Forum consacré à tous les aspects de l'armée française entre 1919 et 1940.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  Signaler un problème techniqueSignaler un problème technique  

Partagez | 
 

 défense de Calais: les blindés Anglais

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
visaval
Colonel
Colonel
avatar

Nombre de messages : 1855
Age : 55
Localisation : colmar ALSACE
Date d'inscription : 03/04/2009

MessageSujet: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 7 Aoû 2012 - 13:46

bonjour,
les 1st, 2nd bat (1st Armoured Division) et le 3rd battalion du Royal Armoured Corps sont présents à Calais dès le 22mai jusqu'au 26
"un ensemble hétéroclite d'unités est rassemblé à la hâte et deux bataillons britanniques soutenus par 40 blindés légers."

"le 24 mai, le général Nicholson reçoit le commandement de cet ensemble avec l'ordre de résister le plus longtemps possible. les britanniques opposent une résistance farouche puis sont submergés "(Historica HS).
des détails ?
Merci à tous
Vincent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
visaval
Colonel
Colonel
avatar

Nombre de messages : 1855
Age : 55
Localisation : colmar ALSACE
Date d'inscription : 03/04/2009

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 7 Aoû 2012 - 23:51

J'ai trouvé ça : Calais
"Les soldats anglais paieront un lourd tribut. Parmi eux le régiment des
fusiliers de la Reine Victoria plus connu sous le nom des "green jacket", les
tuniques vertes." (500 morts) mais ça ne concerne pas les blindés...
Bonsoir
Vincent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis Capdeboscq
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 1335
Localisation : Paris
Date d'inscription : 26/05/2007

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 14:19

Bonjour,

A part la poignée de chars ayant atteint Gravelines, tous les autres ont été perdus dans les combats pour Calais.

L'information existe, mais en anglais: voici par exemple un lien vers le chapitre idoine de l'histoire officielle britannique
http://www.ibiblio.org/hyperwar/UN/UK/UK-NWE-Flanders/UK-NWE-Flanders-10.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nicolas Aubin
Adjudant-chef
Adjudant-chef


Nombre de messages : 233
Localisation : Rouen
Date d'inscription : 27/06/2008

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 14:27

Votre ordre de bataille est erroné... dès que j'ai cinq minutes je vous en communique un plus précis.
Cordialement
Nicolas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 15:13

Voici ce que nous indiquons pour la défense de Calais dans les pages du site :


Defense de Calais

30th Motorized Brigade—Brigadier C. N. Nicholson
2nd Battalion The King's Royal Rifle Corps
1st Battalion The Rifle Brigade
3rd Battalion Royal Tank Regiment
1st Battalion Queen Victoria's Rifles, The King's Royal Rifle Corps (motor-cycle)

Royal Artillery
229th Anti-Tank Battery ( moins une section ); 58th Anti-Tank Regiment

A noter que le 3rd RTR est doté , en théorie , de 27 Cruisers , 21 Mk VI et 10 scout cars, mais A.Philson doit etre plus précis .

Alain
Revenir en haut Aller en bas
visaval
Colonel
Colonel
avatar

Nombre de messages : 1855
Age : 55
Localisation : colmar ALSACE
Date d'inscription : 03/04/2009

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 15:56

merci pour vos éléments divers
notons en tous cas que le Général Gudérian estime avoir perdu beaucoup de temps à la réduction des résistances à Calais et à Boulogne sur mer...
ce qui a donné du temps pour l'évacuation "DYNAMO"
Vincent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 19:59

A tout hasard , je précise que la 30th brigade devait former l'infanterie de la 1st Armoured et n'est pas dotée de chars de combats . Le 3rd RTR , qui débarque le 22/23 , est lui par contre doté de chars , et devait initialement protéger les routes d'approvisionnement du BEF si je lis bien Philson .

Mais je ne doute pas que Nicolas Aubin nous en dira plus .

Je précise la page ATF40 concernant le BEF : http://www.atf40.fr/ATF40/mai40/anglais.html

Alain

Revenir en haut Aller en bas
Louis Capdeboscq
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 1335
Localisation : Paris
Date d'inscription : 26/05/2007

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Lun 27 Aoû 2012 - 22:09

Je vais laisser le soin à d'autres modérateurs de déplacer ce fil dans la section idoine, en attendant voici quelques informations supplémentaires sur le 3e bataillon du Royal Tank Regiment. (Source: le peu de documents qui restent de son War Diary aux National Archives).

22 Mai: arrivés à Douvres à 7h. Départ pour Calais à midi, arrivée à 13h30. Débarquement, trouvé le commandant de la place au bout d'une heure et demie.
Les navires transportant les chars arrivent à 17h. Le déchargement est laborieux et se poursuivra toute la nuit parce que les grues du port sont arrêtées et il faut utiliser celles des navires. Le Général Brownrigg (*) ordonne au bataillon et à la 30e brigade de partir vers Boulogne pour aider cette garnison.
23h: arrivée du Major Bailey, officier de liaison au GHQ avec ordres oraux d'aller à Hazebroucke. Il y a des doutes sur l'identité du major, mais elle est confirmée par le commandant de la place de Calais.

23 mai: à 1h du matin est envoyée une patrouille de 3 chars légers à St Omer comme demandé par le Major Bailey, qui revient sans avoir trouvé St Omer vide mais soumise à des tirs d'artillerie.
A l'aube, patrouille envoyée sur la route de Boulogne. Masse de réfugiés, avec troupes françaises et britanniques. Boulogne est apparemment tombée.
Reçu message chiffré du général Brownrigg ordonnant de se diriger vers Boulogne, ce qui entre en conflit direct avec les ordres de Bailey [c'est Brownrigg qui ignore la situation sur le terrain - LC]. Bailey demande une escorte pour retourner au GHQ - une section de chars légers est envoyée, mais l'escorte et Bailey perdent le contact. Ordre à l'escorte par radio de poursuivre. Le major Bailey revient blessé et réitère ses ordres. Des officiers français demandent de l'aide sur la route de Boulogne, elle est refusée.
A 13h30 les chars sont toujours en train d'être déchargés, la situation est grave. Le major Bailey donne l'ordre direct du général Gort d'aller à St Omer et de là à Hazebroucke. Les escadrons de chars sont formés en répartissant les chars disponibles, la radio est mise en réseau.
Le bataillon fait mouvement vers St Omer via Guines. Près de Guines, une colonne ennemie est rencontrée. Combat sérieux - plusieurs chars sont perdus et le bataillon doit retraiter vers l'ouest derrière la voie de chemin de fer.

(la suite au prochain épisode)


(*) Adjutant General au Q.G. de la BEF et qui avait été chargé de recenser les bouches inutiles pour les évacuer depuis le 18. Il a le grade de général de corps d'armée donc c'est le plus gradé localement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nicolas Aubin
Adjudant-chef
Adjudant-chef


Nombre de messages : 233
Localisation : Rouen
Date d'inscription : 27/06/2008

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 28 Aoû 2012 - 9:09

Bonjour,

Quelques précisions sur l'odre de bataille d'Alain
La 30th Motorized Brigade (Brigadier C. N. Nicholson) est la brigade d'infanterie portée (une partie du Support Group) de la 1st Arm Div. rattachement très théorique puisqu'elle ne s'est jamais entrainée avec les chars ou d'autres unités de la division jusque là. Infanterie, Artillerie et Chars n'étant pas casernées ensemble. En fait, elle se prépare alors à partir pour la Norvège. Cette brigade comprend 2 bataillons d'infanterie motorisée : 2nd Battalion The King's Royal Rifle Corps et 1st Battalion The Rifle Brigade.
Au moment de l'attaque allemande, le bataillon de reconnaissance à moto de la London Division a été rattaché pour entraînement à la Brigade, c'est le 1st Battalion Queen Victoria's Rifles, The King's Royal Rifle Corps (motor-cycle). La London Division est une unité territoriale en cours de constitution mais le bataillon en question est lui une unité d'active. C'était pas son jour, il partira avec la brigade tandis que le reste de son unité mère restera en Angleterre. C'est d'ailleurs ce bataillon qui arrive le premier le 22 mai. Mais l'unité n'est déjà plus guère opérationnelle ayant été privée de 200 de ses véhicules par manque de place sur les transports. Il ne s'agit plus qu'environ 700 hommes armés légérement et aux moyens antichars quasi-nuls qui débarquent à Calais. Je n'ai pas de précisions pour les deux autres bataillons mais il est plus que probable qu'eux aussi aient été envoyés sans leurs véhicules.

A Calais on trouve déjà quelques unités dépendantes de la Boulogne Sub Area:
1st & 2nd Batteries, 1st Searlight Regiment
6th Battery, 2nd AA Regiment & 172nd LAA Battery


Deux troops du 229th Anti-Tank Battery du 58th Anti-Tank Regiment sont embarquées en soutien de la 30th Brigade mais par manque de place, elles laissent une autre troop et l'essentiel de ses moyens de transport. Le 3rd Battalion (Royal Tank Regimen) qui dépend de la 3rd Arm Brigade (1st Arm Div) est également rattachée au corps expéditionnaire de Calais alors même qu'il embarquait pour Cherbourg avec son unité mère. il compte au départ effectivement 27 Cruisers, 21 Mk VI et 10 scout cars.

Le 25 mai, au ceur de la bataille, arriveront en renforts et avec des munitions supplémentaires, 2 platoons de Royal Marines et une Vickers Section (mitrailleuses). leur mission, couvrir les sabotages des installations portuaires.


Voilà je cède maintenant la parole à Louis pour le suite de son récit que tout le monde attend.


Cordialement
Nicolas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis Capdeboscq
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 1335
Localisation : Paris
Date d'inscription : 26/05/2007

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 28 Aoû 2012 - 16:48

A la réflexion, le compte rendu fait par Alan Philson - qu'on trouve à la suite du passage dont se sert Nicolas pour le message ci-dessus si je ne m'abuse - est plutôt meilleur que celui que j'aurais fait sur la base des documents que j'avais.

On trouve aussi une version qui reprend les documents en question, plus d'autres interview, dans "Taming the Panzers", une histoire du 3 RTR par Patrick Delaforce.

Donc si je résume en tâchant d'être un peu plus clair:
Le bataillon débarque (je ne parle pas du reste de la brigade parce qu'on s'intéresse aux blindés, mais il n'était évidemment pas seul, comme l'indique Nicolas) à partir du 22 au soir. C'est laborieux. D'après le briefing de son commandant, il s'agit de faire un peu de ménage parce qu'une poignée d'auto-mitrailleuses et de blindés légers mettent la pagaille entre Boulogne et Calais. On ne se doute évidemment pas qu'il y a là les éléments de deux divisions blindées ennemies !

D'un côté, le général le plus gradé - Brownrigg - a décidé d'envoyer le bataillon vers le sud-ouest du côté de Boulogne, prêt à briser l'encerclement de cette ville. De l'autre le bataillon reçoit l'ordre de Gort - commandant la BEF - de se porter au sud-est vers Watten et St Omer pour aider le GHQ (QG de la BEF) menacé par les blindés de Hoth. Après avoir établi que le major Bailey n'était pas un espion allemand, ce sont ses ordres  - ils viennent de Gort - qui reçoivent la priorité sur ceux que Brownrigg réitère (il est maintenant rentré à Douvres) de se porter sur Boulogne. Direction St Omer, donc, après qu'une reconnaissance ait été envoyée dans les deux directions.
Bilan de la reconnaissance: une seul automitrailleuse Dingo sur cinq revient de la direction de Boulogne après avoir trouvé des Allemands qui prenaient leur petit-déjeuner sous les arbres et à côté de leurs PaK, et aucune des 4 envoyées vers St Omer ne revient.

La colonne se dirige donc vers St Omer, via Guines. J'ai peut-être été trop succint en disant que les troupes étaient réparties sur les chars. La réalité c'est qu'il a été impossible de reformer les équipages constitués. On a donc mis sur le premier char disponible le premier conducteur, le premier tireur, etc. Sachant que les chars n'avaient pas les mêmes équipages (3 hommes pour les chars légers Vickers MkVIB, 6 (mais souvent 5) sur les A9, 5 sur les A10 et 4 sur les A13) les équipes du temps de paix sont atomisées et les véhicules partent au combat avec des gens qui ne se connaissent pas.

Quand ils se heurtent aux blindés allemands, le repli ne tarde pas. Nous en étions là.

En pleine bataille, Keller - commandant le 3rd RTR - reçoit un message radio d'un certain Nicholson, inconnu au bataillon. Nicholson, qui se trouvait être le général chargé de coordonner la défense de la place de Calais et qui tentait donc d'entrer en contact avec les forces sous son commandement, 1/ se fait envoyer vertement sur les roses: "I'm trying to fight a battle, get off the air!" (d'après un témoignage du bouquin de Delaforce) ou bien 2/ se fait répondre que le bataillon est engagé au combat et que veut-il ? (d'après le compte-rendu officiel) Quelle que soit la vraie version, rendez-vous est pris dans la soirée à un lieu donné - des coordonnées sur la carte près de Calais. Il est 16h30, Nicholson arrive à Calais vers 20h, et vers 21h30 il donne l'ordre au bataillon de se replier.

Plus tard dans la nuit, une patrouille avec les survivants de la bataille de Guines - trois chars légers un un char A13 - traverse les lignes allemandes pour rejoindre Gravelines. Ces chars participeront aux combats au cours desquels l'avant-garde de Guderian sera arrêtée de justesse sur la route de Dunkerque le 24.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis Capdeboscq
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 1335
Localisation : Paris
Date d'inscription : 26/05/2007

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 28 Aoû 2012 - 16:55

Quelques vignettes.

Premier témoignage: celui du capitaine O'Sullivan, commandant en second l'escadron B (chars Cruisers). O'Sullivan était un officier d'active qui venait d'Inde et n'avait rejoint l'unité que depuis quelques jours. Je ne mets pas en doute son honnêteté, mais voici quelques informations sur le contexte: O'Sullivan a été capturé, s'est évadé, et a rédigé son témoignage en Suisse fin 1941 avant d'être rapatrié en Angleterre. Il était très inquiet, d'une part à force de se demander si sa décision de se rendre avait été la bonne ou s'il avait trahi la défense de son unité, d'autre part de se demander si sa captivité ne lui avait pas fait être passé devant par ses pairs en termes d'avancement (officier d'active, cette considération était importante pour lui). Donc il a sans doute rédigé ce témoignage avec - entre autres - le désir de se justifier. Ce qui, je le répète, n'enlève rien ni à sa valeur ni à la véracité des faits relatés (les gens montent plutôt par omission dans ces cas là, si et quand ils mentent ce qui, une fois de plus, n'est pas prouvé).

"L'escadron B ... finit par se diriger vers Guines afin de reconnaitre les passages sur la rivière [il doit s'agir du canal allant vers Calais. La zone entre Calais et Guines était alors marécageuse - LC] et d'obtenir des informations sur la force d'éventuels éléments blindés ennemis opérant dans la zone. J'étais dans un char A.9 CS qui accompagnait le commandant de l'escadron. [version "Close Support" du blindé, destinée à appuyer les autres chars de la compagnie, le Mk I CS était équipé d'un mortier de 94mm avec 40 coups, théoriquement des fumigènes avec quelques obus explosifs. Ci-dessous une photo d'un Cruiser MK I CS capturé à Calais justement - LC]

L'escadron est parti dans l'ordre suivant: 3 chars légers, 3 Cruiser, la section de commandement dans deux chars A9, le reste. Pas de motocyclistes en reconnaissance, et les radios ne fonctionnaient pas.

Au bout d'un moment, nous avons escaladé une colline du côté de Guines et aperçu ce qui semblait être une importante force blindée qui avançait sur la grand-route de Calais. Apparemment, comme nous l'avons appris depuis, il s'agissait de la 1. Panzerdivision avec des brigades avançant en tiroir, le groupe de couverture étant alors positionné sur le flanc de l'avance.
Dans mon champ de vision, à environ 900m, il y avait 7 ou 8 chars ennemis armés de l'équivalent de notre canon de 2 livres [vraisemblablement le 37mm des Pz III, quoique le 20mm des Pz II ait su faire beaucoup d'impression par moment - LC] et accompagnés de trois camions; le reste de la troupe était dissimulée à nos vues dans des bois.
Quand nous nous sommes aperçus, les deux forces ont eu l'air d'hésiter quelques secondes avant d'ouvrir le feu. Les chars allemands étaient arrêtés sur la route postés derrières des arbres. Nous étions déployés dans les champs, avançant vers eux.
Dès le début de l'engagement, l'ennemi parvint à concentrer un feu plus puissant sur nous, car il semblait n'y avoir que 3 ou 4 de nos Cruiser en première ligne à pouvoir répliquer avec quelque efficacité. Nous concentrâmes le tir de nos mitrailleuses sur les camions. nos chars légers étaient évidemment inefficaces, sauf pour distraire l'attention de l'ennemi, et nous avons été obligés de nous retirer derrière la crête de la colline après avoir détruit les camions, deux des chars lourds allemands ainsi que deux chars légers. A cause des camions détruits, la route a été bloquée aux véhicules à roues pendant les 35 minutes suivantes.

C'est au cours de ce repli que mon char a été touché deux fois par des obus de 2 livres [sans doute un 37mm - LC] qui ont détruit une partie de la suspension et coupé une chenille. Nous nous sommes tournés flanc à l'ennemi et avons réussi à nous trainer le long d'un ravin jusqu'à une position à défilement de caisse très bien camouflée. A l'examen, il apparut que le char n'était pas réparable et la chenille 60 mètres plus loin. J'ai ordonné à l'équipage de garder les camions sous le feu des mitrailleuses et suis allé trouver le colonel Keller pour demander ses instructions.
J'ai été informé qu'une attaque par le flanc droit était prévue, et qu'une section de chars légers allait me rejoindre afin de distraire l'attention de l'ennemi. Deux chars légers et un Cruiser [un A.13 -LC] sont arrivés par la suite, mais ils ont tous été détruits en quelques minutes par des forces très supérieures, non sans que le cruiser n'ait lui-même détruit un nouveau char moyen allemand.
Je n'avais malheureusement pas d'obus explosifs pour mon mortier, et aucune de mes deux mitrailleuses avant ne tenaient dans leurs logements. Il avait été très difficile de trouver suffisamment de mitrailleuses et celles-ci n'avaient été acquises qu'à la dernière minute. On pouvait tout de même tirer avec. Pendant les 10 minutes qui ont suivi mon entretien avec le colonel nous avons tiré sur l'ennemi jusqu'à ce que la mitrailleuse avant sur le côté [voir sur la photo - LC] soit mise hors de combat par deux obus ennemis, blessant son tireur. J'étais alors en haut du char à mettre en poste la troisième mitrailleuse qui ne pouvait pas tirer sinon. J'ai tiré avec cette mitrailleuse pendant encore 5 minutes jusqu'à ce que des troupes allemandes qui s'étaient infiltrées sur nos flancs par les bois n'ouvrent le feu avec des antichars à 540 m de portée. J'ai donc démonté la mitrailleuse et trouvé un trou dans une clôture à une douzaine de mètres d'où tirer sur cette nouvelle menace. Pendant que je faisais cela avec l'aide d'une partie de l'équipage, le reste tirait avec la mitrailleuse coaxiale.
[...]
L'ennemi s'est mis à se replier comme nous entamions nos dernières cartouches. [Après avoir marché avec les 4 hommes restant de son équipage, dont deux blessés, et s'être caché pour la nuit dans une ferme au milieu des positions allemandes] nous avons finalement été arrêtés en tant que parachutistes ennemis par de l'infanterie française, et conduits au Major Hardcastle qui commandait une troupe de bric et de broc [Hardcastle était un officier de l'unité de projecteurs qui a combattu côte à côte avec le 3rd RTR ce jour-là].

Ils ont été capturés peu après.

D'après O'Sullivan, il était le premier officier du Tank Corps que les Allemands capturaient, et ces derniers voulaient savoir deux choses: les détails sur un char particulièrement puissant dont ils avaient entendu parler comme d'une arme secrète britannique, et si toute l'Armoured Division avait débarqué à Calais. O'Sullivan leur a répondu que toute la division était bien à Calais et qu'ils avaient effectivement perçu le char super-lourd, mais que lui-même revenait d'Inde donc n'en connaissait pas les caractéristiques.
Toujours d'après O'Sullivan à son interrogateur britannique en 1942, ces informations ont fait croire aux Allemands que Calais était une position trop dangereuse à contourner, et il se pourrait (ce n'est pas la conclusion d'O'Sullivan qui ignorait cette information, mais celle que reprend sans complexes Delaforce) que ce témoignage n'ait pas été étranger à la décision de Guderian d'envoyer la 10e panzer sur Calais au lieu de Dunkerque.

Un autre témoignage de la même attaque, cité dans le bouquin de Delaforce celui-là: celui du lieutenant Carpendale avec un peloton de l'escadron B.
"Nous sommes tombés sur une colonne qui était à l'arrêt au repos, et ils ont été aussi surpris de nous voir que nous. Nous n'étions séparés que d'une vingtaine de mètres quand je me suis rendu compte que c'étaient des Allemands. Un officier m'a tiré dessus avec son pistolet comme je sortais la tête de la tourelle."
Le commandant de l'escadron, le major Reeves (donc le supérieur direct d'O'Sullivan, et qui ira à Gravelines le lendemain) raconte: "Juste après ce message, le commandant du peloton, le lieutenant Williams, a annoncé une importante colonne de chars allemands allant d'ouest en est dans la vallée suivante à une distance d'environ 2km. Le commandant du bataillon a alors décidé de prendre position sur une colline au sud de Guines et d'attaquer le flanc gauche de la colonne. Nous n'avions pas d'artillerie, pas de canons antichars, pas d'infanterie, et nos propres canons étaient nettement surclassés par ceux de l'ennemi."
Pour le sergent Cornwell, dans le char léger de tête: "La réaction des Allemands face à notre attaque a été très impressionnante à voir. Ils sont sorti de leurs véhicules très rapidement, ils ont mis leurs antichars en batterie et très vite des obus se sont mis à siffler à nos oreilles."

Le 3rd RTR a perdu 12 chars en tout au cours de cette action [7 pour Alan Philson, mais le chiffre de 12 ne me semble as exagéré. A voir... - LC].
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
visaval
Colonel
Colonel
avatar

Nombre de messages : 1855
Age : 55
Localisation : colmar ALSACE
Date d'inscription : 03/04/2009

MessageSujet: Re: défense de Calais: les blindés Anglais   Mar 28 Aoû 2012 - 19:52

merci pour ce récit
les 2cm du PZII ne percent les Cruiser qu'à moins de 150m à peu près
et les 3,7cm percent à 400m donc les 12 chars anglais perdus sont possibles à condition qu'il y ait plusieurs PZ III dans ce combat
bien sur ces récits sont souvent édulcorés de part et d'autre...là, le Capitaine du second escadron devrait ,il me semble, minimiser les pertes Britanniques mais le 3ème escadron est peu être son rival aussi...
Vincent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
défense de Calais: les blindés Anglais
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Est-ce à Calais ?
» QUestion ANGLAIS
» Ovni militaire, base, secret défense, sécurité nationale
» Pour progresser en ANGLAIS
» Vocabulaire anglais

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ATF40 :: Les armées alliées et ennemies en 1940 :: Forces Alliées en 1940 :: Grande-Bretagne-
Sauter vers: