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 De Moltke à Gamelin, de funestes discontinuités?

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Léviathan
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MessageSujet: De Moltke à Gamelin, de funestes discontinuités?   Dim 15 Nov 2009 - 21:57

Bonjour à tous,

Ce message est long mais mérite sans doute votre examen. J'y cité abondamment Frieser, de Gaulle et Le Goyet qui a écrit "Le mystère Gamelin".

Ma question concerne l'autonomie conférée aux officiers en opération dans l'armée française et allemande en 1940 et les styles de commandements des chefs d'État-major de ces armées respectives. Ce qui me turlupine c'est de comprendre comment l'armée française en est arrivée à créer (et maintenir) un modèle organisationnel fortement centralisé et procédurier tandis que l'armée allemande en est arrivée à une conception de délégation de la décision aux échelons opérationnels après avoir fait largement partager l'intention stratégique et opérationnelle du haut commandement. J'y relève un contraste entre la manière dont ces armées sont taillées en 1914 et 1940 et le style commandements de leurs chefs suprêmes.

------

J'ai lu dans le livre de Frieser (Le mythe de la Blitzkrieg) que nombre de généraux allemands, dont Guderian et Rommel, ont désobéi aux directives venues d'en haut dans un contexte de frictions entre des généraux "réactionnaires" à l'instar de Rundstedt (ou l'infanterie reine des batailles) et ceux de la nouvelle, i.e. convaincus par la Blitzkrieg.

Leur désobéissance, à en croire Frieser, a finalement profité à l'Allemagne en contribuant significativement à la victoire de juin 1940.

En effet, dans "The Blitzkrieg Legend" de Karl-Heinz Frieser (2005, p. 185-6), on peut lire, à propos de la lenteur d'exécution de la contre-attaque par le Xe corps français du Général Lafontaine à Sedan, les 13 et 14 mai :

Citation :
Après la guerre, Lafontaine a été sujet une dure critique. Son ancien supérieur, Grandsard, a été particulièrement implacable et sévère avec lui. Ce n'étaient pas seulement les erreurs individuelles d'un général de division mais aussi le système militaire auquel il était lié qui ont échoué à Sedan. Pendant cette bataille, il y eut une confrontation entre deux systèmes de commandement très différents. D'après la méthode de commandement tactique habituelle de l'armée française, chaque phase particulière était planifiée à l'avance dans les détails et ne pouvait être engagée qu'après émission d'un ordre exprès. Le système de l'Auftragstaktik était complètement différent. Les officiers Allemands avaient été entraînés à agir indépendamment dans des situations difficiles - même sans ordres spécifiques - en termes [de l'exécution] de la partie supérieure de la mission. Pour aller à l'essentiel eu égard au dilemme de Lafontaine: il avait une mission, et l'avait depuis 20h00, mais ce qu'il voulait était un ordre. C'est la seule manière d'expliquer son hésitation persistante. C'est pourquoi, dans son désespoir, il a aussi quitté le poste de commandement pour chercher son supérieur pour, enfin, obtenir l'ordre formel sans lequel il ne pensait pas être autorisé à agir.

N.B.: disposant de la version anglaise du livre, il s'agit ici d'une traduction personnelle.

De ce fait, l'on pourrait en conclure que les Allemands étaient audacieux et compensaient leur infériorité en matériel par des dispositions astucieuses et un sens de l'initiative et de l'opportunité fort à propos pour exploiter les failles de la puissante machine de guerre de leurs ennemis Français.

Or, que lit-on dans "La France et son armée" de de Gaulle (1999, p. 484), à propos de la première bataille de la Marne :

Citation :
Mais, il est [le haut commandement allemand] surpris, c'est assez. Tandis que le Français, une fois payées ses négligences, se redresse à l'improviste, l'Allemand, incomparable dans l'effort préparé, perd ses moyens devant l'imprévu. Telle est la philosophie du premier acte de la guerre. En outre, par une étrange rencontre, les généraux de l'armée impériale, où la troupe observe une discipline sans égale, se trouvent, eux, en pleine discordance. La désobéissance de Kluck, l'isolement de Bülow, l'étirement du Kronprinz, sont les effets d'un funeste système de commandement.
Sous prétexte d'imiter les initiatives victorieuses de 1866 et de 1870, chacun veut agir à sa guise. Par comble, ces nietzschéens n'admettent pas de limite à leur volonté de puissance. Du moins, une main ferme va-t-elle resserrer le faisceau ? Point ! Car, par superstition du nom, — habituelle aux armées victorieuses, — on a choisi, comme représentant de l'autorité suprême, Moltke, esprit distingué, âme nuancée, mais atteint aux sources de la vie et dépourvu de cette rigueur sommaire du caractère par quoi le chef impose sa loi.

Ne pourrait-on pas en conclure que les Français, en dépit de revers initiaux, étaient audacieux et compensaient leur infériorité en matériel par des dispositions astucieuses et un sens de l'initiative et de l'opportunité fort à propos pour exploiter les failles de la puissante machine de guerre de leurs ennemis Allemands?

Par ailleurs, les systèmes de Gamelin et de Moltke l'Ancien présentent des similitudes.

On lit, toujours chez de Gaulle, mais cette fois dans "La discorde chez l'ennemi" (1999, p. 18-9) :

Citation :
C'est le Maréchal qui avait choisi et formé tout l’État-major. C'est lui qui en affectait les officiers à tels ou tels postes, d'après leurs aptitudes et la confiance qu'il avait en eux. C'est grâce à lui que s'était créée, dans toute l'armée prussienne, cette unité de doctrine qui a provoqué, à juste titre, l'étonnement et l'admiration. C'est lui qui avait prescrit l'étude approfondie des armées ennemies, faite par l’État-major général. C'est lui qui, de cette étude, tirait les fameuses hypothèses sur le compte de l'adversaire, hypothèses qu'il mettait à la base de ses conceptions stratégiques initiales. C'est sous sa direction immédiate, attentive et minutieuse, qu'étaient étudiés, arrêtés et rédigés les plans de mobilisation, de concentration, de transport.

Mais, la campagne commencée, Moltke renonçait par principe à fixer autre chose que des intentions extrêmement générales, exprimées dans des directives très peu nombreuses et très larges. C'est aux subordonnés qu'il confiait l'exécution tout entière, admettant, a priori, qu'ils se trouveraient, mieux et plus tôt que lui, au courant des changements de la situation, et les laissant, le plus souvent, coordonner eux-mêmes leurs efforts, en s'éclairant de l'unité de doctrine.


Un prince royal, un Frédéric-Charles, un Steinmetz, chefs par excellence, recherchant les responsabilités, pouvaient ainsi donner libre carrière à leur initiative. Ils n'y manquaient jamais. Bien plus, ils s'accoutumaient à ne point agir autrement que d'après leurs propres conceptions et à considérer celles du chef d'État-major général littéralement comme secondaires. Moltke, du reste, conséquent avec lui-même, ne manquait point de les approuver après coup, méprisant tout amour-propre d'auteur et ne s'inquiétant que des résultats.

Cette manière avait deux conséquences, qui, à leur tour, devenaient causes.

Moltke ne gardait pas pour lui de moyens propres d'information : toute la cavalerie aux commandants d'armée, rien pour le généralissime. Dès lors, les commandants d'armée étaient, le plus souvent, — et se croyaient dans tous les cas, — mieux renseignés que le chef suprême. Raison de plus pour eux d'estimer leurs conceptions mieux justifiées que celles d'en
haut.


Et les transmissions entre le G.Q.G. et les armées étaient carrément négligées. Le 1er juillet 1866, Moltke donne sa directive pour la bataille décisive contre Benedek. Il est de sa personne à Gitschin ; Frédéric-Charles est à Horitz, à 12 kilomètres, et le prince royal à Kôniginhof, à 40 kilomètres. Personne n'a pensé à établir le télégraphe entre ces trois P.C. On n'a même pas
tendu une chaîne de cavaliers. Ce sont des colonels du G.Q.G. qui galoperont toute la nuit sous la pluie, pour porter les ordres...

Le 18 août 1870, Moltke passe toute la journée, à côté du roi, près du « Point du jour », derrière sa droite. Il la voit battue et presque mise en déroute. C'est avec sa gauche qu'il a monté sa manœuvre. C'est de sa gauche qu'il attend anxieusement des nouvelles. Cette gauche — le prince royal de Saxe — attaque Saint-Privat à 18 heures, à 8 kilomètres du P.C. de Moltke. Une simple chaîne de cavaliers eût porté à tout instant au commandant en chef des renseignements vieux d'une heure à peine. Or, il ne saura rien. On ne pensera même pas à le tenir au courant. C'est à 23 heures qu'il apprendra ce qui s'est passé.


En vertu du système et de ses conséquences, quant aux moyens d'information et de transmission, les commandants d'armée de Moltke, au cours des victorieuses campagnes, ont agi, aux moments décisifs, par eux-mêmes et contre les intentions exprimées par le Haut Commandement.

Or, en lisant Le Goyet ((1975, p. 65-70), on retrouve d'étranges similitudes entre la posture de Gamelin et celle du grand général prussien :

Citation :
C’est au cours d'une conférence sur la campagne de 1806 faite au Centre des Hautes Etudes militaires en avril 1937 par le général Audet, que le général Gamelin expose pour la première fois ses idées sur « l'art de la guerre ».

Il s'affirme en fidèle disciple de Foch ; il croit à la doctrine permanente, fondée sur la stratégie qui participe de « l'art », donc de l'imagination, et la tactique qui s'adresse au « métier ». Elle se différencie des « procédés de combat » qui « sont en variation constante avec l'armement, la nature de l'ennemi et toutes les servitudes de la géographie ».

Cette doctrine se place sur le plan philosophique. Elle est à base de méthode (marche raisonnée que l'on suit pour arriver à un but).

Quand le chef de guerre passe de la conception à l'exé
cution, il ne peut réaliser sa pensée que par l'intermédiaire de ses
subordonnés, ce qui nécessite compréhension et
caractère.

A la guerre, il n'y a pas de « lois » mais des principes et des règles. On ne peut donc faire de dogmatisme stratégique.

Plus loin :

Citation :
S'il faut se méfier des doctrinaires et des esprits systé­matiques, il faut cependant regarder la doctrine comme « un cadre où s'insèrent nos activités » : « Le raisonnement de guerre ne permet que d'analyser les données et les conditions du problème, et enserrer en quelque sorte la solution. Seule l'« imagination créatrice » nourrie par le travail, peut apporter l' « idée animatrice ». Le général définit alors les « principes directeurs » qui se trouvent dans l'Instruction des Grandes Unités (I.G.U.) :

Et encore plus loin :

Citation :
On a accusé Gamelin de prendre Joffre pour modèle. Celui-ci était omnipotent et écartait quiconque pouvait porter atteinte à son autorité. Gamelin, au contraire, s'en­toure de très hautes personnalités, Georges et Colson, à qui il n'hésite pas à déléguer une partie de ses responsa­bilités. Joffre concentre, Gamelin éparpille et dilue.

Il avoue toutefois, à propos du commandement unique : celui-ci « se posera et on devra le résoudre le jour où l'on se retrouvera en face du problème méditerranéen ». Mais encore une fois, Gamelin élude le problème et temporise.

En fait, le général Gamelin est un faux modeste à l'humilité ostentatoire ; il se sent à l'aise dans le flou, l'incertain, la dualité de commandement ; il compte sur son intelligence, sa souplesse pour se sortir à son avantage des situations les plus embarrassantes. Tel un joueur d'échecs, il met les pions en place mais laisse agir les autres. Cette fuite devant
les responsabilités illustre bien la rupture qui existe chez le général entre la conception et la réalisation.

Les styles de commandement de Moltke l'Ancien et de Gamelin présentent de fortes similitudes (passons outre le jugement moral de Le Goyet en fin de citation). Pourtant, leurs exécutants auront des comportements opposés, une fois en opération, à soixante-dix années de distance.

D'un coté, on voit bien qu'un certain chaos règne dans les structures de commandement allemandes en 1940 avec des querelles de chapelle entre officiers généraux en désaccord quant à la manière de conduire l'action. De l'autre, en France, c'est un chaos qui y ressemble à l'exception que personne ne prend d'initiative!

Si l'on s'entend sur le fait que les 13 et 14 mai 1940 Lafontaine avait les moyens de rejeter les Allemands Outre-Meuse, les différences de doctrine militaire ne suffiraient pas à expliquer l'échec d'une certaine conception commune du rôle du haut-commandement. En revanche, l'on aurait tendance à rechercher la faute, et à prendre Le Goyet à contre-pied, chez les commandants de corps d'armées et de division. Ce serait reprocher à Lafontaine de ne pas avoir pris le risque de l'initiative sans avoir d'ordre exprès contrairement à l'attitude d'un Guderian lors de la marche à la Manche.

D'autre part, en 1914, la zizanie qui régnait au sein du commandement Allemand a empêché la Wehrmacht de coordonner efficacement la marche de ses divisions dans la phase finale de son mouvement d'encerclement des armées françaises. Ici, il aurait mieux valu s'en tenir à un plan détaillé et disposer de subordonnés malléables comme un Lafontaine en lieu et place de Kluck. Dans ce cas, la personnalité effacée du commandant en chef, un autre Moltke, a nuit à l'efficacité générale de l'action allemande.

Ce qui soulève une contradiction similaire entre la conception et la réalité de la pratique française en 1940. Gamelin, un général assez éteint, commande à une armée taillée pour l'obéissance jusque dans les moindres détails d'exécution avec un style qui correspond à celui d'une armée qui pratiquerait l'Auftragstaktik à l'allemande.

Là-bas, en 1914, il y aurait fallu un chef autoritaire et énergique, suppléé par des subordonnés amènes, et ici, en 1940, des subordonnés audacieux et très compétents pour être assez indisciplinés à l'égard d'un chef perché au loin.

D'autre part, vu le rejet par Gamelin de tout dogmatisme, il ne semble pas que puissions mobiliser au service d'une explication l'antienne d'un rationalisme français abstrait et déconnecté des réalités. Gamelin est assez empirique pour se comparer favorablement à un Moltke. Peut-être n'en tire-t-il pas toutes les conséquences dans la formation de l'outil militaire français. Cependant, l'armée allemande non plus n'est pas parfaitement taillée pour la Blitzkrieg comme l'estime Frieser qui parle d'une lance portée par un manche trop étiré et trop frêle.

Donc, de deux choses l'une: à chaque moment de l'état des affaires militaires correspondrait un style de commandement adapté. La 1ere GM, parce qu'elle faisait la plus belle part au feu au détriment de la manœuvre (du moins sur le front ouest), exigeait un style de commandement centralisé.
Or, sitôt que la manœuvre prend le pas sur le feu, il devient difficile de constituer des fronts statiques, et dès lors, un style de commandement décentralisé est préférable pour favoriser la réactivé ou la "proactivité" des commandants au niveau des opérations.

Voilà qui pose un autre problème: lors des guerres napoléoniennes, guerres d'armées manœuvrières, la France avait, le plus souvent (je laisse Masséna de coté), un seul commandant en chef qui partout imposait sa volonté. Gamelin lui-même relève l'inconstance des principes de l'art de la guerre en page 66 (dans Le Goyet) sur des exemples similaires.

Auquel cas on trouve d'autres constantes. Les Allemands ont eu un style similaire d'une guerre à l'autre, gagnant celle là, perdant celle-ci. Les français sont plus problématiques. Couteau-Bégarie, dans son Traité de Stratégie, parle d' "école innéiste" pour qualifier l'état des esprits parmi les officiers généraux français de la période allant de 1815 à 1871. Dès lors, il conviendrait peut-être de restituer l'évolution de l'état d'esprit dominant des généraux français entre 1871 et 1940. Comment en est-on arrivé à Joffre qui concentre le pouvoir de décision entre ses mains, alors que cela contraste avec le style que notre vainqueur de 1870 aurait du nous inspirer? Par la suite, pourquoi une formule qui pouvait sembler éprouvée, avec la victoire de 1918, n'a-t-elle pas été reconduite par Gamelin en 1940?

Ou alors, a-t-on introduit une autre formule: quand de Gaulle parle de "l'Allemand, incomparable dans l'effort préparé, [mais qui ] perd ses moyens devant l'imprévu" n'est-ce pas une manière appropriée de caractériser l'armée française de 1940? Auquel cas, il faudrait accepter l'idée qu'un complexe d'infériorité a influencé la manière de faire la guerre de l'armée française de 1940 et qu'un grain de sable en a fait dérailler les rouages au point de la faire passer pour totalement incompétente.

Enfin, comment expliquer la dichotomie entre la manière de faire la guerre de l'armée française en 1940 ou son héritage de pratiques et l'attitude de son commandant en chef, après 20 années de paix et 5 années à la tête des forces militaires du pays? En d,autres termes, l'armée française a-t-elle eu un chef? Son chef a-t-il compris sa manière d'opérer (le contraire paraît invraisemblable), a-t-il tenté d'y changer quelque chose, s'y est-il adapté, s'est-il résigné? A-t-il crû que par la force des choses les bonnes pratiques s'imposeraient d'elles-même comme en 1914 (thèse que soutien Le Goyet à propos de l'unité de commandement des tous nos armes en 1940)?

Référence du livre de de Gaulle: Le fil de l'épée et autres écrits, Chez Plon.
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MessageSujet: Re: De Moltke à Gamelin, de funestes discontinuités?   Lun 16 Nov 2009 - 11:05

Je pense peut-être comprendre ce que vous dites, ce sont des interrogations que j'ai eues sous une autre forme
Gamelin "suggérait" des ordres sur des informations qui lui parvenaient trop tard et ses décisions repartaient à la même vitesse, celle de l'autre guerre
C'est une guerre de mouvement, comme en 18, que l'ennemi nous impose, nous en sommes à l'origine, il ne devrait pas y avoir de surprise, il y a eu aussi Rommel à Caporetto.
Seulement, il y a la Ligne Maginot, c'est un état d'esprit on attend, on subit, j'ai écrit quelque lignes là dessus.
Dans ce cas c'est l'adversaire qui mène le bal, il concentre ses troupes, ses moyens au " Schwerpunk " il a toutes latitudes
La ligne Bar-Lev en est un des dernier exemples, les Israéliens attendaient derrière en toute sécurité pensaient-ils
Les Egyptiens, mais tout autre en aurait fait autant, pose le problème, il est simple en réalité.
Contourner, passer dessus, passer dessous, passer en force. Pour les Israéliens passer en force ce n'est pas possible, donc pour les Egyptiens c'est ce qu'il faut faire.
La ligne qui coûta 500 millions de dollars fut battue en brèche en quelques heures par des pompes à eau.
Je pense qu'il ne faut pas laisser l'initiative à l'ennemi, la doctrine Française de colmater la brèche, puis de contrattaquer, et non seulement dépassée mais connue de l'attaquant, lui aussi nous étudie.
Huntziger pouvait, peut-être attaquer les flans des colonnes Allemandes, c'était d'ailleurs la crainte permanente de « OKH »
Les Allemands sur le terrain l’avaient bien compris, pousser, pousser, pousser, encore pousser, ne pas laisser le temps de réfléchir, prendre des contre-mesures, tétaniser les hommes en face, subjuguer l’Etat-major adverse
Les officiers Allemands savaient que nous nous préparions à la guerre, nos études et nos conclusions d’où notre stratégie, notre état d’esprit étaient bien connus, ils ont composé avec.
Faire ce que l’ennemi attend le moins, le mettre toujours sur l’expectative et ne pas le laisser reprendre son souffle, sans cependant en arriver à une autre doctrine Française « l’offensive à tout prix »
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MessageSujet: Re: De Moltke à Gamelin, de funestes discontinuités?   Lun 16 Nov 2009 - 11:23

Souvent j'ai lu que nous étions prêt pour une autre guerre, c'est méchant, et c'est à la fois vrai et faut
L'attaquant à toujours l'initiative, donc il attaque par des actions à contre pieds
D'où je pense cette impression
La Marine Française tirait à démâter pour prendre courageusement à l'abordage, les anglais tiraient pour couler ou ravager le pont
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alfred
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MessageSujet: Re: De Moltke à Gamelin, de funestes discontinuités?   Lun 16 Nov 2009 - 15:22

A Trafalgar ,Nelson avait fait exécuter à l'avant du Victory un blindage de poutres de chêne de 3m d'épaisseur renforcé de chaines de fer ,ses ponts de batteries ne pouvaient ainsi être dévastés par des boulets quand il présenterait la proue de son navire pour couper la ligne ....Dès lors quelque puisse être l'initiative stratégique de Villeneuve,Nelson sait que l'initiative tactique sera sienne,s'il parvient à le rencontrer...Il détruira les Franco-Espagnols par morceaux,la défaite sera totale quelque soit leur courage,c'est un peu ce qui s'est produit ,mais sur terre.Pour obtenir un second Gembloux à Sedan,il aurait fallu d'autres troupes que celles qui y furent positionnées,la réponse est donc aussi bien stratégique que tactique. Le but allemand est la destruction de l'armée alliée,le but français ,dans un premier temps n'est pas de détruire l'armée allemande,mais d'empêcher que la Belgique ne soit totalement occupée.....c'est là qu'est la faute,à mon sens. Mais pouvait-on procéder autrement ?
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