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 De la politique rédactionnelle de GBM

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françois vauvillier
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Localisation : Paris
Date d'inscription : 09/10/2006

MessageSujet: De la politique rédactionnelle de GBM   Lun 20 Aoû 2012 - 20:51

Bonsoir à tous,

Consultant le fil ouvert par Erik Barbanson sur le 1er GRDI (rubriques " Revues et périodiques", B&B 50), j'y relève des éléments mis en avant par Nicolas Aubin et Thierry Moné, éléments qui, concernant directement ou indirectement GBM, me semblent mériter, à tout le moins, l'exposé de ma conception des choses, s'agissant du magazine que j'ai le bonheur et la responsabilité de diriger.

Voici donc les éléments dont je parle :

Nicolas Aubin a écrit:

Chez GBM, si j'ai bien compris un vieux message de François Vauvillier (il me corrigera si je me trompe) on part de l'image — souvent inédite — et on colle un texte dessus. H&C est d'une précision iconographie exceptionnelle avec des légendes remarquables et s'adresse à des maquettistes et des collectionneurs. Par contre, sans illustration pertinente, pas d'article et des pans entiers de l'histoire resteront ignorées même si les sources textuelles ou orales existent (il me semble qu'il s'agissait d'un argument justifiant la rareté des articles sur juin 40 dans GBM). De plus on peut parfois regretter que les monographies d'unités dans GBM se contentent trop de recopier la source — purement française — sans l'interroger, sans la confronter... Par exemple quand on présente l'attaque d'une unité française, j'aimerais en savoir plus sur les défenses de son adversaire (et même son nom), sur ses pertes, sur la manière dont il a été impacté par l'attaque française...

La définition de base (première phrase de Nicolas) est la bonne : dans GBM, l'iconographie prime sur toute autre considération. Ceci met le magazine, pour l'essentiel, à l'abri d'études à portée un peu trop générale. Non sans valeur, non sans intérêt, de tels travaux sont très largement et très couramment disponibles un peu partout dans la presse et dans l'édition. Or, GBM donne, justement, de la documentation que l'on ne trouve pas ailleurs.
S'agissant des articles " Unités et matériels " et " Terrains et opérations", j'accorde donc la préférence absolue à l'étude approfondie, presque heure par heure, de petites unités françaises (niveau BCC, GR, groupe d'escadrons, régiment, etc.) et leur choix est dicté par l'existence d'une iconographie spécifique, correspondant aussi exactement qu'il est possible au récit.
Sur le lectorat de ces articles, je suis en désaccord avec Nicolas : ils ne s'adressent pas qu'aux collectionneurs et aux maquettistes. Nous sommes frappés, à la rédaction, du nombre de lecteurs passionnés par l'histoire locale, ou par la mémoire de leurs aïeux, ou avides d'Histoire en général (petite Histoire en l'occurrence) qui trouvent dans nos récits de guerre une matière incroyablement fouillée et s'en régalent, nous amenant d'ailleurs parfois des informations complémentaires de haute valeur.

Sur les considérations concernant l'adversaire, je citerai d'abord le commentaire de Thierry avant de livrer mon point de vue.

Thierry Moné (ne jugeant d'ailleurs pas un article de GBM) a écrit:

À mon humble avis, aucune démarche historique moderne ne peut se permettre [...] d'occulter la nature, le volume et le mode d'action de l'adversaire. Que dire lorsque l'identité même de cet adversaire n'est pas du tout évoquée [...] ? C'est cette manière de faire qui donne bien souvent une mauvaise réputation à "l'histoire bataille". Dans un autre fil, j'avais parlé d'exercice à "simple action", là où la "double action" devrait être systématiquement présente. Dans une certaine mesure, un chercheur qui ne se soucie que d'un des deux belligérants, trompe son lecteur. La confrontation des archives des belligérants entraîne bien souvent la pondération de certaines affirmations.

Sur le plan théorique, Thierry a, de mon point de vue, parfaitement raison (sur les quatre premières phrases), et ses travaux concernant les spahis de la Horgne, avec les mises à jour très régulières sur ce forum, illustrent le soin que lui-même apporte à l'étude de "ceux d'en face".
Sur la cinquième phrase, je suis en désaccord : il est loisible à un chercheur de ne traiter que d'un seul belligérant sans " tromper son lecteur ". Surtout lorsqu'on s'attache, non aux opérations prises avec hauteur et en vue d'en tirer une leçon, mais, soit aux innombrables détails structurels et/ou techniques, soit à la restitution d'une émotion vécue au moment des faits. Et le plus souvent aux deux.
Finalement, nul n'ignore le désastre et nul ne le nie. Simplement, nous ne jugeons pas les acteurs, nous ne dégageons pas d'enseignements, nous ne faisons pas de leçons d'école de guerre sur papier. Nous illustrons (y compris en texte, d'où les nombreuses citations diirectes) et, ce faisant, nous restituons l'atmosphère du moment.

Maintenant, plus prosaïquement, la question pour GBM se pose dans les termes suivants :
- quelle place accorder, dans un magazine "100 % armée française", à l'étude de l'ennemi d'alors ?

Cette question n'est pas anodine.
Ma réponse est :
- dans la rubrique " Stratégie ", un survol général et une position précise sur cartes, accompagnée si nécessaire d'un ordre de bataille simplifié, lorsque nous-mêmes produisons des études de synthèse, au niveau d'une armée, d'un groupe d'armées ou d'un front entier (exemples types, la suite d'articles qu'Eric Denis a consacrée à chacune des armées du GA 1, du 10 au 15 mai 1940, avec des cartes de situation journalière) ;
- dans les autres articles et rubriques, pas grand chose (une note de bas de page de ci de là).

En effet, sur cette seconde position (on ne peut plus tranchée et arbitraire, j'en conviens), comment traiter dignement l'adversaire à l'intérieur d'un récit, par exemple, de 16 pages, consacré à un BCC ou un GR étudié à la loupe ? Faut-il donner à l'armée allemande une, deux, quatre, huit pages ? Quelle que soit la place qui lui sera faite, elle viendra au détriment de celle consacrée à l'armée française. Or celle-ci est la motivation fondamentale des lecteurs de GBM (ET de ses auteurs ; ET de son rédacteur en chef).

Autant, sur un forum, il est loisible de réaliser autant d'extensions que souhaitées, sans préjudice pour quiconque ; autant, dans un livre, l'auteur a toute latitude pour donner à son sujet l'étendue qu'il souhaite ; autant dans un magazine, qui est un rendez-vous régulier sur la base d'un " accord mutuel chaque fois renouvelé ", cette latitude n'existe pas.

J'ai mesuré, dans un autre fil sur la question "GBM teinté IMAGES", combien déjà une partie des lecteurs est attachée à des sommaires " de stricte observance " mécanique. Je tente l'hippomobile (déjà présent du reste, de tous temps) et une dose un peu plus marquée d'humain. D'humain français, s'entend. Quelle levée de boucliers n'aurais-je pas face à moi si d'aventure, il me venait l'idée d'ouvrir les pages de GBM aux Panzer et aux Landser ?

Sur ce, la discussion est ouverte, si le cœur vous en dit. Sachant que, en tout état de cause, GBM demeurera "100 % armée française". Ne serait-ce que du fait de la responsabilité qui est la mienne de consacrer à notre armée la totalité de mes efforts.

Bien cordialement à tous

François


Dernière édition par françois vauvillier le Lun 20 Aoû 2012 - 21:39, édité 1 fois
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Chicacyr
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MessageSujet: Re: De la politique rédactionnelle de GBM   Lun 20 Aoû 2012 - 21:25

Bonsoir,


Entièrement d’accord avec M Vauvillier. Effectivement,
idéalement les combats devraient être étudiés en présentant les deux camps mais
d’une part cela dénaturerait la nature même de la revue et d’autre part d’autres
revues qui n’ont pas la même ligne éditoriale le font d’ores et déjà très bien ;
sans être effectivement spécialisées sur la période 39-40 il est vrai.


Amicalement,


Pierre.
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Laurent Deneu
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MessageSujet: Re: De la politique rédactionnelle de GBM   Mar 21 Aoû 2012 - 8:00


Bonjour,

Ce 100% Français est effectivement la raison d'être du magazine à mes yeux.

Même la survenue d'études sur nos alliés belges et britanniques n'y aurait pas sa place.

Cette place se trouvait dans feu Tank Zone.

Regrets éternels.
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Manu-Military
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Nombre de messages : 342
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MessageSujet: Re: De la politique rédactionnelle de GBM   Mar 21 Aoû 2012 - 9:20

Tout d’abord, je tiens à vous remercier François d’être toujours aussi ouvert à nous faire partager vos réflexions quant à la ligne éditoriale de GBM et d’être aussi à l’écoute de vos lecteurs que vous l’êtes depuis le début.
Ensuite et dans un premier temps sans y revenir, je maintiens mon scepticisme sur l’évolution que vous souhaitez faire prendre au magazine ; évolution qui (à mes yeux) n’a pas lieu d’être dans GBM mais pourrait – peux – être envisagée très facilement dans Militaria.
En second lieu, je vous confirme mon profond attachement à un GBM 100% armée française sans la moindre dérive ou élargissement possible.
Si cela devait s’avérer être le cas, alors le risque d’un « rabaissement » vers le type de magazine ultra généraliste comme on peut en trouver des dizaines en librairie est réel.
Ce ne serait pas à une levée de boucliers à laquelle vous seriez alors confronté mais tout simplement à un arrêt de mon achat systématique de ma part. Dès lors je ne considérerais plus GBM que comme n’importe lequel de tous ces autres magazines lambda. Ce que je détesterai.
Pour en terminer avec ma prose, je corrobore les propos de Laurent sur le fait que l’essence même de GBM est 100% française et quand bien même l’étude des autres belligérants serait intéressante, elle n’a pas sa place ici.
Bien cordialement et


Longue vie à GBM, « Le Magazine de la Motorisation à la Française » !
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: De la politique rédactionnelle de GBM   Mar 21 Aoû 2012 - 10:10

Bonjour à tous, bonjour François, Very Happy

J'interviens immédiatement car je pense que vous prenez "pour vous" (ou pour GBM) des propos qui ne vous sont pas destinés !

Ce que j'ai écrit se rapporte à l'Histoire bataille et en aucun cas à une revue qui a décidé - et c'est bien son droit le plus strict - de traiter uniquement des matériels 100 % français.

Pour ma part je suis un lecteur occasionnel de GBM et je ne demande absolument aucune variation de la ligne éditoriale ou de votre politique rédactionnelle (si j'avais eu un avis dans ce domaine, je l'aurais exprimé dans les fils réservés à cet effet). Quand j'achète GBM, c'est un acte délibéré parce qu'un ou plusieurs sujets m'intéressent mais je n'achète jamais GBM pour y trouver de l'Histoire bataille ou des articles sur les matériels des Panzer-Divisionen.

Ma critique s'adressait à ceux qui, dans le cadre de telle ou telle revue ou publication, prétendent informer le lecteur sur le déroulement d'un fait d'armes quelconque. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, j'affirme que le lecteur "n'en a pas pour son argent" lorsque l'affaire se résume à une compilation (parfois sans aucune analyse) des récits ou du JMO de l'unité française opposée à un "être sans nom, sans corps et sans manoeuvre" que l'on nomme "l'Allemand"... Point de savantes études de l'Ecole de guerre dans ces propos, mais du simple bon sens !

Je fais la différence entre l'étude imagée d'une grande unité (avec évocation éventuelle de ses engagements) et l'étude d'un ou de plusieurs des faits d'armes de cette grande unité. Que l'on montre la 114e Division de lance-pierres en 1940 par le menu avec tous ses matériels et toutes ses plaques minéralogiques, me va très bien et je dis bravo aux chercheurs dont je mesure la difficulté du travail. Par contre, si la même publication venait à prendre un titre du genre "La chevauchée héroïque du 114e dans la Bataille de Pampelune", en limitant sa partie texte à une compilation unilatérale des récits de son "épopée"... là, je serais beaucoup moins impressionné car la démarche historique ne serait pas admissible en tant que telle.

Pour conclure, je répète que mes propos ont été repris ici indûment pour les appliquer, telle une critique négative, à la politique rédactionnelle de GBM.

Cordialement à tous,

Thierry Moné
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françois vauvillier
GBM
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MessageSujet: Re: De la politique rédactionnelle de GBM   Mar 21 Aoû 2012 - 14:41

Bonjour à tous, à Pierre, Laurent, Emmanuel (Manu) et Thierry,

Les prises de parole (d'écrit serait plus juste) se multiplient, c'est parfait.
Au demeurant, aucune crainte n'est à avoir, GBM demeurera "100 % armée française" comme je l'ai indiqué plus haut.

À Thierry, un petit message : j'ai bien pris soin de préciser d'emblée, en tête de vos propos et en gras, que vous ne citiez pas un article de GBM.

Mais j'ai pensé qu'il était judicieux de développer la question que vous aviez fort pertinemment étayée, rebondissant vous-même sur les propos de Nicolas qui, pour sa part, évoquait bien, de manière directe, GBM. Nul reproche à ce sujet d'ailleurs ; paroles et pensées sont libres. C'est une joie réelle que de confronter des points de vue et un enseignement toujours fécond de voir comment les lecteurs en général — et les auteurs en particulier car ils sont bien placés pour mesurer toute la difficulté de nos métiers — jugent les magazines sollicitant leur intérêt.

Le point soulevé était spécialement intéressant pour moi car, à GBM, nous sommes régulièrement confrontés, avec ceux des auteurs conduits par la nature de leurs études à "évoquer" l'adversaire, à la question de savoir dans quelle mesure nous pouvions/devions le faire. S'agissant de GBM, j'ai apporté la réponse que vous avez pu lire, en "surfant" certes sur vos propres éléments de réflexion. Mais c'était là un hommage plus qu'un emprunt.

Bien cordialement à vous Thierry, et à tous ici.

François
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