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 Uchronie - La contre-attaque de Rethel

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Eric Denis
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MessageSujet: Uchronie - La contre-attaque de Rethel   Lun 29 Nov 2010, 01:08

Bonjour,

Après avoir lu différents sujets de cette rubrique et avoir étudié les cartes des unités françaises et allemandes, je vous propose une hypothèse de travail. Mes réflexions m'ont entrainé vers une répartition différente des divisions entre le GA1, le GA2 et la réserve générale, puisqu'à mon sens la ligne Maginot était aussi là pour économiser des troupes, surtout dans ses parties les plus solides, ce qui ne fut pas le cas.

Il est évident que la zone située entre le Luxembourg et le Rhin doit être puissamment couverte, car il n'y existe aucune barrière naturelle de même ampleur que le Rhin et que la zone est frontalière avec l'Allemagne. C'est le cas puisque on y trouve les plus puissants ouvrages de la ligne Maginot, soutenus en première ligne par un bon nombre de grandes unités françaises, à peu prêt en nombre égal avec les divisions allemandes qui leur font face. Mais il existe dans ce secteur une seconde ligne d'une dizaine de grandes unités françaises ce qui n'est pas illogique le 10 mai pour les raisons exposées ci-dessus.

D’autre part, la simple observation des cartes permet de constater que, le 10 mai au sein des 5e et 8e armées, il existe les SF et les SD de cette zone, les 3 DIF (103, 104 et 105) mais aussi les 70e, 16e, 62e, 54e 19e et 67e DI, (du Nord au Sud). Je me demande toujours pourquoi tant de grandes unités ont été placées sur cette ligne alors que le Rhin est un obstacle particulièrement difficile à franchir. Il aurait été judicieux de regrouper une masse de manœuvre par exemple autour de Saint-Dizier, capable d'intervenir aussi bien à l'Est qu'au Nord-est, le cas échéant. J'avoue bien sur qu'il est facile de proposer ce genre d'hypothèse à postériori.

En revanche, derrière les 3 armées françaises se lançant en Belgique et en Hollande il n'y a plus grand chose. Le déséquilibre entre l'Est et le Nord-est concernant une seconde ligne de grandes unités est assez flagrant. Je proposerais donc l'hypothèse suivante, tenant compte des conditions historiques de départ et de la perte de la 1re ligne de défense belge le 10 mai :

1/ Abandon de la manœuvre Breda et installation de la ligne principale de résistance entre Anvers et Wavre, réduisant ainsi le front à sa plus courte longueur. Repositionnement de la 7e armée en soutient des troupes belges et maintient des DLM en réserve derrière ce secteur du front.

2/ Regroupement d'une masse de manœuvre composée d'une dizaine de DI normales dans la zone de Saint-Dizier, composée de quelques divisions affectées à la garde du Rhin comme par exemple les 16e, 62e, 54e et 19e DI, en fonction de la faiblesse des lignes allemandes y faisant face regroupant uniquement des divisions de 3e zone (du Nord au Sud les 555, 557, 554 et 556 ID). Les autres DI françaises de cette réserve sont déjà présentes à faible distance, comme les 14e, 10e, 23e et 36e DI ainsi que la 6e DIC, la 6e DINA, la 87e DIA, laissant en seconde ligne derrière les grandes unités aux frontières les 6e, 45e, 44e, et 35e DI, ainsi que la 4e DIC, entre autres unités

3/ Groupement d'une seconde masse de réserve plus manœuvrière composée des 3 DCR, de la 3e DIM avec deux DI motorisées anglaises dans la zone centrale arrière du front, en fonction de l'ignorance partielle des intentions de l'ennemi. Je la positionnerai par exemple autour de Reims, là ou était située la 7e armée française avant la décision de l’engager en Hollande.

Nous pouvons ensuite reprendre le cours des événements. Je pars du principe, comme je l'exposerai plus loin, que les forces alliées engagées au Nord (7e armée française, BEF et forces belges) n'ont pas à reculer comme elle l'ont fait, et gardent donc une bonne partie de leur capacité de résistance, permettant ainsi de tenir sur leur ligne principale de résistance, face aux 18. et 6. Armees allemandes.

A partir du 13 mai, les Allemands franchissent la Meuse à plusieurs endroits. L'ampleur de la menace est perçue le 14. La première réaction française consiste à envoyer au Nord la force de réserve manœuvrière afin d'organiser une contre-attaque de grande ampleur. Il me semble plausible de penser qu'elle peut y arriver en 24 heures, n'ayant qu'environ 100 km au maximum à couvrir pour se retrouver derrière l'aile Nord de la 2e armée.

Je laisse encore 24 heures pour refaire les pleins et organiser tactiquement la contre-attaque, nous nous retrouvons donc le 16. A cette date, les Allemands ont pénétré d'une centaine de km à l'intérieur des lignes françaises, la 9e armée est en pleine retraite et l'aile nord de la 2e armée a reculé afin de protéger les arrières de la ligne Maginot.

Le 17 au matin, la réaction française commence. J'envisage tout d'abord une attaque massive composée de 2 DCR accompagnées de la 3e DIM et d'une DI motorisée anglaise. L'axe de l'attaque se dirige plein Nord prenant de flanc la percée allemande. Elle commence par le pilonnage des positions ennemies effectué par l'artillerie de l'ensemble de ces grandes unités, y compris celle de la 14e DI et des éléments de réserve générale qui auront pu être ajoutés. Nous pouvons tabler sur un total certainement supérieur à 200 bouches à feu, arrosant un secteur de front relativement étroit, et prenant les allemands dans des positions peu ou pas aménagées faute de temps. La contre-attaque se heurte au nord de Rethel à la 10. Panzerdivision et à la 29. Infanterie-Division (m) après avoir dépassé les lignes de la 14e DI française. Je vois assez mal ces deux grandes unités allemandes résister longtemps à environ 180 B1 bis et autant de chars légers, accompagnés par l'infanterie, et après avoir subi le déluge de feu de l’artillerie française. Elles sont taillées en pièce !

La DCR restant disponible, accompagnée de la seconde DI motorisée anglaise suit l'attaque principale et oblique au Nord-est après Rethel, afin de couvrir le flanc est de l'attaque principale. Elle va donc prendre à partie la 2. Infanterie-Division (m) et ensuite la 24. Infanterie-Division allemande. En fonction des possibilités des grandes unités françaises de l'époque, je situe l'ampleur de ces attaques le 17 au soir à environ une quarantaine de km repris aux Allemands. L'axe principal s'arrête donc à mi chemin entre Montcornet et Charleville, tandis que l'axe secondaire n'est plus qu'à quelques dizaines de km de Sedan. Notons au passage que les 23. et 3. infanterie-Divisions allemandes pourraient bien être surprises en plein déplacement par les français, tout comme le QG de Kleist !

Or, cette zone est également vitale pour les 1. et 2. Panzer-Divisions aventurées plus à l'Ouest, car c'est par là que passent leurs lignes de communication. Face à cette menace plus que sérieuse, j'imagine que les 6., 8. et 7. Panzer-Divisions obliquent plein Sud pour contre-attaquer les français, laissant la 5. Panzer-Division en protection au Nord. En conséquence, la 9e Armée sauve beaucoup plus de troupes qui s'installent en défensive sur une ligne située entre Le Quesnoy et Saint Quentin.

Les attaques françaises se développent sous les coups de la Luftwaffe, ce qui ne manque pas de provoquer des pertes, mais les blindés français touchés sont en partie récupérés et réparés, le terrain conquis restant aux mains des Alliés. Un second échelon d'attaque, composé de quelques BCC et d'éléments de cavalerie suit pour renforcer et couvrir l'avance des unitées motorisées.

Le GQG français dépêche également sur la zone de l’attaque la moitié de la seconde masse de manœuvre (gardant le reste en réserve, soit environ 5 à 7 DI hippomobiles) à la suite de la première action. Il est légitime de penser que ces grandes unités mettront plus de temps pour y parvenir, en fonction de leur éloignement et de leurs capacités de déplacement. Partant en même temps que les éléments motorisés composant la 1re contre-attaque, elles vont probablement arriver à Rethel en 3 jours, compte tenu des quelques 200 km à couvrir, mais aussi des moyens ferroviaires français à peu prêt intacts dans cette région. Au préalable, dans la même idée que ce qui à été fait à la 7e armée, l’ensemble des moyens motorisés des GR de ces DI est envoyé rapidement sur les arrières de l’action française, afin de couvrir les points sensibles et le déploiement des DI hippomobiles.

Partie le 14, la seconde masse de manœuvre est présente à Rethel le 17 au soir. Dans la nuit, elle avancent et consolide le terrain gagné à la suite des éléments motorisé, se déployant pour assister puis relever les divisions blindées et motorisées françaises luttant contre l’attaque des Panzer-Divisions arrivant en ordre dispersé par le Nord.

Enfin vers le 15 ou le 16, deux DLM et une DIM sont prélevées de Belgique et se dirigent plein Sud vers la ligne reconstituée par la 9e armée, pour tout d’abord la soutenir, puis contre-attaquer le secteur de la 5. Panzer-Division et des Infanterie-Divisions l’accompagnant, afin d'accroitre la menace pesant sur les lignes de communication allemandes. Reportés sur une carte, les deux axes français ressemblent à s'y méprendre à une attaque en tenaille visant à encercler l'ensemble des troupes ennemies ayant pénétré en France.

Le 18 au soir, la progression allemande est stoppée, permettant aux alliés de reconstituer une ligne de défense cohérente s’étalant en gros entre Le Quesnoy, Montcornet et Rethel, après avoir infligé de lourdes pertes aux Panzer-Divisions, les rendant ainsi dans l’incapacité de poursuivre leur course à la mer.

Là s’arrête mon scénario, peut être aurai-je une suite à vous proposer prochainement.

Cordialement
Eric Denis
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Thierry Moné
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MessageSujet: Re: Uchronie - La contre-attaque de Rethel   Lun 29 Nov 2010, 07:20

Bonjour Eric, Very Happy

Je ne suis pas un grand adepte du genre (uchronie), mais je lis toujours avec plaisir de telles hypothèses. Une toute petite remarque relative à une expression que vous employez dans votre phrase de conclusion partielle :

" [...] après avoir infligé de lourdes pertes aux Panzer-Divisions, les rendant ainsi dans l’incapacité de poursuivre leur course à la mer."

Il me semble que l'expression "Course à la mer" devrait demeurer l'expression qui désigne - improprement certes, mais consacrée par l'usage - la fin de la guerre de mouvement sur le Front français de la Première Guerre mondiale. Cette phase des opérations a vu les armées françaises et allemandes tenter d'effectuer une série de débordements par leurs ailes respectives du secteur Nord, tentatives qui échoueront toutes et cesseront lorsque l'ultime tentative sera bloquée par... la mer !

Dans le cas du coup de faucille des Panzer, puisque c'est de cette manoeuvre de niveau opératif qu'il s'agit dans votre uchronie, "courir à la mer" voudrait dire que l'objectif (terrain ou sur l'ennemi) se situait vers la zone de Dunkerque qui aurait constitué l'objectif final d'un raid. Or, par définition, le raid implique une infiltration avant de frapper au coeur de l'objectif désigné. Dans le cas des Panzer, la combat est permanent tour au long du mouvement de faucille. C'est pourquoi il me semble que "Course à la mer des Panzer" est une expression à éviter en 1940. Mais ce n'est qu'un avis...


J'ajoute qu'en 1940, il n'est pas du tout certain (me semble-t-il) que les Allemands auraient maintenu sur le même axe (bordant la Somme) la phase opérative du "Coup de faucille". Cette manoeuvre était liée à une présupposition : le déclenchement de la manoeuvre Dyle.

Bon, je m'échappe de ce fil et je laisse la place aux spécialistes de l'uchronie Embarassed

Cordialement,

Thierry Moné

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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Uchronie - La contre-attaque de Rethel   Sam 09 Avr 2011, 16:41

Bonjour Eric,


Je lis ce fil avec un peu de retard. Quelques remarques:

- Je ne crois pas possible de faire opérer une DI britannique au milieu de ce qui serait un corps motorisé (ou cuirassé) français. Cela poserait des problèmes de tous ordres: politique, tactique (problème de langue), logistique... S'il faut une DI (mot) supplémentaire, la seule solution logique est d'étendre le front de la BEF pour libérer une unité française.

- Comment le GQG sait-il quand engager sa réserve ? Il va lui falloir des nerfs d'acier pour éviter de l'engager en Belgique dès les premiers jours, alors que son plan vole en éclats dès les premières heures de la campagne: les parachutistes en Hollande, Eben Emael qui tombe immédiatement, l'armée belge en pleine déroute au bout de 24 heures. Nous savons, nous, que la percée allemande a finalement été arrêtée in extremis à Gembloux, mais les Français ne le savaient pas, eux !

- Les Allemands ne sont pas stupides, comment leur cacher l'existence d'une force de contre-attaque comprenant plus de 500 chars dont la moitié de lourds ?

- Même si l'attaque se déclenche comme tu le décris (ce qui me semble très improbable), les forces engagées ne sont jamais que l'équivalent d'un panzerkorps. Les Français ne sont guère compétents en attaque, et je vois mal les Allemands se débander comme des lapins. On peut donc bien imaginer que l'attaque allemande va s'arrêter, au moins momentanément, le temps de s'occuper de cette menace, et qu'Hitler notamment va ordonner une sécurité sur les flancs. Mais les lourdes pertes infligées aux Allemands, j'ai du mal à y croire...
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kaiox
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MessageSujet: Re: Uchronie - La contre-attaque de Rethel   Sam 23 Avr 2011, 15:07

Bonjour à tous,

Je crois que certaines DI en alsace comme la 19ème étaient réservé dans le cas d'une attaque par la suisse, il est donc difficile de les enlever avant le 10 mai (mais un enlèvement rapide aurait du être possible.


Par contre il est vrai que l 'arrière du GA1, particulièrement la 9ème armée est dégarni. La zone de la 1ère armée en france sera dégarni après la manoeuvre dyle, mais il est difficile d'y affecter je pense des réserve car beaucoup de division y sont déjà stationné pour la manoeuvre dyle. A l'inverse, la zone de la 9ème armée comprise entre la meuse, l'aisne et la serre est dégarni à l'exception de la 53ème DI, alors qu'il y a des ville fortifiées et des camps militaire comme Sissonne, et que de cette zone et grâce au chemin de fer, des division pourrait facilement seconder la 9ème armée (certe elle est sensé presque ne pas combattre pour le GQG...), mais aussi être envoyer rapidement sur les arrière de la 1ère armée ou de la seconde armée. Je pense qu'on aurait pu y stationner 2 à 4 divisions (par exemple à Laon, Sissonne, Soisson et Rethel ). Je pense qu'on aurait pu y stationner la 36èmeDI (éloigné de tout le 10 mai...), la 14ème DI (présente en arrière d'une zone très fortifiée et avec plusieurs unités de réserve), la 6ème DIC (même remarque) et la 4ème DIC ou la 87ème DIA. Un BCC de R35 aurait pu être pris à la 3ème armée qui dispose de nombreux char, alors qu'elle dans une zone fortifiée. On aurait ainsi eu la grande masse de manœuvre que vous suggérez, disponible rapidement au point le plus sensible. Dans cette disposition, on aurait pu avoir contre attaque dès le 14 en faisant attaquer éventuellement la 3ème DCR par l'ouest avec cette masse, la 3ème DIM et la 1ère DIC faisant office de bouchon au sud. Dans cette configuration on aurait certainement pu bloquer les panzer de guderian et reinhardt à l'ouest quelques temps, avec 4 DI fraiche de qualité disponible rapidement.
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