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 Ils arrivent - Paul Carell

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Eric Denis
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MessageSujet: Ils arrivent - Paul Carell   Jeu 27 Sep 2012 - 11:42

Bonjour,



Toujours dans la série de mes relectures, je propose ce grand classique de la littérature consacrée au débarquement et à la bataille de Normandie, mais vus du coté allemand.

L'auteur met parfaitement en valeur l'efficacité de l'opération "fortitude" sur le commandement allemand et ses conséquences stratégiques sur la bataille décisive qui s'engage le 6 juin 1944.

Le texte montre également l'incapacité de la Wehrmacht, dans ces conditions, à obtenir le moindre succès stratégique dans cette bataille, malgré l'abnégation de nombreux combattants du Reich et des succès tactiques indiscutables obtenus par des unités d'élite allemande, au prix de leur sacrifice quasi total.

La Wehrmacht, encore très supérieure aux Alliés sur de nombreux points, ne peut que succomber aux matraquages implacables de l'aviation et de la marine alliées ainsi qu'à la mise en ligne des moyens terrestres semblant illimités.

Une lecture instructive pour comprendre la vision allemande des combats des deux dernières années du conflit.

Bonne lecture

_________________
Cordialement
Eric Denis
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Laurent R
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Jeu 27 Sep 2012 - 18:59

Est ce exclusivement un point de vue tactique et politique ou bien y a t'il des point de vue des différents officiers présent sur le terrain et devant faire de leur mieux avec les moyens à leur disposition.
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Jeu 27 Sep 2012 - 19:22

Bonjour,

Vous y trouverez les deux, avec de nombreux exemples et témoignages d'officiers rapportés.

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Cordialement
Eric Denis
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Manuferey
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Jeu 27 Sep 2012 - 23:22

Attention à ne pas prendre tout ce que dit Paul Carell comme argent comptant. Plusieurs éléments qu’il rapporte dans "Ils arrivent" se sont révélés inexactes. Je citerai par exemple le plan des défenses du W5 à Utah Beach.

Il faut connaître aussi le passé de Carell, de son vrai nom Paul Karl Schmidt, qui entra au parti nazi en 1931 et dans la SS en 1938. Il n’était donc pas neutre dans ce qu’il a écrit.
(voir http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Carell#Internet )

Pour ceux qui veulent creuser la vision allemande des deux dernières années de la guerre, il y a toute la série des rapports (en anglais) faits par de nombreux officiers supérieurs allemands commandants des grandes unités (divisions, corps d’armées, armées) au service historique de l’US Army après la guerre, en général en 1946 et 1947. Ce sont les fameuses « Foreign Military Studies » (FMS). Il faut noter que Carell s’en est servi pour puiser des « témoignages » pour son livre écrit dans les années 60.

Emmanuel
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Ven 28 Sep 2012 - 15:44

Bonjour Manuferey, bonjour à tous,

Sans contester le passé de Paul Carel, que vous mentionnez, il ne faut pas prendre cet ouvrage comme un traité de stratégie ou de tactique, mais comme un livre d'ambiance reflétant, à mon sens, assez bien la vision allemande des combattants au front.

L'auteur, malgré son appartenance au parti nazi, n'en est pas moins critique de la stratégie de la Wehrmacht à l'Ouest. Son récit des engagements des unités SS, par exemple, n'est certes pas parfait, mais il est difficilement contestable de nos jours de constater leur incroyable efficacité sur ce front pendant la bataille de Normandie, alors qu'elle sont opposées à des moyens hautement disproportionnés.

Leur résistance acharnée et leur quasi anéantissement à l'issue de la bataille de Normandie aura permis de contenir les Alliés pendant de longues semaines, sans pour autant que ce délais soit mis à profit par la Wehrmacht pour organiser un front cohérent. Cette donnée, par exemple, est parfaitement mise en valeur dans cet ouvrage.

Je précise, si c'est utile, que je n'ai strictement aucune affinité avec le 3e Reich. Je propose cette lecture comme pendant aux innombrables récits anglo-saxons rédigés sur cette bataille. A mon sens, pour se faire une idée précise sur le débarquement et les semaines suivantes, la lecture de cet ouvrage est un atout intéressant.

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Cordialement
Eric Denis
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Laurent R
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Ven 28 Sep 2012 - 16:56

Je l'ai bien perçue comme tel et il est effectivement très intéressant de lire le point de vue de "celui d'en face".

J'ai pas mal de livre du coté américain et il existe peu de livre traitant de la vision allemande. Sans être adepte du 3e Reich, je plaide pour une meilleure connaissance des unités allemandes (autre que les incontournables Panzer Division) ayant combattues en Normandie et pour lesquelles il est très difficile de trouver des informations. Mis à part la reuve "Panzer Voran" il n'y a guère de livre où trouver des informations dignes de fois et c'est bien dommage.....
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Ven 28 Sep 2012 - 17:41

Bonjour,

Il existe, dans la littérature allemande de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire de bon nombre de divisions allemandes, un peu comme ceux que l'on trouve dans notre section "livres et ouvrages de référence".

Ces livre, forts peu connus en France, sont généralement bien faits mais aucune traduction en français n'existe, expliquant probablement leur méconnaissance dans notre pays.

Celui-ci par exemple,



est un énorme pavé grand format de plus de 390 pages consacré à la 225.ID. Il regorge de photos, de cartes, de témoignages et d'information sur la composition des unités, leurs campagnes et leurs pertes.

Enfin, je vous rejoins sur votre appréciation de Panzer Voran et de sa succession récente. Le travail proposé au lecteur est d'excellente facture.

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Cordialement
Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Ven 28 Sep 2012 - 18:10

Je ne parle ni ne lit l'allemand je ne vais donc pas acheter un ouvrage dans la langue de goethe car il ne me servirait que par les photos et cartes.

J'espère et j'attends toujours (l'espoir fait vivre) qu'un éditeur se décide à nous faire un ouvrage sur les unités allemandes "à pied" dans la bataille de Normandie. Toutes les unités blindées ont été traitées, il ne manque plus que les unités "à pied, en vélo, en voiture ou en camion" à faire.
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Ven 28 Sep 2012 - 22:00

Je partage ton problème sur l'allemand , Laurent, même si j'en ai fait quelques années .
Sur le coté "a pied" , je crois qu'il existe de la doc sur les paras et les troupes russes , en normandie . Mais oui , certes, on oublie le "bon soldat" allemand , qui était en fait en première ligne, car on place rarement un char sur une plage , ou alors c'est pour s'en servir de plongeoir .
Si Heimdal ou caraktere n'a pas fait ce genre d'ouvrages , on peut espérer qu'une autre boite d’édition se lance dans le créneau ? C'est pas la doc d'époque qui manque , pourtant !

Alain
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Laurent R
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 9:05

Certes les Fallschirmjäger ont été traité (cf les Lions de Carentan) parce qu'ils sont considérés comme unité d'élite et à ce titre ils ont droit à un régime spécial.

Je lance donc un appel à un auteur/éditeur qui pourrait nous concocter un voire deux ouvrages sur les unités allemandes "à pied" en face des forces américaines et/ou en face des forces anglaises depuis le 5 juin jusqu'au 12 juin (par exemple).


Dernière édition par Laurent R le Sam 29 Sep 2012 - 9:30, édité 1 fois
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 9:19

Bonjour à tous, bonjour Laurent, Very Happy

Arghhh ! Tout fout l'camp... à présent on brûle l'étape des auteurs pour s'adresser directement aux éditeurs ! Shocked

O tempora, o mores... Rolling Eyes

Cordialement,

Thierry Moné

PS. Je sais bien que quelques éditeurs sont aussi de très bons auteurs... Laughing


Dernière édition par Thierry Moné le Sam 29 Sep 2012 - 9:43, édité 1 fois
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Laurent R
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 9:33

Bonjour Thierry,

Désolé d'avoir oublié d'adresser également mon appel aux auteurs (j'ai fait l'amalgame à tort), j'ai rectifié mon appel.Wink
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 9:43

Merci Laurent, me voila rassuré ! Laughing

Cordialement,

Thierry Moné (pas volontaire toutefois pour écrire sur ce sujet pirat , il vaudrait mieux prospecter du côté des auteurs travaillant pour un éditeur installé en Normandie...)

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Nicolas Aubin
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 10:22

Eric DENIS a écrit:


Le texte montre également l'incapacité de la Wehrmacht, dans ces conditions, à obtenir le moindre succès stratégique dans cette bataille, malgré l'abnégation de nombreux combattants du Reich et des succès tactiques indiscutables obtenus par des unités d'élite allemande, au prix de leur sacrifice quasi total.

La Wehrmacht, encore très supérieure aux Alliés sur de nombreux points, ne peut que succomber aux matraquages implacables de l'aviation et de la marine alliées ainsi qu'à la mise en ligne des moyens terrestres semblant illimités.

Une lecture instructive pour comprendre la vision allemande des combats des deux dernières années du conflit.

Bonjour,
je ne partage pas vraiment votre approche de cet ouvrage qui est pour moi l'exemple type des ouvrages de propagande post-2e Guerre mondiale écrit pour réhabiliter la Werhmacht, l'innocenter de ses crimes et en faire une machine de guerre à l'efficacité redoutable et donc indispensable pour les occidentaux pendant la guerre froide. L'édition originale date de 1960.
Comme déjà fait remarqué, Paul Carrel est en fait Paul Karl Shmidt, ce n'est pas simplement un ancien SS comme il y en eu des centaines de milliers, beaucoup n'ayant pas forcément adhéré par conviction idéologisque mais par oppurtunité ou suite à une pression familiale ou sociale mais Schmidt a lui adhéré au parti nazi dès 1931, il devient le porte-parole de Ribbentrop spécialisé dans les relations avec la presse, puis il se retrouve responsble du magazine officiel "Signal" chargé de dresser les lauriers à la gloire de la Werhmacht et qui était traduit dans tous les pays occupés pendant la guerre. Il est donc un professionnel de l'écriture, de la manipulation (de plus il a une formation en psychologie) et un des principaux propagandistes du IIIe Reich.
Le considérer comme un historien de l'armée allemande "fiable" est en soit déjà bien imprudent. Ce n'est pas à mes yeux davantage un témoin... déjà parce qu'il n'était pas en Normandie en 1944. De plus il entretient des liens avec "le groupe Halder", ces anciens généraux choisis par Halder et qui ont travaillé pour l'armée américaine étant en charge de collecter 2500 témoignages des officiers capturés, de les organiser et de les annoter pour le compte de l'armée américaine. Ces rapports sont la base d'écriture d'"Ils arrivent" de Paul Carell. Or ces rapports de
1947 à 1961 ont été passés au filtre avec disparition des passages compromettants, avec idéalisation autant que faire
se peut, afin que rapport après rappport se construise un mythe cohérent dominé par des
chefs talentueux tirant la quintessence de leurs hommes et du matériel,
révolutionnant l'art militaire et auteurs de victoires spectaculaires vaincus seulement à cause de la supériorité numérique ennemie et des erreurs d'un bouc émissaire, Hitler.

A mon sens, cet ouvrage est donc un beau modèle de propagande qui a ensuite été repris sans discernement par une multitude d'ouvrages. Beau modèle car bien loin de travestir grossièrement les faits historiques, il repose sur une "ambiance" comme le note Eric, sur des petites remarques, des commentaires à l'apparence anecdotiques mais qui finissent par convaincre le lecteur. J'ai repris mon vieil ouvrage et en moins d'une minute j'ai trouvé cette citation, une parmi des centaines d'autres : "c'était toujours la même histoire :
l'astuce, la bravoure et même l'esprit de sacrifice, se voyaient obligé de
s'incliner devant la supériorité du matériel
".

Carell oppose donc une armée allemande aux valeurs strictement positives : astuce, bravoure, esprit de sacrifice affrontant un ennemi réduit à simplement à sa supériorité numérique. Quand les Allemands perdent sur le terrain (je ne parle pas des erreurs que Carell impute à Hitler qui est le bouc émissaire du groupe Halder...et qui affirme sans sourciller que sans Hitler la Werhmacht aurait gagné la guerre) c'est uniquement sous le poids du nombre. Non pas que je nie la supériorité alliée... encore que sur le front, l'écart numérique en hommes était négligeable - les armées alliées ayant la 1/2 de leurs soldats affectés aux services arrières -, l'écart en appui feu était lui effectivement considérable. Son ouvrage est assez manicheen quand il traite des combattants et bien dans l'esprit de les idéaliser, de les innocenter de tout crime (et il y en eu en Normandie). Il en fait tout simplement des martyrs et des héros. Et ce résultat passe bien à travers l'ambiance qu'il donne au livre puisque c'est exactement la conclusion d'Eric une fois lu le livre : "La Wehrmacht, encore très supérieure aux Alliés sur de nombreux points, ne peut que succomber aux matraquages implacables de l'aviation et de la marine alliées ainsi qu'à la mise en ligne des moyens terrestres semblant illimités".
Aujourd'hui cette thèse est quand même très largement nuancée. L'aviation n'a été présente que la 1/2 du temps dans le ciel (du fait du climat normand), n'a infligé que des pertes ridicules (- de 5% en moyenne), n'a que rarement ralenti l'arrivée des renforts motorisées, ceux-ci étant surtout génés par leur manque de véhicules et d'essence. L'artillerie américaine a été rationnée dès la mi-juin et les Allemands avaient aussi des avantages (terrain propice à la défense). Nuancée mais pas renversée car les historiens mettent aussi en évidence les tatonnements, erreurs et faiblesses doctrinales des alliés.
A mon sens, cet ouvrage, s'il peut être utile, c'est moins pour les renseignements historiques que pour sa dimension mémorielle. Il s'inscrit dans cette mémoire d'une armée allemande propre et supérieure aux autres armées construite après guerre par les vaincus. Paul carell a commis d'outre souvrages sur le front de l'Est où cette dimension est encore bien plus présente où il y affirme que cette guerre à l'Est était nécessaire, préventive, qu'elle fut une lutte pour la survie de la civilisation occidentale. Il y affirme qu'en fait la guerre à l'ESt n'était que le premier stade de la guerre froide. Bein sur il n'y est jamais question d'extermination et d'asservissement, si ce n'est de la part des Soviétiques. les titres sont "opérations barbarrossa" et "opération terre brulé".

Bref à prendre avec des pincettes tout comme les livres de Mabire sur les SS par exemple.

Cordialement
Nicolas Aubin
PS : je crains malheureusement qu'il n'y ait jamais d'ouvrages sur les ID allemandes car elles sont trop peu vendeuses comparées aux SS et aux Panzers. Dommage car pour le coup cela nuancerait pas mal ce cliché sur l'excellence militaire allemande.
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 14:27

Bonjour Nicolas, bonjour à tous,

Je ne discuterai pas ici le passé de Paul Carel que vous avez parfaitement mis en valeur ni la notion de propagande que vous introduisez, me bornant au coté militaire. Si je considère cet ouvrage comme une vision intéressante c’est précisément sur ce domaine et je vais m’en expliquer. Il va de soit que l’auteur n’aborde pas les exactions commises sur ce front, mais cette abstraction concerne les deux protagonistes et nous savons de nos jours qu’il y en eu des deux cotés.

Comme je l’ai écrit dans mes précédents messages, ce livre n’est pas à prendre stricto sensus, et donc, par conséquence, il ne s’agit pas d’une référence en matière d’Histoire. Comme je le rappelais, sa lecture est à opposer à celle des écrits anglo-saxons pour se faire une idée plus précise de cette bataille décisive. Or, les écrits d’origine allemande sur cette bataille sont extrêmement rares. Il n’en reste pas moins que dans les faits, bon nombre d’éléments rappelés par l’auteur n’en sont pas moins réalistes sur bien des points.

Tout d’abord et d’une façon générale, il me semble difficile de discuter la valeur intrinsèque des unités allemandes défendant le front normand jusqu’à la fin de la campagne de Normandie. Certes, l’auteur met en valeur les unités blindées et SS en parlant peu des ID, mais il est juste de rappeler que celles-ci possèdent une solide expérience du combat, acquise dans la plupart des cas à l’Est, à opposer aux grandes unités alliées dont c’est bien souvent la première expérience du combat. Je vais donc illustrer votre critique « C’était toujours la même histoire : l’astuce, la bravoure et même l’esprit du sacrifice, se voyaient obligé de s’incliner devant la supériorité du matériel » par quelques exemples, à mon sens significatifs.

En préambule, je citerai un mémorandum de Rommel sur cette bataille, fixant la situation vécue par la Wehrmacht sur ce front :

« Sur le front de Normandie, la situation ne cesse d'empirer et le dénouement approche.
Etant donné l'acharnement des combats, la dépense considérable de matériel à laquelle se livre l'ennemi - surtout pour l'artillerie et les blindés - et les effets de la maîtrise aérienne adverse au-dessus du champ de bataille, nos pertes sont telles que la puissance combative de nos divisions décroît rapidement. Non seulement les renforts qui nous parviennent sont réduits, mais, vu les difficultés d'acheminement, il leur faut des semaines pour atteindre le front. En regard des pertes que nous avons subies : 97.000 hommes dont 2.360 officiers, soit 2.500 à 3.000 hommes par jour, les renforts reçus jusqu'à ce jour ne sont que de 10.000 hommes, dont 6 000 seulement sont actuellement parvenus sur la ligne de feu.

Nos pertes en matériel sont immenses et n'ont été compensées que dans une proportion réduite; par exemple, nous avons reçu 17 chars en tout pour remplacer les 225 chars perdus. Les divisions d'infanterie nouvellement arrivées sont mal entraînées et les quelques pièces d'artillerie, les canons antichars et les armes antichars dont elles disposent ne leur permettent pas de résister longtemps aux puissantes attaques ennemies précédées par un pilonnage de plusieurs heures et par un intense bombardement par avions. L'évolution des combats démontre qu'en face d'une pareille débauche de matériel, même l'armée la mieux aguerrie est vouée à la destruction lente; elle perd successivement ses effectifs, son armement et le territoire qu'elle défend.

Du fait de la destruction du réseau ferré et de la menace aérienne qui plane sur les routes et voies d'accès sur une profondeur de 150 kilomètres derrière les lignes, le ravitaillement est tellement déficient que, seul, le strict minimum parvient jusqu'au front. La plus grande parcimonie est de rigueur dans tous les domaines, surtout en ce qui concerne les munitions d'artillerie et les obus de mortiers, cette situation n'est pas susceptible de s'améliorer, car l'activité de l'ennemi réduit sans cesse notre capacité de transport; de plus, le rayon d'action de son aviation s'accroîtra au fur et à mesure qu'il mettra en service les nombreuses pistes, aménagées dans les têtes de pont. Aucun renfort important ne peut être acheminé sur le front de Normandie, à moins de prélever des troupes sur les effectifs de la 15e armée stationnée le long du rivage de la Manche ou sur ceux qui occupent le littoral de la Méditerranée. Avant tout, la 7e armée a un besoin urgent de deux divisions fraîches, les troupes qui combattent en Normandie étant maintenant à bout de forces.

En revanche, l'ennemi ne cesse d'engager sur son front de nouvelles unités et d'énormes quantités de matériel. Son ravitaillement s'effectue sans la moindre obstruction de la part de la Luftwaffe et la pression qu'il exerce sur nous augmente d'heure en heure.

Etant donné les circonstances, nous devons nous attendre à ce que l'adversaire réussisse à percer notre ligne, particulièrement le front tenu par la 7e armée, dans un prochain avenir, et à effectuer une profonde percée vers l'intérieur du territoire français. En dehors des réserves du groupe blindé, actuellement immobilisées et engagées dans leur propre secteur, qui ne peuvent se déplacer que sous le couvert de l'obscurité, nous ne disposons d'aucune réserve mobile pour lutter contre une percée. Comme par le passé, une action entreprise par la Luftwaffe n'aurait qu'un effet limité.

Partout, nos soldats combattent en héros, mais cette lutte inégale approche de sa fin. Il est donc indispensable de tirer les conséquences de cette situation. En ma qualité de commandant en chef du groupe d'armées B, j'estime de mon devoir de vous le dire nettement ».


Voila qui fixe le contexte, et cette vision me semble assez proche de celle donnée par Paul Carel dans son récit. Illustrons donc ensuite la batailles de Normandie par un exemple afin de donner du contenu à mes précédents écrits. Pour Goodwood, s’arrêter au simple décompte des divisions ne laisse voir que peu d’écart entre les protagonistes, mais dans le détail, les divisions allemandes sont à effectifs très faibles (par exemple la 9. SS ne possède que 48 chars sur 160, l’ensemble des chars et StuG allemands présents sur le secteur est estimé à un peu plus 200) alors que les grandes unités alliées sont à plein effectif ou presque (les 3 Armoured divisions possèdent toutes leurs 240 chars, pour un total général d’environ 850 chars soit 4 contre 1 en leur faveur).

L’attaque est précédée par un bombardement aérien massif, effectué par plus de 1.400 quadrimoteurs anglais et US, ainsi que des centaines de bimoteurs, sans parler de l’escorte des chasseurs et la présence des Jabos. L’ensemble des avions engagés dans Goodwood ne représente pas moins de 4.500 appareils de tous types. Leurs effets sur les défenses allemandes sont bien sur considérables, et certaines unités cessent d’exister, au sens littéral du terme. Des chars sont détruis, accentuant encore le déficit vis-à-vis des Alliés, et la 1re ligne de défense allemande est volatilisée.

Pourtant, et en dépit de la différence de moyens, l’attaque ne progresse que de quelques km sans arriver a un résultat tangible. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les pertes en chars des alliés, environ 200, contrastent avec leurs pertes humaines, environ 1.500 hommes dont 500 tankistes, ce qui en dit long sur les qualités combatives de l’infanterie anglaise dans l’attaque, mis à part les Canadiens, dont la bravoure en face des SS a moult fois été démontrée.

Du coté allemand, les pertes sont à ma connaissance inconnues dans le détail, mis à part environ la moitié des chars et les 1.200 prisonniers faits par les Alliés. Il n’en reste pas moins qu’en dépit de ces conditions, ce sont bel et bien les PzD et les unités SS qui ont stoppé net l’attaque alliée, et Goodwood est loin d’être un exemple unique en Normandie. Si du coté allié, les chars seront remplacés très rapidement, les Allemands ne percevront presque aucun blindés.

Enfin, je finirai par une vision plus globale sur la bataille de Normandie en rappelant que Caen, par exemple, devait être prise 24 heures après le débarquement et ne le sera que de nombreuses semaines plus tard, du fait de la défense allemande qu’il est difficile de qualifier autrement que d’acharnée, que la présence aérienne alliée, en dépit du nombre exact des pertes qu’elle inflige aux allemands, leur impose surtout un immobilisme diurne très important, limitant non seulement les mouvements de troupes mais aussi l’arrivée du ravitaillement, même si je suis d’accord pour mentionner aussi le manque de carburant pour l’expliquer.

Il n’en reste pas moins qu’il existe des centaines de photos allemandes d’époque montrant clairement tous les yeux levés vers le ciel pour le moindre déplacement d’un véhicule ou que les Jabos s’en prennent même parfois à un simple cycliste. L’efficacité des Jabos doit certes être relativisée, mais il n’empêche qu’un célèbre exemple démontre quand même qu’ils savent tirer, et touchant la voiture de Rommel lancée à pleine vitesse. Je rappellerais quand même que la chasse alliée fait environ 130.000 sorties sur la Normandie en juin !

Je rappellerais aussi par exemple Villiers le Bocage, non pas pour l’exploit de Witt, mais pour l’effet dévastateur qu’il a sur le moral de la 7th Armoured, pourtant considérée comme l’une des meilleures unités anglaises, alors qu’elle n’a perdu qu’une vingtaine de chars. Pour contraster, la 12. PzSS combat toujours avec acharnement fin juin à Caen alors qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même à cette époque.

En conclusion, si Paul Carel met en valeur la qualité intrinsèque des SS et des PzD au combat en Normandie, l’idée est loin d’être dénuée de sens. D’autre part, je trouve qu’il donne une analyse assez juste des conséquences de « Fortitude » sur le commandement allemand. J’ai donc insisté sur ce type d’intérêts que cet ouvrage présentait à mes yeux, en précisant qu’il fallait le replacer dans la lecture des ouvrages anglo-saxons sur le même sujet.

Pour se faire une idée de la dimension politique de la Wehrmacht, le lecteur se rapprochera par exemple de « L’armée d’Hitler » d’Omer Bartov, dont j’aurai surement l’occasion de reparler dans cette rubrique.

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Cordialement
Eric Denis
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Nicolas Aubin
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 15:52

Quelques remarques sur Goodwood,
1) Tu compares les forces blindées mais à Goodwood ce qui a fait la différence, ce sont moins les quelques panzers que le déploiement d'un barrage antichar du III Flakkorps avec force 88 ce qui apporte un net avantage aux Allemands.
2) Ensuite tu insistes sur le nombre d'avions, mais de nombreux ne font que de l'escorte et n'ont aucun impact sur la bataille. Le bombardement lui-même a des résultats inégaux (il détruit très peu de matériel, n'a a aucune profondeur et les unités de panzer en réserve seront largement opéraionnelles par contre l'infanterie au front, la 16 Luftwaffe feld Division est largement disloquée par le choc psychologique du bombardement) ...mais comme l'attaque terrestre est retardée du fait des embouteillages, l'avantage initial est gâchée. Je crois aussi mais là je peux me tromper que les cratères de bombes ralentiront les chars facilitant le travail des artilleurs allemands.
3) Ensuite tu affirmes que l'infanterie britannique a été médiocre. C'est d'abord parce que les Anglais doivent l'économiser. les Allemands ne sont pas les seuls à souffrir de pénuries et Monty a reçu mission expresse d'économiser ses dernières divisions d'infanterie et donc contrairement à son habitude, il inverse l'ordre d'attaque, il fait charger les chars -seuls ! - puis ensuite il compte occuper le terrain par l'infanterie. Chargeant dans une plaine sans soutien, les chars se feront décimer par les 88 ce qui explique l'importance des pertes en matériels et le faible nombre de victimes humaines, l'infanterie n'était pas frileuse, elle est restée en arrière par ordre. De toutes façons les embouteillages sont tels du fait du goulot d'étranglement qu'est le pont sur l'Orne et le canal de Caen à la Manche que plusieurs unités prévues pour l'attaque ne pourront être engagées le premier jour.

Tu as raison sur un point Goodwood est un bon exemple d'attaque conçue pour réussir grâce à un déluge de moyens matériels... mais justement, c'est un échec complet. La supériorité matérielle n'est pas suffisante pour l'emporter au contraire de ce que prétend Carell.
Les autres opérations alliées, celles qui fonctionnent, réussissent parce qu'elles innovent tactiquement (la bataille des haies entraine une refonte profonde des tactiques de combat des GI, Totalize est un autre exemple d'innovation qui permet la percée d'un front pourtant aussi dense que lors de Goodwood, Totalize péchera par l'incapacité des canadiens à exploiter leur percée initale). Elles témoignent d'une maitrise opérationnelle (l'exploitation de Cobra par les combat commands américains est un modèle). La prise de Cherbourg est une opération bien ficelée qui ne tient pas qu'à la supériorité matérielle américaine, numériquement, les fantassins américains sont même en infériorité. Bref tout cela pour dire que les Allemands n'avaient pas le monopole de l'astuce, du courage et de la bravoure comme l'écrit Carell.

A propos de la 7 Arm division considérée comme la meilleure unité anglaise. Son expérience se limite à la guerre du désert et ses vétérans se révèlent en fait très économes de leur moyens. Beaucoup estime avoit assez donné tandis que la plupart des autres divisions restaient l'arme au pied en Angleterre. Un excellent bouquin de Buckley "British armour in Normandy campaign" lui taille un beau costard reposant sur les stats du nombre de désertion et de cas de Nervous Breakdows plus élevé à la 7th AD.

Je ne prétend donc pas que les armées alliées étaient meilleures que l'armée allemande. Tactiquement, celle-ci les dépassent et de loin car entre les Britanniques et leur incapacité à penser une doctrine moderne et les Américains encore bien bleu, la Normandie n'est certes pas un modèle de l'art de la guerre pour les alliés. Côté anglais le bilan est des plus médiocre tant tactiquement, qu'opérationnellement. Mais de là à en faire des couards juste bon à avancer derrière un barrage d'artillerie et d'aviation comme l'écrit Carell, il y a un pas. Sur le plan opérationnel et stratégiquement par contre, je trouve l'armée allemande bien médiocre en Normandie, sans aucune imagination.

Plus généralement ce qui me gêne chez Carell c'est sa capacité à présenter les Allemands comme les seuls à être des artistes de la guerre. Quand ils se battent ils font un acte de création, ils font de l'art tandis qu'en face il n'y a que des machines juste bonnes à détruire. C'est cette vision manichéenne que je dénonce et qui amène certains lecteurs et j'en connais, à en conclure qu'une bonne armée est forcément une armée de dictature, les démocraties étant incapables d'avoir des armées efficaces autrement qu'en noyant leur adversaire sous les bombes de leurs usines.
Quand à la littérature sur la Normandie, c'est curieux car j'ai exactement le sentiment inverse, celui de crouler sous la littérature n'étudiant que l'armée allemande. Cela doit venir des ouvrages à ma disposition dans ma jeunesse : les Mabire sur les SS, le Carell, les ouvrages de chez Heimdal avec toutes leurs monographies sur les Panzer Division SS (en français, j'ai la 1ere SS, le 12. SS, la 17. SS, les 9 et 10. SS, la Lehr, la 21. Pz) et je n'ai rien d'équivalent côté allié à part sur les paras, la division Leclerc et la division polonaise... pas de monographie de la division de Wood pourtant considérée comme la meilleure division blindée américaine, rien sur la 11 AD seule division blindée anglaise à avoir expérimentée la coopération interarmes en Normandie. J'ai du rater les bouquins hagiographiques sur les armées alliées.

Cordialement
Nicolas
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Ils arrivent - Paul Carell   Sam 29 Sep 2012 - 20:26

Bonjour Nicolas,

Mon argumentaire se base sur l’efficacité de troupes blindées et SS au combat. Je ne prétends pas pour autant qu’il n’existe aucune qualité chez les Alliés. Je ne leur reproche d’ailleurs pas plus un emploi massif bien légitime de leur aviation ou de leur artillerie. J’ai d’autre part indiqué que les canadiens, par exemple, se sont très bien comportés.

Je suis d’accord sur la qualité de certaines divisions US tout comme il ne faut pas pour autant omettre les faiblesses de certaines autres. Je reconnais même aux Anglais une difficulté supplémentaire à laquelle ils doivent faire face car bon nombre des divisions allemandes auxquelles ils sont confrontés sont d’excellente qualité.

Force est néanmoins de constater que la stratégie de Montgomery en Normandie n’a rien d’original et se base à peu prêt toujours sur les mêmes principes fondateurs, et ça durera, en gros, jusqu’à Arnhem ou il pèchera par un excès d’optimisme.

Certes, il veut économiser ses hommes, mais cela n’explique pas tout dans la série de revers qu’il subit en Normandie. Il y dispose pourtant d’une supériorité indiscutable en hommes, en artillerie, en chars, en moyens, en approvisionnements, en matériel de rechange, en appuis aériens tactiques et stratégique, mais aussi du support des pièces lourdes de la flotte et d’une aviation d’observation omniprésente. Son armée, de plus, est entièrement motorisée et jamais inquiétée par la présence de la Luftwaffe. Franchement, que lui faut il de plus pour l’emporter plus rapidement ?

Cette supériorité tout azimut permet en revanche d’écraser les unités allemandes classiques sur bon nombre de fronts ou elles sont attaquées par les Alliés, engendrant pour la Wehrmacht l’obligation permanente d’éteindre des incendies à l’aide des grandes unités d’élite, et donc de leur imposer en plus des mouvements continuels d’un secteur à l’autre. Nous sommes donc aussi d’accord sur une valeur tactique supérieure allemande.

Les échecs successifs anglais, comme je le disais, s’expliquent à mon sens tout d’abord, par la valeur des troupes auxquelles elles sont confrontées, et qui, elles, ne disposent d’aucun des avantages listés auparavant, ainsi qu’aux faiblesses de l’armée britannique dans l’attaque. Pour ce qui est de la 7th Armoured, je veux bien te croire étant donnée ta maitrise du sujet, mais cela ne fait que renforcer mon avis sur les faiblesses de l’armée anglaise en Normandie. J’avancerai même que globalement, les Canadiens et les Polonais ont mieux combattu que les Anglais.

Ensuite, il est bien légitime de trouver la Wehrmacht stratégiquement de peu d’inventivité, mais il faut lui accorder qu’elle passe son temps à combler des brèches et à défendre avec des moyens de plus en plus réduits, face à une armée possédant l’initiative et se renforçant chaque jour. Et c’est en gros ce qu’explique Carell dans son ouvrage, bien que je sois d’accord sur le fait qu’il force le trait. Je suis aussi d’accord pour trouver la stratégie globale allemande à l’Ouest désastreuse, ce que Carell affirme également. A ce sujet par exemple Patton fera preuve d’une remarquable analyse de la situation et exploitera au maximum les faiblesses de ses ennemis.

Je réfute tout autant que toi l’argumentaire visant à affirmer qu’une armée issue d’un pays totalitaire est forcément meilleure que celle d’une démocratie, je prétends simplement que l’expérience du combat, en juin 1944 en Normandie est du coté de la Wehrmacht, et c’est peut être le seul atout d’importance dont elle dispose.

Pour en finir, à propos de la littérature, je ne parlais pas d’ouvrages sur l’histoire de telle ou telle unité car celui de Carell se pose à l’échelon d’une armée. Or, à ce niveau le déséquilibre est flagrant entre auteurs allemands et anglo-saxons.

_________________
Cordialement
Eric Denis
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