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 Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant

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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 7 Aoû 2007 - 23:02

François,
Juste avant de prendre demain de (trop) courtes vacances: aurais-tu flairé qq chose en parlant de l'Archevêque?
Pour Caton, j'ai des souvenirs personnels avec lui et c'est une référence. On en reparlera.
A bientôt sur les ondes et bien sûr "Ici, Londres!"
Stéphane
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BRH
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 8 Aoû 2007 - 17:50

Bravo à Stéphane Ferrard pour son "uchronie" ! Je suis bluffé. A propos de la 6ème armée, n'était-elle pas destinée à faire face à une invasion de la Suisse ?

On se préoccupait presque autant de cette "variante" au GQG, il me semble, non ?

Cela dit, je ne vois guère les Italiens capables de forcer le réduit alpin des Suisses. Bref, j'attends la suite avec impatience.
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 8 Aoû 2007 - 18:01

Voici deux cartes sur les Suisses (si j'arrive à faire marcher le bidule)





Alleluïa, ça a marché. Alors je sais que la première carte suppose qu'on peut passer par la France, mais avec une chanson, et un peu d'imagination...
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 17 Aoû 2007 - 18:13

Quatorzième partie

Tout pour l’avant !
Alors qu’il commandait la 7ème Armée, le général Giraud avait été choqué par les déficits en matériels antichars et anti-aériens dont souffrait son armée destinée, lors de la manœuvre Breda, à affronter « des masses de chars ». (NDA : rigoureusement exact, le général Giraud envoya de nombreux rapports à ce sujet et c’est pourquoi, il fut « soulagé », dans notre fiction, d’apprendre l’abandon de la variante Breda). Depuis sa nomination au commandement du front Nord-Est, un de ses principaux soucis fut d’accélérer les dotations des GU de « l’aile marchante », pour les porter aux TED (Tableaux d’effectifs et de dotations) réglementaires « pour le moins ». A ce titre, il préconisa de prélever sur les forces de l’intérieur et des unités de « second rang », les matériels modernes qui existaient pour les rendre « utiles à la bataille ». En apprenant que plusieurs centaines de canons de 25 mm AC Mle 37 APX étaient refusées en recette à cause d’une vitesse initiale trop faible de quelques mètres/seconde, (NDA : rigoureusement exact) il explosa : «Ce n’est pas aux boches qu’il fallait déclarer la guerre mais aux garde-mites et aux cons, n’importe comment, c’est pareil ! ». Par ailleurs, il s’insurgea contre la pratique de mise à la disposition « d’unités nouvelles » de matériels en stock dans les ERG (Etablissements de Réserve Générale) au détriment des « volants » indispensables pour « alimenter la bataille » (NDA : rigoureusement exact pour la situation). Pour le général Giraud : « On ne cesse de former des unités nouvelles, alors que celles appelées à intervenir dans la bataille et ce, dans un avenir proche, sont loin de posséder leurs dotations règlementaires. Il faut que cela cesse ! »
Le 23 avril, il fit diffuser une note en accord avec le ministre de la Guerre Edouard Daladier et le général Georges :
« Le général commandant en chef le front Nord-Est, attire l’attention de tous les services chargés de l’approvisionnement des Armées sur le fait qu’il faut qu’au plus vite et en fonction de nos fabrications, les matériels et équipements modernes soient dirigés en priorité vers l’avant. L’esprit garde-magasin ne sera plus toléré. Il faut que dès aujourd’hui tout, je dis bien tout, soit pour l’avant ! ». Par ailleurs, le général Giraud fit inspecter les DI de série B en disant : « Si la troupe ne salue pas à 6 pas, le général saute ! ». La gare de Limoges fut rapidement encombrée !! Pour remplacer les généraux, le général Giraud eut cette phrase restée célèbre : « Faites venir les colonels, du moins ceux capables de monter à cheval cinq heures d’affilé et ensuite d’aller au bal avant de passer le reste de la nuit à honorer une coquine! *» (En cela, le général rappelait la « verdeur » bien connue du maréchal Pétain (NDA : rigoureusement exact) qui, jusqu’à un âge avancé, était capable de remplir l’ensemble de ces conditions, c’est peut être pour cela que Pétain, colonel partant à la retraite en 1914, termina la guerre comme commandant en chef des forces terrestres françaises !). Au 4ème bureau qui s’inquiétait du « tout pour l’avant », le général Giraud répondit : « En dehors des volants nécessaires pour alimenter la bataille, un canon en stock est un canon muet et j’ai besoin que ça tonne ! ».
Ensuite, et en plein accord avec l’Amiral Darlan et le général Vuillemin, il ordonna que : « Les manœuvres aériennes visant à habituer la troupe aux attaques aériennes en piqué ou en vol rasant effectuées trop parcimonieusement au profit des 1ère et 7ème Armées (NDA : rigoureusement exact), soient étendues à toutes les Armées et, en priorité, aux 2ème et 9ème ainsi qu’au groupement Delestraint. Ces manœuvres devront avoir un caractère massif autant que les disponibilités le permettront, les unités de bombardement seront couvertes par la chasse pour habituer la troupe à la vue de concentrations aériennes. »
Comme le notera le général Roton : « Dès la prise de commandement du général Georges, on put sentir comme un nouveau souffle, un peu comme la marmotte qui se réveille au printemps après un long hiver. Sous l’énergique impulsion du général Giraud, et des mesures disciplinaires prises à l’encontre de certains officiers, y compris supérieurs, et très rarement vis-à-vis des sous-officiers et de la troupe, le moral remonta. Dès la fin avril, on assista à un véritable chassé-croisé de matériels principalement antichars entre des unités de l’intérieur et celle de l’avant (terme imposé par le général Giraud car, pour lui, le terme « front » était trop statique). Dans les grands camps, nos DCR s’entraînaient à un rythme soutenu, peut être un peu trop ! (NDA : le général Roton fait là allusion aux méthodes d’entraînement « musclées » utilisées par le colonel de Gaulle depuis qu’il avait commandé le 507ème RCC et qui lui avaient valu la réprobation du général Giraud mais, cette fois-ci, on était en guerre). On avait, toutefois, l’impression que la machine était repartie. »

* Essayez de le faire, si vous êtes cavalier, ce n’est pas évident même si vous avez « l’âge du capitaine ». Par Saint Georges, croyez-en l’expérience de l’auteur de cette fiction !
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Lun 20 Aoû 2007 - 10:56

Quinzième partie
De la Manche à Menton
Le 24 avril, comme prévu, une nouvelle réunion de l’OKW fut organisée mais un plan d’opération complet ne fut pas présenté. Ceci tenait à plusieurs raisons dont :
-L’assurance de voir l’Italie se ranger aux cotés de l’Allemagne dans une grande offensive « de la Manche à Menton », n’était acquise que depuis 48 heures. Des contacts étroits avec l’Etat-major italien s’avéraient nécessaires du moins pour ce qui était des opérations combinées en Suisse et d’une offensive purement italienne en direction de Menton/Nice/Toulon/Marseille.
- La nécessité absolue de coordonner l’action de la Luftwaffe avec celle de la Regia Aeronautica « au minimum sur la Suisse et la région lyonnaise »
- De l’aide éventuelle à apporter aux forces italiennes et en particulier le soutien logistique (suite aux négociations d’Innsbruck)
- De la date de l’offensive en fonction des conditions météorologiques (NDA : comme pendant la PGM, les Allemands étaient handicapés par le manque d’informations météo. en provenance de la cote Ouest du continent américain).
- De l’opposition de l’OKW mais aussi de l’OKH à la manœuvre Sichelschnitt « aventureuse » selon certains. Sentiment conforté par l’attitude des Français qui renforçaient leur « ventre mou ». L’axe d’effort principal sur Sedan était-il encore d’actualité ? En cela, von Kleist et Guderian défendaient « becs et ongles » cette manœuvre mais en direction du Sud, en arguant que : « même si la surprise semblait être passée, seule la vitesse d’exécution comptait ! ». Le général von Rundstedt chef du groupe d’Armées A, se déclara favorable au maintien d’une offensive sur Sedan qui, même si les franco-britanniques ne montaient pas en Belgique, serait le point de rupture de leur front et permettrait l’enroulement de tout leur système fortifié de l’Est. La Luftwaffe estimait qu’elle pourrait paralyser l’artillerie française de tout le secteur par une présence continue : « Toute batterie française ouvrant le feu serait alors directement prise à partie par nos Stukas. »
- La date de l’offensive prévue pour le début mai était repoussée à une date aussi proche que possible pour tenir compte des conditions météorologiques mais aussi du fait que l’ennemi se renforçait chaque jour. Ce laps de temps serait utilisé au renforcement de la 9ème PzDv pour la porter à la valeur de deux Pz Rgt au lieu d’un.
- Le général Halder, chef d’état major de l’OKH, demanda le retrait du 31ème Corps blindé Rheinhart fort des 6ème et 8ème PzDv du groupement blindé du général von Kleist (12ème Armée von List) pour l’affecter à la 4ème Armée de von Kluge afin de remplacer le 15ème Corps blindé du général Hoth dont les 5ème et 7ème PzDV étaient réservées pour l’offensive en Suisse. Ceci « Afin de saisir l’occasion de surprendre la 9ème Armée française en flagrant délit de mouvement si celle-ci venait à vouloir s’installer sur la Meuse de Dinant. » L’offensive sur la Meuse entre Givet et Charleville-Mézières serait conduite par l’Infanterie. D’autre part, le général Jodl, chef des opérations de l’OKW, s’interrogea « sur le bien fondé de l’invasion de la Hollande, maintenant qu’avec le retrait de la 7ème Armée française de l’aile gauche du dispositif des Alliés, la menace sur la Rhur semble sinon disparaître, du moins s’atténuer fortement. Les éléments aéroportés prévus pour cette opération seraient certainement plus utiles en Suisse. Une fois la France vaincue, ce n’est pas l’Angleterre qui pourra venir au secours de la Hollande que nous pourrons alors « avaler » en 24 heures. Le général von Leeb, chef du groupe d’Armées C déployé de Wiesbaden à la frontière suisse et qui, à ce titre, mènerait l’offensive à travers la Suisse, demanda l’affectation de deux divisions de montagne pour cette opération : « Alors qu’actuellement une seule se trouve sur le front Ouest. » Le Führer conclut cette réunion en disant : « Pour la Hollande, il faut réfléchir car je tiens, au plus tôt, à m’assurer du contrôle de toute la rive Est de la Manche et de la mer du Nord. En fait, de la Norvège au Golfe de Gascogne pour avoir un débouché sur l’Atlantique et ainsi par des attaques aériennes et sous-marines amener l’Angleterre à signer la paix. Dès la France vaincue, nous nous retournerons vers les Balkans pour balayer la Yougoslavie et la Grèce avec nos alliés italiens. Nous serons dès lors en mesure de nous retourner, sans craindre un second front, contre notre principal ennemi : l’URSS ! »
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Lun 20 Aoû 2007 - 11:06

Réponse à Roy-Henri,
Tout à fait exact pour la 6ème Armée et pour l'hypothèse Suisse au point que dans la nuit du 10 au 11 mai, un MB 174 fut envoyé en reconnaissance dans la zone nord de la frontière suisse. Il ne vît rien. Par contre d'autres virent parfaitement le mouvement à travers les Ardennes, on ne les traita pas de fous mais presque!
A noter que la 4ème DLM en formation en mai 1940 était destinée à l'hypothèse suisse pour précéder les GU de la 6ème Armée.
La Suisse était la grande inquiétude de Gamelin et des liens étroits avaient été noués avec l'EM suisse (général Guisan) mais nous verrons ça un peu plus tard dans cette fiction.
Cordialement
S. Ferrard
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 12:01

Seizième partie
Dix dont cinq mais avec une citation tout de même !

Le 27 avril, l’Aéronavale et l’Armée de l’air organisèrent un exercice de bombardement en piqué sur les positions de la 2ème Armée dans le secteur de Sedan. Cet exercice était conforme aux demandes du général Giraud et de l’accord passé entre l’Amiral Darlan et le général Vuillemin quelques jours plus tôt. Pour le bombardement, ce fut l’AB 4 équipée de LN 401 et basée à Orly (NDA : rigoureusement exact) qui fut choisie (NDA : Les LN 401 ressemblaient aux Ju 87 avec leurs ailes en W), sur les 9 appareils dont elle disposait fin avril (NDA : dans la réalité, elle recevra ses trois derniers LN 401 portant l’effectif à 12 appareils que le 12 mai suivant), elle ne put en mettre que 6 (en deux sections de 3) en ligne. L’escadrille était commandée par le LV Francis Laine (NDA : personnage réel qui finira sa carrière comme commandant de l’escadre de l’Atlantique avant de prendre sa retraite en 1969). Lors de ses déplacements à Paris (fictif), le lieutenant de vaisseaux avait entendu parler par des militaires polonais qu’en Pologne, les Stukas avaient utilisé des sirènes lors de leurs piqués pour effrayer les hommes et les chevaux jetant ainsi, le désordre dans les colonnes. Il fit alors « bricoler » une sirène par ses mécaniciens « pour voir », sinon « pour entendre ». Mais un tel « cirque » en région parisienne n’était pas pensable. Aussi, saisit-il l’occasion du 27 avril pour « essayer » son instrument dont il était le seul à disposer. L’escadrille décolla à 7h 30 min. pour rejoindre le terrain de Suippes où se trouvait le GC 1/5 équipé de Curtiss H 75. Après avoir difficilement trouvé le terrain, habilement camouflé (NDA : rigoureusement exact), les LN 401 se posèrent pour refaire les pleins. Le LV Francis Laine prit alors contact avec le commandant Murtin (NDA : personnage réel), patron du groupe. Le dispositif fut vite « ficelé » : en patrouille haute, 9 Curtiss « Car on ne sait jamais, les boches traînent dans le coin ! », ensuite, chaque section de LN 401 fut couverte par une patrouille triple de Curtiss soit 9 chasseurs pour 3 bombardiers. « Nos patrouilles d’accompagnement effectueront des attaques en vol rasant après vos piqués. Il faut bien que mes chasseurs se dégourdissent « le manche » dit, avec un sourire, le commandant Murtin au LV Francis Laine. (NDA : A cette époque, les chefs d’unités tactique avaient une grande liberté d’action). La patrouille haute était assurée par le capitaine Accart dont le second était Marin la Meslée. (NDA : rigoureusement authentique pour l’ordre de bataille du GC 1/5 fin avril 1940.) A terre, le général Huntziger, patron de la 2ème Armée avait convié les généraux Grandsard (10ème Corps) et de Lattre (21ème Corps) à assister au « meeting aérien offert gracieusement par les marins et les aviateurs ». La démonstration eut lieu dans la presqu’île d’Iges, sur la deuxième position à hauteur de Torcy. Le général Huntziger arriva à cheval avec une partie de son Etat-major alors que Grandsard et de Lattre arrivèrent en voiture. Rappelant la formule du général Giraud : « Cinq heures de cheval, le bal, la coquine… », Huntziger toisa ses généraux et leur dit : « Alors Messieurs, on oublie le règlement ? ». Ni l’un ni l’autre ne répondirent, car l’affaire du général Giraud avait fait grand bruit auprès des épouses de colonels et même de généraux qui, réunies en un Bureau pour la morale chrétienne (BMC, NDA : les anciens apprécieront !), ont déclaré : « Va pour être cocues, si c’est pour la France, mais où se trouve notre dignité ? » Seule, Madame de Gaulle répondra : « Mon époux est en char, cela ne vaut donc pas pour lui ! ». Des ordres furent donnés pour interdire aux épouses d’officiers supérieurs la zone des armées et particulièrement celles possédant un rouleau à pâtisserie ! Le général Giraud « devant ces mégères » publia un texte qui ne parlait plus que de : « Cinq heures de cheval d’affilé avant d’aller avec son épouse au bal de garnison ! ». La morale était sauve ! ( NDA : Le colonel Pétain, commandant le 33ème RI d’Arras en 1913, aimait à inviter ses meilleurs officiers à la « lanterne rouge », parmi eux, CDG qui, bien sûr, déclina toujours ces occasions de « faire la noce », du moins, c’est ce que les « gaulliens » purs et durs affirment !
Le « bal » commença à 10 h 30 min. avec l’arrivée à la verticale de Torcy d’une trentaine d’avions (NDA : 6 LN 401 et 24 Curtiss H 75). « C’était la première fois que nous voyons autant d’avions en l’air », note le général Huntziger. « Pour attaquer nos objectifs au sol, de grands panneaux de signalisation avaient été déposés dans des prairies. On ne pouvait les rater. Notre attaque s’effectua en semi-piqué sous un angle compris entre 60 et 45° de 1200 m à 300 m avec ressource. (NDA : rigoureusement exact pour les méthodes d’attaque des LN 401). A l’amorce de mon piqué, je mis en œuvre ma sirène dont le bruit strident remplit mon habitacle - note le LV Francis Laine – nos bombes d’exercice frappèrent les bords des grands carrés de 50x50 m posés au sol. Une fois notre première attaque effectuée, nous recommençâmes deux fois afin d’habituer la troupe aux attaques aériennes mais sans bombe. Ensuite, avec ma section nous partîmes en « chasse libre » sur les arrières et successivement nous attaquâmes une unité montée puis, une colonne hippo, la soupe certainement. Après nous reprîmes la direction du terrain de Suippes car, l’après-midi, nous devions remettre ça dans la région de Carignan. »
Le LV Francis Laine, ne devait pas reprendre son vol car, alors qu’il se dirigeait en début d’après-midi vers son LN 401 sur la base de Suippes, il fut intercepté par deux gendarmes qui le mirent aux arrêts au motif « d’avoir gravement compromis, par une attitude irresponsable, le déroulement de manœuvres aériennes ayant lieu le jour même. » Le commandement de l’escadrille fut alors remis au LV (réserve) Pierre Habert, son second, pilote d’essai de la SNCAO qui construisait justement le LN 401 (NDA : Rigoureusement exact pour les fonctions). Laine écrit : « Je fus foutu au trou sans ménagement et sans savoir pourquoi. Heureusement le commandant Murtin me déposa, en personne, une bouteille de Champagne en me disant avec vos taxis, vous avez foutu un sacré bordel ! Ceci sans plus d’explications »
Les explications, le FV Francis Laine devait les avoir un peu plus tard : Lors de son premier piqué « sirène hurlante » sur Torcy, le cheval du général Huntziger (un magnifique alezan) se pointa et le général perdit son képi mais, heureusement, bon cavalier, au lieu de chuter, il se retrouva accroché à l’encolure de son cheval dans une position « peu enviable » alors que sa monture embarquait et partait « vent du bas », le reste son Etat-major étant « cul par-dessus tête ». On dit que le général Grandsard dans son Laffly S 15 R, eut un sourire. Le général Huntziger hurlait « Arrêtez ce cirque, arrêtez !! » Hélas, faute de liaisons radio sol-air, il était impossible d’arrêter « le cirque » et aucun panneau ne le permettait. Les avions de bombardement en piqué reprirent donc leurs attaques et, sous l’effet des sirènes (En fait, il n’y en avait qu’une), mirent en déroute les chevaux « haut le pied » de batteries d’artillerie qui se trouvaient à proximité. « Bientôt, dans le périmètre, les chevaux qui avaient rompus leurs attaches furent mélangés aux vaches dans une panique collective et, pour la plupart, vinrent s’échouer et se blesser dans les fils de fer barbelés des clôtures. Quelques avions avaient suffi à immobiliser pas moins de 3 batteries d’artillerie, sans compter les paysans du coin qui réclamaient d’une manière véhémente un dédommagement pour la traite qu’était foutue ! ». Note un officier d’Etat-major. Mais le pire était à venir. Après avoir piqué trois fois sur Torcy, les LN 401, accompagnés des Curtiss des patrouilles basses partirent en « chasse libre » sur les principaux axes menant à Sedan. Le hasard voulu qu’à ce moment, un escadron à cheval du 11ème Régiment de Cuirassiers de la 5ème DLC commandé par le chef d’escadron Paul Henry Georges de la Feuillarde (personnage imaginaire), s’en vînt à trottiner sur l’axe Noyers Pont Maugis/Sedan. Nous lui laissons la parole : « En fin de matinée, ce 27 avril 1940, j’eus à conduire une étape de mon escadron depuis Noyers jusqu’à Sedan, dans ses faubourgs populaires. Bien que cet objectif purement de circonstance me rebutait, j’acceptais la mission et dès l’aube, je fis sonner le réveil. Nous nous mîmes en marche à 10 heures, formation impeccable, robe des chevaux splendide, harnachements et équipements « au top », cavaliers à la botte. Bref, une formation digne des plus grandes traditions de l’Arme. A la tête de mon escadron, juché sur mon « admirable », Buffévant, un entier de selle français fils de … (je vous passe les détails, restons simples) et avec lequel j’avais « toqué » mes petits camarades à Saumur, en concours hippique, je pris donc la route sous un ciel digne de vacances à Nice. Alors que nous arrivions en vue de Sedan, soudain surgirent dans le ciel une douzaine de points noirs. Ces derniers s’avérèrent être des « tagazous » (NDA : Surnom souvent donné aux avions allemands par les français en 1940), c'est-à-dire des avions qui, d’un coup, et pour trois d’entre eux, piquèrent sur nous sans se présenter ! En plus, ils s’accompagnèrent d’un bruit démoniaque qui, à lui seul, mit « cul par-dessus tête » tout l’escadron. Moi-même, versant dans le bas fossé, hélas, rempli d’une fange nauséabonde. Reprenant mes esprits et voyant les sinistres « tagazous » revenir, debout au milieu de la route, sans soucis de nos montures qui divaguaient, avec mon « 92 » (NDA : revolver Mle 92 en 8 mm) je fis feu. Constatant que ces avions portaient de grandes cocardes et non des croix noires, mon indignation fut à son comble et j’adressais, dès l’arrivée à l’étape, un rapport de mon crû contre « ces pirates de l’air qui bafouaient toutes les règles de la guerre ! ». A la sortie Est de Villiers sur Bar, les LN 401 réalisèrent une nouvelle attaque simulée contre une colonne hippomobile qui s’en allait vers le bois de la Marfée pour préparer la soupe du soir d’une unité d’infanterie en réserve dans cette région. Là aussi, la sirène du LV Francis Laine fit « merveille », gamelle et bidons jonchèrent bientôt la route tandis que plusieurs voitures embarquèrent au grand dam des cuistots qui courraient derrière. Heureusement, il n’y eut que deux chevaux de blessés et un essieu brisé sur un fourgon omnibus. Le général Huntziger demanda immédiatement un rapport et des sanctions disciplinaires contre « ces sauvages d’aviateurs ». Toutefois, les officiers de l’Armée de l’air et de l’Aéronavale qui avaient eux aussi été conviés à l’exercice par le général rembarquèrent dans leurs voitures « un certain sourire aux lèvres ». Le 28, le LV Francis Laine fut convoqué au Ministère de l’Air qu’il connaissait bien par l’inspecteur général Joux, son ancien patron alors qu’il était aux services techniques du ministère entre septembre et décembre 1939 et avant de prendre le commandement de l’AB 4 le 1er janvier 1940. Dès qu’il rentra dans le bureau de l’inspecteur général, ce dernier dit à Laine : « Alors mon cher, j’apprends que vous avez mis un sacré bazar chez Huntziger pas plus tard qu’hier. D’après ce dernier, il aurait été préférable que vous utilisiez de vraies bombes plutôt que votre fichue sirène, ce n’aurait pas été pire. Heureusement il n’y a pas eu de mort ni de blessé à part quelques contusions dans un escadron monté. Dites-moi, c’est quoi au juste votre trompette de Jéricho ? » Le FV Francis Laine lui raconta alors l’histoire. « Vous êtes sûr que les Stukas utilisent de semblables accessoires ? F. Laine confirma. « C’est très intéressant ce que vous me dites là. Bon, je maintiens bien sûr, les mesures disciplinaires à votre encontre, mais pourriez-vous faire équiper toute votre escadrille de sirènes et nous faire une démonstration rapidement, bien sûr en mer, pas la peine d’en rajouter, et à partir du terrain de Cherbourg-Querqueville que vous allez rejoindre dès le 1er mai pour reprendre vos exercices à tir réel, chose impossible à partir d’Orly. Les Chance-Vought de l’AB 3 vous remplaceront pour les « meetings » aériens au profit des forces terrestres. La démonstration eut lieu sur la balise du cap Lévi le 8 mai en présence de l’Amiral Darlan, du général Vuillemin et du général Giraud (Tout le monde avait retenu la pagaille répandue dans la troupe par quelques avions). L’Inspecteur général Joux qui assista à la démonstration écrit : « Huit LN 401 de l’AB4 conduit par le LV Francis Laine foncèrent sur la balise en semi-piqué les uns derrière les autres en actionnant leurs sirènes mais aussi en tirant au canon (NDA : de 20 mm) et à la mitrailleuse. Chacun d’entre eux largua une bombe réelle de 150 kg juste avant la ressource. Le bruit, infernal, nous glaça le sang, nous fûmes nombreux à nous boucher les oreilles, malgré notre éloignement (ponton à 1000 m de la balise), le souffle des bombes nous arriva au visage. Après cette passe, nous étions tous secoués mais chacun de s’accorder sur le fait qu’une pareille attaque sur des unités, particulièrement hippomobiles, voire même automobiles serait redoutable. Pour l’Amiral Darlan, ces sirènes ne pouvaient avoir d’effet que sur des objectifs terrestres et non sur des navires et que la mission des AB était justement l’attaque d’objectifs à la mer. Le général Vuillemin fut, par contre très intéressé car il avait noté que tout le monde avait protégé ses oreilles, « comme le feront les servants de la DCA ennemie » dit-il. Il demanda à ce que plusieurs sirènes « du type marine » (en fait un bricolage des mécaniciens de l’AB 4) soient mises en essais sur les Bréguet 691. Pour le général Giraud : « C’est un beau cirque mais le coup de la sirène ne marchera pas longtemps, la troupe s’y habituera, toutefois, lorsque l’on voit les effets sur les chevaux, s’habitueront-ils eux aussi ? ». Sur proposition de l’Inspecteur général Joux, le LV Francis Laine fut cité « Pour sa mise au point d’un système aérien d’effrayement aussi simple que peu coûteux et aux effets conséquents ». Le 28 avril les services de l’Abwehr transmirent à l’OKW la note suivante : « Hier, en fin de matinée et au milieu de l’après-midi, des formations d’appareils d’attaque en piqué ressemblant étrangement à nos Stukas ont effectué plusieurs simulacres de bombardement contre les troupes de la 2ème Armée, en particulier dans la presqu’île d’Iges et à Carignan. On a noté certaines scènes de panique dans les troupes au sol. Une colonne de cavalerie a été désarçonnée par plusieurs « Stukas » qui ont utilisé des sirènes au son très aigu. ». En prenant connaissance de cette note le général Keitel s’exclama : « Il faut lancer notre offensive au plus tôt car ces bougres (Français) sont en train de nous préparer une « entourloupe » (en français dans le texte).
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 14:30

Toujours aussi passionant !

La suite, svp, vite !
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 17:07

Stéphane Ferrard a écrit:
(...) le chef d’escadron Paul Henry Georges de la Feuillarde (personnage imaginaire) (... ) Nous lui laissons la parole : « En fin de matinée, ce 27 avril 1940, j’eus à conduire une étape de mon escadron depuis Noyers jusqu’à Sedan, dans ses faubourgs populaires. Bien que cet objectif purement de circonstance me rebutait, j’acceptais la mission et dès l’aube, je fis sonner le réveil. (...)

Une question me turlupine: faut-il considérer PHGdlF comme un aristo d'abord et un cavalier ensuite ou bien l'inverse ? Dans le premier cas, il aurait écrit "bien que cet objectif de circonstance me rebutât, j'acceptai" afin de ne pas laisser passer l'occasion de placer un imparfait du subjonctif, tandis que l'orthographe retenue correspond bien à un fin de race chez qui, dans l'équipe "la tête et les jambes" le propriétaire de la première est entre les secondes... Laughing
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 17:09

Ca vient, ça vient!
Dix-septième partie
Un premier mai, pas chômé pour tout le monde !
Le 29 avril au soir, Edouard Daladier téléphona à Paul Reynaud pour lui demander la réunion immédiate d’un Comité de guerre restreint auquel il avait une communication de la plus haute importance à faire. Paul Reynaud accepta malgré son irritation grandissante vis-à-vis de Ministre de la Guerre et de la Défense Nationale, trop « mou » à son goût. Pour lutter contre l’attentisme général, n’avait-il pas lancé, lui-même, l’opération en Norvège ? (NDA : Pour cette opération, qui est une histoire parallèle à notre fiction, nous n’en parlons pas car elle connut un déroulement parfaitement conforme à la réalité jusqu’au retour en Bretagne.) La réunion fut fixée au 1er mai à 18 heures, Léon Blum et Edouard Daladier devant prendre part aux manifestations du 1er mai. (Leur absence aurait choqué). A cette réunion assistèrent :
- Le président de la République Albert Lebrun
- Le Président du Conseil Paul Reynaud
- Le Ministre de la Guerre Edouard Daladier
- Le général Georges, chef d’état major
- Le général Giraud, commandant en chef le front Nord-Est
- L’Amiral Darlan
- Le général Vuillemin
A l’invitation d’Albert Lebrun, président de séance, Edouard Daladier d’une voix étranglée, prit la parole : « Messieurs, de source sûre et parfaitement authentifiée, j’ai le regret de vous informer, que suite à la réunion du chancelier Hitler et du Duce à Innsbruck les 20 et 21 avril derniers, l’Italie s’apprête à entrer en guerre aux cotés de l’Allemagne, ceci afin de lancer sur l’ensemble du front Ouest une vaste offensive de la Manche à Menton, très certainement au début du mois de juin prochain. La neutralité suisse serait violée ! » Un silence glacial accueillit ces propos, Paul Reynaud cassa entre ses doigts le crayon mine qu’il y tenait. De sa voix haut perchée, il s’exclama : « Ce n’est pas possible, d’où viennent vos informations, de la voie diplomatique ? ». Daladier répondit : « Que ma réponse ne soit pas inscrite au procès verbal, il en va de l’intérêt supérieur de la Nation et de la protection des personnes ! ». Effectivement dans le compte-rendu de la réunion, il existe un blanc et même un très grand blanc. Le premier interlocuteur à réapparaître dans le PV est l’Amiral Darlan et en ces termes : « Les italiens ne sont pas de taille à lutter contre « ma » flotte et celle des Anglais en Méditerranée. Qu’ils y viennent et on leur foutra la raclée ! ». Le général Vuillemin considéra cette nouvelle comme une « catastrophe » à laquelle « il ne voulait pas croire ». De son coté, le général Georges fut le moins émotif : « Il fallait s’y attendre, un peu plus tôt, un peu plus tard, c’est du pareil au même. Face à cette fort probable agression, je propose d’abord de réaliser l’unité de commandement de l’ensemble du bassin méditerranéen en la personne du général Weygand, le seul capable de rassembler (NDA : Daladier toussa !) et ensuite, en accord avec nos amis britanniques de préparer immédiatement une offensive conjointe contre les forces italiennes en Libye, pour nous, partant de Tunisie, pour les Anglais, partant d’Egypte. En ce qui concerne le front des Alpes, j’ai pleine confiance dans le général Olry pour mener la bataille à partir de notre système défensif établi de longue date. Pour la Suisse, les contacts amicaux et permanents établis avec l’Etat-major du général Guisan me semblent de bon augure (NDA : En effet, contrairement aux Hollandais et aux Belges, les Suisses furent en relation étroite avec l’AF jusqu’à l’Armistice, nous y reviendrons). Les boches se dispersent et c’est toujours ça de gagner ! ». Le Président Albert Lebrun répondit : « Mon général, vous avez la profondeur de vue du Maréchal Joffre sur la Marne ! Nous avons le devoir de prévenir nos amis britanniques si, ils ne sont pas déjà au courant via leurs services de renseignements.» Le PV note : « Rires retenus dans l’assistance ». Dès le 10 mai, le général Weygand de retour de Beyrouth s’installa discrètement à Alger et fut nommé commandant en chef des forces alliées pour l’ensemble du théâtre d’opérations méditerranéen, ceci en plein accord avec Londres. Georges Mandel, Ministre de l’Intérieur, apprenant la nouvelle laissa tomber : « Weygand à Alger, ça pourrait servir… »
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 17:13

Réponse à Louis,
Tout à fait d'accord mais j'ai hésité pour faire "populo" Merde, quoi!
Les deux mon général!
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 17:26

Je pécise à Louis,
Je suis cavalier "crottin" depuis des lustres et des "Merde quoi" j'en ai connus!
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 18:27

Merci de ces précisions. Sans en être un, ça me rappelle que "sobre mais âpre à défendre sa mangeoire, le sapeur joint à la saleté inhérente à son arme, la méfiance du Fantassin, l'arrogance du Cavalier et la suffisance de l'artilleur."
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 21 Aoû 2007 - 19:09

Bien dit et parfaitement "d'actualité" avec cette fiction. Une réserve toutefois: Pourquoi un cavalier porte t-il toujours un couvre-chef?
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Jeu 23 Aoû 2007 - 18:57

Mea culpa mais fluctua!
Horrible, dans la dix-septième partie de la Victoire en chantant et à la fin du texte,je donne Georges Mandel comme Ministre de l'Intérieur, à cette date, il était encore Ministre des Colonies.
Damned! C'était le bon temps!
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 24 Aoû 2007 - 14:26

Dix-huitième partie
Le grand coup de gueule de Paul Reynaud
Le 9 mai, eut lieu un conseil des ministre pour le moins « agité ». Paul Reynaud dénonçant l’apathie générale et « les désordres » que connaissait notre effort d’armement (NDA : Dans la réalité lors du conseil du 9 mai, il demanda le renvoi du général Gamelin, mais dans notre fiction, ce dernier ayant glisser dans l’escalier…..). Il visait en cela le ministre de la guerre et de la défense nationale, Edouard Daladier « dernier rempart des mous ! ».. « Il faut, avec toute la vigueur possible, faire appliquer les décisions du général Giraud (voir notre 14ème partie) que la troupe reprenne ses exercices comme le fait le groupement cuirassé car, avec Delestraint et de Gaulle, ça tourne ! Il faut aussi prendre des mesures disciplinaires contre les services de l’arrière qui entravent nos efforts d’équipement, dans l’Armée de l’air en particulier » S’écria Reynaud. Daladier se sentant directement viser (NDA : et c’était bien le cas) se lança alors dans un véritable inventaire à la Prévert des responsabilités allant des Ministres, en passant par les industriels et même certains responsables militaires. Le coupant sèchement, Paul Reynaud, dont on sentait la rage vis-à-vis de Daladier, lui lança : «Vous vous déchargez de vos responsabilités derrière un écran de fumée ! » Ce qui était pour le moins injuste et en grande partie faux mais Paul Reynaud ne pouvait s’en prendre au Ministre de l’Air, Laurent Eynac qu’il avait lui-même fait entrer dans son gouvernement ! « Avec un bel effet de manche » note Georges Mandel, Reynaud remis alors sa démission « Ne pouvant être plus longtemps, complice d’une politique de Défense qui mène la France droit à la défaite ! » . La Président Albert Lebrun lui demanda d’attendre quelques jours avant qu’un nouveau gouvernement pût être formé. (NDA : Rigoureusement exact). Le lendemain, 10 mai, Winston Churchill était nommé Premier Ministre par le roi Georges VI, le nouveau Prime nomma immédiatement un nouveau gouvernement en grande majorité conservateur (NDA : rigoureusement exact). Le 13 mai, Paul Reynaud accepta à la demande du président Albert Lebrun de former un nouveau gouvernement comme président du Conseil mais en récupérant le portefeuille de ministre de la Guerre et de la Défense Nationale, Daladier prenant les Affaires Etrangères et Georges Mandel l’Intérieur. Laurent Eynac restait ministre de l’Air. « Dès le 15 mai – note le critique militaire suisse Willy Bauer – et sur ordre de Paul Reynaud, on assista à une véritable chasse aux sorcières en France. Des missions d’enquête se répandirent dans tous les recoins de la Défense Nationale en prenant des mesures administratives fortes au point, par exemple, qu’un ouvrage de la Ligne Maginot qui réclamait en vain depuis des mois des obus perforants pour ses canons antichars de 47 mm modernes, les reçut en triple dotation le 25 mai. –Mais où fais-je les mettre ? S’inquiéta le chef d’ouvrage – Ca, c’est pas notre problème, nous on nous a dit de livrer, alors on livre, c’est tout ! Lui fut-il répondu. » Les corps francs virent d’un coup débarquer comme « volontaires » des sous-officiers et officiers à la bonne bedaine, venant des dépôts et services de l’Intérieur. « Les pauvres types crevaient de trouille et ne savaient pas tenir une arme. Comme ils étaient plus un danger pour nous qu’un renfort, on les affecta aux corvées de l’ordinaire. On vit alors de vieux officiers subalternes manier le balai plus sûrement que le mousqueton !». Témoigne un officier dont le corps franc « faisait le coup de feu » en Sarre. A la 34ème escadre de bombardement qui avait « subtilisé, physiquement et administrativement » à partir du 5 avril un lot de 5 Amiot 354 stocké à Dugny le Bourget (NDA : Rigoureusement exact), auxquels ils manquaient les viseurs et l’armement, l’escadre étant encore sur Amiot 143. Surprise, le 27 mai, alors que les Amiot 354 n’étaient pas encore officiellement pris en compte, un convoi routier arriva sur le terrain de Montdidier, où stationnait l’escadre, chargés de viseurs et de mitrailleuses « De quoi équiper toute l’escadre, soit 24 appareils alors que nous n’avions encore que 9 ! » Notera le Colonel François commandant l’escadre (NDA : Personnage réel). On pourrait citer bien d’autres exemples comme celui de la 3ème DCR qui, le 28 mai, reçut d’un coup par VF ses TRC 37 qu’elle attendait depuis longtemps. Ou encore, celui de la quarantaine (l’équivalent d’un groupe d’escadrons !) de chars Somua 35 « en attente de recette », surplus de production du constructeur par rapport à la demande de l’EMA et qui attendait « sagement » qu’on « veuille bien » la prendre en compte, ce qui fut fait le 26 mai ! (NDA : rigoureusement exact, ces Somua furent effectivement pris en compte vers la fin mai 40.)
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Lun 27 Aoû 2007 - 12:20

Dix-neuvième partie
Ca se confirme !
Le 18 mai, un conseil interallié se déroula à Abbeville en la présence du nouveau Prime W. Churchill, de Paul Reynaud et des grands chefs militaires. D’emblée le Prime bousculant quelque peu l’ordre du jour se déclara « très inquiet » de l’abandon de la manœuvre Breda et de « ses conséquences directes sur l’Angleterre ». Paul Reynaud lui répondit que cette manœuvre avait été abandonnée faute de liaison avec les Hollandais mais aussi de forces suffisantes « pour assurer, avec certitude, un succès » il regretta à cette occasion la faiblesse des moyens terrestres mis à la disposition « par le gouvernement de sa Majesté ». W. Churchill répliqua « qu’avec la division blindée britannique qui allait dans quelques jours commencer à se regrouper au Sud de la Somme « à une portée de canon d’ici », plus deux divisions d’infanterie à venir en juin, le BEF pourrait tout seul « jouer Breda ». Le général Georges demanda la parole pour répondre : « Va pour votre DLM mais ce ne sont pas deux DI nouvelles qu’il vous faudrait mais au moins 6 ! » Le Prime après un instant de réflexion déclara : « Il est indispensable, pour ne pas dire vital, de défendre bec et ongles Anvers ! ». Ce à quoi le général Georges confirma « qu’avec la manœuvre Dyle ou même Escaut, la Place était comprise dans le dispositif ». Après ce premier échange, Paul Reynaud confirma aux britanniques que « Nos informations concernant une entrée prochaine de l’Italie dans la guerre aux cotés de l’Allemagne se précisent. On note dans les Alpes un « rafraîchissement » très net de nos relations avec les italiens. Toujours d’après nos renseignements, la grande offensive germano-italienne serait prévue pour la première quinzaine de juin. Nous avions des informations sur une très probable offensive allemande entre les 5 et 15 mai, le report serait donc d’un mois environ, ce qui paraît être un délai normal pour remonter une grande offensive. (NDA : Dans la réalité, dès le mois d’avril, le général Gamelin donnait comme fort probable une attaque allemande entre les 5 et 15 mai, ce qui ne l’empêcha pas d’autoriser les permissions de Pentecôte et ainsi, le 10 mai 1940, l’armée française comptait 15% de permissionnaires, certains chars « montèrent en Belgique » avec un seul homme à bord ! Ce mystère des permissions pour le moins incongrues sera, peut être, élucidé un jour ! ). « Pourtant, les italiens n’en continuent pas moins à nous livrer des matières premières, des véhicules et du matériel de guerre. Nous avons reçu récemment un premier lot de mines antichars » continua Paul Reynaud avant de laisser tomber : « l’hypothèse Suisse se confirme aussi…. ». W. Churchill l’interrogea : « Vous y croyez vraiment à cette attaque par la Suisse ? ». P. Reynaud confirma : « De plus en plus car nous avons intercepté des messages émanant de la Luftwaffe grâce au système que vous connaissez et qui confirment une activité particulière sur tous les terrains du sud de l’Allemagne, des reconnaissances, pratiquement à la verticale de la frontière Suisse, sont effectuées presque chaque jour. » (NDA : en parlant « du système que vous connaissez » Paul Reynaud fait allusion à Enigma, dont, dans la réalité, deux exemplaires reconstitués furent remis par les services polonais le 24 juillet 1939 au capitaine G Bertrand (SR) en mission à Varsovie. Ils furent acheminés par valise diplomatique et un exemplaire fut remis à Londres. Pratiquement au même moment, les Allemands changèrent la clé d’Enigma, les Polonais n’eurent pas le temps de trouver la nouvelle clé mais les spécialistes polonais passèrent en Roumanie avec deux Enigma avant de rejoindre la France. Dès le 3 septembre 1939, le capitaine Bertrand installa son service de décodage dans un château dans la grande banlieue sud-est de Paris. Il intégra dans son service les spécialistes polonais et un officier de liaison britannique (Londres et Paris travaillaient la main dans la main). Après un travail acharné, le 28 octobre 1939, la nouvelle clé d’Enigma était trouvée et ainsi, jusqu’au 14 juin 1940 pas moins de 5500 messages allemands furent décryptés pour l’essentiel en provenance de la Luftwaffe car la Wehrmacht (OKW) utilisait un réseau télétype-fil impossible à intercepter. En fait, les franco-britanniques « lisaient à livre ouvert » dans les échanges codés de la Luftwaffe, et on voudrait nous faire croire que l’offensive allemande du 10 mai 1940 fut une surprise complète pour les Alliés ! De qui l’Histoire officielle se moque t-elle ? ). W. Churchill demanda à P. Reynaud : « Vous avez prévenu les autorités Helvétiques ? ». Ce dernier lui répondit : « Pas les autorités politiques, nous avons simplement alerté l’Etat-Major (NDA : en réalité ces contacts avaient été pris avec le soutien du Ministre suisse de la Guerre, Rudolf Minger, et à l’insu de son gouvernement ! ) avec qui nous sommes en relation depuis plusieurs années et, en particulier le général Guisan avec lequel nous avons une liaison directe (NDA : Rigoureusement exact). A la suite de cette alerte, le général Guisan nous a demandé si nous pourrions fournir à l’Armée suisse d’importantes quantités de munitions d’infanterie au moment du besoin malheureusement nos munitions de 7,5 mm ont une forme différente du 7,5 mm suisse, on examine la possibilité de faire fabriquer les munitions suisses en France et la fourniture d’autres matériels, en particulier antichars mais cela ne pourra se faire sans un accord politique avec la Suisse (NDA : Dans la réalité, l’armée suisse accusait un déficit de 50% en munitions pour fusil et 75% pour les mitrailleuses). Suite aux travaux d’état-major communs effectués principalement depuis l’année dernière (NDA : rigoureusement exact : Visite secrète du chef d’état-major du général Guisan, le colonel Petitpierre, fin août 1939. Il fut reçu par les généraux Gamelin et Georges pour leur exposer les besoins de l’armée suisse, le général Georges lui donna alors l’idée de manœuvre qu’il comptait réaliser pour soutenir les Suisses.) notre action, devrait être grandement facilité, le général Guisan en tous les cas fait tout pour cela. (NDA : Rigoureusement exact et on notera l’énorme différence des relations franco-suisses (purement militaires) avec celles entretenues (nulles !) avec les Hollandais et les Belges).

A suivre
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 29 Aoû 2007 - 21:12

A suivre

Dix-neuvième partie (suite)
Escaut rebondit !
W. Churchill, se tournant vers le général Georges lui dit : « Mon général, nous avons à faire à une situation nouvelle. Qu’en pensez-vous ? » Ce dernier sortant ses notes lui répondit : « Face à une très probable entrée en guerre des italiens contre nous, se pose le problème des effectifs disponibles. Il nous oblige, du moins pour l’instant, à abandonner notre stratégie d’action par les ailes. L’opération que nous avons lancée en Norvège et qui ne tourne pas à notre avantage, devrait être abandonnée car nous allons avoir besoin des grandes unités que nous y avons envoyées. Nos projets au Levant sont, eux aussi, à abandonner. A n’en pas douter, les germano-italiens vont tenter d’emporter la décision entre la Manche et Menton. La seule opération extérieure que nous pourrions être en mesure de mener avec quelque chance de succès serait une offensive conjointe franco-britannique contre les forces italiennes en Libye afin de nous assurer le contrôle de toute la rive Sud de la Méditerranée. Eventuellement, nous pourrions mener une action visant à l’occupation de la Sardaigne. Il va donc falloir nous ménager des réserves qui, actuellement sont insuffisantes pour faire face à une bataille sur le front Nord-Est, tout en nous gardant face à la Suisse et en y envoyant une Armée pour la défense du plateau. Malgré la qualité de notre système défensif dans les Alpes, face à l’Italie et celle de l’Armée Olry, ces derniers ne pourront tenir longtemps sans le secours de forces supplémentaires, celles précisément que nous pourrions récupérer de Norvège y compris les unités britanniques. » Churchill s’exclama : « Si nous disions à nos troupes qui se trouvent en Norvège qu’elles vont aller se battre sur la promenade des Anglais, le réembarquement ne prendrait que quelques minutes ! » (NDA : Les unités britanniques qui furent engagées en Norvège, n’étaient ni entraînées, ni équipées pour ce théâtre d’opérations, contrairement aux troupes françaises). Saluant d’un sourire, cette pointe d’humour du Prime, le général Georges lâcha : « Ce manque de grandes unités nous oblige à envisager très sérieusement le retour à la manœuvre Escaut !» Paul Reynaud qui avait « lâché Breda pour garder Dyle » résigné, laissa tomber : « Sur le plan politique et économique, c’est la pire des manœuvres, ce con de Mussolini, nous coûte la Belgique, ses ressources minières et industrielles, son espace de manœuvre et ses vingt divisions. Pour reconquérir tout cela, il nous faudra au moins six mois de batailles acharnées, lorsque nous en aurons les moyens, et en passant par l’aide des Américains si, ils entrent en guerre à nos cotés !». W. Churchill, toujours pragmatique répondit : « En somme, nous nous retrouverons dans une situation quasi identique à celle de l’hiver 1918, les Américains en moins et, en plus, deux autres fronts, la Suisse et les Alpes moins, toutefois, celui des Balkans. Il nous faut prendre l’initiative n’importe où, mais la prendre !». Le général Georges lui répondit : « A la différence près, c’est que nous nous battrions sur notre position frontière, bien au Nord de la Somme, où nos troupes stationnent depuis neuf mois et dont les plans de feux sont parfaitement organisés. » A l’évocation du nom de la Somme qui avait coûté près d’un million de combattants à l’Empire Britannique pendant la PGM, W. Churchill, hocha la tête en tirant sur son cigare - « Qui puait de manière abominable » notera P. Reynaud – reprit « Oui, mais l’initiative dans tout cela, nous n’allons pas rester assis ! »
C’est P. Reynaud qui repris la parole : « L’initiative, je ne demande que cela, l’affaire de Norvège en est un exemple (NDA : P. Reynaud en fut, dans la réalité, un des instigateurs « La route du fer est coupée ») mais où maintenant ? (NDA : Dans la réalité, Reynaud reprochait à Gamelin d’avoir mal conduit l’opération et c’est en grande partie pour cela qu’il avait demandé sa démission le 9 mai 1940, De son coté, W. Churchill reprochait la même chose à Chamberlain qu’il remplaça le 10 mai.) Les Belges, je ne parle même pas des Hollandais, se confinent dans une neutralité stupide, nous ne pouvons la violer, En Suisse, ce serait nous les agresseurs tout comme en Libye, et avant que l’Italie nous déclare la guerre, ce n’est pas nous qui pouvons le faire ! Alors, une offensive en Sarre pour nous casser le nez sur la ligne Siegfried ? Nous n’en avons pas encore les moyens. Alors où ? ». W. Churchill lança : « Si je comprends bien, la balle est dans le camp de nos ennemis donc, l’initiative leur appartient ! Toutefois, l’idée de mettre la pâtée aux italiens en Libye et de mettre la main sur la Sardaigne, si le Duce nous déclare la guerre, me plaît bien». Le conseil fut alors levé.
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Jeu 30 Aoû 2007 - 21:50

Bonsoir

Je ne souhaite en aucune manière interférer avec l'uchronie en cours (mes connaissance en matière d'armée de terre sont ridicules!) simplement vous soumettre un scenario possible au sujet de la Division Aérienne, un sujet qui me fascine.

Les conflits d'interet entre Vuillemin et les responsables terrestres sont bien réels, tel que décrits dans Le Fana de l'Aviation Hors Série N°7 "l'Honneur des vaincus"
de Décembre 1997.
autres sources :
Aérojournal (les Breguets 693 au combat)
Le Fana de l'aviation "tragiques DB-7s"

La renaissance de la division aérienne (Avril - Mai 1940)

Vuillemin avait rêvé à voix haute à la fin de la réunion du 17 Avril. « Ah, si l’on pouvait me rendre la 1ère division aérienne de l’été 1918 ! ».

Ces mots n’étaient pas passés inaperçus de Georges, qui en fit part à Giraud, entre autres. Les deux hommes convoquèrent Vuillemin le 20 Avril et s’opposèrent violemment à cette idée car « l’armée de terre perdrait le contrôle de ses groupes de chasse et bombardement organique, au service de chaque corps d’armée je vous le rappelle«

A quoi Vuillemin rétorqua que « vu la faiblesse de mes moyens aériens, les lancer a l’attaque par petit groupes dispersés le long du front, à la demande de l’armée de terre, conduirait à leur usure prématurée. Si vous lancez seulement 10 ou 15 avions, les multiples canons de flak peuvent se concentrer sur chaque avion ,en abattre la moitié et endommager l’autre. Mais cette même flak serait impuissante contre une centaine d’avions se succédant en vagues rapides, comme l’a prouvé l’expérience de juillet 1918
Votre vision de l’utilisation des avions nous conduira au désastre ! Vous souhaitez en avoir le contrôle, mais ne savez absolument pas les utiliser »
Ces propos firent du bruit, comme on peut s’en douter ! Les relations entre Georges et Vuillemin sur le sujet de l’attribution des moyens aériens étaient explosives, et cette animosité durait depuis 1938. De manière générale, les relations entre l’armée de terre et l’armée de l’air était exécrables depuis 1933.

Tout au long de la fin avril, la situation s’envenima à tel point que Reynaud dut convoquer d'urgences les "aviateurs" et les "terrestres" au ministère de la guerre, afin de trancher un douloureux débat faisant perdre un temps et une nérgie désormais précieux.

Le débat du 3 mai 1940 fut houleux, les hauts responsable de l’armée de terre réclamant la tête de Vuillemin sur un plateau.

Depuis février, les responsables terrestres faisait pression sur Daladier et Guy la Chambre, ce dernier ayant en conséquence créé des FAC, ou Forces Aériennes de Coopération.
En clair, une mise sous tutelle des moyens de l’AdA par l’ATF dès le début des hostilités (véridique).
De plus, une campagne de dénigrement de Vuillemin était en cours, le nom de Mouchard (qui avait été pressenti pour le poste de Vuillemin en 1938, puis nommé chef de la 1ere armée aérienne ) étant régulièrement évoqué. Ce fut au point que Vuillemin, ulcéré par Mouchard, finit par supprimer la 1ere armée aérienne afin de se débarrasser de ce rival!

Huntzinger pris la parole « je m’oppose au concept de division aérienne, car elle me priverait de mon groupe de chasse et de bombardement organique, me laissant avec mes seuls GAO et à la merci d’une attaque aérienne allemande »

A quoi Vuillemin répondit violemment « Croyez vous vraiment que 12 pauvres Curtiss ou Moranes isolés vous protègeront de dizaines de Stukas, et autre Heinkels, de plus bardés de 109 et 110 en couverture ? (véridique, lors de l’attaque de Sedan le 13 mai, le « barrage de chasse » de la IIème armée, les Curtiss du I/5, furent submergés par le nombre)

Georges lui rétorqua « ah, ces maudits aviateurs et leur indépendance aérienne!
L’aviation se doit d’être un appendice des blindés, une cavalerie aérienne, rien de plus. La création d’une armée de l’air indépendante en 1933 a été une imbécillité et une inutilité totale, désormais nous terriens devons mendier auprès des aviateurs leur précieux services ! Mais du diable, si Monsieur Vuillemin n’est pas coopératif, nous nous passerons de ses services. La France peut très bien se passer d’aviation pour faire la guerre ! (authentique, mais en septembre 1939)
En attendant monsieur le ministre je vous demande, encore une fois, de renvoyer Vuillemin pour incapacité, et de le remplacer par Henri Mouchard ».
C’est alors qu’un appui inattendu vint renforcer un Vuillemin bien menacé.
Saisissant l’occasion de s’opposer à Daladier et à son poulain La Chambre (en fait, les « terrestres « faisaient pressions sur Daladier, lui même proche de La Chambre) Reynaud répliqua
« Messieurs de l’armée de terre, laissez Mr Vuillemin nous expliquer la situation actuelle des aviateurs, ainsi que son idée de division aérienne, qui me paraît intéressante »

Vuillemin visiblement secoué par les attaques violentes dont il venait de faire l’objet, prit la parole, sachant qu’il jouait sa tête

« Voici l’état déplorable du commandement des forces aériennes depuis le mois de février. Mes aviateurs reçoivent leurs ordre actuellement de trois commandements
- les responsables des groupes d’armée
- moi même
- le chef des FAC (Têtu) crées par Mr La Chambre au mois de février dernier.

Ceci me prive de la plupart de mes possibilité de commandement. La situation des escadrilles n’est pas meilleures, éparpillées tout le long du front, alors que du coté allemands, les Stukas forment une seule masse, une énorme puissance de feu.
J’accepte de laisser les GAO aux corps d’armée, mais donnez moi pleine autorité sur la Chasse, le Bombardement et la Reconnaissance stratégique »

Reynaud demanda « et cette division aérienne alors ? »

« En voici le principe. Vous n’ignorez pas que nos forces de bombardement en général sont faible, et encore, il serait suicidaire d’engager les Amiot et LéO dans la bataille au sol, ces machines étant faites pour le bombardement moyenne altitude sur l’arrière de l’adversaire, de jour comme de nuit.

Cela signifie que, dans le cas d’une attaque allemande, nos seuls avions valables sont ceux d’assaut. Le Breguet 690 s’est montré prometteur, mais les 75 Br.691 reçus sont impropre au combat du fait de leur moteurs Hispano-Suiza 14AB. Les 693 doté de Gnome&Rhone arrivent actuellement, mais au compte gouttes. Je pense en avoir 50 en ligne au 10 mai. Heureusement, les DB-7 et 167F sont aussi des appareils d’assaut.
« quelle est la situation de ces bombardiers ? «

« Je dispose de 5 escadrilles de 167F et de 2 sur DB-7 . Elles se trouvent malheureusement au Levant et en Afrique, entre autre . Nous y disposons de 78 Glenn et d’une quarantaine de DB-7 »

Ce fut alors que De Gaulle, toujours visionnaire et fasciné par les idées neuves, se leva brusquement
« Qu’est ce que ces escadrilles foutent au Levant et en Afrique ? Secouez vous, Vuillemin ! Si vous tenez vraiment à cette idée de division aérienne, qui me paraît par ailleurs franchement intéressante, commencez donc par faire venir avions et équipages en Métropole, au lieu de les laisser moisir à pétaouchnok ! »

Ce fut alors que, pour la première fois de la réunion et peut être depuis sa nomination en 1938, on vit Vuillemin sourire imperceptiblement.
Il savait que les Glenns du Levant s'y trouvait car Reynaud et De Gaulle lui meme avait poussés dans ce sens, Weygand étant leur protégé.
Le général, dans son enthousiasme, avait en parti contredit une de ces propre -ancienne- décisions. D'un autre coté, cet enthousiasme pour le moins débordant prouvait qu'il appréciait l'idée de Vuillemin...
Et cet appui de De Gaulle était inestimable car il conferait au chef contesté de l'armée de l'air une légitimité nouvelle, dont il avait bien besoin à ce moment la...

« L’idée de la division aérienne est simple » poursuivit il.
« Groupez ces 170 avions d’assaut, et faites les attaquer en semi-piqué au dessus de 1000m pour éviter le gros de la Flak. «

« Et si la chasse allemande attaque en force, nous serons réduit au bombardement de nuit avec une poignée d'Amiot et de LeO!» tonna Georges

Vuillemin était désormais d’un calme glacial
« Les Curtiss H-75 ont prouvé leur valeur contre les 109, et équipent déjà quatre groupes de chasse. De plus le GC I/3 et ses D-520 seront bientôt opérationnel , 3 autres groupes devant suivre d’ici fin mai.
8 escadrons de nos meilleurs chasseurs suffiront à repousser les 109s, comme les SPAD ont repoussés les D-VII en 1918 ! »

La mention par Vuillemin du « fléau de Dieu » fit forte impression. L'image des SPADs et Breguet XIV mettant Ludendorff en déroute revint brusquement a la mémoire de bien des hommes présent ce jour la. Peut etre les D-520... ?

Reynaud pris alors la parole « Vuillemin, vous avez mon appui total. Nous ne pouvons pas faire la guerre sans aviation, pas plus qu’avec une aviation mal organisée. Messieurs » reprit il en se tournant vers les responsables de l’armée de terre « je met les GAO, et seulement les GAO, sous votre commandement. Ceux ci seront promptement ré équipés en Potez 63.11, j’en fait le serment«
Un murmure indigné s’éleva, avant que Reynaud ne continu « "toutefois, conscient que cela vous prive de vos moyens organiques de chasse et bombardement, je met à votre disposition, si vous le souhaitez, des Potez 631 de chasse lourde, ainsi que des 633 de bombardement léger Ainsi votre parc sera t’il standardisé. Libre a vous de monter des GAC et GAB si vous le souhaitez.»
La réunion se termina sur ces paroles de Reynaud.

A la sortie, un De Gaulle enthousiaste aborda Vuillemin "Je vous ais vu sourire tout a l'heure. Je suis conscient de la, hum, contradiction de mes propos sur les Glenns du Levant, avec une certaine décision antérieure que j'ai prise en faveur de Weygand.
Mais treve de plaisanterie, et bravo, vous venez de sauver votre tete."
Il continua a voix plus basse
"Nous savons vous et moi qu'il est difficile de faire changer les mentalités de ces gens la" dit il avec un regard pour le moins expressif sur les chefs de l'armée de terre en train de quitter la salle. "Ce que vous subissez actuellement pour vos idées sur l'emploi de l'aviation" continua t'il "j'ai subit quelque chose de comparable a propos de l'emploi des tanks.
Mais nos idées respectives sont en train, enfin, d'etre prise en compte. Il était temps, car je vous dirais que vu l'etat de notre commandement au mois de mars, nous courrions tout droit a une immense catastrophe"
"Vous voulez dire, vous pensez à un effondrement comparable à 1870 ?" demanda Vuillemin
"1870? répliqua De Gaulle. Non, pire que cela. Azincourt, Vuillemin, AZINCOURT !" conclu t'il en s'éclipsant, laissant Vuillemin songeur.

Après cette discussion la construction de la division aérienne commença rapidement. Un Centre d’Instruction de la Division Aérienne ou CIDA fut créé à Melun Villaroche.

Mais qui placer a la tete de ce centre, et par la meme probablement à la tete de la future Division Aerienne ? Plusieurs noms furent avancés, avant qu’une histoire ne remonta aux oreilles de Vuillemin.
Quelques années plus tôt, un jeune pilote frais émoulu de l’école de l’air de Versailles, et affecté à l’escadrille subsaharienne 588 de Colomb Béchar, avait monté un exercice intéressant.

Son escadrille de Potez 25 avait attaqué et mis en pièce une colonne de la Légion Etrangère, d’après des faits similaires s’étant déroulés en Espagne.
Le jeune Pierre Gallois avait alors fait 8 jours d’arrêts, non parce qu’un sous officier avait endommagé un des Potez lors de l’exercice, mais au motif « d’avoir fait procéder à un exercice absurde, ne correspondant à aucune instruction » (anecdote raconté dans Science&Vie, H.S Aviation 1997)

Il fut affecté a la tete du CIDA, et ce brillant esprit commença là une longue et riche carrière.

Un premier essai fut effectué le 10 mai à Melun Villaroche, à l’aide des Br.691.
75 de ces appareils étaient en stockage, du fait de leur moteurs rétifs, communs aux Potez 630 (quel gâchis !)
Diverses méthodes de bombardement furent testées, piqué, semi-piqué, bombardement horizontal depuis diverses altitudes de 200 a 1800 m.
Le 13 mai, Vuillemin reçut un rapport des services de renseignement sur la flak Allemande. Sa conclusion fut d’interdire aux équipages le bombardement en dessous de 900 m afin « d’éviter un massacre face à une telle densité de petits et moyens calibres »

Sous l’impulsion énergique de Gallois, les progrès furent rapides.

Le 16 mai 1940, 55 Breguet 691 étaient en l’air pour le premier test « grandeur nature »
Des MS-406 faisait office d’escorte. L’objectif : une colonne motorisée située aux Mureaux. En cours de route, les Breguets et Moranes furent assaillis -par surprise- par des Curtiss du I/5 Lafayette. Les Moranes firent face, et un nombre non négligeable de Breguets réussirent a passer, trouvèrent la colonne et passèrent à l’attaque.
Ce premier exercice fut assez concluant et riche d'enseignements. Surtout, plus important, le moral et la motivation des pilotes engagés furent excellent. Il faut dire que peu d'entre eux avez vu 55 bombardiers en vol auparavant.

Cet exercice fut pour les Allemands un choc comparable à la photo du Général Giraud devant la citadelle de Sedan.
Elle signifait tout simplement que la France reprenait l'initiative dans les airs, comme en 1918...

Rassemblement de 20, 40 puis 60 appareils, vol en formation, tirs croisés, protection optimale par la chasse, tout les aspects furent validés peu à peu.
Dans le même temps, les 62eme, 63eme, 39eme escadre de bombardement équipée de Glenn 167F, ainsi que la 19eme équipé de DB-7 virent leur transformation accélérées, après un transfert rapide en métropole. Les Breguets 693 devaient former l’ossature des escadrilles d’assaut, et une cinquantaine de machines arrivèrent début mai. Les 35eme, 51eme et 54eme escadres en furent équipés.

Le GC I/3, première escadrille de D-520, ainsi que les quatre escadrilles de Curtiss, les I/4 et II/4, I/5 et II/5 furent affectés en priorité à l’escorte de la division.

L’idée d’affecter une escadrille de Potez 631 afin d’augmenter les tirs croisés des bombardiers fut rapidement abandonnée, les Potez étant moins véloces que les bombardiers qu’ils étaient censé protéger !

L’entraînement était intensif.

Le 27 mai 1940, vit le premier exercice de la force de bombardement combinée, comprenant les Glenn Martin, les Breguets et les DB-7. La puissante force survola la capitale en grondant, sur sa route vers un exercice de bombardement sur le polygone de Suippes, au profit de l'entrainement des troupes terrestres. Cet exercice était dans la lignée de ceux effectués avec les LN-401, destinés à "vacciner" les fantassins contre la terreur aérienne.

Les bombardiers d'assaut avaient rendez vous avec la chasse, ce qui en lui meme constituait un défi, ces rendez-vous n'ayant été exécutés qu'a l'entrainement.
Mais tout se passa comme prévu, les Curtiss et Dewoitine rejoignirent les bombardiers à l'est de la région parisienne, et l'énorme formation se dirigea vers le polygone.
En vague successives, les bombardiers déferlèrent sur leurs cibles, provoquant un choc psychologique sur les soldats au sol.

Assistant à la manoeuvre, un général Vuillemin tout sourire déclara "et bien, ils peuvent venir désormais!"


Dernière édition par le Ven 31 Aoû 2007 - 15:02, édité 5 fois
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 9:06

Archibald,
Un seul mot: bravo!
Sans nous connaître, nous nous rejoignons pleinement (je connais bien l'AAF40 et je dispose de beaucoup de choses à ce sujet). Vous, comme moi partant des éléments existants, nous nous efforçons de "corriger", les défauts qui tenaient plus à une paralysie intellectuelle qu'à un manque réel de matériels. Pour les Glenn et DB 7, il y a un problème celui de la Division de l'Empire dont ils formaient le "poing" et avaient été achetés aux EU dans ce but. Mais, nous dirigeons tout droit vers une action en Méditerranée (Libye). En fait dans mon scénario fort proche du vôtre (c'est normal nous partons des mêmes bases) l'organisation est légèrement différente mais elle comporte bien 1 GC sur D 520 (protection haute) et 3 autres sur H 75 (renforcé début juin par 2 nvx GC sur D 520 pour former une masse de 6 GC "capable de nous assurer localement la maîtrise de l'air"). A cela s'ajoute les flotilles (LN 411 et Chance Vought) du "Béarn", tranformé en transport d'avions (sa vitesse ne lui permettait pas de suivre "le train d'escadre", mais aussi une coopération franco britannique renforcée pour le bombardement de jour et de nuit. Pour la chasse, la RAF se faisait tirer l'oreille....bien sûr!
Encore bravo
Cordialement
SF
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 10:37

Je me permets une petite remarque, concernant la Norvege, dont avant de lire le dernier episode, je me disais qu'elle aurait pu se transformer en une premiere victoire alliee, pouvant aboutir au retour du Corps expeditionnaire non pas en catastrophe mais en vainqueur.
Certes je ne sais pas comment s'articule les prochaine etapes de cette uchronie, mais je vois mal a la date ou nous nous situons un retour precipite de celui ci.

Le dernier episode se situe le 18 mai.

Les 13 et 14 voient la prise des hauteurs de Bjervick par la Legion debarquee par mer, puis la jonction de celle ci avec les chasseurs alpins et les troupes Norvegiennes arrivant du nord ainsi que des Polonais en progression le long du fjord. Un premier succes tactique apres le remplacement du general Mackesy en tant que commandant des operations Terrestres, oppose jusque la au debarquement ayant permis cette operation.

Un autre debarquement etait programme le 21 pour bloquer la progression de la 2eme division de montagne allemande venue au secours du general Dietl en facheuse posture a ce moment. A cette date la situation en France a fait que l'operation a ete repoussee puis annulee. Sans la deconfiture de nos armees la situation aurait sans doute ete autre.

Quid d'un succes du debarquement du 21 (remis au 24, puis annule, la RAF etant dans l'impossibilite, la encore pour cause de campagne de france, de couvrir l'operation), puis des actions qui s'en suivent : elimination du corps Dietl, qui historiquement etait accule a la frontiere suedoise par les Norvego-Polonais le 3 juin, alors meme que les allies rembarquaient.
Quelle aurait ete la situation des allemands coinces en Norvege si la pression exercee en France n'avait pas oblige les allies a precipiter leur depart ? De la quelle aurait ete la consequence du succes de l'operation et de la coupure effective de la route du fer.
Qui plus est les troupes Anglaises jusqu'a la tres handicapees par les conditions climatiques auxquelles elles n'etaient ni entrainees ni equipees pour faire face, auraient sans doute gagne en efficacite avec les beaux jours.

PS : excusez svp l'absence d'accents, je ne dispose que d'un clavier QWERTY avec un WXP Russe...
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 10:52

Sur la Norvège, j'ajoute que la 5e DI britannique était en instance de départ pour ce théâtre, le mouvement a été annulé début mai à cause des préparatifs allemands mais dans le scénario décrit elle devrait partir.

Sur les avions hors de France, De Gaulle a loupé une belle occasion de se taire. Le groupe de bombardement au Levant (12 Glenn) est le résultat d'une modernisation tenant aux désirs de... Weygand, commandant local, protégé de Reynaud comme De Gaulle, donc ce dernier joue contre son camp, là. Daladier risque de ne pas le louper.
Les avions en AFN c'est parce que les bombardiers US sont assemblés à Casablanca et que la mise au point a connu des tas de délais: oui, les avions sont assemblés, non, ils ne peuvent pas voler tant qu'ils n'ont pas eu des accessoires comme la petite pompe hydraulique qui n'arrive finalement que fin mai. Donc l'entraînement des pilotes ne peut débuter qu'avec du retard. Par ailleurs, il vaut beaucoup mieux que les unités soient déployées en AFN à quelques heures de vol supplémentaires du front mais sous des cieux cléments qui permettent d'accumuler les heures de vol. C'est la raison pour laquelle le gros des bombardiers est dans le GIABSE au lieu d'être derrière le front.
La bêtise, ce sont les multiples écoles de vol dans des régions au climat ensoleillé comme la Bretagne. Evidemment, dans une optique "tout le monde au front" la baderne moyenne préfèrera les écoles bretonnes aux unités basées en AFN...
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 11:01

Et bien merci pour cet accueil chaleureux! Je dois dire que j'ai hésité à poster ce récit, compte tenu du haut niveau des membres de ce forum.
A propos de l'état des forces françaises en 1940, "Paralysie intelectuelle", c'est le mot!

La relecture du H.S du Fana de l'aviation m'a fait prendre conscience à quel point Vuillemin était isolé en 1940, dans ses tentatives pour sortir l'aviation de la coupe de l'Armée de Terre. Le pire étant que les responsable de l'ATF lui ont encore fait porter les responsabilité après la défaite (ou étaient les avions en 1940 ?)
D'ou, en réaction, la création du mythe des 1000 victoires, qui en réalité n'étaient guère plus de 300 (ce qui n'est déja pas mal vu les conditions de 1940).

J'ai également pensé de mon coté au bombardiers en piqué de l'aéronavale, ainsi qu'aux Fairey Battle de l'AASF (plus leur Hurricanes d'escorte).
Mais ce qui m'a fait reculer est la coopération entre les trois corps (AdA, RAF, Aeronavale) et les différences de performances des appareils. Un Battle n'est pas un Breguet 693, loin s'en faut!

D'un autre coté, les LN-401, V-156F et Battle peuvent "déblayer le terrain" par des bombardement en piqué avant que la Division Aerienne ne finisse le boulot.

La clé pour éviter les massacres par la Flak (Tongres, Gembloux, Albert et leur 60% de pertes!) est clairement de rester entre 1200 et 1800m, au pire à 900m.
Meme si la précision en prend un coup, elle est rétabli en quelque sorte par le grand nombre d'avions attaquant.

Peut etre pourrait créer une sorte de deuxième division aérienne (ou division aerienne des bombardiers en piqué) regroupant Aéronavale et britanniques ?
En gros, les Hurricanes escortent Vought, L.N et Battles attaquant en piqué... ensuite arrive l'AdA et sa division aerienne bombardant en vol semi-rasant.

En tout cas ça va chauffer pour les Allemands! J'attend la suite de cette uchronie avec impatience...
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 11:20

Louis Capdeboscq a écrit:


Sur les avions hors de France, De Gaulle a loupé une belle occasion de se taire. Le groupe de bombardement au Levant (12 Glenn) est le résultat d'une modernisation tenant aux désirs de... Weygand, commandant local, protégé de Reynaud comme De Gaulle, donc ce dernier joue contre son camp, là. Daladier risque de ne pas le louper.

Les avions en AFN c'est parce que les bombardiers US sont assemblés à Casablanca et que la mise au point a connu des tas de délais: oui, les avions sont assemblés, non, ils ne peuvent pas voler tant qu'ils n'ont pas eu des accessoires comme la petite pompe hydraulique qui n'arrive finalement que fin mai. Donc l'entraînement des pilotes ne peut débuter qu'avec du retard. Par ailleurs, il vaut beaucoup mieux que les unités soient déployées en AFN à quelques heures de vol supplémentaires du front mais sous des cieux cléments qui permettent d'accumuler les heures de vol. C'est la raison pour laquelle le gros des bombardiers est dans le GIABSE au lieu d'être derrière le front.
La bêtise, ce sont les multiples écoles de vol dans des régions au climat ensoleillé comme la Bretagne. Evidemment, dans une optique "tout le monde au front" la baderne moyenne préfèrera les écoles bretonnes aux unités basées en AFN...

Merci pour ces précisions.
Oups, De Gaulle s'est effectivement contredit lui meme. Rolling Eyes
On va dire qu'il ne parlait que des Glenn d'AFN bien sur Wink
Dailleurs est il vraiment nécessaire (du point de vue de cette uchronie) de garder ses Glenn au levant, sachant qu'il y a urgence en métropole, et que chaque avion d'assaut compte pour la formation de la division aerienne ?
Rien n'empeche de les remplacer par des LeO 451 qui je le rapelle seront moins utile sur le théatre européen (en cas de percée blindée, on a besoin d'avion d'assauts, pas de bombardier horizontaux longue distance)

Pour ce qui est de la préparation des avions, rien d'empeche de penser que, la France ayant un mois de plus pour se préparer (10 mai = 15 Juin)
et la prise de décision étant beaucoup plus dynamique, les Glenn pourraient etre pret plus vite.

En bref, une fois Gamelin tombé dans l'escalier, un vent nouveau balaye l'inertie qui faisait (en OTL) que, par exemple, la petite pompe hydraulique mettait tant de temps à arriver... quand il y a urgence, il y a urgence! (c'est ce que vous appelez "l'optique tout le monde au front")

En tout cas les DB-7 seront de la partie des le 20 mai, avec deux escadrilles. Les Breguets 693 aussi, 47 avaient été receptionnés le 9 mai (Aerojournal) pour 42 en ligne.
128 au total ont été produits en OTL (au 25/06/1940).

J'aime bien l'idée que les Français participent à la campagne stratégique (de bombardement de nuit) au coté des Britanniques. Des LeO 451 et Amiot 351/4 opérant au coté des Wellingtons, Hampden, et Whitley ? ça promet!

Ca me fait penser que, si dans le cadre de cette uchronie, la France survi à la bataille de 1940, les bombardiers français participeront surement a l'offensive stratégique en 1944.
Et la, il y a de beaux prototypes à utiliser (Bloch 162, Breguet 482).

Mieux, les Bloch 175 et son grand frère, le mythique Bloch 140 quadrimoteur, pourraient etre utilisés " à la Mosquito" (raids de jours audacieux) compte tenu de leur performances. Mais c'est une autre histoire...
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 31 Aoû 2007 - 12:01

L'armée de l'Air comme la RAF avait déjà suffisamment de problèmes pour escorter ses propres formations sans qu'on aille imaginer des Hurricanes escortant des formations mixtes franco-britanniques !

Il n'y avait pas, en règle générale, de formations mixtes anglo-américaines après 1944 et pourtant les deux aviations parlaient la même langue ce qui ne serait pas le cas ici.

Je crois qu'il vaudrait mieux oublier ce coup là.

Archibald a écrit:
On va dire qu'il ne parlait que des Glenn d'AFN bien sur Wink
Dailleurs est il vraiment nécessaire (du point de vue de cette uchronie) de garder ses Glenn au levant, sachant qu'il y a urgence en métropole, et que chaque avion d'assaut compte pour la formation de la division aerienne ?
Rien n'empeche de les remplacer par des LeO 451 qui je le rapelle seront moins utile sur le théatre européen (en cas de percée blindée, on a besoin d'avion d'assauts, pas de bombardier horizontaux longue distance)

La logique ce serait de rappeler le GB I/31 du Levant et d'y envoyer un des GB encore sur vieux matériels et en attente de conversion sur appareils modernes. Après tout, le Levant n'a en face de lui que des Italiens Cool en revanche vu les problèmes de fiabilité des LeO je ne les recommanderais pas. Plutôt les nouveaux Amiot qui arrivent en petite quantité mais qui au moins sont à peu près fiables. Mais c'est quand tout le reste sera servi.

Archibald a écrit:
Pour ce qui est de la préparation des avions, rien d'empeche de penser que, la France ayant un mois de plus pour se préparer (10 mai = 15 Juin) et la prise de décision étant beaucoup plus dynamique, les Glenn pourraient etre pret plus vite.

D'accord pour dire que le 15 juin il y aura plus d'avions que le 10 mai: début mai, le système commence enfin à fonctionner normalement donc il n'y a plus qu'à en attendre les effets.
Pas d'accord sur le "vent nouveau". Pour avoir suivi les péripéties de ces montages, il n'y a aucune nonchalance de la part des acteurs concernés, simplement le cafouillage normal d'une organisation complexe (des tas de caisses traversent l'Atlantique, certaines n'arrivent pas au bon endroit, certaines restent à quai alors qu'elles ne devraient pas) mise en place pour la première fois et mettant en oeuvre des appareils qui sont eux aussi nouveaux (pour le constructeur et pas seulement pour les utilisateurs).

Ainsi qu'Hitler en a fait l'expérience (et qu'il risque de la faire dans cette uchronie), il y a des limites à ce qu'un coup de gueule peut accomplir.

Archibald a écrit:
En tout cas les DB-7 seront de la partie des le 20 mai, avec deux escadrilles.

4 groupes engagés, seulement trois semaines d'activité, 14 avions perdus au combat plus un certain nombre d'autres sur le carreau pour causes techniques. C'est très lourd. L'esprit était là, mais quand on fait l'impasse sur la préparation technique et celle du personnel ça a un prix. Si la bataille ne débute que le 15 juin, ça devrait aller mieux.

Archibald a écrit:
J'aime bien l'idée que les Français participent à la campagne stratégique (de bombardement de nuit) au coté des Britanniques. Des LeO 451 et Amiot 351/4 opérant au coté des Wellingtons, Hampden, et Whitley ? ça promet!

Tout ce beau monde a été totalement inefficace de nuit, et je serais étonné que De Gaulle et consorts qui ont réclamé le rapatriement des groupes déployés en AFN voient d'un très bon oeil que ces appareils soient distraits du soutien des armées pour poursuivre une chimère.
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