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 Le fusil 1886 M27

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Alamas
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Date d'inscription : 29/06/2018

MessageSujet: Le fusil 1886 M27   Mar 3 Juil 2018 - 22:52

Sources : CAA, série 2H4, cartons 31, 37, 38 et 39.
Jean Huon, les fusils français à verrou, Crépin-Leblond Éditions, 2006.
Communications avec des propriétaires d'armes survivantes (France et surtout USA).


En 1924, le programme consistant à moderniser l’armement vieillissant de la première guerre mondiale a donné ses premiers résultats. Tout en haut de la liste, on trouvait le remplacement du Fusil-Mitrailleur Chauchat. 
Un nouveau fusil-mitrailleur vient d’être adopté avec une cartouche nettement plus moderne que la 8 mm Lebel, la 7,5 mm Mle 1924.

Il s’agit maintenant de mettre au point un fusil pour l’accompagner. En attendant la mise au point du futur F.S.A., l’adaptation au nouveau calibre des armes obsolescentes en 8 mm Lebel semble, au moins sur le papier, de bon sens.

Le plus obsolète des fusils est évidemment le Lebel 1886 et c’est sans surprise qu'on le retrouve dans les armes à adapter au nouveau calibre. Le candidat tout désigné pour le faire est la MAT, unique spécialiste à cette époque du Lebel parmi nos manufactures, puisque c’est la seule à avoir encore les outillages nécessaires, en particulier pour la monture en deux parties.
 
Deux premiers prototypes sortent en 1927 : une version fusil à canon de 60 cm et une version mousqueton à canon de 50 cm. Une baïonnette est placée dans le fût en utilisant l’emplacement de l’ancien magasin tubulaire. L’idée sera reprise sur le MAS 36. La version mousqueton peut recevoir plusieurs types de pommeau de culasse : droit, coudé et coudé plat. Un garde-main se place sur le dessus du canon qu’il protège jusqu’à l’embouchoir. Il encadre la hausse à droite et à gauche, mais n’est pas fermé sur l’arrière. Cette hausse a une configuration classique (axe à l’avant, élévation en poussant la planchette).

Assez rapidement, la baïonnette intégrée est abandonnée et l’embouchoir redevient plus proche de celui du Lebel d’origine. Il peut en exister diverses variantes, n’oublions pas qu’il s’agit de prototypes. Néanmoins, les tenons de baïonnette n’ont pas fait leur réapparition sous le canon. Le garde-main reste inchangé, mais la hausse change de sens : axe à l’arrière, élévation en tirant la planchette vers soi. Puis le garde-main est raccourci afin de davantage dégager le canon.

Ces armes reçoivent, comme toute arme de présérie qui se respecte, un numéro de série sans lettre préfixe. Elles sont frappées aux emplacement habituels sur le Lebel à l’exception du canon. Particularité, une bague en avant du boîtier de culasse supporte comme marquages le N° de l'arme , MAT (la manufacture où est réalisée l'arme) et une année, celle de cette réalisation.
Il n’y a  pas de poinçons de réception sur la crosse, ni d'épreuve sur le canon, non plus que de méplat de démontage sous le canon.

Trois Longueurs de cette arme sont semble-t-il fabriquées à partir de 1930 (environs du N° 275):
La version mousqueton à canon de 47 ou 50 cm (la longueur indiquée varie selon les documents sans que l’on sache s’il s’agit de variantes ou d’approximations).
La version fusil à canon de 60 cm.
La version fusil à canon de 80 cm.
Toutes ces armes reçoivent une hausse graduée de 200 à 1200 m.
La finition est bronzée, sauf pour la culasse et la plaque de couche. Il y a un doute sur le pontet (poli blanc ou bronzé?).
 
Au moins un certain nombre de ces armes sont montées pour l’épreuve de tir des cartouches et un petit nombre (210 selon Jean Huon) modifié en fusils à pression. La plupart de ces fusils à pression semblent avoir une numérotation particulière (voir plus loin).
Sur les armes chambrées pour la cartouche M24, le pas de rayure n’est jamais précisé, ni sur l’arme, ni dans les documents.
 
A partir d’août 1931, quelque part entre l'arme N° 274 et la N° 278, nous arrivons aux armes chambrées pour la cartouche M29. La hausse évolue, elle est graduée de 200 à 900 m, de nouveau classique, avec axe à l'avant et un curseur qu'on pousse pour monter la planchette. Le garde-main évolue également, puisqu'il entoure la dite hausse, y-compris à l'arrière. L'arme comporte aussi le méplat sous le canon facilitant son démontage sur lequel sont frappées les lettres SE (Section d'Etudes) puis (K) et (F). (K) est à l'évidence l'initiale de Karcher, Directeur de la MAT à l'époque.

Mais puisque nous sommes dans l'armement français, il y a toujours des exceptions. L'arme N° 292, photographiée il y a quelques années dans une salle d'honneur malheureusement non identifiée, présente la hausse et le garde-main des armes chambrées pour la cartouche M24. Un orifice au sommet de la chambre, tout d'abord pris pour une neutralisation typique des armes de musée, pourrait bien être en fait la trace de la modification pour le test "crusher" de mesure de pression des cartouches. Cela pourrait expliquer, en-dehors de l'hypothèse d'un arrêt moins net des armes chambrées M24 que ne le laisseraient à penser les archives, cette bizarrerie.

Il existe quatre longueurs de canon à cette époque : 50 cm, 60 cm, 70 cm, 80 cm, deux variantes de pas de rayures (235 ou 270 mm, indiqués sur le boîtier de culasse).  Evidemment, version « crusher » ou version « normale». Il existe des armes avec et sans tenons de baïonnette.
 
En 1932, on est rendus en gros au N° 500,  vers 700 en 1933. A noter que des essais dans les corps de troupe ont lieu en 1933, avec des armes produites un peu avant.
N° 1100 en 1934, 1200 en 1935, une arme N° 1379 et 1938 est signalée par Jean HUON. On est dans les 1390-1430 en 1940.
 
Quelques petits détails glanés de ci de là sur les M27 :
L'arme No 556 ou 558 a éclaté. On apprend à cette occasion que le canon, terminé en 1932, a été ébauché en 1928 avec de l'acier acheté pendant la guerre.
Les fusils No 20-24-32-32 bis(!)-34-39-40-127-A123-A124-A134-A135-A137 sont à canon de 800 mm, chambrés pour la cartouche M24 et aménagés comme fusils pour tester les pressions des lots de cartouches (statut en 1937).
Les fusils Z3 et Z4 sont aussi des fusils à pressions, mais chambrés pour la M29 et à canon de 500 mm. Dito, sauf la longueur (600 mm) pour A8-A19-A20-A23-A26 et A56.
Dans les armes semble-t-il "normales" (fusils destinés aux essais de vitesse des lots de cartouche et aux essais dans les corps de troupe):
86-146-150-151-153-168 : chambrage M24, longueur canon 500 mm
69-75-76-78 : chambrage M24, longueur canon 600 mm
22-32-102-103-122 : chambrage M24, longueur canon 800 mm
278-281: chambrage M29, longueur canon 500 mm
284-290 : chambrage M29, longueur canon 700 mm
295-296 : chambrage M29, longueur canon 800 mm
521-535-542-544-545-561-564-566-580-581-583-592-606-607 : chambrage M29, pas 270 mm
742-743-789-833-836-1087-1090-1105 : chambrage M29, pas 235 mm.
 
Armes des essais de 1933 (6 mois), toutes à canon de 600 mm, pas de 270 mm :
561-645-662-664-677-680-681-686-695 : camp de Châlons.
557 : 22ème RTA de Toul
Mais ce n'est que quelques numéros sur les 100 armes essayées :
5 à Versailles, 5 à la Commission d'expérience de l'infanterie et des chars, 12 au cours pratique de l'Infanterie et des chars, 12 à l'Ecole Spéciale Militaire, 12 à l'Ecole militaire de l'infanterie et des chars de combat, 10 à La Valebonne, 10 aux Sables-d'olonne, 10 à Granville, 12 au 106 ème RI, 12 au 22 ème RTA.

Logiquement, les armes fabriquées à partir de 1934 doivent recevoir la finition parkérisée-peinte. Mais comme toujours avec l'armement français, ce n'est pas certain, même si l'on observe bien une telle finition dans les "hauts" numéros.

Vous vous êtes peut-être amusés à compter le nombre de variantes de M27 qui ont existé. Un thème de collection à lui tout seul.


Il est à noter qu'une arme à petit numéro et supportant un marquage indiquant un montage en 1939 laisse à penser que certaines armes ayant reçu au départ un canon pour la cartouche M24 ont pu se voir pourvues d'un canon d'un calibre un peu plus utilisable à cette époque.
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