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  66e RI

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avz94
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MessageSujet: 66e RI   Ven 10 Fév 2012 - 23:30

66emeri a écrit:
Bonjour à Tous,

Je suis nouveau sur le site, mais je vous lis depuis longtemps et regarde régulièrement si il y a de nouveau poste concernant le 66e RI en 40.

Je suis collectionneur de militaria, pour tous ce qui touche à ce régiment de 1870 à 1940. Pourquoi? Parce que d'une part c’était le régiment de mon arrière grand père en 1914 et que les premières pièces de ma collection me viennent de lui (pour 1914-18). Et d'autre part il est resté dans les mémoires comme le régiment d'infanterie emblématique de la ville de Tours et de sa région: la Touraine, ou je suis né.

J'ai rédigé la quasi intégralité de l'article de Wikipédia sur le régiment. Pour la partie 1939-40, ce n'est encore qu'un brouillon, mais je vais m'y atteler d'ici peu, d'ou mon inscription sur votre forum. Je cite toutes mes sources en fin d'article, si vous avez d'autre sources, je suis preneur. La bible sur le sujet restant la fameux ouvrage de "Les 66e et 90e R.I. au combat en 1939-1940 : Carnet de route d'un officer, J. Dalat. Poitiers, imp P.Oudin, 1961".

Voila, je crois que les présentations sont faites, je suis heureux de rejoindre votre communauté et d'adhérer à votre sérieux.

Bonne journée à tous!

Louis

Bonsoir

voici quelques éléments sur le 66ème RI :

La manoeuvre Dyle pour le 18ème Division du 11ème Corps d'Armée :

Pour la 18ème Division, le dispositif à réaliser sur la Meuse comporte le déploiement de sept bataillons, repartis en trois sous-secteurs de régiments: du nord au sud, le 66ème RI (avec 2 bataillons), le 77ème RI (avec trois bataillons), le 125ème RI (avec deux bataillons). En réserve, demeurent deux bataillons placés au nord at au sud du centre du dispositif.
Il est prévu, pour avoir au plus tôt une couverture sur la Meuse, que deux bataillons (l'un du 66, l'autre du 77) seront, dès le premier jour, mis en place par transport automobile. Le reste de la division doit faire, à pied, trois étapes normales; il est réparti en deux échelons, avant-garde et gros, sur trois itinéraires.
Le 10 mai, la 18ème Division se trouve dans la région d'Aubenton. L'alerte est donnée à 7 heures du matin; suivant l'horaire établi dans le plan, les avant-gardes partent à 15h30, les bataillons de couverture, transportés en auto, à 16h30. En fin de journée le I/66 est déployé sur la partie nord du secteur de la région de Houx jusqu'à Bouvignes; le bataillon du 77ème tient la partie sud jusqu'à Hastière.

Le 2ème bataillon du 39ème RI (5° DI) est mis à la disposition de la 18ème Division au cours de la journée du 11; il est donné au Lieutenant-Colonel commandant le 66ème RI, pour tenir le nord du secteur, en liaison avec la 5° DI, ce qui permettra de renforcer la défense dans la région de Dinant, en resserrant vers Bouvignes le I/66.

Le 11 mai, vers 8h00, le Général DUFFET passe, sur le front de Meuse, une inspection, dont il est peu satisfait. Des embarcations et des traverses, ainsi que de grandes pinasses, se trouvent sur la rive opposée; on les en fait retirer. A Hastière, le bataillon de la 22ème Division, qui doit assurer la garde du village jusqu'à l'arrivée de la 18ème DI, et qui vient de Givet, n'est pas encore en place.
Au début de l'après-midi, le Général CORAP et le Général MARTIN commandant le 11ème Corps d'Armée viennent au poste de commandement de la division. Derrière les deux bataillons en place, s'acheminent trois bataillons d'avant-garde et quatrebataillons du gros. ils ont quatre-vingt-cinq kilomètres à faire. Décision est prise de hâter le mouvement, en transportant par autos deux bataillons de l'avant-garde. Les avions ennemis, survolent la zone, avec audace, et en grand nombre. Le 2ème bataillon du 66ème RI et du 77ème RI établissent leur PC à la ferme de grange (3km au sud d'Anhée) et à la ferme Chestruvin (3km ouest de Bouvignes).

Le 12 mai, dans la matinée, le Général DUFFET, prend liaison avec le Général d'Arras, commandant la 1ère DLC à Celles. Il y apprend que la cavalerie se replie déjà et trouve, au retour, à son PC de Falaen, le Général MARTIN.
Dans l'après-midi, le 2ème bataillon du 39ème RI, mis à la disposition du 66ème RI, rend compte qu'il est en place dans le secteur qui lui a été assigné, qu'il a relevé le I/66, sauf quelques éléments, vers l'Ile Houx, qui ne seront relevé eux-même que dans la nuit du 12 au 13. Les bataillons d'avant-garde qui ont été poussés en auto arrivent. Celui du 66ème RI (II/66) est placé en réserve de la 18ème DI au château de Montaigle. Il détache une compagnie à la disposition du II/39 pour renforcement vers l'Ile de Houx. Puis, la 1ère DLC se replis; le pont de Dinant saute à 16h29; celui de Bouvignes, à 16h40; celui d'Anseremme, à 16h30; le pont d'Hastière saute le dernier à 21h00.
Le Général d'ARRAS demande que ses troupes, fatiguées par leur action des 11 et 12, puissent se regrouper. Néanmoins, il est prudent, puisque l'ennemi approche, de combler les vides, là où les derniers éléments attendus ne sont pas encore en place (tel est le cas du sous-secteur du 77ème RI, où le 3ème bataillon n'est pas encore arrivé, et du sous-secteur du 125ème RI, où ne fait qu'apparaitre le bataillon d'avant-garde). Il est donc convenu que le 19ème Dragons tiendra la région d'Hastière avec une compagnie du I/125 et que le 5ème Dragons Portés renforcera la défense de la partie sud du sous-secteur du 77ème RI. Le reste de la division de cavalerie est replié dans la région de Weillen.
En résumé, le soir du 12 mai, les troupe de la 18ème DI sont réparties ainsi :
Au nord, dans la région de Grange, le bataillon II/39 en liaison avec la 5ème DIM. Dans la région Bouvignes - Sommière - Hontoir - Montaigle, deux bataillon du 66ème RI, dont deux compagnies en réserve de division, sont vers Montaigle. Dans la région de Dinant, deux bataillons du 77ème RI que sont venus prolonger vers Anseremme des éléments du 5ème Dragons Portés. Un bataillon du 125ème se met en place dans la région de Freyr (sur la Meuse, 3 km en amont d'Anseremme), ayant détaché au sud, vers Hastière, une compagnie que sont venus renforcer des éléments du 19ème Dragons. En réserve de division, les deux compagnies de Montaigle, et à Weillen, le 1er Chasseurs et les auto-mitrailleuses.
Comme artillerie, le 308ème RA (régiment de 75 porté de renforcement) est en position; la mise en place de deux groupes de la 1ère DLC est en cours. De l'artillerie de la 18ème DI, seules, les batteries de 75 de l'avant-garde arrivent à pied d'oeuvre.
De ce dispositif, à quelques heures de l'attaque, on peut dire que son installation, hâtivement faite, n'a pas permis de coordonner parfaitement le détail des plans de feu, ni de vérifier si chacun a complète connaissance de sa mission et de son terrain d'action.

à suivre : La bataille sur la Meuse

Cordialement
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avz94
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MessageSujet: Re: 66e RI   Sam 11 Fév 2012 - 0:56

La bataille sur la Meuse :

Elle s'ouvre par un prologue brutal : dans la deuxième partie de la nuit du 12 au 13 mai, l'ennemi franchit la Meuse à l'Ile de Houx, utilisant le terrain de l'île, s'aidant de l'écluse n° 5, des éléments gagnent la rive gauche et presque sans coup férir s'infiltrent dans les bois au nord de Grange.

A la 18ème DI, l'évènement a été appris notamment par un compte rendu du Lieutenant-Colonel commandant le 66ème RI. On y sait que l'ennemi occupe les lisières, ouest du bois de Surinvaux (est de Haut-le-Wastia). La gauche du 66ème RI s'est repliée. Le II/66 tient les lisières est du bois de Foy en liaison avec le GRDI 30. L'action de l'aviation ennemie, qui bombarde et mitraille, est intense. Pas un avion allié dans le ciel.
pour les éléments sud de la division, les liaisons entre le PC de la division et les régiments sont pénible; les fils sont coupés. Elles ont cessé avec le 77ème RI, n'ont pu être établies avec le 125ème RI. La radio ne fonctionne pas. On n'a plus de motocyclettes.
En fin de matinée, le 66ème RI tient les lisières est du bois de Foy, la ferme Hontoir. Sommière est tenu, par intermittence, par les auto-mitrailleuses de combat du 1er RAM. La ligne du 77ème RI, en angle droit avec celle du 66ème RI, passe au nord de la ferme de Chestruvin pour suivre les hauteurs dominant la Meuse. Le PC du régiment ne cesse d'être pris à parti par l'aviation ennemie. Le 125ème RI est toujours dans les bois de Freyr. Hastière est tenu par quelques éléments de ce régiment, et des éléments du 19ème Dragons. La liaison est mal établie avec la 22ème DI.
Le 1er Régiment de Chasseurs a pris position dans le bois Fayat et à Weillen. Les 19ème et 219ème RA commencent à arriver sur les positions.
Le général commandant la 18ème DI tente de pousser en avant les bataillons du gros qui ont fait, dans la nuit du 12 au 13, une étape de trente kilomètre. Le bataillon III/66 est dirigé sur Marteau; le I/77, sur le bois de Loumont. Le II/125 est poussé sur Serville-Anthée; le III/125, sur Maurenne-Hastière. Le GRDI 94 reçoit comme axe de marche la direction de Gerin avec mission de barrer la route de Philippeville.
A ces mesures prises par la 18ème DI, agissant sur ses propres réserves, s'ajoutent celles qu'ell prend pour exécuter les ordres qui lui parviennent des échelons supérieurs et utiliser les moyen supplémentaires qui lui sont donnés.
C'est ainsi que le Général commandant la 18ème DI reçoit l'ordre de contre-attaquer; le 39ème RI (à deux bataillons) est mis à sa disposition. Le premier de ces bataillons se porte sur Sosoye.
Au début de l'après-midi, le Général commandant le 11ème CA se trouve au PC de la 18ème DI, où il a convoqué le Colonel commandant le 39ème RI. Ce dernier, en auto, a rencontré un groupe d'éclaireurs allemands, auquel il a échappé de justesse, au pont de la voie ferrée de Sosoye. Décision est prise de monter une contre-attaque pour prendre le bois de Surinvaux, et refouler à la Meuse les éléments ennemis qui se trouvent sur la rive ouest. La réussite de l'action assurerait, en outre, la position des deux bataillons du 66ème RI, qui commencent à donner des signes de lassitude. Appuyée par l'artilleire et par une compagnie de chars, l'attaque doit se déclencher à 19h30.
du reste de la division, on sait peu de chose : le 77ème RI paraît avoir reflué. Sur le 125ème RI, on ne sait rien.
A 18h30, le Colonel du 39ème RI communique par téléphone qu'il ne sera pas prêt à l'heure fixée. L'heure H est fixée à 20h00.
A 19h45, il rend compte à nouveau que l'attaque ne pourra avoir lieu à 20h00. il s'ensuit que, seule, à 20h00 la compagnie de chars se porte dans le bois de Grange; les chars balaient ce qu'ils trouvent devant eux, et ramènent huit prisonniers dans la nuit qui tombe.

Dans la nuit du 13 au 14, le bataillon du 39ème RI dont on n'avait pu faire aboutir l'intervention dans la soirée du 13, marche sur le bois de Surinvaux et l'occupe. Il s'y trouve en situation difficile. Aux premières heures du jour, une contre-attaque allemande, appuyée par des chars et poussant devant elle deux centaines de prisonniers bras levés, capture ce bataillon.
De mauvaises nouvelles parviennent coup sur coup à la division : Onhaye est tombé aux mains de l'ennemi; la situation est confuse vers Weillen, dans les bois de Maurenne. Partout on signale des engins blindés en grand nombre. Le 77ème et le 125ème RI écartelés se replient par morceaux, fantassins mêlés aux cavaliers et aux artilleurs. toute la ligne reflue et tente, sans grans succès, de saccrocher à l'échelon de résistance Sosye-Anthée. L'aviation allemande s'acharne sur le secteur, accablant colonnes, convois, emplacements d'artillerie. Les liaisons sont rompues, les ordres ne peuvent être transmis, le commandement devient impossible. de toute parts, la situation s'aggrave. Le PC de la division se transporte à Flavion.
Sans cesse, la poussée allemande s'accentue, sous la forme d'attaques répétées d'engins blindés; nos propres chars contre-attaquent vainement. Après la chute d'Onhaye, on apprend celle de Weillen et d'Hastière. d'autre part, l'ennemi gagne dans les bois de Rosée. An nord, le 66ème RI tient encore, ses éléments ne se replient que vers 15h00. Au centre, aucun renseignement sur les débris du 77ème RI. Le Colonel commandant le régiment ne peut préciser la situation de ses éléments. Au sud, Gérin a été enlevé. L'ennemi a pris Anthée. plus en arrière, le Colonel commandant le 125ème RI essaie vers Morville de rassembler les restes de son régiment.
Le Général CORAP est entré en communication dans la matinée avec le commandant de la 18ème DI. Dans l'après-midi, le Général MARTIN est au PC de la division.
Vers 19h00, l'ennemi est signalé à huit cents mètre de Flavion. Le PC de la division se porte à Florennes.
A Florennes, dans la soirée, l'ordre parvient du 11ème CA de tenir la ligne Chaumont-Mettet.

A suivre : le repli sur la position frontière.

Cordialement
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MessageSujet: Re: 66e RI   Dim 12 Fév 2012 - 17:39

le repli sur la position frontière.

Le 15, le nouveau poste de commandement de la division, atteint avant le lever du jour, est à la Hotte, immédiatement au sud de fraire. Le front de la division s'étend de Chaumont à Mettet, la voie ferrée marque la ligne principale de défense. Du nord au sud, l'échelonnement comporte le 39ème RI (de la 5ème DI), le génie, les 125ème, 77ème, 66ème RI; le groupe de reconnaissance Divisionnaire est découplé vers Mettet. L'ensemble des forces encore disponible doit donner environ quatre bataillons. Dans la matinée, liaison est prise avec le PC du Corps d'Armée, l'ordre y est confirmé de tenir ferme sur place. La ligne de combat est placée sous les ordres du Colonel commandant l'infanterie divisionnaire dont le PC est fixé au passage à niveau, sur la route de Florennes à Oret.
Le champ de bataille a gardé sa physionomie trouble de la veille. Voici les impressions d'un officier d'état-major : "Sur la route, nous passons à travers les tourbillons de fumée d'un convoi d'essence qui vient d'être bombardé par avions et flambe sur la voie à proximité de la route. Ailleurs, un groupe d'artillerie a été attaqué en colonne de marche sur la route. Sur la chaussée de part et d'autre de celle-ci, une série d'énormes entonnoirs et très nombreux cadavres de chevaux indiquent que l'attaque a dû être foudroyante.
Sur la route de Fraire, arrive sur nous en plein galop un groupe d'artilleriez débandés. Arrêtés, ils déclarent que l'ennemi est derrière eux, puis s'en vont en ordre et à meilleure allure."
A l'annonce de la progression ennemie toute proche de Fraire, le PC de la division se porte à Walcourt où se trouve le Colonel commandant le 125ème RI, puis peu après à Vergnies; les nouvelles parviennent que l'ennemi a atteint Cerfontaine, Froidchapelle.
Peu après, un officier d'état-major apporte au Général les directives suivantes du Général GIRAUD qui vient de prendre le commandement de l'Armée : Tenir à tous prix, avec ce qu'on pourra rassembler, au moins jusqu'à demain matin, Beaumont et Chimay; sinon, c'est la droite de la 1ère Armée et avec elle l'armée anglaise et l'armée belge qui sont tournées. C'est le désastre, car les fortifications n'ont pas été occupées et il faut donner aux renforts le temps d'arriver. En cas de replit trop rapide de Beaumont, il faudrait essayer de tenir Solre-le-Château.
Il est alors décidé que le Général DUFFET s'efforcera de faire barrage à Beaumont; le Général d'ARRAS, à Chimay.
Un barrage est aussitôt constitué, vers 18h00 à Beaumont avec des éléments qui peuvent être récupérés. Se trouvent là quelques chars, des fractions du 39ème RI, du 23ème Régiment de Tirailleurs. Un peu plus tard sera récupéré, à Solre-Saint-Géry, le III/66.
Quand la nuit tombe, on est à peu près sans nouvelles du reste de la division. On finira toutefois par apprendre que Rance est tenu par la valeur d'une compagnie; Walcourt, par un groupe de reconnaissance divisionnaire et quelques éléments du 125ème RI.

A la 9ème Armée le Général CORAP a apris, aux premières heures du 15, qu'il était remplacé dans son commandement par le Général GIRAUD.
Entre temps, les ordres ont été donnés par le Général CORAP pour organiser le repli des 2ème et 11ème Corps d'Armée sur la ligne Charleroi-Walcourt-Mariembourg, ainsi que celui du 41ème CA. Des dispositions sont prises en accord avec le Général TOUCHON pour colmater sur la 2ème position : Omont-Poix-Terron-Liart.
A froidchapelle, aux premieres heures du 15, le Général Martin a reçu par téléphone les instructions du Général CORAP. Il a donné l'ordre de tenir partout, à toutprix, refusant même parfois d'indiquer des directions de retraite pour arrêter le mouvement de reflux des troupes. Dans l'après-midi, il parcourt le champ de bataille, cherche en vain à plusieurs reprises à atteindre par fil le Général CORAP. De Wignehies, il parvient enfin et reçoit l'ordre de tout faire pour arrêter l'ennemi sur la position en territoire national.
"Hélas ! remarque le Général MARTIN, sur cette position, c'est le vide complet. Aucune occupation aucune troupe de recueil; la première préoccupation fut de faire ouvrir les portes des blocs par les représentants du génie.
Je trouve heureusement autour de moi des ardeurs et des dévouements... Des officiers de mon état-major font occuper les blocs de la forêt de Trélom.
Le Général d'ARRAS et le Général d'HUMIERES assurent la même tâche en avant d'Ohain. Le Général d'HUMIERES fut tué vers Moranrieux, où je l'avais personnellement établi pour remplir sa mission. Le Général HASSLER fut conduit, par moi-même, dans la forêt de Saint-Michel où il devait récupérer des éléments de sa division. J'avais fixé mon PC à Ohain; il est, par ordre de l'armée, porté sur Etréaupont. D'Etréaupont, je reprends contact avec le Général GIRAUD et regagne dans la nuit mon PC de Wignehies."
Le 16, les unités des 2ème, 11ème et 41 Corps sont désormais hors d'état de fournir une résistance efficace; leurs restes dispersés et trop affaiblis viennent se fondre dans la ligne qui se reconstitue, ou s'effacer derrière elle; on les regroupera bientôt dans des unités de nouvelle formation. Quelques éléments épargnés par les combat s'accolent à des unités de la 1ère Armée, et se retrouveront sur les chemins de Dunkerque.

Cordialement
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: 66e RI   Ven 4 Oct 2013 - 19:39

Bonjour,

Quelques précisions quant au franchissement de la Meuse entre Anhée et Dinant en mai 1940 :

  • Les 1ers Allemands à l'Ouest de la Meuse seraient des fantassins (une patrouille de la 7 Panzer-Division) à proximité de Bouvignes en utilisant la passerelle du barrage de Leffe, en fin d'après-midi du 12 mai. L'information provient d'une étude très fouillée de 1957 réalisée par des officiers belges en formation à l'Ecole de Guerre. Elle repose sur des témoignages d'habitants. Elle n'est cependant recoupée par aucune autre source (à ma connaissance du moins). Ces Allemands se sont probablement retirés rapidement (reconnaissance).




  • Le 1er véritable franchissement de la Meuse dans le secteur (et pour tout l'effort principal allemand dans les Ardennes!) doit être attribué au bataillon de reconnaisance de la 5 Panzer-Division qui franchit sur l'écluse de Houx dès la soirée du 12 mai et établit une petite tête-de-pont en profitant des talus du chemin de fer.




  • Au matin du 13 mai, la 7 Panzer-Division sur le site Leffe/Bouvignes et juste au Sud de l'écluse de Houx ainsi que la 5 Panzer-Division sur le site de l'écluse de Houx et face à Anhée ou la Molignée (ce 2nd site est immédiatement abandonné suite à la défense du 129 RI et à l'opportunité de la passerelle de hOUX) lancent un assaut "organisé" pour franchir la Meuse. Ce recours à la relative facilité d'utiliser uniquement l'écluse de Houx pourrait être une des causes du retard de la 5 Panzer-Division. En effet, en ne conquérant pas rapidement les débouchés de la vallée de la Molignée, elle permet la défense de la Halte de Moulins et se prive du meilleur axe pour sortir de la vallée de la Meuse. Il faut aussi ajouter à cela, la mission de flanc-garde Nord donnée à la 5 Panzer-Division et la remarquable résistance du 129 RI (renforcé par le 1 GRDI et le 14 RDP) sur l'éperon de la ferme d'Heneumont et à Moulins (résistance matérialisée depuis mai dernier par un monument représentant un soldat français).


  • Enfin, il est absolument nécessaire de souligner l'erreur de la 9ème Armée en plaçant la limite des XI CA ety II CA sur la Meuse aux 3/4 de la "cuvette d'Anhée". Soit à hauteur de l'écluse de Houx, partageant ainsi la responsabilité d'un compartiment de terrain entre 2 CA. Amateurisme inexplicable : d'une part, il y avait intérêt à élargir le front de la 5 DIM vers le Sud, vu qu'elle arriverait plus vite sur ses positions et bénéficierait dans le Nord de la couverture des forts de Namur, d'autre part ainsi faisant, on réduisait le front de la 18 DI! Division bien plus faible que la 5 DIM. De surcroît, cette limite ne répond à aucune règle militaire pour découper les secteurs entre unités! Ceci condamnait la 9ème Armée à conduire elle-même la bataille ce qu'elle n'a jamais pu faire à cause d'un rythme de commandement calqué sur 14-18, à cause de transmissions défectueuses, à cause de la surprise et de l'intensité de l'attaque sur la Meuse. Placer cette limite quelques centaines de mètres plus au Sud (vers le Mont-Noir) n'aurait probablement pas donner la victoire mais aurait certainement rendu le commandement plus facile et la résistance face au XV Armeekorps plus coriace.


  • Dans le même ordre d'idées, à aucun moment la 9ème Armée n'a déplacé par la suite les limites pour rendre le combat plus simple à commander! Il suffit de penser à la contre-attaque du 13 mai qui mêle des unités de niveau CA (artillerie), d'Armée (éléments des 1 et 4 DLC et 6 BCC), de la 5 DIM et de la 18 DI avec l'échec final connu alors que les moyens présents auraient pu quasi résorber la tête-de-pont Nord). Tout le contraire du XV Armeekorps qui mène réellement un combat de CA : il modifie les relations de commandement (VA WERNER sous les ordres de Rommel pour le franchissement), donne des priorités et marquent un effort principal avec son artillerie, ses moyens de franchissement (plus de Flossack pour Houx que pour Bouvignes) ou ses moyens de pontages (orientation de l'effort vers la 7 Panzer-Division bien avant la réussite du franchissement et priorité dans l'emploi des pontons et ponts).


  • Le même raisonnement est valable à Flavion où la 1 DCR (abandonnée par la 9ème Armée...) ne conduit pas un combat de division (le général Bruneau ne commande pas!) mais un combat de demi-brigade ou même de bataillon avec des actions de niveau compagnie face à Hoth qui utilise au mieux ses deux divisions pour détruire la 1 DCR et remplir sa mission du jour!


J'ajouterai que dans tous ces événements, le 66 RI et le 129 RI ainsi que le 1 GRDI ou le 14 RDP et l'arttillerie française (plus quelques autres) ont eu un comportement exceptionnel! Dommage que leurs sacrifices aient été pratiquement inutiles.

OV
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MessageSujet: Re: 66e RI   Ven 4 Oct 2013 - 20:10

Bonjour, 

Merc pour votre intéressant post SiVielSto
SiVielSto a écrit:
Bonjour,

Quelques précisions quant au franchissement de la Meuse entre Anhée et Dinant en mai 1940 :

  • Les 1ers Allemands à l'Ouest de la Meuse seraient des fantassins (une patrouille de la 7 Panzer-Division) à proximité de Bouvignes en utilisant la passerelle du barrage de Leffe, en fin d'après-midi du 12 mai. L'information provient d'une étude très fouillée de 1957 réalisée par des officiers belges en formation à l'Ecole de Guerre. Elle repose sur des témoignages d'habitants. Elle n'est cependant recoupée par aucune autre source (à ma connaissance du moins). Ces Allemands se sont probablement retirés rapidement (reconnaissance).

Je me doute que les informations sont parcellaires mais la passerelle de Bouvignes était défendue par un petit fortin des chasseurs ardennais, n'a t-il pas réagi ? Une idée de l'heure à laquelle la passerelle a sauté ?
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MessageSujet: Re: 66e RI   Sam 5 Oct 2013 - 9:37

Je ne pense pas qu'il s'agit de la passerelle de Bouvignes mais de la passerelle de l'écluse de Leffe, visible sur certaines photos anciennes et bien moins imposante que l'écluse actuelle.

Néanmoins cela reste un témoignage isolé dont la véracité ne peut être prouvée sans autres éléments.

OV
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MessageSujet: Re: 66e RI   Sam 5 Oct 2013 - 12:29

Oh pardon j'ai mal lu votre post ! Je ne savais pas qu'il y avait une écluse à Leffe, Jean-Yves Mary n'en parle pas par exemple.
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: 66e RI   Mer 16 Oct 2013 - 19:52

Voici une photo de la passerelle du barrage de Leffe en mai 40 avec la traversée de prisonniers français.



Bonne soirée,

OV
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MessageSujet: Re: 66e RI   Lun 18 Nov 2013 - 9:28

J'ai trouvé Very Happy ce week-end une source décrivant avec détails (neufs pour moi) la montée au front, le dispositif en bord de Meuse et les combats du 66 RI (en particulier dans Bouvignes) du 10 au 13 mai 40.
Egalement le témoignage d'un officier allemand dans Bouvignes et une liste des dégâts à cette petite ville (+/- 80 maisons incendiées ou gravement endommagées!).

Je lis cela et remets le tout en perspective, avec une synthèse pour ATF40.
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dhouliez
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MessageSujet: Re: 66e RI   Lun 18 Nov 2013 - 9:41

Merci d'avance,

DH
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: 66e RI   Dim 8 Déc 2013 - 14:09

Je ne peux déjà donner un récit plus détaillé des opérations du 66 RI (exploitation et recoupement des sources inachevés) mais voici déjà l'idée de manoeuvre générale de la défense en bord de Meuse du 1er Bataillon du 66 RI, dans l'attente de l'arrivée des autres bataillons.

Le Chef de Bataillon Thery a choisi le dispositif défensif initial suivant pour défendre seul tout le secteur du 66 RI (Bouvignes comprise au Sud - hauteur de la pointe Nord de l'île de Houx) :
 -priorité : défense des points de passage : écluse de Houx, écluse de Bouvignes, passerelle de Bouvignes (rendue inutilisable le 12 mai après-midi par destruction d'une arche).
- la 2ème  Cie avec 3 sections est en bord de Meuse à Bouvignes.
- la 3ème Cie assure le défense du reste du secteur sur la rive (notamment face à l'écluse de Houx).
-la 1ère constitue une réserve et un second barrage (probablement très léger) sur les débouchés vers le plateau (e.a. à Bouvignes).

Vu la faiblesse du front, il est décidé de placer un bataillon de la 5 DIM (2ème Bataillon du 39 RI) à disposition du 66 RI. Ce bataillon ayant fait mouvement vers la Meuse en autobus, le commandement français opte pour une relève de la 3ème Cie du 66 RI par ce bataillon (12 mai fin d'après-midi, soirée et nuit), tout en gardant le 2ème bataillon du 66 RI (arrivé entretemps à pied) en réserve.

A ce moment, le dispositif aurait dû être le suivant :

J'attire l'attention sur l'emplacement du II/66 : il ne se trouve pas dans la vallée de la Molignée aux ruines du château de Montaigle mais à la ferme château de Montaigle sur le bord du plateau! L'erreur est régulière, même dans des ouvrages récents!
Des difficultés dans la mise en place du II/39 RI permettront l'infiltration de Houx...

Pour revenir à la ferme-château de Montaigle, voici les traces laissées par les soldats français :
Mai 1940 Haut-le-Wastia au coeur de la tourmente (Dominique Halloin) a écrit:
... la cave du château de Montaigle sera pillée par l'armée française. Avec beaucoup d'ironie le propriétaire monsieur Del Marmol précise aujourd'hui "qu'il valait mieux que les précieux Bordeaux et Bourgogne ne soient pas bus par l'ennemei."
Le petit coffre-fort familial sera jeté de l'étage et s'écrasera à l'arrivée sur la terrasse du château. L'impact y est encore visible.

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MessageSujet: Re: 66e RI   Lun 9 Juin 2014 - 0:15

Voici 3 cartes de l'évolution des positions du 66e RI les 12 mai pm et soirée et 13 mai am.
Les attaques allemandes n'ont pas été reportées volontairement. De même l'intégration d'unités de Cavalerie n'est pas reportée sur les cartes. Tout cela viendra.
NB : au risque de heurter certains puristes du marquage de carte, je n'ai pas toujours utilisé les symboles tactiques officiels. Les positions des sections sont parfois estimées sur base des sources ou d'une appréciation tactique de base dans le cadre des sources. La Cie de mitrailleuses du I/66 a été utilisée de façon fractionnée et n'apparaît pas comme telle.

Le dispositif initial du 66e RI (carte 1) est extrêmement léger car il ne repose que sur le seul I/66. Il est cependant le fruit d'une appréciation cohérente du cdt Théry, son chef.
En revanche, l'évolution du dispositif n'est pas aussi bien pensée ou exécutée :

  1. Introduction du II/39, perturbant la chaîne de commandement alors que le II/66 est disponible au même moment. 
  2. Relève sous le feu ennemi sans véritable contrôle de l'exécution (exécution inexacte au demeurant).
  3. Constitution d'une défense en profondeur au détriment d'un renforcement du front de la 2 Cie qui garde en fin de compte un dispositif très étendu (un front bataillon). 

A noter (et je me répète) que l'erreur initiale provient de la IXe Armée qui très mal a placé la limite entre ses 2 corps d'armée Nord (11 et 2). Si la limite avait attribué toute la cuvette d'Anhée au seul 2e CA, la 5e DIM aurait certainement fait monter un bataillon de plus sur la Meuse. La cohérence du dispositif et la conduite de la bataille auraient été probablement grandement améliorées. 

Sources principales : d'Ornano, Dalat, Rémy, Bertin




Fond de carte : carte allemande éditée en 1941 sur base du fond de la carte belge.
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