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 Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant

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ladc51
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 24 Juil 2007 - 21:00

Stéphane,
tu as complètement raison, je me suis laissé emporter par le récit, tes précisions étaient nécessaires... et chef d'état-major d'un CA, c'est bien un "job normal" pour un colonel...
Mea culpa...
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 24 Juil 2007 - 22:39

Laurent,
A ta lecture, et dans le scénario, tu viens de "tomber" dans ce piège qui est sans le vouloir, celui du médiatique. Donc, ta réaction prouve le bien fondé de la réaction d'Hitler.
On verra plus tard
Cordialement
Stéphane
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 25 Juil 2007 - 12:18

Neuvième partie

Bien vu Eric, en plein dans le mille !

De l’opération « Sichelschnitt » à l’opération « Hosenboden » (fond de culotte)

Le 14 avril, une nouvelle réunion de l’OKW se déroula en fin d’après midi. « Nous étions tous tétanisés. Le général von Brauchitsch était littéralement décomposé, il n’avait pas dormi depuis 48 heures.» Note le général Keitel dans ses carnets. Hitler entra l’air enjoué, souriant, adressant à chacun un salut amical puis, il s’assit en sortant de sa serviette un cadre qui contenait la « une » de Paris-Soir (NDA : du groupe de presse Jean Prouvost, ce dernier faisait partie du gouvernement Paul Reynaud depuis le 21 mars 1940 comme ministre de l’information) avec la photo du général français Giraud devant la forteresse de Sedan et la mention « Ils ne passeront pas ! ». Il mit le cadre face à nous, et posa une simple question : « Alors Messieurs, que répondez-vous à ce prétentieux ? ».
C’est von Brauchitsch qui prit la parole : « Le renforcement du centre français ne doit pas remettre en question une puissante action de notre part principalement en direction de Sedan, nous allons faire mentir Giraud ! Par ailleurs, il s’avère que les divisions françaises qui s’installent actuellement sur la Meuse, proviennent en grande majorité des régions fortifiées. Ainsi, d’après nos agents dans les Ardennes (NDA : le SR italien était très actif dans cette région grâce aux multiples entreprises de TP qui, pour un grand nombre, étaient dirigées par des italiens et étaient employées à la construction de petits et moyens ouvrages fortifiés), nous savons maintenant que la 55ème ID de qualité médiocre a été remplacée par la 23ème ID grande unité d’active qui, jusqu’à présent, était stationnée dans la région de Langres. Toutefois, après études et concertations, il apparaît que malgré le renforcement de l’ennemi sur notre axe d’effort principal, les méthodes de combat de ce dernier nous laisse le très grand avantage de la vitesse. Si nous avons perdu l’avantage de la surprise, nous pouvons le récupérer ailleurs, c'est-à-dire en faisant jouer d’emblée l’opération Tannenbaum (sapin), prévue en cas d’échec dans les Ardennes (NDA : Authentique). Ainsi nous menacerons d’envelopper complètement la Ligne Maginot en passant à travers la Suisse avec le 15ème PK dont la 7ème PzDv formerait la tête, son actuel commandant, le général Rommel, était alpin pendant la Grande Guerre. Cela nous oblige à abandonner l’offensive sur l’axe Dinant-Philippeville, du moins avec des Panzerdivisionen. En débouchant vers le plateau de Langres, nous obligerions les français à se battre à front renversé et nous pourrions ainsi prendre Belfort et foncer sur Troyes, tandis que le 19ème PK, se gardant le long du canal des Ardennes, foncerait au Sud par Stonne prendrait la direction de Reims et, après avoir rejoint le 15ème PK dans la région de Troyes, se dirigerait vers le Havre, via Paris et Rouen. Les forces ennemies engagées en Belgique ne pourraient en revenir assez vite. Paris pris, la France sera à genoux. Bien sûr, c’est une large extension de notre manœuvre mais elle a l’avantage de frapper la France au cœur en la prenant « par le fond de la culotte » pour mieux la renverser. Comme tous les détails de l’opération Tannenbaum, ont été étudiés depuis longtemps, sa mise en place devrait nous perdre de reculer notre offensive prévue pour le début mai que de deux à trois semaines ». Le général Keitel écrit dans son journal : « A force de glisser vers le Sud, nous finirions par faire du pédalo devant la promenade des Anglais ! ». Hitler prit alors la parole : « Cette manœuvre à travers la Suisse ne me déplaît pas, vous connaissez mon opinion sur les Suisses (NDA : Hitler les traitait « des plus ignobles et misérables ennemis de la Nouvelle Allemagne », et proclamait qu'il liquiderait « ces déchets de petites nations » et ainsi qu'il serait « le boucher des Suisses »). L’idée générale me semble bonne, mettez-vous au travail immédiatement, je veux un plan d’opérations complet sous 10 jours. Allez, Messieurs, faites mentir Giraud et, comme il aime les forteresses, nous allons lui offrir celle de Colditz ! » Sur cette pointe d’humour qui fit rire l’assemblée, Hitler quitta la salle de réunion. Keitel note : « Le Führer contrairement à toutes nos craintes, ne nous traita pas, pour une fois, d’incapables. Il était enjoué au point que Brauchitsch, esquissa un sourire en fermant sa serviette »
Hitler rentra à la Chancellerie et fit appeler le Duce.
A suivre
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 25 Juil 2007 - 20:43

Selon la demande de François et l'avis d'Eric , j'ai donc crée un fil spécifique .
Lorsque Stephane sera disposé , je lui proposerai une page html spécifique sur ce sujet , que nous pourrons reprendre en tete de fil , pour une lecture complete de ses textes , sans aucun ajout , bien entendu .

Alain
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 25 Juil 2007 - 22:46

Alain,
Le titre de "La chute de Gamelin" préconisé par FV ne me plaît guère car, et je comprends les motivations de FV, dans mon scénario, Gamelin va " rendre un service signifié à la France" depuis "son lit de souffrances". Pour la page html spécifique, je tiens à l'interactivité et non au "Monsieur qui étale sa science"
Bon, débrouillez-vous avec l'Intendance, c'est l'avant qui mène!
Cordialement
Stéphane
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françois vauvillier
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 25 Juil 2007 - 23:03

Bonsoir Stéphane,

Au sujet du titre définitif à donner à ce fil, j'ai bien écrit " je pense que Stéphane a un titre en réserve".
Et bien entendu, maintenant que le "fil de discussion" est nommément établi, il est légitime que tu en choisisses le titre, de façon à coller au mieux à ton développement. Je me réjouis d'avance d'y voir ce vieux Maurice y jouer quelque rôle positif.

Ah, un message personnel (quoi que..., ca va intéresser du monde) : ton article est arrivé aujourd'hui sur mon bureau, occupant les pages centrales de GBM 78 (dix pages en tout, pour cette première partie). De toi à moi (chut, restons discret), c'est absolument magnifique. Le magazine a été acheminé chez tous les abonnés, tu le recevras aussi vite que la poste le permettra.

Bonne soirée

François
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 25 Juil 2007 - 23:30

François,
Ah, le jeu des petites phrases! C'est vrai que j'ai un titre en réserve (comme Georges avait sa 7ème Armée). Mais dans ce domaine, le général Pétain n'avait-il pas dit: "Les Ardennes sont infranchissables" et on a coupé:"A la condition qu'elles soient défendues!" Pour Maurice, il va y gagné son bâton de Maréchal via un vieux copain (à suivre).
Pour GBM, j'ai hâte de voir 'grandeur nature" ton bébé car même si j'ai le BAT, "c'est pas la même chose" et comme disait un vieux camarade "J'aime l'odeur de l'encre au petit matin!"
Allez, bonne nuit les petits.
Stéphane
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 27 Juil 2007 - 14:27

Alain,
Pour le titre de cette rubrique:
France 40: la Victoire en rêvant
Celà va bien à une fiction et surtout, "nous ouvre la barrière"
Cordialement
Stéphane
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 27 Juil 2007 - 21:23

Dixième partie
La passe d’arme

Le 15 avril, le général Georges accompagné du général Giraud rendit visite au groupement cuirassé commandé par le général Delestraint. Dans ses mémoires (NDA : attention nous sommes dans une fiction), le général Roton chef d’état-major du général Georges, note : « Après avoir passé en revue des détachements des 3 DCR (NDA : La 3ème DCR fut créée le 6 avril), nous eûmes droit au traditionnel déjeuner. Autour d’une grande table se trouvaient : le général Georges, le général Giraud, les généraux Delestraint et les quatre commandants de DCR, Bruneau pour la 1ère, Bruché pour la 2ème, Brocard pour la 3ème et le général Welvert, chef désigné de la 4ème DCR en remplacement du colonel de Gaulle et alors commandant des chars de la 6ème armée (NDA : vrai pour la 6ème Aée et dans la réalité, le général Welvert prendra le commandement de la 1ère DCR le 31 mai 40). A coté du général Delestraint, se tenait le colonel de Gaulle, moi-même étant à coté du général Georges. La conversation porta sur la marche que le GC avait fait réaliser dans la nuit du 12 au 13 avril à des éléments des 2 DCR sur une distance de 80 km en 6 heures et qui s’était passée sans incident notable. Toutefois, tout le monde avait noté qu’au bout de 6 heures de route et ce, « dans des conditions particulièrement favorables », les B étaient presque à sec en arrivant « certains étant même tombés en panne d’essence ». Le général Delestraint en tira la conclusion « …que les B retrouvent d’urgence leurs remorques-citernes au moins pour les parcours sur route » et dénonça : « les déplacements rail/route inadaptés à une situation mouvante ». (NDA : Bien sûr, c’est fictif mais c’est un concentré de toutes les notes adressées par les chef de bataillon de B à l’EMA, qui en tînt compte, en repassant le « bébé » à des commissions et sous commissions dont les capacités de réaction étaient pratiquement celles d’un âne à l’arrêt.) Le colonel de Gaulle s’inquiéta du manque de radio à bord des chars légers en disant : « sans la radio, nos chars légers seront couillonnés ! » (NDA : Authentique mais dans un autre contexte). Le général Georges, le rassura en lui disant que les dotations allaient commencer « en grand » dès le début mai. (NDA : le général Georges a joué un rôle important dans l’équipement en radio des chars légers en imposant un modèle unique Cavalerie/Infanterie (ER 28) mais le temps a manqué car le début des livraisons « en grand » étaient effectivement prévues à partir du début mai). Le général Bruneau s’inquiéta des dotations en canons de 37 mm puissants. Georges ne put que constater : « La production a enfin démarré et les DLM et DCR sont prioritaires, malheureusement, les fabrications de munitions ne suivent pas » (NDA : Exact). Le général Brocard s’éleva contre l’absence totale de moyens de DCA « dignes de ce nom ». Le général Georges répondit : « Un nouveau lot de 10 batteries de 25 sera livré dans la première quinzaine de mai (NDA : Authentique), j’ai déjà fait prendre des dispositions pour que, comme les DLM, chaque DCR bonne de guerre, puisse recevoir une batterie en première urgence dès le mois prochain (NDA : dans la réalité, seule la 4ème DCR en recevra). D’autres suivront à partir de juin avec pour objectif 3 batteries minimum par DCR ». Ensuite, la conversation roula sur la faiblesse des moyens aériens d’observation et de reconnaissance. Le colonel de Gaulle déclara : « Faute de ces moyens, notre artillerie en sera réduite à faire de l’action directe avec tirs à vue de batterie, étant incapable de faire de l’action d’ensemble sauf à tirer a priori, ce qui consomme beaucoup de munitions pour un résultat aléatoire. » Le général Georges lui répondit : « La situation m’est parfaitement connue, je vais avoir une réunion avec le général Vuillemin après demain pour trouver des solutions à ce problème qui vaut aussi pour les DLM. » De son coté, le général Bruché s’inquiéta du fait : « Que nos BDAC sont équipées de l’excellent canon de 47 mm SA 37 mais servies par des personnels qui sont les fonds de tiroir des dépôts de l’artillerie (NDA : Authentique) et dont les tracteurs sont trop lents, le canon lui-même ne pouvant supporter des vitesses de traction supérieur à 30/35 km/h, il nous faudrait des 47 automoteurs capables d’atteindre au moins les 50/60 km/h sur route». Le général Giraud prit alors la parole : « Pour les personnels qui servent les 47, c’est une question qui m’avait déjà interpellé à la 7ème Armée, je vais en parler bientôt avec le général Inspecteur de l’Artillerie. Le gros problème que nous avons est le manque de munitions qui limite au strict minimum les écoles à feux. Pour les automoteurs, c’est l’affaire de Keller, ceux à roues vont commencer à sortir dans la première quinzaine de mai (Laffly W 15 TCC), ceux à chenilles à partir de juillet-août (Lorraine Mle 39 TCC et Sau 40 avec canon de 47 mm). Maintenant, Huntziger lors de ma visite m’a dit que même si, il trouvait que l’on s’affole un peu trop vite avec cette affaire des Ardennes, il serait pas inutile que le groupement, en reprenant les conclusions du général Prételat, suite à l’exercice sur carte de 1938, étudie, comme le général le préconisait alors (NDA : Authentique), l’engagement d’une DCR au Sud de Sedan en cas de rupture du front. Pour ma part, je pense qu’avec le renforcement actuel de la 2ème Armée, si les boches arrivaient devant elle, ils se casseraient le nez et que la DCR resterait au balcon. Mais après tout, voilà une bonne hypothèse de travail pour votre chef d’état-major mon cher camarade ! »
Le patron du GC sembla sauter sur une occasion, note le général Roton, celui-ci se lança dans une sorte d’exposé qu’il avait certainement préparé depuis longtemps et on assista à véritable une passe d’arme :

Delestraint : Mon général, je suis contre l’engagement d’une DCR isolée, mon prédécesseur (général Keller) avait d’ailleurs préparé le regroupement de nos deux DCR en arrière de la position de la 1ère Armée, étude qui reste d’actualité malgré l’alerte Ardennes. Pourquoi deux DCR et non une ? Je vais vous faire la réponse. Nos grandes unités mécaniques, les DCR plus que les DLM, nécessitent un entretien quotidien, particulièrement les chars B. Une fois engagées (DCR), on peut parier que l’ennemi ne nous laissera pas trop le temps de soigner nos montures. Au bout de trois jours il faudra bien une journée de repos pour l’entretien du matériel, faute de quoi, l’usure, sans compter les pertes, auront tôt fait de les mettre hors de combat…..
Giraud : (un peu sèchement) Mon général, je connais ce problème, les boches ont le même que nous ! Et puis, maintenant que vous avez une troisième DCR, bientôt une quatrième, vos problèmes mécaniques vont se résoudre» (NDA : l’état-major français escomptait qu’une GU mécanisée ne pouvait être engagée plus de 2 à 3 semaines d’affilé avant de s’arrêter « par usure »).
Delestraint : Ce sont les Allemands qui semblent avoir résolu le problème avec la création de véritables Corps d’Armée blindés qui regroupent deux ou trois divisions blindées. Dans l’action de rupture, ces divisions seront engagées massivement. Dans la phase exploitation tandis que l’une sera mise au repos, l’autre continuera sa progression (NDA : Exact, mais à raison d’un régiment de chars sur deux par PzDv ainsi, dans le Sichelschnitt, et après rupture du front de Meuse, un régiment sera en pointe, tandis que l’autre sera « à l’entretien », d’où le fait que les aviateurs français signalèrent très souvent des « masses de chars » en arrière des pointes. Pour la campagne de Russie, les Allemands réduiront les effectifs chars de leurs PzDv à ceux d’une DCR en 1940 mais en multipliant par deux leur nombre. Les PzDv devant alors s’engager par roulement. Mais le front était si vaste qu’elles furent engagées pratiquement sans discontinuer et arrivèrent devant Moscou au bord de l’asphyxie connaissant alors le sort des DCR de 1940). Nous devons adopter ce même dispositif avec nos deux DCR qui s’engageront ensemble dans une contre-offensive massive pour obtenir la supériorité puis, par roulement, dans l’exploitation. (NDA : C’est ce que le général Delestraint tentera d’obtenir sur la Somme avec la réunion des 2ème et 4ème DCR pour lancer, fin mai, une action massive sur la tête de pont d’Abbeville avec exploitation au-delà de la Somme, Weygand ne donna pas suite, on sait ce qu’il en advînt). En ce qui concerne la 3ème DCR, tant qu’elle ne sera pas amalgamée et ne disposera pas de toutes ses dotations, nous ne pourrons la considérer autrement que comme une sorte de réservoir de moyens pour combler les déficits et les pertes des deux premières. (NDA : Ce fut le cas pour les déficits avant le 10 mai 40). Cela vaudra aussi pour la quatrième, je trouve d’ailleurs bizarre que l’on crée une 4ème DCR, alors que la 3ème est loin d’être complète, ceci sans vouloir vous offenser mon cher Welvert.
De Gaulle : (intervenant sans y avoir été convié, mais il n’était pas à ça près) Nous avons le devoir de gérer nos forces, déjà faibles, en économes pour leur garantir une capacité de choc optimale.
Giraud : Mon petit de Gaulle (C’est comme cela que Giraud appelait le colonel de Gaulle), c’est vous qui me disez cela, alors que lorsque vous commandiez le 507, j’ai du vous botter les fesses pour éviter que vous ne foutiez vos chars en l’air avec vos cavalcades ! (NDA : Authentique mais en d’autres termes et à un autre moment, toutefois le général Giraud utilisait souvent un langage plutôt « vert »)

Sentant la tension montée, le général Georges intervînt alors : « Je crois que le général Delestraint n’a pas tort. Les Allemands, toutefois, disposent d’un jeu de manœuvre en GU blindées au moins deux fois supérieur au nôtre et encore, en comptant les DLM. (NDA : 5 GU blindées françaises, 3 DLM et 2 DCR, contre 10 GU blindées allemandes le 10 mai 40). Pour les DCR même employées séparément, je pense que vos chars B, auront tôt fait de disperser la « poussière blindée allemande » grâce à leur puissance. Mais, c’est vous le patron du groupement, organisez-vous comme vous l’entendez, le principal c’est qu’au moment du besoin vous puissiez répondre aux demandes du général Giraud. De Gaulle « tout miel » s’adressant au général Georges : « Mon général, maintenant que la 7ème Armée est passée en réserve, ne serait-il pas souhaitable que sa DLM soit affectée au groupement car celui-ci ne dispose d’aucune unité de découverte et de reconnaissance?». Le général Georges répondit : « Ces moyens vous seront fournis par l’Armée au profit de laquelle vous serez appelés à agir ». Rappelant ainsi les règles d’engagement des DCR.
Le général Delestraint emboîta le pas à de Gaulle : « Les DCR, devraient être de grandes unités autonomes car, si nous sommes appelés au secours d’une Armée ébranlée, on peut craindre qu’elle soit assez désorganisée pour ne pas pouvoir nous fournir tous les éléments dont nous manquons. »
Le général Georges sembla approuver ces propos de la tête en disant : « Je pense que par la force des choses, nous y parviendrons. Mais pour l’instant, alors que l’offensive allemande peut se déclancher d’un jour à l’autre, on ne peut bousculer nos règlements au risque de désorganiser l’ensemble. » Sur ces mots, le général Georges se leva alors mettant fin à la réunion après les remerciements d’usage. Tandis que les participants sortaient, le colonel de Gaulle se porta à la hauteur de Giraud pour lui dire : « Mon général, félicitations pour votre photo à Sedan, c’est l’image d’un grand chef !» Flatté, Giraud répondit : « C’est vrai qu’elle a de la gueule, je suis sûr qu’à Berlin ils ont du en bouffer de leurs foutues casquettes ! » En tirant sur sa cigarette, de Gaulle, rêveur, laissa tomber : « Et si, ils passaient tout de même…. » Le général Giraud tapa alors de sa canne sur le sol avant de s’éloigner en pestant : « Ah, vous, mon petit de Gaulle….. », il avait compris que ce dernier n’avait pas fini sa phrase mais avait pensé très fort « vous n’auriez pas l’air d’un couillon ! » (NDA : « Couillon » était un qualificatif très usité par de Gaulle)
Pourrait t-on garder un « couillon » comme commandant en chef les forces terrestres du front Nord-Est ? Par la force des choses, Sedan était devenue « la bataille» de Giraud, qu’il la perde et il était assuré de prendre le premier train pour Limoges. Du moins, si les Allemands « nous faisaient la grâce d’y venir pour livrer bataille » avait dit le général Huntziger.
A suivre
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 27 Juil 2007 - 22:24

Stéphane Ferrard a écrit:
Alain,
Pour le titre de cette rubrique:
France 40: la Victoire en rêvant
Celà va bien à une fiction et surtout, "nous ouvre la barrière"
Cordialement
Stéphane

Stephane , le titre est changé selon vos souhaits . J'avoue que le titre précedent n'etait , dans mon esprit , que pour vous "forcer la main" a en trouver un qui vous plaise , apres avoir separé ces messages du premier fil , et n'ayant pas d'autres options que d'adopter la proposition de François temporairement ... car il fallait bien un titre .
Je comprends votre message précedent sur l'interactivité , mais je suis aussi soucieux de la facilité de lecture pour les contributeurs du forum . Lorsque ce sera vraiment avancé, j'en ferai un condensé sur une page specifique , juste pour se "mettre a jour" pour les futurs lecteurs ( qui ne manqueront pas ! ) . Ce qui n'empechera pas , bien entendu de continuer a en discuter ici meme , et de continuer le fil .
Cependant si vous pensez vraiment qu'un condensé des divers posts ne correspond pas a vos envies, je n'en ferai rien . Si c'est le cas indiquez le moi par message privé ou une courte phrase ici meme .

En souhaitant bonne lecture aux autres, et une bonne continuation a cette histoire qui ne manque pas de details aussi croustillants qu'interessants ...

Alain
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Ven 27 Juil 2007 - 22:50

Stéphane Ferrard a écrit:
François,
Ah, le jeu des petites phrases! C'est vrai que j'ai un titre en réserve (comme Georges avait sa 7ème Armée). Mais dans ce domaine, le général Pétain n'avait-il pas dit: "Les Ardennes sont infranchissables" et on a coupé:"A la condition qu'elles soient défendues!" Pour Maurice, il va y gagné son bâton de Maréchal via un vieux copain (à suivre).
Pour GBM, j'ai hâte de voir 'grandeur nature" ton bébé car même si j'ai le BAT, "c'est pas la même chose" et comme disait un vieux camarade "J'aime l'odeur de l'encre au petit matin!"
Allez, bonne nuit les petits.
Stéphane

Dix pages de S.Ferrard dans le prochain GBM pour une premiere partie (!!! ) , je vais assassiner mon facteur s'il n'est pas rapide ...
Est ce que le prochain numéro sera encore meilleur que le dernier que j'estimai pourtant le meilleur?
Je vais l'ouvrir avec delectation et avidité , soyez en surs, Mr Vauvillier et Ferrard , mais ces derniers messages me rendent transit , un filet de bave s'ecoulant lentement de la bouche , le regard trouble , une hache a la main a attendre le facteur au petit matin Wink
Je ne vais pas refaire Shining , rassurez vous ...
Mais je suis impatient maintenant !

Merci a tous les deux , en tout les cas , et excusez moi de cette appartée dans un fil deja bien nourri .

Alain

PS , pour ceux qui ne savent pas , BAT signifie "Bon A Tirer" , c'est en general des fichiers PDF ( acrobat reader , mais il y a d'autres normes ) qui sont echangés entre le creatif et celui qui realise l'impression . C'est donc des fichiers purement informatiques, qui n'ont pas l'odeur de l'encre ... Ceci explique cela .
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 31 Juil 2007 - 11:50

Onzième partie
L’Armée de l’Air
Le 17 avril, le général Georges, accompagné du général Giraud, rencontra le général Vuillemin et son Etat-Major. « Le général Vuillemin nous dressa un tableau affligeant des moyens de l’Armée de l’air -note le général Georges- toutefois il se voulut rassurant en nous disant, qu’enfin, des appareils modernes commençaient à sortir en grande série. Pour la chasse, trois groupes seraient transformés sur D 520 en mai dont un rejoindrait la zone des armées entre le 10 et 15 mai (GC 1/3), les autres suivraient rapidement. En juin, la production permettrait la transformation de nouveaux groupes. De nombreux MB 152, jusqu’alors indisponibles par manque d’équipements, (les sous traitants ne suivent pas !) seraient livrés aux unités et permettrait d’en créer de nouvelles. D 520 et MB 152 devant remplacer les MS 406 à bout de souffle au plus tard pour août/septembre. D’autant qu’à la mi-juin, les premiers chasseurs VG 33 commenceraient à sortir. Pour le bombardement, à partir de mai, les groupes d’assaut recevraient le renfort de nombreux Bréguet 693, tandis que la production des LéO 45 nous permet d’espérer pour la fin juin, début juillet, un bombardement de jour digne de ce nom. Pour le bombardement de nuit, l’arrivée d’Amiot 350, enfin bon de guerre, allait permettre la transformation de plusieurs groupes actuellement sur matériels anciens (MB 210 et Amiot 143). Pour la reconnaissance, l’arrivée des nouveaux MB 174 déjà effective dans certaines escadrilles, et que les boches n’arrivent pas à intercepter à haute altitude, nous permettait d’être plus offensifs. Enfin, on pousse autant qu’on peut la transformation des GAO sur Potez 63/11, la situation devant nettement s’améliorer en mai et juin. Le général Vuillemin conclut en déclarant que sur le plan matériel on voyait venir la fin du tunnel.»
Une fois cet exposé sur les moyens. « On en vînt à l’utilisation des forces aériennes dans la bataille terrestre. Force fut de constater qu’avant au moins le mois de juillet, le bombardement de jour ne pourrait agir dès le jour J, avec la puissance nécessaire et en fonction de la maîtrise de l’air de l’ennemi. Par contre, dès J, la reconnaissance avec ses MB 174 pourrait surveiller le secteur Eifel/Ardennes pour confirmer ou infirmer l’existence d’une masse mécanisée dans ce secteur. Dans la nuit de J à J+1, le bombardement de nuit pourrait alors, si l’information était confirmée, lancer des reconnaissances offensives sur les principaux axes de pénétration. Vu la faiblesse de nos moyens, on devra faire appel au bombardement de nuit britannique dont les Wellington sont basés en Angleterre, je vais voir la question avec l’Air Marshall Barratt (NDA : patron des différentes unités de la RAF, déployées en France). En suite fut évoqué « la priorité à donner en dotations et affections de GAO, aux grandes unités mécaniques ». Le général déclara qu’il était prêt à nous suivre, à nous de lui faire connaître nos préférences en matière d’affectations. Après plusieurs questions diverses, la réunion se termina non sans que le général Vuillemin se soit exclamé : « Ah, si l’on pouvait me rendre la 1ère division aérienne de l’été 1918 ! » (NDA : Créée au début mai 1918 et qui comprenait entre autre la 12ème escadre de bombardement commandée par Vuillemin. La 1ère DAé prit une part très importante dans l’échec de l’offensive allemande sur le Chemin des Dames, l’Aisne et sur la Marne de Château Thierry avant d’appuyer les contre-offensives victorieuses lancées par Foch à partir d’août 1918. Cette grande unité qui regroupa jusqu’à un millier d’appareils de chasse, bombardement et reconnaissance, fut le véritable « poing » des forces aériennes françaises à cette époque. D’autre part, c’est la 12ème escadre de bombardement qui inaugura la tactique d’attaques massives au sol des colonnes ennemies y semant la mort et le désordre au point de freiner l’avance des forces allemandes et finalement de faire échouer l’offensive d’Hindenburg. Les Allemands s’en souviendront…)
A suivre
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 31 Juil 2007 - 18:46

Bonjour a tous!

Passionné de whatifs (j'avoue humblement que mon domaine de predilection est l'aviation) je tiens a vous feliciter pour ces scenarios, que j'ai lu avec passion. Votre travail (ainsi que celui du site "la france continue") est passionant. J'attend la suite de l'histoire avec impatience!

L'idée de "reactiver" la division aerienne est vraiment brillante.
Il y avait un article sur le sujet dans "le fana de l'aviation" de novembre 1998.
Les Breguet XIV de bombardement, leur escorteurs lourds (Caudron R.11, hérissés de mitrailleuses croisant leur feux) et leger (les Spads) etaient concentrés en une seule masse, sous commandement unique.
Cette masse etait lancé comme un "coin", mitraillant et bombardant les offensives allemandes du printemps 1918. Certaines de ses offensives furent brisées par cette puissance aerienne, une vrai revelation! (qui fut oubliée dans l'entre deux guerres)

Une division aerienne version 1940 aurait peut etre rassemblé
- des Breguets 693 (et peut etre des Bloch 175, version de bombardement leger du 174 de reconnaissance) dans le role des Breguets XIV.
- des Potez 631 dans le role des Caudrons R.11 (multiplaces d'escorte rapprochée)
- des D-520 dans celui des Spads.

une telle masse intervient au dessus de Sedan ou Abbeville... si seulement...

Voici l'article du Fana de l'aviation
http://batmarn2.club.fr/aviatio2.htm


Dernière édition par le Jeu 30 Aoû 2007 - 11:10, édité 1 fois
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 1 Aoû 2007 - 16:32

Douzième partie
Les « couillons » selon de Gaulle

Le 18 avril, et conformément aux ordres du général Giraud, le général Delestraint envoya son chef d’état major, le colonel de Gaulle « effectuer en liaison avec le général Huntziger, une reconnaissance d’officier dans le secteur de la 2ème Armée pour s’inquiéter de l’éventuelle mise en place du groupement cuirassé sur les arrières de la dite Armée et en vue d’une contre-attaque massive au cas où l’ennemi romprait sa LPR.» Le général Delestraint dit au colonel de Gaulle : « Allez, mon cher, voici une mission qui vous va comme un gant ! » (NDA : En cela, le général Delestraint fait référence à ces fameuses reconnaissances d’officier que mena le commandant « à titre provisoire» de Gaulle, car il n’était encore que capitaine mais remplissait, déjà, les fonction du grade supérieur!), en août 1920 de « manière brillante » et qui permirent aux forces polonaises de rejeter, sous les murs de Varsovie, l’offensive russe (bolcheviks) commandée par le général Toukhatchevski (ancien compagnon de captivité de de Gaulle à Ingolstadt). Ce fut une « Marne » polonaise. A ce titre, le « commandant » de Gaulle, reçut la « Virtuti militari », la plus haute distinction militaire polonaise, et fut cité (comme capitaine, son grade officiel d’alors) à l’ordre de l’Armée française en termes particulièrement élogieux. (NDA : C’est rigoureusement exact et à ce sujet, on lira le livre de Jean d’Escrienne « Charles de Gaulle, officier. De Saint-Cyr à la dissuasion » - Editions Addim mars 1998). Mais revenons à notre fiction : Cette reconnaissance eut lieu les 19 et 20 avril. Le colonel de Gaulle de retour le 21 confia à Paul H. un de ses familiers qui rapporte : (NDA : Contrairement à d’autres personnages historiques cités, nous ne mettons pas au crédit « des Mémoires » ou des « notes », cette pure fiction car, on ne réécrit pas le Général ! Oui, je sais, ça peut faire grincer des dents, mais si le Général m’avait fait l’honneur, par une marque d’attention «particulière», de me dire : « Alors, Ferrard, toujours aussi con ? Je lui aurais certainement répondu et au garde à vous : « Toujours gaullien mon Général ! » Ce n’est pas maintenant que je vais me refaire et, surtout, me prendre au sérieux !) «Huntziger n’est pas l’homme de la situation (NDA : Ce qui, dans la réalité, n’a pas empêché le Général de proposer Huntzinger en remplacement de Weygand en juin 1940), il considère le groupement comme un réservoir de chars à sa disposition, il est en cela encouragé par nos règlements d’emploi qui sont totalement dépassés. Pour lui, « il n’est question que d’affecter les divisions cuirassées à divers corps d’armée d’ancien type, autrement dit de les fondre dans le dispositif général » (NDA : Cette dernière phrase est authentique mais dans un autre contexte). Huntziger m’a dit que si les boches venaient « à s’y frotter », il ferait appel, éventuellement, à un bataillon de chars lourds (NDA : B 1bis) du groupement pour, avec les deux bataillons de chars légers dont dispose l’Armée (NDA : 4ème et 7ème BCC sur FCM 36), rétablir une situation localement compromise. Que le reste du groupement resterait « au balcon » (NDA : Ce qui est une application strictement réglementaire, une compagnie de chars de manœuvre d’ensemble (B 1bis ou D 2) devait ouvrir la voie à un BCC de chars légers, le drame, dans le cadre des règlements d’emploi en vigueur en 1940, c’est que la création des DCR « pompa » littéralement les chars de manœuvre d’ensemble au détriment des « groupements » constitués « sur le papier » d’une compagnie de chars lourds et d’un bataillon de chars légers, plus un RI et l’appui d’artillerie qui allait avec. La création, tardive, de compagnies autonomes de chars D 2 (toutes rattachées au 19ème BCC) et de B 1 bis, se voulait une réponse à ce non respect des règlements d’emploi des chars.) Il faut absolument que les DCR soient sous les ordres de leurs chefs (NDA : Souhait effectivement exprimé et trop tard, par le général Weygand début juin 1940), sinon nous serons « couillonnés ». En cas d’alerte dans les Ardennes, il faudra positionner le GC dans la région Stonne, les Grandes Armoises, Mont Dieu pour contre attaquer à partir d’une base de départ des plus favorables sur Sedan sinon, en cas de revers, se garder vers le Sud, avant la relève par l’infanterie, pour éviter l’enroulement de la Ligne Maginot. Des grands camps (NDA : de Champagne) à Sedan, il nous faudra deux étapes de nuit sur chenilles (souligné dans le texte) pour être en mesure de déboucher massivement en direction du Nord à l’instant T). Le colonel remis son rapport au général Delestraint qui le transmit au général Giraud lequel trouva : « Que le général Huntziger, était parfaitement maître de la situation et qu’il approuvait ses propos. Une cavalcade effrénée, n’est pas raison d’Armée ! » Lorsque le colonel de Gaulle prit connaissance de cette note en retour, il s’exclama « Ah, les cons ! » (NDA : Dans cette fiction, de Gaulle, par le pluriel, évite de viser directement Giraud). Le général Delestraint dit à son chef d’état-major : « Lorsque nous serons engagés, il nous faudra prendre les leviers (NDA : de commande) par la force de nos chenilles ! » (NDA : Cette phrase, lourde de sens, prépare la révolution intellectuelle de l’Armée française en fin 1940, début 1941). Ayant eu connaissance de ce rapport, le général Georges nota en marge : « La dispersion des moyens n’est pas souhaitable, seul l’engagement d’une masse blindée aux ordres de son chef et, en cas de rupture totale d’un front, peut rétablir une situation fortement compromise.» (NDA : on note ici que le général Georges va plutôt dans le sens du « couple » Delestraint/de Gaulle que dans celui de Giraud/Huntziger. Ceci ne manquera pas de créer quelque problème par la suite.)
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mer 1 Aoû 2007 - 18:22

Ayant enfin trouvé un peu de temps pour lire ces articles passionnants, dans lesquels j'apprends plein de choses, je vais jouer un peu les tristes sires, fût-ce sur un mode mineur.

J'ajoute que mes objections visent à mon édification personnelle et pas à démolir le texte de François.

1. La 7e armée, si je ne m'abuse, a été déplacée vers la côte bien avant qu'il ne soit question de l'envoyer en Hollande. J'ai bien compris le raisonnement qui consistait à la remettre en position centrale - et bien évidemment j'approuve d'un point de vue tactique - mais je ne suis pas convaincu que quiconque pensait de cette manière en 40. Oui, Georges s'inquiétait dans un commentaire en marge de la prose de Gamelin, qu'on ne s'engage trop profondément dans un piège. Mais etait-il réellement partisan d'une solution aussi radicale que ce qui est proposé ? François est en train de transformer le "cheval de labour" en un fringant Manstein !

2. Critique plus mineure: il y a à mon avis des tas de "bonnes" raisons (ou considérées comme telles) pour ne pas laisser les Anglais sur la côte, notamment leur propension avérée à filer vers le port le plus proche quand ça sent le roussi, et les susceptibilités de la Marine. Donc à mon avis même si la 7e Armée était déplacée ça laisserait le XVIe corps sur place.

3. Toujours dans la gamme du mineur: les prévisions offertes pour l'armée de l'Air sont très optimistes. Je pourrais vérifier ce qu'il en était d'après les plannings de l'époque (j'ai ça dans un recoin de mon disque dur), mais ce qui est sûr c'est que personne ne faisait plus confiance aux prévisions de sorties d'avions, qui avaient été régulièrement démenties depuis 4 ans. Le programme de modernisation de Vuillemin avait pris un retard considérable.

4. Pourquoi Georges se focalise-t-il autant sur les Ardennes ? Après tout, il ne connait pas le plan allemand, et les deux autres menaces - par les plaines du nord de la Belgique, et par la Ligne Maginot - restent sérieuses. Prételat ne se privera pas de rappeler que la Ligne ne vaut que par la densité de ses défenseurs, et si le GA 1 n'est pas suffisamment doté il risque de se prendre une raclée en Belgique face à une masse de divisions blindées, un peu comme ce qui s'est passé en 14.


Mais sinon j'aime beaucoup lire tout ça, et j'approuve l'idée d'Alain de mettre ces textes bout à bout quelque part pour la facilité de lecture de nouveaux arrivants, dans quelques temps.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Jeu 2 Aoû 2007 - 12:22

Louis,
Tout d’abord, tous les textes de cette fiction « La victoire en chantant » sont de moi-même et non de François (Vauvillier ?) si c’est lui auquel vous pensez, il va bien rire.
Dans le plan D français de 1933, la 7e Armée est déjà en réserve à Reims, en mesure d’agir dans le Sud des Ardennes. A cette époque, le GQG français s’inquiète « du courant d’air que représentent les Ardennes en cas d’attaque brusquée allemande et avant la mobilisation des gros. » Cette inquiétude sera permanente mais totalement occultée par la volonté de Gamelin à se porter en Hollande. Dès le 15 mai 1936, le général Gamelin qualifie l’hypothèse Hollande "d’hypothèse la plus vraisemblable". En janvier 1938, reprenant les idées forces du plan D bis, le plan écho conserve la 7e Armée en réserve entre Arras et Reims. Le 2 septembre 1939, les précurseurs du Quartier général de la 7e Armée rejoignent le petit village de Pargny-les-Reims. Le haut commandement a choisi ce déploiement dans la région rémoise entre la frontière du Nord et Paris, car les moyens de communication ferrés et routiers permettraient à l’armée d’intervenir rapidement vers les zones les moins fortifiées du front du Nord-Est. La 7e Armée, concentrée au Sud-Ouest de Reims, n’est qu’un organe de commandement, sans division ni mission. Réserve de Grand Quartier Général, la 7e Armée doit être prête, sur ordre, à intégrer le groupe d’armées 1. En attendant de prendre à sa charge la défense de la position frontière à l’Ouest de Maulde, mission principale, et éventuellement, en cas d’entrée en Belgique, de former l’aile marchante des armées alliées. (Manœuvre Escaut). Le 24 octobre, le général commandant en chef le théâtre d’opérations Nord-Est, par son instruction personnelle et secrète n° 7 précisant les "conditions générales dans lesquelles s’effectuerait la manœuvre des forces franco-britanniques se portant en Belgique, pour y accepter la bataille sur l’Escaut", fixe également "les conditions éventuelles d’une pénétration plus profonde en Belgique". L’hypothèse "Hollande" apparaît dans une note du Grand Quartier Général Nord-Est datée du 8 novembre. En raison de la menace allemande, les dispositions pour une mise en œuvre rapide du plan Hollande sont prises par le haut commandement le 9 novembre 1939 en soirée. Le général commandant en chef met la 7e Armée à la disposition du Groupe d’armées n°1. Par l’instruction personnelle et secrète n° 8 du Groupe d’armées n°1 du 10 novembre, l’état-major de la 7e Armée reçoit l’ordre de s’installer le même jour à St Omer. Le GQG n’a plus de réserves stratégiques ! Effectivement et votre remarque pertinente, en ce qui concerne le 16ème CA comme c’était un CA de secteur, il reste sur place, pour moi ceci allait de soit mais « ça va mieux en le disant ». Attention dans cette fiction que j’ai écrite depuis longtemps, le général Georges ne remet pas en cause les règlements d’emploi de l’ATF et ne se prend surtout pas pour un Manstein. Je fais d’ailleurs allusion à cet état de fait dans la rencontre de Gaulle/Huntziger dans la douzième partie « Les couillons selon de Gaulle ». La seule chose est que le général Delestraint est considéré comme la patron d’un CA (ce que n’est pas le groupement cuirassé) et, à ce titre, Georges lui laisse beaucoup d’initiative comme aux autres patrons de l’ATF : « Le faites au mieux, était d’ailleurs très utilisé par Gamelin et plus ou moins passés dans les moeurs ». (Voir aussi la dixième partie « La passe d’arme » et la conclusion de Georges en fin de réunion, c’est tout à fait dans l’esprit de l’époque). Pour l’Armée de l’air, Vuillemin ne chiffre pas mais fait part de ses espoirs (j’aurais, peut être, du le préciser). Toutefois, le GC 1/3 était bien en cours de transformation sur D 520 fin avril 1940 (Cannes-Mandelieu) et, effectivement, le démarrage des fabrications aéronautiques était enfin lancé. Georges ne focalise pas sur les Ardennes mais divers renseignements l’inquiètent par leur concordance. Contrairement à Gamelin (qui avait été alerté mais n’en tînt aucun compte), Georges prend des mesures au profit des 9ème et 2ème Armées qui ne sont que des mesures de renforcement. Par ailleurs, les secteurs fortifiés du Nord-Est qui devaient « représenter une économie de moyens » furent, au contraire « bourrés » d’unités d’intervalles dont une grande partie fut d’ailleurs dirigée en catastrophe (Armée Touchon) vers la Somme et l’Aisne, à partir du 15/20 mai 1940. En tous les cas, dans ma fiction, les Ardennes ne sont pas considérées comme prioritaires par Georges mais comme « une alerte ». Mis à part la manœuvre Bréda « abandonnée au soulagement de tous et en premier lieu de Giraud » Toutes les autres hypothèses restent valables et Dyle est maintenue. Dans la réalité, Georges (et pas que lui) était très inquiet « du fait que l’ennemi pouvait agir ailleurs ». La manœuvre allemande ne fit que confirmer ses craintes d’où son accablement devant la réalité d’une défaite annoncée.
Stéphane Ferrard
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Sam 4 Aoû 2007 - 10:08

Treizième partie
Merci Eric Denis !
(Note S. Ferrard : Dans cette fiction, rédigée voici déjà plusieurs années en espérant, un jour, la publier sous forme de roman « aux droits d’auteurs incertains », la réunion d’Hitler et de Mussolini, ce 20 avril 1940, (SF : Eric ne la date pas) était située en un autre lieu qu’Innsbruck. Mais, Eric, en évoquant cette magnifique ville d’Autriche, a ravivé en moi certains « souvenirs heureux » d’adolescent. Donc, va pour Innsbruck et plutôt deux fois qu’une, d’autant que cette ville est très liée par son histoire aux jésuites, nous y reviendrons bien plus tard! D’autre part, Eric, dans son intervention donne une information sur les pilotes autrichiens qui «maîtrisaient parfaitement la région et le vol en montagne » ce qui va appuyer ma fiction (SF : Zut, il faut que je reprenne une partie de mon texte !). Mais, l’idée est excellente et donc à suivre. En ce qui concerne Manstein, j’ai le regret de dire à Eric, que ce dernier avait été écarté par Hitler, car il n’avait été que le « chef d’orchestre » des intuitions de ce dernier en mettant « en ordre » la pensée stratégique du Führer. Toutefois, Eric a très bien vu l’opposition entre les deux hommes.

Texte d’Eric Denis
La rencontre entre les deux dictateurs était non seulement précipitée, mais aussi décisive pour l’avenir des deux pays. On avait choisi Innsbruck. La frontière commune permettait un très bon niveau de discrétion, mais surtout à Hitler de rester sur le territoire du Reich. C’est ce dernier qui arriva le premier (SF : le 20 avril 1940). On avait réquisitionné tous les bâtiments administratifs qui servaient principalement de cantonnements aux troupes chargées de la surveillance des lieux. La ville était bouclée. Le Duce n’avait plus le choix, il fallait bien décider, et les quarante-huit heures de délais donnés ressemblaient plus à un ultimatum qu’à une relation d’alliés. L’Italie n’était pas prête à faire la guerre, encore moins que ses voisins. Elle manquait de tout, sauf peut-être d’une flotte (Note SF : et surtout de mazout pour cette flotte magnifique, ce qui ne permettait pas à cette dernière de « pousser les feux » pour aller à la bataille, d’où les dérobades de la Marine Italienne face à la Royal Navy et cette légende du « refus du combat » par couardise), qui pourtant allait être parfaitement inutile dans ce cas de figure. Comme à son habitude, le Führer avait appliqué avec perfection sa méthode mélangeant au discours autant de gentillesses que de menaces. Et il allait rester là, pendant les deux jours, afin d’attendre la réponse, l’obligeant lui aussi à séjourner à Innsbruck, lui qui n’aimait que le soleil et la chaleur. Puis ce fut un balai régulier et dense d’appareils, tant civils que militaires, des deux nations, sur le petit aérodrome d’Innsbruck. Ils atterrissaient sur la seule piste, bordée des Me 109 flambants neuf du JG 76 déplacé pour l’occasion. Ces anciens pilotes autrichiens maîtrisaient parfaitement la région et le vol en montagne. On disait qu’il y en avait toujours quatre en l’air, et que les autres pouvaient décoller en moins de 6 minutes.
Aux ministres se succédaient les militaires, et Mussolini passait de réunion stratégique en exposé économique. Au fond de lui, il savait. En fait il n’attendait que cela. Il avait jusqu’alors été incapable de se décider, et le sort lui présentait une solution qui pouvait bien lui apporter la gloire.
(SF : Merci Eric, je reprends le manche)
Suite à la réunion de 14 avril (voir 9ème partie) et, avant même d’y assister, Hitler avait fait le constat suivant : l’Armée allemande ne pouvait pas s’opposer du « fort au fort » aux Alliés. La malencontreuse affaire de janvier 1940 (NDA : authentique, un avion allemand s’était « crashé » en Belgique avec à son bord d’importants documents concernant la manœuvre Schlieffen bis), l’avait poussé à imaginer une manœuvre de débordement par les Ardennes qui étaient le « ventre mou » de la défense française. Cette manœuvre, si bien orchestrée par von Mainstein avait été éventée par les Français (ce qui était très exagéré, ces derniers n’avaient fait que renforcer un secteur pour le mettre au niveau des autres Armées). Pour lui, il y avait des traîtres qui ne pouvaient être « que parmi les vieilles culottes de peau de la Heer ! ». A ce titre, il avait demandé à Himmler de surveiller étroitement ce « nid de vipères » ce qui ne manqua pas d’entraver les travaux de l’OKW. Le général Keitel note : « après la réunion du 14 avril, nous fûmes étroitement surveillés par les SS, de véritables commissaires politiques dignes des méthodes staliniennes. Notre travail n’en fut pas facilité ! » Pour Hitler, l’Allemagne ne pouvait se permettre une guerre longue et il le savait. Il lui fallait « mettre à genoux la France » pour faire la paix avec la Grande-Bretagne et ainsi, gagner son espace vital à l’Est. » Pour « mettre à genoux la France », il lui fallait mener une guerre éclair, aussi l’opération Tannenbaum lui semblait être une bonne alternative à l’opération Sichelschnitt car « le porc-épic suisse serait mangé en 3 ou 5 jours » (NDA : propos authentiques). Les réserves françaises engagées trop au Nord, n’auraient pas le temps d’intervenir en direction Sud, « Les Français étant trop habitués à faire face au Nord-Est, la ligne Maginot enveloppée, leur moral s’effondrera.» Toutefois, le passage par la Suisse, obligeait à puiser dans les moyens au Nord, ce qui était contraire au principe de regroupement des moyens pour mener une seule action. Immédiatement, Hitler avait pensé à faire appel à l’Italie « qui, n’importe comment, serait forcée d’entrer en guerre à nos cotés un jour ou l’autre ». Restait, bien sûr à convaincre le Duce et ça ne serait pas chose facile !
Toutefois, lorsque le 14 avril au soir, Hitler parla au téléphone avec Mussolini, il obtînt que ce dernier vienne à Innsbruck car « de nouveaux éléments, permettaient d’aborder la situation internationale et, en particulier, en Europe, d’une autre façon ». Mussolini, suite à cette conversation, dit au comte Ciano, son gendre : « Hitler me demande de venir le voir, voudrait-il une médiation de ma part avec les Alliés pour faire la paix, ou du moins pour convenir d’un Armistice ? »
Aussi, le 20 avril, lorsque Mussolini arriva à Innsbruck, il était d’excellente humeur, persuadé que le Führer, voulait cette paix qu’il avait lui-même demandé indirectement et à plusieurs reprises aux Alliés depuis le 2 septembre 1939 et sans succès (NDA : rigoureusement exact). Le Comte Ciano rapporte : « Le Duce était absolument persuadé qu’Hitler allait lui demander de jouer un grand rôle dans les pourparlers à venir, car il avait l’oreille de Londres.»
Ils allaient l’un et l’autre rapidement déchanter !
« D’entrée de jeu, Hitler demanda au Duce si les forces italiennes seraient prêtes à entrer rapidement en campagne contre la France –note Ciano- Le Duce qui s’attendait à tout, sauf à cela, parut déconcerté. Il y eu un long silence, avant qu’Hitler ne reprenne sans attendre la réponse de Mussolini : « Aujourd’hui, le Pacte d’Acier est placé devant ses responsabilités ! L’heure est venue de mettre à bas les Démocraties et surtout la France. Pour cela, j’invite l’armée italienne à se joindre à nous pour l’écraser ainsi que la Suisse ! » Le Duce, se balança dans son fauteuil, me jetant un regard désespéré –continue Ciano- il était devenu livide. « Ainsi que la Suisse !!!! » Bredouilla le Duce. « Oui – repris Hitler- et c’est pour cela, que je vous offre de mener une offensive conjointe à travers la Suisse que nous allons anéantir et dont nous nous partagerons les restes, y compris l’or des juifs ! La Savoie vous reviendra ainsi que toute la partie Sud de la Suisse, la Suisse allemande reviendra au Reich mais aussi toute la partie francophone dont nous chasserons les populations vers la France pour y mettre nos colons ! ». Le Duce était au bord de la syncope et regardait Hitler bouche bée. Hitler poursuivit : «Soit l’Italie est avec nous, soit, même si elle attaquait plus tard, c'est-à-dire au moment où nous aurons abattu les Français, aucune de ses revendications territoriales ne pourrait lui être accordée (Dans la réalité, le souhait de Mussolini de disposer d’une zone d’occupation en France, délimitée par le Rhône fut rejeté par Hitler). Nous serons à Paris en dix jours ! ». Hitler qui s’était aperçu que le Duce était pour le moins très secoué, proposa une suspension de séance d’une demie heure. « Le Duce, se leva péniblement en s’appuyant sur mon bras et c’est en vacillant qu’il quitta la réunion » témoigne Ciano. « Dans le salon qui nous était réservé, le Duce s’effondra dans un fauteuil en me disant « Il est fou, il est fou ! ». Peut-être pas tant de cela répondis-je. « Que voulez-vous dire ? » Hitler doit être au courant des travaux de notre état-major pour une offensive à travers les Alpes françaises. « Oui, mais seulement en cas de défaite de la France sur le front Nord et uniquement pour nous asseoir à la table » - me répondit le Duce. Hitler vient de vous le dire, si nous ne prenons pas l’offensive en même temps qu’eux, nous n’aurons même pas le droit de ronger un os ! « Mais, je peux très bien me ranger aux cotés des Alliés ! ».S’exclama Mussolini. Dans ce cas, il vous faudra renoncer au Grand Empire romain ! Répliquais-je. Après un instant de réflexion, le Duce me dit : « Alors, vous êtes partisan du fait que nous nous rangions au plan d’Hitler, mais, la Suisse, pensez, la Suisse ! Bon, vous avez peut être raison, mais il faut négocier, négocier, pour obtenir un maximum d’avantages et repousser autant que possible l’offensive, nous ne pourrons rien faire avant la première quinzaine de juin. » Nous regagnâmes la salle de réunion. Le comte Ciano, note : « Le reste de la journée se passa en réunions portant sur tous les aspects, économiques, politiques et militaires de l’engagement direct de l’Italie aux cotés de l’Allemagne. Nous ne pûmes rejoindre nos appartements que tard dans la soirée, nous étions épuisés ! »
La seconde journée, fut réservée aux travaux d’état-major, avec une armée italienne attaquant au Sud de la Suisse dans la région italophone en direction de Berne et Lucerne pour y faire la jonction avec les forces allemandes débouchant de Bâle et Zurich avant de se diriger vers l’Ouest en direction de Belfort et Besançon. Là, les unités italiennes devaient faire un « face au Sud » pour envelopper toutes les forces françaises en position dans les Alpes, prendre Lyon et rejoindre,via Grenoble, l’offensive italienne sur l’axe côtier Menton/Nice/Toulon/Marseille. Toulon pris, la marine française n’existera plus en Méditerranée. Pour leur part, les forces motorisées allemandes s’élanceraient vers Belfort pour couvrir les forces italiennes contre une contre attaque française depuis les Vosges. Malgré nos demandes, les Allemands refusèrent catégoriquement de nous donner des détails sur leur action au Nord de la Suisse. Après de longues discussions la date de l’offensive de « la Manche à Menton » fut prévue « à partir du 5 juin » la date précise et l’heure seraient données par Berlin. Il fut convenu que le Duce disposerait d’un préavis d’environ quinze jours sur la date et l’heure et déclarerait la guerre aux Alliés que quelques heures avant le lancement de l’offensive. Dans l’avion qui nous ramenait à Rome, le Duce me dit : « Je trouve qu’Hitler fait peu de cas de l’Armée suisse, nous risquons d’avoir des surprises. Par ailleurs, je suis inquiet d’une réaction franco-britannique en Libye, ce dont Hitler ne semble guère se soucier.»
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Dim 5 Aoû 2007 - 16:10

Stéphane Ferrard a écrit:
Tout d’abord, tous les textes de cette fiction « La victoire en chantant » sont de moi-même et non de François (Vauvillier ?) si c’est lui auquel vous pensez, il va bien rire.

Je pensais bien à vous, j'ai juste remplacé votre prénom par un autre sans m'en rendre compte. C'est quelque chose qui m'arrive hélas très souvent Embarassed. Toutes mes excuses, donc, mais je ne peux pas promettre que je ne le ferai plus geek

Je saute les détails sur l'évolution des plans français, dont je vous remercie et qui montrent que ma mémoire du bouquin de Chaix était moins défaillante que ma maîtrise des prénoms What a Face pour en venir à l'aspect qui a motivé ma question:

Stéphane Ferrard a écrit:
Le 2 septembre 1939, les précurseurs du Quartier général de la 7e Armée rejoignent (...) la région rémoise (...) car les moyens de communication ferrés et routiers permettraient à l’armée d’intervenir rapidement vers les zones les moins fortifiées du front du Nord-Est. La 7e Armée (...) n’est qu’un organe de commandement, sans division ni mission. (...) En attendant de prendre à sa charge la défense de la position frontière à l’Ouest de Maulde, mission principale, et éventuellement, en cas d’entrée en Belgique, de former l’aile marchante des armées alliées. (Manœuvre Escaut). Le 24 octobre, le général commandant en chef le théâtre d’opérations Nord-Est, par son instruction personnelle et secrète n° 7 précisant les "conditions générales dans lesquelles s’effectuerait la manœuvre des forces franco-britanniques se portant en Belgique, pour y accepter la bataille sur l’Escaut", fixe également "les conditions éventuelles d’une pénétration plus profonde en Belgique".

Donc si on écarte Hollande et Breda, la 7e Armée n'a jamais eu que deux états:

- Celui de QG de réserve, "virtuel", déployé en Champagne mais potentiellement téléportable n'importe où, comme le GA 3,
- Celui d'armée normale, à l'aile gauche du dispositif.

Ce que j'ai compris - peut-être à tort ? - que Georges avait décidé, c'était de téléporter la 7e Armée en mode "normal" au centre du front, en laissant derrière elle les unités de côte (XVIe CA, SFF, 60e et 68e DI) et éventuellement la 1ère DLM au Corps de Cavalerie, mais avec le Ier CA et les 4 divisions d'active, plus le GBC et les groupes aériens.

Si c'est bien le cas, ça pose les questions suivantes:

1. Sur le style, ça me semble plus digne de Manstein devant Kharkov que de Georges devant Sedan. A priori, j'aurais plutôt vue l'armée française de 1940 replâtrer les 2e et 9e armées de la manière que vous avez décrite: renforts incorporés aux QG existants, artillerie supplémentaires, peut-être un peu de chars, ce genre de choses.

2. Sur l'équilibre des forces, l'aile marchante alliée, déjà plus faible que les forces allemandes attendues, voit sa mission simplifiée mais elle perd également des moyens. Le rôle dévolu à la 7e Armée dans l'hypothèse Escaut devra être assumé par la BEF, laquelle ne compte début avril que 8 divisions (je compte que la 51st Highland va en Belgique et pas en Lorraine dans ce total) alors qu'on ne sait pas quand les Allemands attaqueront.

A priori ça ne devrait pas être insurmontable, notamment parce que l'attaque du Danemark et de la Norvège permet d'écarter un peu la menace d'une attaque brusquée, mais en même temps les alliés se démènent justement début avril pour faire admettre par les Belges le principe d'une entrée anticipée: le moment n'est donc pas propice au retrait des unités de la 7e Armée.
Autre source de retards: Georges disait qu'il n'arrivait pas à faire cracher ses unités à Prételat. Certes, c'est désormais lui le chef, mais est-ce que ce sera suffisant et que le commandant du GA 2 se contentera d'une remarque sotto voce sur le copinage ? C'est peut-être faire bon marché de la pugnacité et de la volonté de résistance de nos chefs Twisted Evil
Dans le même ordre d'idées, Billotte risque de ne pas se laisser déposséder facilement non plus.

Les Français avaient identifié deux axes d'attaque principaux: au nord par les plaines de Belgique (le plus probable), au sud à travers la Ligne Maginot. Il y avait bien des hypothèses via la Suisse ou les Ardennes, mais elles n'étaient pas prises vraiment au sérieux à ma connaissance. Ni Billotte ni Prételat, les commandants des forces chargées de se battre sur ces deux axes, n'étaient satisfaits des ressources mises à leur disposition. Or, ce que vient de faire Georges c'est de les affaiblir tous les deux au profit d'un troisième axe: les Ardennes.

Entendons-nous bien: sur le principe le mouvement décrit serait complètement raisonnable, d'ailleurs c'est peu ou prou ce qu'avaient fait les Français début 1918 en constituant une très importante réserve stratégique. Là où je veux en venir, c'est que c'est tellement opposé à l'état d'esprit de colmatage qui prévalait en 1940 que je me demande comment le justifier. Le rééquilibrage de la 9e armée par remplacement de ses divisions de série B par autant de divisions d'active, ça me semble bien coller. Mais la constitution d'une réserve stratégique commandée par un chef énergique et engerbant de très bonnes unités, ça me semble plus chaud à justifier.

Notons que si j'étais Billotte, je ferais remarquer que la réserve de GQG existe déjà (2 CA, 13 DI + le corps cuirassé avec les 2 DCR) et qu'en particulier le corps cuirassé est fait sur mesure pour le rôle de réserve de contre-attaque. Quitte évidemment à m'appuyer sur les délais d'acheminement pour faire partir les DCR vers la Belgique "prématurément", de fait qu'elles se trouveraient déjà en route au moment où les choses se gâteraient sur la Meuse. C'est peu ou prou ce qui est arrivé, et je peux faire confiance pour ne pas céder là où Gamelin n'avait pas d'objection, mais retirer une petite armée, c'est autre chose.

Pour finir, l'inquiétude de Georges sur l'ennemi qui pourrait passer ailleurs a également des chances de se traduire par un émiettement des réserves tout au long du front comme ce fut le cas historiquement. Davantage d'unités "en réserve de GQG" mais en Alsace ne sont pas très utiles quand c'est la Meuse qui craque...

Stéphane Ferrard a écrit:
Pour l’Armée de l’air, Vuillemin ne chiffre pas mais fait part de ses espoirs (j’aurais, peut être, du le préciser).

J'ai peut-être mal compris, mais le ton de cette réunion - tenue le 4 avril d'après l'épisode 7 - m'a semblé très optimiste par rapport à la réalité. Cette réalité était la suivante (les chiffres sous la forme A/B veulent dire avions disponibles / indisponibles, p.ex. 3/2 = 3 disponibles 2 indisponibles) pour les types d'appareils mentionnés, appareils présents aux armées:

Au 1er avril: Bloch 174: 3/0, Dewoitine 520: 6/5
Au 20 avril: Bloch 174: 3/2, Dewoitine 520: 17/5
Au 1er mai: Bloch 174: 8/4, Dewoitine 520: 19/25
Au 10 mai: Bloch 174: 24/3, Dewoitine 520: 36/21

Ce que ces chiffres illustrent, c'est donc:

1. Que le nombre de ces appareils nouvelle génération est ridiculement faible (surtout en avril), sachant que leur ascendant technique est inexistant (p.ex. le D520 ne fait que rattraper une partie du retard technique),
2. Que la majorité des appareils sont arrivés en unité récemment (moins de 2 semaines) donc ni les pilotes ni le personnel au sol ne sont réellement au point sur ces nouveaux types d'appareils,
3. Que le calendrier de modernisation prévu n'est pas du tout respecté: c'est bien beau de parler du Bloch 174, quand la majorité des GAO - la reconnaissance qui intéresse les commandants d'armées puisque c'est "la leur" - n'ont même pas terminé leur conversion sur Potez 63-11.

A ma connaissance d'ailleurs, les débats sur l'armée de l'Air au sein de l'ATF portaient davantage sur le nombre d'appareils "appartenant" aux troupes au sol qu'à leur modernisation.
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Dim 5 Aoû 2007 - 16:18

Sur l'Italie, une chose à garder en mémoire c'est qu'à part Mussolini, aucun des responsables militaires italiens n'était optimiste sur le rapport de forces. La guerre a fini par être déclarée parce que la France était visiblement à bout, et que Mussolini pensait que la guerre était finie, mais le 10 juin les trois chefs d'état-major italiens donnent chacun des consignes défensives à leurs forces, suivant en cela les plans établis en temps de paix, lesquels se fondaient sur une assez saine appréciation du rapport de forces.

Stéphane Ferrard a écrit:
Texte d’Eric Denis
(...)L’Italie n’était pas prête à faire la guerre, encore moins que ses voisins. Elle manquait de tout, sauf peut-être d’une flotte (Note SF : et surtout de mazout pour cette flotte magnifique, ce qui ne permettait pas à cette dernière de « pousser les feux » pour aller à la bataille

Le mazout n'est pas un problème en 1940, la panne sèche n'interviendra qu'un an plus tard. En revanche, la Regia Marina est complètement dominée par les flottes combinées franco-italiennes: elle n'a que deux cuirassés disponibles (deux Cavour) face à 9 (de mémoire, je ne recompte pas) alliés, sans compter les porte-avions. La guerre ce serait du suicide.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Dim 5 Aoû 2007 - 18:21

Réponse à Louis,
Attention, j’ai, autant que possible, tenu compte de faits réels pour écrire cette fiction. Mon principal souci n’est pas de savoir si l’armée française disposait en 1940 de X chars B 1bis, de X canons de 25 AC ou de X avions disponibles, mais de savoir ce qui aurait été « utile à la bataille ».
Pour moi, « cette défaite incompréhensible » a été avant tout la défaite de l’esprit. En manquions nous, non, mais le système était tel, qu’il aurait fallu, comme en 1914, hélas, que le sang versé répare les erreurs initiales (Français, descendez au cercueil !). En avions nous le temps en mai 1940, à mon avis non ! Toutefois, comme au jeu de Dames (sans jeu de mot pour le général), on s’aperçoit que tous les pions, les grands chefs de 1943, (De Lattre, Juin, Welvert, de Hauteclocq, etc.) étaient là, sans compter de Gaulle, bien sûr). Comme en 14, il fallait que les hommes « du passé » s’effacent devant une nouvelle génération, tout en pouvant assurer une certaine forme d’intérim : Georges, Giraud, Billotte, Prételat, etc.).
Pour la 7ème Armée, tous les documents officiels de l’époque, portent témoignage de ce manque de réserve stratégique. Si j’aime lire, ce sont avant tout les archives officielles de l’époque et non des livres post opérations. J’ai un témoignage direct sur les travaux (énormes !) d’état-major effectués par l’EM de la 7ème Armée en ce qui concerne la manœuvre Dyle-Bréda. Il est un fait : si celle-ci avait été abandonnée, cela aurait été au plus grand soulagement de l’ensemble des grands chefs, sauf Gamelin. En faisant « glisser dans l’escalier » Gamelin, ce n’est pas une révolution intellectuelle que je préconise mais un retour à la normale, c'est-à-dire à la stricte observance des règlements. C’est Gamelin qui se prenait pour von Manstein et nul d’autre. Vous focalisez trop sur la 7ème Armée qui, dans mon scénario, ne fait que reprendre sa place initiale, au centre du dispositif et sans plus. L’alerte Ardennes n’est que la prise en compte de renseignements « concordants » obtenus réellement par Georges et ignorés par Gamelin (et je n’ai pas encore parlé d’Enigma et de l’équipe franco/britannique/polonaise du capitaine G. Bertrand). Suite à la décision de renoncer à Bréda, l’Armée française ne fait que retrouver son dispositif normal, celui voulu par Gamelin étant « extraordinaire ». Pour l’Armée de l’air, vous vous positionnez au 10 mai 1940, alors, et vous l’aurez compris, que nous en sommes au 10 juin, soit un mois plus tard. Ne pas confondre les Potez 63/11 et les MB 174, ils n’ont pas la même mission. D’ailleurs, si vous lisez bien mes textes, il n’y a pas de mélange. Pour l’Italie, sa déclaration de guerre aux alliés, dans la réalité comme dans ma fiction (les deux se rejoignent), est liée au fait que le Duce, comme lui dit Ciano, n’aura droit à rien si elle ne se range pas aux cotés d’Hitler, ce qui d’ailleurs fut le cas dans la réalité. La zone d’occupation jusqu’au Rhône, réclamée par l’Italie fin juin 40, fut rejetée par Hitler et avec mépris par l’OKW. Pour la Marine Italienne, je maintiens le problème d’approvisionnement (et pas seulement en mazout). Enfin, pour l’Hypothèse Suisse, sachez qu’elle a été, au cours des années 1930, une des préoccupations majeures du GQG français mais aussi suisse et le général Guisan va jouer un grand rôle, avec l’Armée suisse, dans ma fiction. Oui, dans cette dernière, nos drapeaux vont connaître la Victoire (provisoire ?) mais au prix du sang « pour racheter les errements du passé ». Sinon, à quoi bon écrire une fiction ? Bon, maintenant, je vais finir de tondre ma pelouse et préparer mon départ pour de courtes vacances.
Cordialement
S. Ferrard
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Lun 6 Aoû 2007 - 14:32

Tout d'abord, j'ai beaucoup de respect pour le travail que représente cette fiction. Mes questions, quand j'en ai, visent plus à mon édification personnelle - et le but de ce forum n'est-il pas d'échanger des informations ? - qu'à faire critique littéraire.

Sur la septième armée et Breda, je sais que c'est Gamelin qui a poussé tout le monde à aller en Belgique et en Hollande. Ce que je ne sais pas, même si moi aussi j'ai lu" les archives officielles de l’époque et non des livres post opérations." (mais moins que vous, évidemment, et rien sur les plans de la 7e armée ou du TONE), c'est la part de ce qui tenait à Gamelin et l'état "naturel" des choses en son absence. D'où mon interrogation sur le nouveau rôle assigné à la 7e Armée une fois Gamelin parti. Vous répondez à cette question en disant que les plans existaient pour un retour en réserve de la 7e Armée et que c'est sans doute ce qui se serait passé. Parfait, c'est justement ce que je voulais savoir.

Cette question en entraîne une autre, cependant: pourquoi est-ce que dans ce contexte l'option Dyle reste maintenue et pas simplement Breda ? Après tout, si on va sur la Dyle il faut tenir jusqu'à Anvers et ça représente une sacrée extension de front pour la BEF puisqu'on lui enlève la 7e Armée à sa gauche. Ou alors on fait intégralement confiance aux Belges pour boucher le trou ? Avant de brandir votre tondeuse à gazon, n'allez pas croire (cf. mon premier point) que je pose cette question pour le plaisir de critiquer votre scénario: j'en profite juste pour m'instruire sur les plans d'opérations. Le cas échéant, une référence à une source - fût-elle archivale - autre que Chaix (que j'ai déjà) m'ira très bien.

Sur les Italiens, le Duce est naturellement souverain et peut ordonner toutes les bêtises possibles et imaginables. Mais comme ce chapitre n'est pas encore écrit et que je peux commenter sans paraître le critiquer, voici quelques chiffres: au 8/6/40 les stocks de carburant de la Regia Marina s'élevaient à 1 721 856 tonnes, avec une consommation prévue en opérations de 200 000 tonnes par mois. Les stocks étaient donc suffisants pour faire la guerre à plein régime pendant huit mois et demi: la marine italienne avait donc les moyens de sortir en force (et elle l'a fait). En pratique, la consommation n'a jamais atteint ce chiffre, elle était plus proche de la moitié sachant que les Italiens ont assez rapidement contingenté. Pour rester dans l'esprit du "Mon principal souci n’est pas de savoir si l’armée française disposait en 1940 de X chars B 1bis, de X canons de 25 AC ou de X avions disponibles" je n'entre pas dans un décompte des différentes sortes de carburant, mais j'affirme que les Italiens peuvent dépenser du carburant sans compter jusqu'à au moins la fin 1940. Surtout qu'il serait totalement suicidaire de sortir, la flotte étant très largement dominée par les marines alliées, ce qui va faire des économies forcées de carburant. Donc pas la peine de prendre ce facteur en considération dans les chapitres suivants, à mon avis.
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Lun 6 Aoû 2007 - 20:02

Louis,
Vous êtes un passionné et cela suinte dans vos écrits mais, SVP, restons dans le bon ton qui convient, c'est-à-dire celui de la convivialité et, surtout, ne nous prenons pas au sérieux même si il faut faire les choses sérieusement. Pour ce qui est de la 7ème Armée, et je vous le confirme, dans ma fiction, il s’agit non pas d’un nouveau plan mais d’un retour à la manœuvre initiale (La manœuvre « Gamelin » est ramenée par la manœuvre « Georges » à ce qui n’est autre qu’un retour à…). Toute ma fiction est basée justement sur le respect des plans (D, E, etc.) établis au cours des années 1930 par l’EM français en coopération avec les britanniques à partir de 1936, mais aussi des règlements d’emploi de l’ATF 40 qui mènera la bataille avec les moyens dont elle disposera effectivement en juin 1940. Les manœuvres Escaut, comme Dyle, prévoyaient que le BEF se porte sur Anvers, Bréda était une extension qui dépassait Anvers. « Ce pistolet braqué sur le cœur de l’Angleterre (Napoléon) ». Pour permettre un développement rapide du BEF, la France prévoyait à partir de juin/juillet 1940 et cas « d’absence d’opérations actives » d’armer ce dernier du FM 24/29 au char B1 bis (j’ai tout le dossier). Pour les références historiques, je vous recommande vivement la lecture des ouvrages remarquables « L’armée française de 1919 à 1939 » du SHAT. Ils vous apporteront certainement quelque éclairage. Pour votre référence au fait que je me soucie guère de savoir à l’unité près de connaître le nombre de B 1bis ou de canons de 25 dont disposait l’ATF 40, vous oubliez de rappeler que j’ai écrit «est utile à la bataille ». C’est un point fort de ma fiction. Pour le carburant dont disposaient en réserve les Italiens, les chiffres que vous donnez concernent la réserve stratégique, les possibilités d’approvisionnement étant limitées, et d’ailleurs vous le confirmez vous-même (…les italiens ont assez rapidement contingenté…..), cette réserve devait être ménagée et être gérée « en bon père de famille ». Une action de l’armée italienne en direction de Toulon équivaut et je me cite (navré !) : « Toulon pris, la marine française n’existera plus en Méditerranée ». Dans mon propos, en dehors de ces détails d’intendance, il s’agit pour moi simplement « de saluer l’ennemi », c'est-à-dire cette Armée italienne qui s’est mieux battue que l’on a bien voulu l’écrire. Pour le reste, navré, mais ma fiction a été écrite voici quelques années et je n’entends pas la modifier sauf lorsque certains, comme Eric Denis, apportent des éléments qui l’enrichissent.
Cordialement
S. Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 7 Aoû 2007 - 10:26

Stéphane Ferrard a écrit:
Louis,
Vous êtes un passionné et cela suinte dans vos écrits mais, SVP, restons dans le bon ton qui convient, c'est-à-dire celui de la convivialité et, surtout, ne nous prenons pas au sérieux même si il faut faire les choses sérieusement.

Rhaa, mais je ne demande pas mieux, moi ! C'est vous qui vous vexez quand je pose des questions Wink

Stéphane Ferrard a écrit:
Pour ce qui est de la 7ème Armée, et je vous le confirme, dans ma fiction, il s’agit non pas d’un nouveau plan mais d’un retour à la manœuvre initiale (La manœuvre « Gamelin » est ramenée par la manœuvre « Georges » à ce qui n’est autre qu’un retour à…).

Oui, ça j'avais compris et je vous en avais déjà remercié dans mon message précédent Cool

Stéphane Ferrard a écrit:
Les manœuvres Escaut, comme Dyle, prévoyaient que le BEF se porte sur Anvers, Bréda était une extension qui dépassait Anvers.

Vi, au temps pour moi: j'avais regardé des cartes du déploiement allié en fonction du plan Dyle et remarqué que si on supprimait la 7e Armée ça faisait plus que doubler le front alloué à la BEF, mais en fait en regardant les quelques cartes sur les plans E et Escaut dans Chaix je vois que vous avez raison et qu'en fait c'était prévu.

C'est juste avec le recul que ça me semble un peu hasardeux sur l'aile gauche, mais vous avez raison que mon objection ne tient probablement pas: si Billotte râle qu'on lui enlève une armée, Georges aura beau jeu de lui répondre qu'on a tenu compte de ses objections en annulant le plan Dyle variante Breda alors qu'il faudrait peut-être savoir ce qu'il veut.

Stéphane Ferrard a écrit:
Pour permettre un développement rapide du BEF, la France prévoyait à partir de juin/juillet 1940 et cas « d’absence d’opérations actives » d’armer ce dernier du FM 24/29 au char B1 bis (j’ai tout le dossier).

Là ça m'intéresse bigrement. Je n'ai pour l'instant épluché que 2 des 4 cartons sur la liaison avec les forces britanniques, j'envisage de regarder les autres aussi quand je trouverai le temps, l'info vient de là ou bien encore d'ailleurs ? Le cas échéant, si vous trouvez le temps de faire un petit topo à ce sujet sur un fil dédié du forum je serai très intéressé.

Merci pour la référence que je note. Pour les Italiens, le contingent de fuel de la première année de guerre correspondait à environ 88 heures de sortie de la flotte de bataille par mois (y compris l'entraînement). Ce n'est pas parfait mais ça permet des opérations actives avec de grosses unités - que les Italiens ont d'ailleurs menées. Mais je suis tout à fait d'accord pour "saluer l'ennemi" et dire que les Italiens se sont plus et mieux battus qu'on l'écrit souvent.

Puisque cette partie de la fiction est déjà écrite, je n'interviens pas davantage et vais me chercher un equimo en attendant de lire la suite Smile
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Stéphane Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 7 Aoû 2007 - 14:09

Louis,
Il serait peu compréhensible que je me vexe, alors que je suis un chaud partisan de l'interactivité. Non, ce n'est pas cela, il s'agit en fait, d'éviter pour nos lecteurs (que je note de plus en plus nombreux) certaines confusions qui pourraient apparaître lors de nos échanges. Donc, je précise pour tous que dans cette fiction je m'en tiens à:
1- Aux plans français existants
2- Aux règlements d'emploi de l'ATF
3- Aux forces françaises réellement disponibles au 10 juin 1940
Ceci, du fait que l'ATF de mai 40 n'a que très rarement utilisé ses règlements d'emploi au profit d'une attitude brouillonne liée à la manoeuvre Gamelin.
Enfin, la majorité des hauts responsables militaires français était contre la variante Bréda. Donc, son abandon aurait été un énorme soulagement pour tous, Billotte le premier.
Pour les fournitures d'armement au BEF, je pense, si FV est d'accord, que cela pourrait faire l'objet d'un article dans GBM.
Ah, j'oubliais: au début 1940, par l'importance des commandes passées, l'Italie était devenue le premier fournisseur d'armement et de matières premières de la France avant les USA (hors investissements). C'est coquet, non?
Cordialement
S. Ferrard
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MessageSujet: Re: Uchronie - France 40: la Victoire en rêvant   Mar 7 Aoû 2007 - 20:17

Bonsoir à tous,

De retour (provisoire) de vacances, je viens de reprendre le fil de ce récit passionnant et des débats connexes.
Je ne veux rien ajouter d'inutile à ces derniers, mais juste faire deux commentaires :

1) Sur la permanence de l'idée d'une armée de réserve au centre du dispositif français, j'abonde dans le sens de Stéphane. Dans GBM 75, page 13, dans ma petite carte " Le plan Dyle, s'il avait abouti", vous noterez, dans la composition du "GA centre", la mention " (1re armée en réserve) ". La question du n° de cette armée est subsidiaire, c'est affaire de circonstance : le 10 mai 1940, l'armée de réserve porte le n° 6, mais c'est seulement une armée-cadre.

2) Sur notre malheureux commandant en chef victime d'une glissade, je lis dans les différentes interventions les indications selon lesquelles c'est lui (et lui seul ?) qui tenait absolument à aller jusqu'aux Pays-Bas. Les choses ne sont pas aussi simples, c'est d'abord un problème politique (et Gamelin avait un rôle politique à son niveau interallié). Un auteur a mis le doigt très précisément sur cette question : P. E. Caton, dans " Une guerre perdue en quatre jours" (ouvrage pertinent d'impertinence et très bien documenté sur les aspects diplomatiques des prémices du conflit, notamment), démontre que la menace d'invasion de la Hollande par les Allemands constitue, pour le Royaume-Uni, un casus belli (de même que, pour la France, une invasion allemande de la Suisse). Les deux grandes démocraties s'étaient mutuellement garanties sur ces deux hypothèses et c'est une des bases de l'alliance occidentale (au-delà de la question belge qui, elle, tombe sous le sens). En l'occurrence, Gamelin donne, sur ordre du gouvernement et parce que c'est pour cela qu'on l'a nommé, une forme militaire à une volonté politique. Volonté qui, s'agissant des Pays-Bas, était d'abord celle de Londres avant d'être celle de Paris.
Mais, d'une manière ou d'une autre, la " prise en responsabilité" alliée à l'Ouest s'étendait des Pays-Bas (inclus) à la Suisse (incluse). Cela faisait beaucoup pour les moyens disponibles, et cette perspective faisait peur à tout le monde autour de Gamelin, mais pas à l'Archevèque, homme d'une intelligence exceptionnelle sur le plan théorique, à défaut d'avoir les pieds sur terre. Pas étonnant qu'il ait glissé...

Ceci était juste pour "faire le savant". En réalité, je me délecte du récit de Stéphane, et j'attends la suite avec impatience. Surtout depuis que je sais que mon cher Maurice (voir PS 2) va y gagner (peut-être) son bâton de maréchal...

Bonne soirée à tous.

François

PS : Oui, Stéphane, bien sûr, je suis preneur, pour GBM, d'un bel article de ta part sur les fournitures de matériel de guerre (prévues et/ou réalisées) au BEF et plus généralement sur la collaboration franco-britannique dans le cadre d'une guerre longue.

PS 2 : je ne suis pas un admirateur inconditionnel de Gamelin, mais j'aime les causes perdues. La preuve, je m'intéresse à 1940. Alors, au point où j'en suis, pourquoi tirerai-je sur l'ambulance transportant Gamelin au Val-de-Grâce ?
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