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 La fin du torpilleur SIROCO (31 mai 1940)

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avz94
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MessageSujet: La fin du torpilleur SIROCO (31 mai 1940)   Jeu 8 Juil 2010 - 23:25

Bonsoir

à la date du 31 mai, le torpilleur SIROCO, de la 2ème flotille des torpilleurs de l'Atlantique, commandé successivement par le Capitaine de Corvette LAPEBIE et par le Capitaine de Corvette de TOULOUSE-LAUTREC-MONFA, a déjà, par quatre fois, été cité à l'ordre de l'armée de mer.

Première citation : "Sous le commandement du Capitaine de Corvette LAPEBIE, a, étant escorteur d'un convoi, attaqué avec succès et détruit un sous-marin ennemi, le 15 novembre 1939".

deuxième citation : "Sous le commandementdu Capitaine de Corvette LAPEBIE, a, étant escordeur d'un convoi, attaqué de nuit au canon et à la grenade et détruit un sous-marin ennemi, le 20 novembre 1939";

Troisième citation : "Sous le commandement du Capitaine de Corvette LAPEBIE, a, étant escorteur d'un convoi, attaqué avec succès un sous-marin ennemi, le 16 décembre 1939".

Quatrième citation : Sous le commandement du Capitaine de Corvette de TOULOUSE-LAUTREC-MONFA, a vaillamment pris part aux opérations en Mer du Nord, lors de l'invasion allemande en Belgique et en Hollande".
Depuis le 9 mai, affecté à la base de Dunkerque et placé sous les ordres de l'Amiral ABRIAL, le SIROCO a effectué avec succès toutes les missions qui lui ont été fixées.

Il a pris part à toutes les opérations sur les côte hollandaises et belges. Il a vu couler à ses cotés le torpilleur ORAGE et le pétrolier LE NIGER. Il a vu le torpilleur MISTRAL sévèrement avarié.
Grâce à l'habileté manoeuvrière de son commandant et à l'entraînement de son équipage, il a passé à peu près intact à travers tous les bombardements de l'aviation ennemie.
Le 28 mai, à la pointe du jour, il a attaqué au canon des colonnes motorisées allemandes, détruisant 7 engins cuirassés et des fortifications ennemies qu'il a réduites au silence.
Le glorieux navire est à présent affecté à l'évacuation des troupes des flandres qu'il embarque à Dunkerque pour les transporter à Douvres.
Le 30 mai, il a échappé de justesse à un bombardement aérien qui a coulé autour de lui trois bâtiments anglais. Le SIROCO a réussi à transporter sains et saufs en Angleterre les 750 hommes de l'armée de terre qu'il avait à son bord.
Nous voici au 31 mai.
Revenu à proximité de Dunkerque dans l'après-midi, le SIROCO a dû attendre la nuit pour venir à quai. En effet, la ville brûle et les bombardements de l'aviation allemande se suivent sans interruption. Vers 21h00, protégée par l'obscurité, la manoeuvre est devenue possible et l'embarquement commence aussitôt.
Environ 750 hommes de l'armée de terre sont embarqués. Il y a parmi eux le porte-drapeau et le drapeau du 92ème RI. Les hommes sont pressés les uns contre les autres. Le bâtiment est chargé à fond. Vers 22h00 il n'y a plus une place disponible. Le SIROCO appareille et s'éloigne à vitesse réduite. Les troupes sont logées dans le poste d'équipage et sur le pont du milieu.
Dehors la nuit est assez claire. Pas de lune. Une brume légère masque les rares amers de la passe de Zuydcoote. Sur les bancs, la mer est calme et légèrement phosphorescente.
Au-dessus de la couche de brume qui masque la mer, le ciel est constellé d'étoiles. Des avions ennemis rôdent là-haut. On entend le ronronnement de leurs moteurs. Le canal est franchi à vitesse réduite, puis la vitesse est encore diminuée, afin que le sillage du bâtiment soit moins visible d'en haut.
Une fois le chenal franchi, le danger sera moins grand, le SIROCO retrouvera avec sa vitesse toutes ses facilités d'évolution. Mais jusque-là... Les minutes passent... A bord personne ne parle... Tous les yeux, toutes les oreilles scrutent la nuit. Voici qu'un bombardier tourne et retourne au-dessus du torpilleur. L'aurait-il repéré?;;; Non. L'avion ennemi s'éloigne sans insister.
Au bout de quelques instants le voici qui revient. Cette fois le commandant fait stopper les machines pour supprimer le sillage. L'avion s'éloigne.
Il est une heure du matin, brusquement, un quartier-maître qui veille à babord signale un sillage de torpille. Déjà le SIROCO bat en arrière à toute vitesse et vient en grand sur la gauche. La torpille passe à l'avant sans toucher le navire. Immédiatement les mitrailleuses de 13 ouvrent le feu sur l'ennemi qu'on distingue mal, probablement une vedette allemande.
Quelques secondes plus tard deux autres torpilles atteignent le navire. Le pont s'entr'ouvre, projetant sur la plage avant une pluie de tôles, de maillons, d'éclats de métal de toute sortes. Le dessus du roof est arraché et rebombe à tribord dans un fracas épouvantable.
On a l'impression que le bateau est coupé à la hauteur des panneaux de la machine.
La vapeur fuse de partout. la machine est envahie.
Le commandant donne l'ordre de jeter à l'eau tout ce qui peut flotter : embarcations, flotteurs, caillebotis, même les tables et les barres d'équipages. En quelques secondes tout passe par-dessus bord. Puis d'un seul coup le SIROCO se cpuche sur tribord et s'enfonce rapidement par l'arrière.
Tout le monde se trouve à l'eau. des navires ne pardent pas à venir au secours des naufragés et parmi eux le torpilleur anglais WINDGEON. Une bonne part de l'équipage et des soldats embarqué sont sauvés.
Les autres disparaissent dans l'eau sombre où vient de s'engloutir un des plus glorieux bâtiments de la flotte française.

Cordialement
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ALAIN
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MessageSujet: Le torpilleur SIROCO   Dim 20 Nov 2011 - 21:54



Voici une photo du torpilleur Siroco peu de temps avant sa perte le 31 mai1940 torpillé par les schnellboote allemandes S23 et S26 et achevé par des avions à l'ouest de Hinder.

Remarquez sur la photo la fausse vague d'étrave peinte sur la coque pour tromper à distance l'ennemi sur la vitesse du navire et donc fausser le tir.

Cordialement

Alain
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La fin du torpilleur SIROCO (31 mai 1940)
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