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  le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40

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visaval
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MessageSujet: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Dim 2 Sep 2012 - 17:50

bonjour à tous,
j'ai remarqué que dans ce site on ne parle presque pas du futur 'LECLERC'
on dirait qu'il n'a commencé sa carrière militaire à Kouffra en Lybie... c'est faux!

en recherchant des éléments et détails sur la 4ème DI pour (un travail de recherche sur la poche de Lille) j'ai relu un très intéressant petit livre sur "Hautecloque" capitaine au 2ème GR en Juin 40.
On y apprend que phillippe de Hautecloque est très actif d'abord à la 4ème DI encerclée à Lille ...ses évasions successives de la poche et il est désigné ensuite pour accompagner le général Buisson et se distingue du 10 au 15 juin et donne la mesure de sa valeur dans les missions du champs de bataille....

Général Buisson "le Général d'armée Leclerc de Hautecloque ... capitaine à l'état major du 2ème Groupement Cuirassé en juin 1940" (librairie GRÜND 31 mars 48) 3 cartes [provient de l'amicale de la 3ème DCR] 43 pages
si quelqu'un veut une photo ou des extraits... c'est possible.
Vincent
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dhouliez
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Dim 9 Sep 2012 - 23:31

Bonsoir,

En 1940, Philippe de Hautecloque est capitaine à l'Etat-Major de la 4e DI.
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BRH
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Dim 9 Sep 2012 - 23:36

Oui, mais jusqu'au 31 mai seulement. Après, il rejoint les lignes françaises ayant sollicité de son chef l'autorisation de ne pas se constituer prisonnier. Ensuite, il est affecté à l'état-major du groupement Buisson, le 8 juin, si je ne me trompe...
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dhouliez
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Dim 9 Sep 2012 - 23:46

Bien sûr, je précisais juste l'affectation à la 4e DI, l'abréviation GR pouvant laisser penser qu'il était au Groupe de Reconnaissance. (qui n'était pas le 2e bien sûr, mais le 12e GRDI).
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BKLX
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 0:08

Bonsoir,

un livre consacré à Leclerc précise qu'il est affecté à la 4e DI en 1939 en qualité de chef du 3e Bureau (François Ingold et Louis Mouilleseaux, éd. Littéraires de France, juillet 1948)

Cordialement
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 0:46

Bonjour,

A noter, pour l'anecdote, que le capitaine de Hautecloque fut proposé pour une nomination à titre exceptionnel dans la Légion d'Honneur en tant qu'officier, avec citation à l'ordre de l'armée le 30 janvier 1941, par son ancien chef de service, le Cdt de Bonnaventure, à l'EM du GC n°2, en fonction de sa conduite exemplaire en mai et juin 1940 (le capitaine en était déjà chevalier depuis le 20 décembre 1935).

La proposition fut appuyée par le général Buisson, ancien commandant du GC n°2, mais fut rejettée le 18 juillet 1942 en raison de la déchéance du capitaine de la nationalité française (par décret du 16/06/41) conséquente à son engagement dans les FFL.

Une seconde proposition, de même origine, fut ensuite transmise, demandant toujours l'inscription au grade de d'officier de la Légion d'Honneur, accompagnée de deux citations à l'ordre de l'armée.

Cette seconde demande se basait sur une logique incontestable. Non seulement la déchéance de la nationalité ne pouvait être retenue puisqu'au moment des faits d'arme attribués au capitaine de Hautecloque il possédait la nationalité française, mais, de plus, cette prestigieuse distinction avait déjà été attribuée à des étrangers.

Le problème devint donc fort épineux pour le régime de Vichy. Le dossier parcourra les méandres de la commission des récompenses de la guerre 1939/1940. Il y reçut plusieurs avis, en 1943, proposant de trancher par la seule attribution d'une citation à l'ordre de l'armée, alors qu'à cette époque, le capitaine de Hautecloque servait dans les troupes gaullistes et y avait été promu général!

Le régime de Vichy se trouva fort embarrassé et ne voulut donner raison à personne. Il se contenta d'ajourner l'épineuse question le 25/04/1944, soit quelques semaines avant le débarquement de la DB du général Leclerc en France.

_________________
Cordialement
Eric Denis
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 12:16

le livre dont je dispose (général Buisson : Leclerc de Hautecloque capitaine à l'état major du 2éme groupement cuirassé eb juin 40)

"je reçois le commandement du 2è groupement cuirassé (PC le 5 juin à Savigny-sur-Aisne) on m'annonce l'arrivée imminente d'un état-major de 7 officiers sous les ordres du chef de bataillon breveté Denys de Bonnavanture, mon camarade de promotion de l'école supérieure de guerre.

Capitaine breveté de Hautecloque

Capitaine Rombach

Capitaine Potut

Capitaine Fijean

Capitaine Ponsot

Lieutenant Charroy

Lieutenant Robert

le 8 juin, à Savigny-sur-Aisne, je fais la connaissance du Capitaine de Hautecloque, et j'apprends ainsi de sa bouche, son odyssée pour quitter la région de Lille et gagner les lignes Françaises."

BUISSON

Vincent


Dernière édition par visaval le Sam 15 Sep 2012 - 15:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 12:54

même livre

page 21

"le commandant et l'état-major de la 3ème DCR sont pris à partie au sud de Joinville par des chars adverses venant de l'ouest; il en résulte un perte de matériel auto et une dispersion qui ne peut que retarder la contre-attaque sur Perthes.

Informé de la situation, je fais appeler le Capitaine de Hautecloque, lui explique la nécessité absolue de déclancher la contre-attaque dès que possible, même si le chef et l'état-major de la 3ème DCR ne sont pas au rendez-vous, alors que les chars, les chasseurs et l'artillerie sont là bas prêts à l'action avec leur mordant habituel.

- je compte sur vous, de Hautecloque, voici un ordre pour prendre le commandement de la 3ème DCR si son chef n'est pas au rendez-vous. Il faut à tout prix, que la mission de dégagement soit remplie au cours de l'aprés-midi.

- Mon général, vous pouvez compter sur moi la mission sera remplie.

(....) La 3ème DCR a rempli sa mission : le flanc gauche de la 14ème DI est dégagé, un régimentde la 2ème DI (127 R) est sauvé de la capture, le splendide 16ème bataillon de chasseurs s'est enfermé dans Perthes (...)

toute la 3èmeDCR, continuant sa mission de la veille, repartira à l'assaut des blindés adverses pour les rejeter à l'Aisne....

Vincent
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 22:27

Une photo du capitaine breveté Philippe de Hauteclose prise à la 4e DI en novembre-décembre 1939, dans le secteur de Forbach. Le cliché contretypé est malheureusement de mauvaise qualité...

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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Lun 10 Sep 2012 - 22:42

asiate a écrit:
Une photo du capitaine breveté Philippe de Hauteclose
lapsus revelateur ou faute de frappe , mon cher asiate ? Smile oublions mon aparté Wink
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asiate
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Mar 11 Sep 2012 - 0:21

Bien vu Alain : si j'avais un psy, il faudrait que je lui demande... Laughing

A signaler qu'il existe un rapport rédigé par l'intéressé sur son évasion de Lille le 28 mai à l'occasion de laquelle il a pu rallier le 4 juin les lignes françaises dans le secteur de Saint-Quentin, tenu par 7e Armée, et être recueilli par une patrouille du 107e RI. Ce texte est cependant un peu long pour être reproduit intégralement ici, mais les amateurs pourront le retrouver dans le Leclerc du général Jean Compagnon publié en 1994 chez Flammarion.
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visaval
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Mar 11 Sep 2012 - 9:38

bonjour

cette photo, quoi que un tantinet floue, est très interressante merci asiate.

(moi je n'ai aucune allusion à faire)

le texte dont vous parlez parait très instructif

pouvez vous publier la fin de ce rapport où est relaté le rocambolesque retour dans les lignes françaises .... je crois que l'épisode de la sortie de Lille et de la capture puis de l'évasion sont connues.

Je vous remercie

Vincent
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Mar 11 Sep 2012 - 10:14

Bon, finalement j'avais sous-estimé le nombre de caractères accordés à chaque message. Voici le texte intégral reproduit par le général Compagnon :



Le 28 mai vers 6 heures du matin je me trouvais à côté du pont de Lomme-lès-Lille à côté du général Musse commandant la 4e DI à laquelle affecté depuis le début de la guerre comme chef du 3e bureau.

Situation de la division : la plus grande partie des services et de l'artillerie, mis en route la veille de la région de Seclin vers la région nord-ouest d'Armentières, avait peut-être réussi à franchir les éléments ennemis formant déjà barrage entre Lille et la côte. Les éléments d'infanterie arrêtés et coupés au cours de la nuit avaient replié dans Lille ainsi que les éléments de cinq à six DI, DLM, GR, etc. (15e DI, 25e DI...).

Le général Musse, d'accord avec d'autres généraux et colonels présents et avec son commandant d'ID, avait tenté d'organiser une défense de Lille face au Sud, au Sud-Est et au Sud-Ouest, en vue de permettre un écoulement éventuel des éléments vers le Nord-Ouest.

Vers 8 heures, de nombreux renseignements confirmaient l'arrêt du mouvement et la réalisation de l'encerclement par l'ennemi. Je dis alors au général: « Je ne veux pas être prisonnier, mon rôle comme officier d'état-major sans troupe est devenu inutile, m'autorisez-vous à tenter ma chance? — C'est entendu », répondit-il avec une chaleureuse poignée de main.

Je me portais à la lisière sud de Lille, comptant attendre la nuit. Voyant que l'ennemi ne pressait que faiblement, je poussai jusqu'à Faches et Vendeville. A la sortie sud du village je me jette dans un champ de seigle et assiste à la manoeuvre d'une colonne motorisée allemande. Celle-ci comprenait cinq à six chars, trois à quatre camions chargés d'hommes, trois à quatre camions remorquant des armes antichars. Voyant qu'un combat très violent se déroulait dans la région de Wattignies, la colonne abandonne son axe de marche et pousse sur Wattignies. Une heure plus tard, le combat de Wattignies était terminé.

Des éléments d'infanterie et d'artillerie passent de part et d'autre de mon champ de seigle, m'obligeant à y rester. Je suis frappé par la consommation extraordinaire de munitions faite par les armes automatiques ennemies dans la région de Lesquin, elles tirent sans arrêt. Sur quoi? Peut-être du bluff?

Nuit du 28 au 29 mai 1940 :

Je reprends ma progression vers le Sud, mais suis arrêté à Ennetières et contraint de contourner Fretin par l'Est. J'assiste au défilé d'importantes colonnes motorisées allemandes sur la route d'Ennetières-Fretin, dans les deux directions. Les postes allemands commettent tous la faute de crier Wer da trop tôt, me permettant de disparaître dans la nuit. J'atteins le bord est de la Rive.

Journée du 29 :

Je la passe dans le petit bois. Vers 8 heures une colonne de chars (dizaine environ) y pénètre. Le char TSF s'installe à cinquante mètres de moi et j'entends de la musique allemande pendant la majeure partie de la journée.

Nuit du 29 au 30 :

Je compte me diriger sur Orchies. Malheureusement je ne possède pas de boussole, les nuages cachent l'étoile polaire, il faut éviter les villages, les couverts et les chemins. Vers 3 heures, j'arrive à une agglomération et frappe à une maison isolée visiblement habitée par des civils (chien). On m'ouvre, me dit que je suis à Ostricourt mais on refuse de me donner des vêtements civils et on me supplie de disparaître. Je suis mis à la porte de deux autres maisons (dont le presbytère), un ouvrier déclare qu'il me dénonce à la Kommandantur si je ne disparais pas. Indigné, je lui arrache sa casquette et sors. Au petit jour, deux jeunes gens m'indiquent une maison abandonnée où je trouve un vieux bourgeron et une bicyclette. J'abandonne dans un champ mes effets militaires sauf mon imperméable.

Journée du 30 :

Voyant la région parcourue par de nombreux convois de réfugiés, je les imite en attachant sur ma bicyclette des ballots d'effets. Je passe la Scarpe au pont de Lallaing. Le génie allemand le répare, aidé par des équipes d'ouvriers français très bien traités et travaillant de bon coeur en souhaitant avant tout que « cela finisse ». Je gagne ensuite Cambrai par la N 17, en évitant Douai.

Au nord de Cambrai, de part et d'autre de la route, j'assiste au départ et au retour de nombreux avions allemands de bombardement (trente à quarante) qui utilisent les plaines étendues pour se disperser au sol au maximum. Des pièces de DCA sont en batterie à l'est de la route. Je suis dépassé surtout par des voitures de tourisme semblant porter des officiers d'état-major et filant vers le Sud.

Nuit du 30 au 31 :

Je la passe dans une maison abandonnée du faubourg nord de Cambrai, complétant mon habillement civil.

Journée du 31 :

Je traverse Cambrai et décide de continuer à bicyclette vers Saint-Quentin, bien que la circulation des convois civils ait disparu. Je croise des unités allemandes variées, d'une part des divisions normales, jeunes, dont certaines font de l'instruction près des cantonnements : école de canon antichar, ordre serré, théories autour des gradés. D'autre part des convois motorisés avec quelques chars descendant du Nord et ayant déjà été engagés (saleté, poussière, fatigue des hommes dormant sur les camions). Le mouvement de voitures de tourisme vers le Sud continue. Je croise deux AMD Panhard, deux ou trois chars Hotchkiss, deux Somua incendiés, ainsi que de nombreux camions français.

Vers 10 heures, au carrefour central de Bellicourt, un lieutenant allemand m'arrête. « Vos papiers, votre carte de circulation allemande. » Je n'en possède pas et suis emmené au bataillon devant le lieutenant Wengler. Là, fouille générale, y compris chaussettes et chaussures. Je déclare habiter Saint-Quentin où ma femme se trouve encore. J'ai cru détruire toutes mes pièces militaires, mais le lieutenant, en fouillant une poche intérieure d'un portefeuille que je n'utilise jamais, trouve un mandat du trésorier de l'École supérieure de guerre au nom du capitaine de Hauteclocque. Le boche d'un ton solennel: « Monsieur, vous êtes prisonnier de guerre, si vous essayez de fuir, nos sentinelles vous tueront. »

Je suis enfermé dans une grange possédant une fenêtre qui donne sur la route nationale, ce qui me permettra pendant vingt-quatre heures d'observer toute la circulation, circulation comportant toujours une proportion importante de voitures de liaison de grand luxe (Mercedes) portant des officiers dont certains de grade élevé. Vers 13 heures on amène trois jeunes Français déguisés en ouvriers, soldats eux aussi de la 9e DI. Ils erraient depuis six jours dans les lignes et ont été livrés à la Kommandantur par un indigène chez qui ils s'étaient arrêtés.

Officiers, gradés et hommes allemands se montrent très corrects, nous donnant une abondante soupe au riz améliorée par de la viande abattue sur place. Un lieutenant me déclare : « La guerre sera finie dans un mois, nous venons d'apprendre par la radio que les divisions françaises du Nord ont capitulé. Les Anglais ont réussi à réembarquer beaucoup des leurs et ont laissé tomber les Français... Je viens de voir un camarade descendant du Nord, il va maintenant régler le sort de vos divisions de l'Est (?). » Par le trou de la serrure, j'assiste au rassemblement de la compagnie : garde à vous, heil Hitler, choeurs, etc. Hommes jeunes, division qui n'a pas encore combattu.

1er juin 1940 :

Vers 14 heures, debout, on nous évacue sur la division dans un camion, sous la garde de deux hommes baïonnette au canon. Le lieutenant Wengler a commis la faute de ne pas remettre au conducteur une fiche nous concernant, et de placer à coté de nous un sac contenant tous nos objets provenant de la fouille. J'ai le temps de prendre ma boîte particulière, mon portefeuille, et de jeter le papier de l'ESG.

Vers 15 heures, arrivée au PCDI à Bohain. Interrogatoire par un colonel plein de morgue. Je reprends les mêmes arguments: habite à Saint-Quentin, etc... Je suis réformé, inapte à tout service militaire, m'appuyant sur une ordonnance médicale datée du Maroc me prescrivant de la quinine trois fois par jour. J'ajoute que je suis père de six enfants, délié de ce fait de toute obligation militaire. L'indignation du boche ne connaît plus de borne. Je l'entends en allemand qui dit à son adjoint : « Que dites-vous d'une nation où l'on n'est plus tenu de défendre son pays parce que l'on a six enfants? » Enfin il dit à l'interprète: « Si vous trouvez une preuve que celui-ci est inapte physiquement, laissez-le aller, nous en avons assez. » J'insiste sur l'ordonnance. « Allez-vous-en! — Puis-je avoir un passeport ? — Allez-vous-en, tant pis si l'on vous arrête encore! ». Je suis libre dans la rue de Bohain.

Je gagne avant la nuit le village de Fresnoy-le-Grand. Un vieux paysan me donne une omelette, un morceau de pain, et surtout un calendrier des PTT avec carte du département de l'Aisne.

Nuit du 1er au 2 :

Je passe non sans difficulté une rivière et des marais à Croix Fonsomme et pousse en direction du Sud-Ouest.

Journée du 2 :

Au lever du jour je suis dans un petit bois et la silhouette de la cathédrale de Saint-Quentin se détache devant moi: une route à ma droite, celle de Saint-Quentin-Homelières, et une route à ma gauche, Saint Quentin-Neuville.

De 4 heures à 9 h 30 j'assiste au défilé d'une division allemande venant de la route de droite et disparaissant par celle de gauche: en tête de chaque unité les officiers à cheval, puis les hommes par quatre, parfois des fifres et tambours plats, pas de précaution de DCA. Les bataillons et les batteries d'artillerie sont alternés.

Vers 14 heures, je suis obligé d'évacuer nos boqueteaux utilisés par un poste de transmission allemand, et je me réfugie dans un buisson près de la route. Vers 19 heures, un avion allemand capote en atterrissant et flambe. La nuée de badauds qui se précipitent de tous les couverts me permet d'estimer l'importance de l'occupation.

Nuit du 2 au 3 :

Je fais route vers le Sud. L'orientation est facile grâce à l'étoile polaire. De plus, j'entends dès maintenant les deux artilleries. A ma droite et à ma gauche circulation normale de convois en majorité hippo, entre les villages, qui sont tous occupés. J'atteins un buisson du talus de la voie ferrée, 1 km ouest d'Essigny-le-Grand.

Journée du 3 :

Un poste allemand se trouve à cent mètres du buisson, m'interdisant tout mouvement. La voie ferrée, presque partout en déblai, est utilisée par l'ennemi comme cheminement pour ses motocyclistes (cinq ou six au cours de la journée).

Nuit du 3 au 4 :

Je repars vers le Sud, me trouvant dans la zone d'arrivée des projectiles d'artillerie française. J'observe une batterie allemande en action au nord de Clastres. Je ne peux passer entre Clastres et Montescourt, la ligne étant continue. Enfin, après avoir entendu de nombreux Wer da j'atteins un canal (1 km NO de Jussy). Une patrouille allemande parle à ma droite, une autre a allumé une lampe à ma gauche. Je tente de passer à la nage mais je coule. Je reviens alors et me déshabille sauf une chemise et un imperméable, je passe facilement. Sur la rive sud un élément de réseau brun me fait espérer le succès mais par prudence je gagne le village de Flavy-le-Martel, et monte dans une maison en attendant le jour. Vers 5 heures, je vois une patrouille française à laquelle je me fais reconnaître.

Le détail des observations faites au point de vue dispositifs allemands, mouvements, terrains d'aviation, etc., a été communiqué dès le 4 au 2e bureau de la 7e armée.
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MessageSujet: Re: le général de Hautecloque capitaine au 2ème GC juin 40    Mar 11 Sep 2012 - 12:47

merci asiate
le reste de l'histoire est au début du fil...
Vincent
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