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 GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie

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Eric Klamerek
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MessageSujet: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 10 Oct 2017 - 9:56

Bonjour,

  Juste une petite remarque relative à l'iconographie présentée page 21 et notamment sur la légende avec un "abus" de langage, qui a mon sens, pourrait induire en erreur le lecteur.  En effet, la photo intitulée "Le Mans, 28 février 1916" est assez exceptionnelle dans la mesure où elle présente distinctement une mitrailleuse Mle 1914 Hotchkiss dans sa configuration initiale c'est à dire, avec hausse tangentielle et déflecteur, couvre-culasse (poignée arrière) en bronze. Par ailleurs, et c'est l'intérêt de cette photo, l'affût trépied est du Mle 1914 avec son  système complexe de pointage et blocage de la position de fauchage.
  A propos de la légende , il est fait mention que les 2 mitrailleuses Mle 1907 (Saint Étienne) et Mle 1914 peuvent être alimentées par bandes articulées, prenant en exergue l'image d'une Mitrailleuse 1907 alimentée par bande toile (300cps). Il s'agit bien là, d'un abus de langage, la bande articulée est spécifique à la mitrailleuse Mle 1914 soit 84 sections de 3 cps , la bande fait 251 cps (la dernière section ne contenant que 2 cartouches). Cette bande construite sur le même profil que la bande rigide n'est pas acceptée par la mitrailleuse Mle 1907.
  La mitrailleuse Mle 1907, sous réserve qu'elle soit modifiée "T", accepte une bande Toile dite souple de 300 cps. Bien entendu, cette dernière n'est pas utilisable dans la mitrailleuse Mle 1914.
  De fait, il est utile et préférable d'associer le nom "bande articulée" uniquement pour la mitrailleuse Mle 1914 et celui de "bande toile ou bande souple" à la mitrailleuse Mle 1907 T. 
  Ce n'est qu'un détail ............ un grand Merci pour nous avoir présenté cette superbe photographie d'un matériel rarement documenté.

Bien cordialement

Eric
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françois vauvillier
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 10 Oct 2017 - 11:24

Bonjour Éric,

Que dire de plus ?

Je suis heureux d'avoir dans ma collection une photographie d'un modèle inhabituel dont les détails que vous signalez m'avaient totalement échappés, l'armement n'étant pas, très loin de là, ma spécialité.

Sur la signification du T final concernant la Saint-Etienne Mle 1907 T, je suis bluffé par votre explication. Je pensais jusqu'alors que cela signifiait " transformé ", comme c'est l'usage dans la désignation de l'armement (1822 T, etc).

Excellente journée,

Bien cordialement

François
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J.C.L.
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 10 Oct 2017 - 17:01

Bonjour,

L’observation d’Eric quant à la légende de la photographie de la page 21 est tout à fait justifiée et les lecteurs voudront bien excuser cette erreur, les impératifs de la mise en page nous ayant conduit à privilégier une formulation condensée et donc sommaire supprimant de ce fait toute distinction entre les bandes dites articulées et les bandes en toile de contenance tout à fait différente.

Et sur ce point, je rappelle que dans GBM 117, page 34, le renvoi C du tableau « Munitions de la compagnie de mitrailleuses Hotchkiss » précisant que « des bandes-chargeurs souples en toile de 250 cartouches sont mentionnées pour les Saint-Etienne (mars 1916) » était erroné puisqu’en effet, il fallait lire « de 300 cartouches ».

Cette erreur avait d’ailleurs été relevée par Eric et dans ma réponse j’avais donné quelques précisions sur la façon de loger la bande souple dans la caisse à munitions dite de Puteaux. Je peux ajouter que selon le Règlement sur les sections de mitrailleuses d’infanterie dotées de mitrailleuses Mle 1907 transformées , approuvé par le Ministre de la guerre le 25 novembre 1912, mis à jour le 15 mars 1916, Tome II, Matériel, Paris, Henri Charles-Lavauzelle, éditeur militaire, 1916, page 68, Nota, renvoi (2) « Les caisses contenant une bande simple en toile se distinguent des caisses contenant des bandes rigides métalliques par une ligne de couleur rouge entourant la caisse entre les liteaux ». On notera que ce règlement mentionne « une bande simple » et non « souple », peut-être une coquille à l’impression.

Quant à la signification du fameux sigle T, je rappellerai que la plupart des ouvrages d’instruction et de vulgarisation de l’époque ou d’après-guerre le considèrent comme signifiant « transformé », signification d’ailleurs reprise sur le site du Musée de l’Infanterie où l’on peut lire : « 1907 : Apparaît la mitrailleuse modèle 1907 appelée «Puteaux-Saint Etienne» qui est la résultante des améliorations apportées sur la mitrailleuse modèle 1905 dite « Puteaux ». 1908 : Transformée et améliorée, la mitrailleuse « Puteaux Saint Etienne » prend l’appellation de «mitrailleuse modèle 1907.T» dite de «Saint-Etienne».

Toujours à titre documentaire, les lecteurs intéressés pourront consulter le site dont le lien figure ci-dessous :
http://www.mitrailleuse.fr/France/StEtienne/1907T/StEt1907.htm
dans lequel sont expliquées en détail les diverses modifications apportées au modèle initial de la mitrailleuse 1907. Et si les modifications décrites sur ce site (Modification du mécanisme de percussion, modification du régulateur d’échappement, modification des organes de pointage et de l’appareil compensateur, toutes justifiées par des dessins techniques et des photographies des éléments concernés), sont tout à fait valables, le sigle T y est en effet mentionné comme signifiant « transformé ».

Mais en ce qui me concerne, j’aurai certainement du me replonger dans ma collection d’Albums de la Gazette des armes et notamment dans un excellent article publié en mars 1984 dans le numéro 127 et signé Pierre LORAIN, grand spécialiste de l’armement, où l’on peut lire, pages 26-2 « En 1917, il ne restait essentiellement en service dans l’armée française que la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 et la mitrailleuse « modèle 1907-T » transformée pour le tir de cartouches en bande de toile souple et des bandes-chargeurs métalliques dites de « Saint-Etienne « . L’appareil de réglage de vitesse de tir avait été conservé, mais il ne servait plus. Bien que pêchant par son mécanisme, le modèle 1907-T représentait une amélioration sensible des modèles antérieurs de 1905 et de 1907 ».

Tout ceci montre une fois de plus que l’objectif « 0 % d’erreur », si cher à François et à moi-même est vraiment difficile à atteindre malgré tous nos efforts et plusieurs relectures.
Mais c’est grâce à des lecteurs aussi attentifs et compétents qu’Eric, que je remercie encore une fois pour la pertinence de ses observations, que GBM restera une revue incontournable, écrite par des passionnés et pour des passionnés.

Très cordialement, Jean Claude Latour
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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mer 11 Oct 2017 - 13:04

Bonjour à tous,

         Bien entendu, malgré mes recherches je ne suis pas parvenu à retrouver la notice ou l'instruction de cette interprétation du "T" pour Toile  qui de mémoire apparaissait en bas de page. Cela dit la remarque pertinente de François m'a engagé à revoir cette interprétation et j'ai consulté la bible soit le livre de Claude LOMBARD "La manufacture nationale d'armes de Châtellerault" .
     
       "Cette année 1916 vit les dernières mitrailleuses de Puteaux retirés des combats vers le mois d'avril et, progressivement, les mitrailleuses Modèle 1907 furent transformées en manufacture amenant ainsi le modèle T.
        En mai 1916, la mitrailleuse modèle 1917 fut adaptée au tir de la bande souple par transformation des barillets, du radiateur et du tracteur, cette transformation s'appliquant à toute les armes en service, soit environ 10000. A la manufacture de Châtellerault, les premières transformations furent prêtes le 2 septembre 1916.
        Depuis le début de la guerre jusqu'en 1916, les principales modifications apportées au matériel des mitrailleuses aboutissant au modèle 1907 T furent les suivantes:
       - Modification de l'appareil moteur comportant essentiellement un évent de 4,8mm au lieu de 3.6 dans le canon, un changement de tracé du manchon de chambre à gaz, le remplacement du régulateur d'échappement par la couronne graduée avec pastille.l'index et la vis d'index.
       - Remplacement de la hausse et du guidon 1907 par la hausse 1910 et le guidon avec dispositif compensateur.

Par dépêche N°52410-2/3 du 31 octobre 1912,  le Ministre avait adopté un appareil compensateur de réglage de la ligne de mire de la mitrailleuse modèle 1907 proposé par la Commission d'Expérience de Versailles. 

Lorsque la mitrailleuse s'échauffait, la ligne de tir s'abaissait progressivement . Un refroidissement de 15 minutes environ était nécessaire pour que l'arme revienne aux conditions de réglages normales.

Mettant à profit la différence des températures du radiateur et d'une tige d’acier juxtaposée, et d'autre part la différence des coefficients de dilatation du bronze et de l'acier, la
Commission d'Expérience de Versailles construisit et expérimenta un dispositif qui contraignait le guidon à s’abaisser à mesure que l'échauffement croissait et inversement.

Notons aussi que par dépêche N°1763-2/3 du 6 janvier 1916, le Ministre avait prescrit de munir de pastilles lumineuses les organes de pointage de la mitrailleuse 1907.

      - Suppression de l'ergot arrêtoir du ressort amortisseur remplacé par le tenon d'appui fixé sur la boite de culasse.
      - Modification des caisse N°1 et 2 et de divers outils.

En outre, une série de modification fut, faite, soit pour faciliter la fabrication, soit pour améliorer le fonctionnement:
       
       - simplification du tracé de la boite e culasse.

       C'est la Manufacture d'arme de Châtellerault qui proposa de revenir au tracé de la boite de culasse de la mitrailleuse de Puteaux, dans les divers points où le tracé avait été changé pour des raisons d'allégement et d'esthétique. Le nouveau tracé proposé amena une augmentation de poids d'environ 95 g et une diminution du prix de main-d’œuvre spéciale d'usinage de 2,65 fr par mitrailleuses, provoquant également une économie de 6 ouvriers à l’atelier d'usinage.  Cette proposition fut approuvée par D.M. 18246-2/3 du 6 février 1916.

       - suppression de la gorge qui, sur le levier d'armement recevait la poignée.
       - Couvercle pris directement dans une tôle au lieu d'être forgé.

En novembre 1917, il fut prévu que les mitrailleuses seraient remplacées incessamment dans les unités de cavalerie par la mitrailleuse Hotchkiss. La Manufacture d'armes de Châtellerault arrêta la fabrication, ne devant assurer par la suite que la réparation des mitrailleuses 1907, Vickers et Maxim.

En décembre 1921, La Manufacture fut autorisée à faire mettre aux riblons les pièces aux différents stades de fabrication ainsi que l'appareillage, l'outillage et les vérificateurs spéciaux concernant la mitrailleuse 1907.

La production pendant la première guerre mondiale, du 1er aout 1914 à 1918, fut de 9661 mitrailleuses modèle 1907 à la Manufacture de Châtellerault. La quantité totale qu'elle fabriqua depuis le lancement de la fabrication s'élève à 11105."


En consultant cet historique, on se rend compte, qu'il s'agit d'une suite de modifications pour aboutir en 1916 au modèle T. De fait, il ne fait aucun doute que le T est pour Transformation même si l'adaptation pour bande souple intervient en dernière modification. => ce qui aurait pu se traduire par mitrailleuse Mle 1907 M.1916 !. Par ailleurs, il est fait mention de bandes souples certes en opposition des bandes rigides mais pas toile.

        
Pour avoir lu l'interprétation du T en toile , notamment dans une notice ou instruction, je me demande si finalement il ne s'agit pas là d'un moyen mémo-technique usité à l'époque pour l'instruction des recrus que seule une mitrailleuse Mle 1907 T accepte des bandes en toile (souple). Car finalement, c'est la seule modification visible qui conditionne une utilisation propre et concrète pour le mitrailleur.
Je reprends donc la maxime habituelle " l'enquête continue ....." ....et à l'occasion d'un déplacement aux archives de Châtellerault, je m'y intéresserai ....



Concernant le transport de ces bandes , comme le mentionne Jean Claude, il est fait usage des caisses à munitions dite de Puteaux pour bandes rigides identifiées par une ligne de couleur rouge entourant la caisse entre les liteaux . Ci-dessous une photo de l'usage de cette caisse




Mais il est également fait usage plus couramment, d'une autre caissette celle renfermant les accessoires de rechange de la mitrailleuse 1907 dont le cloisonnement interne a été retiré. Là, également afin de la différencier une bande rouge identifie la présence de la bande souple de 300 cps.

Exemple en image (Coll. JFL)




nota : le départ de bande (un à chaque extrémité) existe également en laiton.

Bien cordialement

Eric
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Eric Denis
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mer 11 Oct 2017 - 13:59

Bonjour,

Je me permet une hypothèse sur ce fil très pointu, bien que je ne possède pas les compétences des précédents intervenants sur ce type de sujets. 

Il est possible que le sens de l'appellation "T" ait évolué au fil du temps. Ce qui me pousse à formuler une telle hypothèse réside dans le fait que je ne trouve pas de trace de bandes souples dans le manuel du gradé du train de 1940, cette arme étant encore largement dotée de ce type de mitrailleuse à cette époque, et seules les bandes rigides ou rigides articulées sont mentionnées.

A cette époque toujours, il n'existerait donc plus de correspondance possible entre le "T" et le mot "toile", puisqu'il semble que ce type d'alimentation ne soit plus en service alors qu'un long chapitre est consacré à la mitrailleuse modèle 1907. En tous cas, il n’apparaît plus dans ce manuel. Ces éléments pourraint donc expliquer l'évolution de la signification de la lettre "T".

Les autres manuels dont je dispose sur l'infanterie ou la cavalerie de 1939 ou 1940 ne mentionnent plus que la mitrailleuse modèle 1914.

_________________
Cordialement
Eric Denis
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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mer 11 Oct 2017 - 14:36

Bonjour Eric, Bonjour à tous,

               Merci de ta contribution au recherche. Concernant la bande souple (toile ), ce n'est pas étonnant qu'elle n'apparaisse plus dans les manuels de 40, elle a été finalement retirée avant la fin du premier conflit car malheureusement elle ne donnait pas satisfaction. En effet, de constitution différente des bandes anglaises Vickers ou allemandes Maxime, la bande française ne possède pas de ferrets*, de fait, elle supporte mal les intempéries la pluie notamment. Mouillée, elle finissait pas se déformer et devenait pratiquement inutilisable, elle a donc été tout simplement retirée, la bande rigide donnant entière satisfaction.
Bien cordialement
Eric  

(*) Nota : Notons que si les bandes Vickers et Maxime possèdent des ferrets c'est qu'ils ont un rôle dans le fonctionnement des mitrailleuses et dans l'appareil moteur d'alimentation. A contrario, la bande toile de la mitrailleuse Parabellum (allemande) ne possède des ferrets uniquement pour maintenir et rigidifier la bande.
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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Ven 13 Oct 2017 - 17:11

Bonjour,

               Je reviens sur l'organisation de la section de mitrailleuses et plus particulièrement sur l’équipe de pièce. En effet, je souhaitais faire un parallèle entre l’organisation de l’équipe de pièce de 1916 et celle de 1940. Dès lors, j’ai été intrigué par la fonction de l’Aide-chargeur, fonction qui bien entendu n’existe plus en 1940. J’ai donc repris les différents articles de notre revue préférées sur le sujet soit N°113-117 et 122. Je me suis posé des questions relatives au support que porte l’Aide-chargeur, information indiquée sur les représentations graphiques des pelotons de mitrailleuses. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris - chose qui m’avait à l’époque échappée – de la représentation de mitrailleuses Mle 1907 pour la période 1915 et de mitrailleuses Mle 1914 pour les périodes 1916 et 1917. (Ah! le souci du détail).

               Concernant ce fameux support, il s’agit après recherche du support pivotant de l’affût trépied Mle 1907 type C, et dans la moindre mesure de celui de l’affût trépied Mle 1915 type Omnibus. En effet, ces derniers affûts sont constitués de 2 fardeaux chacun soit :

-            -  à 23,8 kg pour le trépied Mle 1907 type C et  8,9 kg pour son support pivotant type C (donc 32,7 kg au total)

-               -  à 18,5 kg pour le trépied Mle  1915 type Omnibus et 8 kg pour son support pivotant (donc 26,5 au total)

Cette configuration fait donc appel à l’Aide-chargeur dont la fonction - entre autres – est de porter ce fameux support et une caissette à munitions.



Tireur -  Aide-chargeur - Chargeur - Caporal (chef de pièce) après le déchargement

                    Mais à partir de 1916 voire en 1917, la mitrailleuse Mle 1914 remplace la mitrailleuse Mle 1907 et bien que cette dernière soit utilisable sur les affûts Omnibus, il est fait usage de l’affût-trépied Mle 1916. Ce dernier d’un poids de 25 kg se transporte en un seul fardeau, privant l’aide chargeur du support-pivotant, dès lors ce dernier se voit attribuer une deuxième caisse à munitions.
C’est d’ailleurs, ce qui est préconisait également dans la manœuvre de la mitrailleuse Mle 1907 équipée de l’affût trépied lorsque la mitrailleuse change de position, l’Aide-chargeur porte uniquement 2 caisses de munitions. En résumé l’Aide-chargeur ne porte le support pivotant que du déchargement à la première position de combat.


D’un point de vue de la représentation de la section de mitrailleuse, pour satisfaire au  «souci du détail» - je sais… je pinaille - pouvait être :

- dans GBM 117 une mitrailleuse Mle 1914 montée sur un affût de mitrailleuse Mle 1907, la légende de l’Aide-chargeur « porte le support ou deux caisses à munitions »,

- dans GBM 122 la mitrailleuse Mle 1914 étant représentée sur son affût 1916, l’Aide-chargeur devrait avoir une deuxième caisse de munitions et la légende relative au support supprimée, car dans le cas présent il n’existe plus.

Bien entendu, tout cela reste théorique et anecdotique. Dans tous les cas, un grand merci de nous faire découvrir tous les méandres de cette complexe organisation, heureusement bien plus simple en 1940.   

Bien cordialement
Eric
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J.C.L.
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Lun 16 Oct 2017 - 11:22

Bonjour à tous,
Après cet échange de vues très pertinent et très enrichissant sur la signification du sigle T, venons-en aux observations d’Éric concernant les organigrammes visuels des sections de mitrailleuses, observations tout à fait justifiées comme nous le verrons ci-après car si l’adage bien connu « errare humanum est » s’applique à la formulation erronée concernant la contenance des bandes souples dans GBM 117 (page 34, renvoi C du tableau « Munitions de la compagnie de mitrailleuses Hotchkiss », la deuxième partie de cet adage « Perseverare tantum diabolicum » dont l’origine relèverait de plusieurs sources (il en existe en effet plusieurs formulations) et qui est souvent ajoutée par plaisanterie à la première partie, me concerne également, hélas !
Mais avant d’entrer dans les détails, il me semble nécessaire de rappeler que GBM est la seule revue à publier des organigrammes visuels aussi détaillés et aussi précis en ce qui concerne l’organisation des unités qu’il s’agisse du personnel ou du matériel.
Nécessitant l’insertion de nombreux tableaux dits « d’organisation » et de fastidieuses listes de matériels et d’équipements divers, l’organisation détaillée des unités peut se révéler particulièrement aride et disons-le, indigeste, pour tous les lecteurs qui ne sont pas tombés, comme moi il y a plus de quarante ans, dans la marmite « TEG et TDM ».
Et c’est la raison pour laquelle, nous avons pensé que même avec des tableaux d’organisation les plus clairs possibles, il était nécessaire d’en donner une représentation visuelle très précise et bien entendu de la façon la plus artistique possible, les simples silhouettes en noir et blanc figurant dans beaucoup de manuels d’instructions de l’époque n’ayant pas leur place dans notre revue préférée dont la qualité graphique est reconnue par tous.
Comme précisé dans tous ces visuels, leur élaboration est le fruit d’un véritable travail d’équipe commençant par la recherche et le choix de la documentation puis par la conception graphique, partie la plus importante, compte tenu des impératifs de mise en page que cela peut poser (et il y en a) et enfin par la réalisation des personnages et du matériel par les talentueux André Jouineau et Laurent Lecocq.
En priorité, il est bien entendu indispensable de vérifier la concordance absolue entre ces visuels et les tableaux qu’ils représentent. S’agissant des sections de mitrailleuses, il fallait aussi choisir un des moments de la manœuvre : colonne de route, déchargement du matériel, marche vers la position de tir, position d’abri, en action de tir, etc. Il nous a semblé intéressant de retenir la situation après le déchargement, notamment avec les caisses de munitions et les caisses d’accessoires portées par le personnel avec une exception notable cependant, la mitrailleuse étant montrée de profil et sur son affût de façon à ce que le modèle en service dans chacune des années considérées apparaisse nettement, ce qui n’aurait pas été possible avec la pièce répartie en trois chargements (mitrailleuse, affût et support pivotant) sur les épaules des personnels vus de face.
Il nous a également paru nécessaire d’assurer une présentation uniforme de ces organigrammes tout au long de la période concernée de façon à permettre aux lecteurs intéressés de procéder aux comparaisons entre les périodes étudiées et de suivre ainsi plus facilement l’évolution dans l’organisation des unités.
Pour assurer cette unité de présentation, l’informatique m’a fourni un outil bien connu, le copié-collé. Mais comme dans la langue d’Ésope, cet outil de facilitation est à la fois merveilleux mais également très dangereux car il peut générer beaucoup d’erreurs et cela s’est confirmé dans GBM 122. Bien entendu, le copié-collé à partir du visuel de 1916 avait été mis à jour conformément à l’organisation de 1917 qu’il s’agisse du personnel ou du matériel y compris même pour la modification intervenue en décembre 1917 avec la suppression du cheval du sous-officier de liaison. Mais n’étant pas un véritable spécialiste en armement, j’avoue que je ne m’étais pas posé de question quant au modèle d’affût représenté et que donc pour moi, le support pivotant présent dans tous les modèles d’affût, était toujours, après le déchargement, porté par l’aide-chargeur muni également d’une seule caisse de munitions comme dans les unités dotées de l’affût 1907 C ou 1915 omnibus, ces deux affûts pouvant être utilisés avec la Hotchkiss sous réserve cependant de recevoir une chappe intermédiaire assurant la liaison entre l’arme et l’affût (Règlement sur les sections de mitrailleuses d’infanterie dotées de mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914 du 15 novembre 1916, Tome II Matériel 1916, p.41).
Mais la Hotchkiss étant représentée sur son affût réglementaire à cette date, c’est-à-dire du modèle 1916 intégrant le support pivotant, la situation était tout autre, l’aide-chargeur, recevant dès lors 2 caisses de munitions ce qui est confirmé par plusieurs manuels d’instruction de l’époque dont l’incontournable ABC du mitrailleur du Capitaine Robert, édition de 1917 dans lequel, page 56, un renvoi (1) précise qu’« avec le matériel Hotchkiss, le support-pivotant restant fixé au trépied, l’aide-chargeur reçoit ses 2 caisses de munitions à la position de déchargement ».
Il en sera d’ailleurs de même dans l’Instruction provisoire du 1er octobre 1920 sur les unités de mitrailleuses d’infanterie qui rappelle également, page 58, que lorsque l’affût 1915 omnibus est utilisé, l’aide-chargeur ne reçoit qu’une caisse de munitions puisqu’il transporte alors le support pivotant.
En conclusion, Éric a tout à fait raison quant à la présentation de l’organigramme dans GBM 122, où les légendes pour l’aide-chargeur auraient du préciser dans les rubriques 2° et 3° pièces : « le caporal et l’aide-chargeur portent deux caisses à munitions », la mention « porte le support » étant par contre supprimée dans la rubrique 1° pièce.
Par contre pour GBM 117, je ne suis pas tout à fait d’accord car ainsi que je l’ai rappelé plus avant, notre visuel se situe juste après le déchargement et que donc, avec un affût 1907 C comme indiqué par Éric, l’aide-chargeur prend et transporte le support pivotant et une caisse de munitions. Et ce n’est qu’en deuxième position d’abri, qu’il reçoit une deuxième caisse des mains du pourvoyeur.
Bien cordialement, Jean Claude
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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Lun 16 Oct 2017 - 23:51

Bonjour Jean Claude, Bonjour à tous, 

            Merci de votre réponse, j'avais en effet noté que les visuels de la section de mitrailleuses se situent au déchargement. Concernant la représentation dans GBM 117, je me suis mal expliqué. En effet, l'année étant 1916 vous introduisez la mitrailleuse Mle 1914 mais elle est représentée sur un affût Mle 1916, de fait comme vous l'avez expliqué cet affût intègre le support pivotant.

            Si l'on considère l'Aide-chargeur en charge du support pivotant, il aurait fallu représenter la Mitrailleuse Mle 1914 sur un affût Mle 1907 C ou affût Mle 1915 type Omnibus, comme je l'ai représentée dans le document ci-joint où je me suis prêté à un petit montage.
De fait, vous mettez alors l'accent sur un accessoire bien spécifique et méconnu, il s'agit de la chape intermédiaire. Il permet d'assujettir la mitrailleuse Mle 1914 aux mécanismes de  pointage et de direction sur un affût conçu initialement pour la mitrailleuse Mle 1907. Plutôt que de longues explications et descriptions de ce petit accessoire, dont il était préconisé de le braser sur le crochet de la vis de pointage pour éviter sa perte, vous trouverez ci-dessous sa représentation.

Bien cordialement

Eric  

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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 17 Oct 2017 - 0:24

Bonsoir,
Voici en image les deux modèles de bande en toile pour St Etienne 1907 T évoqué par éric un peu plus haut
300 coups pour les deux modèles mais chacune avec une caisse différente selon l'époque

Cdt
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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 17 Oct 2017 - 0:35

Bonjour Professeur, Bonjour à tous ,


Merci pour cette belle contribution rarement documentée tant les pièces sont rares. Je note une variante intéressante pour la forme de la languette d’introduction en cuir (à comparer avec celle présentée en caissette).
Un détail , pour ceux que le sujet intéresse, le surfilage de fil noir apparaissant sur les bandes souples indique le coté d'introduction des cartouches lors du garnissage de la bande.

Bien cordialement

Eric
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 17 Oct 2017 - 0:50

Voici la chape intermédiaire brasée sur la vis de montage de l'affût omnibus pour pouvoir recevoir la mitrailleuse hotchkiss Mle 14

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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 17 Oct 2017 - 0:57

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Eric Klamerek
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    Mar 17 Oct 2017 - 10:00

Bonjour professeur,  bonjour à tous,

 Cette fameuse chape intermédiaire en situation pérenne, il n'y a pas plus explicite pour la compréhension !!!!

 Que dire de plus ? ......merci pour cette superbe présentation ...

 Bien cordialement

 Eric
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MessageSujet: Re: GBM 122 - 1917 - Le bataillon et le régiment d'infanterie    

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