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 Historique succinct des 12, 23 et 46 ID

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Nicolas Aubin
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MessageSujet: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Mar 6 Juil 2010 - 22:40

Un petit historique des 12, 23 et 46 ID en France.

Source : Ellis, The war in France & Flanders, c'est l'histoire officielle anglaise écrite au lendemain de la guerre (1954) sur le modèle des Green Books américains. Elle n'évite pas l'hagiographie, commet des erreurs mais travaillant sur des sources de 1ere main, elle demeure assez fiable sur la chronologie et surtout sur l'ordre de bataille. il n'ya pas d'équivalent en langue française sur la participation anglaise à la bataille de France et même en Anglais, les ouvrages de qualité plus récents sont très rares. Il est vrai que nos amis britanniques ne s'interessent guère à cette bataille hormis Dunkerque. Je me contente ici de traduire les passages qui concernent ces division oubliées sans modifier, compléter, infirmer, ni interpréter le texte original. Désolé pour le style mais il s'agit d'une traduction rapide et qui peut comporter des erreurs.

"Ces divisions territoriales de 2nd ligne ont été envoyées en France en avril 1940 en guise de main d'œuvre le long des lignes de communications. Elles n'étaient ni pleinement formées ni équipées pour le combat, et, pendant qu'elles étaient utilisées principalement pour le travail, un programme de formation devait être mené pour autant que le temps le permettait. La plupart de leur temps en France a été consacrés à divers travaux de construction dans les zones arrière. Leur formation a été loin d'être complète, et elles n'étaient pas équipées. Armement et transports ont été attribués en quantité très réduite, elles avaient des ingénieurs, mais pas d'artillerie, les communications et les unités administratives restaient squelettique. L'effectif total de chacune était d'un peu plus de la moitié d'une ID normale. La 23ème Division n'avait que deux brigades au lieu des trois habituelles. La 12e division, qui était cantonné dans quatre villes très espacées, pouvait compter sur le soutien de… quatre canons de campagne aux ordres d'un personnel issu d'une école de l'Artillerie royale de l'instruction. La 23ème Division s'en tirait un peu mieux avec 11 canons de campagne et deux obusiers 4, 5-inch Mais ces pièces n'avaient pas d'instruments de pointage. Onze pouvait pratiquer des tirs directs à vue, les autres n'avaient aucun système de pointage du tout. [7] (page 78)

Le 17, les ordonnances ont été envoyées aux trois divisions territoriales qui avaient travaillé sur les lignes de communication. La 12e a reçu l'ordre de se concentrer dans les environs d'Amiens, le 23ème de passer sur le Canal du Nord (sur un ordre du général Georges) et la 46e de se déplacer sur Seclin. Le 18 les troupes dans la région d'Arras, à savoir la garnison d'Arras, la 23ème Division et une brigade (la 36e) de la 12e division ont été regroupés sous le commandement du major-général RK Petre connu sous le nom «Petreforce. (Page 65)

Le général Georges avait ordonné à la 23e division britannique d'occuper seize miles du canal du Nord, qui s'étend de Douai à Péronne sur la route de l'ennemi. Il savait que, lorsque les divisions blindées allemandes auraient atteint le canal du Nord, la 23ème Division ne pourrait les arrêter. La 12e division couvrait Albert, Doullens, Amiens et Abbeville, toutes des villes importantes et des centres de trafic important. Ainsi, les 12 et 23 divisions étaient seules interposées entre les armées allemandes et la mer. (Page 77)

Dans la soirée du 18, la 23ème Division se trouve sur le Canal du Nord- la 69th brigade à gauche en contact avec l'armée française à Arleux, la 70th à droite n'avait pas de contact avec d'hypothétiques unités voisines, à Ruyaulcourt, à mi-chemin entre Douai et Péronne. La 12e division se déplaçait. Sa 36e brigade avait installé deux bataillons à Doullens et envoyé le 7e Royal West Kent-à Cléry-sur-Somme pour couvrir les sorties ouest de Péronne, avec l'aide des quatre canons de campagne. La 37e brigade (moins les 2nd/6th East Surrey) a été pris à Amiens sous un bombardement de l'aviation allemande, et l'un des trains a été détruit. Mais les troupes ont été dégagées et ses deux bataillons ont quitté le sud d'Amiens. La 35e brigade est arrivée un peu plus tard, à Abbeville et occupe les positions au nord-est et au sud-est de la ville.

Le 19 les Allemands atteignent le canal du Nord. La 7e Panzer encercle Cambrai et s'approche de Marquion où la route traverse le canal d'Arras. A sa gauche, les troupes avancées des 8e et 6e Panzer traversent le canal et forment des têtes de pont sans opposition. En outre, la ligne du canal ayant été débordée dans le secteur de Péronne, qui devait être tenue par les troupes françaises, la 23ème Division reçoit l'ordre de se replier. La 69th Brigade doit se retirer de la Scarpe à l'est d'Arras, et le fait pendant la nuit, sans ingérence ennemi.

L'infanterie de la 70th brigade avait eu beaucoup de marche et peu de repos au cours des deux derniers jours. Les troupes ont traversé Neuville Vitasse au cours de la nuit du 19e/20e et resta là jusqu'à l'aube. Le 20, des chars de la 8e Panzer ont attaqué. Les compagnies ont été dispersées et bien qu'elles se soient battues vaillamment elles n'étaient pas de poids pour se mesurer aux chars. Les chars ennemis ont également attaqué à l'ouest le quartier général de brigade qui a été lui-même contraint de se replier, d'abord à Berles, puis à Mingoval, et enfin à Houdain. A la nuit il ne reste que 14 officiers et 219 soldats dans les rangs du quartier général de brigade, des trois bataillons d'infanterie et des ingénieurs. (page 79)

La 8e Panzer, après sa rencontre avec la 70th brigade près de Ficheux poussent des unités de pointe à Montreuil. La 6e Panzer atteint Doullens. Ils y ont rencontré les bataillons de la 36th Brigade, qui ont combattu si courageusement, si désespérément en infériorité numérique, que la ville était aux mains des ennemis seulement à la nuit. Le journal de guerre allemand dit qu'ils ont rencontrés pour la première fois "les troupes anglaises qui ont lutté avec acharnement (un bataillon des Buffs) ... La bataille pour Doullens a réclamé toute l'attention des troupes. En dépit de l'utilisation de nombreux chars il fut seulement possible de briser leur résistance après environ deux heures et demie". La 2. Panzer alla droit à Abbeville. Ses chars s'infiltrèrent entre les positions tenues par les bataillons de la 35th Brigade. Le combat fut inégal, et les territoriaux ont été progressivement débordés. L'ennemi occupait la ville cette nuit-là. En chemin, ils avaient détruit les canons de campagne de la division.

La 1 Panzer avait eu autant de succès. Le Royal West Kent bataillon à Albert combattit durement pour les arrêter, mais a été débordés, et les chars ont prit Amiens et établit une tête de pont importante au sud de la Somme. Ce faisant ils ont détruit le 7e Royal Sussex (37e Brigade). (page 80)
À la fin de ce mémorable lundi, l'ennemi était maître d'Albert, Doullens, Amiens et Abbeville, avec Montreuil pour faire bonne mesure.
L'ensemble des voies du pays entre la Scarpe et la Somme était entre leurs mains, les lignes de communication britanniques ont finalement été coupé. Les 12 et 23 divisions avaient pratiquement cessé d'exister en tant que divisions mais les journaux de marches de leurs illustres adversaires reconnaissent leur courage et leur détermination.

Les unités qui ont participé à cette journée ont été :

De la 23rd Division:

1st Tyneside Scottish (Black Watch) and the 10th and 11th Durham Lift Infantry,

De la 12th Division:

7th Royal West; 6th Royal West Kent and 5th Buffs; 7th Royal Sussex; and the 2nd/5th, 2nd/6th and 2nd/7th The Queen's Regiment à Abbeville."

Voilà pour les journées du 18 au 20 mai et pour aujourd'hui. Comme le dit Alain, ces divisions, même inaptes au combat, ont bel et bien participé à la bataille se retrouvant même au cœur du coup de faucille allemand. Elles ont fait face à une masse de Panzer (1, 2, 6, 7, 8 Panzer) les ralentissant cinq heures. Si cela vous intéresse, je peux poursuivre pour les jours suivants.
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BRH
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MessageSujet: Re: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Mer 7 Juil 2010 - 1:10

Précisions fort bien venues et dont je n'avais jamais entendu parler...
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MessageSujet: Re: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Ven 20 Aoû 2010 - 18:22

Armement d'infanterie prévu dans les 12e , 23e et 46e divisions ( source A.philson )

Bataillon d'infanterie :
18 Bren gun , 10 AT rifle , dotation complète en mortiers de 3" et 2"

Bataillon de mitrailleuses :
8 Bren gun , 8 AT rifle , 24 mitrailleuses Vickers

Bataillon moto :
18 bren gun , 5 AT Rifle
( avec 12 moto solo , 33 moto side )

Pour note, un bataillon d'infanterie normal dispose de :
50 bren gun , 22 AT rifle , 12 mortiers de 2" , 2 mortiers de 3"
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Mer 1 Sep 2010 - 21:12

Les restes de la 12th division ainsi que quelques autres unités éparses constitueront la Beauman division (du nom de son chef), laquelle combattra sur l'aile ouest du front en juin jusqu'à sa destruction.

Ces unités de travailleurs se sont apparemment battues avec une agressivité que bien des unités françaises de série B aurait pu leur envier. Le résultat final n'a pas été bien différent, of course... Il y a pas mal de récits de leurs combats, en fait. Outre un fil de discussion bien fait que l'Axis History Forum, il y a des sources très complètes dans le bouquin de Sebag Montefiore sur Dunkerque. Attention que si Ellis a des tendances hagiographiques (c'est surtout sensible dans ses livres sur 1944-45, mais on le voit déjà en 1940), Sebag-Montefiore c'est le Lormier anglais de ce point de vue là !
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MessageSujet: Re: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Mer 1 Sep 2010 - 21:54

Pour note , les derniers tomes d'Alan Philson expliquent aussi en détail la participation de ces unités au combat .
Pour continuer dans la comparaison d'auteurs , Alan Philson est allé plus loin que Lee Sharp , sur son descriptif d'unités, mais certes en 6 tomes pour une armée beaucoup plus petite ...
On regrettera la faible qualité ( a mon gout ) des cartes du 6e tome , qui présentent bien le terrain , mais assez faiblement le placement des unités, les mouvements etc .

Alain
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Nicolas Aubin
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MessageSujet: Re: Historique succinct des 12, 23 et 46 ID   Ven 27 Mai 2011 - 10:29

Bonjour,

Une petite bibliographie complémentaire sur ces divisions :

Les livres en français

· Henri de Wailly dans le coup de faux, Copernic 1980 détaille les combats de la 35th brigade à Abbeville le 20 mai 1940 avec force témoignages

· Jean Yves Mary évoque sur deux pages les combats
à Doullens du 20 mai dans le Corridor des Panzers, Heimdal, 2010.
· Ma pomme avec un article dans Tank Zone 17, juin/juillet 2011, qui détaille les combats des 12th et 23rd ID à Albert, Doullens, Amiens, Ficheux et Abbeville toujours le 20 mai 1940 et revient sur la genèse des divisions.

En anglais, outre les anciens et limités Ellis et Sebag-Montefiore, je conseille le Philson bien sûr, mais aussi Tim Lynch, Whereabouts unknow, History Press, 2010 qui couvre le sujet avec précision et propose une bibliographie plus précise pour les amateurs.

Cordialement

Nicolas
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