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 La division aérienne

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Archibald
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MessageSujet: La division aérienne   Dim 2 Sep 2007 - 18:02

Bonjour a tous!

J'ouvre ce sujet afin de discuter d'un sujet intéressant dans le cadre des uchronies 1939 / 1940 (avant - pendant -après mai/juin 1940) et 1941.
A savoir, la division aérienne de 1918, et ses possibilités de résurrection en 1940.

D'abord, l'article du Fana de l'Aviation de Novembre 1998. Voici un lien tout ce qu'il y a de plus régulier (autorisation de l'auteur pour la mise sur Internet)

http://batmarn2.club.fr/aviatio2.htm

La lecture de cet article appelle deux commentaires
- La division aérienne, c'est efficace.
- On s'empresse de l'oublier dans l'entre deux guerres  Sad  

Plus intéressant, l'état de l'aviation française (misérable) à l'arrivée de Duval en Août 1917 ressemble à celui de 1939... je veut dire, le problème qui a empoisonné notre aviation jusqu’à la création de l'ALAT est déjà présent.  
A savoir, le conflit entre les "terrestres" et les "aviateurs". Et le problème qui en résulte, à savoir
Citation :
les commandants d'aéronautiques d'armées, partisans d'un saupoudrage des escadrilles de chasse et de bombardement tout au long du front

(oui, cette phrase parle de 1917, pas de 1940...)

Ça aussi, c'est intéressant pour 1940

Citation :
Masse et concentration.
Tels sont les maîtres mots de la doctrine formulée par Pétain et Duval. Masse, parce que les offensives ennemies attendues sur le front occidental pour le printemps de 1918 requièrent l'emploi de nombreux avions groupés en formations puissantes; concentration, parce que, ne pouvant être forte partout et au même moment, l'aviation doit être en mesure d'acquérir la supériorité aérienne en un point donné du front, en y regroupant tous les moyens disponibles, pendant tout le temps nécessaire.

La question, c'est de savoir si on peut refaire un tel outil en 1940. Evidemment on manque d'avions en 1940, pas question de retrouver 600 appareils. Toutefois on notera qu'ils sont divisés en quatre groupes de 150, eux même intervenant par paquets de 70 à 100 machines. Comme quoi...
Citation :
Ce sont 88 bombardiers en formations serrées, accompagnés par tous les multiplaces d'escorte disponibles, qui se portent à l'assaut, en masses compactes, opérant à des altitudes de 400 à 1200 m. En moins d'une heure à peine, ils larguent plus de 17 000 kg de bombes sur l'adversaire, détruisant le pont de Courcelles et endommageant les ouvrages de Jaulgonne et de Varennes.

"Ce sont 88 Breguets, DB-7 et Martin 167F en formation d'assaut, accompagnés de tout les Curtiss et Dewoitine disponibles, qui se portent a l'assaut en masse compactes, opérant a des altitudes de 900 à 1200 m.
En moins d'une heure à peine, ils larguent plus de 30 tonnes de bombes sur l'adversaire, détruisant les têtes de ponts de la Somme et semant la panique parmi les servants de 88 mm tenant le mont de Caubert"
(désolé, je ne pouvait pas résister!)  

La question, c'est de savoir si oui ou non Vuillemin pourrait mettre sur pied une telle unité, et quand!
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Lun 3 Sep 2007 - 17:39

Merci pour cet article, très intéressant.

La division aérienne symbolise pour les généraux de l'armée de Terre la perte de "leur" aviation dédiée - notons quand même qu'elle ne représente qu'une partie des appareils - et pour les aviateurs la sujétion aux rampants.

Elle a donc beaucoup d'ennemis, y compris dans les deux camps. En revanche, elle est considérée - à juste titre - comme une recette qui marche, donc tout le monde est officiellement d'accord avec le concept. Accord qui n'engage pas à grand chose puisque, comme le souligne l'article, elle représente une idée (réserve générale) plus qu'une doctrine précise.

D'ailleurs les divisions aériennes existent bel et bien au début du conflit, regroupant plusieurs escadres. Si elles sont inopérantes c'est à cause de l'inutilité d'une chaîne de commandement pléthorique et inadaptée et pas par rebellion. De même, l'organisation de l'AAF reste plus ou moins celle de 1918: à côté des forces qui sont attachées "en propre" aux armées, il y a les forces réservées, à la disposition de Vuillemin qui en pratique les mettra toutes à la disposition des ZOAN et ZOAE, donc du front.

Donc 1940 n'est pas seulement une régression intellectuelle, comme c'est le cas dans tant de domaines par rapport à 1918, la situation est aussi le résultat de l'indépendance de l'armée de l'Air qui a conduit à des doctrines "douhétiennes" et donc une réaction en conséquence de la part des terriens (qui sont majoritairement issus de l'infanterie et toujours aussi bornés pour tout ce qui possède un moteur).

Le problème majeur, évidemment, c'est surtout qu'en 1918 les aviations alliées ont la puissance pour conquérir la maîtrise de l'air tandis qu'en 1940 ce n'est pas le cas et que l'AAF est dans les choux.
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Archibald
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 4 Sep 2007 - 10:02

Bon c'est vrai que c'est un peu plus nuancé que ce que je pensait...
Mon objectif est de reconstituer un groupement comparable a celui de Duval, mais en 1940. Premier point, c'est que meme si les Glenns et DB-7 sont affectés a la division imperiale, on est d'accord que, s'il y a urgence en métropole, ils sont rapatriés (comme cela c'est produit en OTL en fait).

Ce que je veut dire, c'est que si le point de divergence se produit apres le 10 mai 1940, les Glenns et DB-7 reviennent en métropole comme en OTL.

Deux questions se posent
- faut il remplacer Vuillemin par quelqu'un de plus energique / capable, et dans ce cas, QUI ? (une idée de nom...?)
- Est il possible de reconstituer une division aerienne en profitant de l'acalmie relative se produisant dans la dernière semaine de mai (par exemple, les Br.693 n'ont fait que 137 sorties en 11 jours du 20-31 mai, perdant 6 des leurs) ?

D'apres mes calculs, on doit pouvoir disposer d'une soixantaine de Breguets (moyennant recompleter les groupes, et en se basant sur des chiffres de production solide, ca fait des jours que je cogite la dessus) d'une trentaine de DB-7, et d'au moins 78 Glenns.
Ca fait dans les 150 appareils. Pas trop mal s'il l'on compare aux nombre de Breguets XIV de 1918...

En gros vous l'aurez deviné, je suis tenté de faire basculer la bataille d'Abbeville par intervention de la D.A, en partant du scenario imaginé par Roy-Henri (voir la section dédiée de ce forum).
Le hic, c'est que je ne suis pas assez fortiche en ATF (je suis un aviateur dans l'ame...) pour imaginer la suite d'une bataille victorieuse a Abbeville... on rase la tete de pont allemande, on etablit une position solide sur la Somme, et apres ?

Peut etre devrais je prendre contact avec Roy Henri via ce forum ?
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 4 Sep 2007 - 12:15

Je reprends le texte d'Archibald:
"on rase la tete de pont allemande, on etablit une position solide sur la Somme, et apres ? "
Les allemands font comme ils l'ont fait, ils passent ailleurs!!
Du moins, c'est mon avis
Cordialement
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takata
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 4 Sep 2007 - 12:29

Citation :
Mon objectif est de reconstituer un groupement comparable a celui de Duval, mais en 1940. Premier point, c'est que meme si les Glenns et DB-7 sont affectés a la division imperiale, on est d'accord que, s'il y a urgence en métropole, ils sont rapatriés (comme cela c'est produit en OTL en fait).

Il n'existe pas de "division impériale", c'est un non-sens. Avant le 10 mai, sont prévus pour transformation sur Martin 167 au Maroc plusieurs groupes (cinq) qui doivent partir au Levant pour l'opération RIP (Russie Industrie Pétrolière) prévue pour être déclenchée sur pré-alerte de 15 jours à partir du 15 mai. Un groupe est déjà sur place le 10 mai et trois autres sont en cours d'équipement. Ce qui ralentit l'opération, c'est la cadence des livraisons d'appareils en avril et mai. D'autre part, les appareils manquent de solénoïdes (et de démarreurs sur les Douglas), d'équipements de bord (supports de radio, inhalateurs, lance-bombes, armement, etc.). Mais un bon nombre de Martin 167 sont aussi utilisés dans les groupes de reconnaissance et dans l'aéronavale, ce qui veut dire qu'alternativement, il n'y aurait pas pu y avoir plus de groupes "d'assaut" sur Martin 167 et de Douglas disponibles qu'il n'y en eut en réalité. D'autre part, le Martin 167 est tout sauf un avion d'assaut. Il est très léger, peu armé et pas du tout blindé. Pour ce genre de mission face à la redoutable Flak allemande, c'est plus que du courage qu'il faut aux équipages.

Citation :
Ce que je veut dire, c'est que si le point de divergence se produit apres le 10 mai 1940, les Glenns et DB-7 reviennent en métropole comme en OTL.
Certainement, rien ne s'y opposerait puisque les groupes sur DB-7 devaient de toute manière rejoindre la métropole... mais pas plus vite et ils ne seront jamais plus nombreux ni mieux préparés qu'ils ne le furent en réalité.

Citation :
Deux questions se posent
- faut il remplacer Vuillemin par quelqu'un de plus energique / capable, et dans ce cas, QUI ? (une idée de nom...?)
Je ne vois pas de raison de remplacer Vuillemin, pour quoi faire de plus en deux semaines ?

Citation :
- Est il possible de reconstituer une division aerienne en profitant de l'acalmie relative se produisant dans la dernière semaine de mai (par exemple, les Br.693 n'ont fait que 137 sorties en 11 jours du 20-31 mai, perdant 6 des leurs) ?
Il n'y aura toujours pas plus d'avions prévus pour cette mission, ni plus de pilotes entraînés, ni de possibilité d'obtenir la supériorité aérienne, même limitée, suite au départ des Britanniques. Si les Bréguet ont peu volé du 20 au 31 mai, c'était afin de les économiser comme tout le reste de l'armée de l'air qui cherchait par tous les moyens à compenser ses lourdes pertes subies depuis le 10 mai.

Citation :
D'apres mes calculs, on doit pouvoir disposer d'une soixantaine de Breguets (moyennant recompleter les groupes, et en se basant sur des chiffres de production solide, ca fait des jours que je cogite la dessus) d'une trentaine de DB-7, et d'au moins 78 Glenns.
Ca fait dans les 150 appareils. Pas trop mal s'il l'on compare aux nombre de Breguets XIV de 1918...
On ne peut faire ce genre de calcul en se basant seulement sur les "chiffres" de la production. Les données historiques parlent d'elles-mêmes. Rien ne peut vraiment justifier qu'elles puissent être changées. Si des avions étaient disponibles et n'ont pas été engagés, c'est tout simplement parce qu'on ne savait pas qu'ils l'étaient, qu'ils étaient en réserve pour compléter les pertes, ou parce qu'ils n'avaient pas d'équipages pour les faire voler ou d'équipes au sol pour les préparer (comme les groupes de Martin et Douglas transférés d'AFN). D'autre part, l'aviation d'assaut, sans doctrine, sans entraînement et souvent sans même les bombes adaptées, sans supériorité aérienne, confrontée à une Flak nombreuse et techniquement au niveau de celle des Allemands, c'est un carnage assuré. Quant à l'appui rapproché, ce n'est même pas la peine d'y penser compte tenu des moyens de communication terre-air de l'armée française en 1940.

La "division aérienne" a pourtant bien existé en mai-juin 1940, mais elle s'appelait le VIII. Fliegerkorps de von Richthofen.

Olivier
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mer 5 Sep 2007 - 11:16

Archibald a écrit:
Ce que je veut dire, c'est que si le point de divergence se produit apres le 10 mai 1940, les Glenns et DB-7 reviennent en métropole comme en OTL.

Voui.
D'ailleurs une partie est déjà en route, leur transfert aurait eu lieu même sans l'attaque allemande.

Archibald a écrit:
- faut il remplacer Vuillemin par quelqu'un de plus energique / capable, et dans ce cas, QUI ? (une idée de nom...?)

Euh, ça veut dire quoi "faut-il" ?
Est-ce que Vuillemin était une cause essentielle de l'échec de l'armée de l'Air, un peu comme Gamelin l'a été avec son plan de bataille ? Non.
Est-ce qu'on aurait pu imaginer un meilleur candidat que Vuillemin au GQGA ? Oui.
Est-ce que ça aurait fait une grande différence ? Eh bien, ça dépend pour quoi, mais en mai-juin, pas vraiment.
Est-ce que Vuillemin manquait d'énergie ? Pas particulièrement.
Est-ce qu'il était possible ou souhaitable politiquement de remplacer Vuillemin en pleine bataille ? A mon avis, non.

Archibald a écrit:
- Est il possible de reconstituer une division aerienne en profitant de l'acalmie relative se produisant dans la dernière semaine de mai (par exemple, les Br.693 n'ont fait que 137 sorties en 11 jours du 20-31 mai, perdant 6 des leurs) ?

Pas vraiment. Pour y arriver, il faudrait rassembler tous les bombardiers, et l'essentiel des chasseurs, disponibles. Par rapport à 1918 les choses vont plus vite, la coordination est plus complexe (appareils plus rapides, beaucoup de types différents), l'adversaire surtout est très supérieur.

La Luftwaffe applique parfaitement le principe de concentration des forces quand il le faut.

Archibald a écrit:
D'apres mes calculs, on doit pouvoir disposer d'une soixantaine de Breguets (moyennant recompleter les groupes, et en se basant sur des chiffres de production solide, ca fait des jours que je cogite la dessus) d'une trentaine de DB-7, et d'au moins 78 Glenns.
Ca fait dans les 150 appareils. Pas trop mal s'il l'on compare aux nombre de Breguets XIV de 1918...

J'aimerais voir les calculs et les chiffres solides avant de commenter, ça évitera de perdre du temps à ne commenter que sur la conclusion sans savoir d'où viennent des écarts éventuels.

Il faut voir aussi les hypothèses retenues (est-ce qu'on met certains groupes en réserve ? Lesquels et à quelles dates ?).

Archibald a écrit:
En gros vous l'aurez deviné, je suis tenté de faire basculer la bataille d'Abbeville par intervention de la D.A, en partant du scenario imaginé par Roy-Henri (voir la section dédiée de ce forum).

Je suis entièrement d'accord avec Stéphane Ferrard sur ce point: en supposant que les Français aient résorbé la tête de pont d'Abbeville, les Allemands passeront ailleurs. Le front est une vraie passoire, des têtes de pont ce n'est pas ce qui manque.

Par ailleurs, au vu des carences du bombardement (de toute origine, mais les Français ne sont pas parmi les meilleurs) en 1940 en général, et en soutien direct des troupes en particulier, je doute fortement qu'une intervention aérienne aurait fait basculer les choses à Abbeville. Il aurait suffi de quelques officiers audacieux décidant de marcher au son du canon (de 88) et de capturer la poignée de servants de la Flak barrant la route au reste de la division.

Une fois qu'on a fait ça, les Français ont résorbé la poche, ils ne franchissent pas la Somme d'une part parce que ce n'est pas leur mission (qui est de résorber la poche) et ensuite parce que les Allemands auront certainement fait sauter les ponts, la 2e DCR évite de se prendre une beigne un peu plus tard, elle attendra l'assaut allemand pour ça.

On a écrit une page de gloire qui donnera à cette section des "Mémoires de guerre" le cachet d'authenticité qui leur manquait, mais ça restera dans le domaine de l'anecdote par rapport au reste de la campagne.
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Archibald
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Jeu 13 Sep 2007 - 14:59

Ok, voila quelques calculs sur les Breguets 693 (je dit bien : les 693, les 691 sont impropres au combat a cause de moteurs de m...auvaise qualité, et les 695 a moteurs américains n'arrivent que au compte goutte en juin, 8 machines tout au plus).

Let's go...

source : aerojournal, les Breguets 693 au combats.

D'apres eux : 75 Breguets 691 construit d'abord. Ensuite, passage au Br.693.
10 Mai 1940 : 47 machines construites, 42 en ligne.

Ensuite, je lis dans l'OdB (sur ce forum) "173 Breguets livrés fin mai"
Ces 173 ne peuvent etre que des 691 + 693, or la production du 691 est de 75, et terminée.
Consequence : 98 Br.693 devait avoir été livrés fin mai.
Enfin, (retour a Aerojournal, ainsi qu'une autre source, "valeur des avions francais en 1940", un sujet lancé sur le forum de simulation ubisoft) ENVIRON 130 Breguets 693 etaient sortis de chaine au 25/06/1940.

Ca nous fait donc :
47 Breguets au 10 mai
98 fin mai
128 au 25 juin.

Maintenant, les pertes.

Aerojournal toujours donne non seulement les pertes jour apres jours, mais egalement le nombre de Breguet dispos a 17h, jour apres jour.
Le 30 mai, le chiffre est remonté a 41 machines.
En OTL, entre le 20 et le 31 mai, il n'y a eu que 137 sorties et 6 pertes. Si on annule tout cela, on "sauve" donc 6 machines. Le 30 mai, on a donc 47 Breguets.
Mais ce n'est pas finis... 98 Breguets etaient sortis de chaine fin mai.
Bien sur, 21 etaient allés au tapis entre le 10 et le 20 mai. Ca nous laisse quand meme 77 machines... or, seules 47 sont en ligne! Je comprend bien sur qu'il est impossible que tout les Breguets existant soient en premiere ligne.

Reste que on a theoriquement un "volant" de 30 machines existantes.

C'est pour cela que, supposant une sorte "d'effort maximal" apres le 20 mai (rassemblons le maximum d'avion pour la D.A, pour gagner a Abbeville) je suppose qu'il serait possible d'envoyer une douzaine ou une quinzaine de Breguets dans les groupes.
47 + 12 = 59
47 + 15 = 62.

Voila d'ou sort la "soixantaine" de Breguets Wink
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Jeu 13 Sep 2007 - 16:36

Pour commencer, rien de ce que je vais mettre ici ne contredit le HS d'Aérojournal: CJE connait l'armée de l'Air de 1940 sur le bout des doigts donc s'il y a contradiction entre lui et moi, dans le doute il vaut mieux le croire que moi. Par exemple, le chiffre de pertes que je cite est celui dont le GQG a connaissance selon les rapports des unités qui lui sont parvenus. Les pertes dont le GQG n'a pas (encore) eu connaissance sont comptabilisées en plus par CJE, c'est pour ça qu'il en liste davantage.

Quand j'écris un chiffre pour les avions livrés, ça ne veut pas dire qu'ils sont disponibles en unités, ils peuvent être en instance d'armement etc.

La situation au 10 mai. Tous les chiffres sont Bréguet 691 / Bréguet 693.

Avions aux armées, 1ère ligne (disponibles): 14/31
Avions aux armées, 2e ligne (indisponibles ou volant d'unités): 5/4
Avions en crédit aux armées (= en attente de réception par les unités à l'EAA 301): 0/3
Dans les formations de l'intérieur (= entraînement): 18/0
En crédit à l'intérieur: 4/0
Indisponibles à l'EAA 301: 10/9
En réparations aux ateliers: 10/0
Réformés et détruits à l'ennemi: 6/0

(Source: SHD / Air 3B50, mais on trouve aussi cet état au 10/5/40 dans d'autres cartons)

Soit un total de 67 Bréguets 691 et 47 Bréguets 693 pris en compte par l'armée de l'Air, ce qui correspond assez bien avec le chiffre de 115 Bréguets 691 & 693 acceptés par le CRAS jusqu'à la fin avril.

A partir de cette situation, les moyens en ligne évoluent de la manière suivante.
Au 20 mai: 15 Bréguets 693 ont été perdus et 13 affectés en renfort.
A partir du 24 mai, on commence à affecter des Bréguets 691 pour combler les vides.
Au 31 mai, la situation est de 25 Bréguet 693 perdus (dont 2 le 31/5) et un 691 depuis le 10 mai, 42 Bréguet 693 et 6 Bréguet 691 affectés depuis le 10 mai.
(source SHD / Air, je n'ai pas noté la référence exacte dans mon tableau mais je peux la retrouver si quelqu'un la cherche. La série ne va que jusqu'à début juin cependant, donc inutile de demander les chiffres jusqu'à la fin !)

En bonne logique, le nombre de Bréguet 693 en unité au 31/5 devraient donc être de 31+4 au 10/5 moins 25 pertes plus 42 reçus en renfort soit un total de 52, dont une certaine proportion indisponibles.

Dans la mesure où on a vidé les écoles et poussé tout ce qu'on a pu vers le front (comme en témoigne le fait que des Br 691 ont été affectés en renfort), je pars du principe que le volume historique des renforts représente le maximum que le système peut fournir en cas d'urgence.
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 18 Sep 2007 - 17:28

Deux choses

- finalement (sans vouloir paraitre culotté, ni paraitre vouloir avoir raison a tout prix!) 60 n'est pas trop éloigné de 52. Bien sur il y a les avions indisponibles...

- Est il donc impossible de connaitre le nombre PRECIS de Br.691 construits? le chiffre de 67 est le 3eme que je vois, apres 75 voire 78!

J'aimerais connaitre la valeur exacte des Br.691 au combat.

D'apres Bill Gunston, les Potez 630 équipés des meme moteurs "furent interdits de vols rapidement car de graves pannes se produisait apres seulement 80h de fonctionnement seulement".

Quelle influence cela a t'il eu sur les 691 envoyés au charbon ?
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 18 Sep 2007 - 18:09

Bonjour,

le Breguet 691 n'était pas censé être utilisé en combat, il fut mis à disposition des groupes pour faciliter la transition et l'entraînement des pilotes. C'était le cas aussi pour tous les nouveaux types d'appareils mis en service : Bloch 151, LeO 45, Amiot 351/4, Dewoitine 520, etc. Les premiers exemplaires servaient à l'instruction, tout en étant portés à l'effectif des groupes, parfois comptés, parfois non.

D'autre part, ces avions n'étaient pas armés car il y avait une grosse disette de canons Hispano. Donc, je dirai que leur valeur au combat était nulle.
Sur les chiffres des appareils produits, il me semble qu'il y a une petite pré-série qui est comptée ou pas selon les sources.

Olivier
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 18 Sep 2007 - 20:07

Archibald a écrit:

Bien sur, 21 etaient allés au tapis entre le 10 et le 20 mai. Ca nous laisse quand meme 77 machines... or, seules 47 sont en ligne! Je comprend bien sur qu'il est impossible que tout les Breguets existant soient en premiere ligne.

Reste que on a theoriquement un "volant" de 30 machines existantes.

Effectivement "en théorie", mais il faut bien comprendre la signification de ces "volants" d'unité.

Les appareils de combat sont des machines complexes et fragiles. Ce qui fait qu'il y a des entretiens réguliers (révisions multiples à 30 heures de vol, 60 heures, etc.), des pannes qui surviennent (surtout quand il s'agit des premières séries de production) et des modifications multiples qu'il faut apporter sur les cellules et les systèmes déjà mis en service. Par conséquent, "le volant" est calculé pour tenir compte du nombre d'appareils immobilisés à tout moment afin de pouvoir effectuer toutes les opérations sus-mentionnées, auxquelles s'ajoutent les éventuelles réparations liées à l'utilisation opérationnelle des machines.

Grosso-modo, les volants sont au minimum (dans de bonnes conditions logistiques) un tiers de l'effectif en ligne, et ces volants représentent un seuil incompressible d'appareils en opérations de maintenance diverses.

Au moment de l'armistice, les ateliers de réparation sont pleins à craquer de centaines d'avions à traiter, plus des centaines d'autres qui sont restés sur les divers terrains en attente d'évacuation, plus des centaines qu'on a laissé en pleine nature, faute de moyens pour les récupérer. Lorsque les opérations aériennes devienndront intenses, le gaspillage causé par les déficiences du service technique de l'armée de l'air atteindra des sommets.

En substance, on ne peut jamais inclure une grande proportion des avions de combat dans les moyens "utilisables" en se basant simplement sur un décompte des "existants".

Olivier
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MessageSujet: Re: La division aérienne   Mar 18 Sep 2007 - 22:14

Archibald a écrit:
- Est il donc impossible de connaitre le nombre PRECIS de Br.691 construits? le chiffre de 67 est le 3eme que je vois, apres 75 voire 78!

Le contrat initial porte sur 76 Bréguet 691, dont 74 ont été acceptés par le CRAS au 31/5/40 donc 75 ça m'a l'air crédible, mais cf. la remarque d'Olivier sur les protos etc.

Mon calcul était une manière de cadrer à peu près le nombre d'avions susceptibles d'équiper une division aérienne fin mai. La réponse est: pas tant que ça What a Face
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La division aérienne
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