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 51e Régiment Régional d'Infanterie, 51e RRI

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spillmanner
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MessageSujet: 51e Régiment Régional d'Infanterie, 51e RRI   Lun 21 Mar 2016 - 10:32

Bonjour,

Voilà le peu d'éléments que j'ai réussi à glaner sur ce régiment: mis sur pied dans le Loiret : Orléans, Montargis. Une section de chars.

Avez-vous d'autres éléments?

Bien cordialement,

Éric
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Loïc Lilian
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MessageSujet: Re: 51e Régiment Régional d'Infanterie, 51e RRI   Lun 21 Mar 2016 - 20:27

bonjour

mis sur pied par le CMI 51 d'Orléans et CMG 38 de Montargis 
composition initiale à la Mobilisation selon le Repertoire Kauffer/Lee Sharp Volume III 
2 bataillons (comprenant un total de 9 compagnies d'infanterie et 1 de défense passive, 3 pelotons moto)
4 bataillons de garde d'étrangers (16 "sections")
1 section de chars FT

Colonel Henry de Beaucorps (1873-1961)

JMO du 15 au 24 juin 1940
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65700559/f44.image.r=

il est aussi fait mention du Régiment dans ces pages
pages 137 et suivantes

Salutations
Loïc L.
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RSCHERER
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MessageSujet: Re: 51e Régiment Régional d'Infanterie, 51e RRI   Ven 16 Juin 2017 - 11:29

Bonjour à tous,

lors de lectures concernant Orléans en juin 1940, j'ai découvert le journal de marche du 51° Régiment Régional. J'ai recopié ce document tel quel et du coup j'ai aussi découvert qu'un sujet sur le 51° RR existe sur le forum.

Les références données précédemment par Loïc Lilian sont celles que j'ai trouvé. Je me permets donc de mieux vous faire découvrir cette unité en juin 1940.



51ème Régiment Régional (1)
Journal de Marche du 15 juin 1940 au 24 juin 1940
 
Auteur : colonel Henry de Beaucorps
 
SAMEDI 15 JUIN 1940
 
Orléans est attaqué par de fréquentes patrouilles d'avions allemands. Le régiment reçoit l'ordre de faire replier ses postes de la rive Nord de la Loire (ordre général n° 1 de la Ve Région, du 14 juin).
 
Tous les officiers sont rassemblés avec leur troupe à la caserne Jeanne d'Arc (2), où affluent d'autre part de nombreux isolés, militaires et civils.
 
Dans la nuit du 15 au 16, la caserne est encadrée par de nombreux éclatements de bombes d'avions de gros calibre.
 
DIMANCHE 16 JUIN
 
Au petit jour, le colonel de Beaucorps reçoit de la Subdivision l'ordre n° 1 le désignant pour prendre le commandement de ce qui reste de la "Place d'Orléans" réuni sur la rive gauche de la Loire; il passe le commandement du régiment au commandant Bouron, commandant le 1er bataillon.
 
Celui-ci, d'accord avec le commandant de la Subdivision dont le P.C. est replié sur la caserne Jeanne d'Arc, décide d'évacuer celle-ci et d'aller bivouaquer vers la Guette (3), entre la prise d'eau de Saint-Cyr-en-Val et Olivet. Le mouvement s'exécute à 5h30 (4).
 
Dans la nuit, un tué probable, plusieurs blessés graves et un certain nombre de manquants. L'infirmerie de la caserne Jeanne d'Arc, qui paraît être le seul service médical militaire fonctionnant encore à Orléans, panse de nombreux blessés civils et militaires et, par des moyens de fortune, dirige 25 ou 30 blessés graves tant sur l'hôpital civil d'Orléans que sur les formations sanitaires de Blois.
 
Dans la matinée du 16 juin, des vagues de 10 à 15 avions bombardent de façon incessante Orléans et Olivet.
 
Dans le cours de la journée, arrivent au cantonnement des éléments des postes refoulés, notamment du viaduc de Vierzon, dont le poste a tiré sur des éléments ennemis avant puis après la rupture du viaduc (5).
 
A 15h00, le lieutenant Morel, du D.A.T.5, informe le commandant du régiment que le pont Royal a été détruit au moment où une unité ennemie le franchissait; selon cet officier, les éléments qui avaient franchi la Loire se dirigeaient sur Olivet (6).
 
Le commandant Bouron, sachant que le régiment toujours stationné à la Guette a déjà été dépassé vers le sud par de nombreuses unités d'activé au contact et se sentant menacé par l'ouest, décide de se diriger avec le 1er Bataillon sur la région de Lamotte-Beuvron, où s'est repliée la Subdivision d'Orléans dont le P.C. est au château de Bouchetin, à quelques km au sud-ouest de Lamotte- Beuvron.
 
Le mouvement s'exécute en ordre, mais avec de grandes difficultés en raison de l'embouteillage des routes. Le bataillon, groupé, arrive à l'étape tard dans la soirée.
 
LUNDI 17 JUIN
 
Après avoir passé la nuit dans les bois près de Bouchetin, le bataillon est rejoint par le colonel de Beaucorps qui reprend le commandement du régiment, après la dissolution du commandement de la Place d'Orléans. De Bouchetin, le commandement de la Subdivision s'est transporté à Anjouin (25 km au sud de Romorantin).
 
Le régiment fait mouvement vers Lanthenay, faubourg nord-est de Romorantin. Mouvement effectué sur l'ordre de la Subdivision. Bivouac dans la futaie de l'orphelinat du Glandier, colonie agricole établie à 4 km, au nord-est de Romorantin.
 
MARDI 18 JUIN
 
Dans la matinée, presque tous les hommes laissés en arrière rejoignent le cantonnement du Glandier. Deux camionnettes manquent. Les vivres de réserve s'épuisent et il n'y a pas assez d'essence pour une étape nouvelle. A 9h15, arrivée du lieutenant Martin, avec le poste de Chevaux au complet (2e compagnie) et quelques hommes de la 8e compagnie (Montargis) qu'il a recueillis en cours de route. Le lieutenant d'approvisionnement Souchaud se dépense sans compter et parvient à nous ravitailler en vivres et en essence à Romorantin.
 
De nombreuses et fortes explosions sont entendues au cours de la journée vers Chevaux et vers Salbris.
 
Le colonel reçoit l'ordre n° 14 prescrivant le repli dans la zone Levroux, Buzançais, Chezelles, en plusieurs étapes et à pied. Il décide en conséquence de fixer à la tombée de la nuit le départ qui avait été initialement prévu pour le 19 juin à 4h00 du matin. Départ à 21h00 vers Mennetou-sur-Cher et Saint-Loup.
 
MERCREDI 19 JUIN
 
Le pont de Mennetou étant gardé, prêt à être défendu ou détruit, aucun abri convenable pour la journée du 19 n'ayant été découvert dans les bois de Saint-Loup où le bataillon est parvenu dans la nuit, le colonel décide de poursuivre jusqu'à Anjouin et devance le régiment pour rejoindre dans cette localité la Subdivision: celle-ci n'est plus à Anjouin, ayant déjà fait mouvement vers Tersanne (Nord du Dorat). Le régiment se repose quelques heures, sur les bords de la route entre Saint-Loup et Anjouin.
 
Bien que les homme soient fatigués et non équipés pour marcher, pas plus d'ailleurs qu'ils ne le sont pour camper, l'avis unanime est de poursuivre le mouvement prescrit.
 
Départ: 7 heures, les éléments groupés et échelonnés marchant à l'allure dont ils sont capables, les hommes en partie déchargés de leurs équipements, certains d'entre eux montés sur les voitures.
 
Itinéraire unique: Poulaines, Bouges, Levroux, environ 25 km; durée probable de l'étape pour les éléments les plus lents: 48 heures. Point terminus : Saint-Lactencin.
 
Le régiment ne fait qu'une grand’ halte de quelques heures à Anjouin où il passe et continue sa route. Arrivée des premiers éléments à Saint-Lactencin vers 19h00. Le régiment bivouaque dans les bois bordant le village au nord-est. Dans la soirée, bruits de pourparlers d'armistice (7).
 
JEUDI 20 JUIN
 
Séjour à Saint-Lactencin. Le bataillon se regroupe après la longue et fatigante étape du 19 juin.
 
Préoccupations : notre ravitaillement en essence qui se fait par des moyens de fortune et par petites quantités; notre ravitaillement en vivres : nous achetons du bétail sur pied; notre ravitaillement en pain : nous trouvons de la farine et fabriquons du pain sur place.
 
C'est à Saint-Lactencin que nous rejoint la section de chars du lieutenant Chalot. Il ne lui reste que deux chars de combat sur quatre. Nous sommes obligés de les laisser sur place camouflés dans les bois. Les camions porte- chars manquent d'essence. La pénurie d'essence nous oblige à laisser sur place, dans les mêmes conditions que les chars, des caisses de munitions.
 
C'est aussi à Saint-Lactencin que le commandant Perrault et l'unité de Défense passive du régiment nous rejoignent.
 
VENDREDI 21 JUIN (Saint-Lactencin)
 
Le colonel se rend au Blanc pour s'y renseigner: il apprend que tous les éléments et commandement militaire ont évacué, ainsi que presque tous les civils.
 
Rentré à Saint-Lactencin, le colonel reçoit dans l'après-midi la visite du capitaine Marchal, de l'E.M. de la Subdivision, qui lui remet l'ordre n° 15 du 18 juin prescrivant le regroupement des éléments de la 5e Région à Cahors.
 
Point intermédiaire : Le Blanc.
 
En exécution de cet ordre, la continuation du mouvement de repli est décidée. L'ordre de départ est donné pour 0h00, point de direction le sud de la Creuse. Itinéraire prévu par petites routes.
 
Dans la journée du 21 juin et avant le départ, des avions ennemis nous ont survolés; des explosions ont été entendues, des pointes de reconnaissance ennemies nous ont été signalées sur les grandes voies voisines de Saint- Lactencin et à notre hauteur. Le départ s'effectue à l'heure prévue : minuit.
 
SAMEDI 22 JUIN
 
Dans la nuit, le régiment fait route sur Saint-Gaultier et parvient au petit jour à 6 km environ au sud de la Creuse, sur la route de Saint-Gaultier à Saint- Benoît-du-Sault, au lieudit Chamberland.
 
Après des recherches laborieuses d'un cantonnement, tout le régiment (1er bataillon, peloton moto, chars, E.M.) prend place dans le petit domaine de Chamberland et les deux fermes qui en dépendent : cantonnement resserré, mais d'autant plus à l'abri que le pont de Saint-Gaultier a sauté après notre passage.
 
Dans la journée, nous entendons fusillade et canonnade dans la direction de Saint-Gaultier et d'Argenton-sur-Creuse.
 
DIMANCHE 23 JUIN
 
Départ à midi pour Lussac-les-Eglises.
 
Les voitures hippomobiles et automobiles transportent des hommes et des bagages, des camionnettes font plusieurs voyages pour rechercher les hommes fatigués. Le gros de l'effectif parvient à Lussac avant la nuit, les derniers éléments rejoignent dans la matinée du 24 juin.
 
Les hommes avaient été pourvus de deux jours de vivres. A l'arrivée, le ravitaillement est assuré par voie d'achat et de réquisition.
 
Cantonnement du régiment à la Vozelle, 800 mètres au sud de Lussac et écarts au sud.
 
LUNDI 24 JUIN ET JOURS SUIVANTS
 
Séjour à Lussac.
 
Notons ici que si ce journal est muet sur le 2e bataillon du régiment, c'est parce que celui-ci, depuis son départ de Gien, a toujours réglé ses mouvements sur ceux de la Subdivision qu'il a finalement rejointe.
 
Il est actuellement stationné dans la région de Cahors, où les ordres généraux reçus depuis l'armistice le maintiennent jusqu'à la démobilisation.
 
Notes explicatives ajoutées par l'éditeur
 
(1) Les régiments régionaux étaient constitués, dans chaque région militaire de l'arrière, de "territoriaux" chargés de la défense passive et de la garde des établissements militaires et des voies de communication. La rapidité de la retraite de 1940 les mit brutalement au contact de l'ennemi, avec un armement désuet, insuffisant, voire inexistant.
 
(2) Caserne Jeanne d'Arc ou Saint-Charles, place Saint-Charles (quai des Augustins) installée en 1814 dans l'ancien couvent des Ursulines de Saint- Charles. Ces bâtiments, très délabrés, étaient occupés en temps de paix par le centre de mobilisation n° 5 du Train des équipages. Après la guerre ils ont servi de casernement à la C.R.S.51, avant d'être démolis en 1977 pour faire place à la caisse d'allocations familiales.
 
(3) La Guette, propriété située à 400 m à l'ouest du château de la Source, sur la D 14.
 
(4) Le commandant Tuffrau (commandant du Groupe d’Instruction n°2) apprend le repli du 51e R.R. en allant demander une assistance médicale à la caserne Jeanne d'Arc, le dimanche 16 juin dans la matinée.
 
(5) Information erronée, puisque le pont ferroviaire de Vierzon n'a pas sauté, permettant ainsi le passage des avant-gardes allemandes.
 
(6) Deuxième information erronée induite par la précédente : ce n'est pas l'automitrailleuse, qui a franchi le pont Royal au moment où il sautait, qui fonce vers Olivet, mais les éléments qui ont pu passer sur le pont de Vierzon non détruit.
 
(7) C'est ce soir là qu'on apprend que le gouvernement allemand vient d'accepter de négocier avec les plénipotentiaires que le gouvernement français voudra bien lui indiquer.
 
Nota : l'armistice prend effet le mardi 25 juin à 1h15.
 
Source : Bulletin de la société archéologique et historique de l’orléanais (n°93, juillet 1991)

Cordialement

Rémy SCHERER
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