à la 1ère DLM. Il a aussi perdu une vingtaine de chars légers, une centaine de véhicules et 12 pièces d’artillerie dont 5 automoteurs. Les pertes humaines sont d’environ 150 tués, 300 blessés et une vingtaine de disparus.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 8 Avr 2008 - 14:25

6ème partie

14 juin (suite)

Le général Prioux me confirme que l’ennemi a totalement été surpris par notre offensive à laquelle il ne s’attendait pas et qui, maintenant, le menace d’encerclement. A 16 h, l’aviation de reconnaissance me signale un fort rassemblement de chars « environ un millier » dans la région de Saint Nicolas. A n’en pas douter, les Allemands regroupent leurs grandes unités blindées pour lancer une contre offensive massive contre le Corps de Cavalerie. Je demande à l’aviation de bombardement d’attaquer au plus tôt ces concentrations et j’informe le général Prioux et le général Billotte. Ce dernier fait pousser des DI dont les 26ème et 18ème pour relever les unités du Corps de Cavalerie sur la ligne Wetteren-Dendermonde- Willebroek. La région est très encombrée et je crains de sérieux embouteillages. A 16h 30, nous apprenons que la 2ème DLM vient d’enlever de haute lutte la position de Niel et que ses chars progressent en direction de Schelle. Les pointes de la 2ème DLM sont donc à moins de 20 km d’Anvers mais, vu l’heure, je doute que nous y soyons ce soir. A la même heure, l’aviation s’engage devant le front de la 1ère armée précédant le débouché du 1er groupement cuirassé. Devant, les pertes de la 1ère DLM, je préconise au général Prioux de faire passer cette grande unité en réserve de Corps d’Armée et d’engager « en support des 2ème et 3ème DLM » la 4ème DLM. Le 4ème bureau fait pousser des Somua de remplacement vers le Corps de Cavalerie « Dix huit mais après, il faudra aller les chercher à la porte de l’usine ! ». A 17 heures, le 1er groupement cuirassé débouche devant Gembloux en direction de Perwez-Eghezée. C’est un coup de butoir pour soulager la 1ère armée et lui permettre de relever la 5ème DI marocaine. A 17 h 30, on me fait parvenir un message du groupe d’armée B qui se trouve en région flamande et en Zélande et que nous avons intercepté. « Regroupement des Panzerdivisonen sera terminé ce soir, lancerons contre offensive demain matin à l’aube. » Nous voilà donc prévenus. J’en fait informer immédiatement le général Prioux qui, en retour, me confirme que la 2ème DLM est bloquée devant Schelle par une puissante défense antichar lourde et qu’il n’y a plus de chars allemands devant elle sauf quelques automitrailleuses et canons automoteurs. Faute de pouvoir atteindre Anvers et face à la contre offensive massive de 4 ou 6 Panzerdivisionen qui s’annonce pour demain matin ne serait-il pas plus prudent de replier cette nuit le Corps de Cavalerie derrière la ligne Watteren-Dendermonde-Willebroek ? Cela permettrait de le reformer et concentrer tous les Somua en une seule masse de manœuvre y compris ceux de la 4ème DLM ? A 18 h, le 1er groupement cuirassé me fait savoir qu’après avoir enfoncé les premières lignes ennemies, il est parvenu « avec des pertes légères » sur les positions de batterie et qu’il s’apprête à exploiter le succès initial. « L’infanterie ennemie saisie de terreur devant nos chars B insensibles aux antichars, s’est débandée, nous avons fait plus de 300 prisonniers, appui aérien remarquable » A 19 h, le Corps de Cavalerie m’informe que la 3ème DLM qui se trouve à gauche de la 2ème DLM ne peut déboucher de la ligne Temse-Schelle. Inutile d’user ces grandes unités qui, demain, seront encore à la peine. J’informe Paul Reynaud de mon intention de ne pas continuer l’offensive sur Anvers et je lui en donne les raisons. « Churchill va être très déçu, lui qui croyait dur comme fer que nous serions à Anvers ce soir et que les armées allemandes en Flandres seraient coincées ». Je lui répondit que « nous avions tenter le coup » mais que le nombre de DLM disponibles ne nous permettait pas de tenir face à une attaque massive des Panzerdivisionen. Ceci d’autant que les pertes, principalement en Somua sont lourdes et la production de ces derniers, très insuffisante. Je terminais la conversation en disant au Président du Conseil « A défaut de rejoindre Anvers, je pense que la bataille de demain pourra nous permettre d’user le potentiel des Panzerdivisionen au point que celles-ci seront trop affaiblies pour continuer à former le fer de lance de l’armée allemande. Nous en reviendrons alors à une bataille d’infanterie pour un certain temps. » A 20 heures, j’envoie au général Prioux l’ordre de regrouper l’ensemble du Corps de Cavalerie sur la position Wetteren-Alost-Asse en vue de se préparer à une grande bataille de chars le lendemain. Au même moment, le 1er groupement cuirassé qui a atteint la ligne Perwez-Eghezée annonce son repli derrière le front de la 1ère armée en « regrettant de ne pouvoir poursuivre un ennemi totalement désorganisé ». Le 1er groupement cuirassé va ramener 758 prisonniers dans nos lignes, nous avons 61 tués et 123 blessés. Nous avons perdu 15 chars B et 38 chars légers. La pression qui s’exerçait sur la 1ère armée est levée. Je pense à envoyer le 1er groupement cuirassé en arrière du Corps de Cavalerie pour le soutenir en cas d’irruption massive de chars ennemis. A 20h 30 les généraux Gort et Van Overstraeten me confirment que sur leur front, la pression allemande est quasi nulle. Il est 21 heures lorsque la nouvelle tombe : la place d’Anvers s’est rendue à 20 h 30. De cette journée du 14 juin 1940, le général Von Kleis écrira plus tard : « Notre échec dans les Ardennes avait fait douter le Führer de l’efficacité de nos divisions blindées. Les généraux conservateurs de l’OKW n’avaient guère eu de mal à obtenir que l’on en revienne à des méthodes traditionnelles avec les chars en accompagnement d’infanterie. Les généraux commandant les divisions blindées étaient devenus en peu de temps de simples fournisseur de chars auprès de l’infanterie. Ce faisant, nous n’avions pu, après avoir forcé sa ligne de résistance, que repousser devant nous une armée belge qui se repliait en ordre. Nos attaques contre l’armée anglaise furent toutes des échecs qui se soldèrent par des pertes élevées en chars principalement moyens, les chars légers accompagnant l’infanterie qui progressait derrière. Echec aussi devant la 1ère armée française qui se battait à droite de l’armée anglaise. Le 13 juin, nous préparions une vaste offensive pour le 15 qui visait à attaquer l’armée anglaise par les ailes pour faire tomber le saillant de Bruxelles. La contre attaque britannique du 14 juin, appuyée (sic !) par des chars français, en direction d’Anvers nous surpris totalement. Que les Anglais rejoignent la place forte d’Anvers, et c’était tout le groupe d’armée B qui se retrouvait le dos à la mer ! Sur mon insistance, j’obtint en fin de matinée que les 6 Panzerdivisionen affectées au groupe d’armée B soient réunies en une seule masse pour lancer le 15 une contre attaque massive contre les chars anglais (sic !) afin de repousser la porte qui menaçait de se refermer sur nous à Anvers. Du coup, sur tout le secteur flamand où se trouvait l’armée belge nous dûmes arrêter toute opération offensive pour tomber en défensive. L’infanterie commença à creuser des tranchées comme pendant la Grande Guerre. Nous fîmes pareil sur le front courant de Malines à Namur. Pourtant en soirée, des chars lourds français attaquèrent massivement devant Gembloux et dispersèrent la 47ème ID pour gagner la ligne Perwez-Eghezée. Etait-ce le prélude à une offensive massive de l’ennemi ? Les deux divisions blindées en réserve entre Tienen et Saint-Trond furent alertées mais les chars ennemis disparurent comme par enchantement. Cette action française mit un grand désordre dans le 24ème Corps d’Armée dont certaines ID, par peur d’être débordées, commençaient à se replier vers l’est. Ce désordre lié « au coup de main » des chars lourds français allait nous empêcher de remonter une action sérieuse contre la 1ère française avant plusieurs jours. En fait, le 14 juin qui fut pour moi une journée de grande inquiétude, eut au moins le mérite de me permettre d’arracher nos divisions blindées à l’infanterie et de pouvoir les reformer en une masse de manœuvre, ou plutôt deux avec une de 6 PzDV à l’ouest dans la région de Saint Nicolas, l’autre de 4 (dont les 2 du général Hoppner, très amoindries après 5 jours de combats ininterrompus contre l’armée anglaise) à l’est et qui sera regroupée dans la région d’Aarschot. Alors que nos Panzerdivisionen s’apprêtaient, sous les bombardements alliés, à contre attaquer les forces anglaises dans la région de Schelle, nous apprenions en soirée que celles-ci s’étaient retirées ! Et la place d’Anvers était enfin tombée à 21h 30 (heure allemande). Ceci expliquait certainement cela. La contre attaque du 15 fut donc annulée mais notre masse blindée était reformée et c’était bien là le principal ! »
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mar 8 Avr 2008 - 18:15

Magnifique, passionant !

J'espère vraiment que le rythme actuel de publication d'un chapitre ou deux chaque jour pourra être conservé...
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Archibald
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mer 9 Avr 2008 - 20:53

Passionant! J'ai lu les deux derniers passages sans reprendre mon souffle. Si les panzer division sont deja en débandade avant que le connétable ne fasse son entrée... bounce
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Jeu 10 Avr 2008 - 18:10

Tous les soirs, en rentrant du boulot, je viens sur ce fil un peu comme le chat qui vient s'installer devant sa gamelle, attendant qu'on lui serve sa pitance!
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Jeu 10 Avr 2008 - 19:03

Merci à tous pour vos compliments sur cette Uchronique, j’en suis rouge de plaisir !

Toutefois et comme je l’indique tout au début, ce roman qui allait de la naissance du futur général Petsch, jusqu’à son décès en 1946 a été perdu en grande partie suite à la dégradation de la disquette (liée à un virus) sur laquelle j’avais enregistré « mon œuvre » voici dix ans. Ainsi ont été perdues les « mémoires », sauf ce que j’indique dès le départ et que je diffuse actuellement. D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi certains chapitres « étaient passés à travers » dont une partie de celui que je diffuse actuellement. Réécrire les textes perdus ressemble aujourd’hui à mission impossible car, même si ce n’est que du divertissement, le travail de recherche est très important pour rendre le roman crédible. Bien sûr, il me reste des souvenirs « en mémoire » car si 10 ans c’est long, c’est aussi très court.

Pour les Panzerdivisionen, elles ne sont pas en « débandade » loin de là. Certes, elles ont subi des pertes importantes dans les Ardennes suite à l’erreur de les engager en colonnes contre un front fortement organisé. Bien sûr, si la tête de colonne se « casse le nez », le reste piétine…..

Dans la Grande bataille du Nord, elles sont utilisées n’ont pas comme instrument de percée profonde mais en accompagnement des grandes unités d’infanterie, elles ont donc multiplié les « occasions perdues » et donné aux alliés le temps de réagir d’une manière limitée, c’est certain, mais relativement efficace. Toutefois, le « jeu de manœuvre » supérieur dont disposent les Allemands en matière de GU blindées et qui inquiète tant le général Petsch, est à lui seul un élément déterminant dans le contexte. Seul problème réel pour les Panzerdivisonen qui ont perdu en un mois pratiquement 30% de leurs effectifs chars, est une réorganisation des moyens disponibles, la production industrielle, trop faible (chiffres réels environ 130 chars/mois dont, et à la « louche » : 15 Pz IV, 50 PZ III, 40 PZ 38 (t), le reste en différents autres types), étant incapable de combler les pertes en de courts délais. Les Allemands qui ont « l’angoisse des pertes » (authentique) préfèrent donc « arrêter les frais » dès que ça tourne mal et prendre du recul en attendant de « relancer l’affaire ». En 1940, ils n’avaient pas les moyens d’entretenir de grandes offensives sur plusieurs semaines comme en 1918. (Ca, ce n’est pas de la fiction !)

Cordialement
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Jeu 10 Avr 2008 - 19:15

7ème partie

15 juin

« De la Manche à la frontière suisse, activités de patrouilles et d’artillerie ». Aujourd’hui, le communiqué est des plus laconique tant il est vrai que partout sur le front, l’ennemi ne lance aucune action offensive comme on pouvait s’y attendre. Il semble que cette pose inattendue soit due à nos offensives d’hier qui ont jeté le trouble dans l’esprit de nos adversaires. Sur tous les fronts compris entre la Manche et Namur, les Allemands semblent s’organiser dans la défensive. Ainsi, en cinq jours, la seconde offensive de l’ennemi s’est essoufflée au point de s’arrêter du moins pour le moment. La presse allemande claironne que l’offensive de la Werhmacht dont le but était de s’emparer de toute la Zeeland a été une réussite et que la chute de la forteresse d’Anvers est maintenant une flèche dirigée contre l’Angleterre. La Manche est sous domination allemande ! Ceci ne trompe personne et d’après nos renseignements, des voix commencent à s’élever en Allemagne pour demander une paix immédiate avec les Alliés. La presse américaine titre sur les deux offensives allemandes brisées en un mois. Le New York Time publie un reportage sur le Corps de Cavalerie « dont les puissants chars Somua ont mis en déroute les chars allemands » accompagné de photos montrant nos équipages devant des chars allemands détruits. L’attaché militaire des Etats-Unis à Paris nous transmet une demande de son gouvernement pour s’inquiéter « de la possibilité de fabriquer aux USA, l’excellent char français SOMUA ! » Les armées alliées profitent de ce répit pour renforcer la seconde ligne de défense principalement en mines antichars et en chasseurs de chars, chaque jour plus nombreux. Le Corps de Cavalerie s’est regroupé en arrière de la 2ème position et la 1ère DLM est mise au repos sauf pour les unités de réparation qui s’efforcent de remettre en état un maximum de Somua. Le général Prioux regroupe ses groupes d’escadrons Somua des 2ème, 3ème et 4ème DLM soit 233 chars « effectifs portés pour le 16 juin au matin à 256 grâce aux réparations. La 1ère DLM sera à 62 Somua pour le 17. » Précise t-il. Les 18 Somua de volant seront à pied d’œuvre le 17 au matin, tous affectés à la 1ère DLM qui, de ce fait, sera à 80 chars à cette date. Le directeur de Somua me confirme que ses usines sont capables de remettre en état les chars sévèrement endommagés car le S 35 est « modulaire ». Une chaîne de reconstruction vient d’être mise en place et pourra dès la fin du mois remettre en état deux chars par jour. Sur le plateau de Satory, mécaniciens d’usine et équipages formés par des cavaliers blessés, sortant de l’hôpital, sont chargés de rôder les Somua livrés neufs d’usine. Par ailleurs, il me déclare que le S 40 avec tourelle biplace sera mis en production dès le 5 juillet et qu’il espère une production mensuelle d’environ 40 chars pour ce mois et atteindre 50 en septembre.

En fin de matinée, le général Prioux me communique l’état des Somua du Corps de Cavalerie :

DLM Effectif initial Disponibles Récupérables Perdus

1ère 96 42 42 12

2ème 94 66 32 6

3ème 98 71 16 9

4ème 96 96 - -

Totaux : 384 275 90 27

Nous avons donc perdu définitivement et en une journée de combat l’équivalent d’un mois de production. Chiffres à méditer….

Le 1er groupement cuirassé repassé en arrière de la 1ère armée remplace ses pertes d’hier et « sera pleinement opérationnel dès demain » me précise le général Delestraint. Il faut dire que contrairement au char S 35, la production du B 1bis est largement supérieure aux pertes définitives éprouvées sur la Meuse et hier. Par ailleurs, le 2ème groupement cuirassé « qui se prépare au combat avec ferveur » sera bon de guerre d’ici une dizaine de jours soit avec 15 jours d’avance.

Actuellement et grâce à la production du mois de mai et celle arrêtée au 15 juin, nous disposons de 8 bataillons de chars B 1bis à effectifs complets, soit 34 chars par unité pour un total de 272 chars plus une cinquantaine en volant et 25 en cours de recette. La production du mois de juin est prévue à 50 B 1bis dont la moitié livrée à ce jour. En juillet, il est prévu de former un nouveau bataillon puis deux tous les mois à partir d’août. L’objectif est d’atteindre 16 bataillons de B 1bis, soit 4 par DCR, pour la mi novembre. Les B 1 qui ont été retirés des unités bonnes de guerre servent maintenant pour l’instruction des nouveaux équipages de chars B 1bis.

Dans les usines, la production atteint des sommets et le léger fléchissement observé à la fin de la période d’attente n’est plus qu’un souvenir.

Les sorties d’usine chars pour la première quinzaine de juin sont de :

Chars B 1bis : 27

Chars S 35 : 18

Chars H 39: 58

Chars D 2: 22 (fin de livraison de la 2ème série de 50)

A cela s’ajoute 28 AMD 178 avec canon de 25 mm et 35 AMD 178 avec tourelle de 47 mm (voir chasseurs de chars). A partir du 20 juin, toutes les AMD 178 livrées par Panhard seront armées de la tourelle Renault de 47 mm.

Pour les chasseurs de chars, la production/transformation se poursuit à un rythme élevé comme l’indique le tableau suivant :





Modèle livrés au 1 06 40 livrés au 15 06 40

A roues :

Laffly W 15 TCC 20 40

AMD 178/47 AC 0 35

A chenilles :

UE 37/25 AC M 37 50 90

H 39 AC 47 0 32

R 35 AC 47 M 02 12 45

CL AC 75 0 75

Total : 82 217

S’ajoute à ces chiffres environ 350 chenillettes transformées à la « Duchesne »

Pour les automoteurs d’artillerie à chenilles, les livraisons au 15 juin étaient les suivantes :

ACGK Au 105 M 24

CL Au 75 56

S Au 75 1

Total : 81



Pour l’armée de l’air, les pertes sont compensées par la production et l’arrivée de nouveaux équipages. Le MB 155, version plus puissante du MB 152 a remplacé ce dernier sur les chaînes de production, les premiers Curtiss P 36 A4 viennent d’arriver à Saint Nazaire et seront livrés à partir du 25 juin. Seul point noir : l’état des groupes encore équipés de MS 406 dont le potentiel « fond comme neige au soleil » malgré le travail acharné des mécaniciens d’unité. Chaque groupe ne peut guère engager plus d’une patrouille triple par mission au lieu de trois. » Me confirme le général Vuillemin. Un groupe de MS 406 est en cours de réception/formation sur les nouveaux VG 33 mais ce n’est guère avant la mi-juillet que la transformation des groupes sur MS 406 pourra s’effectuer sur ce nouvel appareil. Mais sans attendre, deux groupes de MS 406 vont être transformés sur D 520 pour la fin du mois. Pour le bombardement, et malgré des pertes sensibles liées surtout à la DCA ennemie « très active et nombreuse », le potentiel se maintient de manière satisfaisante mais on ne peut envisager pour l’instant la création d’unités nouvelles. Il en va de même pour l’aviation d’observation et de reconnaissance. Au 15 juin, les effectifs de l’armée de l’air sont de :

Chasse :

25 groupes dont :

5 groupes sur D 520

8 groupes sur MB 152

4 groupes sur Curtiss H 75

7 groupes sur MS 406

1 groupe sur VG 33 (en cours de transformation)

+ 6 escadrilles multiplace.

Bombardement vertical de jour :

10 groupes sur LéO 45

Bombardement de nuit :

3 groupes sur Amiot 351/354

2 groupes sur Amiot 143

2 groupes sur F 222

Bombardement d’assaut :

6 groupes sur Bréguet 693/694

5 groupes sur Martin 167

4 groupes sur DB 7



Pour la première quinzaine de juin, les sorties d’usine sont de :

Chasse:

D 520 : 110

MB 152/155 : 65

Curtiss H 75A3 : 32

VG 33: 6

Total: 213

Bombardement:

LéO 45: 65

Amiot 350: 38

Farman 222: 2

Total: 105

Bombardement d’assaut :

Bréguet 693/694 : 48

GM 167 F : 18

DB 7 : 16

Total : 82



Soit : 394 appareils



Dans la soirée, on me communique le bilan des pertes pour les trois Armes

depuis le 10 mai dernier :

Tués : 9653 dont Terre : 9123, Air : 457, Marine : 73

Blessés : 27789 dont Terre : 27057, Air : 319, Marine : 413

Disparus : 4526 dont Terre : 4312, Air : 127, Marine : 87

Ainsi, nos pertes, toujours trop lourdes, sont sans commune mesure avec celles que nous avions enregistrées dans les cinq premières semaines de l’été 1914. A cela deux raisons : la première est qu’aujourd’hui nos offensives ne se déroulent plus avec des charges à la baïonnette au son du clairon, mais avec des chars et autres engins blindés. De nombreux rapports me signalent l’excellent comportement de nos chars, y compris les chars légers, face au feu ennemi. La seconde raison est que sur l’ensemble du front, nos troupes sont soit retranchées, soit à l’abri du béton. Ainsi, le secteur fortifié du nord-est ne compte que 7 morts et 16 blessés dans les troupes d’intervalles et aucun chez les équipages d’ouvrage. Autre raison, le service de santé aux armées a fait, depuis 1914, d’énormes progrès et nombre de blessés qui, hier, auraient été condamnés sont aujourd’hui sur un lit d’hôpital. Par contre, les pertes de l’armée de l’air sont sensibles avec un nombre de morts supérieur aux blessés sans compter les disparus dont on peut croire que, pour la plupart, il s’agit de personnels navigants dont les appareils se sont écrasés derrière les lignes ennemies. Pour les disparus de l’armée de terre, il s’agit essentiellement (55%) de personnels dont les points d’appui n’ont pu être dégagés. En fonction de nos pertes, largement inférieures aux prévisions (800 tués et 2000 blessés/jour), les nouvelles classes qui commencent leur instruction (120 000 hommes) pourront dès le mois d’août remplacer autant de réservistes âgés (sauf certains spécialistes) qui seront rendus à la vie civile pour participer à l’effort de guerre.
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vincent lahousse
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Jeu 10 Avr 2008 - 20:35

Ce récit est toujours trés passionnant.

Mais j'aurais une question sur la dernière partie :

D'ou proviennent les pertes de la marine?

Je n'ai pas noté de combats navals pour l'instant.
J'en déduit que ces pertes proviennent du bombardement des installations portuaire du nord ou de l'engagement d'équipage de protections AA au profit du front.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mer 23 Avr 2008 - 19:09

Les pertes marine concernent effectivement celles enregistrées lors des actions à la mer mais aussi celles des personnels à terre. Les chapitres concernant les combats de la Marine ont été perdus hélas.
Cordialement
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mer 23 Avr 2008 - 19:12

8ème partie

16 juin

Ce matin, le War Office, me communique un rapport de la Luftwaffe que ses services ont intercepté hier et que je fais immédiatement transmettre au général Vuillemin. Celui-ci émane du 8ème Fliegerkorps du général Richthofen :

« Depuis le 10 juin, nous avons constaté un renforcement important de la DCA ennemie, particulièrement en canons automatiques légers très dangereux pour nos HS 126 d’observation mais aussi pour nos Ju 87. De ce fait, actuellement, les HS 126 ne peuvent plus guère s’aventurer au-dessus des lignes ennemies à une altitude inférieure à 1500 m. La DCA ennemie a aussi appris à saisir nos Ju 87 au moment où ils sont les plus vulnérables, c'est-à-dire au moment de la ressource. A cela s’ajoute une augmentation de la chasse franco britannique tant en activité qu’en qualité. Des escadrilles de Spitfire de la Royal Air Force ont fait leur apparition dans le ciel belge tandis que les nouveaux chasseurs français Dewoitine 520 (que nos équipages confondent avec les Morane) sont chaque jour plus nombreux. Depuis le 10 mai, les chasseurs ennemis agissent systématiquement en dispositifs très étoffés de plusieurs escadrilles à la fois. Il n’est pas rare de voir, surtout chez les Français, des regroupements de 100 à 150 chasseurs sinon plus. Les Dewoitine qui ont des performances proches de nos Me 109 sont plus maniables et nos pilotes doivent éviter le combat tournoyant. Les Spitfire sont supérieurs à nos chasseurs en performances et maniabilité. Aussi, au bout de cinq jours d’offensive nos pertes atteignent 50% de nos effectifs initiaux. Il nous faudra au moins une semaine pour nous reconstituer à 80% grâce aux réparations d’avions endommagés et les livraisons d’appareils nouveaux. Pour les équipages, les pertes sont lourdes en tués, blessés et disparus et à la hauteur de nos pertes matérielles. Continuer à engager notre corps aérien sans repos, conduirait à voir son potentiel de combat tendre vers zéro. »

Ainsi, la Luftwaffe très « mordante » le 10 juin, semble particulièrement affaiblie par 5 jours de combat ininterrompus. Il faut reconnaître que depuis le 10 mai, sur les 14750 prisonniers que nous avons faits pas moins de 5500 sont des aviateurs. Ceci sans compter les prisonniers faits par les alliés soit environ 7500 dont un millier d’aviateurs. Comme de notre coté, nous arrivons, difficilement il est vrai, à maintenir notre potentiel aérien, la balance n’est-elle pas en train de pencher en notre faveur ? Les chiffres de production que l’on m’annonce pour juillet tendent à le prouver :

Chasse :

Dewoitine 520 : 300

Dewoitine 551: 50

MB 155 : 150

VG 33 : 120

Curtiss H 75A4 : 60

Soit 680 appareils

Bombardement:

LéO 45: 180

Amiot 350: 120

Farman : 6

Soit 306 appareils

Bombardement d’assaut :

Bréguet 694/695 : 120

MB 175 B3 : 50

GM 167 F : 48

DB 7 : 36

Soit 254 appareilsSoit au total 1240 appareils sans compter les 120 Potez 63/11 et les 60 MB 175 R3 de reconnaissance portant l’ensemble de la production en juillet 1940 à 1420 appareils plus ceux de transport et de liaison. Pour les personnels, les nouveaux navigants qui sortent de formation permettent de remplacer nos pertes. A ce titre, le général Vuillemin a raison : en septembre nous aurons repris la supériorité numérique mais aussi, qualitative sur la Luftwaffe. Mon sentiment est que l’armée allemande a engagé toutes ses forces dans la bataille sans se ménager de réserve.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Mer 23 Avr 2008 - 19:16

9ème partie

17 juin

Réunion ce matin au sujet du renforcement de nos troupes en AFN et plus particulièrement en Tunisie. Même si l’Italie se tient dans une position de stricte neutralité vis-à-vis des alliés, je tiens, en accord avec le gouvernement, à consolider nos défenses en AFN dans le cas où, nous ne serions plus capables d’assurer la défense de la Métropole comme nous l’avons évoqué avec Paul Reynaud lors d’une entrevue le 8 juin. La Tunisie va servir de laboratoire pour une formation mécanique nouvelle qui va réunir cavaliers et chars en son sein. Cette unité appelée «Centre d’instruction mécanisé d’AFN » pour des raisons politiques, sera formée à partir du 1er juillet et comprendra:

- 11ème GRDI motorisé avec AM (Panhard 175 et 176)

- 19ème bataillon de chars (D 2)

- 65ème bataillon de chars légers (R 35 SA 38/ER 28)

- 3ème brigade de Spahis portés sur GMC 6x6

- 287ème RATT colonial à 2 groupes de 75 et 1 de 155 mm

- batterie antichar 5/287 de 47 mm sur R 35

- 3 batteries de 25 mm CA 38 du 407ème RDCA

- 521ème GAO sur ANF 115/117

Les chars D 1 actuellement stationnés en Tunisie seront ramenés en France pour servir à l’instruction des nouveaux équipages en remplacement des chars FT 17 qui ne peuvent que donner de mauvaises habitudes aux personnels en formation.

Son commandement est confié au colonel Scitivaux avec pour mission officieuse de constituer le fer de lance d’une offensive française forte de 3 divisions d’infanterie motorisées (grâce aux livraisons de véhicules italiens !) en direction de Tripoli de concert avec les forces britanniques venant d’Egypte. Ceci, afin que les alliés, ne pouvant plus tenir en Métropole, s’assurent le contrôle total de toute la rive sud de la Méditerranée pour y continuer la lutte. Bien sûr, ceci impliquerait une déclaration de guerre à l’Italie si ce n’est elle qui ne le ferait avant. Dans ce cas, l’offensive en direction de Tripoli serait lancée immédiatement, même si n’étions pas menacés sur le front principal. Pour établir cet « ultime front » sans prélever sur nos ressources actuelles, la décision de commander aux Etats-Unis des matériels d’artillerie et d’infanterie est prise et négociée par la commission d’achat franco britannique à Washington, la moitié des matériels allant à la Home Guard, la seconde à l’armée d’Afrique dont des appareils d’attaque en piqué Chance Vought d’un modèle déjà ancien (biplan) mais capables de rendre encore des services face à l’aviation italienne. Le principe de base de cette stratégie est qu’en cas de perte de nos régions industrielles du Nord et de la région parisienne, nous ne pourrions plus assurer la défense de la Métropole dans le cas d’une guerre de matériel. Ce plan serait mis en œuvre en cas de rupture du « front » de Somme et appliqué à 100% en cas de prise de la région parisienne par l’ennemi. Dès lors, le gouvernement gagnerait, non pas Bordeaux mais Alger, tandis que l’on s’efforcerait de transporter un maximum d’hommes et de matériels en AFN suivant un plan d’évacuation ultra secret étudié par la marine nationale et la Navy. Les appareils d’origine américaine (Curtiss, Glenn Martin, DB7) gagneraient alors les terrains de Grande Bretagne pour participer à sa défense tandis que ceux d’origine française mais aussi italienne gagnerait l’Afrique du Nord où, à partir du 1er juillet 1940, 10% de la production de pièces détachées produites mensuellement seront dirigés. Les travaux de défense de la Corse sont accélérés dans le cadre de ce plan ainsi qu’est étudiée une opération aéroportée contre la Sardaigne. De leur coté, les Britanniques vont renforcer la défense de la Crête mais aussi de Chypre. Il s’agit d’interdire aux Allemands, sinon aux Italiens l’accès des îles méditerranéennes qui sont autant de porte avions naturels qui menacent l’AFN et le Proche Orient. Dans cet esprit, le bataillon d’instruction de char B doté de chars B 1 va quitter Châlons sur Marne pour gagner Carpiagne pour former le noyau du « Centre d’instruction mécanisé du Sud Est » dont la mission opérationnelle sera une éventuelle contre attaque des forces italiennes ayant forcé la LPR de l’armée des Alpes (Général Olry) dans le secteur de la bande côtière (Menton-Nice). Cette unité va aussi servir de laboratoire à la formation de futures grandes unités blindées réunissant cavaliers et chars. Dans l’hypothèse d’un repli sur l’AFN, nous finançons la construction en Grande Bretagne d’une grande usine capable de fabriquer des chars « cruiser » les seuls qui vaillent sur ce continent, identiques aux nouveaux modèles britanniques mais avec un canon de 47 mm SA 37 en tourelle. Une mission dite « Molinié » s’installe à Londres pour préparer à l’horizon 1941, la production d’un Cruiser dit « AMX 40 ». Aux Etats-Unis, le ministre Dautry plante les premiers jalons pour la construction « en masse » du char G 1 Renault dont le prototype devrait être disponible en septembre prochain. Nous venons d’envoyer outre Atlantique le canon de 75 mm destiné à armer ce char et qui intéresse fort l’Ordnance. Sur le front ce n’est que combats de patrouilles et activités d’artillerie. On se croirait revenu à la « drôle de guerre » !
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MessageSujet: Re: Uchronie - Mémoires du général Petsch, Maréchal de France   Lun 5 Mai 2008 - 19:19

10ème partie

18 juin

Ce matin RAS sur le front, activité aérienne réduite et très faible activité d’artillerie. Toutefois à 09 heures, le président du conseil m’appelle pour m’annoncer, à ma grande surprise, qu’il vient de nommer hier soir le général De Gaulle sous secrétaire d’état à la guerre avec deux missions. La première est de s’occuper de tous les moyens existants de part le monde pour nous permettre de continuer la lutte et ceci dans le cadre de la loi sur la nation en guerre. La seconde est d’organiser la création d’une future Arme blindée réunissant cavaliers et chars. « Delestraint est d’accord » me glisse Paul Reynaud. Ceci ne m’empêche pas de lui faire part de mon étonnement de savoir que cette nomination a été faite sans que je sois consulté !En soldat, et devant l’évidence, je dois m’incliner non sans penser que cet officier aurait été mieux « installé » au poste de chef du 1er groupement cuirassé en remplacement du général Delestraint, ce dernier « coiffant » l’action des deux groupements cuirassés dont nous disposons. Plus tard, le général Delestraint me confiera qu’il partageait mon avis mais qu’on ne pouvait éviter la « carrière politique qui s’ouvrait pour De Gaulle.» Mais je ne suis pas au bout de mes surprises, en fin de matinée, le général Georges m’informe qu’à Paris des bruits courent sur mon prochain remplacement par De Gaulle que Reynaud aurait nommé sous secrétaire pour qu’il puisse mieux prendre ma place. Le politique prendrait-elle la place du soldat à la tête des armées alliées? On me jugerait pas assez offensif, me contentant de parer aux coups de l’ennemi sans prendre l’initiative. Mon offensive sur Anvers aurait été un fiasco car « j’aurais eu peur de l’ennemi avant de le voir… » C’est bien une cavale montée de toute pièce mais par qui ? Ulcéré, j’appelle le Président du conseil pour lui demander de quoi il en retourne exactement et lui proposer ma démission. Paul Reynaud m’affirme alors que mon remplacement par De Gaulle « relève du cosmique de la bêtise » et que le nouveau sous secrétaire à la guerre me porte beaucoup d’estime car, selon lui, « en période d’infériorité manifeste en matière de grandes unités blindées, le généralissime a su employer au mieux ses moyens pour contrer les offensives de l’ennemi. » Ma démission est refusée. Dans cette affaire stupide qui fera les gorges chaudes de la presse, je recevrai en début d’après midi l’appui prestigieux du Maréchal Pétain depuis Madrid et en ces termes : « Le généralissime Petsch a, depuis le 10 mai dernier, fait la preuve qu’il avait gagné la bataille des frontières en épargnant autant que faire se peut le sang de nos soldats. Il conduit la bataille en économe. La Patrie tout entière doit lui en être reconnaissante. » Surprise, en fin d’après midi, le nouveau secrétaire d’état arrive à la Ferté sous Jouarre sans s’être annoncé ! Alors, en réunion avec le général Georges, je ne peux le recevoir dans l’immédiat. Le général De Gaulle va ainsi rester près de 2 heures à faire « antichambre » arpentant le grand hall à grands pas et en fumant cigarette sur cigarette. Lorsque j’arrive à sa rencontre, il me salue à six pas avant de me lancer : « Monsieur le généralissime, je suis venu vous présenter mes respects ! » Un peu interloqué, je l’invite à venir dans mon bureau. D’emblée, je lui parle de cette lamentable affaire qui coure dans la presse. A cela, il me répond : Ce n’est pas d’actualité ! » Ensuite nous parlons longuement de sa mission comme secrétaire d’état et de son action vis-à-vis de l’étranger, principalement des Etats-Unis. « Nous sommes dans le cadre de la Nation en guerre, Monsieur le Président du Conseil m’a demandé de l’appliquer ». Pour lui, pourvu que nous tenions jusqu’au printemps 1941, la balance des forces se renversera en notre faveur et, au plus tard à l’été, Staline sautera à la gorge de l’Allemagne. Par ailleurs : « Les Etats-Unis finiront à un moment ou un autre par entrer en guerre à nos cotés ». Pour l’Italie, il partage mon sentiment : elle agira contre nous que lorsque nous serons « dans le trente sixième dessous.. » Ensuite, la conversation roule sur la création d’une future Arme blindée. Le général De Gaulle en revient alors à ses idées connues depuis 1934. Idées que je partage et que je veux concrétiser dès l’année prochaine avec la création de divisions blindées par transformation des DLM et DCR et un matériel commun : automitrailleuse puissante Panhard 201 pour les unités de reconnaissance, char G1 Renault en remplacement des Somua et B 1bis, VTT Lorraine 39 pour les dragons et chasseurs portés, etc. Les chars lourds B 40 seront maintenus en bataillons indépendants. Développement des communications radio jusqu’aux plus petits échelons subordonnés. Je lui dit qu’en cas où notre 2ème position serait rompue, j’envisagerais de réunir en une seule masse blindée le Corps de Cavalerie et le 1er Groupement cuirassé, voire le 2ème et de la placer au centre du front. Le général approuve en me disant toutefois : « Pourquoi ne pas le faire dès maintenant ? ». Je lui réponds que j’ai demandé aux généraux Prioux et Delestraint un rapport sur la question et qu’il devrait m’être remis sous peu. Je retiens le général à dîner avant qu’il ne rentre sur Paris.
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