ATF40 - Armée de Terre Française 1940

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 L'artillerie française en 1940

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Catalina



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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mar 8 Jan 2008 - 20:09

Reste la possibilité d'avoir envisagé l'utilisation de ces matériels contre le Maroc Espagnol en utilisant la ligne Fes-Tanger... mais je n'ai jamais entendu parler de fortifications espagnoles autour de Tanger requérant l'emploi de 240 d'ALVF. Autre utilisation envisageable: un déploiement de ces canons à Tanger, aprés occupation préventive du Maroc espagnol, qui aurait certainement permis de fermer le détroit de Gibraltar... à voir...
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takata
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 0:24

Mais c'est tout vu :

Existant dans les unités et dépôts en Algérie, Maroc, Tunisie à la date du 19 septembre 1940 / munitions au 15 juin 1940 :
- 240 mm -> 0 pièces / munitions -> 0 coups
- 220 C -> 12 pièces / munitions -> 3.350 coups (dont 100% en Tunisie)
- 155 GPF -> 9 pièces / munitions -> 13.400 coups ( dont 100% en Tunisie)

Donc,
a) les multiples inventaires fournis aux commissions d'armistice sont faux et on a réussi à planquer les pièces de 240 mm d'ALVF.
b) les pièces de 240 mm ont été rendues aux marins pour en faire des batteries côtières.
c) il y a une erreur signalant des pièces de 240 mm d'ALVF en AFN dans un document repris par S. Ferrard.

D'après moi :
a) est de loin la plus improbable des hypothèses ;
b) doit pouvoir se vérifier ;
c) n'est pas à écarter.
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Pontus
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 15:39

Bonjour,

Citation:
Takata a écrit :
- 220 C -> 12 pièces / munitions -> 3.350 coups (dont 100% en Tunisie)
- 155 GPF -> 9 pièces / munitions -> 13.400 coups ( dont 100% en Tunisie)


Dans quelles unités étaient réparties ces canons? J'ai un peu de mal à les situer.
Je pense que je ne suis pas à jour, pour les 220 je n'ai que le IV/288eRALD et pour les 155 GPF : une batterie mobile d’artillerie lourde de cote de la marine.

Amicalement Pontus
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 18:27

Pontus a écrit:
Bonjour,

Citation:
Takata a écrit :
- 220 C -> 12 pièces / munitions -> 3.350 coups (dont 100% en Tunisie)
- 155 GPF -> 9 pièces / munitions -> 13.400 coups ( dont 100% en Tunisie)


Dans quelles unités étaient réparties ces canons? J'ai un peu de mal à les situer.
Je pense que je ne suis pas à jour, pour les 220 je n'ai que le IV/288eRALD et pour les 155 GPF : une batterie mobile d’artillerie lourde de cote de la marine.


Le 388e Régiment d'Artillerie de Position dispose entre autres de deux sections de 155, mais pas des GPF: une de 155 L 16 et l'autre avec des L 17.

Le même régiment comportait un groupe de 155 GPF (2 batteries), qui a été groupe autonome de Tunisie avant de faire partie du 288e RAA (III/288e RAA) un peu avant l'armistice, il fait partie du front sud tunisien.

Ledit front sud tunisien dispose également de 155 TTT (1 groupe au 65e RA) et de 155 tractés (380e RA, 180e DI). Un autre groupe à la 83e DI (67e RA). Le 380e RA aussi a un groupe de 155.

Sur les 155 GPF, il y en a 8 en unité (cf. ci-dessus) et 1 en dépôt.
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 18:45

takata a écrit:
Existant dans les unités et dépôts en Algérie, Maroc, Tunisie à la date du 19 septembre 1940 / munitions au 15 juin 1940 :
- 240 mm -> 0 pièces / munitions -> 0 coups
- 220 C -> 12 pièces / munitions -> 3.350 coups (dont 100% en Tunisie)
- 155 GPF -> 9 pièces / munitions -> 13.400 coups ( dont 100% en Tunisie)


Pour les 220C, l'annexe 17 de Truchet les situe "au Parc" en Tunisie, tandis que si tu remontes de deux pages une autre annexe avec un récap' des matériels d'artillerie en AFN les place en Algérie. Perso, les documents d'archives que j'ai sur la question les situent aussi en Algérie. En même temps, les munitions évacuées de la "zone démilitarisée" incluent la totalité du stock d'obus de 220, et si la zone incluait la Tunisie je ne suis plus certain de si elle incluait l'Oranie ou pas.

Jusqu'à preuve du contraire, je penche pour une faute de frappe de Truchet à cette page là. Les canons sont stockés de toutes façons, et pas en unité. Sur ce point, tout concorde.

takata a écrit:
Donc,
a) les multiples inventaires fournis aux commissions d'armistice sont faux et on a réussi à planquer les pièces de 240 mm d'ALVF.
b) les pièces de 240 mm ont été rendues aux marins pour en faire des batteries côtières.
c) il y a une erreur signalant des pièces de 240 mm d'ALVF en AFN dans un document repris par S. Ferrard.

D'après moi :
a) est de loin la plus improbable des hypothèses ;
b) doit pouvoir se vérifier ;
c) n'est pas à écarter.


D'accord avec toi pour a) sur ce point là: il y a des exemples ou ça a eu lieu mais un wagon de 90 tonnes portant un énorme canon plus son stock de quelques tonnes de munitions, ça ne se cache pas dans une bergerie. Cool

b) je n'ai pas d'infos, sachant que si les canons ont été donnés administrativement à la Marine qui les a stockés, par exemple faute de personnel (les batteries côtières sont déjà en sous-effectif) on ne les verrapas.
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Jean-Guy Rathé
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 20:20

Bonjour,
sur la question des matériels ALVF non mobilisés en AFN, le plus sage c'est sans doute d'attendre une réponse à l'initiative d'Alain.

alain adam a écrit:
Bon , j'espere que je ne vais pas le déranger , mais j'envoie un petit MP a S.F. afin qu'il nous aiguille sur ces materiels .


Autrement, on ne sait pas trop ce qu'il faut chercher au juste, ni même s'il y a vraiment matière à recherche.

Des 240 mm, il y en avait en AFN, mais tous à l'artillerie de côte (et pas sur VF que je sache), c'est-à-dire sous la juridiction de la Marine. On ne les retrouvera donc pas dans les listes figurant chez Truchet, lequel indique, p. 261:
Citation:
Il y a lieu de noter que les états reproduits sont ceux établis par l'Armée de Terre. Ils ne mentionnent donc pas les matériels dont l'Air et la Marine avaient la charge.


Pour l'intérêt des curieux, j'enverrai bientôt un résumé de la situation des pièces de côte de 240mm en AFN. Ça n'a peut-être aucun rapport avec les matériels de S. Ferrard, mais c'est quand même instructif. Smile

Jean-Guy
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Jean-Guy Rathé
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 20:59

Louis Capdeboscq a écrit:

Le même régiment comportait un groupe de 155 GPF (2 batteries), qui a été groupe autonome de Tunisie avant de faire partie du 288e RAA (III/288e RAA) un peu avant l'armistice, il fait partie du front sud tunisien.


Et à cela, on peut ajouter que les pièces de 220 mm C mle 1916 en AFN ont d'abord fait partie du I/287e RAA, un groupe auto appartenant aux RG du TOAFN. Ce dernier est devenu le IV/288e RAA en date du 16/3/40, apparemment toujours avec 12 pièces (cf. Sharp IV, p. 140), quoique le répertoire Kauffer ne donne que 2 batteries au IV/288e RAA.

En mai 1940, le IV/288e RAA a toujours ses 220C et stationne en Tunisie, mais ce groupe est réarmé en 90mm de campagne dès juin 1940, ce qui explique pourquoi les 220C sont au parc en Tunisie à l'armistice. Après l'armistice, on aura évidemment tout replié vers l'Algérie, ce que confirme le tableau No 15 de Truchet qui place les 220C en Algérie, mais à la date du 19/9/40.

Cordialement,
Jean-Guy
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Pontus
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Mer 9 Jan 2008 - 22:10

Jean-Guy a écrit :
Citation:
En mai 1940, le IV/288e RAA a toujours ses 220C et stationne en Tunisie, mais ce groupe est réarmé en 90mm de campagne dès juin 1940


Sauriez vous de quelle unité provenait ces 90mm ?
J'en trouve au 388eRAPT mais ce n'est peut-être pas le même modèle ?

Amicalement Pontus
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takata
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 1:06

Bonsoir,
Il me semble que j'ai trouvé un début d'explication à cette histoire de 240.
Reprenons ce que Jean-Guy et Alain disaient précédemment :
alain adam a écrit:

- Matériel de 240 mm TAZ Modèle 1884/1917 Batignolles:
Ce canon est issu du 240 mm Long tracté, qui provient lui même d'une piéce destinée à l'origine à l'artillerie côtiére. Il existe en fait plusieurs modéles de ce canon: le 240 mm TAZ Modèle 1884, le Modéle 1884/1917 (avec chambre aggrandie et une bouche à feu légérement plus longue) tous deux sur affût Batignolles et un Matériel de 240 mm Modèle 1884 sur affût-truck Schneider.
[...]
Huit piéces de ce modéle seront mobilisées en 1940, dix autres étant déployées en Afrique du Nord.
Apres verification dans "France 1940" , S.Ferrard mentionne bien ces 10 pieces en AFN , en plus des 8 mobilisées en métropole.


Puis le rectificatif de Jean-Guy précisant que les pièces en AFN ne sont pas indiquées mobilisées d'après Ferrard :

Jean-Guy Rathé a écrit:

cette référence à des matériels d'ALVF en AFN chez Ferrard, Matériels II, p. 114, reprise dans Armement, p. 227, m'a toujours intrigué. Je n'ai rien trouvé de mon côté pour l'expliquer mieux. Espérons, s'il nous lit, que l'auteur pourra nous en dire plus.

Mais, tout de même, sa note originale se lit:
Citation:
"Non compris 10 matériels de 240 mm TAZ 84/17 Batignolles en AFN."

Et elle est attachée au total des matériels d'ALVF non mobilisés au 30 août 1939 (situation inchangée à la veille des opérations actives).

Ces matériels n'étaient donc pas en service en AFN. De mon côté, je ne connais pas d'unité d'artillerie ALVF en AFN; il y a bien de l'artillerie de côte de 240 mm, surtout à Bizerte, mais d'un modèle différent.

Ils pouvaient être dans un dépôt d'artillerie quelque part, j'ignore où. Quant à la nature exacte de ces pièces, voilà un autre mystère. G. François ne semble connaître que 8 matériels de 240 mm TAZ mle 1884 ou 1917 Batignolles, tous en métropole. Mais là, je peux facilement me tromper.


donc on aurait :
- 240 mm TAZ Mle 1884/1917 Batignoles -> 8 Métropole (mobilisées)
- 240 mm TAZ Mle 1884/1917 Batignoles -> 10 AFN (non mobilisées)

Maintenant, si l'on regarde Lee Sharp, Volume IV, page 19, on trouvera l'explication pour septembre 1939 :

Artillerie sur Voie Ferrée en stock et mobilisée au 01.09.39
- 240 Mle 1884 TAZ, existant 4, mobilisé 4 -> 4/371e RALVF, puis 13/374e RALVF (04.40)
- 240 Mle 1917 TAZ, existant 4, mobilisé 4 -> 5/371e RALVF, puis 14/374e RALVF (04.40)
- 240 Mle 1893-96M, existant 8, mobilisé 8 -> 1 & 2/371e RALVF et 10 & 11/374e RALVF (04.40)
- 240 Mle 1918, existant 1, mobilisé 0 -> (note: cette pièce était un prototype).

Donc, déjà, pour le 240 mm, il n'existerait que 8 pièces TAZ 1884/1917 Batignoles en tout. Les 8 autres pièces sont des Mle 1893-96M plus un prototype Mle 1918, soit 9 pièces en tout. Mais le plus curieux, c'est que les pièces Mle 1893-96M sont souvent désignées "Colonies" mais il s'agit d'une appellation et non de leur affectation. La raison, c'est qu'elle étaient déployées à Dakar avant la guerre de 1914.

www.fortiff.be a écrit:

L’armement [en 1914] des batteries du front de mer, en particulier les canons M de 240 Mle 1893-96 M, les fameux 240 Colonies, peut être considéré comme très moderne, si on le compare à l’échantillonnage de pièces, souvent hors d’age, qui arme la défense des côtes de la métropole.

Situation du front de mer en 1914
Dakar
* batterie des Mamelles : 4 canons M de 240 Mle 1893-96 M sur affût PC
* batterie des Madeleines : 3 canons M de 240 Mle 1893-96 M sur affût PC
* batterie du Cap Manuel : 2 canons M de 240 Mle 1893-96 M sous tourelle
* batterie de Bel-Air : 2 canons M de 240 Mle 1893-96 M sous tourelle
* batterie annexe de Bel-Air : 6 canons M de 138 Mle 1870 sur affût M Mle 1897
* batterie de l’anse Bernard : 6 canons M de 138 Mle 1870 sur affût M Mle 1897
* batterie de la Pointe de Dakar : 4 canons M de 24 cm Mle 1870-87 sur affût M Mle 1888 PC
* batterie de 47 des jetées : 4 canons de 47 TR Mle 1885

Gorée
* batterie du Castel : 2 canons M de 240 Mle 1893-96 M sous tourelle
* batterie nord du Castel : 4 canons M de 24 cm Mle 1870-87 sur affût M Mle 1888 PC
* batterie Ouest : 2 canons G de 75 Mle 1897 sur affût de campagne approprié au tir de côte
* groupe de mitrailleuses du Castel : 4 mitrailleuses

Situation du front de Terre en 1914
* ouvrage de la Mamelle orientale : 2 canons G de 95 Mle 1888 + 4 mitrailleuses
* ouvrage de la Mamelle occidentale : 4 mitrailleuses
* ouvrage du Point A : 4 canons de 95 Mle 1888 + 6 mitrailleuses
* ouvrage du Point B : 4 canons de 95 Mle 1888 + 6 mitrailleuses

Dakar va jouer un rôle important pendant la Première Guerre mondiale, mais aucun ennemi ne la menaçant directement, ses batteries vont être désarmées et les canons expédiés en métropole pour renforcer l’artillerie lourde. Tous les tubes de 240 Mle 93-96 ont été rapatriés, sauf ceux de la tourelle du Castel de Gorée qui, bien que déposés, sont toujours dans l’île. Deux batteries de 4 vieux canons de 155 Mle1877 ont été envoyées de métropole, pour palier au départ des 240. Le front de terre n’existe plus. Il va donc s’agir de réarmer le front de mer, mais de projets en projets, ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’on va passer à la réalisation. Le programme de 1934 prévoit :

* la tourelle du Castel de Gorée réarmée avec 2 canons de 240 Mle 1902-06
* la tourelle de Bel-Air réarmée avec 2 canons de 240 Mle 1902-06
* la tourelle du Cap Manuel réarmée avec 2 canons de 240 Mle 1902-06
* la batterie des Mamelles réarmée avec 3 canons de 240 Mle 1902-06 sur affût PC
* la batterie nord du Castel de Gorée réarmée avec 4 canons de 138 Mle 1881 sur affût PC
* la batterie des Madeleines réarmée avec 4 canons de 138 Mle 1881 sur affût PC
* une batterie de 4 canons de 155 Mle 32 SM positionnée à Yoff, puis au cap Manuel
* onze canons de 90 CCA Mle 26

Ce programme sera à peine achevé en 1939. Une seule batterie de 4 canons de 90 CCA Mle 26 sera réalisée, à Fann. On peut voir que presque toutes ces batteries sont construites sur des emplacements anciens réaménagés. Nous verrons cela dans leur description. Il faut ajouter :

* les 3 sections de défense des passes, de la Pointe de Dakar, de la pointe Nord de Gorée et Est de Gorée, armées chacune de 2 pièces de 75 Mle 1897 sur affût de campagne approprié au tir de côte. La section de la Pointe Nord de Gorée sera ultérieurement réarmée avec 3 canons de 90 Mle 1877 sur affût 1916, et la section Est par 2 de ces mêmes canons. La section de la Pointe de Dakar sera réarmée avec 2 canons de 90 Mle 1877 sur affût 1916, eux-même remplacés plus tard par 2 canons de 75 Mle 1897 sur affût 1916, installés au cap Manuel
* la batterie de circonstance de Rufisque, armée de 2 canons de 95 Mle 1888 sur affût Mle 1904
* la DCA légère, armée de 4 affûts de mitrailleuses de 13,2 doubles ou quadruple.

Le front de mer jouera un rôle important dans l’échec de l’attaque anglo-gaulliste de septembre 1940. Après celle-ci, la défense sera encore renforcée par :

* la construction de 5 nouvelles batteries, Cambéréné, Yoff, Cap des Biches, Bargny-Goudou et Cap des Nazes, armées chacune de 4 canons de 138 Mle 1924, récupérés sur les croiseurs auxiliaires désarmés à Dakar
* le réarmement de la batterie des Madeleines avec 4 canons de 138 Mle 1924
* l’installation sur le Castel de Gorée d’une batterie armée de 5 canons de 150 Krupp, récupérés sur le croiseur auxiliaire Charles Plumier. Cette batterie remplaçant l’ancienne batterie nord du Castel
* la construction de 2 batteries de 75 CA Mle 22, à Gorée et à l'Anse Bernard, et d'une batterie de 75 CA Mle 32 au Fort A.

Le premier réseau de détection électromagnétique français est installé à Dakar, aux Mamelles et sur le cuirassé Richelieu. Utilisés en alternance, ces deux installations permettent une veille continue. Le front de terre enfin est renforcé par la construction de nombreux petits blockhaus, pour mitrailleuse ou canon anti-char de 25 ou de 47.

Lire à ce sujet:

Moulins Jean-Jacques, "Dakar, 23-25 septembre 1940 Opération Menace" in 39-45 Magazine N° 234 et 235 de mai et juin 2006


Donc, voilà peut-être d'où vient la confusion avec ces pièces parfois dénommées "colonies" qui sont au nombre de 8, mais sont d'un modèle différent du 240 mm TAZ Batignoles. La liste de Lee Sharp concernant le stock d'ALVF et le détail des pièces mobilisées est exhaustive, donc pour moi ça ne fait pas de doute que l'erreur doit venir de là chez S. Ferrard.

Olivier
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 1:32

Pontus a écrit:
Jean-Guy a écrit :
Citation:
En mai 1940, le IV/288e RAA a toujours ses 220C et stationne en Tunisie, mais ce groupe est réarmé en 90mm de campagne dès juin 1940


Sauriez vous de quelle unité provenait ces 90mm ?
J'en trouve au 388eRAPT mais ce n'est peut-être pas le même modèle ?

Amicalement Pontus


Il y avait tout un stock de vieux 90 campagne en Algérie. Je compte 200 pièces en Algérie (151) et Tunisie (49) en septembre 1940, dont la plupart en dépôt en Algérie.

Fin juin, 3 groupes plus deux batteries territoriales en Tunisie, 4 batteries territoriales en Algérie, 8 pièces dans les parcs en Tunisie et 78 autres en Algérie. Il n'y avait cependant que 58.200 obus de 90, ce qui est très peu (moins de 300 coups par pièce).
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 1:48

Jean-Guy Rathé a écrit:

Pour l'intérêt des curieux, j'enverrai bientôt un résumé de la situation des pièces de côte de 240mm en AFN. Ça n'a peut-être aucun rapport avec les matériels de S. Ferrard, mais c'est quand même instructif. Smile

Jean-Guy


Oh yes yes yes !... :-)
... mais même au cas où tu ne te limiterais pas aux pièces de 240 mm, ça serait encore plus instructif !!!

Olivier
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 9:38

takata a écrit:


Donc, voilà peut-être d'où vient la confusion avec ces pièces parfois dénommées "colonies" qui sont au nombre de 8, mais sont d'un modèle différent du 240 mm TAZ Batignoles. La liste de Lee Sharp concernant le stock d'ALVF et le détail des pièces mobilisées est exhaustive, donc pour moi ça ne fait pas de doute que l'erreur doit venir de là chez S. Ferrard.



Sauf que Ferrard indique bien la mobilisation de 8 pieces de 240 TAZ 1893/96 , et parle meme du prototype réalisé sur ce modele entre deux guerres ...
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Louis Capdeboscq
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 12:09

Rectification rapide de mon message précédent: en regardant d'autres trucs, il est effectivement clair que les 220C étaient en Tunisie et en ont été évacués après l'armistice, puisque l'endroit devient "zone démilitarisée" avec seulement maintien de l'armement DAT, d'une partie des batteries de côte ainsi que du strict minimum "pour le maintien de l'ordre".
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 12:19

Catalina a écrit:
Reste la possibilité d'avoir envisagé l'utilisation de ces matériels contre le Maroc Espagnol en utilisant la ligne Fes-Tanger... mais je n'ai jamais entendu parler de fortifications espagnoles autour de Tanger requérant l'emploi de 240 d'ALVF. Autre utilisation envisageable: un déploiement de ces canons à Tanger, aprés occupation préventive du Maroc espagnol, qui aurait certainement permis de fermer le détroit de Gibraltar... à voir...


L'inconvénient du déploiement au Maroc c'est que le réseau à écartement standard, le long de la façade atlantique et sur la ligne Fes-Tanger, n'est relié au reste de l'AFN que par une ligne à écartement réduit jusqu'à l'Algérie.

Comme il serait tout à fait inimaginable de faire voyager un wagon de 90 tonnes sur les lignes à écartement réduit du Maroc (dont les locos étaient par ailleurs poussives, en comparaisons de celles opérant sur les autres lignes à voie étroite d'Algérie ou de Tunisie), ça veut dire que les pièces auraient dû être débarquées à Casablanca et ne pourraient pas être relocalisées sans un transport maritime.

En ce qui concerne l'occupation préventive du Maroc espagnol afin de fermer le détroit de Gibraltar, la question ne s'est jamais posée. A partir du moment où contrôler ce détroit aurait pu sembler souhaitable, c'est à dire sous Vichy, la France n'avait absolument plus les moyens militaires d'un tel coup de force, que l'Allemagne n'aurait d'ailleurs pas toléré. Avant juin 1940, la France aurait à la rigueur eu les moyens de cette politique, mais pas de mobile: pourquoi donc fermer le détroit de Gibraltar alors qu'on recherche l'alliance anglaise ?
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MessageSujet: Re: L'artillerie française en 1940   Jeu 10 Jan 2008 - 14:12

alain adam a écrit:

Sauf que Ferrard indique bien la mobilisation de 8 pieces de 240 TAZ 1893/96 , et parle meme du prototype réalisé sur ce modele entre deux guerres ...


Salut Alain,
Bien, tu noteras que je n'ai pas le bouquin de Ferrard et que je ne suis donc pas en mesure de vérifier ça par moi-même mais si certains documents font référence à ces pièces sous une autre appelation, en l'occurence "Colonie", cela pourrait créer une confusion.

Maintenant, c'est évident qu'il y a une erreur quelque part puisque Lee Sharp n'a pas non plus trouvé ces pièces dans les stocks de guerre français. On peut en effet admettre que Ferrard ne se soit pas laissé tromper par cette désignation car il connaît certainement trop bien son affaire. Il ne resterait alors que l'hypothèse Marine pour expliquer cette note.

Olivier
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L'artillerie française en 1940

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