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 Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40

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Thierry Moné
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MessageSujet: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Sam 16 Fév 2013 - 9:21

Bonjour à tous, Very Happy

N'étant pas du tout un familier des circonstances de la défense de la "tête de pont" de Mézières (à partir du 12 mai 1940), je fais appel aux membres du forum qui auraient étudié la question dans sa globalité ou dans le cadre d'une unité donnée (41e CAF, 102e DIF ou 66e GRDI par exemple).

Les questions que je me pose (dans le désordre sans doute) :

1. Pourquoi parle-t-on d'une "tête de pont" pour Mézières ? Autant je comprends bien la motion de tête de pont pour ceux qui progressent (tête de pont allemande sur la Meuse, par exemple), autant j'ai un peu de mal à saisir le sens exact de l'expression dans le cas d'un combat défensif qui s'appuie en l'occurrence sur les dispositions défensives de la 102e DIF.

2. J'ai lu dans un compte rendu que le patron de la défense de ladite tête de pont aurait été un certain "commandant Ségur"... Ne connaissant pas cet officier, je n'émets aucun doute quant à ses capacités, mais son grade m'étonne un peu si on lui a effectivement confié, même temporairement, le 66e GRDI, un escadron de Spahis du 2e RSA et deux groupes de canons de 25 mm (4 pièces), c'est à dire tous les moyens antichars du même 2e RSA. Mais je pense être dans l'erreur, le chef de l'affaire se situant sans doute au niveau de la 102e Division d'Infanterie de Forteresse ? Quelqu'un aurait-il les "idées claires" sur la question ?

3. Comment cette phase ponctuelle de défense s'est-elle achevée ? Que sont devenues les unités engagées ? Ont-elles "fait Camerone" sur place ou se sont-elles repliées (je crois que le 66e GRDI aurait poursuivi le combat plus loin...). Cette phase de défense a-t-elle été meurtrière (pour les Français, pour les Allemands) ?

4. Existe-t-il des ouvrages qui traitent ce sujet, un tant soit peu dans le détail ? Ouvrages connus et ouvrages publiés à compte d'auteur ou par les cercles d'histoire locaux ?

Merci d'avance à ceux qui savent ! study

Cordialement,

Thierry Moné

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Dernière édition par Thierry Moné le Jeu 21 Fév 2013 - 18:51, édité 2 fois
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 13:33

Bonjour à tous, Very Happy

Bof... la défense de Mézières ne semble pas avoir "marqué les foules" ! Rolling Eyes

Cordialement,

Thierry Moné
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Claude Girod
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 14:16

Bonjour Thierry !
Hmm ! ... Ne tirez pas de conclusion "hâtive", s'il vous plaît ! ...
Je suis ce fil avec intérêt, mais n'ai pas les réponses ... ! Et sans doute ne suis-je pas le seul ... ! ?
Donc, ... Cela va mieux en l'écrivant ... !
Amicalement !
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 18:10

Bonsoir Claude, Very Happy

Après avoir parcouru Frieser sans y trouver grand'chose à ce sujet, je suis tombé par inadvertance sur un supplément de 2002 d'un journal local, supplément rédigé par le bien connu Gérald Dardart.

J'ai compris que le Chef de bataillon (Cba) Ségur était en fait l'un des deux commandant de bataillon de la 52e DBMIC (Demi-brigade de mitrailleurs coloniaux). A ce titre, il était en charge de la défense d'une partie de la tête de pont de Mézières et chef du "quartier de Mézières".

Le 12 mai 1940, le Cba Ségur reçoit l'ordre de porter son PC auprès de celui du colonel Marc (commandant la 3e Brigade de Spahis) à la Granville. En face l'ennemi (la 8. panzer-Division) progresse mais est encore assez éloigné.

Le 13 mai à 4h du matin, série de contre-ordres : la 3e BS décroche et laisse sur place 4 canons antichars de 25 et un escadron de spahis (tous du 2e RSA). Du coup, le Cba Ségur installe son PC à la Nouvelle France.

Le 14 mai à 6h 30, il serait au bloc 7 aux Trois Fontaines...

Le 15 mai à 4h 45, c'est l'attaque allemande... défense puis décrochage ?

Le 16 mai 1940, le plus gros de la 52e DBMIC est capturée dans la région de Fagnon.

Voila où j'en suis...

Cordialement,

Thierry Moné

42e CAF : général Libaud
102e DIF : général Portzerd
II/52 DBMIC : chef de bataillon Ségur

http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=t%C3%AAte%20de%20pont%20de%20m%C3%A9zi%C3%A8res&source=web&cd=2&cad=rja&sqi=2&ved=0CDcQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.charleville-mezieres.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F15616%2F221380%2Ffile%2Ftap65.pdf&ei=KWEiUdi_MqTL0AW6xICQDw&usg=AFQjCNE69fU0WhojXjwAiGmKjjIhjF-JgQ
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 18:59

Bonjour à tous, Very Happy

Grace au site officiel de l'A.N.A.I., j'ai retrouvé mention des Indochinois du Cba Ségur et des Spahis combattant encore de concert à Wassigny...

"La 52e DBMIC (Demi-brigade de mitrailleurs indigènes coloniaux)

"Le 10 mai 1940, la 52e DBMIC, aux ordres du lieutenant-colonel Barbe, comprend 2.600 hommes, constitués en une compagnie de commandement et deux bataillons à cinq compagnies de combat chacun. Affecté à la 102ème division d'infanterie de forteresse, le corps tient seul un front de douze kilomètres le long de la Meuse, de Mézières à Nouzonville. Il ne peut compter que sur une artillerie obsolète et insuffisante.

Jusqu'au 13 mai, les tirailleurs sont l'objet de bombardements aériens qu'ils supportent stoïquement. Dès l'aube de ce jour, ils sont pris à partie par les soixante-douze canons de la 23ème division d'infanterie allemande et par de nombreux avions qui les mitraillent en piqué. La riposte de notre artillerie est faible, celle de notre aviation inexistante. Les premiers morts jonchent le sol ardennais. Alors que son caporal vient d'être tué, le tirailleur Duong Van Kinh, préposé à la cuisson du riz, continue imperturbablement son travail sous les tirs ennemis.

Dans l'après-midi du 13 mai, les Allemands tentent de franchir la Meuse à Nouzonville mais ils sont repoussés par les rafales des vieilles mitrailleuses Hotchkiss 1914, servies avec sang-froid par les Indochinois. Pendant les deux jours suivants, les tirailleurs s'accrochent au terrain et brisent les attaques adverses. C'est alors que les chars de la 8ème Panzerdivision du Général Kuntzen viennent appuyer les dix mille fantassins qui n'arrivent pas à percer nos défenses. Les mitrailleurs sont submergés sous le nombre. Ils tentent encore de contre-attaquer mais sont cloués au sol sous un déluge d'obus.
Très surpris de se trouver en face d'Asiatiques, les Allemands ont rendu compte à leur Commandement qu'ils combattaient contre des "Chinois".

Le 15 mai vers 9h, l'ordre de repli arrive. Le mouvement est très difficile à exécuter car toute la demi-brigade est au contact et en partie encerclée ; le désengagement va durer jusqu'à 16h. L'adjudant Nguyen Van Thuong, tirant avec un fusil-mitrailleur à la hanche, réussit une percée. Les tirailleurs Do Van Tac et Nguyen Van Khet s'écroulent à ses côtés mais la petite troupe arrive à franchir la Meuse. Désormais, la 52ème DBMIC peut être considérée comme anéantie et seuls 10 officiers et 500 tirailleurs, appartenant surtout au 2e Bataillon du commandant Ségur, peuvent rompre l'étreinte adverse et se regrouper dans Saint-Marcel où ils vont être attaqués par des blindés ennemis. Après avoir tenté de résister, les mitrailleurs se rétablissent dans Thin Le Moutier en flammes. Les sergents Mao, Nghi et Than commandent leurs hommes avec beaucoup de sang-froid. Sous les ordres du capitaine Dupuy, chef de la 3ème compagnie, les rescapés combattent ensuite, avec des Spahis, à Wassigny.
Parvenus dans la montagne de Reims, ils reçoivent l'ordre de rejoindre Carcassonne. A cette date, réduite à 11 officiers et 159 gradés et tirailleurs, la demi-brigade est dissoute (31 mai).

Les hommes de la 52ème DBMIC s'étaient bien battus ; plus tard l'adversaire leur rendra hommage. Le 23 décembre 1940, dans le journal Deutsche Wehr, le lieutenant-colonel Soldan écrivait : "A Nouzonville, une tentative de franchissement de la Meuse échoua, par suite d'une forte résistance de l'ennemi". Cet ennemi, c'était les "Chinois" qui avaient défendu opiniâtrement le cours du fleuve, contre une troupe disposant d'une supériorité écrasante en hommes et en matériel."

Cordialement,

Thierry Moné

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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 19:10

Suite...

Le lien vers l'article complet, avec illustrations, du site bien connu de l'A.N.A.I.
Ex-Association Nationale des Anciens d'Indochine, devenue aujourd'hui :

Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine et du Souvenir Indochinois.

http://www.anai-asso.org/NET/document/le_temps_de_la_guerre/le_temps_de_la_guerre_19401955/2_en_europe/les_tirailleurs_indochinois_dans_la_campagne_de_france_19391940/index.htm
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kaiox
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 20:21

Bonjour Thierry,

pour répondre sur l'expression "tête de pont", je crois que l'on parlait de tête de pont pour les excursion de la ligne de défense au delà d'un fleuve. C'était le cas à Mézière avec un défense qui suit la meuse sauf à mézière où une "tête de pont" est crée au delà de la Meuse, comme à Montmédy au delà du Chier.

Sinon je pense qu'il y a de plus ample information sur cette bataille dans le livre le corridor des panzer,j'essaierais d'y jeter un coup d oeil pour vous donner des infos.
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avz94
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 18 Fév 2013 - 22:46

Bonsoir Thierry

voici ce que l'on peut lire dans Mémorial de l'Empire à la gloire des Troupes Coloniales :

" la 52ème demi-brigade de mitrailleurs indochinois est née du 52ème bataillon de mitrailleurs indochinois, cantonné en temps de paix à Carcassonne. Elle a commencé la guerre en Alsace dans un secteur calme, près de Strasbourg; elle l'a terminée sur la Meuse et en Normandie.

Cette brillante unité (deux bataillons accolés) est commandée par le colonel Barbe, un héros de l'autre guerre; elle est composée d'Européens, jeunes engagés ou réservistes, et d'Indochinois.

Ces derniers ont eu une très belle conduite du 10 au 15 mai, sur la Meuse, tenue par eux de Nouzonville à Charleville-Mézières, non loin de la frontière belge. Pendant cinq jours, dans les casemates ou dans des tranchées sommaires, les tirailleurs Indochinois ont "tenu le coup", en avant même de la Meuse, prenant sous les ordres de leurs chefs une grande part à la défense de la tête de pont de Mézières.

Dès le 10 mai, ils ont reçu le baptême du feu et depuis lors les bombes des gros Dornier n'ont cessé de pleuvoir sur eux; vite adaptés, ils redressent l'échine et font face. Le 14 mai, l'ennemi est à la Meuse; mais devant Charleville, la tête de pont - que la belle citation du colonel Barbe a, pour son honneur, qualifiée d'imprenable - tient bon; désormais aux incessants bombardements aériens, que ne contrebat aucune aviation amie. Les Annamites voient s'ajouter les minenwerfers, les mitrailleuses et les mitraillettes, le 77 et la grosse artillerie. Le mercredi 15 mai, alors que la 52ème tient encore malgré ses blessés et ses morts, l'ennemi s'est infiltré au nord et au sud et contourne la position. L'unité, à la veille de l'encerclement, reçoit l'ordre de se replier, ordre qui ne touchera jamais tous les éléments. Repasser la Meuse est chose difficile, par le seul pont subsistant; quand il aura été détruit, resteront sur la rive droite, fraternellement mêlés à leurs frères blancs, d'innombrables tirailleurs Tonkinois. Leur résistance s'acharne; les revenants raconteront l'histoire de ce sergent Thô, qui refusa de se replier parce que l'ordre n'était pas écrit; il saisit le fusil-mitrailleur dont les servants étaient blessés et continua le feu jusqu'à épuisement des cartouches pour couvrir le repli des autres.

Avec la même précision qui les guidait, sous la pluie de feu, pour mitrailler les Dornier et les avions allemands de reconnaissance, les tirailleurs Annamites s'illustrèrent durant ce repli. Dans ces bois sauvages, le vieil instinct guerrier de l'armée Annamite reprit le dessus; ils se frayaient un chemin à travers les éléments ennemis, vers le sud-ouest. A Saint-Marcel, ils tinrent encore, regroupés, sur une deuxième ligne.

Au PC de la division, sous les ordres du sous-lieutenant Proux, soixante d'entre eux sont chargés de la défense contre avions et contre parachutistes. Le 13 mai, mitraillés et bombardé, ils poursuivent inlassablement leurs patrouilles à travers champs; le sergent Mao, le sergent Nghi et le sergent Thân fontpreuve du plus grand calme. Dans Thin-le-Montier bombardé, un incendie éclate, menaçant le dépôt d'essence et les archives de la DI. Ils luttent contre le feu pendant des heures avec une vieille pompe aux tuyaux crevés, faisant la chaîne avec des seaux, grimpés sur les chevrons en flammes qui menacent ruine. il faut éteindre ce feu qui attire de nouvelles incursions toute la nuit et le matin suivant, ils mènent à bien leur mission malgré leurs blessures, malgré les retours des avions qui mitraillent et bombardent en piqué.

Le 16, au cours du repli, ils font preuve de la même fidélité à leur chef, du même courage. Trois jours, errant dans les bois, recherchant le général de division (qui est, mais ils l'ignorent, prisonnier) revenant vers les lignes pour tenter de rejoindre l'unité qui les a détachés, la colonne conduite par le jeune officier français chemine vers l'Aisne. A Wassigny, elle croise une unité cuirassée qui monte et sera engagée vers Signy-l'Abbaye. Des blindés ennemis étant signalés dans toute la région, elle reçoit l'ordre d'élever des barricades à Wassigny et de les défendre. Recevant un second ordre de repli, elle reprend sa marche; ses hommes et son chef épuisés et affamés, au moment d'être rejoints par l'ennemi, seront sauvés par un train automobile des Spahis qui replie; après avoir traversé l'Aisne, passé quatre jours à Reims sous les bombardements et s'être cachée dans les bois de la montagne de Reims, la petite troupe, réduite à quarante hommes, rejoint son unité.

Elle n'a cessé de faire son devoir; elle rapporte ses armes, ce qui lui reste de munitions, et ses deux mitrailleuses. Elle a donné, au combat et dans le repli, par son calme et sa bonne humeur, le plus bel exemple de discipline et de cohésion; le sous-lieutenant Proux lui-même décoré, a fait remettre la croix de guerre aux deux sergents Mao et Thân cités à l'ordre de la demi-brigade."

Cordialement
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Mer 20 Fév 2013 - 12:44

Bonjour à tous et merci pour vos différentes réponses ! Very Happy

@ Kaiox,
J'avais jeté un coup d'œil à cette littérature, mais j'ai pu louper des informations. Le problème c'est que les sources ne sont généralement pas indiquées.

@ Alain,
Merci pour cet extrait on ne peut plus hagiographique ! La meilleure, c'est quand même "Dans ces bois sauvages, le vieil instinct guerrier de l'armée Annamite reprit le dessus" ... superbe !!! Laughing

Mais cet extrait a le mérite de préciser la nature des Spahis de Wassigny. Il ne s'agit donc pas des éléments initiaux du 2e RSA laissés à Mézières (4e Escadron et les 2 Groupes de canons antichars de 25 mm du 2e Régiment de Spahis Algériens).

C'est le sort de ces derniers éléments qui m'intéresse plus particulièrement.

Cordialement,

Thierry Moné

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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Mer 20 Fév 2013 - 17:01

Bonjour à tous, Very Happy

Bon, à force de tout retourner, j'ai retrouvé une évocation du 4e Escadron de Spahis du capitaine Desprès (2e RSA) laissé sur la tête de pont de Mézières... Tout n'y est pas mais l'on y retrouve ses petits !

Je vais mettre un peu d'ordre dans ce que j'ai trouvé et en faire profiter les lecteurs d'ATF40.

Par contre... aucune nouvelle des 2 Groupes antichars de 25 mm (4 canons) du 2e RSA, laissés au même endroit ! Help ! Shocked

Cordialement,

Thierry Moné

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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Jeu 21 Fév 2013 - 19:08

Bonjour à tous, Very Happy

Comme promis plus haut, voici ce que j'ai trouvé concernant le 4e Escadron de Spahis du 2e Algériens, engagé dans la défense de la tête de pont de Mézières.

Toujours aucune nouvelle du rôle éventuel joué par les 4 canons de 25 antichars du même régiment. Tout ce que je sais, c'est que les 4 pièces "ont été perdues"... mais dans quelles circonstances, je ne sais pas !

Cordialement,

Thierry Moné

----------------------------------------------

Le 4e Escadron du 2e RSA détaché au profit de la tête de pont de Mézières.
(d'après un témoignage recueilli par le colonel de la Garennie)

Cet escadron fut détaché du 2e RSA dans la nuit du 12 au 13 mai 1940 et mis à la disposition de la 102e DIF [Division d’infanterie de forteresse], ainsi que le peloton de canons de 25 de ce régiment [2 groupes à 2 pièces de 25 mm antichar]. Il devait coopérer à la défense de la tête de pont de Mézières. Il est employé sur la ligne des avant-postes, devant Aiglemont et Saint-Laurent, face à Cons-la-Granville, aux ordres du chef de bataillon Ségur [commandant le IIe Bataillon (Indochinois) de la 52e Demi-brigade de mitrailleurs indigènes coloniaux].

L’escadron a deux pelotons dans chacun des deux sous-quartiers sous le commandement de cet officier supérieur : sous-quartier Collas et sous-quartier Desprès (au sud). La mise en place est terminée le 13 vers 11 heures.

La journée et la nuit se passent sans incident. Le premier contact se produit le 14 au matin sur la route de la Granville à Saint-Laurent : une patrouille de sept cyclistes est dispersée et laisse trois tués sur le terrain. Dans le cours de la journée, l’infanterie ennemie fait son apparition et vient au contact. Elle se renforce constamment ; au cours de la nuit, on voit de très nombreux camions l’amener tous phares allumés. L’aviation et l’artillerie ennemies exécutent de violents bombardements.

Le 15 mai à l’aube, l’ennemi attaque en masse. On lutte à la grenade et à la baïonnette. En fin de matinée, les avant-postes sont repliés sous la pression ennemie. Un point d’appui sur la route Saint-Laurent – Cons paraît avoir été encerclé et capturé. Un autre point d’appui près de Saint-Laurent (petit bois de Beycors – Saint-Laurent) est attaqué et enlevé par l’infanterie ennemie vers 9 heures, après une préparation d’artillerie.

Vers 13 heures, les éléments de son escadron que le capitaine Desprès a pu rameuter, se trouvent sur la ligne de résistance des avant-postes avec le commandant Ségur, près de la Nouvelle France (2 km Est de Mézières). Les lieutenants Deturck et de Mesnard sont blessés mais non évacués. Cette position est abandonnée par ordre vers 14 heures. L’ennemi pénètre dans Charleville, il se trouve déjà dans Mézières où il a pénétré par l’Est et le Sud-Est. Les restes de l’escadron (50 hommes) se replient par Warcq,Thin-le-Mouthier et Novion-Porcien, après avoir laissé un officier pour assurer la destruction du pont de chemin de fer au Nord de Mohon.

Le 16 mai à 1 heure, ils arrivent à Château-Porcien où ils se heurtent à des motocyclistes ennemis qu’ils dispersent. Ils sont alors envoyés à Attigny dont ils contribuent à garder le passage jusqu’au 17 mai au soir. Relevés le 17 mai, ils rejoignent la 3e Brigade de Spahis le 18 mai 1940.

Les 13, 14 et 15 mai, l’aviation ennemie a exécuté des bombardements d’une violence inouïe, par vagues de 100 à 150 avions se succédant de quart d’heure en quart d’heure, bombardements exécutés sur Monthermé, Charleville, Mézières, Nouzonville… et aussi sur les avant-postes. Il est noté dans un compte rendu de l’artillerie du 41e CA qu’aux Arreux, 5 km au Nord-Ouest de Charleville, dans la journée du 14 mai, un groupe du 22e RAD de la 53e DI a eu 6 pièces sur 12 culbutées par des bombes d’avion.
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Dim 24 Fév 2013 - 7:46

Bonjour à tous, Very Happy

Pas grand-chose de nouveau sur ce dossier. Je ne trouve pas un récit assez précis du combat mentionnant l'action (ou au moins le rôle) des deux groupes de canons de 25 mm...

Les lieutenants Deturck et de Mesnard qui ont été blessés, appartenaient à l'unité de canons de 25 antichars du 2e RSA. J'ai appris également que seulement 4 chevaux ont été récupérés après le repli ordonné par le commandement local.

Je suppose donc que canons et spahis avaient été saupoudrés dans le dispositif des fantassins (c'est, depuis la nuit des temps, le réflexe naturel de ceux qui ne savent pas utiliser les unités de cavalerie). En bref, pour l'instant, ce n'est pas clair du tout !

Cordialement,

Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Ven 1 Mar 2013 - 9:29

Bonjour à tous, Very Happy

En parcourant le Net, je suis tombé sur un cliché qui, selon le vendeur, faisait partie d'un petit lot homogène relatif à la 1. Panzer-Division. Toujours d'après la description du vendeur, au second plan à droite, figurerait un char Panzer mark III numéroté 673 et appartenant à la 1. Panzer-Division.

[img][/img]

Or, considérant les prisonniers sur la gauche du cliché, je me suis demandé s'il ne pourrait pas s'agir de Soldats Indochinois évoqués dans ce fil...

D'autre part, il me semble que le blindé à droite ne peut en aucun cas appartenir à la 1. Panzer-Division. En effet, je pense qu'il s'agit plutôt d'un Panzer Mark IV et, à la 1. Panzer-Division, il n'existe pas de 6e Compagnie équipée de Panzer IV (la 6e Compagnie du Panzer-Regiment 1 est une compagnie d'instruction demeurée en garnison ; la 6e Compagnie du Panzer-Regiment 2 est une compagnie légère). A la 1. Panzer-Division, chacun des deux Panzer-Regimenten possède deux compagnies moyennes équipées du Panzer Mark IV et numérotées 4 et 8. Dans ce cas, pourrait-il s'agir d'un char de la 8. Panzer-Division (je ne connais pas l'organisation de ses compagnies et leur numérotation). pourrait-on être dans la phase de reddition de la tête de pont de Mézières ? Autant de questions que je me pose....scratch

Cordialement,

Thierry Moné

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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Dim 17 Mar 2013 - 10:09

Bonjour à tous, Very Happy

Suite à ce fil, monsieur Michel M. m'avait envoyé des clichés, pris par lui, des positions de défense de la Meuse occupées par la 52e DBMI, clichés que je n'avais pas encore eu le temps d'exploiter.

Il s'agit de positions dans le secteur de Nouzonville.

Merci à lui !

Cordialement,

Thierry Moné

[img][/img]

[img][/img]


[img][/img]
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Dim 17 Mar 2013 - 10:16

Suite...
[img][/img]

[img][/img]
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Dim 17 Mar 2013 - 10:18

Suite et fin...

[img][/img]

[img][/img]
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Sam 5 Avr 2014 - 6:59

Thierry Moné a écrit:
Bonjour à tous, Very Happy

Pas grand-chose de nouveau sur ce dossier. Je ne trouve pas un récit assez précis du combat mentionnant l'action (ou au moins le rôle) des deux groupes de canons de 25 mm...

Les lieutenants Deturck et de Mesnard qui ont été blessés, appartenaient à l'unité de canons de 25 antichars du 2e RSA. J'ai appris également que seulement 4 chevaux ont été récupérés après le repli ordonné par le commandement local.

Je suppose donc que canons et spahis avaient été saupoudrés dans le dispositif des fantassins (c'est, depuis la nuit des temps, le réflexe naturel de ceux qui ne savent pas utiliser les unités de cavalerie). En bref, pour l'instant, ce n'est pas clair du tout !

Cordialement,

Thierry Moné

Bonjour à tous,  Very Happy 

A signaler une petite avancée dans la connaissance du rôle joué par le 4e Escadron du 2e RSA du capitaine Léon Després (et non pas "Desprès" comme orthographié précédemment ; orthographe vérifiée cette semaine dans son dossier).

On apprend en particulier que les canons de 25 mm antichars de l'EME du 2e RSA, détachés avec le 4e Escadron au profit de la défense de la tête de pont de Mézière, étaient au nombre de 3 (au lieu de 4) sans que l'on puisse pour autant connaître le sort de la pièce manquante. On apprend également que les 3 pièces on rempli leur rôle et qu'elle ont été détruites par leurs servants au moment du décrochage sur ordre des unités de la tête de pont.

Voir compléments ici :
Travaux]http://atf40.forumculture.net/t3335p585-travaux-en-cours-sur-la-horgne-1940#61826]Travaux

Cordialement,

Thierry Moné

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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 7 Avr 2014 - 8:58

Bonjour à tous,  Very Happy 

Un élément intéressant, le texte de la citation obtenue par le capitaine Després qui commandait le 4e Escadron du 2e Régiment de Spahis Algériens dans la tête de pont de Mézières :

Citation à l’ordre de l’armée du 20 juin 1941 : Després Léon capitaine au 2e Régiment de Spahis Algériens. « Officier énergique, brave, ayant un escadron très en main. Le 15 mai 1940, avait été chargé de renforcer la ligne des avant-postes de la tête de pont de Mézières avec un groupement constitué par son escadron renforcé de trois canons de 25. A résisté avec opiniâtreté aux attaques ennemies. Autorisé à n’évacuer la position qu’à la dernière limite, a exécuté son repli par petits échelons et en ordre. »

Cordialement,

Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Spahis du 2e Algériens dans la défense de Mézières en mai 40   Lun 7 Avr 2014 - 12:35

La Meuse faisant de beaux méandres au niveau de Charleville, tenir une tête de pont est plus efficace que de tenir le fleuve. D'autant que les zones urbaines se seraient bien prêtés à une approche du fleuve pour les assaillants.

Petit parallèle/digression, à Monthermé, tenu par la 42e DBMIC (Malgaches), la Meuse fait également un joli méandre (moins beau quand même), mais il est vers l'extérieur de la défense cette fois. On avait le choix entre défendre 1,2 km en défendant la base de la presqu'île ou plus de 7 km le long du fleuve. On a fait le second choix, avec une ligne d'arrêt sur la base, contrairement à l'avis des commandants locaux qui auraient souhaité la première option. Pareil, il y a des constructions des deux côtés du fleuves, couvrant relativement l'approche des Allemands. Leur première tentative échoue, mais ils repèrent un angle mort dans la défense. La seconde traversée est couronnée de succès et cette fois la défense est rapidement submergé, faute de moyens qui ont dû être dispersés. En revanche la ligne d'arrêt tiendra pendant deux jours…

Une telle tête de pont présente aussi des avantages pour la défense car défendre ne se limite pas à ne pas bouger pour tenir le terrain, il y a aussi les contre-attaques.

À noter que lors d'un Kriegsspiel tenu le 7 février 1940 à la Heeresgruppe A, on teste Sedan et Charleville. Cette dernière tient. (source : journal d'Halder)

Pour les Allemands cette tête de pont va poser deux problèmes lors du franchissement de la Meuse à Sedan : Kleist aurait souhaité étendre le franchissement vers l'ouest (jusqu'à Boutancourt) pour ne pas avoir à franchir de force le canal des Ardennes pour la suite des opérations. Mais c'est exposer le franchissement de la Meuse à l'artillerie de la tête de pont. Le second c'est justement cette possibilité d'action française depuis cette tête de pont, le problème retombe sur la 2. Panzer-Division à la droite de l'attaque. L'AR 74 et la Pz.-Aufkl.-Abt. 5 sont affectés à la flanc garde. (source : Jean-Yves Mary, Le corridor des Panzers, t. I, p. 233 et 236)

Désolé, pas d'éclairage sur la 3e BS…
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