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 Mai 1940, l'emploi des DCr

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Louis Martel
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MessageSujet: Mai 1940, l'emploi des DCr   Sam 18 Nov 2017 - 20:47

Bonjour


En 2014, dans la section uchronie du forum, j'ai posé la question "Quel meilleur emploi des Dcr en début juin 1940". Je la reprends ici pour la traiter en temps que sujet d'Histoire. Ce qui m'oblige à la reformuler ainsi : "Quel est l'emploi des DCr en mai 1940".

Définition de la démarche et des outils :

Se pencher sur l'emploi des divisions cuirassées c'est d'abord se demander ce qu'elles sont. Une DCr est une grande unité. L'armée française en 1940 définit une GU comme un commandement disposant d'éléments tout armes. Retenons qu'une GU est une « unité » et qu'il est pertinent de la voir comme un système. Le modèle explicatif systémique s'impose. Nous chercherons donc des conditions et non des causes. Les DCr sont vues comme un système, ce qui implique d'examiner l'emploi quelles font de leurs unités subordonnées, et comme appartenant à un système, Armée ou Corps d'armée qui leur donne des ordres et fixe des missions, ce qui implique de se demander si elles ont été actrices ou non.

Parler d'emploi sous-entend "emploi efficace". Est efficace ce qui obtient un ou des résultats. Ici nous nous poserons donc la question du succès ou non des missions données à la division et aux unités subordonnées. Mais efficace c'est aussi poser la question du coût du résultat, des pertes. Un emploi efficace c'est donc une mission remplie avec des pertes modérées ou raisonnables.

L'examen des faits nous permet d'identifier ces emplois efficaces, de définir les raisons qui les conditionnent et de répondre à la question posée en 2014 : quel meilleur emploi des DCr en début juin 1940 ? Une réponse historiquement valable et non uchronique car validée par les faits.
Les sources nous permettent d'aller plus loin en présentant un "passé non-advenu" des divisions cuirassées, lui aussi validé historiquement, et donc en rien d'uchronique même s'il ne c'est pas concrétisé.

Il est question ici d'une réflexion historique, donc de poser un regard depuis aujourd'hui et non de se glisser dans le point de vue des contemporains pour déterminer ce qu'il fallait faire. Bonne lecture


L'examen des faits.

Normalement, avant d'examiner les faits, devrait prendre place le récit des faits. Récit mobilisant le plus de faits possible avant que leur examen permette d'extraire ceux qui permettrons, après analyse de construire une réponse à la question posée.
Il est déraisonnable de vouloir faire un récit des faits sur un forum il est donc absent. De même, l'examen de fait se doit être aussi précis que les sources le permettent. Ici leur exposé est très succinct.

La 1ère DCr
L'histoire de la 1ère DCr en mai 1940 peut se résumer en un seul mot : seule. Le 13 mai, elle se trouve près de Charleroi sur les arrières de la 1ère Armée. Le 14 mai elle reçoit la mission de rejoindre la 9ème armée en se dirigeant sur Florennes et de participer aux contre-attaques destinées à rejeter l'ennemi au-delà de la Meuse.
Le matin du 15 mai, la 1ère Dcr se trouve dans la zone désignée mais au contact de l'ennemi qui vient de disloquer le front du XIème Corps d'armée. La division est seule. Elle n'a ni contact avec le Corps d'armée, ni avec la 4ème DINA avec laquelle elle doit contre-attaquer, ni avec les divisions engagées (18ème et 22ème DI, 1ère DLC). C'est l'absence d'ordre du Corps d'armée et de liaisons qui immobilise la division bien plus que les difficultés de ravitaillement en carburant. L'arrivé de l'ordre  du Corps d'armée libère la 1ère DCr de son immobilisme. C'est un ordre de repli, division se met en mouvement vers Beaumont.
Il serai faux de dire que la division a été employée. Elle n'a fait que défendre ses positions. Pourtant il faut relever l'importance des pertes.

Au niveau de l'emploi des unités subordonnées, l'immobilisme prévaut lui aussi. Les bataillons de chars combattants seuls ou presque et sans soutien a l'exception d'une batterie du 305ème RA. L'artillerie et le BCP ne jouent aucun rôle car trop en arrière. Je retiens que deux actions : contre-attaque de la 2/37ème BCC et l'anéantissement de la 3/37ème BCC à Dénée.
Pour soulager la pression adverse sur la 28ème BCC, la 2/37 lance, seule, une attaque sur les positions ennemies affronte une concentration de feu. Sur les dix B1bis, trois reviennent dans un état tel qu'ils sont irrécupérables et sabordés.
Au cours du repli de la division, la 3/37 se trompe d'itinéraire et atteint les parages du village de la Dénée où se trouve l'avant-garde la la 8ème ID. Prévenue par un avion, elle met en batterie toutes les pièces dont elle dispose : pak, flak et obusiers d'artillerie. Le feu allemand s'abat sur la colonne qui se dégage mais laisse deux B1bis derrière elle. Son commandant décide de lance les sept autres à l'abordage des positions allemandes. Tous succombent.
Seuls face à la puissance de feu, même pour les B1bis, il est suicidaire pour les chars de combattre seuls et sans appuis.

La 2ème DCr
La 2ème Dcr connaît un destin différent dont le mot clé est originalité. Partie pour la Belgique le 13 mai. Elle se retrouve dispersée en plusieurs fractions par l'avance ennemie. Ce n'est qu'après le 20 mai que la division retrouve une consistance. Le 23, elle se trouve au sud de Péronne à la disposition du Ier Corps d'armée et reçoit la mission de prendre quatre ponts sur la Somme pour protéger le flanc de l'action future du Corps d'armée contre la tête de pont. L'action de jour du 24 mai échoue. Mais, trois ponts sont pris dans la nuit du 24 au 25 mai, et le quatrième, la nuit suivante.
Là non plus, il est difficile de parler d'emploi pour la DCr. Sa fragmentation puis sa faiblesse ne lui ont pas permis de jouer un rôle par elle-même mais l'association avec la 19ème DI permet à ses unités subordonnées de jouer un rôle important.

De l'emploi de unités subordonnées, je retiens l'articulation en groupements et sous-groupements. Il me semble intéressant de donner l'ordre de bataille lors des quatre actions citées :
Pour la nuit du 24 au 25 mai :
Groupement Gibier qui prends Epenancourt :
la 2/40ème BCC (une compagnie de chars R35/R40), une section de la 349ème CACC (B1bis), la 1/17ème BCP (une compagnie de FV sur VBCP), une section de la BDAC (2 canons de 47) et un canon de 25.
Groupement Mahuet divisé en deux avec
 le Sous-groupement Marcille qui prends Pagny :
deux sections du 40ème BCC  (chars R35/R40), une section de la 349ème CACC (B1bis), la 3/17ème BCP (une compagnie de FV sur VBCP), une section de la BDAC (2 canons de 47).
 le Sous-groupement Massena qui se saisit de Béthencourt :
même organisation et même force.
Le 309ème RA effectue une préparation sur les trois villages et une compagnie de chars légers est en réserve.

Pour la nuit du 25 au 26 mai :
Le groupement Mahuet qui s'empare Saint-Christ
deux sections de la 351ème CACC (chars H39), deux sections de la 349ème CACC (B1bis), une section de la 1/17ème BCP  (section de FV sur VBCP).
L'action est préparée par une reconnaissance aérien du GAO mais sans préparation d'artillerie, mais une batterie du 309ème peu intervenir à la demande.

Ces actions se déroulent avec de très faibles.
Ajoutons à ses quatre actions le raid effectué par le Groupement Bourgin (15ème BCC sans sa 3ème compagnie mais renforcé par 3ème compagnie du 17ème BCP) le 16 mai entre Marle et Montcornet.

La 3ème DCr
le 13 mai la 3ème Dcr est dirigé vers la 2ème armée et se déploie au niveau de Stonne l'après-midi du 14 mais pas seule. La 3ème DIM monte elle aussi en ligne. Mais comme pour ses sœurs, nous ne pouvons pas parler d'emploi pour cette division. Elle est rapidement réduite à être un groupement de chars, le BCP est employé indépendamment des chars et l'artillerie articulée avec celle la la DIM. Parfois prêtés à d'autre (le 41ème à la 3ème DIC). Mais la mission du groupement est remplie.

Au niveau des bataillons de chars, ils combattent efficacement en liaison avec l'infanterie et des appuis importants et malgré des combats très durs pendant dix jours, l'usure des unités est limité.

La 4ème DCr
En mai 1940, il est erroné de parler d'une 4ème DCr. Il y a un groupement de Gaulle à la composition en évolution constante mais il connaît un véritable emploi comme grande unité. Il reçoit la mission de couvrir la mise en place de la 6ème Armée. Sur laquelle vient se greffer deux demandes d'actions offensives. Comme la 1ère Dcr, et mis à part la présence de 13ème BLM, le Groupement de Gaulle est isolé. Mais il a la chance de se trouver sur la flanc de la zone de progression des Panzerdivisionnen et donc d'éviter le choc frontal, raison de sa survie. Néanmoins la mission de couverture est remplie. A Abbeville, le groupement de Gaulle à pour mission de supprimer la tête de pont.
Le fait que je retiens est celui de sa composition plus puissante, en chars (un régiment de Somua et d'Hotchkiss) mais surtout en appuis en éléments de sûreté et reconnaissance. Les motocyclistes et les automitrailleuses du 10ème Cuirassiers, deux bataillons de drapons portés se joignent au 4ème BCP, plus des renforts en antichars (plusieurs batteries). Devant Abbeville, elle est encore renforcée par le 22ème RIC, des éléments des 2ème et 5ème DLC et en artillerie. C'est la clé de sa capacité à agir seule en toute autonomie au contraire de ses soeurs.

Au niveau des unités subordonnées, toutes les actions menées sont mal coordonnées. A Montcornet le 17 mai, à Mortier, Crécy sur Serre le 19, les chars attaquent l'objectif seuls et s'inclinent. Le 28, les 46ème BCC et 4ème BCP s'emparer ensemble de Huppy. Mais ce succès et ceux des jours suivant ne permettent pas à la division de remplir sa mission.


Pour terminer cet examen des faits signalons qu'en fin mai, les actions des DCr se terminent en raison de la volonté de les intégrer dans les groupements réservés qui doivent être constitués pour face à la l'offensive allemande de juin.


Les conditions d'un emploi efficace :

L'exemple du Groupement de Gaulle indique qu'un commandement centralisé est contre productif. Une conduite décentralisée est une condition nécessaire à un emploi efficace d'une division cuirassée et demande une organisation des unités subordonnées en groupements mixtes. C'est la première condition.
L'exemple de la 2ème DCr les 24, 25 et 26 mai, montre que le rôle de la division est de collecter les renseignements, de préparer les actions à mener, de dimensionner les groupements en fonction des actions à mener, de fournir les appuis, de conduire au lieu de diriger.

L'exemple de la 1ère DCr nous apprend qu'une division cuirassée ne doit pas combattre seule. C'est la deuxième condition pour un emploi efficace, qui permet aussi de réduire ses pertes et de limiter son usure. Soit il faut la faire grossir pour quelle dispose de tout les moyens nécessaires à son rôle. Mais est-elle encore une division ?. Soit il faut l'associer à une ou plusieurs autres GU d'un pied différent. L'exemple du 2ème Groupement cuirassé constitué avec la 3ème DCr, la 3ème DIM et la 7ème DLM, début juin semble, dans le cadre de la campagne de 1940, une solution optimale. Elle n'est pas originale puisque une telle association en Groupement mécanique est réglementaire.

Enfin, les exemples du Groupement de Gaulle et de la 2ème Dcr révèlent que les objectifs offensifs, et donc contre-offensifs, doivent être à courte porté, comme à Abbeville. Les 17 et 19 mai, ils étaient trop loin. Il est logique de penser que l'organisation de groupement mixtes allonge cette portée, mais les faits relevés ne permettent pas de vérifier la véracité de cette déduction.

Au niveau des unités subordonnées, la première condition est que les chars ne doivent pas agir seul. Toutes les DCr ont vu leurs B1bis détruits lorsque qu'ils ont été engagés seuls et isolés. La difficulté à faire collaborer les bataillons de chars et d'infanterie (même les BCP) de manière efficace est récurrente. L'organisation en groupement de la taille d'un bataillon s'impose donc, à l'image de ceux de la 2ème DCr, en associant chars lourds, chars légers, fantassins sur VBCP et armes lourdes (antichars, antiaériens, mortiers).

La seconde condition est d'employer ces groupements dans un ensemble faisant système comme pour les BCC de la 3ème DCr à Stonne, appuyant ou recevant l'appui des autres forces présentes et formant ensemble un système. La 3ème DLM à Hannut et la 25ème DIM en Hollande adopte une solution similaire. Les groupements décrit au-dessus, remplacent les bataillons de chars.


Pour conclure, nous pouvons formuler une réponse historiquement fondée à la question de 2014 "Quel meilleur emploi des Dcr en début juin 1940".

La stratégie défensive adoptée fin mai, veut grouper les divisions cuirassées en arrière pour mener des contre-attaques d'ensemble, "à l'allemande". Or les conditions définies indiquent que le meilleur emploi est de combattre dans un système et donc associé avec une grande unité d'infanterie, où les groupements mixtes formeraient l'élément mobile de contre-attaque. Cela revient à les positionner face au tête de pont allemandes (Abbeville, Amiens, Péronne). L'échec de l'engagement du 2ème Groupement cuirassé en contre-attaque le 10 juin, m'incite à penser qu'un emploi en colmatage (comme à Stonne) aurait été plus efficace qu'en contre-attaque et plus économique en moyens.


Un « passé non-advenus » des divisions cuirassées

Les rapports rédigés en fin de campagne ou à la demande de l’État-Major de l'Armée, contiennent des éléments de ce qui est appelé aujourd'hui des retours d'expériences. Ils confirment l'analyse faite et permettent d'aller plus loin. En effet, ils montrent la demande unanime de créations de groupements interarmes formant corps, donc des unités organiques et non un ensemble temporaire, et la proposition d'un projet.
Les lecteurs de GBM peuvent se reporter au numéro 114, page 66, à la note 16 pour voir un exemple de ces projets (du Commandant Aymes, chef du 19ème BCC). Ceux qui ont accès à la Revue historique de l'Armée peuvent aller lire l'article d'Henry Dutailly Eté 1940 Réflexions sur l'arme blindée de l'avenir dans le numéro 3 de l'année 1992. Enfin ceux qui n'ont pas peur d'affronter les archives peuvent se plonger dans celles de la période de Vichy, carton 3P112.

Ces sources et certains faits prouvent l'existence d'une évolution où l'apparition de groupement mixtes au sein des DCr rendent possible l'apparition d'unités interarmes (Aymes parle de bataillon mixte) qui logiquement, rendent eux possible l'apparition d'une arme (peu importe le nom) dont le combat sous blindage est la spécialité. Ces deux possibilités, dont les sources cités prouvent l'existence, constituent un passé non-advenus pour les divisions cuirassées car la défaite a empêché sa concrétisation.

Il n'y a là rien d'uchronique, d'imaginé ou d'inventé et démontre que l'Histoire n'a pas besoin de l'uchronie pour restituer le passé dans toutes ses possibilités, même celles qui ne se sont pas concrétisées.

Cordialement
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Fantassin
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Jeu 7 Déc 2017 - 14:11

Bonjour,

Merci pour ce long post, très instructif.

Cordialement

F
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Jeu 7 Déc 2017 - 18:02

Bonsoir,

En effet c'est une analyse fort intéressante.

Je me permets néanmoins d'apporter une première précision concernant la théorie. Une DCr est une unité destinée à combattre sous les ordres d'une DI. Elle ne dispose pas en propre d'unités de reconnaissance, et ses services, son artillerie et son infanterie sont réduits et ne peuvent lui permettre d'être engagée seule comme peut l'être une DLM. Elle est forcément dépendante d'une GU ne serait-ce que pour sa subsistance.

C'est pour cette raison qu'on lui conteste parfois le statut de GU, en fonction de la définition théorique de ce terme. C'est d'ailleurs une petite division puisque ses effectifs ne comportent qu'environ 300 officiers et 5 700 hommes, soit peu ou prou ceux d'une brigade d'infanterie.

Quant à l'emploi qui a été fait des DCr, il y a effectivement beaucoup à dire puisque la doctrine n'a presque jamais été respectée. Portant, et bien qu'il n'existe que deux BCC de B1 bis en leur sein, l'engagement en masse d'une DCr et d'une DI, tel que prévu par les textes, aurait pu représenter une puissante force de frappe aussi bien dans l'attaque que dans la contre-attaque. C'est d'ailleurs ce qui était prévu à Stonne, mais les événements en ont décidé autrement.

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Cordialement
Eric Denis
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Flahaut
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Ven 8 Déc 2017 - 10:25

L'organisation du service des essences n'a pas été pensé en fonction d'une doctrine d'emploi. La 1e DCR perd quand même la moitié de ses B1 en panne d'essence. Ravitaillement par citernes et l'un après l'autre (les chars allemands sont ravitaillés par camion de jerricans). Ainsi conçu il ne pouvait y avoir aucune ambition d'emploi de ces DCR
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alfred
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Ven 8 Déc 2017 - 14:28

Sans compter les dizaines d'engins abandonnés et sabordés sur panne mécanique souvent mineure... La 2ème DCr perd ainsi au moins 50% de ses matériels blindés... Même pour les DCR nous avions une conception statique... Comment prévenir qu'il faut une dépanneuse quand la radio ne fonctionne pas ?
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lou passejaïre
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Ven 8 Déc 2017 - 16:10

alfred a écrit:
Sans compter les dizaines d'engins abandonnés et sabordés sur panne mécanique souvent mineure...La 2ème DCr perd ainsi au moins 50% de ses matériels blindés.......Même pour les DCR nous avions une conception statique.....Comment prévenir qu'il faut une dépanneuse quand la radio ne fonctionne pas ?

une bonne part de ces pertes (essence et pannes mineures) sont plus à mettre sur le compte du recul que sur celui de l'organisation... (je renvoie à la quantité phénoménale de matériel britannique pris par les forces de l'Axe lors des offensives dans le désert...)
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Romogolus
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Ven 8 Déc 2017 - 18:12

Bonsoir,

Eric Denis a écrit:
Elle ne dispose pas en propre d'unités de reconnaissance, [...].
C'est vrai pour le plan terrestre. Par contre, il ne faut pas oublier que, normalement, chaque DCr se voyait rattacher un GAO, comme les divisions de la Cavalerie. Théoriquement cela voulait dire :
     - une escadrille d'observation à 12 appareils (au mieux 6 modernes, en mai 1940) ;
     - une section d'avions-estafettes à 4 appareils (de réquisition)
     - une section d'avions de QG à 2 appareils (biplaces anciens)
Il y avait donc un potentiel de reconnaissance (et de liaisons aériennes)... plus faible que celui d'une DLM, c'est vrai, et surtout qui n'appartenait pas organiquement à la division !

Quelles étaient les missions de l'escadrille d'observation du GAO ? Selon l'IGU de 1936 :
     1. renseignement du commandement (reco photo ou à vue) ;
     2. missions d'artillerie (contrôle de tirs, surveillance d'une zone de tirs...) ;
     3. accompagnement au combat (jugés peu fructueux par l'armée de l'Air dans le cas des chars de combat).
Une liaison radio bilatérale entre le sol et l'avion était prévue au niveau des organes de commandement, grâce aux postes ER 30. Pour les liaisons avions <-> groupes d'artillerie/BCC, cela devait se faire comme ailleurs.

Concrètement, trois des quatre GAO (581, 582 et 1/589) prévus n'étaient pas opérationnels au 10 mai 1940 et, de ce que je sais actuellement, il semble qu'ils furent utilisés à d'autres profits, notamment celui du GAO 1/508 (si je suis bien renseigné).
En revanche le GAO 546, lui, était opérationnel. Mais je n'ai pas retrouvé le nombre de P. 63-11 qu'il possédait ; selon le Général Bruché, il n'y en avait que quatre et deux Bre 27 berline (version triplace de liaison, sans armement, du biplace d'observation). Ce GAO a perdu 3 Potez en opération pendant entre le 15 mai et le 9 juin 1940, à chaque fois dans des secteurs me laissant penser qu'il a dû agir en lien avec "sa" DCr ; pour en être certain il faudrait vérifier avec le JMO du groupe (s'il existe encore) car le Général Bruché a prétendu, en 1948, qu'il ne l'a[vait] jamais vu.

Pour terminer, je mentionnerais que les deux groupements d'aviation d'assaut du Général Girier ont été mis a disposition de la VII° puis de la X° Armée pour leur appui direct dans les opérations contre les têtes de pont allemande sur la Somme. Ce dernier mis même 6 avions à disposition près du front, en vain (d'après Girier). Il est vrai que l'aspect aérien dépasse un peu le cadre du forum mais il me semble pourtant important de ne pas le négliger, même s'il fut marginal, car il me semble que cela fasse partie de l'emploi de ces grosses unités de chars. Jusqu'à quelle collaboration aviation <-> DCr peut-on aller dans un passé non advenu ?

Cordi@lement


Dernière édition par Romogolus le Ven 8 Déc 2017 - 19:04, édité 1 fois (Raison : reformulation d'un paragraphe)
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Louis Martel
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Ven 8 Déc 2017 - 22:23

Bonsoir

De mémoire, pour la collaboration entre les DCr et l'aviation, certains auteurs des rapports demandent une aviation organique. L'un d'eux va jusqu'à intégrer une escadrille de chasse. Mais sur cet aspect là, je ne suis certain que leur voeux ne ce seraient pas réalisés, car ils ne sont pas très réalistes et l'Armée de l'Air est trop obsédée par sont indépendance.

Les problèmes liés aux ravitaillements ou aux pertes par pannes sont liés à un emploi en solitaire de la DCr. C'est la 3ème qui c'est le moins usée alors qu'elle à connue la plus longue période de présence en continue au front. c'est pourquoi une des conditions pour un emploi efficace est l'association étroite avec une GU d'infanterie (motorisée de préférence) ou en soutien immédiat de la ligne de front pour limiter l'usure de l'unité et insérer l'action des chars dans un système interarmes qui maximise leur potentiel.

Ces conditions n'ont rien de révolutionnaires. La plus part retrouvent dans les règlements et la doctrine élaborées dans les années précédent la guerre.

Cordialement
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Sam 9 Déc 2017 - 12:03

Bonjour,

Louis Martel a écrit:
Bonsoir

De mémoire, pour la collaboration entre les DCr et l'aviation, certains auteurs des rapports demandent une aviation organique. L'un d'eux va jusqu'à intégrer une escadrille de chasse. Mais sur cet aspect là, je ne suis certain que leur voeux ne ce seraient pas réalisés, car ils ne sont pas très réalistes et l'Armée de l'Air est trop obsédée par sont indépendance.
Merci pour ces précisions. L'aviation organique était très à la mode chez les terriens, puisque l'Artillerie demandait la sienne depuis au moins 1938 et que certains fantassins y songeaient également, en 1939... Je partage totalement votre avis, la rivalité Terre/Air n'était en rien réglée.

Cordi@lement
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Sam 9 Déc 2017 - 13:06

Bonjour,

voici une étude de 10 pages, datant de juin 1953, écrite par le Commandant A. WAUQUIER sur les forces Cuirassées :





















Cordialement
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Sam 9 Déc 2017 - 15:18

merci Avz94
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Dim 10 Déc 2017 - 20:52

Le problème des DCR en 1940, c'est qu'elles ne sont pas prêtes et que pratiquement aucun chef français ne connaît leur emploi.
On peut se poser la question : n'aurait-il pas été préférable de conserver les brigades comme force de frappe à donner en appui d'une offensive ou même de ne garder que des bataillons ou régiments de B1 bis à utiliser comme chars lourds (un peu comme les Allemands le feront avec leurs Tigres)?
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MessageSujet: Re: Mai 1940, l'emploi des DCr   Jeu 14 Déc 2017 - 0:28

Bonsoir,

voici une étude de 1980 du Colonel DUTAILLY portant sur les années de gestation des DCR :

" Contrairement au processus logique, la fabrication des chars précède la réflexion sur leur emploi, l'E.M.A. et le C.S.G. se trouvent ainsi en présence d'engins, construits indépendamment du système qui les avait conçus, auxquels ils doivent donner une utilisation. Ces études sont gênées, comme le craignait le général Héring, par l'existence des D.L.M.

Les D.C.R. ne sauraient donc recevoir qu'une partie des missions que peuvent remplir les grandes unités blindées. Elles sont définies dans une note du 23 juillet 1936 :
<< Les divisions cuirassées doivent constituer entre les mains du commandant en chef, un élément puissant dont il pourra se servir :
- soit pour arrêter une masse blindée ennemie qui aurait fait irruption à l'intérieur de notre position de résistance;
- soit pour rompre un front puissamment organisé.
Leur intervention se conçoit donc dans la contre-attaque ou dans l'offensive en liaison avec les autres grandes unités engagées dans la bataille (7 N 2293/3, Note relative aux possibilités de création de 2 D.C.R., 23 juillet 1936).


Le 3 août, le cabinet du général COLSON apporte une précision supplémentaire :
... la division cuirassée, appelée à contre-attaquer des éléments blindés ennemis, qui auraient bousculé notre couverture, doit être en mesure d'intervenir dans le délai le plus bref au début d'un conflit.
Sa composition en militaires de carrière et en effectifs de l'active, sa dotation, dès le temps de paix, de tous les matériels nécessaires à sa mise sur pied, son stationnement doivent répondre à cette servitude essentielle (7 N 2293/3, Note sur les D.C.R., 3 août 1936).


Pour remplir ces missions, l'E.M.A. propose :


1° Un commandement doté de puissants moyens de transmissions;


2° un corps de bataille composé de 6 bataillons de chars et de 2 bataillons d'infanterie articulés en en trois échelons. Le premier, à base de chars puissants s'attaquerait à la défense antichar et à l'artillerie adverse. Le second réduirait les armes automatiques et les armes antichars restantes avec des chars légers. Le troisième, composé d'infanterie et de chars légers, nettoierait la position;


3° Une artillerie organique comprenant 2 ou 3 groupes d'automoteurs et 3 groupes d'obusiers de 105 mm tractés pour assurer un minimum d'appui, protéger les chars et permettre le développement d'une action en profondeur;


4° Des éléments du génie et des services (7 N 2293/3, note sur les divisions nouvelles, 8 octobre 1936).


A des détails près, c'est ce que proposait le lieutenant-Colonel DE GAULLE dans Vers l'armée de métier en 1934.


Le cabinet militaire du ministre qui examine le projet à la demande d'Edouard DALADIER, le trouve trop lourd. S'il juge nécessaire de donner à la D.C.R. 1 groupe de reconnaissance qui lui permettrait de s'éclairer, il estime que 3 bataillons de chars, trois bataillons de chasseurs portés et 5 groupes d'artillerie tractée suffiront (Fondation Nationale des Sciences Politiques,4 Da 7 Dr 1, Note sur la division à base de chars, 13 novembre 1936.


En février 1937, le général GAMELIN décide d'expérimenter, au cours de l'été suivant, une D.C.R. d'un troisième type. Comme le suggérait le cabinet du ministre, elle dispose d'un groupe de reconnaissance. Son corps de bataille est articulé en 2 brigades mixtes (3 bataillons de chars, 2 bataillons d'infanterie). L'artillerie est réduite à 3 groupes d'obusiers, 1 groupe de canons antichars et 1 batterie de D.C.A. Le génie, les transmissions et les services sont les mêmes que dans les modèles précédents. Le regroupement de l'infanterie et des chars dans des brigades n'apporte aucun élément nouveau sur le plan tactique; le principe des attaques par vagues successives d'unités du même type est conservé (1 N 37, Séance du 15 décembre 1937, note au sujet de la D.C.R. ..., 13 février 1937).


Après les expériences de Sissonne au cours desquelles l'infanterie et les chars ont manoeuvré ensemble, le général GEORGES tire deux enseignements majeurs :


1° Seuls les chars types B ou D2 sont propres à la manoeuvre d'ensemble, donc seuls à pouvoir figurer dans la division cuirassée dont l'action nécessite des chars relativement homogènes, c'est-à-dire possédant une puissance au combat et une capacité de manoeuvre comparable;


2° La lenteur des fabrications ne permet pas d'envisager la formation d'une D.C.R. avant la fin de 1938. En attendant , il est indispensable de former des brigades de chars B1 et D2. Lorsqu'elles seront en nombre suffisant, il sera facile de les regrouper pour former des divisions (1 N 37, Avis du général GEORGES sur la note de l'E.M.A., 12 juillet 1937)


C'est donc une division à base de chars moyens que le général GEORGES conçoit.


Les retards dans les livraisons de chars B1 font annuler les manoeuvres d'été. Après avoir recueilli l'avis du C.S.G., au cours d'une séance qu'il a présidée, le ministre décide de procéder à l'expérimentation de la D.C.R. au cours de l'été de 1938 et d'en confier la préparation au général MARTIN, inspecteur des chars de combat (1 N 37, Procès-verbal de la séance du 15 décembre 1937).


Cette dernière mesure se révèle rapidement être d'une rare efficacité car les officiers des chars et ceux de toutes armes qui leur ont été adjoints sont passionnés par leur mission et manifestent la volonté d'aboutir. En février 1938, un groupement d'instruction, composé de 2 bataillons de chars B1 ou B1 bis, d'un bataillon de chars D2, de 2 bataillons de chasseurs portés et d'un groupe d'artillerie est formé à Nancy. un programme très complet, à la fois théorique et pratique, est établi par le général MARTIN. Il comporte des exercices de cadres en salle et sur le terrain, des exercices de transmissions et des manoeuvres avec troupe. Ce travail culminera par des manoeuvres d'ensemble qui devraient être précédées au mois d'août par une phase préparatoire de formation et d'entrainement, au cours de laquelle les unités composant le groupement seraient réunies pour acquérir la cohésion nécessaire (Inspection des Chars de Combat/1, Rapport sur le groupement d'expérimentation, novembre 1938).


Jusqu'en juiller, le programme prévu par le général MARTIN est appliqué. L'affaire des Sudètes amène le général GAMELIN à décider la suppression des manoeuvres finales qui ne mettent pourtant en oeuvre que des effectifs relativement faibles. Pourquoi ? Selon le général POYDENOT, qui appartenait alors à l'état-major particulier du général GAMELIN, elles auraient exigé le déploiement de la presque totalité des troupes actives de transmissions. Une telle concentration de spécialistes risque de compromettre une mobilisation dont l'éventualité n'est pas écartée (Témoignage oral du général POYDENOT). Pour le général TRUTTMANN qui était alors l'officier de transmissions du groupement de Nancy, l'expérimentation de la brigade cuirassée devait utiliser un grand nombre d'unités actives du train indispensables ailleurs en cas de mobilisation (Témoignage oral du général TRUTTMANN). Les deux explications sont vraisemblables et peuvent même se combiner car, ni le train, ni les transmissions n'ont obtenu la priorité dans les programmes d'armement. Il y a là, d'ailleurs, un des points faibles des études sur la D.C.R. : les problèmes de liaison et de transport n'ont guère retenu l'attention des officiers qui ont réfléchi sur l'organisation de la D.C.R.


Bien que le programme ait été amputé de sa dernière partie, le général MARTIN s'estime en mesure de soumettre deux propositions à la décision du ministre. la première concerne l'organisation de la D.C.R. L'expérience des exercices de cadres, en salle et sur le terrain, a montré la difficulté de faire manoeuvrer 4 bataillons de chars sous la même autorité (car le général MARTIN à constitué les cadres de 4 bataillons pour ce genre d'exercice). Elle révèle également certaines carences; sans groupe de reconnaissance et sans aviation, la D.C.R. ne peut entreprendre une contre-attaque ou une exploration en sûreté; sans artillerie antiaérienne, elle est paralysée par les bombardements et le mitraillage par avion. Il est donc demandé de limiter les effectifs des chars à 4 bataillons de chars lourds ou moyens et ceux de l'artillerie à 3 groupes renforcés chacun d'une compagnie de protection. Par contre , il faudrait attribuer à la division un groupe de reconnaissance, un détachement d'artillerie antiaérienne légère et des éléments d'aviation identiques à ceux des D.L.M. Par ailleurs, le général MARTIN préconise d'articuler les moyens de choc de la division en 2 demi-brigades mixtes comprenant chacune 2 bataillons de chars et 1 bataillon de chasseurs portés. Cette organisation est fondalement différente de celle qu'avaient préconisées jusqu'alors, le lieutenant-colonel DE GAULLE, l'E.M.A., le cabinet militaire du ministre et le général GEORGES. A l'attaque en ligne, sur un front, par vagues successives, le général MARTIN montre, de façon implicite, qu'il préfère l'attaque en colonne sur plusieurs axes (Inspection des Chars de Combat/1, Rapport sur le groupement d'expérimentation, novembre 1938).


La seconde proposition concerne l'emploi de la D.C.R. Elle se présente sous la forme d'un projet de règlement intitulé << Notice provisoire à l'usage des unités de la division cuirassée>>. Bien qu'il reprenne l'organisation de la division en demi-brigades mixtes, ce document considère l'attaque par vagues successives comme le procédé normal de combat de la D.C.R. De plus, et c'est là une contradiction grave, s'il insiste sur l'importance des liaisons par radio dans la manoeuvre de la division, il demeure fidèle aux théories françaises de l'époque qui préfèrent la graphie, plus discrète, à la phonie (Inspection des Chars de Combat/1, Notice provisoire à l'usage des unités de la D.C.R., 29 octobre 1938).


Le C.S.G. se réunit le 2 décembre 1938 pour étudier ces deux documents et établir de façon définitive la composition de la D.C.R. A la suite de l'intervention initiale du général GAMELIN , le débat se limite aux questions d'organisation. Très rapidement, les partisans de grosses divisions de 6 ou 9 bataillons de chars se rallient à la solution raisonnable, compte tenu de la lenteur de fabrication, de la division à 4 bataillons. Seul, le général HERING exprime une opposition irréductible au projet approuvé par le général GAMELIN et il demande, ce qui constitue une procédure inhabituelle, qu'une note rédigée par lui, soit annexée au procès-verbal de la séance (1 N38/2, Procès-verbal de la séance du 2 septembre 1938).


Cette opinion divergente, marginale puisqu'elle ne rallie officiellement personne au C.S.G., et l'E.M.A. ou à l'inspection des chars, mérite cependant d'être analysée; elle préconise, en effet, la formation de <> qui préfigurent les groupement blindés des divisions blindés de type américain.


Elément de choc à base de chars de 30 à 40 tonnes, la D.C.R. est encombrante et coûteuse. Pour réaliser la surprise par la souplesse de ses déplacements et la soudaineté de ses engagements, elle doit être manoeuvrable. Ceci n'est possible que si elle s'adapte au terrain et si elle s'intègre dans un dispositif d'un corps d'armée ou d'une armée. L'organisation de la D.C.R. sera donc verticale et non horizontale : elle se fondera sur des groupements de combat organique <>.


Ces groupements comprendront outre la demi-brigade mixte proposée par le général MARTIN :


- 1 élément de sûreté rapprochée et de reconnaissance à base de chars rapides;
- des unités du génie et des transmissions;
- 1 batterie de canons antichars automoteurs;
- 1 batterie de D.C.A. légère;
- des éléments de dépannage et du train.


L'artillerie est regroupée au niveau de la division qui dispose d'une escadrille d'observation et de reconnaissance et d'unité des services.


Dans l'immédiat le groupement d'instruction de Nancy devrait prendre la forme d'un groupement de combat cuirassé. De plus les D.L.M. qui sont aptes au choc comme aux manoeuvres de grande envergure devraient être réorganisées sur le modèle proposé pour les D.C.R. (1 N 38/2, Avis du général HERING sur les questions étudiées dans la séance du 2 décembre 1938).


Sur un plan pratique, il ne sort presque rien de la réunion du C.S.G. du 2 décembre : une expérimentation de la D.C.R. aura lieu au cours de l'été de 1939. Malheureusement les événements l'empêcheront. Quand à la notice à l'usage des unités de la D.C.R., elle attendra pour être diffusée que les D.C.R. soient formées en 1940."




Cordialement
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