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 246e RI

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Frédéric Pradal
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MessageSujet: 246e RI   Sam 24 Nov 2012 - 23:02

Bonsoir

Nouveau sur le forum je souhaite participer en apportant quelques documents sur un régiment particulièrement ébranlé en mai 1940 : le 246e RI.

Les quelques papiers qui seront mis en ligne (l'Administrateur me dit que cela peut prendre quelques jours) émanent de l'officier de détails du régiment. S'il subit les effets de l'attaque allemande, il n'est pas en prise avec l'adversaire et donne donc un point de vue de l'échelon arrière. Certains témoignages parlent de débandade, de caissons avec les effets et les archives pillées ; lui semble organiser et suplééer à la hiérarchie désorientée. Son compte rendu des opérations en mai 40 est suivi de quelques documents sur la dissolution de son unité (31 mai).

Que sait t-on au juste de ce régiment dont la situation au 10 mai 1940 est la suivante :

"Régiment stationné dans la région de Vouziers - P.C. du colonel [Aurisse] avec Cie de Commandt et C.H.R. à Mont-Saint-Martin -Bataillons dispersés dans les environs.

Beaucoup d'hommes et de chevaux détachés à l'agriculture dans les villages dont certains assez éloignés.

Un pourcentage assez élevé d'Officiers, gradés, et soldats en permission."

Une poignée de commandant de compagnie est en formation à l'arrière depuis près de deux semaines ...

Est-on prêt à recevoir l'ennemi ? On peut se poser la question sur le rôle du renseignement de l'époque !

D'où venait cette unité encadrée par des réservistes ?

Merci pour vos réponses
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avz94
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MessageSujet: Re: 246e RI   Dim 25 Nov 2012 - 13:08

Bonjour

voici un complément d'information se reportant à la 71ème DI ici :

http://www.atf40.fr/ATF40/mai40/historiques/71eDI.html

Sinon le régiment à été formé le 02/09/39 dans le secteur de Fontainebleau par le Centre Mobilisateur d'Infanterie 212.

Cordialement
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Frédéric Pradal
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MessageSujet: Re: 246e RI   Dim 25 Nov 2012 - 20:27

Bonsoir

Merci pour ces précisions à l'échelon divisionnaire, très utiles pour comprendre le témoignage du lieutenant de réserve Marcel GAUTHERON.

Né en 1893 à Anthien dans la Nièvre il s'est porté volontaire dès la fin de 1913 et a ce titre a servit avec courage lors de la Der des Der. Sous-officier dans l'entre-deux guerre, il est affecté au C.M.I. 212 de Fontainebleau où il reçoit la Croix des services militaires volontaires le 1er mai 1940 : il est alors affecté comme officier de détails au 246e RI.

En attendant de pouvoir insérer les scans de documents (quelle est la procédure pour les mettre en PJ du forum ?) dites moi si c'est plus rapide de les faire passer à un Admin par courriel afin qu'il les insère lui-même.

Merci
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Frédéric Pradal
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MessageSujet: Re: 246e RI   Lun 26 Nov 2012 - 20:04

Bonsoir



En attendant de faire mieux, voici un début de transcription des documents.

Bonne lecture

"

246e R.I. (mai 1940)


COMPTE – RENDU. -




M. GAUTHERON, ex-lieutenant du 246ème R.I., a l’honneur de rendre compte que pendant la guerre 1939-1940, il remplissait les fonctions d’Officier de détails du régiment.

Toutefois, du 12 au 21 mai 1940, il assura en outre le commandement de la C.H.R. et d’une partie des T.C. de Btn rattachés à l’unité pendant cette période.



________________


Exposé des opérations auxquelles j’ai pris part, (n’ayant pas de documents à ma dispostion, cet exposé est rédigé d’après mes souvenirs. De ce fait certaines dates à partir du 17 mai peuvent avoir un jour d’erreur).

________________


Situation avant le 10 mai 1940. – Régiment stationné dans la région de Vouziers – P.C. du Colonel avec la Cie de Commandt et C.H.R. à Mont-Saint-Martin – Bataillons dispersés dans les environs.

Beaucoup d’hommes et de chevaux détachés à l’agriculture dans les villages dont certains assez éloignés.

Un poucentage assez élevé d’Officiers, gradés et soldats en permission.

Le 29 avril un départ de 5 capitaines Cdts de Cie pour des formations de l’arrière avait eu lieu ? Ces officiers n’étaient pas encore remplacés le 10 mai.

Le 7 mai, un échange important d’officiers, gradés et soldats avait été effectué entre le Rgt et un Régt d’Infie de Forteresse.

Pour compléter l’habillement et l’équipement des gradés et hommes reçus et faire les échanges nécessaires une distribution assez élevés d’effets et fournitures diverses était en cours au 10 mai.



10 mai 1940. - A l’annonce de l’attaque ennemie, les hommes et chevaux détachés à l’agriculture reçurent l’ordre du Chef de Corps de rejoindre le Régt., ce qui demanda un certain temps en raison de l’éloignement de certains détachements.

En ce qui me concerne, je fis hâter la fin des distributions dont j’avais la charge et commencer à réintégrer les effets et fournitures échangés. – Ce matériel étant versé après entente avec l’Intendance divisionnaire, directement en gare de ST-MOREL, proche de Mont St-Martin.



11 mai 1940. - Dans la nuit du 10 au 11 mai le Régt. fit mouvement en direction de Authe et Autruche. P.C. du Colonel à Authe.

Sur l’ordre du Chef de Corps, je restais à Mont-St-Martin la journée du 11 et la nuit du 11 au 12 pour terminer la récupération du matériel à verser à l’Intendance et diriger sur le P.C. du Régt, les permissionnaires rappelés.
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Frédéric Pradal
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MessageSujet: Re: 246e RI   Lun 26 Nov 2012 - 20:09

[suite du C.R. du lieutenant Gautheron du 248e R.I.]

12 mai 1940. - Vers 7 heures, départ pour Authe suivant les ordres reçus. Au moment du départ, bombardement par l’aviation ennemie de la gare de St-Morel où se trouvaient les wagons de matériel chargés la veille qui ne furent pas atteints.

Arrivée à Authe où stationnait la C.H.R. vers 10 heures. Le P.C. du Colonel avait été déplacé dans la matiné pour la BESACE.

Vers 13 heures, je reçus l’ordre de me rendre à la Besace pour 15 heures afin d’y recevoir les instructions du Chef de Corps. Je m’y rendis à l’heure fixée accompagné de l’Officier d’approvisionnement convoqué également.

A notre arrivée, le Colonel nous fit connaître que le Régt. devait se porter sur ses positions de combat dans la nuit du 12 au 13 mai, savoir :



1° - Sur la droite de la Meuse,

a) le P.C. du Colonel avec la Cie de commandt et la Section de ravitaillement de la C.H.R. au Sud d’Amblimont.

b) Le 2° Bataillon à MAIRY et le 3° à AMBLIMONT



2° - à gauche de la Meuse

a) le 1er Bataillon en réserve de division dans un petit bois à proximité de POURRON,

b) la C.H.R. (moins la section de ravitaillement) avec une partie des T.C. de Bataillon et mon service dans le bois de SOU à 2 Km environ au N.E. de RAUCOURT, à cheval sur la route RAUCOURT-AUTRECOURT, où nous devions remplacer l’unité correspondante d’un régiment de zouaves (le 12ème je crois).

[suite à venir]
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Frédéric Pradal
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MessageSujet: Re: 246e RI   Mer 28 Nov 2012 - 19:44

Bonsoir



[suite et fin du compte rendu du lieutenant Gautheron]

Le Commandant de la C.H.R. ayant fait partie des 5 capitaines dirigés

sur une autre formation le 29 avril, le commandement de cette unité était exercé provisoirement par le lieutenant chef de la Section de ravitaillement. Cette dernière devant rester avec son chef au P.C. du Régt le Colonel me chargea d’assurer provisoirement la direction de la C.H.R. et des voitures des unités devant la rejoindre.

En raison de cette mission, je partis vers 16 heures reconnaître le bois de SOU avec l’officier d’approvisionnement.

Quelques difficultés pour cette reconnaissance du fait de l’encombrement des routes et des détachements de G.R.D. rentrant de Belgique et de l’aviation ennemie qui effectuait de petits bombardements et mitraillages par intermittence.

Le contacte pris avec l’unité à relever et les différents passages et points reconnus nous rentrâmes à la Besace rendre compte de notre mission.

Le Chef de Corps nous ayant remis les ordres écrits nous concernant, nous regagnâmes Authe pour préparer le mouvement qui commença vers 21 heures pour se terminer au milieu de la nuit sans difficulté.





13 mai 1940. - Les voitures des unités vinrent nous rejoindre au lever du jour. Dès les premières heures de la matinée l’aviation ennemie commença à nous survoler. Les escadrilles vinrent de plus en plus nombreuses à partir de 7 heures et se mirent fréquemment à bombarder violemment les environs en particulier RAUCOURT et ses abords où se trouvait le P.C. de notre division.

Le bombardement ayant cessé vers 20 heures 30 je fis partir les voitures d’approvisionnement vers 21 heures. Peu après je fus appelé à l’entrée du bois sur la route de RAUCOURT par le chef d’E.M. de la division qui me donna l’ordre de quitter la position pour laisser la place à des unités devant monter en ligne et me prescrivit de me porter aux environs de YONCQ dans les bois.

Je me mis en mesure d’exécuter cet ordre immédiatement en faisant prendre le départ par fractions ; j’allai reconnaître le bois de YONCQ.

Le chemin m’ayant paru impraticable aux voitures les plus lourdement chargées, je revins au village de ce nom où je rencontrai le Colonel commant l’Infanterie de la Division à qui je rendis compte des difficultés que je venais de trouver. Il m’indiqua alors de voir l’entrée Nord des bois du Grand Dieulet.

Je conduisis donc C.H.R. et convois vers ce point situé à 400 mètre environ au sud de la route de BEAUMONT à où je pus faire mettre à l’abri des vues tous les véhicules. Le mouvement fut terminé avant le lever du jour du 14 et j’envoyai un compte-rendu à la Division et au Chef de Corps pour faire connaître ma position. De même j’envoyai un agent de liaison pour prévenir l’Officier d’approvisionnement d’avoir à rejoindre cette nouvelle position lorsque les distributions seraient terminées.



14 mai 1940. - La matinée se passa sans rien d’anormal. Le Colonel ayant fait demander différents approvisionnements, le nécessaire fut fait sans difficulté. Toutefois, j’appris par la suite qu’un sous-officier qui m’avait été envoyé par le P.C. du Régt. vers 13 heures n’était pas rentré et avait dû être fait prisonnier sur la route du retour.

Vers 14 heures, intrigué par des passages de convois que j’entendais au loin, j’envoyai un officier (le chef de la section de dépannage) au P.C. de la division à SOMMAUTHE afin d’avoir des renseignements. Il revint vers 14h45 me dire que le Général commandant la division prescrivait de nous rendre à BOULT-aux-BOIS et que la route de la Besace à SOMMAUTHE devait être franchie à 15 heures en raison des mines qui allaient y être posées.

Je donnai donc l’ordre de départ immédiat en faisant prendre des distances entre les voitures et appuyer sur le bas côté de la route, des avions survolant la [colonne].



Comme la tête de colonne allait atteindre SOMMAUTHE et qu’un convoi d’artillerie nous doublait des avions volant bas surgirent et se mirent à bombarder et mitrailler la route et le village de SOMMAUTHE. Il y eu dans mon détachement 6 blessés (dont 2 grièvement), 8 chevaux tués ou blessés, 2 camionnettes incendiées et plusieurs voitures endommagées.

En traversant SOMMAUTHE, je rencontrai un officier de l’E.M . du Régiment qui venait d’amener un prisonnier au P.C. de la D.I., je lui demandai de prévenir le Chef de Corps de l’ordre que je venais de recevoir.



A l’arrivée à BOULT-aux-BOIS, j’y trouvai un officier de l’E.M. de la D.I. qui me dit de chercher un emplacement dans les bois environnants pour y rassembler pour y rassembler les éléments du Régt. susceptibles de rejoindre. Je fis donc une reconnaisance rapide des environs et je choisis en raison d’un point d’eau, un layon forestier situé à 1.800 m. au S.E. du village et partant de la route de BOULT-LA CROIX-aux-BOIS. Cette route, le village et tous les environs furent d’ailleurs fréquemment bombardés ce jour là et les jours suivants.

Dans la soirée, le Colonel commandant l’I.D., vint reconnaître le layon occupé et me donna quelques ordrs de détails (poste pour diriger les isolés, camouflage, etc.).





DU 15 au 17 mai 1940. - Nous séjournâmes sur ce layon où vinrent nous rejoindre différentes unités du Régt. et des permissionnaires. Les éléments regroupés d’après les ordres du Colonel commandant l’I.D. furent envoyés peu après leur arrivée sur d’autres positions.

Dans la nuit du 17 au 18, nous reçumes de la D.I. l’ordre de nous rendre au fort de ROZELLIER près VERDUN.

18 mai 1940. - Départ de la C.H.R. et des voitures restées avec l’unité vers 3 heures. Pour ce mouvement je fis former 2 convois un auto et un hippo. Ce dernier sous les ordres d’un officier, devant rejoindre par étape.

Vers 9 heures arrivée du convoi auto devant le fort de ROZELLIER où un officier de l’E.M. de la D.I. m’indiqua le point de stationnement attribué au Régt dans le bois au Nord de la route VERDUN-METZ où je me rendis aussitôt pour repartir et préparer les emplacements de chaque unité.

DU 19 au 27 mai 1940. - Stationnement dans ce bois et arrivée des divers éléments du Régt.

Le Colonel avec le groupe franc, la Cie de Comdt et la section de ravitaillement de la C.H.R. restés en position à MARTINCOURT (Meuse) rejoignirent vers le 22.

Le 23 on apprend que le Régt doit être dissous à la date du 31 mai et à partir du 24 on passe des détachements avec le matériel à d’autres formations.

DU 28 au 30 mai 1940. - Le personnel et le matériel restant sont groupés dans une caserne de VERDUN, puis passés à la date du 31 Mai au 205ème Régiment d’Infanterie.





ADRESSES DES OFFICIERS


Colonel AURISSE (Chef de Corps)

Lieut. MALLARMÉ (offic. d’Hipp.)

Lieut. BARBIEUX (chef section Ravitt)

Lieut. FROMENTIN (Chef de section dépannage)

Lieut. Nizart (de l’E.M. du Régt.) prisonnier



FONTAINEBLAU, le 10 juin 1944.



DESTINATAIRE/



Monsieur le Président de la Commission

des évènements de guerre

64, avenue d’Aubière à CLERMONT-FERRAND. (P. de-D.)
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