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 GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse

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SiVielSto
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MessageSujet: GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse   Mar 11 Juil 2017 - 16:36

Je suppose que le texte se fonde sur le livre de l'auteur sur le même sujet.
Je mes suis déjà exprimé sur le sujet (2 postes) dans le fil sur l'Affaire Corap (http://atf40.forumculture.net/t890p25-l-affaire-corap?highlight=corap)

Je relève dans l'article du N°121 de GBM quelques erreurs ou imprécisions :
- au 10 mai, il est mentionné que la IXe Armée n'a aucune connaissance de la manœuvre belge dans les Ardennes. Cette affirmation est fausse pour le commandement de cette armée. Un document du 2e Bureau de la IXe Armée daté du 28 mars 40 décrit la manœuvre belge attendue. Même s'il n'est pas textuellement écrit que les Chasseurs Ardennais et les unités de Cavalerie belge dans les Ardennes vont se retirer sans combattre, l'appréciation ne laisse aucunde doute quant à la courte résistance des Belges et leur retraite si les destructions fonctionnent.
-12 mai, l'auteur mentionne que ce sont les soldats du bataillons moto de Rommel (7.Panzer-Division) qui trouve la faille à l'écluse de Houx et franchissent en 1er la Meuse. C'est faux, il s'agit du  Aufklärung- Abteilung 8 de la 5.Panzer-Division sous les ordres du Colonel Werner. Ce détachement d'avant-garde avait été placé sous les ordres de Rommel pour l'abordage et le franchissement de la Meuse.
- au 14 mai, l'aille droite du 2e CA est déjà fortement secouée et en partie percée dans le secteur du 129e RI. Certes pas encore de percée comme au 11e CA mais la situation y est déjà grave.
-L'échec du ravitaillement de la 1re DCR à son arrivée à Flavion dans la nuit du 14 au 15 n'est pas dû à ma connaissance (et je me fonde sur les écrits de R. CHARLIER et J-R. GORCE) à une erreur du 11e CA mais bien à la désorganisation du mouvement de la 1re DCR mal conduite par le tandem Bruneau-Sandrier.
-Enfin la contre-attaque des 1re DCR et 4eDINA n'échoue pas uniquement à cause du général Martin qui se serait replié sans ordres, n'aurait pas monté l'attaque ou n'aurait pas prévu le ravitaillement... cette réaction offensive vient trop tard par rapport à la capacité restante de la IXe Armée à commander et à déplacer ses réserves. C'est bien Corap qui ordonne un repli vers la position frontière dans la nuit du 14 au 15 mai sans en avertir Bruneau qui poursuit son pénible cheminement vers Flavion...

Bref Corap a été énergique, s'est beaucoup fâché, n'a parfois pas compris la situation réelle de ses subordonnés (quelques témoignages accablants existent), a beaucoup circulé sans avoir de liaison avec son état-major et ses corps d'armée mais a-t-il pris tant de bonnes décisions au final... Il n'aurait pas pu empêcher la catastrophe avec ses seuls moyens mais il pouvait mieux faire.
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MessageSujet: Re: GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse   Mer 12 Juil 2017 - 22:45

SiVielSto a écrit:
Je suppose que le texte se fonde sur le livre de l'auteur sur le même sujet.
Je mes suis déjà exprimé sur le sujet (2 postes) dans le fil sur l'Affaire Corap (http://atf40.forumculture.net/t890p25-l-affaire-corap?highlight=corap)

Je relève dans l'article du N°121 de GBM quelques erreurs ou imprécisions :

-L'échec du ravitaillement de la 1re DCR à son arrivée à Flavion dans la nuit du 14 au 15 n'est pas dû à ma connaissance (et je me fonde sur les écrits de R. CHARLIER et J-R. GORCE) à une erreur du 11e CA mais bien à la désorganisation du mouvement de la 1re DCR mal conduite par le tandem Bruneau-Sandrier.

Bonsoir,

voici ce que nous dit le commandant Wauquier dans une étude de 1953 sur les forces cuirassées dans la bataille :

 A vrai dire, ce ne sont pas les contre-attaques elles-mêmes qu'il faudra analyser, mais surtout la phase préliminaire de la mise à pied d'oeuvre des grandes unités cuirassés. Elle comprenait une série de mesures à charge des grandes unités utilisatrices des D.C.R. (armées et Corps d'Armée) dont le but était essentiellement de permettre l'engagement au complet de ces divisions (notion de puissance) et avec succès (notion de secret et surprise).
 Le mise en place devait être réalisée dans une zone boisée - ou à défaut assez étendue - de préférence de nuit, à une distance du front variant de 25 à 50 km (en gros une étape de déplacement). Le mouvement des unités cuirassés devait être facilité au maximum par la reconnaissance préalable de deux itinéraires au moins, praticables aux chars lourds et déjà désignés dans l'ordre d'alerte. Au gain de temps réalisé devait aussi s'ajouter le bénéfice de la préparation de l'engagement : étude du terrain à parcourir au cours de l'opération envisagée, des condition de l'appui et de la protection pour l'artillerie.
 la rapidité de mise en place ne devait pas s'effectuer au détriment de la sûreté de mouvement qui était prévue : sous forme d'une couverture aérienne organisée par le commandant de l'Armée, d'un front préexistant ou d'un système de protection terrestre à base de cavalerie, par l'attribution à la D.C.R. d'unité de renforcement jouant le rôle d'avant-gardes, le tout, sans préjudice des mesures de sécurité prises par la grande unité cuirassée.
 Ajoutons, bien que la notion n'en figure pas dans la "Notice provisoire du 28 juin 1938", que le ravitaillement en carburant des D.C.R. incombait à l'armée qui les utilisait.

L'emploi des 1re et 2e D.C.R. par la 1re Armée, en cours d'installation sur la Dyle et la position de Gembloux, nécessitait le déplacement de ces unités , à l'instruction près de Châlons, jusque dans la région de Charleroi. Une étude des modalités du mouvement par les 3e et 4e Bureaux du G.Q.G. avait fait rejeter la solution d'un déplacement global par route des D.C.R. parce que c'eût été une marche coûteuse pour les blindés et que les chars auraient souffert terriblement avant d'arriver à pied d'oeuvre pour les opérations. C'est pourquoi le type d'enlèvement mixte - engins chenillés par voie ferré et engins sur roues par route - avait été adopté.

Encore que le Général Bruneau estimât cette méthode épouvantable parce qu'elle dissociait l'unité et ne répondait plus au conditions d'une guerre où l'aviation et les forces cuirassées jouaient un rôle, elle permit, en dépit de quelques bombardements, le regroupement de la 1re Division dans la matinée du 14 mai dans la zone de la 1re Armée. La mise en place fut facilitée par une heureuse initiative du commandement poussant les chars par voie ferrée jusqu'à Charleroi et une décision du général commandant la 1re D.C.R. doublant les étapes des éléments routiers et les déplaçant de jour.

Il importe d'exposer les données réglementaires sur la mise en place de la D.C.R. pour la contre-attaque. Deux cas sont prévus :

 - 1° La contre-attaque d'ensemble d'un ennemi préalablement arrêté, au moins momentanément, menée par des grandesunités cuirassées, en liaison avec des grandes unités normales et ayant pour objectif la reprise du terrain perdu;

 - 2° Le coup d'arrêt donné par des forces mécaniques (grandes unités cuirassées agissant seules ou en liaison avec les  D.L.M.) sur un ennemi que l'on n'a pas réussi à arrêter en vue de jeter la confusion dans son dispositif.

 La contre attaque prévue, sur la position de Gembloux, par la 1re D.C.R. s'apparente au coup d'arrêt. Toutes les chances de succès sont à priori du côté français puisque l'opération doit se dérouler en terrain connu (reconnaissance faites par les exécutants) et que la direction d'action a été préalablement choisie en oblique par rapport à la direction générale de progression de l'ennemi. La D.C.R. rassemblée assez loin de l'ennemi , éclairée par l'aviation et des éléments de sûreté, couverte sur ses flancs, peut par une attaque soudaine bousculer les éléments rencontrés et pousser à fond jusqu'au compartiment de terrain qu'il importe de reconquérir et qui constitue en principe pour elle un objectif à ne pas dépasser. La doctrine a été appliquée.
 L'opération à mener semblait donc devoir se dérouler dans les meilleures conditions, puisque le Général Bruneau était fixé avec précision sur sa mission par la 1re Armée, qu'il connaissait l'ordre d'urgence de ses interventions, que ses liaisons étaient prises avec les commandants des 4e et 5e C.A., qu'il avait mis au point les appuis d'artillerie escomptés, précisé les itinéraires à libérer et fait effectuer les reconnaissances par ses subordonnés.
 Or, il ne contre-attaquera pas sur Gembloux et tout le bénéfice de son travail préalable sera perdu, car il recevra l'ordre de se mettre à la disposition de la 9e Armée, et d'intervenir vers Dinant, au profit du 11e C.A. Il s'agit alors pour la 1re D.C.R. de franchir la Sambre et de gagner une base de départ. Les reconnaissances des passages sur la rivière ne sont pas faites, la base de départ inconnue au reçu de l'ordre. Le général fait exécuter, par ses éléments du train, la reconnaissance des ponts, mais il ne lui appartient pas de faire libérer les itinéraires qu'emprunteront ses troupes : il n'en a pas les moyens.Aussi, circulant sur des routes encombrées par la population belge en exode, attendant des ordres précis sur leur destination, les éléments de la 1re D.C.R., échelonnées et mis en route à partir de 13h30 n'arriveront vers Florennes qu'entre 20h et le mati du 15 mai. et prendront un dispositif défensif face à l'est.
 Ayant reçu l'ordre de contre-attaquer au soir du 14, mais dans l'impossibilité de le faire, car il faut ravitailler en essence
(rappel : le ravitaillement est à la charge de l'Armée), le Général Bruneau compte exécuter l'opération au matin du 15. Il semble que rien ne soit perdu, car la nuit est calme et la division a récupéré sa puissance. Elle n'est toutefois ni éclairée, ni couverte, et alors qu'elle prépare à livrer dés le jour un combat que les renseignements sur l'ennemi révèlent imminent, un nouvel ordre du 11e C.A. lui prescrit un nouveau déplacement pour la région de Daussois (20km au sud de Flavion).
 L'opération comporte un déplacement à travers les avant-gardes des 5e et 7e Panzer ou un long détour par l'ouest - de toute manière, elle suppose un nouveau délai de mise en place qui risque de rendre inopérante, parce que tardive l'intervention de la 1re D.C.R. Le Général Bruneau ne peu qu'envoyer son artillerie au 11e C.A.et trois heures après la 1re D.C.R. subit l'attaque des chars allemands et sera décimée sur place.

Il est donc difficile d'incriminer le Général Bruneau dans cette désorganisation du mouvement de sa Division. Il a toujours essayé d'appliquer la Notice de 1938 dans ses actions.

Cordialement
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SiVielSto
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MessageSujet: Re: GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse   Jeu 13 Juil 2017 - 9:57

D'accord avec l'argumentation du Cdt Wauquier en matière de conditions d'engagement et d'utilisation d'une DCR. Je tiens à souligner qu'ici encore, l'engagement des DCR est toujours vu dans l'optique d'une action derrière/à partir d'un front continu, éventuellement percé en un secteur, mais pas vraiment dans le cadre d'une guerre de mouvement. Cela se retrouve dans toute la doctrine des chars de combat. de Gaulle lui-même a développé cette approche dans son livre "Vers l'armée de métier". Des ordres systématiques, un déploiement très organisé, une attaque organisée et planifiée...
La logistique des armées et ses procédures  sont des sujets peu étudiés en histoire militaire et pourtant cruciaux. J'ai un article d'un ancien GBM sur le ravitaillement en carburant mais il faudrait le retrouver!
L'application de la doctrine à la 1re DCR et à son mouvement vers Flavion n'est cependant pas aussi simple que ce que Wauquier prétend.
Tout le monde s'accorde sur le mauvais déroulement du déplacement de la 1re DCR vers Flavion, même le général Bruneau. Certes les conditions de mise en marche ne lui étaient pas favorables mais plus de clarté dans les ordres et une meilleure coordination avec ses subordonnés AVANT le mouvement auraient certainement amélioré les choses.
Pour le ravitaillement, s'il est clair que la IXe Armée et son 11e CA devaient à terme délivrer du carburant à leur "nouvelle" division, il incombait aux services de la 1re DCR, dans un 1er temps (et ce jusqu'à la fin du mouvement au moins ou plus mais là il faudrait disposer des directives précises en matière de ravitaillement en carburant d'une DCR), de faire les "repleins" des chars avant la phase suivante. Ce ne fut pas le cas. La faute aux circonstances, aux cadres de la 1re DCR et au manque de temps pour s'entraîner vraiment mais pas au 11eCA.

Pour la fin de la citation de Wauquier, les dernières recherches sur le sujet donnent une situation beaucoup moins calme et une division bien moins sereine avant le combat : inconnue des forces ennemis, intentions changeantes des échelons supérieurs avec des ordres contradictoires, pas de contacts organisés avec les unités voisines, déplacements terminés très tardivement, personnel fatigué, chars en panne, peu de liaisons entre les éléments de la division (voir l'article sur le 26e BCC dans GBM 121)...
La IXe Armée donne l'ordre de repli vers la position frontière le 15 à 0210 Hr. L'ordre de repli du 11eCA arrive à la 1re DCR vers 5 Hr du matin le 15 mai. Il ne peut être exécuté immédiatement non pas à cause de l'ennemi (dont Bruneau ignore la situation exacte) mais par manque de carburant. Si ce mouvement avait été exécuté, il aurait mis la 1re DCR dans une position catastrophique, en plein mouvement avec son flanc gauche exposé à l'ennemi.
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MessageSujet: Re: GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse   Jeu 13 Juil 2017 - 13:29

SiVielSto a écrit:
Pour le ravitaillement, s'il est clair que la IXe Armée et son 11e CA devaient à terme délivrer du carburant à leur "nouvelle" division, il incombait aux services de la 1re DCR, dans un 1er temps (et ce jusqu'à la fin du mouvement au moins ou plus mais là il faudrait disposer des directives précises en matière de ravitaillement en carburant d'une DCR), de faire les "repleins" des chars avant la phase suivante. Ce ne fut pas le cas. La faute aux circonstances, aux cadres de la 1re DCR et au manque de temps pour s'entraîner vraiment mais pas au 11eCA.

Bonjour,

Les services d'une DCR sont assez limités. Concernant le ravitaillement en carburant, il n'y a pas de service à proprement parler au niveau divisionnaire.

Chaque bataillon lourd dispose théoriquement de 3 camions de 7 500 L, en plus des TRC qui sont censés faire la navette entre les camions et les chars si les camions ne peuvent aller jusqu'aux chars.

Les bataillons légers disposent eux de 3 camions de 2 500 L.

Ces camions doivent également assurer le ravitaillement des échelons sur roues.

Ils sont censés se ravitailler eux-mêmes auprès de l'armée ou du corps d'armée...

Cordialement,

DH
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MessageSujet: Re: GBM 121 : Corap et le désastre de la Meuse   Jeu 13 Juil 2017 - 23:22

Par service de la division, j'englobais tous les moyens, y compris ceux des unités.
Merci de ces précisions chiffrées.
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