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 Les conséquences de la contre-attaque d'Arras ...

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Claude Girod
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MessageSujet: Les conséquences de la contre-attaque d'Arras ...   Ven 11 Jan 2013 - 16:55

Bonjour à tous !

Dans le fil "Pont de chemin de fer à Condé-Folie", Thierry Moné avait cité l'ouvrage "Rommel" (2009) de Benoît Lemay ...

L'un de ses messages se terminait par : "Nota : on trouve également dans cet ouvrage une intéressante théorie sur les raisons du premier Haltbefehl d'Hitler."

Thierry ayant eu l'amabilité de nous envoyer copie des pages en question (p. 85 à 89), je me permets de reproduire ci-dessous les passages qui nous intéressent dans le présent fil.

.........



.../... "Nous devons voir la guerre actuelle du point de vue de la cavalerie - c'est à dire diriger les divisions de panzers comme des escadrons de cavalerie en donnant des ordres depuis un char en mouvement, comme les généraux le faisaient autrefois à cheval" .../.. (Rommel)

.../... Il y avait cependant un revers à la médaille. L'ambition démesurée de Rommel l'avait en effet amené à amplifier considérablement les dangers dans le dessein de donner à sa prestation encore plus de relief qu'elle n'en avait déjà. Ainsi envoya-t-il des rapports exagérément catastrophiques à ses supérieurs, mentionnant que plusieurs centaines de chars l'avaient attaqué. En réalité, lors de la bataille d'Arras, les Alliés avaient aligné un peu moins de 150 chars, soutenus faiblement par l'infanterie et l'artillerie, et privés de l'appui de l'aviation.

Pourtant, dans ce que l'on a appelé le Rommel Album qu'il remit à Hitler après la campagne de France, il y a avait un tableau apocalyptique avec cinq flèches rouges qui sont censées représenter les divisions cuirassées britanniques en train d'attaquer ses colonnes d'infanterie. Or, la 7ème division avait dû livrer bataille non pas à cinq divisions blindées, mais à seulement deux bataillons de chars et à des éléments d'une division légère mécanisée française.

Lors de cette phase critique de l'opération, Hitler et de nombreux hauts gradés de l'OKW craignent que cette action ne fût le prélude à une grande attaque de flanc des divisions de panzers. Cette inquiétude les avait déjà amenés le 17 mai à interrompre durant deux jours la progression des chars allemands. Depuis, ils attendaient chaque jour la contre-attaque opérationnelle des Alliés, qu'ils estimaient inévitable. Le retard que prenait celle-ci n'était pas sans effet sur leurs nerfs. D'après les chiffres exagérés donnés par Rommel, il devait s'agir d'une contre-attaque d'ordre opérationnel, ce qui déclencha chez ses supérieurs une réaction disproportionnée. Lorsque ces chiffres furent démentis par les rapports du XV° corps blindé de Hoth et par ceux de la 4°armée de Kluge, et que l'assaut des chars anglais à Arras fut repoussé, il était déjà trop tard, car Hitler et plusieurs de ses conseillers étaient déjà affolés.

Ces derniers, qui ne démordaient pas de l'idée qu'un énorme danger menaçait les flancs, firent arrêter la progression des divisions de panzers vers les ports de la Manche pendant environ vingt-quatre heures.

Après le premier ordre d'arrêt du 17 mai, voilà que les chars allemands étaient une nouvelle fois retenus quatre jours plus tard. Sans cette intervention, le célèbre "ordre d'arrêt" de Dunkerque du 24 mai - qui fut maintenu pendant deux jours et qui permit aux Alliés de sauver jusqu'au 4 juin 338 682 hommes en les envoyant en Angleterre - serait resté sans conséquence, puisque ce port de la Manche se serait déjà retrouvé aux mains des Allemands.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'échec de la contre-attaque britannique du 21 mai et les rapports de Rommel n'ont pas seulement provoqué "l'ordre d'arrêt" d'Arras, mais ils ont aussi exercé une influence indirecte à Dunkerque.

Le 22 mai, la 7° division de panzers traversa la Scarpe et atteignit le mont Saint-Eloi où elle dut livrer de violents combats pour s'en emparer. Elle profita ensuite de "l'ordre d'arrêt" de Dunkerque pour réparer ses chars, refaire le plein d'essence et renouveler ses stocks de munitions. Elle comptabilisa aussi ses pertes : 60 officiers tués ou blessés et 1 500 soldats tués ou blessés sur des effectifs initiaux d'environ 13 000 hommes, soit 12% de ses effectifs : "C'est très peu, nota Rommel, comparativement à ce qui a été accompli".

Lorsque "l'ordre d'arrêt" fut levé le 26 mai, Rommel reprit son avance en direction de Lille .../...

(Extrait du chapitre la "Division fantôme" Benoît Lemay p. 85/86)



Cordialement !
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Les conséquences de la contre-attaque d'Arras ...   Lun 11 Fév 2013 - 10:47

Bonjour,

L'impact qu'a eu le compte-rendu de Rommel de la contre-attaque d'Arras a déjà été relevé par Frieser (1995). Benoît Lemay n'apporte ici aucun argument nouveau, en revanche je pense qu'il exagère l'impact de son sujet - un défaut commun à la plupart des biographies - quand il écrit que les rapports de Rommel auraient "provoqué" l'ordre d'arrêt.

Comme pour la plupart des gens, plusieurs facteurs ont influencé la décision d'Hitler. La menace - rétrospectivement exagérée - qu'il voyait peser sur les flancs de la percée allemande en a été un, et il est clair que le compte-rendu fait par Rommel de la bataille d'Arras a fait penser à une offensive de grand style. L'OKW met une des divisions de Guderian en réserve et en fait reculer deux autres (celles de Reinhardt, de mémoire ?) pour parer à une menace en fait inexistante.
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Claude Girod
Général de Brigade
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MessageSujet: Re: Les conséquences de la contre-attaque d'Arras ...   Lun 11 Fév 2013 - 12:39

Bonjour Louis,
Merci pour votre point de vue !
Cordialement !
PS : je me permets de rajouter juste un mot : ".../... pour parer à une menace en fait inexistante, hélas."
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