Le 20 juin 1940, l'amiral (anglais) Cunnningham, commandant les forces navales alliées en Méditerranée orientale, malgré le sentiment croissant de manque de fiabilité des forces françaises (l'armistice pointe le bout de son nez), décide d'utiliser les navires tricolores jusqu'au dernier moment. Il décide d'une nouvelle action (après celle du 21 juin contre Bardia) avec toutes les forces disponibles, sauf les cuirassés Malaya et Lorraine (trop lents ?), mais avec les croiseurs français décrits comme "full of fight". L'opération BQ doit comprendre :
- un bombardement nocture d'Augusta (important port sicilien)
- un raid dans le détroit de Messine
- l'escorte sur le chemin du retour d'un convoi Malte -> Alexandrie
L'opération permet également de fournir une diversion utile aux convois d'évacuation qui quittent les côtes du sud de la France (quatre croiseurs légers italiens accompagnés de destroyers quittent en effet Messine le 22 pour tenter de perturber ces convois).
Le 22 juin, en fin de journée, la flotte commence à quitter Alexandrie :
- force C à 17h : porte-avion Eagle, 2e flotille de destroyers (Hyperion, Hostile, Hasty, Hereward, Havock, Hero, Imperial et Ilex), suivis à 20h des cuirassés Royal Sovereign et Ramillies.
- force B à 21h30 : croiseurs légers Orion, Liverpool et Gloucester, destroyers Juno et Janus.
- la force A devait appareiller à 22h : cuirassé Warspite, croiseurs légers Neptune et Sydney, destroyers Nubian, Mohawk, Dainty, Defender, Decoy.
- la force D devait partir à 22h30 : croiseurs lourds Tourville et Duquesne, croiseur léger Duguay-Trouin, destroyers Stuart et Vampire.
Remarque : les 3 torpilleurs français Basque, Forbin et Le Fortuné sont à ce moment là probablement à Haïfa. Ils reviennent de Chypre où ils ont participé au convoyage du III/24e RIC (ou escorté des navires transportant les troupes, je ne sais pas). Ils quittent Haïfa le 23 pour Alexandrie. Ils ne font pas partie de l'opération BQ, alors qu'ils auraient très bien pu rejoindre la flotte alliée en route. Pour quelle raison, mystère ...
Edit : j'ai évidemment oublié le croiseur lourd Suffren, qui est resté avec le Lorraine.À 21h53, Cunningham reçoit la nouvelle de l'armistice et annule l'opération. La force A retourne immédiatement à Alexandrie, les forces B et C le jour suivant.
La suite est connue, la force française sera internée à Alexandrie (Godefroy tente dans un premier temps d'obtenir l'évacuation de ses navires vers le Levant, mais l'amiral anglais - son beau-frère ! - prévient qu'il ne l'autorisera pas).
Sources :
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http://www.naval-history.net/xDKWW2-4006-19JUN04.htm- The Royal Navy and the Mediterranean par G. A. Titterton, David Brown, Historical Section