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 Koh-Chang (quizz)

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avz94
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MessageSujet: Re: Koh-Chang (quizz)   Sam 18 Déc 2010 - 19:05

Thierry Moné a écrit:
Bonjour à tous, Very Happy

Je confirme que Charner n'a rien à voir avec la solution.

Il s'agit bien du monument-musée thaïlandais de Koh Chang, près de laquelle la Marine française envoya par le fond en un engagement naval les quelques fleurons de la Marine siamoise alors sous "forte influence" japonaise.

A la même époque, le Siam attaquait le Cambodge par le nord afin de reprendre des provinces berceau de l'art et de la civilisation Khmer... (cf. combats du 5e REI et d'autres unités). Je m'arrête là sur un Cambodge qui m'est très cher pour d'autres raisons.

Mais les marins vous conteront tout cela bien mieux que moi... Je pensais d'ailleurs que les spécialistes de la Marine de 40 allaient mettre fin au quizz en trois coups de cuiller à pot (c'est le cas de le dire pirat ), mais non !

Bonne journée !

Thierry Moné

Bonsoir

Voici ce que nous dit l'Amiral AUPHAN sur ce sujet :

Amiral AUPHAN a écrit:

Les concessions arrachées au général Catroux par les japonais ne les satisfont pas. Le 1er août 1940, les généraux japonais ont présenté un ultimatum réclamant dans le nord du Tonkin cinq aérodromes et le droit de stationnement pour trente mille hommes. Nous nous retournons vers l'Amérique. Hélas ! Monsieur Summer Welles ne peut que répondre à notre ambassadeur que le département d'état comprend la position difficile du gouvernement français... et ne se croit pas en droit de reprocher à la France d'accorder des facilités militaires au Japon. Un accord est conclu portant seulement sur 3 aérodromes et 6 000 hommes; mais, le 22 septembre, l'armée japonaise, qui n'accepte pas ces limites ou feint de les ignorer, attaque à l'improviste la garnison de Lang-Son, et le 26 Haïphong est bombardé. Une conflagration générale est évitée de justesse par négociation directe entre Vichy et Tokio.
Pendant ces journées difficiles, les Siamois nous cherchent querelle sur la rive droite du Mékong, où ils n'ont jamais considéré sans déplaisir notre protectorat sur le Cambodge.
Or les forces siamoises ne sont pas négligeables. L'aviation comprend 120 appareil d'instruction et 150 avions de combat... Trois fois plus que les forces aériennes d'Indochine. La marine a deux gardes-côtes cuirassés de canons de 203, deux canonnières munies de 152, une dizaine de torpilleurs, des avisos, des dragueurs, au total un matériel qui surclasse sans discussion les cinq vieux bateaux de guerre français stationnés en Indochine.
La guerre franco-siamoise n'a jamais été déclarée. Mais, d'incidents en incidents, les hostilités sont devenues générales à la frontière depuis le début de janvier 1941. Pour venir en aide à l'armée, le contre-amiral Terraux, commandant la marine en Indochine, a décidé, en accord avec le gouverneur général, amiral Decoux, de risquer toute sa petite flotte pour porter à la flotte siamoise un coup décisif, malgré sa supériorité numérique. le capitaine de vaisseau Bérenger, commandant le Lamotte-Picquet, prend le commandement de cette force qui comprend par ailleurs les avisos de 2 000 tonnes Amiral-Charner (C.F. Le Calvez) et Dumont-d'Urville (C.V. de Quièvrecourt) et les vieux avisos de 600 tonnes Marne (C.C. Marc) et Tahure (C.C. Mercadier).
Le 17 janvier 1941 il se présente avant l'aube devant l'archipel de Koh-Chang où des reconnaissances aériennes ont repéré le gros de la flotte siamois. plus que de l'artillerie adverse, le principal danger vient des petits fonds, très mal connus, sur lesquels le moindre échouage serait catastrophique.
La flotte de la Thaïland, encore endormie, est réveillée par l'apparition d'un hydravion français qui alerte les canonniers siamois. L'appareil (un vieux Loire 130) se dégage prestement, mais au même moment les silhouettes des bateaux français se dessinent dans la grisaille, et c'est sur elles que le tir siamois se déclenche. heureusement pour les pointeurs de Bérenger qui jusque-là, ne distinguaient à peu près rien... Il est 6h14. Une demi-heure plus tard les trois petits torpilleurs Songkla, Chonburi et Trat sont expédiés par le fond, et le combat se poursuit entre le Lamotte-Picquer et le garde-côte Dhomburi, dont les canons de 203 surclassent nettement, mais seulement sur le papier, l'artillerie de notre vieux croiseur.
Ce fut une extraordinaire partie de cache-cache dans un dédale d'îlots derrière lesquels l'ennemi n'apparaissait un instant que pour disparaître aussitôt. il fallut renoncer à poursuivre le Dhomburi dans les petits fonds où il alla se réfugier, coulant bas, et où il chavira dans le courant de l'après-midi alors qu'on essayait de le remorquer.
Après avoir subi sans dommages deux attaques aériennes sur le chemin du retour, la division Bérenger rentra à sa base sans autre avarie qu'un peu de désordre dans les logements intérieurs comme il s'en produit dans toutes les écoles à feu du temps de paix.
tout était remis en ordre pour l'arrivée à Saïgon, où les journalistes furent conviés à venir contempler l'état impeccable de ces cinq bateaux que déjà la radio de Bangkok décrivait comme massacrés.
Et le plus merveilleux de l'affaire, c'est que l'on apprit après coup que non seulement le Dhomburi, mais son similaire l'Aytuthya avait été également mis hors de combat. vraisemblablement atteint par des torpilles lancées par le Lamotte-picquet au début de l'engagement sur un objectif mal défini dans la brume, il était allé s'échouer dans la rivière de Chantaboum.
Inquiets de la cuisante défaite subie par leurs amis siamois, les japonais s'empressèrent d'intervenir en médiateurs pour nous imposer une paix, évidemment boiteuse, mais qui avait tout de même l'avantage de mettre fin aux hostilités sur le Mékong alors que les choses se gâtaient ailleurs.

Cordialement

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vincent lahousse
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MessageSujet: Re: Koh-Chang (quizz)   Dim 19 Déc 2010 - 14:26

Merci pour ce récit de cette bataille.
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