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 Historique de la 238e DLI (essai)

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RSCHERER
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MessageSujet: Historique de la 238e DLI (essai)   Sam 23 Avr 2016 - 7:23

Bonjour à tous,

au cours de mes lectures, j'ai accumulé un certain nombre d'informations sur cette division de la dernière heure.
Je me suis permis d'en réaliser une synthèse. Bien sûr, tout ajout, correction, modification sont les bienvenus pour améliorer la connaissance sur cette unité.

En voici la première partie.

Bonne lecture.

Formation de la 238° DLI : du 1 au 6 juin
 
La 238° DLI est créée le 1° juin 1940. Sa composition est la suivante :
 
Commandant : général de brigade Debeney. Il commandera la 238° DLI à partir du 1° juin 1940.

Chef d'Etat Major : chef de bataillon Caullet.

25° RI (formation, type nord-est): commandé par le lieutenant colonel Chevalier de Lauzières. Le 25° RI est formé le 1° juin à partir du GUI 18 (21° bataillons des 14°, 18° et 57° RI). Il possède 3 bataillons et une 14° CDAC (compagnie divisionnaire antichars).

144° RI (formation) : commandé par le lieutenant-colonel Courtois. Formé le 25 mai 1940 à partir du GUI 17 (21° bataillons de la 2° DBCA, des 141° RIA et 3° RIA).  Ces bataillons d’instructions sont mis sur pied par le CMI 151 de Marseille. Etant constitué de troupes à recrutement alpin, il a droit au titre de régiment alpin. Le 21/3° RIA est mis sur pied à Hyères le 11 octobre 1939, le 21/141° RIA est mis sur pied au camp de Carpiagne le 16 octobre 1940 et le 21/2° Demi-brigade de Chasseurs Alpins est mis sur pied à Antibes et à Grasse à la mobilisation.

Dépôt infanterie 211 de Coulommiers : au 11 juin, un bataillon de marche de ce dépôt est affecté à la 238° DLI.
 
324° RAD : commandé par le lieutenant-colonel Payen. Il est de type tracté avec des canons de 75 mm. Il est mis sur pied le 25 mai avec deux groupes par le CMA 40/302. Un groupe est issu du 301° RA et l’autre du 314° RA.

667° batterie antichars : devient 10° BDAC du 324° RA le 4 juin 1940.

Cavalerie : pas d’unité en propre. Néanmoins, après la destruction du 13° GRCA (17° corps d’armée) suite aux combats de Condé sur Aisne, il est formé un escadron de marche aux ordres du Capitaine Heriard (commandant de l’EHR) qui, dans son action retardatrice, a soutenu la 238° DLI et la 4° DLM.

Compagnie de Sapeurs Mineurs 238/1.

Compagnie mixte de Transmissions 238/84.

Compagnie automobile du Train 488/14.

Intendance : Groupe d’Exploitation Divisionnaire 238/5.

Groupe de Santé Divisionnaire 238.

Prévôté divisionnaire issue de l’ex 55° DI.
 
La 238° DLI est mise sur pied du 1° au 6 juin 1940 dans la région d’Arc en Barrois (Haute-Marne). Elle sera mise à la disposition du 17° corps d’armée (6° armée) à partir du 8 juin 1940.
Les Divisions Légères d’Infanterie sont des unités créées à partir de la fin mai. Une douzaine ont été mises sur pied. Les 32° DLI, 43° DLI, 53° DLI et 1° DLINA (Division Légère d’Infanterie Nord Africaine) sont reconstituées à partir des unités d’origine à l’issue de la première phase de la bataille de France. Les autres, les 235° à 241° DLI ainsi que les 17° et 59° DLI sont des nouvelles unités constituées généralement à partir des bataillons d’instructions et des restes des régiments précédemment détruits sur la Meuse ou dans le nord.
Par rapport aux grandes unités « classiques », ces divisions ne comportent que deux régiments d’infanterie au lieu de trois et un seul régiment d’artillerie, léger (canons de 75), au lieu de deux. Cette organisation explique le terme de « légère ». Il faut noter que le temps consacré à leur formation est très bref, à peine une dizaine de jour.

Note concernant la 667° BDAC

La 667° BAC (Batterie Anti-char) est une unité motorisée de réserve générale, non endivisionnée à l’origine. Elle est mise sur pied le 25 mai 1940 par le COAA de Vernon, sur la base de quelques éléments de la 654° BAC.
Le 26 mai à 20h00, elle embarque en gare d’Evreux et arrive le 26 à Cherbourg. Le jour suivant, elle embarque sur le navire charbonnier « la Dorine » avec deux autres navires transportant des troupes et une escorte. Ce convoi longe les côtes anglaises en direction de Dunkerque ou de Calais ou l’unité doit tenter de débarquer.
Le 30, « la Dorine » reçoit l’ordre de revenir seule à Cherbourg. La 667° BAC y débarque le 31 vers 18h00 et retourne à Vernon
Le 4 juin 1940, elle devient la 10° BAC du 324° RA (238° DLI) et part de Vernon pour arriver le 6 à Saint Germain les Corbeils. Dans la nuit elle enregistre son premier blessé par bombardement. Le 7, elle reprend la route et se dirige vers Epernay puis Reims ou elle rejoint la 238° DLI.

Le 17° corps d’armée face à l’opération Fall Rot

Le 5 juin, l'offensive reprend alors vers le sud avec une supériorité numérique désormais écrasante. Le général Weygand, nommé commandant en chef des armées françaises en cours de bataille, a constitué une ligne de défense sur la Somme, le canal Crozat, l'Ailette et l'Aisne dite Ligne Weygand ou position Somme-Aisne. L'attaque allemande est déclenchée tout d'abord (5 juin) sur la Somme et l’Ailette, puis (9 juin) sur l’Aisne. Malgré une résistance héroïque des unités françaises deux jours durant, le 7 juin, le front français est percé sur la Somme, le 10 juin sur l'Aisne.
Le 17° corps d’armée, dépendant de la 6° armée, déploie les 7° et 28° DI en première ligne. La 8° DI est en réserve à l’arrière. Il est soutenu par les 17° et 36° BCC (bataillons de chars de combats). A sa gauche se trouve le 24° corps d’armée (7° armée) et à sa droite est installé le 7° corps d’armée (6° armée). La 6° armée possède la 27° DI en réserve. Elle est protégée par le GC III/2 armé de H 75-A.
A droite de la Heeresgruppe B, le long de l'Oise et du canal de l'Ailette qui la relie à l'Aisne, sont déployés trois corps d'armée relevant de deux armées différentes : la 6.Armee du Général Walter von Reichenau et à sa droite la 9.Armee du Général Adolf Strauss.
Le 17° corps d’armée sera principalement engagé par la 9° armée allemande et en particulier par le XVIII.AK (25. ID, 81.ID et 290.ID) du général Ritter von Speck.
Pour la 6° armée allemande, le XLIV AK (6° armée) avec en particulier la 1.Gebirgs-Div. sera aussi engagé face à la 7° DI.

5 et 6 juin : la résistance française


L'attaque allemande (opération Fall Rot) débute le 5 juin 1940, à 5h00, par un violent bombardement, aussi bien terrestre qu'aérien. Entre 5h20 et 5h30, les troupes d'assaut s'élancent sur le canal.
Puis les troupes allemandes des V AK et XLIV AK (6° armée du général von Reichenau) et XVIII AK et XLII AK (9° armée du général Strauß) du Heeresgruppe B (général von Bock), se lancent à l'assaut des positions françaises établies derrière le canal de l’Aisne et de l’Ailette.
La 28° DI fait face aux unités du XVIII.AK, la 25.ID du Generalleutnant Clössner et la 290.ID du Generalleutnant Dennerlein. La 81.ID du Generalleutnant Von Löper est maintenue en réserve. Pour la 6° armée allemande, la 1.Gebirgs-Div. opère devant la 7° DI.
Les assaillants parviennent à franchir le canal en plusieurs points au prix de lourdes pertes puis à contourner les premières lignes de défenses françaises qui résistent, ralentissant considérablement la progression allemande. Les combats sont particulièrement violents au nord dans le secteur de la 87° DIA, à la jonction avec la 23° DI, et au sud dans le secteur de la 28° DI, à la jonction avec la 7° DI.
Devant le front de la 7° DI, la 1.Gebirgs-Div franchit le canal entre Pont-St-Mard et Crécy-au-Mont et s’infiltre profondément vers Crécy-au-Mont, Leuilly-sous-Coucy, Vauxaillon et dans la forêt de Pinon. Montecouvé est atteint vers 17h00. Les troupes françaises contre-attaquent vers Bagneux, Juvigny et Pinon. À droite, devant la 28° DI, il est à noter aussi une importante pénétration de la 25. ID en direction du Fort de la Malmaison et à l'ouest de Braye-en-Laonnois. Néanmoins, les troupes allemandes sont partiellement rejetées par des contre-attaques locales. En fin d'après-midi, la limite est du corps d’armée est modifiée sur la ligne Braye-en-Laonnois, Pont-Arcy, Paars, en liaison avec la 44° D.I. du 7° corps d’armée.
La 290.ID, s'élançant depuis le bois de Mortier, parvient à franchir le canal à Leuilly et à Pinon et à s'avancer vers le Moulin de Laffaux et le Chemin des Dames. En même temps, la 25.ID s'empare des hauteurs de la Malmaison tenues par le 97° RI (28° DI). Le II./IR 119 pénètre dès 8 h 30 dans le vieux fort installé au sommet.
La 7° DI est contrainte d'engager ses réserves, c'est-à-dire le 40° GRDI sur l'axe Laffaux-Pinon et le III/102° RI sur Juvigny pour endiguer une percée opérée dans les lignes du 93° RI dont le poste de commandement est encerclé.
Une autre contre-attaque, menée dans la nuit par la 1° compagnie de chars R 35 du 17° BCC sur l'axe Chavigny - Bagneux, n'apporte pas de résultats significatifs.
Dans  la  journée,  les bombardements allemands sont nombreux sur Noyon et les environs. Vers  20h00,  l’ennemi  atteint  les  abords  immédiats  de  Sempigny,  du  canal  de  l’Oise  et  de Noyon. La  pression  se  relâche  à  partir  de  21  heures. Au sud de l'Oise, les allemands ayant franchi le canal de l'Ailette à Bichancourt attaquent vers Varesnes et occupent la rive gauche de l'Oise face à Noyon.
Le 6 juin, le 485. IR de la 263. ID franchit l'Oise entre Varesnes et Noyon. A 17h00, une contre-attaque du 25° GRCA et du 52° BMM (Bataillon de Mitrailleurs Motorisée) permet la réoccupation des points de passages. Le poste de commandement de la 23° DI se replie à Beaurains, au nord-ouest de Noyon.
Pour le  17° corps d’armée, les 1. Gebirgs-Div et 25.ID ont réussi à renforcer leurs positions. La 81.ID est introduite entre la 25.ID et la 290.ID. La progression allemande reste difficile mais le XXVIII AK, malgré une forte résistance à Pinon, réussit à s'enfoncer vers Soissons. La 290. ID atteint une ligne Vauxaillon - Vauxrezis – Pommiers.
À la droite de la 28° DI, l’avance allemande atteint Jouy et Soupir. Le 6 au soir, les 7° DI et 28° DI se replient sur ordre au sud de l'Aisne sous la protection du 13° GRCA. La 25. ID arrive devant Missy sur Aisne à l'est de Soissons avant de franchir l'Aisne dans la soirée. Elle parvient à établir, dans la foulée, une tête de pont sur la ligne Ferme du Mont de Soissons-Couvrelles face à la 28° DI.
La 7° DI se replie au sud de l’Aisne en détruisant au passage les ponts entre 2 et 4 heures du matin puis elle se regroupe au sud de Soissons dans la région de Vierzy en arrière la 8° DI qui la remplace en première ligne. La 28° DI se replie derrière l’Aisne et s’installe pendant la nuit entre Missy-sur-Aisne et Pont-Arcy.
 
Devant la menace de l’attaque allemande, la 238° DLI est désignée pour renforcer le front. Ce jour, elle quitte la région d’Arc en Barrois pour renforcer le 17° corps d’armée. Elle rejoint la ville de Jonchery, à côté de Chaumont pour être embarquée par voie ferrée en direction de Reims.

7 juin : repli du 17° corps derrière l’Aisne


Au matin, l'attaque allemande reprend avec le franchissement de l'Aisne à Fontenoy, Pommiers, Missy-sur-Aisne, Presles-et-Boves. A la gauche du front, la 8° DI perd Pommiers au matin mais la progression allemande est contenue. La progression des hommes du XVIII.AK est assez laborieuse même si, au soir, la 290.ID se trouve aux lisières de Soissons et la 81.ID à Vénizel (est de Soissons).
Contre la 28° DI,  l’avance de la 25.ID est importante, Mont-de-Soissons et Couvrelles sont perdus en soirée. La 28° DI est coupée en deux. La 25.ID a en effet réussi à créer une brèche dans le dispositif de la 28° DI qui est pratiquement disloquée et doit être retirée du front pour être réorganisée. La 25.ID se trouve désormais face à la 27° DI entre en ligne entre les 8° et 28° DI. Elle est en cours d'installation entre Missy-au-Bois et Rozières sur Crise au sud de Soissons. Elle a pour mission de contre-attaquer le lendemain en direction du nord-est.
La partie est de la 28° DI établit une nouvelle ligne de défense à Chassemy, la côte 166, Saint-Mard.
Après son transfert ferroviaire, la 238° DLI se regroupe à Ville-Dommange, au sud-ouest de Reims.
 
L’engagement de la 238° DLI

8 juin : repli du 17° corps d’armée sur l’Ourcq


L’attaque allemande reprend et progresse de part et d'autre de Soissons qui est pris par la 290. ID en journée après que le Major Länghauser ait négocié la reddition des éléments épars des 7° et 8° DI qui occupaient la ville.
La contre-attaque de la 27° DI est déclenchée le 8 juin à 5h30. Elle est appuyée par les chars R 35 du 17° BCC. Elle parvient à contenir l'avance allemande non sans de violents combats, notamment à la Ferme du Mont de Soissons. Au cours de la journée, huit pièces de 75 du II/58° RAD (27° DI) et tous les matériels du V/258° RALD (27° DI) sont perdus. En fin de matinée, la contre-attaque est arrêtée et la 27° DI se replie sur ordre vers l'Ourcq.
Ce repli n'est pas exploité immédiatement par les troupes allemandes. Au soir, la 81.ID se trouve près d'Acy après avoir subi des pertes importantes et la 25.ID stationne près de Bois d'Acy. La 290.ID stationne aux abords de Soissons après la prise de la ville et elle ne reprendra sa progression que le 13 juin.
La 8° DI recule et perd  Saconin-et-Breuil en matinée. La 28° DI est durement engagée dans la vallée de la Vesle, à Chassemy et Vailly.
En fin d'après-midi, le 17° corps d’armée ordonne le repli général. La 8° DI rejoint la ligne Laversine, Cutry, Vauxcastille. La 27° DI se replie vers Parcy-et-Tigny, Hartennes-et-Taux, Launoy. La nuit, le mouvement se poursuit sur Villers-Cotterêts pour la 8° DI et l'Ourcq pour la 27° DI.
La 28° DI est coupée en deux.  Une partie de la division se replie sur Brenelle, Augy, Braine, Saint-Mard en arrière des 45° et 44° DI et passe sous les ordres du 7° corps d'armée. L’autre partie de la 28° DI est rattachée à la 27° DI. La 7° DI s’intercale entre les 8° et 27° DI. Elle se replie ensuite en direction de l’Ourcq (Neuilly-Saint-Front) après la destruction du tunnel de Vierzy.
La 238° DLI est désignée pour renforcer le 17° corps d’armée et elle se déplace vers le sud-ouest en direction de Château-Thierry. La 10° BDAC du 324° RA prend position à Le Luxembourg (1° section), Vaux (2° section) et Château Thierry (3° section).

9 juin : montée en ligne de la 238° DLI


Le 17° corps d’armée se rétablit sur la ligne Haramont, Villers-Cotterêts, Oigny-en-Valois pour la 8° DI, sur l'Ourcq de Troësnes à Rozet-Saint-Albin pour la 7° DI et de Rozet-Saint-Albin à Bruyères-sur-Fère pour la 27° DI.
 
Il n’a plus de liaison à droite avec la 45° DI du 7° corps d'armée. En fin de journée les troupes allemandes atteignent l'Ourcq. La 25.ID parvient vers 17h00 à établir ure tête de pont à Villeneuve alors que la 81.ID se trouve à la hauteur d’Oulchy-le-Château, l'IR. 161 franchissant la rivière à Les Crouttes et l'IR. 174, qui a relevé l'IR. 189, à Brény.
 
L’avance allemande oblige la 27° DI, suivie par la 25. ID, à se replier vers la Marne sur la ligne Latilly, Rocourt, Coincy.

Le 17° corps d’armée organise une nouvelle position de défense en arrière avec deux nouvelles unités : la 41° DI derrière le Clignon de l'Ourcq à Bouresches et la 238° DLI de la ligne Bouresches, Château-Thierry, Mont-Saint-Père au nord de la Marne.
Ces deux unités doivent contenir l’avance allemande en attendant la réorganisation du 17° corps derrière la Marne. Une fois ce mouvement réalisé, les 41° et 238° DLI doivent ensuite aussi se replier derrière la Marne.
L’installation de la 238° DLI se réalise sous la protection du 9° GRCA (7° corps d’armée). Il assure une mission de « liaison de sûreté » dans la région comprise entre Fère-en-Tardenois inclus et Mont-Saint-Père exclus pour couvrir le débarquement de la 238° DI dans la région de Château-Thierry.
 
Ce jour, l’aviation allemande bombarde Ville-en-Tardenois  et il est à déplorer des victimes et des destructions. Plusieurs hommes du 25° RI sont tués et blessés.
 

10 juin : engagement de la 238° DLI à Château-Thierry

 
Ce jour marque l’engagement de la division qui est en première ligne.
 
Le 10 juin, le général Von Speck fixe l’objectif suivant à ses unités : « L'objectif du 10 juin est la Marne. Il s'agit de former une tête de pont au sud de la Marne. La 81.ID à droite, la 25.ID à gauche doivent pousser vers le Sud comme hier, avec une tactique de combat identique et atteindre la rive sud de la Marne tenue par l'ennemi ».
 
Ces deux divisions vont se trouver face à la 238° DLI dont c’est le premier engagement. Elle tient un front devant la Marne, de Bouresches à Mont-Saint-Père. Les positions ne sont pas fortes car le secteur n'est occupé que depuis la veille. Le 144° RI est à la gauche de la division, de Bouresches à Château-Thierry, au nord de la Marne. Le 25° RI et à droite, de Château-Thierry à Mont-Saint-Père, derrière la Marne.
 
Le poste de commandement divisionnaire est situé Nesles la Montagne, ainsi que le 324° RAD, au sud de Château-Thierry. Au niveau de Mont Saint Père et de Courboin, la 238° DLI est en contact avec la 20° DI du 7° corps d’armée.
 
En matinée, sous la protection des 41° et 238° DLI, la 8° DI se replie au sud de la Grivette et les 7° DI et 27° DI au sud du Clignon. Ce mouvement se poursuit dans la journée au sud de la Marne. La 8° DI se regroupe dans la région Pierre-Levée, Signy-Signets et la 27° DI dans la région Chessy, Nogentel. La 7° DI est derrière la Marne de Pavant à Acy.
 
Les troupes allemandes atteignent dans l’après-midi le Clignon et la Marne.
 
La 25.ID progresse à l’est de Château-Thierry. Dès 10h30, l'IR. 119 est à Chartèves et l'IR 35 à Jaulgone, à la jonction des 238° DLI et 20° DI. Château-Thierry est bombardé. La 81. ID bouscule les positions du 144° RI et l’avant-garde de la division pénètre dans Château-Thierry où plusieurs milliers de militaires français sont capturés.
 
Le Hauptmann von Petersdorff qui commende le III./IR. 189 (81.ID) décide de franchir la Marne au plus vite. Les groupes d’assaut qui composent l'avant-garde, manquent de peu de s'emparer du pont routier intact.
 
A Château-Thierry, la 238° DLI est renforcée par une compagnie de dix chars d’instruction de l’Ecole de Versailles. Elle est chargée de défendre les positions en rive sud le long de la Marne. Du 25 mai au 9 juin, elle essuie les bombardements de l’aviation ennemie, tout en protégeant le retrait des troupes françaises ainsi que l’exode des civils fuyant les combats.
 
Les aspirants De Rougé, Le Pollès et Grisot reçoivent la mission de défendre les passages de la Marne. Au matin, une colonne motorisée du III./IR. 189 escortée par deux véhicules blindés est en vue sur la rive nord du fleuve. Après avoir arrosé les abords du pont routier et causé certains dégâts aux assaillants, l'aspirant de Rougé descend de son char et tombe mortellement blessé à l’extrémité de la rue Carnot. Le nouveau pont qui enjambe la Marne parte désormais le nom d'Aspirant Rougé. Peu de temps après, le pont est détruit par le génie français pour bloquer l’avance allemande.
 
La 10° BDAC du 324° RA subit des pertes suite à des attaques aériennes et des tirs d’artillerie, avant d’être dépassée par l’avance allemande. Elle retraite difficilement et rejoint les lignes françaises en se déplaçant de nuit. La 2° section ne rejoindra que quelques jours plus tard.

En soirée, le III./IR. 189 essaye vainement de franchir la Marne. Toute la nuit, il doit mener de durs combats de rues et, s'il parvient à s'emparer de la citadelle, il ne peut approcher du fleuve dont les rives sont prises à parti par l'artillerie française.
 
Le général Von Speck va donc fixer comme objectif aux 87.ID et 25.ID. le franchissement de la Marne pour la journée du 11 juin. Sous la pression allemande, le 144° RI se replie au sud de la Marne, talonné par les troupes de la 81.ID. En soirée, la 41° DI abandonne les positions du Clignon et perd de Torcy-en-Valois et Bussiares.
 
Ce jour, il est à noter les pertes suivantes :
Romiguières Roger : 25° RI à Fossoy ;
Azemar Eugène : 144° RIA à Essômes-sur-Marne ;
Cros Célestin : 144° RIA à Château-Thierry ;
Ferrand François : 144° RIA à Chézy-sur-Marne ;
Mainguet Eugène : 324° RAD à Nesles-la-Montagne.

11 juin : repli de la 238° DLI au sud de Château-Thierry

 
Pour la 81.ID, les IR.161 et IR.174 doivent attaquer à 10h45. Dès 9h00, un groupe d’assaut du IR.161 parvient à franchir le fleuve pour aller reconnaître les points de défense adverses et, vers 9h20, il est en mesure de rendre compte qu'il ne reste que deux mitrailleuses entre la voie ferrée et la route. Il faut noter que le front tenu par la 238° DLI est d’environ 12 kilomètres pour seulement 2 régiments ; soit 2 kilomètres par bataillon d’infanterie. De plus, les positions ne sont pas fortement organisées, la division n’étant en ligne que depuis la veille. Le 144° RI est installé de Chézy-sur-Marne à Château-Thierry et le 25° RI de Château-Thierry à Fossoy
 
La 81.ID doit attaquer à 12h30 mais l’ordre est repoussé pour 16h00, un bombardement par stukas étant programmé pour 12h20-12h25. En conséquence, le groupe d’assaut en rive sud de la Marne est contraint de se replier derrière la voie ferrée.

Finalement, à l'heure dite, les troupes d'assaut s'élancent, l'IR.174 à droite et l'IR. 161 à gauche. Elles parviennent sans grandes difficultés sur l'autre rive. A 18h00, le Pi. Bat. 181 entame la construction d'un pont de circonstance.
 
A 10h00, la 25.ID dont l'attaque a été précédée d'un bombardement par Stuka, parvient à franchir la Marne devant Chartèves et l'objectif qui lui était fixé, la Ferme Rocq, est atteint. Une heure plus tard, ses unités de pointe franchissent la voie ferrée et elles se lancent à l'assaut des hauteurs au sud de Fossoy tenues par le 25° RI. Elle attaque à la jonction des 238° DLI et 20° DI.
 
Les unités de la 238° DLI ne peuvent opposer une forte résistance et les troupes allemandes créent une large tête de pont en rive sud de la Marne. La 238° DLI tente de rétablir un front sur la ligne Nogentel, Étampes-sur-Marne, bois de Nesles, ferme Le Bochage.  Le II/2° RI de la 20° DI est rattachée à la 238° DLI à l’occasion. La 10° BDAC du 324° RA est positionné à Nesle la Montagne.
 
Après son repli au sud de la Marne, la 7° DI détache le 40° GRDI à la 238° DLI. Il se positionne à l’est de la division. Le 20° GRDI (27° DI) assure la liaison entre les 20° DI et 238° DLI à Crézancy.
 
Vers 21h30, les lignes avancées allemandes sont à la cote 227 (1 500 mètres au sud de Nesles) et à la ferme Hurtebise (81.ID) et sur la ligne Grèves-Launay-Reuilly (25.ID). La progression allemande continue en direction de Montreuil-aux-Lions et au sud-est de Château-Thierry en direction de Courboin.
 
La 41° DI recule vers la Marne. La 8° DI se regroupe derrière la Marne à l’ouest de la 238° DLI dans la région de Pierre-Levée. La 27° DI est durement accrochée et se replie en direction de Montmirail.
 
Il est à noter le décès de Badalassi Jean du 144° RIA à Chézy-sur-Marne.
Pour renforcer la 238° DLI, un bataillon de marche dépôt d’infanterie 211 lui est affecté. Il est positionné le 11 juin en arrière de la division à Nesles la Montagne.

La seconde partie du récit, du 12 au 25 juin, sera prochainement publiée.

Merci d'avance pour toutes vos remarques.

Cordialement

Rémy SCHERER
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Nicolas T.
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   Sam 23 Avr 2016 - 9:24

Bonjour Rémy,

Dans la composition de la 238e DLI, on trouve la batterie de 25 C.A. 733/409 (formée le 28/05/40, rattachée à la 238e DLI le 01/06/40 et dissoute le 07/08/40).

Cordialement,
Nicolas T
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   Sam 23 Avr 2016 - 10:17

Bonjour Nicolas,

je vous remercie de votre contribution qui ne peut qu'améliorer ce modeste essai.

Merci encore, cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   Dim 24 Avr 2016 - 7:03

Bonjour,

voici la suite, et la fin de cet essai.



La retraite vers le sud

12 juin : recul vers Montmirail

 
La progression allemande continue. Sous la protection des 41° DI et 238° DLI, les autres unités du 17° corps d’armée se regroupent au nord de la Seine au sud-est de Provins. Les éléments non combattants de la 8° DI sont vers Coulommiers puis dans la soirée à l’est de Nangis. 
 
La 41° DI se replie derrière la Marne en direction de La Ferté-sous-Jouarre et de Nogent-l'Artaud. A Nogent-l’Artaud, le 144° RI est toujours en position derrière la Marne où il est accroché en attendant la relève par la 41° DI. Dans la journée, sous la pression allemande, la 238° DLI recule en direction de Montmirail par la route nationale 33. Des élements de la 27° DI sont sur la droite de la 238° DLI et retraitent aussi vers Montmirail. La 27° DI recule sous la protection du 20° GRDI qui bloque momentanément les troupes allemandes à Crézancy avant son décrochage.
 
Le repli de la 238° DLI est réalisé sous la protection du 40° GRDI. A cette occasion, il reprend les hameaux de Montbazin (Courboin), Montharmeaux (Montlevon), le bois des Corbeaux sur la droite de la division
 
La 10° BDAC du 324° RA est affectée à la défense du quartier général de la 238° DLI.
 
Pour freiner l’avance allemande, la 41° DI et les élements combattants de la 238° DLI  et de la 7° DI organisent des points d’appui. La 238° DLI s’installe défensivement à Viels-Maisons et à l’Epine aux Bois, à quelques kilomètres à l’ouest de Montmirail. Les points d’appui de la 7° DI sont à Artonges et Corrobert.
 
Les élements non combattants de la 238° DLI et de la 7° DI se regroupent en soirée dans la forêt de Traconne.
 
Les pertes suivantes sont à noter :
 
Sergent Bonneau Jean-Marie : 25° RI à Viels-Maisons ;
Fonteneau Ernest : 25° RI ;
Michaud Eugène : 25° RI ;
Senzier Ferdinand : 25° RI ;
Ravier Albert : 324° RAD ;
Sergent Canale Pierre : 144° RIA (5° compagnie) à Nogent-l'Artaud ;
Doche Paul : 144° RIA à Pavant ;
Sous-lieutenant Lehoucq Emile : 144° RIA  à Chézy-sur-Marne ;
Pavin Antoine : 144° RIA.
 
A Briare, la réunion du Conseil suprême interallié, entamée la veille entre Paul Reynaud, le président du Conseil français, le maréchal Pétain, le général Weygand, Winston Churchill et sir Anthony Eden, se poursuit. Le général Weygand estime, en qualité de commandant en chef de l'armée française, qu'il est nécessaire de demander un armistice. Le maréchal Pétain est du même avis, mais Reynaud repousse énergiquement cette proposition.
 
Le général Weygand signe alors l'ordre de retraite générale sur la Loire, dernier espoir de rétablissement. Les restes de l’armée française vont tenter de rejoindre la Loire malgré une forte pression des troupes allemandes.

13 juin : action retardatrice à Viels-Maisons

 
Les 41° DI et 238° DLI sont toujours en première ligne pour protéger le repli du 17° corps. Dans la matinée, menacée sur son flanc est, la 41° DI se replie par la route nationale 33 de La Ferte-sous-Jouarre à la côte 205, à 2 km au nord de Hondivilliers. Les points d’appui de la 238° DLI sont accrochés au niveau de Viels-Maisons. Le bataillon de marche du 211° Dépôt d’Infanterie est engagé. Les troupes allemandes sont celles du XVIII.AK (25. ID, 81.ID et 290.ID) commandé par le général Ritter von Speck.
 
Le poste de commandement de la division est à Beton-Bazoches.
 
Le capitaine Saint Loubert Bie, chef du 4° bureau de l’état-major divisionnaire, se distingue lors du combat de Viels-Maisons. Avec ses camions, il se porte en première ligne pour ravitailler en munitions les élements avancés. Cette action lui vaudra une citation à l’ordre de la division.
 
Les combats sont vifs et la division subit de nombreuses pertes. La 238° DLI est soutenue par le 40° GRDI (7° DI), toujours positionné à la droite de la division. Il se distingue à l’Epine aux Bois.
 
La Luftwaffe est particulièrement active mais le GC III/2 revendique 9 victoires dans la région de Montmirail, soulageant au maximum les troupes.
 
Une partie de la 238° DLI se regroupe en arrière dans la forêt de Traconne (au sud d’Esternay et à une quinzaine de kilomètres au nord de la Seine) avec des élements de la 7° DI.
 
Dans l'après-midi, le 17° corps d’armée ordonne un repli général : la 41° DI vers le Grand Morin, la 238° DLI sur Provins, la 8° DI au nord-est de Nangis et la 7° DI au sud de la Seine puis vers l'Yonne. La 238° DLI n’a plus de contact sur la droite, le 7° corps étant déjà au niveau de la Seine.
 
Il faut noter que la 27° DI se replie sur la Seine mais dorénavant elle passe sous la responsabilité du 7° corps après la perte de contact avec le 17° corps d’armée. Elle tient dans l'après-midi un front entre Nogent-sur-Seine et Romilly-sur-Seine. Dans la nuit, elle reprend son mouvement vers l’Yonne.
 
Il est à déplorer les pertes suivantes pour la division :
Lamoulie Edouard : 25° RI à Viels-Maisons ;
Queheille Pierre : 25° RI ;
Bardagué Philippe : 144° RIA à Viels-Maisons ;
Calmettes Joseph : 144° RIA (5° compagnie) à Nogent-l'Artaud ;
Déon Rosane : 144° RIA ;
Adjudant Nocella Antonin : 144° RIA  à Viels-Maisons ;
Pourcelot Louis : 144° RIA  à Verdelot ;
Lieutenant Abbé Joseph Mengelatte à Viels-Maisons ;
Faes Léon : bataillon de marche du 211° Dépôt d’Infanterie à Verdelot.

14 juin : traversée de la Seine et de l’Yonne

 
Les premières troupes allemandes, venant de Troyes et de Romilly-sur-Seine, cherchent à franchir l’Yonne et la Vanne, dont les points de passage sont défendus par quelques unités françaises. Celles-ci ont reçu l’ordre de retarder au maximum l’avance ennemie, pour donner le temps aux troupes qui refluent en désordre de se regrouper derrière la Loire.
 
Dans ce cadre, le 17° corps est toujours protégé par les élements combattants de la 41° DI et de la 238° DLI. A leur gauche, la 4° DLM monte en ligne pour les renforcer. Après 4 jours d’engagement, la 238° DLI est déjà bien amoindrie. A l’arrière, les élements non combattants reste de la 238° se regroupent pour être envoyés vers la Loire avec ceux de la 7° DI.
 
La 238° DLI retraite vers la Seine, toujours sous la protection du 40° GRDI. Il intervient en particulier à  Montolivet, à Meilleray et à Provins. La 238° DLI traverse la Seine au niveau de Bray-sur-Seine puis atteint Pont sur Yonne.
La 4° DLM effectue sa mission de couverture de Maison Rouge, Donnemarie en Montois à Marolles sur Seine. Dans la soirée, face à la pression allemande, elle se replie sur ordre vers la Seine puis vers l'Yonne qu’elle traverse à Pont sur Yonne pour rejoindre Sens.
Les vallées de l’Yonne et de la Vanne sont choisies comme ligne de résistance par le 17° corps d’armée. Entre la Seine et l’Yonne, des postes avancés sont constitués à Lailly, Thorigny-sur-Oreuse et Saint-Clément avec de l’infanterie et des armes antichars pour ralentir l’avance allemande. La 27° DI se regroupe aussi à Pont-sur-Yonne.
 
A peine mis en place, ces postes sont attaqués le soir du 14 juin par les avants gardes allemandes et ils sont aisément démantelés. Le détachement Gauthier (élements combattants de la 7° DI) se positionne à Pont-sur-Yonne pour y défendre le pont. Talonnés par les troupes allemandes, la 238° DLI parvient à franchir l’Yonne mais lors de cette journée, l’unité déplore encore de nombreuses pertes.
 
Il est à déplorer les pertes suivantes pour la division :
Bocquier Sylvain : 25° RI à Pont-sur-Yonne ;
Caporal Cazabat Jean : 25° RI à Pont-sur-Yonne ;
Brault Marcel : 324° RAD ;
Duvert Germain : 144° R.I.A. à Pont-sur-Yonne ;
Sereni Antoine : 144° R.I.A. à Pont-sur-Yonne.
A 22h 45, les troupes allemandes du XVIII.AK franchissent l’Yonne à deux kilomètres en amont de la ville.

15 juin : évacuation vers la Loire

 
La rive sud de l'Yonne est occupée du gué de Barbey (en amont de Montereau-Fault-Yonne) à Pont-sur-Yonne par la 41° DI et les éléments combattants de la 238° DLI. A Pont sur Yonne est positionné le groupement Gauthier (restes de la 7° DI). De Pont-sur-Yonne à Sens, le front est tenu par la 4° DLM.
 
Le 40° GRDI n’est plus affecté à la 238° DLI. Il rejoint un groupement de GRDI (55°, 40° et 72° GRDI) commandé par le colonel Danglade.
 
Au matin, les troupes allemandes progressent vers l’Yonne d’est en ouest au sud de Sens. Après la prise de contact, elles attaquent vers midi. Elles prennent de flanc et même à revers les éléments chargés de tenir cette rivière. Dès 5h30, les Stukas bombardent la vallée de l’Yonne. Misy-sur-Yonne, Villeneuve-la-Guyard, Pont-sur-Yonne, Sens et Joigny sont touchés. Un peu plus tard, ce sont Villethierry et Vallery. Le pont de Champigny ayant été prématurément détruit, plusieurs unités d’infanterie ne peuvent franchir l’Yonne et sont capturées.
 
A partir de midi, des combats intenses ont lieu pour la possession des ponts de Sens et d’Etigny, qui vont durer jusqu’au soir, tandis que Pont-sur-Yonne est à nouveau bombardé, mais cette fois par  l’artillerie allemande, dans l’après-midi. Dans la journée, le génie français détruit le pont de Pont sur Yonne. En soirée, l'Yonne est franchie par la Wehrmacht à Sens et Villeneuve sur Yonne par la 9. Panzer Division. La 4° DLM se replie sur ordre pour défendre le Loing.
 
A 13h00, suite à la progression allemande, le groupement Gauthier se replie vers Foucherolles, à la limite des départements de l’Yonne et du Loiret. Mais, talonné par les troupes allemandes, une grande partie du groupement Gauthier est capturé au bois des Haies à 5 km à l'ouest de Savigny-sur-Clairis.
 
La 8° DI se replie vers de Montargis, sur le Loing. Les élements combattants de la 238° DLI parviennent à se replier vers la Loire, en direction de Chatillon-sur-Loire et de Bonny-sur-Loire. La 41° DI se replie vers Gondreville et Préfontaines.
 
Les éléments restants de la 10° BDAC du 324° RA parviennent à traverser Sens en flamme. Ils prennent ensuite la direction de Vierzon. Le 17° corps tente de se rétablir derrière la Loire où il regroupe la 7° DI et la 238° DLI. La 238° DLI est évacuée au sud de la Loire en direction de Dampierre en Crot (Cher).
 
Il faut noter que ce jour, vers 16h00, à Pont-sur-Yonne, voulant suivre les unités du Génie qui doivent franchir l’Yonne, le général Ritter von Speck, commandant le XVIII AK est tué. A ses côtés est blessé le général von Loeper, commandant la 81.ID.

16 juin : installation défensive sur la Loire


La 238° DLI tient une position de Chatillon-sur-Loire à Bonny-sur-Loire pour protéger le repli des unités franchissant la Loire comme la 4° DLM, la 1° DCR et la 2° DLIC.
Les élements non combattants de la 238° DLI sont basés à La Chapelle d’Angillon (Cher).
Le repli du 17° corps est réalisé sous la protection de la 4° DLM qui défend la tête de pont de Montargis face à l'est à Charny, Courtenay, et Domats. Elle recule dans la journée et elle franchit la Loire à Gien et Châtillon sur Loire à partir de 23h00 pour rejoindre la région de Vailly sur Sauldre.
La 41° DI se  regroupe au matin, vers Chéroy et Bazoches-sur-le-Betz. Elle franchit le Loing puis atteint dans la nuit dans la région de Préfontaines. La 8° DI fait mouvement vers Montargis et Gien. Les rescapés du groupement Gauthier atteignent Briare et passent la Loire à Chatillon-sur-Loire.
 
La 10° BDAC du 324° RA atteint la région de Vierzon en journée.

17 juin : repli vers la Creuse

 
La Loire étant tenue par les autres unités du 17° corps d’armée, la 238° DLI fait mouvement sur le Cher.
 
La 8° DI passe la Loire à Gien et s’installe, la nuit, en partie entre Briare et Bonny-sur-Loire. L’autre partie de la 8° DI, 16° demi-brigade de chasseurs et 23° RMVE (régiment de marche des volontaires étrangers) et 42° GRDI est dirigée sur Villegenon en vue de regroupement.
 
Les troupes du 17° corps d’armée poursuivent le mouvement vers la Loire. Au matin, les troupes allemandes capturent la 41° DI à Gondreville (Loiret). Le repli de la 238° DLI, ainsi que du 17° corps d’armée suivra à partir de maintenant une direction sud-ouest.
 

18 juin : repli sur le Cher

 
La 238° DLI occupe les passages du Cher entre Preuilly et Saint-Florent-sur-Cher, au sud de Vierzon. Preuilly a été bombardé le 15 juin 1940, occasionnant la destruction de quelques maisons, dont une partie de l'école privée Notre-Dame, des dommages aux vitraux de l'église-abbatiale, et la mort de deux habitants (les époux Lefort).
 
La 8° DI se replie à son tour vers La Chapelle-d'Angillon et Mehun-sur-Yèvre. La 4° DLM est placée en réserve du 17° corps d'armée vers Foëcy, Preuilly et Lury-sur-Arnon.
 
Le poste de commandement de la 238° DLI est à Charost.

19 juin : occupation défensive du Cher


 Dans la matinée, la 238° DLI est rejointe sur le Cher par les autres unités du 17° corps d’armée.
 
La 8° DI s’installe de Vierzon à Preuilly. La 8° DI et la 238° DLI sont renforcées par la 4° DLM. La 1° DCR abandonne Bourges, déclarée ville ouverte et reporte la défense sur l'Avron de la 3° demi-brigade sous la pression allemande et regroupement partiel à Le Souchet. La ville de Bourges est investie par la 25.ID.
 
A la nuit, sur ordre, toutes les unités dont la 238° DLI se replient vers l'Indre et la Creuse.
 

20 juin : installation défensive à Eguzon

 
La 238° DLI s’installe dans la région d’Eguzon, à la limite des départements de l’Indre et de la Creuse. Le groupement Welvert rejoint la région d'Argenton-sur-Creuse et par une partie de la 8° DI s’installe entre Le Menoux et Cuzion.
 
La couverture de l'installation est assurée par une partie de la 8° DI qui réalise des bouchons sur l'Indre à Étrechet, Clavière et Ardentes et par la 4° D.L.M. à Chasseneuil, Lothiers, Velles et Bouesse.
 
Aucun contact avec les troupes allemandes n’est à signaler.
 

21 juin : repli sur l’Indre

 
Aucun contact n’est réalisé avec les troupes allemandes. La journée est donc mise à profit pour organiser les positions occupées et réorganiser les unités. Dans la journée, la 238° DLI avec les autres unités se replie sur l'Indre, l’avance allemande continuant vers le sud de la France. Dans la nuit, sur ordre, toutes les unités du 17° corps font mouvement vers la Gartempe, un affluent de la Creuse, sous la protection du groupement Welvert.

Du 22 au 25 juin : la 238° DLI sur la Gartempe

 
La 8° DI et la 238° DLI s’installent sur la Gartempe entre Rançon et Saint-Étienne-de-Fursac. Le Groupement Welvert est regroupé sur région d'Arnac-la-Poste, Ruffec, La Souterraine. La 1° DCR se regroupe sur Saint-Agnant, La Souterraine, Saint-Étienne-de-Fursac avec la 4°DLM. La principale activité consiste à la réalisation de bouchons sur les axes routiers.
 
Le 23 juin, aucun contact avec les troupes allemandes n’est signalé. La 238° DLI en profite pour se réorganiser.
 
Le 24 juin, la 238° DLI, comme les autres unités du 17° corps, se préparent pour un mouvement en direction de la Dordogne. Cet ordre est suspendu par ordre, à 23h45.
Le 25 juin, les hostilités cessent à 0h35. La 238° DLI se regroupe.
Epilogue
 
Les jours suivants, la 238° DLI reconstitue ses élements rescapés. Elle est dissoute le 11 juillet. Le 7 août 1940, le 144° RIA est dissous officiellement à Montmorillon (Vienne) le 7 aout 1940. Le 29 août 1940, le matériel du 144° RI est transféré au nouveau Régiment d'Infanterie de la Vienne qui deviendra le 27° régiment d’infanterie de l’armée d’armistice.
 
Lancée dans la bataille sans avoir fini ni même entamé sérieusement sa formation, la 238° DLI n’a pas pu exercer efficacement une action sur le sort de des armées françaises en plein recul. Son cas est malheureusement commun à celui aux autres divisions légères d’infanterie qui ont pesé bien peu dans la campagne de France.
 
Sources principales
 
Pour l’armée française : ATF 40 ;
Pour l’armée allemande : Lexikon der Wehrmacht ;
Blitzkrieg à l’ouest : Jean-Paul Pallud (éditions Heimdal) ;
memorial-genweb.org ;
Pour l’aviation française : http://www.cieldegloire.fr et http://forum.aviation-ancienne.fr;
Pour le 144° RI : amicale du 144° régiment d’infanterie ;
Pour les groupes de reconnaissance : Mémorial des groupes de reconnaissance 1939-1940 (Union nationale de la cavalerie, de l’arme blindée et des chars – 1956) ;
Pour la 238° DLI : Historama hors-série 8 : L’infanterie française des origines à 1945 ;
Pour le 17° corps d’armée : wikipedia (17° corps d’armée) ;
Pour les combats à Château-Thierry : 12 juin 1940, le XVIII. AK passe la Marne à Château-Thierry : Jean-Yves Mary (39-45 Magazine, éditions Heimdal).

Je vous remercie de votre attention et n'hésitez pas à me faire part de toute remarque pour améliorer cet essai sur la 238° DLI, unité méconnue comme la plupart des unités de la dernière heure.

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   Ven 13 Mai 2016 - 6:51

Bonjour,

voici un complément à cet essai.

A l'armistice, la 238° DLI en était réduite à la valeur d'un bataillon d'infanterie, 7 canons de 75 et la valeur d'une demi-compagnie de sapeurs.

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   Sam 25 Nov 2017 - 7:50

Bonjour à tous,

voici un complément concernant la 238° DLI.

Le III/28° RICMS est  rattaché à la division au 19 juin 1940. Le 28° RICMS était initialement destiné à la 9° DIC qui n’a pas été mise sur pied.

Le 19 juin, la 238° DLI s'installait derrière le Cher (Preuilly et Saint-Florent-sur-Cher, au sud de Vierzon). Le III/28° RICMS, rattaché à la division, débarque à Saint Florent sur Cher et il doit tenir 8 kilomètres de front.


Toute information complémentaire sera la bienvenue.

Cordialement

Rémy SCHERER
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MessageSujet: Re: Historique de la 238e DLI (essai)   

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