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 L'artillerie française en 1940

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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Dim 2 Mar 2008 - 9:37

Bonjour,
La portée n'est pas liée au calibre (ex: 240 mm) mais à la longueur de la bouche à feu exprimée en calibres. Plus cette longueur est grande plus la portée est importante et le tir plus tendu, d'où la nécessité de pièces à faible longueur de calibres pour les tirs plongeants ou courbes, mais à distance réduite.
Cordialement
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 3 Mar 2008 - 15:51

Catalina a écrit:
Louis Capdeboscq a écrit:
En ce qui concerne l'occupation préventive du Maroc espagnol afin de fermer le détroit de Gibraltar, la question ne s'est jamais posée.

Cette idée "prendre le Maroc espagnol" est déjà évoqué dans une note manuscrite de l'Amiral Darlan début 1939 (SHM, 1BB2 208). Le 17 avril 1939, la neutralité espagnole est considérée comme "extrêmement désirable" dans une autre note, dactylographiée celle-ci (SHM, 1 BB2 207). Lorsque Nogués, le 22 juin 1940, prévoit une occupation préventive du Maroc espagnol dés l'entrée de troupes allemandes (ou italiennes) en Espagne, il ne part pas de rien mais d'études menées dés avant-guerre.

D'abord, toutes mes excuses pour n'avoir pas répondu plus tôt, j'ai dû louper le message de rappel de ce fil.

Ensuite, merci de ces précisions: au temps pour moi, je n'avais pas fait le lien entre ce qu'envisage brièvement Noguès en juin et les délires de Darlan d'avant-guerre. Après avoir lu beaucoup de ces derniers (essentiellement sur les Balkans et la Méditerranée orientale, un peu sur les Italiens) j'avais fini par me lasser de l'exercice et considérer tout ça comme totalement inutile, mais je vois que j'avais tort.

Le fait que ces 240 auraient pu être montés sur la voie de Tanger est aussi très intéressant. Par exemple, au début des années 1930 Fez n'était reliée à l'Algérie que par une ligne à voie étroite qui était une ancienne voie militaire, au gabarit tout à fait insuffisant pour transporter une pièce ALVF. Si ma mémoire ne me trompe pas, la liaison avec voie à écartement normal a été terminée avant la 2e GM mais même alors il fallait changer de train plusieurs fois pour aller de Casablanca à Tunis (une histoire de tunnels, il faudrait que je retrouve le document mais c'est de l'info qui date de 1938-39). Donc déployer du 240 ALVF là-bas c'est avoir la certitude qu'il ne pourra pas être ramené en Tunisie en cas de besoin.

Question subsidiaire: le gros calibre ALVF c'est à peu près inutile comme artillerie de campagne de substitution (cadence de feu très faible) et ça ne sert utilement que contre les fortifications ou autres points sensibles. Quelles auraient pu être les cibles au Maroc espagnol justifiant d'un tel déploiement ? (j'ai bien conscience que nous ne sommes pas sûrs que ces canons ont été déployés là-bas, c'est juste de la curiosité).
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Catalina
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Ven 7 Mar 2008 - 13:09

L'artillerie côtiére et la marine espagnole, bien qu'obsoléte, peuvent trés bien neutraliser le détroit de Gibraltar.
En cas d'intervention allemande/italienne en Espagne, le Maroc Espagnol aurait été rapidement occupé par les troupes françaises. Dès lors, un déploiement de 240 d'ALVF vers Tanger aurait permis de compenser la perte probable du rocher de Gibraltar. La portée de ces piéces est suffisante pour contrebattre les piéces côtiéres espagnoles déployées de l'autre côté du détroit et, ainsi, couvrir le trafic naval allié transitant entre le bassin méditéranéen et l'atlantique (à condition, bien sur, qu'il y ait réellement eu des piéces d'ALVF présentes en AFN). Comme cible dans la partie espagnole du Maroc, il n'y a guére que les fortifications de Point Hacho (Ceuta).
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Sam 8 Mar 2008 - 9:01

Pour les 240 mm, il existait le "240 Colonies" réservé à la défense côtière. Il était ainsi désigné car il dépendait du Ministère des Colonies et non de la Guerre. "Les Colonies" avaient en charge la défense des territoires et à ce titre passaient des commandes d'armement directement sans passer par la Guerre mais en utilisant ses moyens d'essais et de réception en Métropole avant livraison.
Cordialement
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ALVF
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 3 Avr 2008 - 19:36

Bonsoir,

Je viens de lire beaucoup d'interrogations relatives aux canons de 240mm Mle 1884 sur affût Batignolles et sur leur présence éventuelle en Afrique du Nord.Je vais retracer l'histoire assez compliquée de ces matériels:
-8 matériels ont été commandés et livrés en 1915, les 8 affûts portaient alors des tubes de côte de 24cm Mle 1870-87,ces tubes se révèlèrent fragiles.Un essai de substitution de 2 tubes de côte de Mle 1870-93 ne fut pas concluant.En 1917, les 8 affûts reçoivent alors 8 tubes de 240mm Mle 1884 qui donneront toute satisfaction.
-Au début de 1919, 4 affûts sont rééquipés de tubes de 240mm Mle 1917 neufs (construits au tracé des tubes Mle 1884 avec quelques modifications notamment de pas des rayures).Les 4 autres affûts conservent leur tubes de 240mm Mle 1884.
-En 1935, un matériel est envoyé à Tarbes pour permettre le tubage de son tube de 240mm Mle 1884 au calibre de 194mm, ce matériel était toujours à Tarbes en 1940, après des tirs d'essais réalisant la portée de 27000m.
-Ceci explique que les deux batteries équipées de 240mm sur affûts Batignolles comptaient en 1940 un nombre différent de pièces:4/240mm Mle 1917 (14° Bie du 372° R.A.L.V.F.) et 3/240mm Mle 1884 (13° Bie du 372° R.A.L.V.F.).
-La 13° Bie a été capturée à Longueville en juin 1940, la 14° en batterie à l'Armée des Alpes à Saint-Peray à la date de l'armistice a été livrée à l'Italie en exécution des clauses de celui-ci.
-Aucun 240mm "Batignolles" n'a jamais été en Afrique du Nord, pas plus qu'aucune autre pièce A.L.V.F.française.
-Les allemands ont réemployés des 240 "Batignolles" en Russie sur le front de Leningrad.
Je renvoie les lecteurs à mon étude "Histoire de l'Artillerie Lourde sur Voie Ferrée française" parue en 2000 chez Histoire et Fortifications.
Cordialement, G.François.
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Loïc Lilian
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Dim 6 Avr 2008 - 20:32

petite question pour gros calibre, existe t'il une pièce de 550 mm en service dans l'Armée Française comme le prétend la legende d'une photographie ? Suspect
A ma connaissance le plus gros calibre que je connaisse étant cette unique pièce de 520 modéle 1916.
Modéle construit à...2 exemplaires la première pièce explosa en 1918 tandis que la pièce n° 2 eu une brillante carrière dans la poussière des hangars de l'ALVF de Neuvy-Pailhoux avant de retourner au Creusot en 1940 pour être remise en état et où elle fut capturée par les Teutons mais animée par le patriotisme le plus ardent la vaillante survivante se sacrifia en imitant sa jumelle devant Leningrad en 1942 .
http://html2.free.fr/canons/can520.htm
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ALVF
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Dim 6 Avr 2008 - 22:31

Bonsoir,

Le plus gros calibre employé par l'A.L.V.F. est le 520, deux matériels complets plus un tube de rechange ont été construits en 1918.
Pour info, le lien concernant le 520 cité au message précédent est une copie pure et simple des paragraphes concernant ce canon publiés dans mes deux études concernant l'histoire de l'A.L.V.F. française, illustrations comprises, y compris une photo piratée négatif inversé dans le livre comme sur ce site, ce qui montre une curieuse "déontologie" du net par certains "auteurs"!
Le plus gros canon prototype est le canon de marine de 450mm Mle 1920 qui ne dépassa pas le stade des essais malgré des tirs effectués à plus de 50 000m.
Le matériel le plus "performant" était le canon A.L.V.F. de 340/224mm de 150 calibres T.L.P. construit par Schneider qui réalisa la portée de 127 600m en 1929 lors d'un tir expérimental.
Cordialement, Guy.
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gdg
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 1:36

ALVF a écrit:
Bonsoir,
Le matériel le plus "performant" était le canon A.L.V.F. de 340/224mm de 150 calibres T.L.P. construit par Schneider qui réalisa la portée de 127 600m en 1929 lors d'un tir expérimental.
Cordialement, Guy.

Bonsoir,

J'ai une petite question qui me trotte dans la tête et qui pourra peut-être vous paraitre idiote; mais je suis sûr que vous aurez la réponse.

Dans le cas de tirs sur de telles portées, dans quelle direction tire le canon? Je veux dire, on ne va pas faire tirer le canon depuis le terrain militaire et ensuite aller voir dans quel potager l'obus a atterri!

Etant donné que pas mal d'essais de font en Bretagne, je présume que ces tirs ce faisaient en direction de la mer. Un avion surveillait ensuite le couloir dans lequel était supposé se trouver le point de chute?

Merci!
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Jean-Guy Rathé
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 5:21

ALVF a écrit:
Je viens de lire beaucoup d'interrogations relatives aux canons de 240mm Mle 1884 sur affût Batignolles et sur leur présence éventuelle en Afrique du Nord.Je vais retracer l'histoire assez compliquée de ces matériels.

Bonjour, et merci pour ces précisions.

Concernant les matériels ALVF de 240mm sur affût TAZ Batignolles, je découvre enfin en quelle circonstance sont apparus les 4 tubes mle 1917 remplaçant des mle 1884. Je ne connaissais pas non plus l'armement initial de ces matériels avec des tubes de 24cm de côte mle 1870-87 (ou l'essai de 24cm mle 1870-93). Il faut dire que je n'ai pas votre étude sur l'ALVF 1886-1918, qui doit livrer ces renseignements. Mais j'ai celle sur la période 1919-1945 et je m'en félicite. N'y avait-il pas aussi un troisième volet de prévu, contenant les fiches techniques illustrées des matériels de l'ALVF?
Un typo à éditer dans votre message: en 1940, les 240mm "Batignolles" des 13e et 14 Bies appartenaient au 374e RALVF.

Pour ce qui est de l'AFN, c'est en effet ce que j'avais compris: pas d'ALVF.
Ce qui nous ramène à la question de départ (voir page 3): à quoi peut bien renvoyer, dans les ouvrages de S. Ferrard, la mention de 10 matériels 240mm ALVF présents en AFN?
Si Stéphane pouvait retrouver quelque chose à cet effet dans sa documentation et nous en faire part, ce serait grandement apprécié. Je me perds moi-même bien souvent dans mes petits papiers, alors j'imagine que ça ne sera peut-être pas possible. Mais cela pourrait nous éviter d'inutiles spéculations.

Cordialement,
Jean-Guy Rathé
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 12:01

Bonjour,

Concernant l'observation des tirs à très longue portée, l'artillerie espérait les faire sur la terre ferme, en 1918-1920, des études très poussées envisageaient la création d'un champ de tir T.L.P. dans les Landes, car il est utile non seulement d'observer les tirs mais aussi de récupérer les obus non chargés pour faire d'utiles constatations sur les ceintures, corps d'obus, etc...
Le projet faillit être adopté mais après 1919, les hostilités politiques locales firent avorter ce projet qui était encore d'actualité en 1923, c'est d'ailleurs cet hypothétique champ de tir qui explique la création à Bayonne du 371° R.A.L.V.F. la même année et sa dissolution en 1929 quand le projet fut définitivement "enterré".
Les tirs T.L.P. avaient donc lieu au champ de tir en mer de Saint-Pierre-Quiberon, aménagé pendant la guerre pour les tirs de pièces A.L.V.F.
Les premiers tirs LP de 340/240 tirant déjà à plus de 40 000m avaient montré la difficulté de repérer avec précision les gerbes fugitives, d'autant plus qu'un tir d'essai est toujours soumis à des aléas.Malgré une chaîne d'observatoires installés dans les phares, les îles et sur le littoral, l'observation était défectueuse et imprécise.
La solution fut trouvée en liaison avec la Marine, des microphones sous-marins furent immergés dans des points précis (matériels adaptés des détecteurs accoustiques de sous-marins), une simple "triangulation" accoustique faite par au moins 3 récepteurs donnaient une précision inférieure à 100m!L'observation terrestre confirma ces excellents résultats.
Ainsi pour les tirs TLP effectués à plus de 90 000m en 1927, puis à plus de 100 000m en 1929, les pièces étaient donc mises en batterie à Saint-Pierre-Quiberon et la zone des impacts se situait en baie d'Audierne!Le plus dur était de faire respecter la discipline des bâteaux de pêche qui recevaient des préavis d'interdiction de zone de pêche!C'est dans l'exercice de cette mission d'interdiction de zone que l'escorteur "L'Algérien" fut "manqué de peu" par un projectile tiré à plus de 118 km de lui!
Cordialement, GUY.
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gdg
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 17:44

ALVF a écrit:
Bonjour,

Concernant l'observation des tirs à très longue portée, l'artillerie espérait les faire sur la terre ferme, en 1918-1920, des études très poussées envisageaient la création d'un champ de tir T.L.P. dans les Landes, car il est utile non seulement d'observer les tirs mais aussi de récupérer les obus non chargés pour faire d'utiles constatations sur les ceintures, corps d'obus, etc...
Le projet faillit être adopté mais après 1919, les hostilités politiques locales firent avorter ce projet qui était encore d'actualité en 1923, c'est d'ailleurs cet hypothétique champ de tir qui explique la création à Bayonne du 371° R.A.L.V.F. la même année et sa dissolution en 1929 quand le projet fut définitivement "enterré".
Les tirs T.L.P. avaient donc lieu au champ de tir en mer de Saint-Pierre-Quiberon, aménagé pendant la guerre pour les tirs de pièces A.L.V.F.
Les premiers tirs LP de 340/240 tirant déjà à plus de 40 000m avaient montré la difficulté de repérer avec précision les gerbes fugitives, d'autant plus qu'un tir d'essai est toujours soumis à des aléas.Malgré une chaîne d'observatoires installés dans les phares, les îles et sur le littoral, l'observation était défectueuse et imprécise.
La solution fut trouvée en liaison avec la Marine, des microphones sous-marins furent immergés dans des points précis (matériels adaptés des détecteurs accoustiques de sous-marins), une simple "triangulation" accoustique faite par au moins 3 récepteurs donnaient une précision inférieure à 100m!L'observation terrestre confirma ces excellents résultats.
Ainsi pour les tirs TLP effectués à plus de 90 000m en 1927, puis à plus de 100 000m en 1929, les pièces étaient donc mises en batterie à Saint-Pierre-Quiberon et la zone des impacts se situait en baie d'Audierne!Le plus dur était de faire respecter la discipline des bâteaux de pêche qui recevaient des préavis d'interdiction de zone de pêche!C'est dans l'exercice de cette mission d'interdiction de zone que l'escorteur "L'Algérien" fut "manqué de peu" par un projectile tiré à plus de 118 km de lui!
Cordialement, GUY.

Merci pour votre explication simple et pointue!

En tout cas l'Algérien a eu la baraka... D'ailleurs ça serait sympa de faire un fil sur les anecdotes amusantes/surprenantes relatives à l'ATF 40.
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 18:06

Bonne suggestion , Gdg , car il y en a quelques unes , j'imagine .
Dans tous les cas, je suis assez impressioné par la portée de plus de 127 kilometres en tir experimental .
Citation :
Il faut dire que je n'ai pas votre étude sur l'ALVF 1886-1918, qui doit livrer ces renseignements. Mais j'ai celle sur la période 1919-1945 et je m'en félicite. N'y avait-il pas aussi un troisième volet de prévu, contenant les fiches techniques illustrées des matériels de l'ALVF?
Je n'ai pas retrouvé trace de ces ouvrages , serait il possible d'avoir un titre precis ou un n° ISBN ?

Alain
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 7 Avr 2008 - 18:34

Bonjour,

Ce type de portée est stupéfiant! Il est d'ailleurs intéressant de constater sur une carte quels seraient les objectifs atteignables si l'on avait disposé de telles pièces à la frontière en 1940.

Cordialement
Eric DENIS

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Jean-Guy Rathé
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 8 Avr 2008 - 0:25

Bonjour Alain,

alain adam a écrit:
Je n'ai pas retrouvé trace de ces ouvrages , serait il possible d'avoir un titre precis ou un n° ISBN ?

Certainement!

Je crois avoir déjà cité:
François, Guy. Histoire de l'artillerie lourde sur voie ferrée française, 1919-1945. (Histoire & Fortifications HS #1), Paris, nov. 2000, 80 p. ISBN = 2-9516102-0-3
L'autre est:
François, Guy. Histoire de l'artillerie lourde sur voie ferrée française, 1886-1918. (Histoire & Fortifications HS #2), Paris, sept. 2001.

Mais on peut aussi trouver bon nombre d'articles de cet auteur sur l'ALVF et l'artillerie de côte françaises. D'ailleurs, quand j'ai promis une revue des 240mm de côte en AFN, je comptais utiliser:
François, Guy. «Les pièces de côte françaises du calibre 240 "Guerre" de 1876 à 1940.» Fortifications & Patrimoine, IX, janv. 1999, 9-16; X, avril 1999, 2-7.
Ça devrait toujours se faire un jour, malgré le retard Embarassed (j'espère qu'Olivier "Takata" ne s'impatiente pas trop bounce ), quitte maintenant à ce que G. François corrige mes erreurs "en direct". Cool

Cordialement,
Jean-Guy
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 8 Avr 2008 - 19:17

Bonjour,

Concernant le nombre des matériels A.L.V.F. en service ou stockés en 1940, il est nécessaire de bien relever dans les archives les numéros d'affûts-trucks affectés à chaque matériel pour éviter des erreurs d'interprétation.
J'ai fait ce travail pour TOUS les matériels d'A.L.V.F. de 1914 à 1940 ( cela m'a pris de nombreuses années...car on a pas tous les jours la chance de lire une synthèse générale!), de ce fait, je peux répondre à des interrogations diverses.
Un exemple, je lis toujours l'existence en 1940 de 25 canons de 194mm Mle 70-93 sur affûts tous-azimuths Schneider, cela est vrai mais incomplet:
-en 1915, 24 matériels de ce type furent construits puis 2 autres en 1916, pour compenser l'envoi de 2 pièces à Salonique début 1916, donc 26 matériels de 194mm Mle 70-93 ont été construits.
-en 1940, il existait toujours 26 affûts de ce type,répartis ainsi:
-24 matériels mobilisés au 374° R.A.L.V.F. depuis la réorganisation du 01/4/1940.
-1 matériel stocké à Neuvy-Pailloux.
-1 matériel doté d'un tube réalésé au calibre 203mm, alésage effectué en 1919, ce matériel était stocké au camp de Mailly.
On pourrait multiplier les exemples, notamment les confusions innombrables concernant les canons de 320 Mle 70-30, au sujet desquels beaucoup d'inexactitudes ont été écrites.
Cordialement, Guy.
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Loïc Lilian
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 28 Avr 2008 - 2:27

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Gerald
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 28 Avr 2008 - 9:37

Bonjour,

je me pose la question de la repartition et de l'affectation des pieces d'ALVF :
- en temps de paix deux regiments.
- en temps de guerre (?)

Ensuite comment les deployait on : piece par piece ou par batterie (a combien de pieces ?) ?

Cordialement,

Gerald
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 28 Avr 2008 - 22:04

Bonsoir,

Les photographies de "550" postées par Loïc montrent un canon de 340mm Mle 1912 sur affût à glissement Schneider.
14 affûts de ce type furent achevés en 1919-1920, 9 portaient des 340mm Mle 1912 et les 5 autres furent réservés pour les expérimentations de pièces LP de 340/240 et TLP de 340/210 puis 340/224mm.
En 1940, 6 pièces de 340mm Mle 1912 sur affût à glissement étaient mobilisées au sein des 372° et 373° R.A.L.V.F., les autres pièces et les affûts LP et TLP étaient stockés à Saint-Pierre-Quiberon et Mailly.
Cordialement, GUY.
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 28 Avr 2008 - 22:19

Bonsoir,

Concernant la question de Gerald, il y avait 5 régiments d'A.L.V.F. mobilisés:
-le 370° R.A.L.V.F. était un régiment des Services: batteries de construction et d'exploitation de la voie ferrée, sections de Télémétrie, etc...
-les 371°, 372°, 373° et 374° armaient les matériels d'A.L.V.F.

Les batteries sont à 2, 3 ou 4 pièces suivant les matériels.
L'utilisation peut se faire par pièce isolée, surtout pour les tirs à longue portée dont le réglage se fait par la méthode " du tir par coups fusant haut" mais aussi par batteries entières, notamment pour les canons de 320 Mle 70-30 qui tirent par salves de 4 coups simultanés depuis des épis "en tenailles" ou "concentriques".
Cordialement, Guy.
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Lun 28 Avr 2008 - 23:45

Bonsoir,

une petite question quant à la production des pièces;

Si l'artillerie française possède un éventail de pièces de bonne qualité et tout à fait capables de faire le travail qui leur est encore demandé en 1940, elle a repris aussi le développement et la production de nouvelles pièces (passage du 75 au 105...), peut-être de façon moins radicale que les anglais ou allemands, qui ont recommencé d'une base (quantité) inexistante ou assez faible.

Mais en repensant aux pertes de Mai 1940, je me dis qu'en cas d'un illusoire échec allemand sur la Somme, ou même d'une guerre d'attrition (si tout s'était déroulé "normalement" en Belgique), la France se serait retrouvé à moyen terme face au manque de production de matériels nouveaux.

Je présume qu'au contraire de la Hotchkiss Mle 1914, la production du 75 n'a pas été reprise. Quid de la production de 155 C? Le 155 L aurait enfin pu montrer toutes ses qualités, comme il l'a fait chez les américains et donc je présume que sa production aurait été relancée.

Bref, la politique industrielle de la France prend-elle en compte le nécessaire renouvellement du parc d'artillerie à court terme, bien attend-elle de palier les déficits (plus ou moins) critiques (DCA, anti-char, voir chars) pour ensuite lancer la production en masse de matériels amenés à remplacer le 75.

Seconde question; la nature des combats de 1940 semble (je dis peut-être une bêtise!) montrer que le 75 encore tout son intérêt, de par sa relative mobilité, le mordant lié à sa cadence de tir et sa double utilité (anti-personnels/positions légères et anti-chars). Le 76.2 russe sera très apprécié plus tard, autant par ses utilisateurs premiers que par les allemands. Quel futur peut-on envisager pour le 75 (d'artillerie, je ne parle pas de dérivatifs anti-chars) dans le cas d'une France qui tient?
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Catalina
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 29 Avr 2008 - 13:01

Au niveau de l'artillerie divisionnaire, le 75 TAZ Mle 1939 aurait remplacé le 75 Mle 1897. Il était prévu de remplacer le 155C Mle 1917 S par le 105C Mle 1935 B, les 155 courts étant regroupés au niveau du corps d'armée. En dépit du retard accumulé, les nouvelles piéces de 105 L, 155 C et 220 C de Tarbes auraient certainement trouvées leur place en remplacement de piéces de la Premiére Guerre mondiale. Reste le 145 mm GPF, delaissé au profit de l'amélioration du 155 GPF, dont l'étude aurait du être reprise à moins de se contenter de mettre à niveau les 155 GPF en GPF-T ou de voir l'Armée adopter le 155 Mle 1932 S de la Marine.


Dernière édition par Catalina le Mar 29 Avr 2008 - 13:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 29 Avr 2008 - 13:07

ALVF a écrit:

Les batteries sont à 2, 3 ou 4 pièces suivant les matériels.
L'utilisation peut se faire par pièce isolée, surtout pour les tirs à longue portée dont le réglage se fait par la méthode " du tir par coups fusant haut" mais aussi par batteries entières, notamment pour les canons de 320 Mle 70-30 qui tirent par salves de 4 coups simultanés depuis des épis "en tenailles" ou "concentriques".
Cordialement, Guy.

Merci de m'avoir eclaire

Mais votre reponse appelle d'autres questions : kesako la methode du "tir par coups fusant haut", et quelle etait alors la portee ?

Les "epis" en question sont les embranchement de voies sur lesquels se prosition les canons ? y en avaient ils des pre-existants en temps de paix ou tout se faisait au moment de l'installation des pieces ? Combien de temps faillait'il des lors pour les mettre en place ?

Cordialement,
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 29 Avr 2008 - 21:53

Bonsoir,

La méthode de réglage du tir par coups fusant hauts a été mise au point en 1917, il s'agit d'utiliser les coups fusant hauts éclatant en l'air grâce à l'emploi d' une fusée spéciale permettant de créer un but témoin aérien très visible.La position est repérée en visant chacun des éclatements depuis deux observatoires terrestres formant une base topographique.Les réglages sont ainsi possibles de jour et de nuit dans des conditions ne permettant ni l'observation terrestre, ni l'observation aérienne des zones d'impact.Des Sections de Télémétrie du 370° R.A.L.V.F. étaient spécialisées dans le réglage particulier imposé par cette méthode qui nécessitait des appareils optiques de grande précision.
Il existait dès le temp de paix des épis de tir de l'A.L.V.F. couvrant des objectifs stratégiques situés en Allemagne (gares, points de concentrartion, etc...).Ces positions de "couverture" ont été occupées lors de la crise de 1938, en mars 1939, lors de l'invasion de la Tchécoslovaquie et à la mobilisation générale, il y avait aussi des positions de couverture face à l'Italie.Des hangars spéciaux abritaient les matériels A.L.V.F. à longue portée destinés à armer ces positions qui pouvaient être opérationnelles en quelques heures.
Cordialement, Guy.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Sam 3 Mai 2008 - 10:12

Bonjour,

En ce qui concerne les fabrications nouvelles en matière d’artillerie, elles concernaient :



Première urgence :

- canons de 25 mm AC Mle 34, Mle 34 m 39, Mle 37 (infanterie)

- canons de 47 mm AC Mle 37, Mle 40 TAZ

- canons antiaériens de 25 Mle 39, Mle 39J, Mle 40, 75 Mle 32 et 90 mm Mle 39, Mle 40

- canon de 75 mm TAZ Mle 39/40 (fabrications non montées)



Seconde urgence :

- canons de 105 mm C Mle 35B (fabrications suspendues en novembre 39 au profit du 25 AC)

- canons de 105 mm L Mle 36 S

Le canon de 105 mm C Mle 35B (mais aussi le Mle 34S), remplaçait le 155 mm C Mle 17S dans les régiments d’artillerie de campagne.



Parallèlement existaient :

- Un programme dit « d’entretien » des matériels existants qui tenait compte des matériels en stock dans les ERG, des possibilités de réparations, de fabrications nouvelles de matériels complets (155 mm C Mle 17) ou d’éléments à partir d’ébauchés.

- Un programme de transformation des matériels d’artillerie de campagne à roues bois/fer ou à pneus pleins en matériels sur pneumatiques avec le 75 mm Mle 97, 105 mm L Mle 13, 155 mm GPF (T), 220 mm C Mle 16.

En dehors des canons antichars et antiaériens, la production et le programme d’entretien étaient d’un rendement médiocre, voire inexistant, ainsi le général Gamelin écrivait le 17 janvier 1940 :

« Les renseignements recueillis laissent penser que dans l’ensemble, les quantités susceptibles d’être mises à la disposition des Armées sont actuellement faibles, ces quantités semblent inférieures aux prévisions les moins optimistes, dans une proportion atteignant 80% et parfois d’avantage. »

Pour plus de détail, je vous renvoie au second tome de mon étude sur « Les matériels de l’armée de terre française 1940 Edts Lavauzelle 1984.

Pour l’ALVF, ses plans de feux étaient intégrés aux différents secteurs fortifiés (ligne Maginot Nord-est et Alpes), dont elle représentait l’artillerie à longue portée.

Cordialement
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Sam 3 Mai 2008 - 21:27

Bonsoir,

Concernant les fabrications nouvelles de matériels d'A.L.V.F., il existait aussi un programme considérable en cours d'exécution, essentiellement aux usines Schneider du Creusot:
-construction de deux matériels de 240mm Mle 1929 Schneider (portée 50 000m).
-transformation de canons de 320 Mle 1870-84 en 1870-30.
-alésage de 8 canons de 340 Mle 1881 et 1884 en 370 Mle 1915, à monter sur affûts à glissement pour l'attaque des fortifications allemandes.
-tourillonage de 18 tubes de 320 Mle 1917, de 305 Mle 1893-96, de 305 Mle 1906-10 pour créer des rechanges aux matériels existants.
-relance de fabrication de matériels à Très Longue Portée (TLP), par rayage de canons de 340/240, tubage de canons de marine de 305 provenant des cuirassés russes et autrichiens, internés ou cédés après 1918, remise en état du 340/224 TLP de 150 calibres avec un tube de 220mm, etc...(portées de 60 000m à 120 000m suivant les modèles).
J'ai cité ces programmes dans mon étude sur l'Histoire de l 'A.L.V.F. française.
Depuis cette parution, j'ai trouvé de nouveaux documents et des photographies prouvant que ce programme était activement mené ce qui montre que les priorités accordées aux matériels modernes n'empéchaient pas le développement de programmes secondaires jugés importants.
Cordialement, Guy.
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